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  • il y a 10 heures
Jeudi 9 avril 2026, retrouvez Claire Bourgeois (Fondatrice, Alpha Conseils Co), Alexandre Drabowicz (Directeur des investissements, Indosuez Wealth Management), Régis Bégué (Associé, coresponsable de la sratégie Memnon European, Zadig Asset Management) et Laurent Martin (Trésorier Direction administrative et financière, CIBTP France) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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00:00...
00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne sur Bsmart for Change,
00:11pour rester à l'écoute des marchés.
00:13Chaque jour, vous nous suivez en direct à 17h à la télévision via vos box
00:16et vous nous retrouvez chaque soir en rattrapage, soit en replay sur bsmart.fr,
00:21soit en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute préférées.
00:24Nous en sommes au deuxième jour de ce cessez-le-feu proclamé par Donald Trump
00:29en accord avec les Iraniens.
00:31On aura compris que dans le monde actuel, un cessez-le-feu ne veut pas dire
00:34que le feu s'arrête immédiatement, quand bien même les frappes dans le Golfe
00:39ont considérablement diminué visiblement aujourd'hui.
00:42La menace reste bien présente, avec notamment une menace israélienne
00:46toujours concernant le sud-Liban et certains quartiers de Beyrouth.
00:52Et puis parallèlement à cela, un cessez-le-feu ne veut pas dire, loin de là,
00:55que le centre de gravité du conflit, à savoir le détroit d'Hormuz,
01:00est à nouveau praticable.
01:01Il ne l'est toujours quasiment pas, ou en tout cas sous contrainte stricte
01:06des autorités iraniennes.
01:07Pauline Grattel avec nous dans un instant vous apportera encore plus de détails
01:11sur les derniers développements.
01:13À 48 heures maintenant, d'un premier round de négociations directes
01:17entre les Etats-Unis et l'Iran à Islamabad au Pakistan.
01:21Du côté de la macroéconomie, les investisseurs ont pris connaissance du rapport PCE
01:26qui mesure entre autres l'inflation pour le mois de février aux Etats-Unis.
01:31Une mesure d'inflation qui est traditionnellement privilégiée par la réserve fédérale américaine.
01:35Pas surprise de ce point de vue-là, d'autant que le mois de février,
01:38évidemment, ne couvre pas le choc de prix du mois de mars
01:42avec le conflit et la crise iranienne.
01:45Des éléments intéressants également en matière de consommation,
01:47puisque le rapport PCE nous apporte les revenus et les dépenses de consommation des ménages,
01:54des dépenses réelles de consommation,
01:56qui commencent quand même à ralentir depuis quelques mois.
01:59On le verra avec, là aussi, un revenu qui a baissé sur le mois de février.
02:05Et des Américains qui continuent de piocher dans leur épargne, pour ceux qui peuvent,
02:08pour continuer d'assurer leur niveau de vie.
02:10Nous aurons un autre chiffre d'inflation, encore plus important demain,
02:14puisque le CPI, lui, couvrira, bien sûr, le choc de prix du mois de mars.
02:18Et ce sera donc le chiffre à suivre aux Etats-Unis, demain, en début d'après-midi.
02:22Et puis, dans le dernier quart d'heure de Smart Bourse,
02:25nous serons depuis le pavillon d'Armenonville,
02:28où se tient aujourd'hui la convention annuelle de l'Anacofi.
02:31Nous plongeons dans l'univers des conseillers en gestion de patrimoine
02:34avec une interview enregistrée ce matin,
02:37avec une conseillère en gestion de patrimoine
02:41qui a décidé de prendre une voix un peu différente en matière de modèle d'affaires,
02:45puisqu'elle a fondé Alpha Conseil Co, Claire Bourgeois,
02:48ancienne directrice du Crédit Mutuel Asset Management,
02:51qui vient des salles de marché, qui sait de quoi elle parle.
02:54Elle a choisi, non pas le modèle de rétrocession,
02:57qui est le modèle standard historique du marché des CGP,
02:59mais un modèle d'honoraire garantissant un meilleur alignement d'intérêts,
03:04une meilleure transparence de l'alignement d'intérêts avec le client.
03:08Claire Bourgeois viendra témoigner justement de la pertinence de ce modèle
03:11et de sa capacité à se développer avec ce modèle d'honoraire
03:15dans cette industrie du conseil en gestion de patrimoine.
03:29Tendance mon ami, chaque soir en ouverture de Smart Bourse,
03:31Pauline Grattel est avec nous et vous apporte les infos clés du jour sur les marchés.
03:35Bonsoir Pauline.
03:36Nous en sommes au deuxième jour de ce cessez-le-feu négocié par Washington et Téhéran,
03:41une trêve qui reste bien sûr fragile.
03:43Oui, l'accord semble globalement respecté aujourd'hui, modulo la situation au Liban qui reste floue.
03:49Alors qu'Israël menace de nouvelles frappes sur Beyrouth,
03:51le président iranien prévient qu'une poursuite des attaques
03:55pourrait rendre caduques les premières discussions directes prévues ce week-end à Islamabad.
04:00Parallèlement, la situation évolue sur deux autres fronts stratégiques.
04:04Le détroit d'Hormuz, où le trafic maritime reste globalement à l'arrêt,
04:08sous contrôle strict de l'armée iranienne qui soumet chaque passage à son autorisation.
04:14Et le dispositif militaire Donald Trump a choisi de maintenir ses troupes dans le Golfe
04:18jusqu'à la conclusion d'une trêve définitive.
04:21Bon, après la chute historique des cours du pétrole sur une séance,
04:25les prix se retentent à nouveau aujourd'hui.
04:28Oui, le Brent reprend entre 3 et 4%, proche du seuil de 100 dollars,
04:32tandis que le WTI américain bondit d'environ 5% pour franchir à nouveau cette barre symbolique.
04:38Le gaz naturel suit cette tendance avec une progression toutefois plus mesurée de moins de 2%.
04:43Comme on le disait, la paralysie persiste dans le détroit d'Hormuz.
04:47Malgré un timide déblocage, le trafic reste extrêmement restreint.
04:52Seule une poignée de navires a pu franchir ce canal,
04:54laissant encore près de 800 bateaux à l'arrêt, dont un bon nombre de pétroliers.
04:58Bon, et puis les actifs risqués, notamment les actions, digèrent la séance d'hier avec un soulagement historique.
05:06Oui, les places boursières marquent le pas aujourd'hui.
05:10En Europe, le Stoxx 600 s'inscrit en retrait de 0,5% tandis que le CAC 40 consolide.
05:16Hier, l'indice parisien avait réalisé sa meilleure performance depuis 2022, bondissant de plus de 4%.
05:22Le CAC 40 gravite aujourd'hui autour de 8200 points, lestés notamment par le secteur du luxe outre-Atlantique.
05:30Les indices américains débutent également la séance sur une note prudente.
05:33Le Dow Jones, le S&P 500 et le Nasdaq évoluent en léger repli.
05:37Et puis je le disais en titre, le rendez-vous du jour et de la semaine,
05:41ce seront les chiffres d'inflation aux Etats-Unis et des investisseurs qui ont pris connaissance de l'inflation PCE.
05:46Oui, c'est l'indicateur de référence pour la réserve fédérale.
05:49Ces chiffres du mois de février sont parfaitement alignés sur les prévisions
05:54et ne reflètent pas encore l'impact du conflit au Moyen-Orient.
05:57L'indice PCE progresse de 0,4% sur un mois et de 2,8% sur un an.
06:03L'indice CORE-PCE de son côté est en hausse de 0,4% sur un mois et de 3
06:07% sur un an en février.
06:10Enfin, on a pris connaissance de la troisième estimation de la croissance américaine du quatrième trimestre
06:15qui est plus faible que prévu à 0,5% contre 0,7% selon l'estimation précédente.
06:22Quels sont les équilibres constatés aujourd'hui sur les grands marchés macro,
06:25que ce soit les marchés obligataires ou les marchés de devise, Pauline ?
06:28Côté américain, le rendement à 10 ans se stabilise autour de 4,30%.
06:32Les rendements à 2, 20 et 30 ans sont globalement stables également.
06:36En Europe, après leur détente spectaculaire d'hier, les rendements repartent en légère hausse
06:41avec un 10 ans allemand qui se tend d'un peu plus de 5 points de base, autour de 3%.
06:45Le rendement français à 10 ans se tend d'une dizaine de points de base, autour de 3,65%.
06:51Sur le marché des changes, le dollar se stabilise face à un panier de grandes devises
06:55et l'euro-dollar se traite proche de 1,17%.
06:58Quels sont les événements attendus à l'agenda demain pour les marchés ?
07:01Demain, on attend donc la publication de l'inflation américaine du mois de mars
07:04et elle sera cruciale parce qu'elle devra révéler les premiers impacts concrets du conflit au Moyen-Orient sur les
07:10prix.
07:10Les analystes tablent sur une hausse de 1% sur un mois et de 3,4% sur un an.
07:16On regardera aussi l'inflation allemande de mars en seconde lecture.
07:20Merci beaucoup Pauline.
07:21Pauline Grattel avec nous chaque soir pour vous apporter les infos clés du jour sur les marchés.
07:353 invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
07:39Régis Béguet est avec nous ce soir, associé et gérant chez Zadig Asset Management.
07:43Bonsoir Régis.
07:44Bonsoir Grégoire.
07:45Laurent Martin nous accompagne également, notre investisseur institutionnel préféré,
07:49trésorier à la direction administrative et financière de CIBTP France.
07:52Bonsoir Laurent.
07:53Bonsoir Grégoire.
07:54Et Alexandre Dravovide, c'est également à nos côtés.
07:56Ravi de vous retrouver ce soir Alexandre.
07:57Bonsoir.
07:58Bonsoir Grégoire.
07:59Vous êtes le directeur des investissements d'Indo Suez Wealth Management.
08:02Jour 2 de Cessez-le-feu.
08:05Alexandre, avec cette séance de soulagement épique qu'on a vécu hier sur les marchés.
08:11Quels sont les risques les plus extrêmes qu'on a pu écarter avec ce Cessez-le-feu ?
08:16La perspective de négociation et ces deux semaines de trêve actées, dirons-nous,
08:22entre Washington et Téhéran ? Quels sont les risques qui perdurent ?
08:25Et du point de vue du marché, la question peut être celle-ci.
08:28Est-ce que les points bas qu'on a vus marqués à la fin du mois de mars sont des
08:33planchers relativement solides ?
08:35Toutes choses égales par ailleurs ?
08:36Oui, je pense.
08:37Je pense que le risque principal qu'on a écarté, c'est le risque à remarquer.
08:40Et donc, quelque part, puisque hier soir, on aurait pu avoir encore un volte-phase de Trump.
08:45Maintenant, pour la petite histoire, le parallèle, on est à pratiquement un an de l'anniversaire du volte-phase d
08:50'avril 2025 sur les bras de douane.
08:53C'est un nouveau taco, comme on dit.
08:57Il est certain aujourd'hui que, je ne sais pas si les marchés ont trouvé leur point bas, mais ils
09:02ont quand même eu une certaine résilience.
09:04Et on voit bien qu'au premier signe d'accalmie, les marchés ont quand même envie de monter et de
09:12reprendre.
09:13Donc, il y a certainement beaucoup de couvertures qui se sont débouclées hier.
09:18Maintenant, on arrive plutôt dans une phase que je dirais, voilà, c'est une instabilité dans la stabilisation.
09:23On va avoir ça, à mon avis, encore pendant deux semaines.
09:26Je pense que Trump va encore faire pas mal de sorties de route, c'est certain.
09:30Maintenant, si on se projette au-delà de cet événement de risque, il est certain qu'on va avoir des
09:36prix du pétrole qui vont être durablement plus élevés.
09:39Nous-mêmes, chez Indosuez, on a révisé notre prix du pétrole à l'équilibre.
09:43On pense qu'on va rester à 100 dollars sur Q2.
09:45Peut-être, on va arriver à 85 d'ici la fin de l'année.
09:48Et puis, finalement, qu'à 2020, ça sera plutôt du 80.
09:51Donc, c'est quand même 20 dollars pratiquement de plus que ce qu'on avait avant.
09:55Donc, il y aura des cicatrices.
09:57Je pense que vous allez en parler tout à l'heure.
09:59En tout cas, pour les marchés financiers, c'est plutôt déjà rassurant.
10:02Cette pause, elle est bienvenue.
10:04Maintenant, restons vigilants.
10:06Mais globalement, on sent quand même que le marché a envie de payer.
10:09Sur les risques qu'on a pu évacuer, Régis, et vous suivez les marchés de l'énergie et du pétrole
10:16de près depuis longtemps,
10:18est-ce qu'on évacue des risques extrêmes, là aussi, sur l'approvisionnement en pétrole ?
10:22On se disait que quelques semaines de plus, ce n'était pas juste une question de prix.
10:26Ça devenait une question de quantité, de volume, d'approvisionnement.
10:30Est-ce qu'on commence à se rassurer un peu de ce point de vue-là ?
10:33Alors, ça dépend un petit peu pour qui, parce qu'il faut rappeler que les États-Unis sont tout à
10:37fait autonomes en pétrole
10:39et encore plus en gaz.
10:41Même s'ils ont du mal à raffiner leur propre pétrole.
10:44Les raffiniers américains ne sont pas dimensionnés pour raffiner le brut léger américain.
10:48Il s'est passé d'ailleurs une chose remarquable de ce point de vue-là,
10:53et c'est assez intéressant, c'est que le WTI est passé au-dessus du Brent.
10:58Ce qui est, en réalité, assez logique, parce que le WTI étant moins cher à raffiner que le Brent,
11:05le WTI aurait toujours dû être plus cher que le Brent.
11:08Mais il se trouve que depuis 20 ans, on est dans une situation qui s'était inversée,
11:12avec un WTI qui était en dessous du Brent, pour les raisons que vous évoquez,
11:16les capacités de raffinage aux États-Unis, et aussi la capacité à sortir du hub de Cushing,
11:23qui rendait ce pétrole difficilement distribuable sur le continent américain.
11:28Mais cependant, dans un moment de tension, on est prêt à accélérer un petit peu les choses,
11:37probablement sur le plan du raffinage, et puis aussi sur l'usage du gaz en interne aux États-Unis,
11:43qui est très très très abondant, et très au-dessus de la demande de gaz aux États-Unis.
11:48Donc, sur les États-Unis, très franchement, le risque physique était limité.
11:52Sur l'Asie, il est un peu limité aussi, d'abord parce qu'il laissait passer les bateaux pour l
11:57'Asie dans l'étro-d'Hormuz,
11:58ensuite parce qu'il y a l'accès au pétrole russe,
12:02et une fois de plus, ceux qui étaient quand même un petit peu, et qui sont toujours à risque,
12:07c'est quand même l'Europe.
12:08L'Europe non seulement à cause, effectivement, du pétrole dans l'étro-d'Hormuz,
12:13mais surtout à cause du gaz,
12:15parce qu'il ne faut pas oublier que l'Europe est très très dépendante du gaz américain,
12:19d'une part, et d'autre part, du gaz du Qatar,
12:23depuis que les pipelines ont été fermées côté russe.
12:28Donc, on est très dépendant du Qatar,
12:30il y a eu beaucoup d'infrastructures qui ont été endommagées dans les exportations de LNG au Qatar,
12:36et donc ce problème n'est pas tout à fait évacué.
12:40On est monté, là, dans cette phase, qu'à 50 euros par mégawatt-heure sur le TTF en Europe, sur
12:47le gaz,
12:48donc on n'est pas du tout dans les excès qu'on avait connus à l'été 2022.
12:52On était allé quoi ? 3 à 4 fois plus haut ?
12:53300 !
12:54On était monté de 30 à 300.
12:57Cependant, c'était un pic, c'était vraiment un peu exceptionnel,
13:01et ensuite, c'est revenu à 30 euros dans l'année qui a suivi.
13:06Cependant, même 50, c'est un niveau qui est très très difficile à supporter pour les européens.
13:11Bien sûr, vous et moi, on ne l'a pas encore vu dans les prix,
13:13on ne l'a pas encore vu non plus dans les prix de l'électricité.
13:15Ce qui fait le prix de l'électricité en Europe, il faut le rappeler,
13:18c'est la production marginale,
13:20donc ce n'est pas du tout le nucléaire, ni le renouvelable,
13:23ni même le charbon.
13:24La dernière centrale à gaz qu'on eut ?
13:25C'est le gaz, c'est le gaz qui fait le prix de toute l'électricité en Europe.
13:28Et donc, un gaz qui multiplie par deux,
13:31c'est potentiellement une électricité qui prend 50%.
13:34Et donc, c'est compliqué.
13:36Ça reste quand même un petit peu difficile côté européen dans la situation actuelle.
13:41Et après, géopolitiquement, je n'en sais pas plus que vous,
13:45je ne sais pas comment la situation va évoluer.
13:48Je pense qu'on n'a quand même pas tout à fait évacué l'intégralité du risque
13:52pour répondre à votre question,
13:53ni côté approvisionnement pétrole,
13:56et encore moins côté gaz et côté prix de l'énergie.
13:57Avec un sujet bien distinct qui est celui d'Ormouz,
14:00et de quel sort d'Ormouz demain,
14:03entre l'idée d'une co-entreprise américano-iranienne,
14:07ou un droit de péage permanent.
14:08C'est-à-dire qu'indépendamment d'Ormouz,
14:10si on referme Ormouz et qu'on repart, disons,
14:14d'une guerre ouverte entre les États-Unis et l'Iran,
14:16c'est-à-dire que l'Iran va continuer à taper sur les pays du Golfe,
14:19et les pays du Golfe sont ceux qui nous fournissent en gaz,
14:22en LNG, encore une fois.
14:24Et donc, nous, indirectement, on a cette menace.
14:26Ça nous amène au sujet qu'évoquait Alexandre,
14:29mais je me tourne vers vous, Laurent,
14:30pour entamer ce tour de table sur les séquelles,
14:33les cicatrices,
14:34en partant de l'idée que même si les choses se développent correctement,
14:38deux semaines de cessez-le-feu,
14:39et des négociations qui finissent par aboutir
14:41dans un temps relativement court,
14:44qu'est-ce qui reste de cette crise
14:45dans les chiffres macro, devant nous,
14:48et pour combien de temps ?
14:49On va le savoir relativement vite.
14:52Pour l'instant, l'art de la prévision est difficile,
14:56surtout lorsqu'elle concerne le futur.
15:02On en avait parlé la dernière fois.
15:03L'économie mondiale, elle peut vivre avec un pétrole à 100 dollars,
15:07110 dollars, 120 dollars.
15:09Il n'y a pas de gros problème.
15:10Le problème, c'était le choc.
15:12On passe de 60 à 120 dollars en un mois et demi, quasiment.
15:18Et donc, avant de pouvoir vivre avec un pétrole à 120 dollars,
15:22il y a un temps d'adaptation.
15:23Je pense que le risque que l'on a évacué,
15:25le risque principal,
15:26c'est une récession, tout simplement.
15:28C'est une récession en Europe,
15:30parce que l'Europe est très dépendante du prix du gaz.
15:32C'est aussi une récession, probablement,
15:35peut-être pas aux Etats-Unis,
15:36quoique, comme vous le disiez tout à l'heure,
15:38les ménages américains commencent à taper
15:41assez fort dans leur épargne pour consommer.
15:44On a vu les chiffres de la consommation,
15:47les chiffres du PIB qui sont sortis,
15:49qui sont relativement faibles, finalement.
15:52Donc, je pense que ça, c'est un des scénarios
15:56qui a été évité à court terme.
15:58Une des cicatrices que je vois,
16:00c'est probablement quelques petits points,
16:04dizaines de points, pardon,
16:05de croissance en moins,
16:07dizaines de points d'inflation en plus
16:09tout au long de l'année.
16:10Il y a des cicatrices qu'on va voir plus tard.
16:13Alors, je pense en particulier,
16:15je regardais ce matin,
16:16le PIB de la région,
16:18Arabie Saoudite, Koweït, etc.,
16:20c'est à peu près 5 000 milliards de dollars.
16:23Ils ont eu des pertes de revenus
16:25quand même assez conséquentes
16:26depuis 40 jours maintenant.
16:28Et ça va encore continuer pendant quelques jours.
16:30Parce que même si le prix du pétrole a augmenté,
16:32si vous ne pouvez pas le vendre,
16:33et pas l'exporter,
16:35ça veut dire que,
16:36et ils ont quand même des plans,
16:38ils ont quand même des plans sociaux,
16:40locaux qui sont extrêmement généreux.
16:42Donc, des budgets qui vont se dégrader très fortement,
16:45il va falloir compenser ça.
16:47Donc, il y a deux manières.
16:49Alors, il y a le long terme,
16:50et ça, c'est essayer de maintenir
16:51des prix du pétrole assez élevés,
16:53je suis assez d'accord,
16:54pendant relativement longtemps.
16:55Surtout que les pays du G7
16:58vont devoir reconstituer leur réserve stratégique.
17:01Et puis, à court terme...
17:03Donc, on va approvisionner le marché,
17:04mais on ne va pas inonder le marché non plus.
17:06On ne va pas inonder le marché.
17:07On ne va pas inonder le marché,
17:08donc je pense qu'ils vont essayer chercher
17:09à avoir un pétrole un peu plus haut
17:11que ce qu'on avait en début d'année.
17:13Et puis, à court terme,
17:14si vous avez des problèmes de flux,
17:16vous devez trouver des flux.
17:19Il y a deux flux que vous pouvez trouver.
17:21C'est d'abord annuler une partie
17:23des promesses d'investissement
17:25que vous aviez faites aux Etats-Unis.
17:27Dans le deal de l'année dernière,
17:29Trump a annoncé des centaines
17:31de milliers de milliards...
17:33Je ne sais plus où on en est...
17:34C'était sa première visite officielle,
17:37je crois, c'est ça.
17:37Le Golfe et à Riyad, notamment.
17:40Mais les pays du Golfe ont promis
17:42des centaines de milliards d'investissements,
17:43donc ça, ça va probablement être
17:45un petit peu diminué,
17:50parce qu'ils ont aussi
17:51des besoins de reconstruction.
17:52Et puis, le deuxième flux
17:57positif que vous pouvez trouver,
17:58c'est de vendre une partie de vos actifs.
18:00Et c'est essentiellement
18:01des petits bonds américains.
18:03Des bonds...
18:04Il y a aussi un petit peu d'Europe.
18:05Avec l'aspect politique
18:06que ça peut revêtir.
18:09Ils vont le faire discrètement.
18:10Oui.
18:12Via les îles Caïmans, ça ne se voit pas.
18:14Donc, ça veut dire aussi
18:16une inflation un peu plus élevée,
18:18ça veut dire aussi des taux longs
18:19un peu plus élevés
18:19à cause de tout ça
18:20pour un petit peu plus longtemps.
18:22D'ailleurs, vous remarquerez
18:24que les taux 10 ans américains
18:25hier ne se sont pas
18:26tant détendus que ça.
18:27Non.
18:27Par rapport aux taux européens
18:28qui étaient beaucoup plus montés,
18:30mais le 10 ans américain,
18:31ce n'est pas tant détendu que ça.
18:33Donc, je pense que...
18:34Et ça se retend déjà un peu
18:35aujourd'hui.
18:36Et ça se retend déjà un petit peu.
18:38Alors voilà,
18:38ce ne sont pas des risques extrêmes,
18:40mais c'est des nouvelles conditions
18:42de marché, à mon avis,
18:43qu'on va avoir.
18:45Et puis, les cicatrices
18:46sur les résultats des entreprises,
18:47je ne suis pas un spécialiste
18:49des actions,
18:51ben ça, on va voir.
18:52Oui, on va le découvrir.
18:53Ça va dépendre des secteurs.
18:54Est-ce que ce sera dans le premier trimestre ?
18:55Est-ce que ce sera plutôt
18:56au deuxième trimestre ?
18:57J'ai lu au moins deux notes
18:59où les analystes,
19:02chers analystes,
19:04disaient,
19:04on ne modifie pas
19:05nos prévisions de résultats
19:07pour l'instant,
19:07on attend les guidances
19:08des entreprises
19:09pour le deuxième trimestre.
19:10Oui.
19:10Bon.
19:11Alors là où ils ont révisé
19:12déjà très vite,
19:13c'est quand même
19:13le secteur oil and gas.
19:14Là, ils n'ont pas eu de problème
19:15avec un paramètre clé
19:17qui est celui des prix du pétrole.
19:18Ils ont très vite révisé la hausse.
19:19Mais pour le reste,
19:20effectivement,
19:20ils sont sans doute
19:21un peu plus...
19:21Donc, il y aura des cicatrices
19:23aussi ou là
19:24qu'on doit découvrir
19:25petit à petit,
19:25mais rien de dramatique.
19:26Pas de rupture non plus
19:29avec le scénario global,
19:30enfin, la marge.
19:31Exactement.
19:31On reste dans des écarts-types normaux
19:33par rapport à ce qu'on pouvait
19:34anticiper en début d'année.
19:35Probablement.
19:36Sur les cicatrices, Alexandre.
19:38Cicatrices macro
19:39qu'on peut imaginer
19:41pour nos économies.
19:43Et puis,
19:45quelle réponse
19:46est-ce que ça appelle
19:47ou non
19:47de la part des banques centrales ?
19:48Puisque ça reste un sujet
19:49quand même
19:50du point de vue du marché.
19:51Le marché n'a pas
19:51totalement effacé l'idée
19:53qu'il faudrait
19:54qu'il y ait une réponse
19:54de politique monétaire
19:56à ce choc
19:57quand bien même
19:58il aurait été temporaire
19:59en termes de durée de conflit,
20:01j'entends.
20:02C'est vrai.
20:02Je pense que le boulot
20:04des patrons
20:05des banques centrales
20:06aujourd'hui
20:06c'est certainement
20:07le plus compliqué
20:08au monde aujourd'hui
20:08parce qu'ils vont être
20:09quand même tiraillés
20:10dans les deux sens.
20:12Mais là,
20:13il y a peut-être
20:13des distinctions à faire
20:14entre les Etats-Unis
20:15et la Banque centrale européenne.
20:18C'est vrai que la Banque centrale européenne
20:19elle a ce mandat
20:19d'inflation.
20:21Donc elle a toutes les raisons
20:22du monde finalement
20:23de devoir remonter les taux.
20:24Nous-mêmes,
20:24on a même révisé
20:26notre inflation
20:27mais en beaucoup plus
20:28que vous évoquez.
20:29On est plutôt aujourd'hui
20:30à se dire que l'inflation
20:30on était supposé être largement
20:32un tout petit peu
20:33en dessous
20:34de la cible cette année.
20:35On avait 1,8 avant.
20:37Là,
20:37on a révisé à 3.
20:39Et puis surtout,
20:40on aura encore
20:41le second effet
20:42qu'évoquait Régis tout à l'heure
20:44des prix du gaz naturel
20:45pour 2027.
20:46Donc autant,
20:47nous on pense
20:48qu'il y a toujours
20:48des forces déflationnistes
20:52aux Etats-Unis.
20:53Donc,
20:53on va revenir
20:54à 2,2%
20:55l'année prochaine.
20:56On va faire peut-être
20:56un pic à 4 cette année
20:57mais on redescendra
20:58derrière
20:59notamment parce que
21:00la pression du marché
21:01de l'emploi
21:01est beaucoup plus basse.
21:02Les loyers se détendent
21:04mais en Europe,
21:05Et il y a une croissance
21:06des gains de productivité
21:07aux Etats-Unis.
21:07On n'a pas la même
21:08ampleur de gains de productivité
21:10en Europe aujourd'hui.
21:11Nous,
21:12on garde un PIB américain
21:13en 2026
21:13à 2,4%.
21:14C'est bon.
21:16Par contre,
21:16en Europe,
21:17finalement,
21:18le choc d'aujourd'hui
21:19annule
21:19tout le stimulus
21:21de l'Allemagne
21:22de l'année dernière.
21:23On voyait beaucoup
21:23d'acquis de croissance
21:25en 2026,
21:26un gain de croissance
21:27en 2027.
21:28Là,
21:28aujourd'hui,
21:28le choc pétrolier,
21:29c'est finalement
21:30les 1 000 milliards
21:31que l'Allemagne
21:31était supposée injecter
21:33et rajouter en PIB
21:34en Europe,
21:34c'est totalement annulé.
21:35Donc,
21:37un boulot
21:38qui va être très compliqué
21:38pour la Banque Centrale Européenne.
21:40Donc,
21:40la question pour nous,
21:42est-ce qu'elle devrait
21:44monter les taux ?
21:44La réponse est non.
21:46Est-ce qu'elle peut
21:46monter les taux ?
21:48La réponse est oui.
21:49Je pense que,
21:50vous savez,
21:50on a connu
21:51le trauma
21:52de tricher
21:53en juillet 2028
21:54pour la remontée
21:55des taux
21:55à 28.
21:57et je rappelle,
21:592011,
22:00deux hausses de temps
22:00en 2011,
22:01juillet et septembre.
22:02Je rappelle,
22:03dans des conditions différentes.
22:052008 était magnifique.
22:062008 était magnifique.
22:072011,
22:08il faut penser
22:08bien aussi,
22:09mais 2008
22:09est resté,
22:10effectivement,
22:11comme étant
22:11peut-être l'erreur
22:12historique.
22:12D'un autre côté,
22:14je vous partage,
22:15en fait,
22:16on a fait un papier
22:16récemment,
22:17on prend référence
22:18à ce que Mervyn King
22:19avait dans un speech
22:20en 2005.
22:21Oui,
22:21ancien patron
22:21de la Banque Centrale
22:23britannique.
22:23fin de Maradona
22:24dans ce match,
22:25en fait,
22:27Angleterre-Argentine
22:28en 86,
22:29en quart de finale,
22:30où au deuxième but,
22:31Maradona,
22:32il ne fait que feinter
22:33pour aller finalement
22:34en ligne droite.
22:35Et le parallèle
22:36de Mervyn King
22:36avait dit,
22:37finalement,
22:38si le marché
22:39anticipe déjà
22:41des hausses d'auto,
22:42il fait,
22:42j'ai des conditions
22:43financières qui se resserrent,
22:45et fait finalement
22:46mon boulot,
22:47ça me fait gagner
22:48quelques mois,
22:49et moi,
22:49Banque Centrale,
22:50finalement,
22:50j'ai peut-être pas besoin
22:52de remonter
22:53ces taux d'intérêt.
22:54J'ai juste à feindre.
22:55Voilà,
22:56exactement.
22:57Juste à prétendre.
22:58Le marché table
22:59quand même
23:00sur deux à trois hausses
23:01de taux,
23:02ce qui est quand même
23:02phénoménal.
23:03Maintenant,
23:04si la Banque Centrale
23:05européenne venait
23:06effectivement à remonter
23:07les taux de deux
23:08ou trois fois,
23:09honnêtement,
23:10ça sera une catastrophe
23:10pour l'économie européenne
23:12à un moment où
23:13il faut emprunter
23:14pour investir,
23:15il va falloir certainement
23:16investir encore plus.
23:17Il y a déjà aujourd'hui
23:18cette tentation,
23:19je pense,
23:20de pas mal de gouvernements
23:21et notamment allemands
23:22de détourner une partie
23:23des investissements
23:24qu'ils avaient orientés
23:26vers la structure
23:26pour faire du social.
23:28Et ça,
23:28ça ne fait pas de croissance.
23:30Point intéressant,
23:31et c'était une de vos consoeurs,
23:32en tout cas,
23:32je la cite,
23:33l'économiste Europe
23:34de Bank of America,
23:35Evelyne Herrmann,
23:35qui est avec nous
23:36cette semaine en plateau,
23:37que vous connaissez bien.
23:40elle dit,
23:41si nous envisageons effectivement
23:43que la BCE
23:44puisse monter
23:45une, deux fois
23:46ses taux,
23:47je crois que c'est deux fois
23:47leur scénario central
23:49cette année,
23:50alors,
23:51il faut discuter
23:51de ce qui va se passer
23:52en 2027,
23:53parce que l'économie européenne
23:54ne sera pas la même
23:55en 2027,
23:56et il faudra que la BCE
23:57soit capable de baisser,
23:58de rebaisser très rapidement
23:59ses taux en 2027.
24:00parfois ils mettent
24:01deux hausses de taux
24:02en 2026,
24:03mais ils en mettent
24:04plusieurs baisses de taux
24:05d'affilée en 2027
24:07pour arriver peut-être
24:07à un taux de dépôt
24:08à 1,50 fin 2027.
24:11Ça j'ai un peu du mal
24:12à l'imaginer.
24:12Cette flexibilité-là,
24:13elle n'est pas dans la nature
24:14de la banque
24:14central européenne.
24:15Faire ses allers-retours,
24:16franchement,
24:17je ne vois pas l'intérêt
24:18pour l'économie.
24:19Maintenant,
24:19on aura aussi un changement
24:20de gouvernance à la BCE,
24:22donc ça aujourd'hui,
24:22compliqué de savoir
24:24comment ça va se piloter.
24:25Pour les Etats-Unis,
24:27par contre,
24:28alors là,
24:28évidemment,
24:31on les voit mal.
24:32Je pense que le scénario
24:33d'une remontée de taux
24:34aux Etats-Unis
24:34est totalement écarté.
24:36Nous, on table encore,
24:37même malgré tout,
24:37sur une baisse.
24:38En tout cas,
24:38la Fed l'a plus ou moins
24:39confirmée encore à ce stade.
24:41La Fed,
24:41elle a cette capacité.
24:42Il y a encore un monde possible
24:43où la Fed baisse ses taux.
24:44Et elle l'a fait.
24:44Depuis 60 mois,
24:46la Fed est au-dessus
24:46de sa cible.
24:48Et malgré tout,
24:49elle a réussi à piloter
24:50et à faire baisser
24:51encore les taux.
24:52Elle a un double mandat.
24:53Elle peut tout à fait vous dire,
24:54moi, je regarde
24:55les attentes de marché
24:56d'inflation,
25:00ma priorité,
25:01c'est l'économie.
25:02Je suis capable
25:03de me dire,
25:03de toute façon,
25:04après ce pic,
25:05en 2027,
25:05ça retombe plus ou moins
25:06immacible,
25:07je peux baisser les taux.
25:08Mais des baisses de taux
25:08d'ajustement,
25:10c'est ça.
25:10Elle ne s'est pas engagée
25:11non plus dans un cycle
25:12profond de baisses de taux.
25:14Le simple vêt d'avoir
25:15une perspective de baisse,
25:16c'est plutôt rationnel
25:17pour le marché en général.
25:18Régis,
25:19sur l'aspect banque centrale,
25:20si vous avez des commentaires,
25:21puis je veux bien
25:21qu'on en revienne aussi
25:22à la vague de résultats
25:23qui va arriver.
25:24Qu'est-ce qu'on va découvrir
25:25ou non d'ailleurs
25:26dans ces publications
25:27d'entreprise ?
25:28Juste en deux mots
25:29sur les taux d'abord,
25:30moi je serais personnellement
25:32très très surpris
25:33que la banque centrale
25:34européenne
25:35monte ses taux,
25:37même si effectivement
25:37c'est ce que le marché
25:38anticipe actuellement.
25:39Nos buts ne tombant
25:40jamais deux fois
25:41dans le même trou.
25:42Je serais très surpris
25:43qu'on recommette
25:44l'erreur historique
25:46de juillet 2008
25:48à un moment
25:48où nous nous trouvons
25:50pas du tout
25:51à l'aube
25:51d'une période d'inflation
25:52mais simplement d'une augmentation
25:54des prix de l'énergie
25:55ce qui n'est pas du tout
25:55en tant que tel inflationniste
25:57c'est plutôt récessionniste.
25:59C'est comme ça
25:59que les histoires inflationnistes
26:00débarrent.
26:01L'inflation c'est l'inflation
26:02Tu as essayé de faire
26:02le défenseur de la banque centrale
26:03européenne
26:04à qui on a beaucoup reproché
26:05en 2022
26:06de ne pas avoir assez vite
26:07et assez fort.
26:08La situation n'a aucun rapport
26:09avec celle de 2022.
26:10Est-ce que l'inflation
26:11ne suffit pas plus vite
26:12aujourd'hui dans nos économies ?
26:14Non parce qu'en 2022
26:14on l'a oublié
26:15parce que c'est déjà loin
26:16mais on était en sortie de Covid.
26:17On avait un monde
26:18inondé de liquidités
26:20une demande
26:21qui surgissait
26:22post-Covid
26:24des difficultés
26:25d'approvisionnement
26:26qui étaient liées au Covid
26:27qui n'avaient aucun rapport
26:28avec les prix de l'énergie
26:28non plus ni avec les prix tout court
26:30donc vous aviez des pénuries
26:31des pénuries alimentaires
26:33des pénuries de semi-conducteurs
26:34et vous aviez
26:37beaucoup de liquidités
26:39et donc vous aviez
26:40une inflation des prix
26:41et une boucle inflation
26:42prix-salaire.
26:43La BCE craint
26:43que la mémoire de l'inflation
26:45fasse qu'un choc de prix
26:46même temporaire
26:47sur l'énergie
26:48qui est quand même
26:48au cœur de notre modèle
26:50aujourd'hui
26:51diffuse beaucoup plus vite.
26:53de rentrer dans une augmentation
26:54de salaire aujourd'hui.
26:55Aucune.
26:56Vous avez l'IA
26:57qui arrive comme une énorme pression
27:00sur l'emploi
27:01et il n'y a pas de liquidités
27:04du Covid.
27:05Les sujets
27:06ce n'est pas du tout
27:06de demander des augmentations
27:09c'est d'essayer
27:09de sauver son job.
27:11Vous avez
27:12des lignes
27:12Les taux de chômage
27:13sont encore remarquablement bas.
27:14Les taux de chômage
27:15restent bas
27:15mais vous avez
27:16une pression énorme
27:19qui vient de l'IA
27:20et pour passer
27:22à la micro
27:22toutes les entreprises
27:23en parlent.
27:24Très peu d'entreprises
27:25se disent
27:27menacées
27:28par l'IA.
27:29La plupart
27:29des entreprises
27:30ou la totalité
27:32des entreprises
27:33vous parlent
27:33de l'IA
27:34comme étant
27:35un gain
27:36de productivité
27:36potentiel
27:37qu'il s'agisse
27:38de la banque
27:38qu'il s'agisse
27:39de la publicité
27:40qu'il s'agisse
27:41de l'automobile
27:43Aucune dire
27:44à l'inverse
27:44aujourd'hui
27:45mais je reviens
27:46sur mon histoire
27:47d'inflation
27:47qu'est-ce que vont nous dire
27:48les entreprises
27:48de leur capacité
27:49à transmettre
27:50justement
27:51les hausses de coûts
27:52qu'elles sont en train
27:52de se prendre
27:54dans les prix finaux
27:56des boîtes de chimie
27:57des dos chemicals
27:58ou autres
27:59ont déjà commencé
27:59à transmettre
28:01ces hausses de coûts
28:01au prix de leurs clients
28:03suivants
28:03entre guillemets
28:04ça commence
28:05aux Etats-Unis
28:06un peu
28:07en Europe
28:09aucune
28:09ce que font
28:10les entreprises
28:10qu'on fait
28:11les entreprises
28:11en 2022
28:14la chimie
28:14est dans une situation
28:15qui est extrêmement difficile
28:16en Europe
28:16ils ont déjà fermé
28:17énormément de capacités
28:19ce qui s'est passé
28:20en 2022
28:20c'est qu'ils ont arrêté
28:21de produire en Allemagne
28:22à cause des prix du gaz
28:24c'est tout ce qui s'est passé
28:25et je pense qu'on est
28:26exactement dans la même
28:27situation
28:28de ce point de vue là
28:29comme j'ai dit
28:30très différente
28:30d'autres points de vue
28:31mais en 2022
28:32il n'y a aucune entreprise
28:33il n'y a aucune entreprise
28:35dans la chimie
28:36qui est capable
28:36de transmettre
28:37les hausses de prix
28:37de l'énergie
28:38sur les clients
28:40et bon
28:41de toute façon
28:41à un moment donné
28:42ça se transmettra
28:43par un pincement de marge
28:44parce que vous n'avez pas
28:45une demande
28:45vous n'avez pas
28:46une consommation
28:47qui explose
28:48face à ça
28:48donc on n'a pas
28:49de capacité
28:49de transmettre
28:51votre augmentation
28:52de coûts
28:52dans l'économie
28:54pour l'instant
28:55on en est à
28:5615 jours
28:57ça fait 15 jours
28:58que les prix ont augmenté
28:59donc je veux dire
29:01ça ne se verra pas encore
29:02sur le premier trimestre
29:03il faut voir si on tient
29:04bon
29:05comme on l'a dit
29:07100 dollars
29:07sur le pétrole
29:08ça reste supportable
29:10surtout avec un dollar à 1,16
29:11le dollar a quand même perdu
29:1210% par rapport
29:13à l'année dernière
29:13100 dollars sur le pétrole
29:14ça reste assez supportable
29:15c'est un peu plus compliqué
29:16sur le plan du gaz
29:18et puis
29:19les coûts de l'énergie
29:20aujourd'hui
29:20c'est 3% des coûts
29:21globalement
29:22et si ça vient pincer
29:23un peu les marges
29:23parce qu'avec le rebond d'hier
29:24finalement
29:25le stock 600
29:26il perd
29:26je ne sais pas
29:275% à peine
29:28depuis le 28 février
29:30il est plate depuis le début de l'année
29:32on est à 0% depuis le début de l'année
29:33on a fait que reperde
29:34janvier et février
29:35ça va se retrouver dans les marges
29:38est-ce que le marché action
29:39l'a pris en compte
29:40un peu
29:40beaucoup
29:41pas du tout
29:42très peu
29:43parce que c'est petit
29:44c'est petit
29:45à part des secteurs
29:46très spécifiques
29:48à part des secteurs
29:49encore une fois
29:49très spécifiques
29:50comme la chimie
29:51mais qui était déjà
29:52à un niveau
29:54désastreux
29:55avant cette crise
29:56qui a plutôt
29:57un peu
29:58pas spécialement accusé
29:59le coup d'ailleurs
30:00parce qu'en fait
30:00elle avait très largement
30:01sous-performé
30:03déjà depuis bien avant la crise
30:05de toute façon
30:06il y a
30:06en fait
30:07le marché
30:07il y a quand même
30:08un peu une illusion
30:09sur le niveau du marché
30:10parce que le marché
30:11est effectivement
30:12tout près
30:12de ses plus hauts
30:13à quelques pouillèmes près
30:14mais vous avez quand même
30:15plus de la moitié
30:16de la cote
30:16qui a eu des performances
30:17absolument désastreuses
30:19depuis 4 ou 5 ans
30:20dans les biens de consommation
30:22dans les secteurs
30:23dits défensifs
30:24qui se sont avérés
30:25pas du tout
30:26défensifs précisément
30:27à cause de Trump
30:28à cause du dollar
30:28à cause maintenant
30:29de la crise énergétique
30:30etc.
30:31donc où le marché
30:32est déjà pricé
30:32plein de choses négatives
30:34ça c'est
30:34l'impact des prix
30:35de l'énergie
30:37tant qu'on est
30:38à ces niveaux
30:40c'est pas
30:42très très difficile
30:44à transmettre
30:44dans les marges
30:46si effectivement
30:46on reste
30:47à 50 euros
30:48plus
30:48sur le gaz européen
30:51si le pétrole
30:52va à 150 dollars
30:53bon là
30:54on est dans autre chose
30:55mais qui est plus
30:56récessionniste
30:56qu'inflationniste
30:57de toute façon
30:57sur l'histoire
30:58de l'inflation
30:59des taux
30:59et de la banque centrale
31:00européenne
31:01Laurent
31:01comment vous comprenez
31:02c'est vrai que le pricing
31:03je crois qu'on a dû enlever
31:03peut-être une baisse
31:04de taux pleine
31:05à un moment
31:05le marché était allé à 3
31:06et peut-être même
31:07un peu plus
31:08mais le marché
31:09considère toujours
31:10que la banque centrale
31:11européenne
31:12devra répondre
31:13avec deux hausses de taux
31:14oui c'est son mandat
31:15c'est des débats
31:17que j'ai très souvent
31:18avec les gérants
31:19c'est lui
31:20non mais je crois pas
31:21que
31:21non c'est son mandat
31:23donc elle le fera
31:25elle remontera
31:26c'est tout
31:26d'accord
31:27c'est son mandat
31:28de lutter contre l'inflation
31:29pas de remonter les taux
31:30c'est son mandat
31:31de lutter contre l'inflation
31:31mais le seul instrument
31:32qu'elle a
31:33c'est de remonter les taux
31:34et donc je pense
31:36oui qu'elle le fera
31:36elle le fera
31:39mais de manière préventive alors
31:41pour prévenir
31:42un risque de diffusion
31:43d'ancrage
31:44assurance risque
31:45d'accord
31:45ouais c'est ça
31:46en termes d'assurance
31:47gestion du risque
31:47en termes d'assurance
31:48elle veut surtout pas
31:49que le marché se dise
31:50bah finalement
31:51la BCE
31:52elle a abandonné
31:53elle lâche tout
31:53elle lâche
31:55donc je pense
31:56qu'ils le feront
31:56et ils le feront pas
31:57une fois
31:58parce que
31:59ils sont pas
32:00des habitués
32:01c'est pas dans leur ADN
32:04parce que d'eux
32:04ça paraît plus
32:05plus sérieux
32:08c'est pas dans leur ADN
32:10de faire du fine tuning
32:12donc faire une fois
32:14et après une fois
32:15on annoncer une deuxième
32:16en disant
32:16et on pensera
32:17qu'on sera en bonne position
32:19et peut-être que là
32:21je suis pas d'accord
32:22c'est à dire
32:22d'avoir
32:24l'économie
32:25bon elle va
32:26elle va un petit peu
32:26s'affaiblir
32:27oui
32:28malheureusement
32:28néanmoins
32:29il y a quand même
32:29du sous-jacent
32:30qui fait que
32:30je pense que
32:32on va un petit peu
32:33rebondir
32:34c'est de la dépense publique
32:35sous-jacent
32:36c'est de la dépense publique
32:37un peu de l'accommodation
32:39ça fait de la croissance
32:39ça fait de la croissance
32:41et donc
32:43avec une communication
32:44ils pourraient remonter
32:45je pense qu'ils vont remonter
32:46une fois de 0,25 en juin
32:47une fois de 0,25 en juillet
32:48et en disant
32:50à 2,50
32:51on sera en bonne position
32:52pour pouvoir réagir
32:53si l'inflation rebaisse
32:55si les pressions inflationnistes
32:57rebassent fortement
32:58de rebaisser
32:59et ou
33:01si l'économie s'affaiblique
33:03beaucoup plus
33:04plus elle les monte aujourd'hui
33:05plus elle
33:06elle sera peut-être
33:08dans un schéma
33:09qui lui permettra
33:09de les baisser en 2027
33:11c'est pas impossible
33:12alors j'ai une stratégie
33:14en tête
33:14pour la gestion
33:15de mon portefeuille
33:16ça a un peu surpris
33:17mon patron
33:18c'est-à-dire
33:18le jour où la baisseur
33:20fait sa première hausse des taux
33:21de 0,25
33:22j'achète du 30 ans français
33:23ouais c'est ça
33:23il faut jouer la baisse des taux
33:24il faut jouer la baisse des taux
33:26la duration et la baisse des taux
33:27tout à fait
33:27alors là où je suis
33:28totalement d'accord
33:29avec Alexandre
33:30c'est
33:31c'est un job
33:32extrêmement difficile
33:33banquier centrale
33:34aujourd'hui
33:34ça l'est depuis longtemps
33:36c'est très difficile
33:37mais oui
33:38c'est leur mandat
33:39il y a que des quoi prendre
33:40c'est leur mandat
33:41bon
33:42et ils ont pas
33:43alors
33:43sauf s'ils changent
33:45dramatiquement
33:46de vision
33:47ça fait 25 ans
33:48que la banque centrale européenne
33:49arrive
33:50je les ai jamais entendus
33:51dire
33:51we will look through
33:52comme la Fed
33:55elle le fait pas
33:56c'est pas son mandat
33:57oui mais c'est sous la pression allemande
33:59les allemands
33:59ils ont un petit peu changé
34:00ces derniers temps
34:01bah oui
34:02même temps qu'ils font
34:02de la dépense publique
34:03mais c'est pas leur mandat
34:04du déficit
34:05c'est vrai que contrairement
34:06à la Fed
34:07il y a cette agilité
34:08cette flexibilité
34:09l'usage du verbe
34:10le pilotage
34:11des anticipations
34:12je reprends l'histoire
34:13de Maradona
34:13moi j'ai peur que
34:14quand on soit en mode
34:15strong vigilance
34:16comme disait Trichet à l'époque
34:18à un moment
34:19on passe des paroles aux actes
34:20c'est quand même aussi
34:21un peu dans l'ADN
34:22de la Banque Centrale Européenne
34:23bref on verra
34:24ce qui se passe
34:24de ce point de vue là
34:25quand on réfléchit
34:26là aussi Alexandre
34:27aux conséquences
34:28alors qui vont au-delà
34:29des hausses de taux potentiels
34:30de la Banque Centrale Européenne
34:32mais cette crise
34:33qui vient s'ajouter aux autres
34:35j'ai envie de dire
34:36comme on réfléchit
34:37aux conséquences
34:39structurelles
34:39de long terme
34:40qui sont importantes
34:41pour l'investisseur
34:43qui a des horizons
34:44de temps
34:45parfois assez long
34:47alors moi je vois aujourd'hui
34:48un peu l'obsession
34:49que j'ai en ce moment
34:50c'est la thématique
34:51de l'autonomie stratégique
34:53on en a beaucoup parlé avant
34:55l'autonomie stratégique
34:56elle se décline d'abord
34:57avec cette course
34:58de l'intelligence artificielle
35:00là on voit
35:01que la Chine
35:01est en train
35:02je pense
35:03de la gagner
35:04et ça sera l'un
35:05des grands gagnants
35:06de toute façon
35:06de cette crise
35:08nous restons par exemple
35:09très positifs
35:10sur les actions émergentes
35:11alors il y a
35:11la distinction
35:12dans le monde émergent
35:13il y a l'Inde
35:14qui va un petit peu mad
35:15et puis comme l'Indonésie
35:16et la Thaïlande
35:16qui sont un peu plus dépendants
35:17mais la Chine
35:18elle a 6 mois de réserve
35:19sur le pétrole
35:20le consommateur chinois
35:22de toute façon
35:22est haut dans l'électrique
35:23donc le prix du pétrole
35:24à la station
35:25c'est pas comme
35:27le français
35:27qui va aujourd'hui
35:28à payer le diesel
35:29à 2,30
35:29donc il est relativement
35:31bien je dirais
35:32protégé
35:34maintenant il y a
35:35la stratégie
35:35l'autonomie stratégique
35:37autour de la défense
35:39qui est toujours
35:40un terme d'actualité
35:41et combien même
35:42on a un cessez-le-feu
35:43ou une paix
35:44de toute façon
35:44ça veut dire plus de défense
35:45qu'un moins de défense
35:46donc ça c'est un terme de fond
35:47mais surtout le dernier thème
35:48qui va être je pense
35:49qui est nouveau aussi
35:50dans l'histoire aujourd'hui
35:51c'est l'accès
35:51aux ressources naturelles
35:53que ça soit
35:54refaire des réserves
35:55de pétrole
35:56accès au pétrole
35:57donc tous les pays
35:57qui ont des vulnérabilités
35:59au niveau des matières premières
36:01que ça soit
36:01l'énergie au sens pétrole
36:03le gaz naturel
36:04que ça soit
36:05au niveau des minerais
36:06au niveau des métaux de base
36:07au niveau de l'or
36:08également
36:09tout ça ça fait partie
36:10pour moi
36:11du même thème
36:12c'est quelque chose
36:13qui n'est pas conjoncturel
36:14qui va devenir
36:15structurel
36:16donc c'est plus 30 jours
36:17ou 60 jours
36:17ou 90 jours de stock
36:18qu'on veut
36:19c'est demain
36:19c'est 120 potentiellement
36:20ou plus quoi
36:21c'est accéder
36:23beaucoup de pays
36:24ne pourront jamais être
36:25indépendants
36:26évidemment
36:26mais ce de réduire
36:28cette dépendance
36:28d'être beaucoup plus prévenant
36:30l'Europe a une opportunité
36:32d'ailleurs de ce point de vue là
36:32d'ailleurs il y a un article
36:33très très bon
36:34d'un membre de la banque centrale
36:35européenne
36:36justement sur le sujet
36:37de remonter taux
36:38à un moment
36:39où l'Europe va devoir investir
36:40de manière massive
36:42dans le renouvelable
36:43parce qu'aujourd'hui
36:44c'est pas que faire du renouvelable
36:45pour faire baisser la température
36:46c'est faire du renouvelable
36:47parce que ça va nous coûter
36:48tellement cher
36:49par les énergies fossiles
36:51que maintenant
36:51on est capable
36:52de quantifier ce coût
36:53et de mettre en face
36:54l'investissement
36:55qu'on pourrait mettre
36:56donc oui
36:57j'entends le débat
36:58sur la banque centrale
36:59mais quand on y réfléchit bien
37:00c'est pas à ce moment là
37:02il va falloir investir
37:03de manière massive
37:04pour réduire notre dépendance
37:06aux énergies fossiles
37:07qu'il faut remonter les taux
37:09et j'ajoute au-delà du renouvelable
37:11la question des réseaux
37:12on est un an après
37:13le blackout total
37:14qui avait frappé
37:15la péninsule ibérique
37:16pendant je crois
37:17une dizaine d'heures
37:19l'investissement dans les réseaux
37:20va de pair aussi
37:21avec le développement
37:22des capacités
37:23de renouvelable
37:24et de ce point de vue là
37:25j'imagine qu'il y a
37:25un petit boost du CAPEX
37:27supplémentaire
37:28ce serait pas trop quoi
37:29il y aura un boost du CAPEX
37:29effectivement en Europe
37:31je pense qu'on va avoir
37:31aussi un boost d'investissement
37:33notamment au Moyen-Orient
37:34parce que quand on y réfléchit bien
37:36on a le monde entier
37:37qui est en otage
37:38sur un passage de 21 kilomètres
37:40ça fait des décennies
37:42que ça dure
37:42je pense que tous les pays
37:44du Golfe aujourd'hui
37:45sont en train de réfléchir
37:46il faut que j'enlève ce problème
37:49il va falloir investir
37:50pour que je puisse exporter
37:52mon gaz naturel
37:53ou mon pétrole
37:54de façon différente
37:55l'Arabie saoudite
37:56a réussi à détourner
37:57trois quarts de sa production
37:58de pétrole
37:58de l'est à l'ouest
37:59en passant par le canal
38:00avec le pipeline
38:01en mer rouge
38:02donc c'est encore limité
38:04les capacités ne sont pas là
38:06mais il est certain
38:06qu'il va y avoir
38:07des plans d'investissement
38:08massifs dans la région
38:10pour revoir en fait
38:11et refluidifier
38:13finalement ces exportations
38:15sur les conséquences
38:17un peu structurelles
38:18de cette crise
38:18et des précédentes
38:19qui sont des guides
38:20pour l'investisseur
38:21qu'est-ce qui vous anime
38:23en matière de réflexion
38:23là Régis ?
38:24sur ce qui a été dit
38:26sur la
38:27moi j'ai une petite méfiance
38:28quand même dans le marché
38:29sur la partie défense
38:31et utilities
38:33qui sont deux secteurs
38:34qui sont aujourd'hui
38:35au plus haut
38:36et ça fait
38:36pour la défense
38:37ça fait quatre ans maintenant
38:38qu'il y a une très forte
38:40surperformance
38:41puisque ça a commencé
38:42avec la guerre en Ukraine
38:43je pense qu'il y a
38:44beaucoup de choses
38:45qui sont dans les cours
38:47et il y a beaucoup de risques
38:48qui n'y sont pas
38:49on a vu d'ailleurs
38:50le secteur de la défense
38:51plutôt corrigé
38:52au fur et à mesure
38:54du conflit
38:55le secteur de la défense
38:56a corrigé
38:57bon ça c'est des phénomènes
38:58de plus flux
38:58je pense qu'il y a eu
38:59des débouclements
38:59de position
39:01parce qu'il n'y avait pas
39:01spécialement
39:02de raison
39:04fondamentale à cela
39:05mais c'est vrai
39:06que c'est un secteur
39:07qui a beaucoup
39:08beaucoup bénéficié
39:10d'un effet de mode
39:10quand même
39:11en partie
39:12et aussi
39:13d'un effet de marge
39:15les marges ont
39:15beaucoup augmenté
39:16ont quasiment doublé
39:17pour beaucoup d'entreprises
39:19dans le secteur
39:20sur fond
39:21de guerre en Ukraine
39:23et de dépenses publiques
39:25il faut quand même rappeler
39:27qu'il y a beaucoup
39:27d'états européens
39:28qui ne sont pas
39:29alors évidemment
39:29la France
39:30au premier rang desquels
39:31mais ils ne sont pas
39:32du tout dans la capacité
39:33de tenir leurs promesses
39:35en matière de dépenses publiques
39:36concernant la défense
39:38donc la France
39:38bien entendu
39:39le Royaume-Uni
39:40bien entendu
39:41l'Espagne ne veut pas
39:43elle pourrait
39:44les finances publiques
39:45sont un peu
39:46en meilleur état
39:46mais elle ne veut pas
39:47donc on a l'Allemagne
39:49d'un côté
39:49mais dans ce plan
39:50des 500 milliards allemands
39:51il y a beaucoup
39:51d'infrastructures
39:52il y a beaucoup de choses
39:54donc je crois
39:55qu'il y a quelque chose
39:57qui est un peu sous-estimé
39:58du côté du marché
39:59à la fois sur le plan
40:01de capacité
40:01des gouvernements
40:02à passer des ordres
40:03et à la fois sur le plan
40:04de la capacité
40:05des entreprises
40:06à montrer
40:06des marges
40:07très élevées
40:08face à quelque chose
40:09qui est entièrement
40:09financé par la dépense publique
40:11et donc par l'impôt
40:12ça c'est la première chose
40:13la deuxième chose
40:14sur les utilities
40:15également il y a eu
40:15beaucoup de fantasmes
40:16autour de l'IA
40:19alors c'est vrai
40:20qu'il y a des besoins
40:21en capacité
40:21d'interconnexion
40:23notamment
40:24et des besoins aussi
40:25de production
40:27mais comme on l'a dit
40:29la production
40:29elle reste
40:30elle restera
40:31le prix de la production
40:33restera
40:33et drive
40:34par le gaz
40:35même si on ajoute
40:36beaucoup de renouvelables
40:37et même d'autant plus
40:38qu'on ajoutera
40:39beaucoup de renouvelables
40:40parce que le gaz
40:41est toujours la variable
40:42d'ajustement
40:42par rapport au renouvelable
40:43donc plus il y a de renouvelables
40:44et plus le prix marginal
40:46est fonction du gaz
40:48il faut quand même
40:49avoir bien ça en tête
40:50et sur ces prix
40:52il faut se souvenir
40:53qu'il y a eu
40:54moi le marché
40:55me rappelle quand même
40:56un petit peu
40:57son comportement
40:582007-2008
41:00justement
41:00où il y avait
41:01beaucoup d'enthousiasme
41:03sur la capacité
41:04du secteur
41:05à investir
41:06et à retrouver
41:07des retours
41:09sur investissement
41:10très rapidement
41:10et finalement
41:12quand les sources
41:14de finances
41:15sont tendues
41:15en 2008
41:16ça a été particulièrement
41:17sanglant
41:17particulièrement
41:18pour le secteur
41:19des utilities
41:20qui était réputé
41:20être à l'époque
41:22extrêmement défensif
41:23et donc moi
41:24je pense qu'il y a
41:25maintien à se méfier
41:27dans ce domaine
41:28et réciproquement
41:29toute la partie
41:32exportatrice
41:32du marché
41:33au sens large
41:34toute la partie
41:35business internationale
41:36qui est quand même
41:37la partie la plus créative
41:38du marché
41:38là où il y a vraiment
41:39de l'innovation
41:41du commerce
41:42etc
41:42donc ça va
41:43bon l'agroalimentaire
41:45c'est pas très innovant
41:45mais enfin
41:46la tech
41:48les softwares
41:50aussi
41:50tout ça a été
41:51très très fortement
41:53pénalisé
41:53à la fois
41:54par les tarifs
41:56et l'ombre des tarifs
41:57qui demeurent
41:58et puis l'IA
42:00aussi
42:00qui est venu
42:01perturber
42:01beaucoup de business models
42:02en tout cas
42:03la perception
42:04du marché
42:04de ces business models
42:05oui oui
42:06bien sûr
42:08Laurent ça m'intéresse
42:09de savoir comment
42:10c'est ce qui vous caractérise
42:12généralement
42:12dans ces plateaux
42:13c'est que vous êtes
42:14un investisseur institutionnel
42:15on reçoit beaucoup
42:17de sociétés
42:18de gestion d'actifs
42:19vous vous avez
42:20un rôle un peu différent
42:21j'allais dire
42:21dans le marché
42:22presque
42:23et vous avez
42:23un équilibre
42:24passif-actif
42:25à tenir
42:25vous avez des horizons
42:26de temps
42:26parfois très lointains
42:30comment on
42:31navigue
42:31dans des
42:32moments troublés
42:33comme celui-là
42:34et surtout
42:34dans un monde
42:35où les crises
42:36sont de plus en plus
42:37fréquentes
42:37s'accumulent
42:38s'empilent
42:39etc
42:39oui
42:40alors mon horizon
42:41de placement
42:42n'est pas lointain
42:43on va dire
42:43mon horizon
42:44de placement
42:44il est sur
42:45ma poche obligataire
42:46qui représente
42:47à peu près 60%
42:48du portefeuille
42:49ça va être
42:50entre 2 et 4 ans
42:51donc je peux être
42:52à 2
42:52je peux être à 4
42:534 ça commence
42:54à être un petit peu
42:55agressif
42:55comme disait Alexandre
42:57le métier de banquier
42:58central
42:59est difficile
43:00le métier de gérant
43:01en ce moment
43:01c'est pas simple
43:03non plus
43:04ce sont des situations
43:06compliquées
43:07pour un gestionnaire
43:08d'actifs
43:09parce que
43:10ce ne sont pas
43:11des dégradations
43:12des améliorations
43:13de prix de marché
43:14continu
43:15on est toujours
43:17donc la guerre
43:18se déclenche
43:19un samedi matin
43:20on arrive le lundi
43:21le mardi
43:22les actifs
43:23ont déjà perdu
43:23pas mal
43:24on se pose la question
43:25est-ce que c'est trop tard
43:27pour aller léger le risque
43:28est-ce qu'il faut
43:29déjà renforcer
43:30est-ce qu'il faut
43:32c'est complexe
43:33alors moi
43:34j'ai commencé
43:34cette crise
43:35heureusement
43:35avec une sensibilité
43:38auto
43:38et crédit
43:39relativement faible
43:40parce que je trouvais
43:40que les actifs
43:41étaient un petit peu chers
43:42et que la courbe
43:43était trop plate
43:44pour vraiment
43:45rallonger
43:46le portefeuille
43:49et donc
43:49ce qu'on fait
43:50c'est qu'on réévalue
43:52en permanence
43:52réévalue en permanence
43:54est-ce que notre
43:55positionnement
43:56stratégique
43:57aujourd'hui
43:58correspond à la situation
43:59telle qu'on pense
44:00qu'elle va se développer
44:01si on pense
44:02que la macro
44:03va vraiment
44:05souffrir
44:05vraiment s'effondrer
44:06que les taux de défaut
44:07vont monter
44:07que l'inflation
44:07va monter
44:08à ce moment-là
44:09on va couvrir
44:10le portefeuille
44:10on prend des décisions
44:11même si l'actif
44:12a déjà perdu
44:132, 3, 4%
44:14en se disant
44:14ça peut vraiment
44:15être tourné
44:16à la catastrophe
44:18à l'inverse
44:19on va chercher
44:19les opportunités
44:21la semaine dernière
44:22j'ai regardé
44:23des fonds crédit
44:24high yield
44:25WB
44:262031
44:272032
44:28on était sur des rendements
44:29de 6,20
44:306,30
44:31embarqués
44:32donc ça commence
44:33à se regarder
44:34à nouveau
44:34à se regarder
44:35parce que dans un scénario
44:36où on avait
44:37un règlement
44:38de la crise
44:41rapide
44:42rapide
44:42mais en tout cas
44:43pas d'armagé
44:44oui
44:45etc
44:46oui
44:47ça valait
44:48le coup
44:49et puis
44:51Trump fait un tweet
44:52et puis
44:53les 6,30
44:54ils se transforment
44:54en 4,90
44:55en une journée
44:56à 5,90
44:58pardon
44:59à l'inverse
45:01vous ne pouviez pas
45:02être certain
45:02la semaine dernière
45:03lundi
45:04pour ça que j'ai écouté
45:05la conférence
45:05de Trump
45:07à moitié
45:09vous ne pouviez pas
45:10exclure qu'à un moment
45:11le scénario du pire arrive
45:13et là que vous ayez
45:14une dislocation
45:15de marché
45:17donc
45:17c'est à dire
45:18quand on en est
45:18à démentir
45:19qu'on ne va pas utiliser
45:20l'arme nucléaire
45:21c'est qu'effectivement
45:22la tension est assez forte
45:24tout à fait
45:25autre élément
45:26compliqué
45:27alors au-delà du débat
45:28est-ce qu'ils vont remonter les taux
45:29est-ce qu'ils ne vont pas remonter les taux
45:30c'est pas très intéressant
45:31enfin si c'est intéressant
45:32mais là
45:33pour le débat
45:33c'est que
45:34c'est très différent
45:35par exemple
45:36pendant la crise
45:37que la crise du Covid
45:39la crise du Covid
45:40moi je n'avais
45:41pas hésité
45:42à renforcer
45:43mes actifs risqués
45:44obligataires
45:45accès obligataires long
45:46actions crédits
45:47parce qu'il y avait une réponse
45:48au mois de mars
45:49parce qu'il y avait une réponse
45:50les gouvernements
45:51il y avait
45:51bien sûr
45:52les gouvernements disaient
45:53les petits budgétaires
45:53etc
45:54et donc on lit beaucoup
45:55on réfléchit
45:56et on est toujours prêt
45:57à adapter le portefeuille
46:00après sur un portefeuille
46:01on va trop écouter Trump
46:02tous les jours
46:03un portefeuille de 600 millions
46:04ça ne se bouge pas
46:05comme ça non plus
46:05donc on essaye de
46:07trouver des petites astuces
46:08pour couvrir
46:09il nous reste 30 secondes
46:10Alexandre
46:10sur la logique
46:11de pilotage
46:13des investissements
46:13dans ce moment-là
46:14il y a déjà des opportunités
46:16pour vous
46:17oui
46:18on a un petit peu
46:20écrité sur les actions
46:21émergentes
46:21sur le crédit
46:22il y a toujours le sujet
46:23crédit
46:24les répercussions
46:24du marché privé
46:25sur le crédit listé
46:26donc un peu
46:27en mode risk management
46:29petite moyenne cap
46:30européenne
46:31vous avez compris
46:32qu'on est assez
46:33prudents sur l'Europe
46:34aujourd'hui
46:34et même si je ne pense pas
46:36que la BCE
46:36va remonter les taux
46:37si elle le fait
46:38et ce n'est pas impossible
46:40ce sera une double peine
46:41ce n'est pas bon
46:41pour les small cap
46:42par contre l'opportunité
46:43aujourd'hui
46:44c'est plutôt toujours
46:45de se protéger
46:46sur le dollar
46:46et de prendre de l'or
46:47parce que l'or a bien
46:48bien dévissé
46:49et c'est plutôt une belle
46:50opportunité pour nous
46:50notamment les aurifères
46:51les minières aurifères
46:52très rapide
46:53on a déjà débordé
46:55moi je pense que
46:57alors le dollar
46:59ça dépend quand même
47:00pas mal de la BCE
47:01ah non on ne peut pas
47:02ouvrir le débat
47:02sur le débat
47:05mais voilà
47:05non les actions
47:06sont dans un niveau
47:07moyen
47:07qui n'est pas
47:09qui n'est pas
47:09excessif
47:10donc si les marchés
47:11de l'énergie
47:12peu ou prou
47:13se normalisent
47:14on devrait repartir
47:15sur une vague haussière
47:17merci à vous trois
47:17merci messieurs
47:18Régis Béguet
47:18Zadig AM
47:19Alexandre Drabowitz
47:20Indos Suez Wealth Management
47:22et Laurent Martin
47:23CIBTP France
47:34Le dernier quart d'heure
47:35de Smartbourg
47:36chaque soir
47:36c'est le quart d'heure
47:37thématique
47:37le thème ce soir
47:38c'est celui de l'univers
47:39des CGP au sens large
47:40puisque nous sommes ici
47:42depuis le pavillon
47:42d'Armenonville
47:43à la convention annuelle
47:44de l'Anacofi
47:46et nous allons parler
47:46notamment des nouveaux
47:47modèles d'affaires
47:48dans l'industrie
47:49du conseil en gestion
47:50de patrimoine
47:51avec à mes côtés
47:52Claire Bourgeois
47:53bonjour Claire
47:54bonjour Grégoire
47:55merci beaucoup
47:55d'être avec nous
47:56vous êtes la fondatrice
47:57d'Alpha Conseil Co
47:58qui est une petite boutique
48:00de conseil en gestion
48:01de patrimoine
48:02la création d'une entreprise
48:03l'histoire de la création
48:04d'une entreprise
48:05m'intéresse toujours
48:06généralement on crée
48:07une entreprise
48:07parce que
48:08on s'est posé une question
48:09on a rencontré un problème
48:10qui ne trouvait pas
48:11de solution satisfaisante
48:12à ses yeux
48:13Claire je crois
48:14que c'est votre histoire
48:14vous venez des salles de marché
48:16je le dis sous forme
48:17de clin d'oeil
48:17parce que vous avez quand même
48:18dirigé la gestion d'actifs
48:19de crédit mutuel
48:20pendant plusieurs années
48:22et quand vous avez eu
48:22un peu de temps
48:23pour organiser
48:24votre patrimoine
48:26vous avez trouvé
48:27que l'offre de marché
48:27n'était pas satisfaisante
48:29surtout j'ai trouvé
48:30que
48:31ce que j'avais fait
48:32n'était pas optimal
48:34en fait je voyais bien
48:35depuis plusieurs années
48:36mais je pense qu'il y a
48:37pas mal de spectateurs
48:38qui doivent être
48:39dans le même cas que moi
48:40que quand les marchés
48:41étaient positifs
48:42j'avais des performances
48:44genre 4-5%
48:45et dès qu'ils étaient négatifs
48:47j'avais vraiment
48:47toute la performance négative
48:49donc je me suis penchée
48:50sur la question
48:51j'ai travaillé un peu
48:52j'ai vu l'impact
48:53des frais
48:55et j'ai retravaillé
48:56mon patrimoine
48:57à l'aune des frais
48:58et donc j'ai créé
48:59un modèle
49:00qu'on appelle
49:01conseil en gestion
49:02de patrimoine
49:03conseil en investissement
49:04financier indépendant
49:06il faut peut-être
49:07dire ce que c'est
49:07que indépendant
49:09parce que le mot
49:10est parfois utilisé
49:11un peu largement
49:13et il y a un sens
49:14réglementaire
49:14voilà
49:14exactement
49:16souvent on dit
49:17qu'un CGP
49:18est indépendant
49:18quand il ne dépend
49:19pas d'un actionnaire
49:21qu'il soit bancaire
49:22ou assurance
49:24en réalité
49:25celui-là
49:25il est indépendant
49:27capitalistiquement
49:27mais il n'est pas
49:28indépendant
49:29au sens de la
49:30réglementation
49:30MIFID 2
49:31alors qu'est-ce que c'est
49:32qu'un conseiller
49:33de gestion de patrimoine
49:34indépendant
49:35au sens de la
49:36réglementation
49:36MIFID 2
49:37en fait il y a
49:38deux raisons
49:39cumulatives
49:39la première
49:41il faut que ce conseiller
49:42en investissement
49:43financier
49:44évalue un large panel
49:45de solutions
49:46qui ne soit pas
49:47concentré que sur
49:48quelques solutions
49:49et puis qu'il ne touche
49:51pas de rétrocession
49:52ou si l'on touche
49:54qu'il les rende
49:55sans délai
49:55à son client
49:56alors les rétrocessions
49:58c'est quoi ?
49:59les rétrocessions
50:01c'est des commissions
50:02que les sociétés
50:03de gestion
50:04ou les assureurs
50:06paient
50:07aux conseillers
50:08en gestion
50:09de patrimoine
50:09qui distribuent
50:10leurs produits
50:11en réalité
50:12rien de grave
50:13c'est le modèle
50:14historique
50:15et standard
50:15de l'industrie
50:16pour dire les choses
50:17je crois qu'il n'y a
50:18que 7%
50:19des CGP
50:20qui sont en modèle
50:21indépendant pur
50:22et ça c'est 7%
50:23en nombre de CGP
50:25c'est pas 7%
50:26en chiffre d'affaires
50:27bien sûr
50:29en réalité
50:30j'ai voulu faire
50:31ce qui me convenait
50:32à moi
50:32ce que j'aurais voulu
50:33qu'on fasse pour moi
50:34et donc c'est pour ça
50:35que j'ai monté
50:36Alpha Conseil Go
50:37comment on valorise
50:38le conseil
50:39c'est à dire comment
50:39puisque c'est l'enjeu
50:40comment est-ce qu'on
50:41remet le conseil
50:42au centre du jeu
50:44entre soi
50:44et son client
50:45et comment on
50:46fait comprendre
50:47à son client
50:48j'imagine qu'il y a
50:49une démarche de pédagogie
50:50et de conviction
50:51à mener
50:51comment on fait comprendre
50:52à son client
50:53que oui l'honoraire
50:55représente un coût
50:56mais aussi une valeur
50:57peut-être pour
50:58l'accompagnement du client
51:00en réalité
51:01la façon la plus simple
51:02de convaincre
51:03c'est de faire
51:04un avant-après
51:05de vérifier
51:07quels sont les frais
51:08emportés
51:09dans une solution
51:10avec un conseil
51:11en gestion de patrimoine
51:12via rétrocession
51:14et de le comparer
51:15aux honoraires
51:16qu'on ferait payer
51:17pour un conseiller
51:18de gestion de patrimoine
51:19indépendant
51:20j'ai une anecdote
51:22à ce sujet
51:24j'ai un prospect
51:25qui me demande
51:26d'analyser
51:26les frais
51:28payés
51:29d'une part
51:30dans une banque privée
51:31d'autre part
51:31dans un groupement
51:32de CGP
51:33avec qui il travaillait
51:35de très longue date
51:36je fais le calcul
51:37c'est un peu compliqué
51:38maintenant on a des bases
51:39de données
51:40mais c'est un peu de boulot
51:41pour faire le calcul
51:42et j'arrive vers
51:43mon client
51:44et je lui dis
51:45ben voilà
51:46là ça coûte tant
51:47et là ça coûte tant
51:49réaction de mon client
51:50mais clair
51:51vous êtes en train
51:52de me dire
51:52que ma femme me trompe
51:54en fait
51:55il y a une relation
51:56tellement émotionnelle
51:59avec son CGP
52:00que c'est très difficile
52:01de le quitter
52:02c'est comme une rupture
52:04amoureuse
52:04il faut décider
52:06de se séparer
52:08faire le deuil
52:09de sa relation
52:10draguer quelqu'un d'autre
52:11tout ça c'est compliqué
52:12voilà
52:13est-ce qu'il l'a fait ou pas ?
52:14non
52:14non mais voilà
52:15c'est intéressant
52:16non non il l'a toujours pas fait
52:17il y a une telle relation
52:18d'intimité
52:19effectivement
52:19c'est trop dur
52:20à partir d'un certain âge
52:21en plus c'est trop dur
52:22de tout changer
52:23non
52:24donc là où on convaince
52:25c'est qu'on factualise
52:27le service
52:28qu'on apporte
52:30on explique
52:30qu'on est libre
52:31de regarder
52:32tout le champ des possibles
52:33ça c'est une liberté
52:34à laquelle moi
52:35je suis très attachée
52:37et puis on explique
52:38ce qu'on va faire
52:39avec ce champ des possibles
52:40et les services
52:41qu'on va rendre
52:41et puis en face de ça
52:42on met une tarification
52:43qui est transparente
52:45mais encore une fois
52:47je ne dis pas ça par défaut
52:48parce que les CGP
52:49non indépendants
52:50doivent être transparents
52:52aussi sur les frais
52:53qu'ils prennent
52:53au final
52:55vous êtes compétitive
52:56ou autrement dit
52:57combien ça me coûte
52:58c'est à dire
52:58quand vous faites
52:59cet exercice de transparence
53:01et de factualisation
53:02en mode honoraire
53:04c'est à dire
53:05sur la durée
53:06le cycle de vie
53:07d'un client
53:08à combien la facture
53:11peut se monter
53:12par rapport
53:13à la performance
53:13ou à la création
53:14de valeur globale
53:15qu'on peut imaginer
53:16Claire
53:16en année 1
53:17en apparence
53:18ça va être à peine
53:19important
53:20on va parler
53:21en quelques milliers
53:22d'euros
53:23ça ne va pas être
53:24grand chose
53:24mais sur la durée
53:26on parle de montants
53:27qui sont très significatifs
53:28sur 20 ans
53:31sur une performance
53:33raisonnable
53:33d'un marché
53:34on va dire
53:36les frais
53:37mangent
53:3740%
53:38de votre performance
53:39voilà pourquoi
53:40il faut être hyper
53:41attentif
53:41au montant
53:42de ces frais
53:42parce qu'en fait
53:43tout ce qui est
53:44mangé
53:44est mangé
53:44vous ne le reverrez plus
53:45bien sûr
53:46il faut bien avoir
53:47ces ordres de grandeur
53:48et ces perspectives
53:50en tête
53:51la réglementation
53:52permet à votre modèle
53:53indépendant
53:54d'exister
53:55ça c'est une chose
53:55déjà
53:56et vous l'avez dit
53:576-7% du marché
53:58ce n'est pas beaucoup
53:59et on ne parle pas
54:00en chiffre d'affaires
54:02est-ce que cette réglementation
54:03permet en parallèle
54:04de vous développer
54:06ou est-ce que c'est quand même
54:07un cadre réglementaire
54:08contraignant
54:09pour un modèle
54:09comme le vôtre Claire
54:10alors contraignant
54:11je ne sais pas
54:12ce qui est sûr
54:12c'est que rien n'est fait
54:14pour ce modèle là
54:14le modèle indépendant
54:16c'est assez facile
54:18aujourd'hui
54:18de trouver des ETF
54:19et des clean shares
54:20ce sont des produits
54:21qui ne payent pas
54:21de rétrocession
54:23c'est déjà plus difficile
54:24au niveau des enveloppes
54:25que ce soit pour les comptes titres
54:27les contrats d'assurance vie
54:28collectif
54:28de trouver des contrats
54:30sans rétrocession
54:31ça devient presque ubuesque
54:33quand il s'agit
54:34de contrats d'assurance vie
54:35individuels
54:36mais on y arrive
54:37et on arrive
54:38à avoir un panel
54:39de solutions
54:40suffisamment large
54:41au sens de la réglementation
54:44là où ça devient
54:45où on voit les limites
54:47du système actuel
54:48c'est par exemple
54:49quand un client
54:50veut changer
54:51de conseiller
54:51en gestion de patrimoine
54:52il décide
54:54qu'il veut passer
54:55sur un conseiller
54:56indépendant
54:57en réalité
54:58ce que le client
55:00ne sait pas souvent
55:01c'est que
55:02le nouveau conseiller
55:04en gestion de patrimoine
55:05va devoir
55:06repayer
55:07une partie
55:08des rétrocessions
55:09que prenait
55:10l'ancien conseiller
55:11en gestion de patrimoine
55:12et quand on n'en prend pas
55:14des rétrocessions
55:15les repayer
55:15ça devient tout de suite
55:16plus compliqué
55:17donc ce qu'on appelle
55:19en assurance vie
55:20l'ordre de remplacement
55:21n'est jamais facile
55:22avec un CGP indépendant
55:24ça c'est les limites
55:26structurelles du modèle
55:27on y arrive
55:28il n'y a pas de sujet
55:29après tout le monde
55:30parle d'un effet
55:31de concentration
55:32dans le milieu
55:33des CGP
55:33c'est ce qu'on constate
55:35c'est hyper rapide
55:37c'est hyper fort
55:38avec des fonds
55:39à la manœuvre
55:39évidemment
55:41une puissance financière
55:42importante
55:43exactement
55:43ça va être plus difficile
55:45pour les conseillers
55:47en gestion
55:47de patrimoine indépendant
55:48alors pourquoi
55:49parce qu'en réalité
55:50moi si je voulais
55:52acquérir un autre
55:53cabinet de gestion
55:54de patrimoine
55:54pour me développer
55:55plus vite
55:56il faudrait que j'aille
55:56payer un cabinet
55:57avec des multiples élevés
55:59un cabinet qui a 60 à 80%
56:01de son chiffre d'affaires
56:02en rétrocession
56:03et moi demain
56:04je ne prends pas
56:05de rétrocession
56:06donc je ne peux pas
56:07me permettre
56:07de payer ce prix là
56:08et à l'inverse
56:09si quelqu'un
56:10voulait venir m'acheter
56:12il ne pourra pas
56:13mettre des produits
56:13margés
56:14chez mes clients
56:15avec beaucoup de rétrocession
56:17beaucoup de frais
56:18etc
56:18donc la valeur
56:19de mon cabinet
56:20en relatif
56:21à d'autres cabinets
56:22est plus faible
56:23donc ça c'est des freins
56:25au développement
56:26rapide du modèle
56:27mais moi
56:27je n'ai aucun doute
56:29le modèle
56:30va se développer
56:31parce qu'il correspond
56:32à une demande
56:33et je trouve
56:34qu'il nous donne
56:34une sérénité
56:35nous gestionnaires
56:36de patrimoine
56:37dans le choix
56:38des solutions
56:38qu'on propose
56:39qui est énorme
56:40en tout cas moi
56:41c'est un modèle
56:41qui me convient bien
56:42est-ce que le renouvellement
56:43générationnel de la clientèle
56:45est un levier
56:46pour le développement
56:47de votre modèle
56:48est-ce qu'il y a une nouvelle génération
56:49qui arrive
56:49avec des attentes différentes
56:50et alors dans un pays
56:52où effectivement
56:53l'apparente gratuité
56:56est toujours plaisante
56:57et les honoraires
56:58sont toujours quelque chose
56:58qu'on a plutôt envie
56:59de mettre de côté
57:00mais est-ce que
57:00dans une nouvelle génération
57:02les attentes
57:02peuvent être différentes
57:03c'est vrai qu'en France
57:04on n'a pas l'habitude
57:04de payer d'honoraires
57:05en dehors des avocats
57:06et des notaires
57:07on a du mal
57:09mais les réseaux sociaux
57:11font beaucoup
57:11de pédagogie financière
57:13alors parfois bien
57:14parfois moins bien
57:14mais ils en font beaucoup
57:15et il y a toute une génération
57:17de clientèle
57:17qui est hyper informée
57:19qui lit tout
57:19qui sait tout
57:20et qui sait précisément
57:22l'impact des frais
57:23sur sa performance future
57:24et donc cette clientèle
57:26elle a plutôt envie
57:27de se diriger
57:27vers des conseils
57:28de gestion de patrimoine
57:29indépendants
57:30au sens de MIFID 2
57:31c'est-à-dire sans rétrocession
57:33c'est l'alignement d'intérêt
57:35on ne l'a pas dit encore
57:36mais c'est quand même
57:36ce qui structure
57:38ce modèle d'indépendance
57:40en tout cas moi
57:41c'est comme ça
57:41que je me suis sentie
57:42le mieux alignée
57:43et alors les clients
57:44les prospects
57:45qui viennent vous voir
57:46ils viennent vous voir
57:48avant tout
57:48pour ce modèle
57:49ou ils découvrent ce modèle
57:50en prenant contact
57:51avec vous
57:52les deux
57:53mais il y en a beaucoup
57:55qui viennent pour ce modèle
57:57merci beaucoup Claire
57:58merci d'avoir été avec nous
57:59pour nous expliquer
58:00ces nouveaux modèles
58:01d'affaires
58:01qui sont en train
58:02quand même
58:02de se développer
58:03au sein de l'industrie
58:04des CGP
58:05Claire Bourgeois
58:05la fondatrice
58:07d'Alpha Conseil Co
58:08dans Smart Bourse
58:08aujourd'hui
58:09merci
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