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  • il y a 12 heures
Ce vendredi 10 avril, la proposition de Giorgia Meloni de lever les règles budgétaires européennes des 3% de déficit dans le cas où la crise énergétique continue, a été débattue par Raphaël Legendre et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez-la en podcast.

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Transcription
00:00Face à Ménètre de Chiffres aujourd'hui, c'est Raphaël Lejean.
00:02On va parler finances publiques avec cette proposition de Giorgia Meloni,
00:05première ministre italienne, qui nous dit si la crise énergétique continue,
00:10il va falloir faire sauter les règles des 3% à Bruxelles.
00:13Et elle parle de manière générale, elle dit faisons les sauter pour tout le monde,
00:16comme ça au moins on est tranquille.
00:18Est-ce qu'elle a raison, Emmanuel ?
00:19Mais comme d'habitude, Giorgia Meloni, elle est extrêmement pragmatique.
00:23Et oui, en l'occurrence, elle a raison,
00:25parce qu'elle ajoute des critiques effectivement pragmatiques
00:31à des critiques qui sont déjà les critiques structurelles.
00:33Alors je ne reviens pas sur les 3%, ça sort d'où ?
00:37C'est daté, notamment compte tenu de l'évolution structurelle des taux d'intérêt.
00:42C'est pro-cyclique, ça ignore la qualité de la dépense,
00:46ça freine l'investissement public, ça n'a jamais empêché les crises.
00:48Bon, ça c'est les critiques traditionnelles sur les critères de Maastricht.
00:51Mais ce qu'elle dit, c'est que 1, une guerre énergétique, c'est un choc exogène.
00:56C'est un choc exogène, donc c'est hors des règles budgétaires normales.
01:012, il y a quand même le précédent du Covid.
01:03L'Europe avait déjà suspendu les règles au moment du Covid.
01:07Et c'est un choc externe à peu près du même ordre.
01:103, pourquoi au nom du respect de ces critères,
01:15s'infligeait finalement en plus une récession qui vient de l'extérieur ?
01:21D'ailleurs, on a eu un exemple, alors qu'il n'est pas l'énergie,
01:24mais qui est celui de l'avis qu'a rendu hier le Haut Conseil des Finances Publiques en France
01:29pour dire, attention, si on veut monter en puissance sur les dépenses militaires plus que prévu,
01:34il va falloir, si on veut tenir nos engagements européens et le respect des critères,
01:40il va falloir arrêter de dépenser ailleurs.
01:42Vous voyez bien que ce n'est pas possible.
01:44Il y a des sujets comme l'approvisionnement énergétique et comme la défense
01:46qu'on ne peut pas sacrifier.
01:49Donc, franchement, moi je pense qu'elle a raison,
01:51Giorgia Meloni, mettons ses règles entre paroles.
01:54Mais nous, Raphaël, on s'en fiche, on est au-dessus des cinq.
01:56Oui, nous, on l'a jamais respecté de toute façon.
01:58Ah, c'est une façon de voir les choses.
02:01Je vois qu'Emmanuel est sous le charme définitivement de la présidente du Conseil italien
02:06parce que Giorgia Meloni, c'est quand même une première ministre
02:11qui est complètement perdue et dans une séquence très compliquée
02:15et qui propose absolument n'importe quoi pour reprendre la main.
02:18Là, en ce moment, sur la scène intérieure, c'est très compliqué pour elle.
02:22Elle a perdu de manière assez sèche sur son référendum de la justice.
02:27Elle en baisse dans les sondages.
02:28Elle a une prévision de croissance qui a été divisée par deux.
02:31Oui, mais là, vous ne me répondez pas à la question.
02:34Et elle est la grande amie de Donald Trump
02:37qui met son pays en récession du fait de la crise énergétique due à la crise en Iran.
02:41Donc là, elle essaie de sortir sur la scène intérieure
02:44des mesures un peu spectaculaires
02:45et aussi, pour reprendre la main, sur la scène européenne.
02:49Mais elle est complètement à côté de la plaque.
02:50Demander les mêmes mesures pour le Covid et pour la crise en Iran,
02:54ça n'a strictement rien à voir.
02:56Et alors, inciter à s'endetter encore un peu plus
02:59au moment où on entre dans une crise inflationniste majeure
03:03et où la Banque Centrale Européenne va augmenter ses taux,
03:07c'est juste suicidaire, en réalité.
03:10Donc, c'est la pire des idées qu'on puisse mettre en place pour le moment.
03:14Et puis ensuite, cette règle des 3 %, comme vous l'avez dit, Laura...
03:17Ça nous fait un but, quand même.
03:18Déjà, trop peu de gens la respectent.
03:22Enfin, trop peu, ce n'est pas vrai.
03:22Les pays du Sud ne la respectent pas.
03:24La France, en premier lieu, d'abord.
03:28Si on commence à s'attaquer à chaque crise,
03:30à ce cadre qu'on a déjà assoupli après la crise de la Covid,
03:35on ne s'en sortira absolument jamais.
03:37Et puis, le précédent est dangereux.
03:39Je veux dire, on a mis beaucoup de temps,
03:40et encore une fois, nous, les Français, en premier lieu,
03:44à redresser nos comptes après le Covid.
03:46Là, on est 5 ans après, 6 ans après.
03:49Nous, on est encore à 5 % de déficit.
03:51Parce qu'Emmanuel, si vous n'avez plus ce petit but,
03:52le reste de la zone euro, quand même, est revenu aux 3 %.
03:55Donc, ça permet de cadrer l'ensemble des finances publiques européennes.
03:59Non, mais encore une fois, sur le long terme, pourquoi pas ?
04:02Mais, je veux dire, ces critères des 3 %, on a bien vu...
04:05Non, mais maintenant, ce n'est pas du long terme,
04:06c'est maintenant qu'il faut tenir.
04:07On a bien vu, quand même, les dégâts que ça produisait.
04:09Le fait que vous ne pouviez pas faire le distinguo,
04:12alors même si ça a été un peu assoupli,
04:13entre, finalement, des dépenses d'investissement,
04:16des dépenses, finalement, de fonctionnement,
04:18c'est quand même stupide.
04:19Pourquoi s'infliger, encore une fois,
04:22une politique économique qui aggrave les cycles
04:26provoqués par des chocs externes,
04:28alors qu'on pourrait, finalement, les assouplir ?
04:30Et sachant qu'au final, c'est plutôt pire que mieux,
04:34parce que ça ampute le potentiel de croissance,
04:37et que, du coup, ce sera encore plus compliqué
04:39de réduire les déficits.
04:40Et puis, moi, je suis désolé.
04:40Pourquoi vous dites...
04:41Mais oui, c'est open bar.
04:43Raphaël, il dit...
04:44Ce n'est pas du tout la même chose que le Covid.
04:46Mais pardon, qui est-ce qui a parlé de guerre contre le Covid ?
04:48C'est quand même Emmanuel Macron.
04:50C'est un choc externe violent.
04:53Voilà.
04:54Non, c'est un baril à 100 dollars.
04:55Ce n'est pas une pandémie mondiale.
04:56On se calme.
04:57Ça ne veut pas dire qu'il faut lâcher absolument
04:59tous les déficits.
05:00Et c'est ça qui tue la croissance potentielle.
05:03Vous voyez la charge de la dette...
05:06Ça n'est pas du baril à 100 dollars,
05:09parce que le marché du pétrole
05:11fait que l'offre et la demande
05:11ajustent les prix à 100 dollars.
05:13On est dans une guerre
05:14qui impose des mesures spécifiques,
05:17des interventions publiques spécifiques,
05:19non seulement sur l'approvisionnement énergétique,
05:21mais aussi sur la montée en puissance
05:23de nos moyens de nous défendre.
05:25Alors, les aides ciblées temporaires.
05:27On ne fait pas sauter le cadre
05:28de réglementation des finances publiques
05:31à la moindre occasion.
05:32Le traité de Maastricht et les critères...
05:34On en est pas loin, quand même.
05:35Elle dit juste qu'il faut les mettre...
05:37C'est pour tout le monde.
05:38Toute l'Europe, on balaye les règles.
05:40Merci à tous les deux.
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