- il y a 6 minutes
Avec Adel Bakawan (directeur de l'Institut européen d'études sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, auteur de "La Décomposition du Moyen-Orient) et Yara Rizk (journaliste économique pour CFNews)
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NewsTranscription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, la vérité en face, Jean-François Aquili.
00:05Vous connaissez le principe 0800 26 300 300, vous nous appelez si vous voulez intervenir, réagir à ce que nos
00:11deux invités vont nous dire ce matin sur
00:15qu'est-ce qu'il faut comprendre de cet accord de cesser le feu annoncé dans la nuit par le
00:21président Donald Trump sur son réseau personnel, Truth Social.
00:27Est-ce que cela signifie que nous sommes vers une fin de la guerre ? Qui gagne, qui perd dans
00:33cette histoire ?
00:34Moi je vous annonce un grand perdant déjà, d'ores et déjà c'est le peuple iranien, on va en
00:37parler avec vous, Yara Risk, bonjour.
00:40Bonjour.
00:40Vous êtes journaliste économique et financière, rédactrice en chef, adjointe à CF News et bonjour Adèle Bacawan.
00:47Bonjour.
00:48Bienvenue, directeur de l'Institut Européen d'études sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, auteur de la
00:53décomposition du Moyen-Orient paru chez Talordier.
00:56Je commence par vous Adèle Bacawan. Vous dites quoi ce matin ? Soulagement ?
01:01En tout cas, oui.
01:02Vous étiez il y a une semaine tout rond, on s'inquiétait ensemble.
01:05Oui, mais ce n'est pas fini.
01:06Ce n'est pas fini.
01:07Ce n'est pas fini. Oui, soulagement, bien évidemment, soulagement par rapport à la déclaration de Donald Trump de raser
01:13toute la civilisation iranienne, les ponts, les universités, les métros.
01:18Vous y aviez cru quand il a dit ça hier ?
01:22Moi, j'ai dit que c'est des cartes de pression maximales sur les passes d'Alan. Et ça a
01:28fonctionné.
01:29Ça a fonctionné. Pourquoi ? Parce que les Iraniens, il y a deux ou trois jours, refusaient catégoriquement le cessez
01:35-le-faux sans une garantie totale au moins à la non réagression de la République islamique d'Iran de la
01:44part des Israéliens et des Iraniens.
01:45Ils ne l'ont pas obtenu. Et Donald Trump insistait, comme condition préalable, la réouverture des trois dormoses sans condition,
01:56ce qui a été accepté.
01:57Et donc finalement, ils ont accepté, mais le diable se trouve dans les détails.
02:03À ce jour, à cette heure-là, à cette minute-là, ni le monde francophone, ni le monde persophone, personne
02:13n'a accès au texte du cessez-le-faux.
02:16Je ne dis pas les dix points iraniens. Je ne parle pas des quinze points américains.
02:20Mais le texte sur lequel le cessez-le-faux est basé, on ne l'a pas.
02:26C'est pourtant ce qu'il y a de plus important ce matin, connaître Yara Rizk, ce qu'il y
02:32a dans ce texte finalement.
02:33Sur quoi est-ce qu'ils se sont entendus les uns et les autres ?
02:37Pour rebondir sur ce que dit à l'instant Adèle Bakabouine, est-ce que vous êtes d'accord ?
02:41La pression maximale de Trump aura fait son effet sur les gardiens de la Révolution ?
02:47Alors je pense qu'au niveau de Trump, il ne faut pas confondre son style et sa substance.
02:51Il y a un pattern, moi, que j'ai remarqué chez Donald Trump.
02:54A chaque fois, on commence avec une annonce très brutale.
02:57Il stresse les marchés.
02:59Ensuite, il ouvre la voie des négociations.
03:01Il y a un retrait partiel par rapport à ce qu'il demandait initialement.
03:05Et puis, quoi qu'il en soit, Trump déclare victoire.
03:08On l'a vu avec le Groenland.
03:10On l'a vu avec l'Ukraine, dans une certaine mesure.
03:13On l'a vu avec ses tarifs.
03:14Là, on va peut-être le voir avec l'Iran.
03:17Sinon, par rapport au texte en question pour les cessez-le-feu,
03:22ou en tout cas pour deux semaines,
03:23parce qu'on ne parle pas d'un cessez-le-feu à long terme.
03:25On parle d'une trêve.
03:27Comme vous l'avez dit, on n'a pas la substance de ce texte.
03:30On a les dix points qui ont été communiqués par les Iraniens,
03:33qui sont très maximalistes.
03:34Ils veulent et ils insistent sur le contrôle iranien du détroit d'Hormuz,
03:38sur cette privatisation du détroit d'Hormuz.
03:40On aura peut-être l'occasion d'en revenir.
03:42Ils insistent sur le retrait de toutes les forces de combat américaines
03:46dans toute la région.
03:47Ils veulent lever intégralement toutes les sanctions,
03:50qu'elles soient primaires ou secondaires,
03:51qu'elles viennent de l'ONU ou de l'AIEA.
03:54Elles veulent une compensation financière pour les dommages.
03:57Qui va payer ?
03:57Alors ça, ce sont les points iraniens, effectivement.
04:01Comme disait Adel Bakabouin,
04:02on ne sait pas entre ce que veulent les Américains et les Iraniens
04:05ce qui est dans la synthèse.
04:08À ce jour-là, ce matin, j'ai été sollicité par beaucoup, beaucoup de rédactions.
04:12Bien sûr.
04:13Aucune rédaction, aucune rédaction à ce texte.
04:17On ne sait pas.
04:17Par exemple, je vous donne un exemple.
04:19Les Israéliens nous disent, le Liban n'est pas concerné.
04:22Les Iraniens disent, si, le Liban est concerné.
04:26Les Américains gardent le silence.
04:29Pourquoi ?
04:30Parce que tout simplement, à mon avis, il n'y a pas de texte.
04:34Vous vous souvenez de ce qui s'est passé pendant la guerre des 12 jours ?
04:38On a arrêté le combat sans aucun accord, sans aucun texte, sans aucune signature.
04:43Pour vous, il n'y a pas de texte.
04:43Il n'y a pas de texte.
04:44Tout est oral et empéré contre qui et qui ?
04:47Entre le Premier ministre pakistanais, Donald Trump en personne, et Abbas Arachie.
04:55Abbas Arachie, c'est lui qui négocie au nom du Conseil suprême de la sécurité iranien.
05:01C'est lui qui négocie.
05:02Et donc, les trois acteurs ont un accord oral et empérique.
05:07Un accord oral, c'est...
05:07Parce que c'est oral et empérique.
05:09C'est un tout feu et on voit après.
05:10Exactement.
05:10Parce que c'est oral et empérique, chacun tire ses propres conséquences.
05:14Alors, vous savez que ce que vous nous dites ce matin, et ce sujet-là passionne les auditeurs de Sud
05:20Radio.
05:20Bonjour Hervé, vous êtes à Anthony.
05:22Oui, bonjour.
05:24Vous entendez ce que disent Yara Rizk et Adèle Bakawan.
05:28Un accord, apparemment, qui serait une espèce d'oralité.
05:32Comme si chacun avait intérêt à ce que ça s'arrête, cette histoire, parce qu'on va basculer vers autre
05:38chose.
05:39Comment est-ce que vous voyez les choses, vous ?
05:41Écoutez, moi, je ne sais pas, mais moi, je me garde depuis plusieurs jours de ne pas intervenir, de ne
05:48pas trop réfléchir, si vous voulez, parce qu'on n'a pas toutes les données.
05:51Et donc, à chaque fois, vous voyez, par rapport à hier soir, on est pris complètement à un contre-front,
05:58quoi.
05:59On ne pensait pas que ça se passait comme ça.
06:00Et donc, tous les journaux ont parié, si vous voulez, sur des frappes très dures.
06:06Et en fait, ce matin, c'est tout autre chose.
06:08Non, mais c'est pour ça que, moi, je pense que, même quand on est spécialiste, c'est très difficile
06:13de savoir exactement ce qui se passe et quels sont les lieux de guerre des uns et des autres, parce
06:18que ce n'est pas clair, c'est vrai.
06:20Voilà. Et puis, bon, en plus, il y a le problème israélo-américain, bien évidemment, et le problème du Liban
06:26et du Hezbollah.
06:27Bon, non, c'est vrai qu'on ne rappelle pas, moi, je suis désolé de le dire, mais les plus
06:33hautes instances de l'État français ne rappellent pas que le Hezbollah,
06:38ce sont des terroristes, ce sont des islamistes qui sont téléguidés par Téhéran, et je ne vois pas pourquoi on
06:46les soutiendrait,
06:47d'autant plus que la population, y compris chiite, libanaise, est pour la disparition du Hezbollah tellement il a fait
06:53de mal à la région.
06:54On va vous répondre là-dessus. Merci Hervé pour cette intervention depuis Anthony.
07:00Là-dessus, il y a un risque, il y a cette déclaration de Benjamin Netanyahou qu'au fond, les opérations
07:07se poursuivaient dans le sud Liban,
07:08comme si c'était dissocié du reste. Là encore, pour rebondir sur ce qui a été dit,
07:14et Hervé a raison de nous pointer, ce n'est pas un détail dans ce conflit,
07:20M. Netanyahou peut décider de poursuivre ses opérations,
07:24alors qu'un cessez-le-feu, logiquement, devrait concerner tous azimuts, toute la région en réalité.
07:29On attend de voir la position iranienne sur cette question-là,
07:32à quel point les Iraniens vont accepter de signer ce potentiel accord de cessez-le-feu,
07:37si le Liban n'est pas intégré.
07:39Après, oui, c'est possible qu'il y ait une dissociation des fronts.
07:42Ils l'ont dit, en tout cas, le gouvernement israélien l'a dit au début de la guerre,
07:45on ne mène pas la même guerre sur ces différents fronts.
07:48Après, pour revenir par rapport à ce qu'il a dit sur le Hezbollah,
07:51oui, c'est vrai, mais aujourd'hui au Liban, il y a un sentiment de punition collective.
07:56C'est que même si le peuple libanais veut se débarrasser du Hezbollah,
08:00aujourd'hui, ce sont des civils aussi qui sont tués,
08:02et des gens qui n'ont absolument rien à voir avec cette guerre,
08:05qui vivent dans des quartiers de la banlieue sud,
08:07ou dans des villages du sud qui sont complètement rasés,
08:10aujourd'hui, quasiment rayés de la carte,
08:12dans le cadre de cette politique des terres brûlées qui a lieu.
08:15Adèle Bakouane, est-ce qu'il y avait ce risque que souligne Yara Risque ?
08:18Est-ce qu'il y avait ce risque-là, également, au niveau de l'ensemble de l'Iran,
08:24puisqu'au fond, des opérations militaires massives américano-israéliennes,
08:28sur les ponts, sur les usines électriques, etc.,
08:31ça aurait peut-être pu être aussi un facteur de retournement de l'opinion publique iranienne ?
08:35C'est une question, hein ?
08:37Écoutez, je comprends parfaitement cette question,
08:41qui a été abordée depuis plusieurs jours,
08:45surtout les 24 heures dernières,
08:47passées d'une manière terrible avec les menaces de Donald Trump.
08:53Deux données factuelles très importantes.
08:55La première, on sait très bien,
08:57ce sont les statistiques et les enquêtes des gardiens de la révolution eux-mêmes,
09:03mais, finalement, a été dévoilée à cette enquête,
09:06et c'est la dernière enquête,
09:08selon laquelle il y a au maximum 20% de la population iranienne
09:13qui soutient le régime.
09:15C'est-à-dire, 80% de la population ne soutient pas le régime.
09:19Un.
09:19Deux, on sait très bien, il y a juste trois mois,
09:22dans les rues de Téhéran,
09:24mais aussi des grandes villes,
09:26Tabriz, Esfahan, Khoum, etc.,
09:28il y avait des milliers, pour ne pas avancer des chiffres,
09:31des milliers d'Iraniens ne massacraient pas exactement le même régime.
09:35Voire plus, voire plus.
09:36Voire plus.
09:37Voilà, des milliers, au moins des milliers, n'est-ce pas ?
09:40Et ensuite, aujourd'hui, bien évidemment, le pays est frappé.
09:43Ce qui est terrible, c'est que la communication de Donald Trump,
09:47ces dernières heures,
09:48ne concernait pas la République islamique d'Iran,
09:51mais l'Iran, en tant que civilisation,
09:53territoire, histoire, population,
09:57infrastructures civiles, etc.
09:59Et donc, lorsque vous êtes iranien,
10:00et vous voyez qu'un président,
10:03le président de la première puissance au monde,
10:06qui nous parle de rayer la civilisation,
10:09pas la République,
10:10la civilisation de la Terre,
10:13c'est qu'à un moment donné,
10:15vous allez vous poser la question.
10:16Vous dites, je vais régler déjà
10:18la première menace existentielle sur mon pays,
10:22et ensuite, je vais voir comment je me débarrasse
10:23de la République islamique d'Iran.
10:25Donc, je n'ai pas des certitudes,
10:27mais je n'ai que des hypothèses.
10:28Il y a un risque là-dessus,
10:29pour compléter ce que dit Adèle Bakar,
10:30vous êtes d'accord,
10:31il y avait une espèce de confusion,
10:33des missions faites par Donald Trump,
10:36des priorités ?
10:37Complètement.
10:38On n'était pas à une contradiction près avec Donald Trump.
10:41Chaque jour, apporter son lot de surprises
10:43et ses nouveaux objectifs de guerre.
10:46Aujourd'hui, je pense que c'est même pas
10:47une exagération de comparer Donald Trump
10:50à un Caligula des temps modernes,
10:52avec une hyper-personnalisation...
10:54Caligula, vous dites, hein ?
10:55Oui, avec une hyper-personnalisation du pouvoir,
10:57avec une excessivité dans ses propos,
11:01avec une exacerbation de la violence
11:05à chaque fois qu'il prend la parole.
11:07Et c'est Laurent Wauquiez, notre invité ce matin,
11:08qui est le patron du groupe droite républicaine
11:11à l'Assemblée nationale,
11:12qui a décrit la déclaration sur...
11:15Je vais faire disparaître la civilisation
11:16comme génocidaire, a-t-il dit ce matin.
11:19Il trouvait ça excessif, extravagant,
11:21et même insupportable.
11:23Allez, dans un instant,
11:24je vais vous faire, après la pause,
11:25et nous allons évoquer le détroit d'Hormuz.
11:27Que va-t-il se passer ?
11:28C'est quand même la clé de résolution
11:30de la crise mondiale,
11:32qui est sortie de cette guerre.
11:33On va en parler dans un instant
11:34avec tous les deux,
11:35Adèle Bakawan et Yararis.
11:36Restez avec nous,
11:38sur l'antenne de Sud Radio,
11:390826 300 300,
11:40si vous souhaitez intervenir,
11:42nous évoquons cet accord
11:43de cesser le feu en Iran.
11:45Le Grand Matin Sud Radio,
11:47la vérité en face,
11:49Jean-François Akili.
11:50Avec nos deux invités,
11:51Yararis Ké et vous,
11:52Adèle Bakawan,
11:53parlons d'Hormuz,
11:54le détroit d'Hormuz,
11:55c'est un peu la clé
11:57de résolution du conflit,
11:58puisque le blocage
12:00de ce détroit,
12:00il est jusqu'à la pompe à essence
12:02dans tous les pays,
12:03chez nous notamment.
12:04C'est un problème gigantesque mondial,
12:07pour au fond qu'une partie
12:09de la production pétrolière,
12:10mais pas que,
12:11puisqu'une partie
12:12de la production tout court
12:13passe par ce chenal-là.
12:15Adèle Bakawan,
12:16la négociation,
12:18elle se fait là-dessus.
12:20Quand vous parlez
12:21d'une forme d'accord oral,
12:22après on discute,
12:23c'est un peu ça l'idée,
12:24on top là pour qu'on arrête
12:25les frais,
12:26puis on discute,
12:27la priorité c'est de libérer
12:29ce détroit en fait.
12:31C'était la première condition,
12:32et même je pourrais dire
12:33l'unique condition
12:35de Donald Trump.
12:36Et pourquoi le détroit d'Hormuz ?
12:38Parce que moi je dis toujours
12:39les Iraniens n'ont pas,
12:40en tout cas pas pour le moment,
12:42la bombe nucléaire.
12:44Mais ils ont une autre bombe
12:45beaucoup plus puissante
12:46et beaucoup plus importante
12:47que la bombe nucléaire,
12:48à savoir le détroit d'Hormuz.
12:50Ça marche tout de suite.
12:50C'est la bombe économique.
12:52Vous voyez par exemple
12:53une bombe nucléaire
12:54pourrait frapper un pays
12:55comme Israël,
12:56comme les Émirats,
12:57un endroit très très spécifique,
12:59mais la bombe économique
13:01frappe un ouvrier à Lyon,
13:03à Marseille,
13:04à New York,
13:05à Berlin,
13:06à Londres.
13:06Et ces papillons immédiats.
13:08Exactement.
13:09C'est cette bombe économique
13:10que dispose l'Iran,
13:12la République islamique d'Iran,
13:14les gardiens.
13:15C'est une question existentielle
13:17pour eux.
13:18Et Donald Trump,
13:19lorsqu'il demande
13:20l'ouverture immédiate
13:22et sans condition
13:23du détroit d'Hormuz,
13:24il sait de quoi il parle.
13:26Et donc les gardiens
13:27qui refusaient catégoriquement
13:29l'ouverture du détroit d'Hormuz,
13:31finalement,
13:32à 1h30 du matin,
13:35hier soir,
13:36ils ont accepté
13:37l'ouverture.
13:37Parce que ?
13:38Parce que tout simplement,
13:39la menace était maximale.
13:41Parce que tout simplement,
13:42il n'avait pas de choix.
13:44Parce que tout simplement,
13:44il devait absolument choisir.
13:46Et parce que Donald Trump,
13:47même si on dit,
13:49il utilise des cartes d'oppression,
13:50même s'il a repoussé
13:52trois fois l'ultimatum,
13:54là,
13:54il n'avait pas le choix.
13:56Il n'avait pas le choix
13:57parce que c'était
13:57sa crédibilité en jeu.
13:59Son capital politique
14:01était en jeu.
14:02Et les Iraniens,
14:03ce ne sont pas des...
14:05Ce sont des acteurs
14:06ultra-pragmatistes.
14:08Ils ont saisi
14:08que le moment
14:09est très très critique.
14:11Ou bien,
14:12ils cèdent,
14:12ou bien,
14:13ils sont rayés.
14:14Il y a un risque.
14:15Vous qui avez
14:15l'œil sur la vie économique,
14:18sur le business,
14:19vous êtes journaliste spécialisée
14:20en la matière,
14:22ce détroit d'Hormuz,
14:23au fond,
14:24il ne pouvait pas
14:25rester verrouillé
14:26de la sorte.
14:27Il faut rappeler
14:28que les portes-conteneurs
14:30chinois,
14:30la Chine est absente,
14:32mais en réalité,
14:33la pression chinoise
14:34est très présente
14:35dans cette histoire.
14:37Ça ne pouvait pas
14:38rester en l'état.
14:39Ça ne pouvait pas
14:39rester en l'état,
14:40d'autant plus qu'il ne s'agit
14:42pas que du gaz
14:42et du pétrole,
14:43mais aussi des engrais,
14:45également de l'hélium
14:46et d'autres intrants chimiques
14:48qui sont nécessaires,
14:49par exemple,
14:49à la fabrication du plastique.
14:51Donc,
14:51ce sont toutes les chaînes
14:52de valeur
14:53qui sont touchées.
14:54Après,
14:55il faut savoir que même
14:55si le détroit d'Hormuz
14:56rouvre demain,
14:58en quelque sorte,
14:59on n'est pas sortis
14:59de l'auberge
15:00parce que l'usine de gaz
15:01qui est au Qatar
15:02va prendre des mois,
15:03voire quelques années
15:04pour être reconstruite.
15:06C'est quand même 17%
15:07de la production
15:08de gaz naturel
15:09parce que les primes
15:10d'assurance
15:11pour les bateaux,
15:12pour les grands porte-conteneurs,
15:14pour les grands pétroliers
15:14vont augmenter,
15:16ce qui fait que le prix du pétrole
15:17ne va pas baisser
15:18de si tôt,
15:19même si aujourd'hui,
15:20au niveau des marchés boursiers,
15:21il a diminué.
15:22Là, ça ne m'étonnerait pas
15:23qu'il y ait une reprise
15:25étant donné les réalités
15:26du terrain
15:27parce que tout ce qui est aussi
15:29hélium
15:29ne va pas parvenir
15:31à passer par ces bateaux.
15:32Donc, on n'est pas encore
15:33sortis de l'auberge
15:34au niveau économique.
15:35L'inflation,
15:36elle sera là
15:37quoi qu'il en soit.
15:38Cette inflation importée
15:38qui touche l'Asie
15:40et qui, mécaniquement,
15:41touche également l'Europe.
15:42Donc, ça ne va pas se régler
15:44en quelques jours
15:45puisque les prix,
15:47que ce soit le litre
15:48de carburant en France
15:50ou le gallon aux Etats-Unis,
15:51c'est 3,7 litres,
15:54les prix sont montés très vite
15:55mais ils vont mettre
15:56du temps à redescendre.
15:58Là, ils sont redescendus,
15:59ils vont remonter,
16:00on aura un yo-yo
16:01encore quelques temps.
16:02Ça va durer.
16:03Parce qu'il y a une différence
16:04entre la réalité virtuelle
16:06des marchés
16:06et la réalité physique
16:07sur le terrain.
16:08Or, celle-ci
16:09est beaucoup plus longue
16:09à réagir.
16:10Adèle Bakawan,
16:11qui militairement
16:12tient ce détroit,
16:14ce sont les...
16:14Les gardiens.
16:15Les Pazdaran.
16:16Oui, les Pazdaran.
16:17Avec quoi ?
16:18Des missiles balistiques
16:20intelligents,
16:20des missiles hypersoniques
16:22à tête multiple
16:23avec des drones,
16:25avec des bateaux kamikazes.
16:27C'est la justification
16:30de leur existence
16:32en tant que République islamique d'Iran.
16:35Qu'est-ce que vous diriez
16:36également,
16:37Adèle Bakawan,
16:37sur ce qui peut se produire,
16:40nous n'en sommes pas encore là,
16:41il y a cet accord,
16:42effectivement,
16:43ce top-là
16:44qui est fait au Pakistan
16:45entre les belligérants,
16:47elles vont durer
16:48ces négociations en réalité.
16:49Ah oui,
16:49ça ne va pas durer
16:50trois jours.
16:51Écoutez,
16:52en 2015,
16:532013,
16:542015,
16:552015,
16:56lorsque l'accord a été conclu,
16:57ça a duré 20 mois.
16:59Et en réalité,
16:59ça a commencé en 2003
17:01avec plusieurs coupures,
17:02bien évidemment.
17:03Mais la dernière fois,
17:05ça a duré 20 mois.
17:06Donald Trump a fait sa guerre.
17:07Donald Trump a déjà déclaré,
17:09nous avons gagné,
17:11nous avons atteint,
17:13voire dépassé,
17:14nos objectifs militaires.
17:15Exactement.
17:16Donc là,
17:17il a déjà proclamé la victoire.
17:20Maintenant,
17:20il sait très bien
17:21qu'il est en grande difficulté,
17:23pas par rapport à l'opinion
17:24publique américaine,
17:25mais par rapport à sa propre base
17:27sociologique,
17:29Maga.
17:30Il y a une colère,
17:32il y a une économie
17:33en grande difficulté.
17:34Il a été élu
17:35sur la base
17:36de jamais la guerre,
17:37jamais ça,
17:38sur la paix
17:39à l'échelle internationale,
17:41jamais l'engagement
17:42des Etats-Unis
17:43dans une autre guerre.
17:45Maintenant,
17:45il prend de la distance.
17:46Il dit,
17:47je suis,
17:48il voulait absolument
17:49annuler l'accord
17:50qui a été conclu
17:51par Barack Obama.
17:52Il veut son propre accord
17:54avec la République islamique d'Iran.
17:55Et cette fois,
17:57les Iraniens
17:57ont accepté
17:59négocier directement
18:00face to face
18:01avec les Américains.
18:03Probablement,
18:04le vice-président
18:06J.D. Vance
18:07va diriger
18:07la délégation
18:10américaine
18:10qui a été fortement
18:12recommandée
18:12par les Iraniens
18:13parce qu'ils pensent
18:15que c'est un homme
18:17beaucoup plus raisonnable.
18:19Ils ont perdu leur confiance
18:20en Steve Witkoff,
18:21etc.
18:22Et donc,
18:22je pense personnellement
18:23pour répondre à votre question,
18:24oui,
18:25cette négociation,
18:26Donald Trump
18:26a donné deux semaines,
18:27mais ça va prendre
18:28ou du-là
18:29deux semaines,
18:31voire plusieurs mois.
18:32Il y a un risque.
18:33L'idée,
18:33c'est quand même
18:34que le business
18:34reprenne ses droits
18:35dans cette affaire.
18:37Oui,
18:37ça va prendre du temps
18:38et un point
18:39qui est intéressant
18:40à souligner,
18:41c'est que
18:41le régime iranien
18:43et les Etats-Unis,
18:44en tout cas,
18:45le gouvernement américain,
18:45n'ont pas la même temporalité.
18:47Là où les Etats-Unis,
18:48eux,
18:48ont des impératifs
18:49qui sont dictés
18:50par l'agenda démocratique
18:51avec les mid-termes
18:52qui arrivent,
18:52dans cinq mois.
18:53En Iran,
18:54effectivement,
18:55il n'y a pas
18:55cet appareil démocratique,
18:56donc eux peuvent
18:57s'étendre dans la durée
18:58au niveau des négociations.
18:59Bien au contraire,
19:00plus ça s'étend
19:01dans la durée,
19:02plus peut-être
19:02ils auront
19:03des marges de manœuvre.
19:04Là où les Etats-Unis,
19:05sont pressés
19:06par cet impératif démocratique
19:08qui arrive.
19:08Adèle Bakoban,
19:09si vous me permettez,
19:11Yala a absolument raison.
19:14Et c'est vrai,
19:15les Etats-Unis,
19:15ils ne sont absolument
19:16pas pressés.
19:17Seulement,
19:18il a déclaré la victoire.
19:20Et parce qu'il a déclaré
19:21la victoire,
19:22désormais,
19:23il pense que lui aussi,
19:24il a la même carte.
19:26C'est-à-dire,
19:27il a le temps
19:28pour faire durer
19:29la négociation.
19:30Pourquoi ?
19:30Il lui reste encore
19:31trois ans,
19:31n'est-ce pas ?
19:32Voilà,
19:33je vais faire durer.
19:34J'ai gagné la guerre.
19:35Deux ans, oui.
19:36Je vais faire durer
19:37la négociation.
19:38Et donc,
19:39carte,
19:39face à carte.
19:40Et le peuple iranien,
19:42dans tout ça,
19:43je ne sais pas,
19:44grand perdant de cette affaire.
19:47Il pensait,
19:48ou en tout cas,
19:48une partie de ce peuple
19:49pensait être libéré
19:50par les interventions
19:52américaines et israéliennes.
19:53Après ce que Donald Trump
19:55a dit hier,
19:55donc ce qu'on mentionnait
19:56en début d'émission
19:57et ce qui se passe aujourd'hui,
19:59il laisse un pays
20:00complètement en friche,
20:01un peuple complètement
20:03laissé à lui-même
20:03et également des pays du Golfe,
20:06quelque part,
20:06complètement laissés à eux-mêmes
20:07face à ce marasme
20:09économique qui risque
20:10de s'abattre sur eux.
20:12Et ce n'est absolument pas
20:13la première fois
20:13que Donald Trump
20:15abandonne le peuple iranien.
20:17Vous vous souvenez,
20:18il y a trois mois,
20:19il disait au peuple iranien
20:20restez dans la rue,
20:21mobilisez-vous,
20:22prenez le contrôle des institutions,
20:24l'aide arrive.
20:24Mais cette aide
20:25n'est jamais arrivée.
20:26Vous pensez,
20:27Adèle Bakouen,
20:27qu'il y a peut-être
20:28un début de commencement
20:29de fissure
20:30dans ce pouvoir politique
20:33des gardiens de la révolution ?
20:35Est-ce qu'il peut y avoir
20:36une espèce
20:36d'effet retard
20:37et de révolution
20:39par le peuple
20:39qui peut se produire
20:40après les opérations militaires ?
20:43Écoutez,
20:43il y a deux hypothèses
20:45très importantes.
20:46La première,
20:46c'est une évolution
20:47de l'intérieur du régime.
20:49Parce qu'on sait très bien
20:50que ce régime,
20:50il n'y a pas un dictateur,
20:52un homme autoritaire
20:53qui tient le régime.
20:54La première fois qu'on a parlé des modérés,
20:55ça n'a jamais marché en fait.
20:56Oui, bien sûr.
20:58Bien évidemment,
20:59ce n'est qu'une hypothèse.
21:01En tant qu'hypothèse,
21:02l'évolution est une possibilité.
21:05Mais la possibilité
21:06la plus importante,
21:07l'hypothèse la plus pertinente,
21:08bien évidemment,
21:09une fois la guerre s'écheve,
21:11c'est la confrontation directe
21:13entre le peuple iranien,
21:1580%, on l'a dit déjà,
21:17mécontent de ce qui s'est passé,
21:18de ce régime-là,
21:20et bien évidemment,
21:21cette confrontation
21:21entre le peuple et le régime,
21:23le régime très très affaibli,
21:25le régime, je ne dis pas à terre,
21:27mais décrédibiliser
21:28les infrastructures économiques,
21:31militaires,
21:32et aussi, il faut le dire,
21:33comme vous l'avez mentionné,
21:35l'isole,
21:36le mot total
21:37de la République islamique d'Iran.
21:39La totalité des pays arabes
21:41ont normalisé leur relation
21:42avant cette guerre
21:43avec la République.
21:45désormais,
21:45la République islamique d'Iran
21:47n'a jamais été aussi seule.
21:49Et je vous vois à Kézé,
21:49Yara Rizk,
21:50c'est le mot de la fin
21:51de cette émission.
21:51Merci à tous les deux,
21:52Yara Rizk et Adèle Bakavan,
21:54voilà ce qu'on pouvait dire
21:55ce matin de cet accord,
21:57et j'aime bien
21:57l'inciter à la vue,
21:58oral,
21:59vous le disiez,
21:59sur le cessez-le-feu
22:00et ces négociations
22:01qui vont démarrer,
22:02qui vont durer très longtemps.
22:04Bonjour à vous,
22:04Valérie Expert.
22:05Bonjour,
22:06nous allons en parler,
22:08en débattre,
22:09évidemment,
22:10à partir de 11h.
22:12Cessez-le-feu,
22:13pourquoi faire ?
22:14Victoire diplomatique
22:16pour qui ?
22:16Pour Trump,
22:17pour l'Iran,
22:185 semaines de guerre,
22:20pourquoi ?
22:20On va en reparler,
22:22moi je pense aux Iraniens
22:23ce matin,
22:25parce que j'ai l'impression
22:26qu'ils sont quand même
22:26les laissés pour compte,
22:27je pense que c'est un petit peu
22:28ce que vous avez évoqué,
22:30mais il faut espérer
22:31effectivement
22:31que le régime
22:33finisse par tomber.
22:34C'est quoi le problème
22:35cocaïne,
22:36amphétamine,
22:36on parle souvent des réseaux.
22:38Moi je voulais
22:38qu'on s'intéresse ce matin
22:39dans c'est quoi le problème
22:40au risque
22:42pour la santé,
22:43la multiplication des AVC,
22:44en particulier chez les jeunes,
22:46une drogue,
22:47la cocaïne
22:48qui est de plus en plus fréquente
22:51et je pense qu'on ne mesure pas,
22:53enfin c'est pas je pense,
22:54on aura le professeur Amarenko
22:55qui nous dira
22:55que cela multiplie
22:57les risques d'AVC.
22:59Voilà,
22:59on en parlera tout à l'heure.
23:00Bonne émission à vous.
23:01Merci.
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