- il y a 39 minutes
Avec Adel Bakawan (directeur de l'Institut européen d'études sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, auteur de "La décomposition du Moyen-Orient") et Guillaume Lagane (maître de conférences en relations internationales à Science-Po)
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
---
🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
##LA_VERITE_EN_FACE-2026-04-01##
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
---
🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
##LA_VERITE_EN_FACE-2026-04-01##
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, La Vérité en Face, Jean-François Aquili.
00:05Il est 9h32, La Vérité en Face, Sud Radio 0826 300 300.
00:10Nous quitterons l'Iran très tôt, d'ici deux à trois semaines.
00:16Il est possible que nous concluions un accord sous peu.
00:19Ces mots sont signés.
00:21Donald Trump va-t-il envahir l'Iran, du moins mener des opérations terrestres,
00:27ou mettre rapidement un terme à la guerre et plier les Gaules, si je puis dire.
00:33Pour en parler ce matin, nos deux invités, Adèle Bacabouane, bonjour.
00:38Bonjour.
00:38Soyez le bienvenu, directeur de l'Institut Européen d'études sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord,
00:44auteur de la décomposition du Moyen-Orient, tout un programme paru chez Talendier.
00:50Et bienvenue à vous également, Guillaume Lagan, bonjour.
00:53Bonjour.
00:53Maître de conférence en relation internationale à Sciences Po.
00:56Et vous, vous avez signé Géopolitique de l'Europe, Crépuscule, compétez-le le titre.
01:03D'une puissance, point d'interrogation.
01:04Avec le point d'interrogation, c'est important.
01:06Au prêche universitaire de France.
01:08Au puf, les prêches universitaires de France, messieurs.
01:10Je commence par vous, Adèle Bacabouane.
01:12Le président Trump va de nouveau s'exprimer la nuit prochaine,
01:17depuis le bureau Oval, pour ce qu'il appelle une mise à jour importante sur l'Iran.
01:22Il masse des forces au Moyen-Orient, toujours.
01:25Tout en évoquant la possibilité de mettre fin à l'opération militaire
01:30sans avoir rouvert le détroit d'Hormuz.
01:33Vous êtes un spécialiste, Adèle Bacabouane.
01:36Qu'est-ce que vous comprenez de cette stratégie ?
01:39Écoutez, d'habitude, je nuance énormément mes propos.
01:46Mais là, je suis arrivé à un niveau où je ne nuance plus.
01:52Et des fois, je me lance d'une manière catégorique
01:55en disant que c'est l'échec total de la méthode Trump.
01:59Échec ?
02:00Oui, méthode Trump. Pourquoi ?
02:02Parce qu'en fait, il faut contextualiser.
02:03Il y a quatre semaines, cinq semaines,
02:06il était à la table de négociation avec les Pazdaran,
02:09avec les gardiens de la révolution islamique et leurs représentants.
02:13Il était en position de force.
02:16Les Pazdaran, ils étaient en position de faiblesse,
02:20extrême fragilité.
02:22L'Iran était encerclé.
02:24Le Moyen-Orient était inondé de toutes les catégories d'armes.
02:29L'Iran sortait de la guerre des douze jours, n'est-ce pas ?
02:35Et à ce moment-là,
02:37il était tout à fait disposé à négocier
02:40sur les 440 kilos uranium enrichis,
02:44sur ce que j'appelle la démilicisation du Moyen-Orient,
02:49sur son programme atomique,
02:52à longue durée,
02:53sur même son programme balistique.
02:57La négociation avançait très bien,
03:00mais pas selon le goût de Donald Trump.
03:03Cet acteur, il faut prendre toujours en compte
03:06la place de l'acteur dans la gestion des rapports de force.
03:08Il pensait qu'il donnait l'ordre
03:10et les Iraniens l'appliquaient.
03:13Donc, il a quitté la table de négociation
03:15pour deux raisons principales.
03:17Ce n'est pas vrai lorsqu'on dit qu'il n'avait pas d'objectif.
03:20Il voulait frapper lourdement
03:22avec tout ce qu'il avait au Moyen-Orient,
03:24la République islamique d'Iran, pour deux objectifs.
03:27Le premier, il pensait, selon sa grille d'analyse,
03:30sans prendre en compte les différents scénarios des militaires
03:33qui maîtrisent parfaitement le Moyen-Orient,
03:35les militaires américains,
03:37il pensait, en frappant lourdement,
03:39l'objectif maximaliste,
03:41c'est que le peuple iranien,
03:43descendant la rue,
03:44renverse le régime.
03:46Sinon, l'objectif minimaliste,
03:49c'est qu'il revienne à la table
03:51de la négociation pour capituler.
03:53Or, quatre semaines, cinq semaines plus tard,
03:56ni le peuple est au rendez-vous,
03:58ni les pasards reviennent à la table
04:00de négociation pour capituler.
04:01Guillaume Laganne,
04:03je vous demandais de rebondir sur ce que dit Adèle Bakawan.
04:05Vous avez l'impression que
04:07le président américain a raté peut-être
04:09une fenêtre d'opportunité,
04:11de négociation,
04:11ou alors, vu qu'il y a eu l'épisode précédent,
04:14quand même,
04:15qui a été reproché, à la fois aux Américains et aux Israéliens,
04:18d'une sorte d'engagement inachevé,
04:21sur le dos du peuple iranien,
04:23là, il faut aller au bout.
04:25Alors ?
04:25Bon, alors, c'est évidemment un problème,
04:27Lorient, compliqué.
04:29Peut-être deux observations.
04:31La première, c'est que,
04:32effectivement,
04:33certains plaident en faveur d'une négociation
04:35qui aurait commencé,
04:36vous vous rappelez, par exemple,
04:37la Sultanah d'Omane
04:38disait que les Iraniens étaient prêts
04:40à faire un compromis.
04:41Bon, c'est possible,
04:42mais en même temps,
04:43on le sait aussi,
04:45ça fait des décennies
04:46qu'on discute avec l'Iran,
04:47il y a eu un accord
04:49Vienne
04:49qui a été dénoncé
04:50par M. Trump
04:51et on sait que les Iraniens
04:53sont quand même
04:54les spécialistes
04:54de la dissimulation.
04:55Donc, le problème,
04:56c'est qu'il y a un manque de confiance
04:57entre les protagonistes
04:58qui rend, à mon sens,
05:00l'hypothèse
05:01d'un accord respecté
05:03quand même assez lointain.
05:04Donc, je pense qu'il y avait ça
05:05à l'arrière-fond
05:07de la position
05:09israélo-américaine.
05:10Deuxième élément,
05:10c'est qu'au vu des déclarations
05:12de M. Trump,
05:13il y a peut-être,
05:14effectivement,
05:15en cours
05:16une répétition
05:17de la guerre
05:17des 12 jours.
05:18Rappelez-vous,
05:18l'année dernière,
05:19lorsque la première guerre directe
05:21entre l'Iran,
05:22Israël et les Etats-Unis
05:23a eu lieu,
05:24eh bien,
05:25au bout de 12 jours,
05:26les Etats-Unis
05:26ont sifflé
05:27la fin de la partie.
05:28Donc, la guerre
05:28s'est arrêtée
05:30sur des communiqués
05:31triomphalistes,
05:32s'agissant notamment
05:33du programme nucléaire,
05:35et on s'en est tenu là.
05:36Alors là,
05:37on est au 30e jour
05:39de guerre.
05:40Oui,
05:41le 33e jour
05:42de guerre.
05:44Donc,
05:44peut-être,
05:45effectivement,
05:45qu'on va s'acheminer
05:47vers une situation
05:48un peu similaire
05:49à celle de l'année dernière.
05:50Est-ce que c'est
05:51un échec complet
05:52pour les Etats-Unis
05:53et Israël ?
05:55Je reprends,
05:56là,
05:56pour le coup,
05:56ce qu'a dit Adèle,
05:57c'est-à-dire,
05:58l'objectif maximaliste,
06:00c'était le changement
06:00de régime,
06:01la révolution en Iran.
06:02on ne va pas y arriver.
06:04A priori,
06:05à ce stade,
06:05aujourd'hui,
06:06ça ne paraît pas visible,
06:07même si,
06:08de facto,
06:08il n'y a plus
06:09les mêmes dirigeants
06:09à la tête de l'Iran.
06:10D'ailleurs,
06:10en se menant même
06:11s'il y a des dirigeants
06:12à la tête de l'Iran,
06:12puisqu'ils sont assez invisibles
06:15pour M. Mojtabar Amenei.
06:17Mais,
06:17en revanche,
06:18l'objectif minimaliste
06:20qui était d'affaiblir
06:21la position de l'Iran,
06:24bon,
06:24il y a des éléments
06:25pour dire qu'on peut le défendre
06:26parce que,
06:26si on regarde,
06:27encore une fois,
06:28factuellement,
06:29le nombre de missiles
06:30de drones tirés par l'Iran
06:31a fondu
06:33depuis le début du conflit.
06:34Donc,
06:34militairement parlant,
06:35strictement,
06:36ils sont quand même
06:36en position plus faible
06:38qu'il y a quatre semaines.
06:38Alors,
06:39justement,
06:39je rebondis là-dessus,
06:40Guillaume Laganne.
06:41Adèle Bakawan,
06:42l'état des forces militaires
06:44qui se font face,
06:46les forces iraniennes,
06:47qu'en est-il vraiment ?
06:48Les Américains disent,
06:50c'est un pourcentage
06:51un petit peu,
06:52on va dire,
06:52aux doigts mouillés,
06:53on a liquidé 80%
06:55des forces militaires iraniennes,
06:58des capacités,
06:59etc.
07:00Quelle est la réalité
07:02de l'état
07:03des forces
07:04des gardiens de la révolution
07:05et des forces militaires
07:06classiques de l'Iran ?
07:07Alors,
07:07reprenons les choses
07:08d'une manière factuelle.
07:10C'est que je suis
07:12à 100% d'accord
07:13avec Guillaume
07:14que les Américains
07:15ont parfaitement réussi
07:16à affaiblir
07:17les infrastructures
07:19militaires iraniennes.
07:21Mais ce n'était pas
07:22l'objectif.
07:23L'objectif,
07:23c'est les affaiblir
07:24pour les ramener
07:26à la table de négociation
07:27pour capituler.
07:28C'était ça,
07:28l'objectif de Donald Trump.
07:30En soi,
07:31l'affaiblissement
07:31n'était pas un objectif.
07:33Or,
07:34après la décapitation
07:36des 42 grands
07:40responsables
07:40iraniens
07:41dès le premier jour,
07:42dès le premier jour,
07:43la première heure,
07:45avec le guide suprême
07:46en tête de liste.
07:46Exactement,
07:47ils étaient dans
07:47une grande réunion,
07:48y compris Moustaba.
07:49Moustaba,
07:51l'actuel guide,
07:51il était dans la réunion.
07:52Il est lourdement blessé.
07:55Certains nous disent
07:57qu'il est probablement
07:58dans le commun.
07:59C'est possible.
08:01Mais aujourd'hui
08:02et même après,
08:04ils ont éliminé
08:05Larry Jani
08:06qui était le référentiel
08:07de la réorganisation
08:09de la République.
08:12Le chef des Bassigy
08:13qui était
08:15le premier responsable
08:17de la répression.
08:17Tout ça,
08:18je suis tout à fait d'accord.
08:19Seulement,
08:19aujourd'hui,
08:20nous avons une nouvelle génération
08:22à la tête de la République
08:23beaucoup plus radicalisée
08:25qui refuse
08:25catégoriquement
08:26revenir
08:27à la table
08:28de négociation.
08:29Et hier après-midi,
08:30le vice-président
08:31de la République iranienne
08:33disait
08:34les Etats-Unis
08:35nous supplicent
08:36pour revenir
08:37à la table
08:38de négociation.
08:39Autrement dit,
08:41non seulement
08:41ils ne reviennent pas
08:42à la table
08:43de négociation,
08:43ils refusent aussi
08:44vraiment catégoriquement
08:46céder.
08:47Au contraire,
08:47ils ont fixé
08:48neuf conditions.
08:51Si jamais
08:52Donald Trump
08:53les accepte,
08:54c'est la capitulation
08:55de Donald Trump
08:56face à cette nouvelle génération.
08:58C'est là
08:58que je parle d'un échec.
08:59Et ensuite,
09:00pour revenir
09:00à votre question...
09:01Les capacités,
09:02ces nouveaux,
09:03ils ne sont pas nouveaux,
09:04mais cette nouvelle vague
09:08de dirigeants
09:08plus radicalisés,
09:10sa capacité
09:11à résister militairement
09:13à la machine américaine
09:14et israélienne.
09:15Écoutez,
09:16je n'ai presque aucun doute,
09:18aucun doute,
09:19si jamais les Etats-Unis
09:20engagent les troupes
09:21au sol,
09:22mais à la taille
09:23de l'Iran
09:24et non pas l'Irak
09:25ou d'autres pays,
09:27parce que l'Iran
09:27c'est plus grand
09:28que l'Allemagne,
09:30la France
09:30et le Royaume-Uni,
09:31les trois pays réunis.
09:33Donc,
09:33si jamais les Américains
09:34engagent les troupes au sol,
09:36les forces militaires
09:37iraniennes
09:38ne peuvent pas résister.
09:39Ne peuvent pas résister.
09:40Certes,
09:41on a les gardiens
09:42à peu près 170 000 hommes,
09:45on a l'armée officielle
09:46200 000,
09:47250 000,
09:48les B6J 600 000.
09:49Ça fait du monde.
09:50Oui,
09:51c'est du monde,
09:51quantitativement,
09:52mais qualitativement,
09:53ils ne peuvent pas,
09:54ils ne sont pas armés.
09:55Leur seule force
09:56en termes d'infrastructure militaire,
09:59c'est des missiles balistiques
10:00intelligents
10:01avec des drones.
10:02Mais lorsqu'on engage
10:04des troupes au sol,
10:05les missiles balistiques
10:06et les drones
10:07ne peuvent pas faire face.
10:09Seulement,
10:09ils savent parfaitement
10:11les passes d'Alan
10:12que les Américains
10:12ne vont pas engager
10:13les troupes au sol.
10:14Ils vont pas,
10:15ils ont engagé
10:161220 000 hommes
10:17pour un tout petit pays,
10:19l'Irak,
10:20en 2003.
10:21Aujourd'hui,
10:21s'ils engagent
10:22les troupes au sol,
10:23on a besoin au moins
10:24de 500 000.
10:25Et donc,
10:25ils ne vont pas engager.
10:26C'est pour répondre
10:27à votre question
10:28avec une phrase synthétique,
10:29c'est que les troupes au sol,
10:31ils sont ultra fragiles,
10:33ils ne peuvent rien faire,
10:34mais par contre,
10:34si on reste à ce stade-là,
10:36ils peuvent résister
10:36encore des mois et des mois.
10:38Guillaume Lagal,
10:38d'un mot,
10:40vous êtes raccord
10:41avec ce que dit
10:42Adel Bakawan,
10:43c'est-à-dire,
10:43grosso modo,
10:45ils ne peuvent pas y aller
10:46parce que le prix politique
10:47est trop élevé.
10:49Bon,
10:49peut-être trois réflexions
10:50très rapides.
10:51Oui,
10:52bien sûr,
10:52on connaît tous les avantages
10:53de l'Iran.
10:54Si jamais il y avait
10:54un déploiement massif au sol,
10:56on a vu en Afghanistan,
10:57on a vu en Irak
10:57ce que ça donnait.
10:58Maintenant,
10:59la particularité de ce pays,
11:00c'est quand même aussi
11:00d'être extrêmement dépendant
11:02du pétrole.
11:02On sait que ce pétrole,
11:03il est à 90% concentré
11:05sur cette fameuse île de Kars.
11:06On en parlait.
11:10a organisé un blocus
11:11autour de l'île,
11:12l'a bombardé,
11:13vont même peut-être l'occuper.
11:14Ça,
11:14ça serait quand même
11:15très gênant
11:15pour un régime
11:16qui dépend entièrement,
11:17imaginez quand même,
11:18il y a 90 millions d'habitants
11:19qui dépendent en gros
11:20du pétrole et du gaz.
11:21S'il n'y a plus d'argent,
11:22qui va payer les salaires,
11:23qui va payer les pensions,
11:25qui va en fait financer
11:26cet état iranien ?
11:28Deuxième réflexion,
11:30c'est vrai qu'aujourd'hui,
11:31il y a une radicalisation
11:32du discours de l'Iran.
11:34Maintenant,
11:35certains observateurs
11:35se demandent aussi
11:36qui parle exactement
11:37à la tête de l'Iran.
11:39Vous savez,
11:39apparemment,
11:40dès qu'on s'appelle
11:41entre dirigeants iraniens,
11:42on est visé par le Mossad,
11:43on meurt.
11:44Donc,
11:44ce n'est pas non plus
11:45très facile de formuler
11:47une réponse vraiment structurée.
11:49Et du coup,
11:49la question aussi
11:50qu'on peut se poser,
11:51c'est,
11:51est-ce qu'il n'y a pas
11:51une forme aussi en Iran
11:52d'anarchie interne ?
11:54On sait que le régime
11:55est très décentralisé,
11:56certains prennent
11:57des initiatives.
11:58Hier encore,
11:58la Turquie a été frappée
11:59par un missile,
12:00le pouvoir iranien
12:01a dit que ce n'était pas lui.
12:02Donc,
12:02vous voyez,
12:02il y a aussi
12:03une forme de confusion.
12:04Il ne faut pas non plus
12:04exagérer,
12:05je pense,
12:06la centralisation,
12:07la rationalité
12:08du discours iranien.
12:09Allez, messieurs,
12:09après la pause,
12:10nous ciblerons
12:12la fameuse île de Karg.
12:14Est-ce que c'est
12:14une clé de résolution ?
12:15Oui, non.
12:16Le détroit d'Ormouz
12:17et puis,
12:18on va dire,
12:19la diatribe Trump
12:20envers la France.
12:22Qu'est-ce que nous avons fait
12:23ou pas fait
12:24avec nos amis historiques,
12:26les Américains,
12:279h et 44 minutes.
12:28Reste avec nous
12:29à suivre la suite
12:30de La Vérité en Face.
12:31Le Grand Matin Sud Radio,
12:33La Vérité en Face,
12:35Jean-François Aquili.
12:37Trump va-t-il envahir l'Iran
12:39ou au contraire,
12:40mettre rapidement,
12:41il parle de deux à trois semaines,
12:42un terme à la guerre
12:43avec nos deux invités,
12:44Guillaume Laganne
12:45et vous,
12:45Adèle Bakawan,
12:46nous évoquions à l'instant
12:48la fameuse île de Karg
12:50qui est désormais
12:51une des îles
12:51les plus célèbres au monde.
12:53Je connaissais,
12:54on parlait de la Corse,
12:55maintenant c'est l'île de Karg.
12:57Adèle Bakawan,
12:58cette île,
12:59on a bien compris
13:00qu'elle concentrait
13:01on va dire
13:02toute la,
13:03enfin une grande partie
13:03de la machine pétrolifère
13:07iranienne,
13:08elle est facilement
13:10entre guillemets
13:11prenable
13:12par les Américains ?
13:13Ah oui,
13:13absolument.
13:14Il n'y a pas de force
13:15iranienne sur l'île de Karg ?
13:17Ils ont été détruits,
13:17ils ont déjà attaqué
13:19la présence militaire iranienne
13:21sur l'île.
13:23Cette île est stratégique,
13:24est très importante.
13:25Pourquoi ?
13:25Parce que 90% de pétrols
13:27iraniens passent par cette île-là
13:30pour aller sur le marché
13:31international.
13:32C'est vraiment une question
13:34existentielle pour le régime.
13:35C'est l'économie,
13:37comme tu disais,
13:37Guillaume,
13:38si jamais ils prennent
13:39cette île-là,
13:40c'est qu'ils prennent en otage,
13:42les Américains prennent en otage,
13:43les Iraniens.
13:44Seulement,
13:46contrôler l'île
13:47est une chose,
13:49la protéger,
13:50protéger les 12 500 soldats,
13:533000 soldats sur l'île,
13:55c'est presque un miracle.
13:57Pourquoi ?
13:57Parce que tout simplement,
13:59c'est très simple,
14:00l'île n'est pas très très loin.
14:02Deux,
14:03on a bien observé
14:05depuis le premier jour,
14:06certes,
14:06le premier jour,
14:08il a envoyé
14:09sur la totalité du Moyen-Orient
14:11à peu près 300
14:1360 missiles balistiques.
14:15Aujourd'hui,
14:16on observe 4,
14:185,
14:186,
14:197,
14:19maximum 10.
14:20Et donc,
14:21quantitativement,
14:22il y a une réduction,
14:24une diminution
14:25très très très...
14:26On parle de l'Iran, là.
14:27Oui,
14:28très important.
14:29Mais en revanche,
14:30en termes qualitatives,
14:32on voit très bien
14:33les différentes catégories,
14:35ou au moins
14:35trois nouvelles catégories
14:37de missiles
14:39qui,
14:39dès qu'ils arrivent,
14:41c'est vraiment
14:41le dégât.
14:42à la fois en Israël
14:43ou en Arabie Saoudite
14:44ou au Qatar,
14:44un peu partout.
14:45Avec les sous-munitions.
14:46Exactement.
14:47Et à tête multiple aussi.
14:49Ou supersonique.
14:50Ou hypersonique.
14:52Exactement,
14:52les trois catégories.
14:54Donc,
14:55personnellement,
14:55je pense,
14:56au moment où
14:57les Américains
14:58contrôlent,
15:00occupent cette île-là,
15:01à ce moment-là,
15:02cette île,
15:02il est fort probable
15:03qu'elle devienne
15:05un cémitaire
15:06pour les soldats américains.
15:08Imaginez...
15:08Une cible iranienne privilégiée.
15:09Tout le temps.
15:10Parce qu'en fait,
15:10c'est une question existentielle
15:12pour eux.
15:12Ou bien,
15:13ils doivent le libérer
15:16en éliminant la totalité
15:18de la présence militaire américaine.
15:20Et c'est très difficile,
15:22Dion le sait mieux que moi,
15:24spécialiste de la défense,
15:26de contrôler.
15:27C'est très simple.
15:28Mais comment le protéger ?
15:30Oui, je suis d'accord
15:31que c'est une opération
15:34très audacieuse
15:35sur le plan militaire.
15:36Et qu'aujourd'hui,
15:37quand on voit les effectifs
15:38que les Américains
15:39ont concentrés
15:40autour de l'Iran,
15:41je parle de l'armée de terre,
15:42des fantassins,
15:43ce qui nous permet
15:44de rappeler d'ailleurs
15:45qu'au fond,
15:46dans les guerres,
15:47c'est un peu ça,
15:47le saut de la réussite.
15:48C'est quand on engage
15:49ou pas les hommes au sol,
15:50c'est vraiment là
15:51qu'on peut contrôler
15:51un territoire.
15:53Certes,
15:54on est autour de 10 000 hommes,
15:55je crois,
15:56qui sont concentrés
15:57autour de l'Iran.
15:58C'est très loin
15:58des effectifs
15:59qu'Adèle rappelait
16:00tout à l'heure
16:00ceux qui ont envahi l'Irak,
16:02150 000 soldats américains,
16:04plusieurs dizaines
16:04de milliers de soldats
16:06de divers états européens
16:07qui les avaient appuyés
16:08en Irak en 2003.
16:10Maintenant,
16:11peut-être deux réflexions.
16:12Première réflexion,
16:15les capacités militaires
16:17israélo-américaines
16:18en 2026,
16:20ce n'est pas 2003.
16:21Moi, je suis quand même
16:21frappé de voir
16:22l'incroyable progrès
16:23que l'intelligence artificielle,
16:25la technologie
16:26nous permet.
16:27Je rappelle que Saddam Hussein,
16:28à l'époque,
16:29il avait fallu plusieurs semaines
16:30pour le repérer.
16:31Il s'était caché quelque part.
16:33Aujourd'hui,
16:33dans les 40 premières secondes
16:35du conflit,
16:35vous le disiez tout à l'heure,
16:37tous les dignitaires
16:38israéliens,
16:39pardon,
16:39iraniens ont été éliminés.
16:41Et puis,
16:41encore,
16:42il y a 10 jours,
16:43on l'oublie,
16:43parce que le conflit
16:44va très vite,
16:45Ali Larijani,
16:46une grande figure de régime,
16:47a également été éliminée.
16:49Donc,
16:49ces 10 000 hommes,
16:50si vous voulez,
16:50sont appuyés
16:51sur des capacités
16:52de renseignement
16:52qui sont quand même
16:53de très très haut niveau.
16:55Et le deuxième élément,
16:55c'est que je pense
16:56que tout ce qu'on est
16:57en train de se dire là,
16:57les Américains
16:58le savent parfaitement.
16:59Donc,
16:59ils savent très bien
17:00qu'en mettant des hommes au sol,
17:01ils risquent,
17:03enfin,
17:03ils prennent des risques
17:03et donc,
17:04ils se mettent en difficulté.
17:05Donc,
17:05peut-être qu'ils vont essayer
17:06de jouer sur un terrain
17:08qu'on n'attend pas.
17:10Je pense par exemple
17:11au cas précédent du Venezuela,
17:13rappelez-vous pour le Venezuela,
17:14ce qu'ils ont fait,
17:14c'est qu'ils ont arraisonné
17:16des cargos,
17:17des tankeurs,
17:17des pétroliers
17:18qui étaient en partance
17:19vers divers endroits
17:20dans le monde
17:20et ils ont ainsi
17:22exercé une pression
17:23sur le régime vénézuélien.
17:24Aujourd'hui,
17:25ils n'ont pas encore entrepris
17:26par exemple
17:26d'arraisonner
17:27des navires iraniens
17:28qui livreraient
17:29à tel ou tel pays
17:30du pétrole.
17:31Donc,
17:31ça pourrait être une manière
17:32d'ailleurs avec des troupes amphibies
17:34d'exercer une pression
17:35sur le régime iranien
17:36sans se mettre en danger
17:37en occupant directement
17:38l'île de Kars.
17:38Ce serait une option éventuelle.
17:40Adèle de Kavan.
17:40Oui,
17:41seulement,
17:42mais vous avez absolument raison,
17:44seulement le problème
17:44c'est qu'aujourd'hui
17:45Donald Trump
17:45n'est plus dans cette perspective.
17:47Il nous dit...
17:48Il veut finir.
17:50Il dit de toute façon
17:51avec un accord
17:52ou sans accord
17:54la guerre s'arrêtera
17:55dans deux ou trois semaines.
17:56Alors,
17:57c'est ce qu'il a dit aujourd'hui.
17:58Maintenant,
17:59ça va à toute vitesse.
18:00Hier,
18:00vous aviez la conférence
18:01du secrétaire à la guerre
18:02EXET
18:03qui ne disait pas ça.
18:04Qui disait
18:04écoutez,
18:05on continuera à discuter
18:06avec les Iraniens
18:07tout en les bombardant
18:08et qui ne fixait pas
18:10de délai.
18:11Il ne fixait pas non plus
18:12d'ailleurs de méthode.
18:13Il disait
18:13je ne veux pas rentrer
18:14dans le détail.
18:15Je veux laisser
18:15les Iraniens
18:16dans l'ignorance
18:17de ce qu'on pourrait faire.
18:18Adèle Bacawan,
18:19la France a été
18:20très peu coopérative,
18:22c'est ce que dit Trump
18:23et les Etats-Unis
18:24s'en souviendront.
18:26Vous en pensez quoi
18:26vous,
18:27vous experts
18:28de la position française ?
18:30Pas de survol
18:30des appareils militaires
18:32tant qu'ils transportent,
18:34ils participent
18:34à l'offensive
18:35mais tout ce qui est défensif,
18:36oui.
18:38Je pense que Donald Trump
18:39il est en train
18:40de se réveiller
18:42en termes
18:43de la gestion
18:44des rapports de force
18:46et
18:48c'est un désenchantement
18:49total pour lui.
18:51Vous vous souvenez
18:52la photo
18:52de tous les dirigeants
18:54européens
18:56occidentaux
18:57au bureau
18:57ovale
18:58devant Trump
19:00comme si on était
19:01dans une classe
19:02à l'université
19:03même pas au collège.
19:04Des enfants.
19:05Des enfants devant...
19:06Il a gardé cette image
19:08des dirigeants européens
19:09seulement la France
19:10a depuis
19:11le début
19:12de cette guerre
19:12une position
19:14rationnelle
19:15avec une culture
19:16froide
19:17c'est que cette guerre
19:18n'a pas une légitimité
19:20de droit
19:21en termes de droit
19:22international.
19:23Le Conseil de sécurité
19:24et les Nations Unies
19:25n'ont pas donné
19:25leur accord
19:26ils n'étaient même pas
19:27consultés
19:28George Bush
19:28ou moi
19:29George Bush
19:29en 2003
19:30est-à-dire
19:31aux Nations Unies
19:31au Conseil de sécurité
19:32pour chercher
19:33la légitimité
19:34il n'a pas à chercher
19:35et donc la position française
19:36c'est que
19:37nous avons des accords
19:38de défense
19:39avec les Émirats
19:40avec le Qatar
19:40avec la Jordanie
19:42etc
19:43dans le cadre
19:44de ces accords
19:45on intervient
19:46on a une approche
19:47défense
19:47c'est une très très bonne idée
19:50c'est le résultat
19:52d'une réflexion froide
19:54de la République
19:55C'est la conclusion
19:56malheureusement
19:56mais Guillaume Laganne
19:57oubliez la Normandie
19:58oubliez la relation
20:00avec les Etats-Unis
20:01Non je crois
20:02que la relation
20:03franco-américaine
20:04elle va perdurer
20:04malgré les tensions
20:06les tensions actuelles
20:07qui ne sont pas nouvelles
20:10sur le temps
20:12la difficulté
20:13si vous voulez
20:13je pense que
20:14ce n'est pas uniquement
20:14la position française
20:15la difficulté
20:15des Européens
20:16c'est qu'ils sont
20:18hostiles à ce conflit
20:19qu'ils n'ont pas décidé
20:20dans lequel ils n'ont pas
20:20été consultés
20:22la limite évidemment
20:23de leur réflexion
20:24c'est que d'une part
20:25ils ont extrêmement besoin
20:27des Etats-Unis
20:27pour le soutien à l'Ukraine
20:28et de manière générale
20:29pour la défense de l'Europe
20:31je rappelle un chiffre
20:31qui est sorti hier
20:32qui est quand même intéressant
20:32quand vous regardez
20:33les dépenses militaires
20:34de l'OTAN
20:35les Européens
20:35dépensent beaucoup plus
20:36qu'il y a quelques années
20:37mais enfin les Américains
20:38c'est toujours 60%
20:39des dépenses militaires
20:40de l'OTAN
20:41donc il y a quand même
20:41un sujet
20:42et d'autre part
20:43importation de pétrole
20:44dépendance énergétique
20:46immigration
20:47en fait on est aux premières loges
20:48des conséquences
20:49de cette crise
20:49et donc rester
20:50en tant qu'Européens
20:51spectateurs
20:52c'est aussi
20:53ne pas pouvoir influer
20:54sur la sortie de crise
20:55Guillaume Laganne
20:55maître de conférence
20:57en relation internationale
20:57à Sciences Po
20:58auteur de
20:58Géopolitique de l'Europe
20:59crépuscule d'une puissance
21:00point d'interrogation
21:01aux presses universitaires
21:02de France
21:03et vous Adèle Bakawan
21:05directeur de l'Institut
21:06Européen d'études
21:07sur le Moyen-Orient
21:07de l'Afrique du Nord
21:08auteur de la décomposition
21:10du Moyen-Orient
21:11chez Talendier
21:12merci à tous les deux
21:13j'imagine que vous allez
21:14vous lever la nuit prochaine
21:15messieurs
21:16pour aller
21:17toutes les nuits
21:19pour écouter
21:19les dernières déclarations
21:21du président Trump
21:22bonjour Maxime Liedot
21:24et bonjour M. Jean-François
21:25Mettez-vous d'accord
21:26qu'est-ce que vous nous proposez
21:27ce matin ?
21:27et bien un sujet
21:28très important
21:29qui va toucher
21:29près de 3 millions
21:30de salariés
21:31mon cher Jean-François
21:32donc certainement
21:32un paquet de ceux
21:33qui nous écoutent
21:33ça concerne les patrons
21:35SOS patrons
21:36est-ce qu'on doit se préparer
21:37à une France
21:38sans chef d'entreprise
21:39parce que dans 10 ans
21:40c'est 500 000 entreprises
21:42qui devront gérer
21:43une transition
21:43pourquoi ?
21:44parce qu'aujourd'hui
21:45il y a un patron sur 4
21:46qui a plus de 60 ans
21:48donc les patrons vieillissent
21:49et beaucoup ne veulent pas
21:50reprendre le flambeau
21:51pourquoi ?
21:52parce que patron
21:52c'est ennuyeux
21:53c'est des responsabilités
21:55c'est des charges
21:56et dans un contexte économique
21:57où on a l'impression
21:58de ne pas gagner sa vie
22:00où c'est toujours plus dur
22:01d'entreprendre
22:02de vendre
22:02d'avoir des salariés
22:03donc est-ce que la France
22:04doit se préparer
22:05à être un pays
22:06sans patron
22:07et je vous le disais
22:08Jean-François
22:083 millions de salariés
22:10qui vont être concernés
22:11par ce grand mouvement
22:12on demande donc
22:13l'avis à nos auditeurs
22:140 826 300 300
22:15est-ce que vous le constatez
22:16autour de vous
22:17ce désamour du patronat
22:19ce désamour de l'entreprise
22:20et peut-être même
22:21que vous êtes directement concerné
22:22en tant que patron
22:230 826 300 300
22:24et vous en avez parlé
22:25avec nos amis auditeurs
22:27Jean-François
22:27c'est le maire de Cannes
22:28il y avait pour le cycliste
22:30pour le cyclisme
22:31en tout cas
22:31ce qu'on appelait
22:32l'échappée solitaire
22:33mais lui nous fait
22:33une échappée solitaire
22:34made in politique
22:35en disant
22:36il est hors de question
22:37en réalité
22:37que le parti
22:39auquel j'appartenais
22:40qui s'appelle LR
22:41continue à se dissoudre
22:42dans le macronisme
22:42je crois
22:43en mon chemin
22:44est-ce que les auditeurs
22:45y croient ?
22:45ce sera la question
22:46toujours au 0 826 300 300
22:48bonne émission Maxime
Commentaires