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  • il y a 10 heures
Avec Christiane Lambert, ancienne présidente de la FNSEA, Présidente de la FICT (Fédération des industries de charcuterie traiteur)

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Transcription
00:02Et elle commence avec une invitée que je suis très heureux de recevoir à ce micro qui est en direct
00:07depuis le Salon de l'Agriculture.
00:08Bonjour Christiane Lambert.
00:10Bonjour.
00:10Merci beaucoup d'être avec nous ce matin.
00:12Ancienne présidente haute en couleur de la FNSEA, présidente désormais de la FICT, qui est la Fédération des Industries de
00:19Charcuterie Têteur.
00:20Énormément de questions à voir avec vous, notamment puisque vous êtes au cœur de ce qu'on appelle les compas
00:25de box de votre milieu,
00:26à savoir les fameuses négociations avec les industriels. La ministre a quand même mis un gros coup de pied dans
00:32la fourmilière il y a une semaine
00:33en assurant qu'il y avait un chantage mortifère sur certains produits. Est-ce que c'est encore le cas,
00:37Christelle Lambert, et notamment dans votre secteur ?
00:39Oui, c'est encore le cas. Ces mots sont très justes. Ils ont blessé les distributeurs, mais c'est qu
00:45'elle a visé juste.
00:46Les négociations sont très difficiles. Un certain nombre d'industriels n'ont rien signé du tout, alors que nous sommes
00:51à quelques jours de la fin.
00:51C'est la dernière ligne droite. Il y a beaucoup de chantage. Il y a des menaces de déréférencement. Il
00:56y a des demandes de baisse de nos produits
00:58qui sont insupportables parce que nos charges ont augmenté. Aujourd'hui, nous avons 25% des entreprises de charcuterie traiteurs
01:05qui sont en négatif, qui ont des comptes négatifs. 25% qui sont en négatif ? Qui sont dans le
01:09rouge. Et donc, on ne peut pas rester dans le rouge indéfiniment.
01:12Ils ont besoin de passer quelques points de hausse. Et certains distributeurs, certains, ont demandé moins 4, moins 8%
01:19de baisse des prix de nos produits. Ça, c'est insupportable. On ne tiendra pas.
01:23Je vous rappelle que l'industrie de la charcuterie en France transforme 75% des volumes de porcs produits par
01:29les éleveurs.
01:30Si on veut garder des éleveurs, si on veut de la souveraineté alimentaire, il faut aussi des industries pour transformer
01:35les produits en France.
01:36On ne va pas les envoyer à l'autre bout du monde ou ailleurs pour qu'ils reviennent en charcuterie.
01:39Ce qui se passe, qui plus est, dans d'autres secteurs. Quand vous dites que les négociations sont en réalité
01:44un peu plus rudes que d'habitude,
01:45c'est aussi ce que disent d'autres personnes, d'autres professionnels qui participent à ces négociations.
01:49Qu'est-ce que ça veut dire ? Il y a une pression ? Le chantage est beaucoup plus pénible
01:53?
01:53Ou alors, c'est uniquement, et je le mets entre guillemets, une volonté de baisser encore plus ardemment les prix
01:58?
01:59Il y a tout. Il y a des déclarations de distributeurs, la main sur le cœur, sur les plateaux ou
02:03sur vos ondes, pour dire
02:04« Mais nous, on est les gentils, les méchants, ce sont les industriels, qui ne sont pas capables d'assumer
02:08leur hausse. »
02:09Moi, j'ai objectivé les hausses. J'ai montré de combien le gaz a augmenté, plus 122% sur les
02:15cinq dernières années,
02:16de combien l'énergie a augmenté, les emballages, le transport, le travail, la logistique, tout a augmenté.
02:21Et les distributeurs ne veulent pas le reconnaître. Il y a la pression sur les industriels dans les box de
02:26négociations,
02:27où ils convoquent encore à des horaires hors des heures de travail.
02:30Ils ont déjà envoyé un mail en disant qu'il fallait travailler le dimanche, alors qu'ils avaient signé une
02:34charte, la main sur le cœur.
02:36Nous ne négocierons plus le dimanche. Donc ils ne respectent pas leurs engagements.
02:40Ils essayent quoi ? Ils essayent un peu de tirer sur la corde ?
02:43Bien sûr. Ils essayent de tirer les prix vers le bas en disant « Nous sommes les grands défenseurs du
02:47pouvoir d'achat ».
02:47Sauf que ce qu'ils ne disent pas aux Français, c'est qu'en pratiquant ainsi, ils mettent les entreprises
02:51en très grande difficulté,
02:52elles ferment leurs portes et on perd la transformation en France, on perd des emplois,
02:56et on perd cette fameuse souveraineté dont tout le monde parle. On importera davantage de produits venant d'ailleurs et
03:01qui ne respectent pas les mêmes standards.
03:03Mais Christiane Lambert, je me mets à la place de tous ceux qui nous écoutent et j'imagine aussi que
03:06c'est le cas pour beaucoup de visiteurs de ce salon.
03:08Ils n'arrêtent pas d'entendre sur les ondes en lisant les journaux quand ils les lisent parce qu'on
03:12sait que la presse écrite n'est pas son meilleur en termes de business.
03:15Quand ils regardent la télé, ils entendent les ministres, les parlementaires, les présidents, ici et là, les responsables,
03:20assurer que des lois ont été votées pour garantir aux producteurs, pour garantir aux agriculteurs des revenus minimums dignes pour
03:27respecter le produit.
03:28Les fameuses lois également. Pourquoi tout ça n'est pas visiblement mis en application quand ça concerne la charcuterie ou
03:33les produits dont vous avez la charge aujourd'hui ?
03:35Parlons clair. Les lois ont été mises en place et elles permettent aujourd'hui de garantir que la matière première
03:40agricole sera rémunérée aux producteurs.
03:42C'est le cas, mais rien n'est prévu pour ceux qui sont entre les producteurs et les distributeurs, c
03:46'est-à-dire ceux qui transforment les produits.
03:48Si vous prenez le cochon brut de décoffrage quand il sort de l'élevage ou le lait qui sort du
03:52pied de la vache, vous n'allez pas le consommer.
03:54Il faut un industriel entre les deux et c'est ce maillon-là qui est aujourd'hui méprisé, négligé et
03:59qui est en grande difficulté.
04:01Alors moi, je dis simplement que si les distributeurs continuent à écrabouiller, écraser les industriels, nous n'arriverons pas à
04:09tenir les entreprises en France.
04:11Et s'il n'y a pas de transformation, ça affaiblira le maillon production également.
04:15Est-ce qu'il y a aussi tout un problème, vous venez de le dire, sur la chaîne ?
04:19Ça veut dire que, par exemple, ce qu'on a beaucoup vanté sur les ondes et les médias, c'est
04:23cette fameuse loi EGalim.
04:25Est-ce qu'il en faut une pour ceux qui transforment directement le produit comme vous venez de l'évoquer
04:28?
04:28C'est-à-dire assurer un revenu digne, un revenu équitable quand on est aujourd'hui dans une industrie qui
04:33transforme le produit, c'est-à-dire quand on est au milieu de la chaîne ?
04:36Il faudrait déjà que la loi soit respectée, que la charte soit respectée. La matière première agricole au producteur, elle
04:41n'est pas toujours respectée.
04:43Elle est souvent respectée, mais pas toujours. Et pour les industriels, c'est une question de relation commerciale équilibrée.
04:48On ne va pas pouvoir légiférer en disant, donne tel pourcentage à tel, tel pourcentage à l'autre. Il y
04:52a des négociations, et c'est les lois des commerces.
04:55Simplement, la non-reconnaissance des besoins tarifaires des industriels. Moi, j'ai 25% des entreprises dans le rouge, mais
05:02on a aussi eu une baisse de 30% des investissements sur les dernières années.
05:06Or, vous le savez, il faut décarboner, il faut consommer moins d'eau, il faut réduire les déficits.
05:11Il y a les défis à préparer.
05:12Et on peut investir quand on a des marges bénéficiaires. Elles sont malheureusement trop faibles, parce que même ceux qui
05:17sont positifs sont en 2% de marge en moyenne, ce qui est extrêmement faible pour une industrie.
05:23Christiane Lambert, vous êtes ancienne présidente de la FNSEA et désormais présidente de la FICT, c'est-à-dire la
05:28Fédération des industries de charcuterie traiteurs.
05:30Il y a à peu près une semaine, ici sur Sud Radio, on avait ce grand débat concernant la consommation
05:34de viande de charcuterie des Français.
05:36Il y a eu un document officiel qui a été publié par certains organismes du gouvernement qui expliquait que les
05:41Français devaient désormais limiter, c'est le mot qui a été employé, la consommation de viande et de charcuterie.
05:47Vous, en tant que président de la FICT, la Fédération des industries de charcuterie traiteurs, comment vous avez reçu un
05:52tel document ?
05:53Pas très bien. On partait de loin puisque...
05:55C'est diplomatique, pas très bien.
05:57On partait de loin puisqu'à l'origine, ils voulaient écrire réduire de 15% la consommation de viande rouge.
06:02C'était le projet initial.
06:03C'était le projet initial, viande de bœuf et viande de porc.
06:06La réalité, c'est que la consommation change énormément.
06:09Les Français mangent autant de viande, mais ils mangent moins de bœuf, moins d'agneau, moins de veau, un petit
06:13peu moins de porc sur 10 ans, mais ils consomment beaucoup plus de viande blanche et de poulet.
06:18Et ce que nous faisons, nous, c'est que nous améliorons nos produits pour que les griefs qui sont faits
06:23à la charcuterie, c'est-à-dire le gras, le sel, soient moins un problème.
06:26Moi, j'ai un tiercé gagnant que tout le monde ignore.
06:294, 5, 6, moins 4% de sel, moins 5% d'acide gras saturé, moins 6% de gras
06:35en 5 ans.
06:36Les industriels ont travaillé pour répondre aux attentes consommateurs qui veulent consommer diététique, alléger, santé, etc.
06:43Et parce que nous répondons de cette façon-là, parce que nous engageons aussi des accords très importants et que
06:49nous allons réduire encore,
06:50nous disons que les Français peuvent manger de la charcuterie sans risque pour leur santé, se faire plaisir.
06:54Et d'ailleurs, la consommation augmente. Sur l'année dernière, entendez bien, c'est plus 2,6% de consommation
07:02de viande de porc et de charcuterie.
07:04Et c'était plus 1,4% l'année d'avant.
07:06Plat préféré des Français, la raclette derrière le fromage, il y a de la charcuterie, des pommes de terre et
07:10du vin blanc.
07:11Et on se fait plaisir.
07:12C'était le plat le plus choisi pour les Français au 31 décembre pour le réveillon.
07:16Donc, il y a certainement des gens qui en consomment un peu trop, mais une norme uniforme pour tout le
07:23monde,
07:23pour vous qui êtes assis derrière un bureau, ou pour l'agriculteur, ou pour le maçon qui travaille physiquement, ça
07:28n'a pas lieu d'être.
07:29Il y a aussi cette question, beaucoup disaient, ah bah oui, d'accord, la viande, on veut bien faire un
07:34effort, on veut bien en acheter,
07:35mais elle coûte cher, surtout la bonne viande, parce que dans ce document, il y avait aussi un chiffre qui
07:39alertait
07:39qui était que 61% de la viande utilisée par les Français était en réalité de la viande importée.
07:43Mais qu'est-ce que vous répondez aux auditeurs qui étaient nombreux à nous appeler jour-là, à nous dire,
07:47certes j'essaye, mais peut-être, mais il est vrai que, puisque vous parliez du poulet,
07:50peut-être que le poulet polonais ou le poulet ukrainien, il est un peu moins cher que le poulet français.
07:53Et la bonne côte de bœuf, peut-être qu'elle est un peu plus facile quand elle vient du Brésil
07:57que quand on va la chercher chez le boucher charcutier, parce que pour faire un pot au feu, ça revient
08:00cher à la fin, la viande.
08:01Bien sûr, mais est-ce que les personnes qui disent ça voudraient le salaire polonais, le salaire polonais ou le
08:06salaire brésilien ?
08:07La réponse est non.
08:08Évidemment que fabriquer en France et produire en France, ça coûte un peu plus cher.
08:11J'ai lu le dernier sondage Opinion Noé qui dit que 86% des Français veulent consommer davantage français.
08:18C'est pour ça que nous devons produire davantage en France.
08:21Il y a les conférences de la souveraineté lancées par la ministre.
08:23On a le projet de construire plus de bâtiments d'élevage.
08:28Il faut aussi que ceux qui habitent à la campagne comprennent qu'on a besoin de faire des bâtiments à
08:32la campagne.
08:33C'est un appel aussi que vous lancez à tous ceux qui habitent dans ces surfaces agricoles,
08:38qui ont besoin à un moment de voir sortir de la terre des plus grands poulaillers, des plus grandes structures
08:42agricoles,
08:42des bassines, des poulaillers, des bâtiments, des fermes pour avoir plusieurs bovins.
08:48Vous leur dites, acceptez qu'on construise dans la campagne.
08:50Aujourd'hui, on peut le faire sans bruit, sans odeur, sans désagrément, parce que c'est ce qu'ils craignent
08:54eux.
08:55Ce qu'il faut surtout dire, c'est que si on veut manger des produits français, il faut les produire
08:58en France.
08:59Et le lieu de production des productions agricoles, c'est à la campagne.
09:02Mais par contre, ce qu'on peut dire aussi, c'est que chaque fois qu'on construit un nouveau bâtiment,
09:05on met toutes les normes de bien-être pour les animaux, meilleures conditions de travail pour les éleveurs et pour
09:10leurs salariés.
09:11On fait des bâtiments qui résistent mieux au changement climatique.
09:15Dans notre élevage nouveau, c'est 9 degrés de moins dans la partie naissage.
09:19Pour les porcelets et pour la truie, je peux vous dire que c'est vachement important, moins 9 degrés.
09:22Imaginez dans votre studio.
09:23Voilà. Donc on fait des bâtiments qui collent beaucoup mieux aux besoins d'aujourd'hui.
09:27Et il y a des normes aujourd'hui que nous respectons en France.
09:30Et sur la taille, moi je vois aujourd'hui que les poulaillers de 30 000 poules pondeuses sont le standard
09:35que l'on développe.
09:36En Espagne, juste de l'autre côté de la frontière, c'est 200 000 poules pondeuses.
09:39Donc à 30 000, ce ne sont pas des méga poulaillers.
09:42On reste largement mesurés.
09:43Voilà. Et puis, ça permet de faire vivre un agriculteur et un salarié.
09:47Ça crée de l'emploi. Et ça nous mettra des œufs français dans les rayons plutôt que d'avoir des
09:50rayons vides à 18 heures.
09:51Ça c'est sûr que...
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