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  • il y a 11 heures
Les clefs d'une vie de Benjamin Patou

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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-05-27##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:06Vous avez consacré votre vie à ensoleiller les nuits parisiennes,
00:10des nuages dont toutefois pas manquaient d'apparaître tout au long de votre parcours.
00:14Vous le racontez dans un livre sans faire de cinéma,
00:17même si Claude Lelouch est présent presque à chaque ligne.
00:19Bonjour Benjamin Patou.
00:21Bonjour.
00:21Alors c'est vrai que votre nom est connu,
00:23mais vous êtes peu connu car j'ai même cherché une émission de télévision où vous êtes,
00:27j'en ai pas trouvé.
00:28Oui, donc un parcours très discret d'homme de la nuit, d'homme d'affaires,
00:32mais d'une nuit parisienne et d'une vie parisienne qu'on va évoquer à travers un livre
00:37que vous avez sorti qui s'appelle « Itinéraire d'un enfant raté »,
00:42préfacé par Claude Lelouch chez Fayard.
00:44Ce livre, on va le décortiquer en quatre dates puisque c'est le principe des clés d'une vie.
00:48Avec plaisir.
00:49Alors la première que j'ai choisie, elle ne vous concerne pas directement,
00:51c'est le 15 septembre 1919.
00:54C'est la première fois qu'on voit un nom Patou dans un journal
00:57car c'est la première collection de votre grand-oncle Jean Patou,
01:01juste après la guerre.
01:02Et c'est vrai que Jean Patou, c'est un nom universellement connu.
01:05Je ne connaissais pas cette date, mais vous l'apprenez, j'en suis ravi.
01:09Alors ça a été Jean Patou le grand couturier des années folles.
01:12Oui, oui, c'est vrai que c'est quelqu'un qui a une place très importante dans l'histoire de
01:16la mode
01:17puisque c'est l'inventeur notamment de la mode sportwear.
01:22Pour Roland Garros, il a habillé les tenues des mousquetaires, des joueurs de tennis.
01:26Et Suzanne Langlène.
01:27Et Suzanne Langlène, bien sûr.
01:29Et c'est vrai qu'il a également été extrêmement connu
01:32parce que c'était un grand parfumeur avec le parfum Joy,
01:36qui était le parfum Mille.
01:38Oui, le parfum le plus fier du monde, paraît-il.
01:40Exactement, c'était sa réclame, c'était son slogan.
01:43Et il se trouve d'ailleurs que dans les archives du Moulin Rouge,
01:46il y a une archive d'une facture de Jean Patou à Mistinguette
01:48que Mistinguette refusait de payer.
01:50Car elle était radine.
01:52D'accord, vous prenez une deuxième chose.
01:54Alors ça, effectivement, c'est un homme qui a marqué l'histoire,
01:56qui a été votre grand-oncle, qui est mort assez jeune d'ailleurs.
01:59Il est mort à 48 ans.
02:00Oui.
02:01L'âge que j'ai aujourd'hui.
02:03Voilà.
02:03Mais vous êtes en bonne santé, c'est le principal.
02:05Et puis, il y a aussi votre grand-mère paternelle
02:07qui, elle, venait d'Arménie.
02:09Et ça, elle vous a marqué, Benjamin Patou.
02:11Oui, alors en fait, moi j'ai une particularité
02:14qui est tout à fait, entre guillemets, pas connue.
02:17C'est que j'avais deux grands-mères 100% arméniennes.
02:20Ma grand-mère paternelle et ma grand-mère également maternelle.
02:23Mes parents se sont rencontrés.
02:24Ils étaient tous les deux à moitié arméens, donc.
02:26Et ils ne se sont pas amoureux l'un de l'autre
02:28sans savoir leur arménité.
02:30Et donc, ce qui fait de moi un moitié arménien
02:34par deux fois un quart, en fait, si je peux dire.
02:36L'Arménie qui doit beaucoup à Charles Aznavour.
02:38En fait, Aznavour a commencé à se préoccuper de l'Arménie
02:41après le tremblement de terre de 88.
02:43Avant, il ne s'en occupait pas vraiment.
02:45Il était allé une fois, mais c'était pas...
02:46C'était une terre lointaine.
02:48Mais après, il a montré combien il y était attaché.
02:51Et je crois qu'il y a aussi votre grand-mère
02:53qui revendiquait une descendance avec Léon VI de Lusignan,
02:57le dernier roi d'Arménie.
02:58Exactement.
02:59On a été élevés dans cette légende,
03:02dans cette croyance, dans ce fantasme,
03:04je ne sais pas exactement,
03:05que nous étions effectivement des descendants du roi de Lusignan.
03:09Et pour en savoir plus sur elle,
03:10il faut penser à sa voix
03:11qui ressemblait à celle d'une comédienne
03:14que vous évoquez dans votre livre.
03:15J'ai eu l'occasion de voir Mme Sarah Bernard,
03:18Monnaie Sully, j'étais toute petite.
03:20Elvire Popesco.
03:21C'est vrai que votre grand-mère, Elvire Popesco,
03:22il y a des points communs.
03:24Exactement.
03:24Oui, oui, c'est vrai.
03:25C'est-à-dire que c'était la voix, c'était quoi ?
03:27Ou c'était la façon de se comprendre ?
03:28C'est ça.
03:28C'était un mélange.
03:31Ma grand-mère, c'était un mélange de...
03:33C'était un peu comme la mère de Romain Garry
03:37dans Les Promesses de l'Aube.
03:39Voilà.
03:40Il y a pas mal de points communs
03:41avec cette manière de parler fort,
03:46d'être au centre de tout,
03:49de se croire supérieur.
03:51Vraiment, d'une classe supérieure,
03:53en étant en même temps très désargenté,
03:55mais c'est ce côté un peu aristocratique,
03:57un peu désuet.
03:58Et ça faisait d'elle un personnage
04:00que j'ai connu jusqu'à l'âge de mes 11 ans.
04:0312 ans, donc pas forcément extrêmement bien connue,
04:06mais j'ai des très grands souvenirs avec elle.
04:08C'est une personnalité très importante dans notre famille.
04:11Elle était malheureusement handicapée
04:13en fauteuil roulant.
04:14Elle vivait sous notre toit.
04:16Donc moi, j'ai grandi avec elle.
04:18C'était vraiment...
04:19C'est très original.
04:20Aujourd'hui, personne n'imaginerait
04:22imposer à sa femme
04:23de vivre avec sa mère sous le même toit.
04:25Ben voilà, la famille Patou, c'est...
04:27C'est ça.
04:28C'est ce qui a été fait.
04:29Et Ville Popesco était aussi grande gueule,
04:31donc elle savait tout sur tout.
04:32Et un jour, son chauffeur rentre au bureau en disant
04:34« Elle m'a donné un chemin sur les Champs-Elysées,
04:36j'en pouvais plus.
04:37Voilà l'électeur de la voiture,
04:38elle est arrêtée sur les Champs-Elysées
04:39et elle est à l'intérieur. »
04:41Ce sont des personnages
04:42qu'on ne peut plus imaginer aujourd'hui.
04:44Eh ben voilà, il y avait un peu de ça.
04:45Alors, vos parents ont des grosses têtes.
04:48C'est-à-dire que votre père était diplômé de Harvard
04:50et votre mère diplômé de Sciences Po.
04:53Mon père aussi de Sciences Po, égénement.
04:55Et il y avait des livres partout à la maison.
04:57Oui, ben c'était des gens formidables.
05:02Mon père est toujours là
05:03et extrêmement cultivé.
05:05C'est un cérébral au sens propre du terme.
05:08qui se nourrit en fait de toute cette culture
05:14et de cet intellect.
05:15Et donc j'ai été élevé avec mes frères et ma sœur
05:18dans cet univers en fait
05:22plus que d'un univers matérialiste,
05:26consumériste
05:27qui aujourd'hui est davantage répandu.
05:30Oui, c'est-à-dire que votre jeunesse
05:32était faite d'informations
05:34qu'on ne peut plus donner aux jeunes
05:35aujourd'hui pratiquement.
05:40Je ne sais pas si on peut dire ça comme ça,
05:41mais oui, il y avait un modèle particulier.
05:44C'est vrai que mon père est extrêmement cultivé.
05:46Je pense que c'est l'homme que je connaisse
05:47qui est le plus cultivé au monde.
05:50Et donc forcément, ça a un petit peu transpiré,
05:53un petit peu déteint, un peu ruisselé sur nous.
05:56Votre père était avocat à mi-temps
05:58parce que je crois qu'il avait beaucoup de passion
06:00et plusieurs vies en même temps.
06:02Exactement, c'est ce que je raconte dans le livre.
06:05C'est quelqu'un qui s'est affranchi très vite
06:09du schéma un peu tracé
06:10qui était celui d'un jeune bourgeois
06:14qui a fait Sciences Po, Harvard
06:16et qui était premier à une grande carrière d'avocat.
06:19En réalité, il avait, je pense,
06:22ce côté en lui un petit peu original
06:25de ne pas vouloir tracer la route habituelle,
06:32sortir du sentier battu.
06:33Il était passionné de voile,
06:34il est toujours passionné de voile d'ailleurs.
06:35Et donc, il a fait maintes et maintes tours du monde
06:40à la voile.
06:41Et donc, c'était, ce que je dis dans le livre,
06:43c'est vrai, mais je pense que c'était
06:44l'inventeur du concept du bobo.
06:46Le bourgeois bohème, franchement,
06:48je pense qu'il était un des premiers bobos français.
06:52Et quand on voit son parcours en mer,
06:54on pense à une chanson des Frères Jacques.
06:57Encore heureux qu'il ait fait beau
06:59et que la Marie-Joseph soit un beau bateau.
07:01Encore heureux qu'il ait fait beau
07:03et que la Marie-Joseph soit un beau bateau.
07:05Il rente avec les Frères Jacques
07:06qui tombent à l'eau,
07:07enfin, qui ratent l'encre.
07:09Et c'est vrai que dans la famille,
07:11il y a eu quand même des bateaux
07:13et des naufrages.
07:15Oui.
07:16Si on me reste dans l'analogie,
07:18la comparaison de navigation maritime,
07:22on peut dire qu'on avait passé
07:23quelques tempêtes.
07:24Oui, et c'est vrai que je crois
07:25qu'un de vos oncles ou parrains
07:28a failli, a disparu,
07:30on l'a retrouvé en mer sur un radeau.
07:32C'est vrai, tout à fait vrai.
07:34J'avais deux parrains
07:38qui m'étaient prédestinés,
07:39donc Eric de Cabrol et Johan de Cattes.
07:42Johan de Cattes était un grand navigateur
07:44qui était le premier vingueur
07:45de la course du Figaro,
07:46la course de l'Aurore à l'époque,
07:48et qui était une personnalité
07:50encore plus originale que mon père,
07:55et qui a donc construit plus de bateaux
07:56et qui a notamment fait plusieurs naufrages,
07:58dont un où il a été perdu,
08:00déclaré pour mort,
08:01et il a été retrouvé par Miracle sur son radeau.
08:04Vraiment, c'est comme dans un film,
08:06parce que lui, c'est vraiment la vie
08:07qu'il a eue, ça lui est vraiment arrivé.
08:09Et la course du Figaro, en fait,
08:10l'Aurore était un journal célèbre,
08:12puisque l'affaire Dreyfus,
08:15Zola avait publié dans l'Aurore,
08:17j'accuse.
08:19Robert Herson a racheté l'Aurore,
08:20et c'est devenu l'Aurore le Figaro,
08:22puis le Figaro, c'est pour ça
08:23que la course du Figaro est née à la voile.
08:25Il y avait aussi un livre
08:27qui a marqué beaucoup vos parents,
08:29c'est l'Ancre de Miséricorde,
08:31de Pierre-Marc Orland.
08:32Oui, alors ça,
08:35mes parents étaient fans de Pierre-Marc Orland,
08:37et donc quand ils ont,
08:38ils adoraient ce livre,
08:40et donc quand il s'est agi
08:41de trouver un nom
08:42pour l'embarcation,
08:43le bateau qu'ils avaient construit
08:45de leur propre main pendant des années,
08:46avec leurs amis proches,
08:48ils l'ont appelé Miséricorde.
08:50Et ce roman, en fait,
08:51c'est la seule adaptation
08:52de Pierre-Marc Orland
08:53pour la télévision,
08:55après la guerre.
08:55Eh bien, je ne le savais pas,
08:56vous me l'apprenez.
08:57Alors, il se trouve aussi
08:58que les problèmes aussi,
09:01c'était l'administration.
09:02Je crois qu'un jour,
09:03votre père en mer
09:03a été poursaché jusqu'à Plymouth.
09:06Exactement,
09:07c'est ce qu'il nous a raconté.
09:08J'étais pas là pour le...
09:09J'étais pas encore né.
09:10Mais effectivement,
09:11ils avaient construit le bateau,
09:13il était au départ d'Honfleur,
09:14les autorités sont venues
09:16respecter le bateau,
09:17ils ont vu qu'il n'était
09:17absolument pas réglementaire,
09:18donc ils ont eu une injonction,
09:20une interdiction
09:20de sortir du port.
09:23Et ils sont passés outre
09:25et ils sont partis en pleine nuit.
09:28Ils ont été attrapés
09:30en Angleterre,
09:31de l'autre côté,
09:32parce que l'autorité anglaise
09:33avait été prévenue
09:34par les Français.
09:35Et les Anglais,
09:36donc, ont dit,
09:37écoutez,
09:38ils n'étaient pas dans la même
09:39culture de surprotection
09:41et de suradministration
09:43et de surnorme
09:43comme peut l'être la France.
09:45Et ils avaient dit,
09:47en guise de laisser passer,
09:48vous achetez un seau
09:49et puis deux, trois trucs
09:51complètement mineurs
09:52en cas de voie d'eau
09:55et de naufrage,
10:00que vous puissiez écoper.
10:02Donc, en fait,
10:03ils ont réussi à repartir
10:04grâce aux normes anglaises
10:08qui étaient moins restrictives
10:10que celles françaises.
10:11Et puis, il y a quand même
10:12une chose,
10:12c'est que normalement,
10:14vous avez grandi
10:15sur le bateau un petit peu,
10:16vous auriez dû être une fille
10:17au départ,
10:18à en croire le pendule
10:19d'un de vos parrains.
10:21Oui, c'est exactement ça.
10:23J'avais,
10:24je vous l'ai dit,
10:24ces deux parrains de cœur
10:25que mes parents avaient choisis
10:28et pour savoir
10:29lequel allaient être les deux,
10:30lequel des deux
10:31allait être mon réel parrain,
10:33Yohann Decat,
10:34qui était très branché
10:36à tout ce qui est...
10:39Voyance.
10:40Voyance,
10:40un film paranormal,
10:42un film parascientifique,
10:45avait passé un pendule
10:46et avait dit,
10:47c'est catégorique,
10:48ce sera une fille.
10:49Si c'est une fille,
10:50tu seras le parrain.
10:51Et puis, en fait,
10:51c'est un garçon,
10:52donc ce n'était pas lui
10:53qui a été choisi.
10:55Le pendule,
10:56ça avait pensé
10:56à Trifon Tournesol.
10:58Je ne sais pas si vous le savez,
10:59Hergé a créé
11:00ce personnage Tournesol.
11:02Son modèle,
11:02c'était Auguste Picard,
11:03le physicien.
11:04Et Trifon,
11:05c'était le prénom
11:05de son menuisier
11:06qui habitait juste
11:07à côté de chez lui.
11:08Vous êtes un puits de culture
11:10quasiment comme mon père.
11:10Je vous ai vous présenté
11:11à mon père
11:11parce que vous avez passé
11:12des bons moments ensemble.
11:14Je ne le savais pas.
11:15Encore une chose
11:15qu'on m'apprenait.
11:16En tout cas,
11:16on va aussi passer
11:17encore d'autres moments ensemble
11:18à travers une autre date,
11:20le 27 mai 1981.
11:22A tout de suite
11:23sur Sud Radio
11:24avec Benjamin Patou.
11:26Sud Radio,
11:26les clés d'une vie,
11:27Jacques Pessis.
11:28Sud Radio,
11:29les clés d'une vie,
11:30mon invité Benjamin Patou
11:31pour ce livre
11:32itinéraire d'un enfant raté,
11:34enfin pas tellement,
11:35aux éditions Fayard.
11:36On évoque votre parcours
11:38d'enfance aussi,
11:41mais d'homme de la nuit
11:42car vous avez été
11:42un homme de la nuit parisienne
11:43et on va l'expliquer.
11:44Et puis,
11:45le 27 mai 1981,
11:47c'est un choc
11:48lorsque vous voyez ce film.
11:50Les uns et les autres
11:52Les uns ou les autres
11:55Nicole Croisier
11:56qui a débuté un peu
11:56par hasard
11:57avec le louche
11:57dans Un homme et une femme
11:58avec Shabada
11:59qui était Dabada au début.
12:01Mais les uns et les autres,
12:02elles chantent le générique
12:03et ce film vous a marqué.
12:05Alors,
12:06ce n'était pas pour moi
12:07le mai 1981
12:08parce que j'avais 13 ans
12:09quand j'avais vu le film.
12:09Donc, c'était...
12:11le 27 mai 1981.
12:12Moi, je l'ai vu en 1990,
12:14je pense.
12:15C'est un film
12:16que je suis tout vécu
12:18par hasard.
12:18Et comme je le dis souvent,
12:19j'ai eu la chance...
12:20Moi, je pense que
12:21quand on est adolescent,
12:22enfant, adolescent,
12:23on est par définition
12:25extrêmement influençable
12:26et on est influencé.
12:27Même quand on est adulte,
12:28parfois,
12:28on est influençable.
12:30Et toute la question,
12:31c'est de savoir
12:32sur votre route
12:33qui vous allez croiser
12:34sur votre route
12:35quand vous croisez
12:36des belles personnes
12:36pour être influencé
12:37pour le meilleur
12:38et quand vous croisez
12:38des mauvaises personnes
12:39pour des très mauvaises fréquentations
12:40et vous influencer
12:41et donc, ainsi,
12:43changer la trajectoire
12:44de votre vie,
12:44tout simplement,
12:45et engager un destin
12:46complètement différent.
12:47Moi, j'ai eu la chance
12:49ou peut-être
12:51le grand scénariste là-haut
12:53ou peut-être ma mère
12:54qui m'a protégé
12:55de tomber sur les uns
12:57et les autres
12:57et j'avoue que
12:58c'est un film
12:59qui m'a complètement captivé
13:00et en 3h15 plus tard,
13:03j'étais plus le même petit garçon.
13:07J'étais absolument fasciné
13:08par tous les thèmes abordés
13:11dans ce film,
13:12par la musique,
13:13par ses quatre destins,
13:14cette fresque du 20e siècle
13:16avec les parents,
13:19les enfants,
13:19les enfants qui ressemblent
13:20à leurs parents,
13:20l'histoire qui se répète
13:22cruellement,
13:24inlassablement,
13:24comme si elle ne s'est jamais produite.
13:26Ces quatre familles allemandes,
13:29américaines,
13:30françaises et russes
13:31qui sont tous
13:32autour de la musique
13:32et qui se retrouvent
13:33à la fin du film
13:34pendant le gala de l'UNICEF
13:35autour du ballet Béjar.
13:36Et là, je me suis dit
13:37que ce n'est pas possible.
13:39J'ai vraiment pris
13:40une déflagration totale
13:41et je me suis dit
13:42d'une manière ou d'une autre,
13:43ma vie aura ressemblé
13:43à quelque chose comme ça.
13:44Ce film dure 177 minutes
13:47et il y a une version télévisée
13:48en cinq épisodes.
13:49C'est quand même pas mal.
13:50Lelouch, comme toujours,
13:51a bien travaillé.
13:52Alors, c'est vrai qu'à l'origine,
13:53vous êtes un garçon timide
13:55qui ne s'intéresse absolument
13:56à rien,
13:57Benjamin Patou.
13:58Qui ne s'intéresse à rien.
14:00J'étais intéressé par le piano.
14:02J'aimais le piano,
14:03mais j'étais un garçon timide.
14:06Un garçon,
14:09souvent quand on est adolescent,
14:10c'est extrêmement banal.
14:12C'est pour ça que je dis souvent
14:13que l'histoire itinérale
14:14d'un enfant raté
14:15n'est pas mon histoire.
14:16C'est l'histoire de tout le monde.
14:17C'est l'histoire
14:17de beaucoup, beaucoup de gens.
14:19On a tous, en nous,
14:19un côté enfant raté.
14:21L'adolescence,
14:22c'est une période très difficile
14:23où on passe de l'enfance
14:25à l'âge adulte.
14:27Le corps change,
14:28mais l'esprit,
14:28on ne sait plus,
14:29on habite.
14:29Ça crée des bouleurs
14:31extrêmement profonds.
14:32Et avec son lot,
14:34en tout cas,
14:35c'était moi,
14:35mon expérience,
14:36mais je pense qu'elle est
14:37extrêmement répandue,
14:38son lot de complexes,
14:41d'humiliation,
14:42de frustration,
14:44de problèmes de positionnement
14:45dans ce monde,
14:46de se demander de se dire
14:47où est-ce que je suis,
14:48en quoi suis-je utile,
14:49quelle est ma place
14:50dans ce monde,
14:50et même de ne pas comprendre.
14:52Donc c'est vrai que
14:53la filmographie de Claude Lelouch,
14:55je le dis,
14:56mais je le répète
14:56que c'est vraiment
14:57profondément sincère,
14:58a été pour moi
14:59une sorte de mode d'emploi.
15:00et Claude,
15:01sans le connaître,
15:02parce que je ne l'ai connu
15:02que des années après,
15:05il m'a éduqué.
15:07J'ai été éduqué
15:08à travers sa filmographie,
15:09parce que quand vous regardez
15:10les 51 films
15:12de Claude Lelouch,
15:13vous avez à peu près
15:13des réponses
15:14sur tous les sujets
15:15et tous les questionnements.
15:18Claude,
15:19ce n'est pas un cinéaste
15:19pour moi,
15:20c'est beaucoup plus que ça,
15:21c'est un philosophe aussi,
15:23c'est un penseur,
15:24un gourou.
15:26Et quand vous êtes
15:27à Dolo
15:28et que vous ne savez pas
15:29comment fonctionne le monde,
15:32vous regardez ça,
15:33vous regardez son œuvre
15:34et vous comprenez
15:35beaucoup de choses.
15:36Alors, il se trouve
15:36qu'à l'école,
15:37votre père était premier
15:38et vous étiez brillant dernier,
15:40nul en maths,
15:40nul en français,
15:41nul en tout,
15:41je n'ai pas tout.
15:42Alors, c'est vrai que
15:43je ne l'ai pas écrit
15:44dans le livre,
15:44mais mon père,
15:46un jour,
15:46m'a nommé,
15:48m'a désigné
15:49l'élève le plus nul
15:50de France,
15:51parce que j'étais
15:52dernier de la classe
15:53dans la section
15:55de terminale L
15:56à l'époque littéraire
15:57qui était donc
15:57la moins cotée
15:59des terminales
16:00et dans l'école
16:01la plus nulle de France
16:02où il y avait
16:020% de Ristobac.
16:04C'est absolument inouï,
16:05mais c'est vrai.
16:06Et donc, il m'a dit
16:06écoute, franchement,
16:08techniquement parlant,
16:09tu es donc l'élève
16:09le plus nul de France.
16:10Voilà, donc,
16:12c'était,
16:15je ne sais pas
16:16si ça a participé
16:16à la confiance en moi,
16:19mais c'est vrai
16:20que c'était assez drôle
16:21et c'était surtout vrai.
16:23Voilà, ce qui est
16:24beaucoup moins drôle,
16:24c'est qu'effectivement,
16:25il y a un lien avec tout ça,
16:26c'est la disparition
16:27de votre mère
16:28quand vous avez 8 ans.
16:29Et ça, ça marque
16:30un enfant,
16:30Benjamin Patou.
16:33Oui, évidemment,
16:35évidemment,
16:36ce que j'écris
16:37dans le livre
16:38et ce qui est,
16:39c'est qu'en fait,
16:41j'ai mis des années
16:43à comprendre
16:43et à ressentir
16:45la souffrance
16:47et le malheur.
16:48au début,
16:49je ne l'ai pas exprimé
16:50comme ça,
16:50comme un boxeur.
16:51Je prends cette image
16:52du boxeur qui est sonné
16:53et en fait,
16:54sur le coup,
16:56on ne ressent même pas
16:57la douleur.
16:57C'est après,
16:58en fait,
16:59c'est après
16:59ou après quelques minutes
17:00que vous ressentez.
17:03En fait,
17:04moi,
17:04ça a été des années après,
17:05mais il est évident
17:06que ça a été
17:07un tsunami
17:08dans notre famille,
17:09notre famille,
17:12voilà,
17:12l'unité familiale
17:13et voilà,
17:14le bonheur
17:14qui régnait
17:15dans la maison,
17:15s'est échappé
17:17du jour au lendemain
17:18et donc,
17:18j'ai dû apprendre
17:19à construire avec ça,
17:20j'ai dû apprendre
17:20à faire ma vie
17:21avec cette faille,
17:22avec cette blessure.
17:23Et votre père
17:24a dû apprendre
17:25à vous élever
17:25parce que je crois
17:26que ça n'avait même pas
17:26changé une couche
17:27au départ.
17:28Oui,
17:28heureusement,
17:29il était toujours
17:31très bon cuisinier
17:32donc,
17:34au moins,
17:34il s'occupait
17:35de la cuisine
17:37merveilleusement bien.
17:37Alors,
17:38il y avait un problème
17:38quand même,
17:39le soir,
17:40vous refusiez
17:41ce qu'Henri Salvador
17:42a pourtant chanté.
17:44Ah,
17:45ce qu'on est bien
17:46quand on est dans son bain
17:48On fait des grosses bulles
17:50Car ça,
17:51c'est assez rare
17:51chez les enfants.
17:52Vous détestiez le bain
17:53alors que votre père
17:54a été tout le temps
17:55mer.
17:56Ben écoutez,
17:58c'est vrai que j'ai raconté ça
17:59parce que c'était quelque chose
18:01qui me marginalisait aussi,
18:05le fait que je ne me lavais pas,
18:07je n'avais pas me lavé.
18:08J'ai appris des années plus tard
18:10qu'Henri IV non plus
18:11il avait pris un seul bain
18:11dans toute sa vie.
18:13Et à tel point
18:14que mon prénom
18:15c'est Benjamin
18:15et on m'appelait
18:16à la maison
18:17Benjamin.
18:17C'était mon petit surnom.
18:23C'est vrai.
18:24Et puis,
18:25il se trouve aussi
18:26qu'il y a eu le collège
18:27et je crois que votre père
18:28était souvent au collège
18:29pour essayer de vous excuser
18:31pour dire au directeur
18:32c'est un pauvre enfant malheureux.
18:35Il y avait tout un numéro
18:36là-dessus.
18:37Ah ben oui,
18:37mon père était un grand avocat
18:39et surtout un grand orateur
18:42et donc il est habitué
18:43aux plaidoiries
18:44les plus complexes
18:45et les plus désespérés
18:46et en ce qui me concernait
18:49il venait plaider ma cause
18:50chaque année
18:50pour pas que je redouble
18:52même si j'aurais mérité
18:55au vu de mes résultats
18:56et de mes notes
18:58et il a réussi
18:58il a réussi jusqu'au bout
18:59sauf en terminale
19:00où là
19:01il n'y avait plus
19:03d'oral possible
19:04et j'ai raté mon bac
19:05la première fois
19:07il a tenu absolument
19:08à ce que je m'accroche
19:09et que je le repasse
19:09une deuxième fois
19:10je lui dis pas
19:10à quoi ça sert
19:11de toute façon
19:12je suis complètement inadapté
19:13j'arriverai jamais
19:14à faire des études
19:15c'était pour lui
19:16extrêmement important
19:17c'était un marqueur
19:18et donc
19:18pour essayer d'être
19:19un moins mauvais fils possible
19:21je me suis exécuté
19:22j'ai réussi à passer mon bac
19:23et à l'avoir
19:24la deuxième fois
19:25vous avez fait mieux
19:26que ça
19:26Jacques Guitry
19:27et l'anecdote
19:28de Lucien Guitry
19:29qui vient au lycée
19:29Jean-Sondes Saïd
19:31dire au proviseur
19:32ne virer pas mon fils
19:33et le proviseur
19:34dit je ne peux pas le virer
19:35il ne vient jamais
19:36c'est quand même étonnant
19:37alors il se trouve aussi
19:38qu'il y a eu
19:39un problème
19:40quand même
19:40qui vous a marqué
19:41c'est une soirée
19:42au piano
19:43car vous aimez le piano
19:44où vous avez levé le doigt
19:46pour jouer un morceau
19:47et ça
19:47ça a été je crois
19:48l'une des humiliations
19:48les pires de votre enfance
19:50Benjamin Patou
19:53j'étais à Passy-Businval
19:55collégien
19:56un collège d'ailleurs
19:57soi-disant
19:58qui est l'un des collèges
19:59les plus heureux
20:01pour un environnement
20:02privilégié
20:03c'était je pense
20:04le cas pour 89%
20:05des élèves
20:06mais pas pour moi
20:08et c'était le bicentenaire
20:09de la naissance
20:10ou de la mort de Chopin
20:11et donc la prof de musique
20:13avait dit
20:14qui pour la fête
20:16de fin d'année
20:16le gala de l'école
20:17qui veut jouer
20:19un morceau
20:20de Chopin
20:22pendant le gala
20:22et moi
20:23je ne sais pas pourquoi
20:24ce qui m'a pris
20:25j'ai levé la main
20:26et donc
20:27je me suis relancé
20:28dans cette histoire
20:28je maîtrisais
20:30cette
20:31mazurka de Chopin
20:32en l'occurrence
20:33que j'avais travaillé
20:34et en fait
20:35quand je suis arrivé
20:35le soir même
20:36devant le public
20:38j'ai complètement perdu
20:39mes moyens
20:40j'étais
20:41terrorisé
20:42et après
20:434 ou 5 mesures
20:45tout est parti
20:45de travers
20:46et donc
20:47j'ai été arrêté
20:48en plein milieu
20:48j'ai évidemment
20:49pas fini
20:50pour l'animateur
20:51le maître de cérémonie
20:53du gala
20:53à arrêter
20:55le massacre
20:56et donc
20:56je suis parti
20:58les yeux baissés
21:01comme un peu
21:03une sorte de
21:03walk of shame
21:04le marche de la honte
21:05et c'est vrai
21:06que j'étais en 6ème
21:07donc ça
21:08ça a été
21:10assez traumatisant
21:11comme événement
21:13vous avez quand même
21:13une excuse
21:14Benjamin Patou
21:15c'est que le tabouret
21:16était trop petit
21:16pour vous
21:18c'est ce que j'ai écrit
21:19pour essayer
21:21d'être tolérant
21:23avec moi-même
21:24mais oui
21:25il était trop petit
21:26ou trop grand
21:26mais en tout cas
21:28ça n'allait pas
21:29vous n'êtes pas le seul
21:29dans ce cas là
21:30Gilbert Bécou
21:31pour son premier bobineau
21:32le tabouret
21:33il s'assure sur le tabouret
21:35trop petit
21:36il n'arrivait pas
21:37à la hauteur du piano
21:38il est sorti de scène
21:39il était à chercher
21:39deux annuaires
21:40il les a mis
21:40il a fait son spectacle
21:41comme ça
21:43comme quoi
21:44on se sort toujours
21:44de toute situation
21:45Gilbert Bécou
21:46la différence de moi
21:46c'est qu'il avait
21:47un immense talent
21:48il a rebondi tout de suite
21:49vous avez rebondi aussi
21:51et il y a une autre date
21:52importante dans votre parcours
21:53le 22 mai 2019
21:54à tout de suite
21:55sur Sud Radio
21:56avec Benjamin Patou
21:57Sud Radio
21:58les clés d'une vie
21:59Jacques Pessis
22:00Sud Radio
22:01les clés d'une vie
22:02mon invité
22:02Benjamin Patou
22:03pour ce livre
22:04itinéraire d'un enfant raté
22:06chez Fayard
22:07préfacé par Claude Lelouch
22:08on a évoqué
22:09votre enfance difficile
22:10effectivement
22:10l'élève le plus nul
22:11de France
22:11mais vous vous êtes rattrapé
22:13et puis dans votre livre
22:15vous évoquez un soir
22:16qui est votre soir de gloire
22:18le 22 mai 2019
22:19à Cannes
22:20avec ce film
22:21les plus belles années
22:22d'une vie
22:25vous voulez vous évader
22:26avec moi ?
22:27tel que l'on n'a pas
22:29l'histoire
22:29en fait
22:29Clos Lelouch
22:30on a eu l'idée
22:30lorsqu'il a rencontré
22:32Annie Girardot
22:32qui avait un début
22:33de maladie d'Alzheimer
22:34et qui ne se souvenait
22:35que d'une chose
22:36c'est de Claude Lelouch
22:36je ne sais pas si vous le saviez
22:37bien sûr
22:38alors il se trouve que ce soir-là
22:39vous avez monté
22:41les marches du festival de Cannes
22:42Benjamin Patou
22:44oui c'est vrai que c'est un cadeau
22:46immense
22:46que m'a fait Claude
22:48déjà c'était de me donner
22:49un petit rôle dans le film
22:50donc je me suis retrouvé
22:51c'était une des scènes
22:53les plus surréalistes de ma vie
22:54puisque je me suis retrouvé
22:55moi
22:56le petit enfant
22:58fan absolu
23:00idolatrant Claude Lelouch
23:02ayant vécu par procuration
23:05toutes les vies
23:06les différentes vies
23:06de Claude
23:08je me suis retrouvé
23:09sur les planches de Deauville
23:11pour le tournage du film
23:14avec en face de moi
23:15Jean-Luc Trintignant
23:17Anouk Aimé
23:17sur le côté Claude Lelouch
23:19avec sa caméra
23:20pour la suite d'un homme et une femme
23:22et là j'avais beau me pincer
23:24et me dire
23:25il y a un truc
23:26mon cerveau a littéralement disjoncté
23:28il y a un truc qui ne va pas
23:30je me suis envoyé petit
23:32déjà je rêvais de rencontrer
23:33un jour Claude Lelouch
23:34ne serait-ce que de lui serrer la main
23:35d'avoir ne serait-ce qu'une
23:37je ne sais pas moi
23:37qu'un autographe
23:38et là je me retrouve en fait
23:39avec le trio
23:42d'un homme et une femme
23:43et moi je suis le quatrième
23:44sur le plateau
23:45en plein air
23:47c'était complètement
23:48c'était complètement surréaliste
23:49et donc
23:50le film a été projeté
23:52à Cannes
23:52au festival
23:52donc j'ai eu la chance
23:54d'être invité
23:54parmi les acteurs
23:56et donc j'ai monté
23:57les marches
23:58on est arrivé avec
23:58les limousines
23:59enfin comme dans
24:00je suis allé dire
24:00comme dans un film
24:01et c'est un moment
24:03absolument magique
24:03c'est vrai
24:03alors c'est vrai que
24:04vos plus belles années
24:05elles ont commencé
24:06après l'école
24:07parce que plutôt que
24:08de la thérapie
24:09vous avez organisé des soirées
24:10et ça vous avez été un pionnier
24:11parce que DJ
24:12il n'y en a pas beaucoup
24:13à l'époque
24:13et puis les jeunes
24:14qui n'ont pas 18 ans
24:15ils ne savent pas où sortir
24:17et là vous avez eu une idée
24:18Benjamin Batou
24:19oui c'était une idée
24:21qui avait déjà été
24:22un petit peu explorée
24:24mais c'est vrai que
24:25moi je me suis plongé dedans
24:26m'ennuyant profondément
24:28à l'école
24:28et n'ayant aucun sens
24:33à mon existence quotidienne
24:36je me suis dit
24:37tiens je vais me lancer
24:39dans les soirées
24:40ça va m'occuper
24:42ça va me distraire
24:43comme j'étais déjà DJ
24:44j'adorais ça
24:44et c'est vrai que
24:46ça a bien marché
24:46ça a très bien marché
24:47et que très vite
24:49je me suis retrouvé
24:50à l'âge de 15 ans et demi
24:5116 ans
24:51autonome financièrement
24:55et les semaines
24:56à l'école
24:57derrière mon bureau
24:58je m'occupais
24:59à réfléchir
25:00au thème de soirée
25:02à dessiner des cartons
25:03à réfléchir
25:04je faisais tout
25:05sauf écouter les cours
25:07et en fait
25:08en quelque sorte
25:09j'ai préparé mon avenir
25:10je construisais déjà
25:12mon avenir
25:12sans le savoir
25:13l'inventeur de DJ
25:15qu'on appelle à l'époque
25:16le disquaire
25:17c'est Paul Passini
25:18qui avait créé
25:19le whisky à gogo
25:20à Paris
25:21et il y avait
25:22effectivement un monsieur
25:23avec des 45 tours
25:24et deux platines
25:25et il diffusait les chansons
25:26d'une platine à l'autre
25:27c'est comme ça
25:28que c'est né
25:28au départ
25:29et qu'ensuite
25:29ça a évolué
25:30jusqu'au palace
25:32avec Guy Cuivas
25:33et quelques autres
25:33j'ai fait beaucoup
25:34de soirées
25:35au whisky à gogo
25:36j'étais beaucoup
25:36de DJ au whisky à gogo
25:37ça faisait partie
25:38des endroits
25:38où j'étais très souvent
25:39alors il y avait
25:40des chansons anglaises
25:41et il y avait curieusement
25:41une chanson
25:42tout à fait originale
25:43pour ces soirées
25:44une valse à mille temps
25:46une valse à mille temps
25:46de patienter 20 ans
25:47pour que tu aies 20 ans
25:48et pour que j'ai 20 ans
25:49une valse à mille temps
25:49franchement
25:49je vois pas un coup de DJ
25:50qui passe la valse à mille temps
25:52et oui mais
25:52moi j'aimais bien
25:54casser les codes
25:54j'aimais bien
25:57retourner la foule
25:58si je puis dire
26:00et c'est vrai que
26:02dans la valse à mille temps
26:03ça s'accélère au fur et à mesure
26:04et c'était
26:05c'était extrêmement efficace
26:07ça faisait une sorte
26:08de respiration
26:09et puis après
26:10pour repartir
26:11sur des choses
26:12beaucoup plus contemporaines
26:13et au passage
26:14d'ailleurs je sais pas
26:15si je l'avais théorisé
26:16ou pas inconsciemment
26:17ou non
26:17mais c'est
26:19le générique du début
26:20de la belle histoire
26:21exactement
26:22ça valse à mille temps
26:22place de la concorde
26:23quand les voitures tournent
26:24comme ça
26:24donc j'étais déjà
26:26dans du loulouch
26:28mais il se trouve que
26:29Brel disait toujours
26:30que c'était la chanson
26:30la plus difficile
26:31de son répertoire
26:32et Jean Poiré
26:33a fait une parodie
26:34qui s'appelait
26:34la vache à mille francs
26:36quand il y avait
26:36des problèmes
26:37d'augmentation de prix
26:37comme aujourd'hui
26:39c'était déjà en 60
26:40alors il se trouve
26:41que votre première soirée
26:41je crois que c'est celle
26:42du lycée Saint-James
26:44à Neuilly
26:44avec une fête
26:45de fin d'année
26:46que vous animez
26:46mais alors vraiment
26:47en professionnel
26:48avec des cartons
26:50et un budget
26:50c'est vrai
26:51c'est vrai
26:52c'était la fête
26:53de l'école
26:53il a fallu se désigner
26:54pour savoir
26:55qui allait l'organiser
26:56et donc je m'étais
26:57je m'étais
26:59je m'étais
27:00entre guillemets
27:00j'avais fait
27:01acte de candidature
27:02et donc j'avais organisé
27:03la soirée de l'école
27:04et je raconte
27:05cette anecdote
27:05dans le livre
27:06je suis allé
27:09réclamé
27:09demandé
27:10supplé
27:11une subvention
27:11au maire
27:12de l'histoire de l'époque
27:15Nicolas Sarkozy
27:15et donc j'avais
27:1715 ans
27:17je ne sais plus
27:1815 ans
27:19et je me suis trouvé
27:20dans son bureau
27:20pour lui demander
27:21et je suis reparti
27:21avec une subvention
27:22de 5000 francs
27:23pour nous aider
27:23à louer la salle
27:25et ça a été un succès
27:26une histoire qui a été
27:26un grand succès
27:27et qui m'a
27:28tout simplement
27:29donné envie
27:29de poursuivre
27:31et je me suis dit
27:31tiens
27:31
27:32je tiens quelque chose
27:33et vous découvrez
27:34Benjamin Batou
27:35le pouvoir de la porte
27:36c'est-à-dire ceux qui entrent
27:37et ceux qui n'entrent pas
27:38et oui
27:39et oui
27:40ça s'appelle
27:41le petit chef
27:43mais c'est comme
27:44voilà
27:45c'est un pouvoir
27:46de petit chef
27:47rien de très glorieux
27:48mais
27:49ben voilà
27:50vous avez du jour au lendemain
27:51vous passez de totalement inutile
27:53il a 99% inutile
27:54vous trouvez un tout petit peu
27:56d'utilité
27:57mais en même temps
27:57les videurs aujourd'hui
27:58dans les discothèques
27:59ça existe
28:00mais à l'époque
28:01bien avant que vous commenciez
28:02Régine et François Patrice
28:04faisaient eux-mêmes
28:04le choix
28:05de ceux qui rentraient
28:06ou qui ne rentraient pas
28:07et ça se passait très bien
28:08ça ne se passait pas
28:09comme aujourd'hui
28:09il n'y avait pas de bagarre
28:10on rentrait
28:10et puis c'était comme ça
28:12oui
28:13et moi je me souviens aussi
28:15des discothèques
28:15que je fréquentais professionnellement
28:17je pouvais passer
28:18parce que je suis journaliste
28:19mais il y avait toujours
28:20300 personnes dehors
28:21qui ne rentraient jamais
28:22mais qui étaient quand même là
28:23c'est toujours le cas aujourd'hui
28:25en 2026
28:26il y a toujours
28:26dans les clubs qui marchent
28:27il y a toujours des gens devant
28:28qui n'arrivent pas à rentrer
28:29et puis c'est tout un jeu
28:30c'est tout un monde
28:32c'est tous des stratagèmes
28:33qui sont mis en place
28:34pour pouvoir rentrer
28:35resquiller
28:37c'est ce monde fascinant
28:38de la nuit
28:39en quelque sorte
28:39mais il y avait toujours
28:40des astuces
28:40dans les années 60
28:41lorsqu'on voulait entrer
28:42dans les boums
28:43on avait un numéro de téléphone
28:44Kleber 1154
28:45on appelait Alfred
28:46qui vous disait toujours
28:47l'endroit où il y avait une boum
28:49et c'est comme ça
28:49qu'on se retrouvait
28:50des astuces
28:51des stratagèmes
28:52il fallait être créatif
28:55et vous créez aussi
28:56un événement
28:57c'est-à-dire que le lundi soir
28:57en général
28:58il ne se passe rien dans Paris
28:59et vous
28:59vous allez ouvrir
29:00des soirées au Duplex
29:02qui est un club
29:02pas loin des Champs-Elysées
29:05réservé aux moins de 18 ans
29:06avec là aussi
29:07quelques petites astuces
29:08pour vous procurer les boissons
29:09c'est ça
29:10à l'époque
29:10ça s'appelait
29:11la 5ème avenue
29:11c'était notre première soirée
29:14comme c'était
29:15les vacances scolaires
29:16il n'y avait pas court
29:16le lendemain
29:17on était donc des milliers
29:18de jeunes
29:19à ne pas avoir
29:20court le lendemain
29:21et comme c'était un lundi soir
29:23la boîte de nuit
29:24ne marchait pas
29:25était vide
29:25donc on est allé voir
29:26le propriétaire
29:27pour la louer
29:29et organiser cette soirée
29:30et en fait
29:30on a fait 1000 personnes
29:32on a fait un énorme succès
29:33et après
29:35on s'est engouffré
29:36là-dedans
29:37pendant des années
29:38des années
29:38on a écumé
29:40toutes les boîtes de nuit
29:40de Paris
29:41les salles
29:41les salles événementielles
29:43et ce qui a fait
29:45que je me suis retrouvé
29:45très vite
29:46comme je vous l'ai dit précédemment
29:47autonome financièrement
29:49et je me suis retrouvé à l'aise
29:51avec cette notion
29:51de public
29:52de fait
29:53d'organisation
29:54ça a été
29:55les fondements
29:56les fondations
29:56de ce qu'allait être
29:58plus tard
29:58ma carrière professionnelle
30:00voilà
30:00mais il se trouve
30:01que vous avez créé un club
30:02je crois
30:02le club des enfants gâtés
30:03et bien oui
30:04tout à fait
30:04un hommage
30:05le loup chien
30:06une fois de plus
30:08à 16 ans
30:09le club des enfants gâtés
30:10je crois que c'est ma sœur
30:11qui avait eu l'idée
30:11de trouver ce nom-là
30:14et on trouvait que c'était bien
30:15parce qu'on était
30:15de Neuilly
30:16du 16ème
30:17on était
30:19des enfants
30:19de la bourgeoisie
30:20privilégiés
30:22donc on l'assumait
30:23on ne le cachait pas
30:25on l'assumait
30:26et je crois
30:26Benjamin Patouk
30:27vous avez pris la relève
30:28de la bande du drugstore
30:29qui est scellée dans les années 60
30:31en fait c'était des jeunes
30:32qui se retrouvaient aussi
30:33du 16ème
30:33et du 8ème arrondissement
30:35au drugstore le soir
30:36qui ensuite allaient
30:37chez Renoma
30:38alors ils avaient des astuces
30:39c'est-à-dire qu'ils entraient
30:40ils mettaient une veste
30:41sous la veste
30:42et comme à l'époque
30:42il n'y avait pas de portique
30:43ils repartaient sans payer
30:45sur le moins de problèmes
30:46et ils finissaient
30:47avec des courses de voitures
30:48des petites lotus
30:49à 3h du matin
30:51sur les Champs-Elysées
30:51à 300 à l'heure
30:52ce qui ne posait aucun problème
30:54vous me l'apprenez
30:54vous savez tellement de choses
30:55c'est fou
30:56c'est une époque
30:56qu'on ne peut pas imaginer
30:57aujourd'hui
30:57mais ce genre de fête
30:58n'existe plus aujourd'hui
31:02les choses changent
31:03pour le meilleur
31:04voilà
31:04et puis il se trouve aussi
31:05que vous avez créé
31:06d'autres lieux
31:07et vous avez organisé
31:09des fêtes
31:09et des mariages
31:10là aussi ça a été quelque chose
31:11d'assez particulier
31:12vous avez dit
31:13on peut aujourd'hui
31:15organiser des soirées
31:16pour des anonymes
31:17alors ça pose des problèmes
31:18parce qu'il y a
31:19des chanteurs ratés
31:20des traiteurs en retard
31:21c'est toute une source
31:22d'ennuis
31:23qu'on ne peut pas imaginer
31:24ben écoutez
31:24si tout le monde peut l'imaginer
31:25parce que tout le monde
31:26a vu le sens de la fête
31:27ce chef-d'oeuvre
31:29ce chef-d'oeuvre
31:30d'Olivier Naka
31:31chez Toledano
31:32où Jean-Pierre Bakri
31:33jouait le rôle
31:36c'était franchement
31:37quasiment mot pour mot
31:39scène pour scène
31:39ce que j'ai vécu
31:41celui qui a écrit le film
31:42c'est un ami et moi
31:43Laurent Zetoun
31:44son père avait un traiteur cachère
31:46donc c'était vraiment
31:46pourquoi le sens de la fête
31:47et le film aussi réussi
31:49parce qu'en fait
31:50tout est vrai
31:50tout est complètement crédible
31:52tout est légitime
31:52et en fait
31:53c'était
31:54c'est exactement
31:56ça a été
31:57à peu près
31:585 à 7 années de ma vie
31:59d'être organisateur
32:01comme ça
32:01de mariage
32:02et ça a été
32:03des moments merveilleux
32:04et des moments
32:06assez pénibles aussi
32:07je dois dire
32:07mais il y a aussi
32:08cette vie parisienne
32:09dont vous avez été
32:10au centre
32:11à travers les discothèques
32:12à une époque
32:13il y avait un circuit
32:14qui était l'Alcazar
32:15on allait chez Castel
32:16on allait à l'Élysée Matignon
32:18qu'on a appelé le Bureau
32:19on allait au privé
32:20chez Régine
32:21chez François-Patrice
32:22là vous avez créé
32:23un autre circuit
32:24en reprenant
32:24certaines valeurs traditionnelles
32:25comme le bus Palladium
32:26par exemple
32:27oui et ça c'était
32:28des années après
32:29quand j'ai commencé
32:30à retourner
32:31dans la nuit
32:31après cette escapade
32:33événementielle
32:33et d'organisation
32:34de mariage
32:36j'ai eu l'occasion
32:37de racheter
32:39première salle des fêtes
32:41qui s'appelait
32:41le Globo
32:42au Boire de Strasbourg
32:43qui était au
32:448 Boire de Strasbourg
32:44alors ce qui est marrant
32:45c'est que j'ai appris
32:45des années plus tard
32:47moi tout a commencé
32:47pour moi
32:48au 8 Boire de Strasbourg
32:48avec le Globo
32:49c'est le début
32:50de mon aventure
32:50ce qui est drôle
32:51c'est que Claude Lelouch
32:52était là où habitait Claude
32:53au 8 Boire de Strasbourg
32:55et la première adresse
32:56de sa boîte
32:57les films de l'Apocalypse
32:58c'était 8 Boire de Strasbourg
32:59c'est fou ça
32:59et un jour je vois
33:00un documentaire sur Claude
33:01et je vois
33:02les films de l'Apocalypse
33:038 Boire de Strasbourg
33:03et je dis
33:04Claude mais c'est fou
33:04pourquoi c'était là-bas
33:05il dit
33:05c'est là où j'habitais
33:07c'est dingue
33:08en fait
33:08on a commencé
33:09notre
33:10c'est un point de départ
33:12c'est totalement
33:13le hasard
33:14et après le Globo
33:15j'ai eu la possibilité
33:16d'acheter le bus palladium
33:17puis après un certain nombre
33:19de boîtes de nuit
33:19jusqu'au jour où
33:20je fais l'acquisition
33:21d'une boîte de nuit
33:22où il y avait un restaurant dedans
33:23et donc j'ai dû
33:24par la force des choses
33:25être contraint
33:27de reprendre
33:28et de relancer le restaurant
33:30et j'ai attrapé
33:31cette passion
33:32le virus
33:33si je puis dire
33:34à cette occasion
33:35et après j'ai décidé
33:36de ne faire plus que des restaurants
33:37et de monter un groupe
33:39de restauration
33:39le bus palladium
33:40en fait ça s'appelait
33:41comme ça au départ
33:42parce que
33:43James Arch
33:44avait
33:46équipé des bus
33:47pour ramener
33:47les jeunes chez eux
33:49et en même temps
33:50le palladium
33:50c'était une boîte américaine
33:52et le mot bus palladium
33:53est né
33:53lorsque Jacques Chancel
33:55a écrit dans Paris Jour
33:56un article
33:56des bus pour le palladium
33:58c'est exactement ça
33:59alors il se trouve aussi
34:00qu'il y a un autre lieu
34:01mythique aujourd'hui à Paris
34:02c'est le Rasputin
34:03alors c'était un cabaret
34:05dans les années 60
34:06on s'habillait en smoking
34:07et on sortait le soir
34:07à 22h dans un cabaret russe
34:09et vous l'avez repris
34:10à une dame étonnante
34:11qui s'appelait Hélène Martigny
34:12oui c'est vrai
34:13c'est vrai
34:14Hélène Martigny
34:14qui était la grande cabaretiste
34:17qui avait été également
34:18propriétaire des folies spigales
34:19et un certain nombre
34:20de bars à pigales
34:21elle avait le bras à Poutine
34:23qui ne marchait plus du tout
34:24et avec mon associé
34:26de l'époque
34:27Laurent de Gourcuff
34:27on a eu l'occasion
34:30on a entendu dire
34:31que cette affaire
34:32était à vendre
34:32et donc on est allé
34:34négocier auprès
34:35d'Hélène Martigny
34:36qui était déjà assez âgé
34:38et ça a été un moment
34:40très marquant
34:41dans mon parcours
34:41parce qu'elle habitait
34:42dans une sorte de bonbonnière
34:43au-dessus du folies spigales
34:44où tout était
34:45capitonné en rose
34:47tout était rose
34:48comme dans un univers
34:49complètement surréaliste
34:51il était 16h à la fin
34:53quand on a tombé d'accord
34:55on a sorti une bouteille
34:56de Dom Pérignon
34:57pour fêter ça
34:59Laurent ne boit pas d'alcool
35:00donc moi
35:01comme j'étais bien élevé
35:02j'ai pris toute la bouteille
35:04avec Anne Martigny
35:05à 16h d'après-midi
35:06mais c'est une femme étonnante
35:08c'est un grand souvenir
35:09c'est une femme étonnante
35:10son mari
35:10M. Martigny
35:11avait disparu
35:13était mort mystérieusement
35:14parce qu'il était
35:14très très lié à la pègre
35:15elle a repris
35:16les affaires de Pigalle
35:17et un jour
35:18il se trouve que
35:19je discutais avec elle
35:20à une heure du matin
35:20au Rasputin
35:21en buvant une tisane
35:22qui a aluvé de la tisane
35:23en mangeant du chocolat
35:24elle me disait
35:25M. Pessy
35:25si jamais je vous racontais
35:27tout ce que j'ai vécu
35:28je ne pourrais pas être crédible
35:30tellement c'est au-delà
35:31du scénario de film
35:32ah ben je veux bien la croire
35:34en tout cas moi je crois aussi
35:35à tout ce que vous racontez
35:36et même surtout à votre livre
35:38qu'on va évoquer
35:39à travers la date de sa sortie
35:40le 13 mai 2026
35:41à tout de suite sur Sud Radio
35:43avec Benjamin Patou
35:44Sud Radio
35:45les clés d'une vie
35:46Jacques Pessy
35:47Sud Radio
35:48les clés d'une vie
35:48mon invité Benjamin Patou
35:50alors on a évoqué
35:51vos débuts difficiles
35:53votre parcours
35:54dans la nuit parisienne
35:55avec tout ce que vous avez vécu
35:57et puis donc
35:57le 13 mai 2026
35:59est sorti ce livre
36:00itinéraire d'un enfant raté
36:01alors comme je le disais
36:03vous êtes un homme très discret
36:04on ne vous voit jamais
36:05à la télévision
36:05pourquoi faire ce livre
36:06aujourd'hui ?
36:08alors
36:09j'ai écrit ce livre
36:11pour plusieurs raisons
36:12la première c'est que déjà
36:13j'en avais envie
36:15très simplement
36:16mais c'est vrai
36:17je pense que j'en ai également
36:18ressenti le besoin
36:20j'avais besoin
36:22et envie de remettre
36:23de l'ordre
36:23dans tout ce chaos
36:26dans toute cette
36:28cette folie
36:28des 20 dernières années
36:30cette aventure entrepreneuriale
36:31en fait avec
36:31j'ai vécu tant de choses
36:33tant d'anecdotes
36:34tant de problèmes
36:35tant de rebondissements
36:36et j'avais vraiment envie
36:38de reposer ça
36:39et quelque part
36:40que mes proches
36:41dans un premier temps
36:43puissent
36:45savoir réellement
36:46en fait
36:46ils pensaient me connaître
36:47ils pensaient savoir
36:48par ce que j'avais traversé
36:49par où j'étais vécu
36:50et en fait
36:51c'était pas forcément le cas
36:52donc c'est parti de là
36:53au départ
36:53et puis après
36:54très vite
36:57j'avais envie
36:59de m'adresser
37:00en fait
37:01à tous les petits
37:02majins m'apatous
37:04d'aujourd'hui
37:04les milliers
37:05de petits majins m'apatous
37:06qui sont
37:08adolescents
37:08qui sont
37:10qui rentrent dans la vie active
37:11qui savent pas quoi faire
37:12de leur vie
37:13qui sont perdus
37:14dans ce monde
37:14complètement fou
37:15qui est le monde
37:16dans lequel on vit aujourd'hui
37:17qui est de plus en plus fou
37:18qui n'ont aucun bagage
37:19qui ne pensent
37:19qu'ils sont bons à rien
37:20qui pensent
37:21qu'ils ne sont pas capables
37:22qui ne voient pas
37:22en fait
37:24comment ils peuvent
37:24s'en sortir
37:25et en fait
37:26ce livre
37:27ce témoignage
37:27c'est de tout simplement
37:29leur dire
37:30écoutez
37:33vous pouvez y arriver
37:34il n'y a pas de fatalité
37:35quels que soient
37:36les handicaps
37:37de départ
37:38quels que soient
37:38les manquements
37:40quels que soient
37:40les failles
37:41quels que soient
37:41les traumatismes
37:42quels que soient
37:43les cailloux
37:43que vous portez
37:43dans votre sac à dos
37:45vous pouvez vous en sortir
37:46de n'importe où
37:47on peut s'élever
37:47vers le ciel
37:48disait Sénèque
37:49et en fait
37:50il faut
37:50l'ambition
37:51évidemment
37:52l'envie
37:53la volonté
37:53de s'en sortir
37:55faire une belle rencontre
37:56faire des belles rencontres
37:57mais en l'occurrence
37:58c'était avec
37:58ma femme Émilie
37:59qui m'a complètement porté
38:01et qui m'a donné envie
38:03de m'en sortir
38:04et ce livre
38:05en fait
38:06il s'adresse
38:07à tous ces jeunes
38:09dont on
38:10qu'ils entendent
38:11toute la journée
38:11que la France
38:11est un pays foutu
38:13qu'on ne peut pas
38:14entreprendre
38:14qu'un pays
38:15qu'il faut quitter
38:16parce qu'il y a
38:18trop de problèmes
38:20qu'ils n'arriveront jamais
38:21à faire leurs trois
38:22en France
38:22ce n'est pas vrai
38:23c'est pas vrai
38:24et si un jeune
38:25qui lit mon livre
38:26ce qui est déjà un exploit
38:27puisque les jeunes
38:27ne lisent tout le livre
38:28si déjà un jeune
38:29lit mon livre
38:30et qu'à la fin du livre
38:31il se dise en fait
38:32finalement c'était compliqué
38:33mais ce n'était pas si compliqué
38:34c'était presque assez simple
38:36de se laisser porter
38:37d'avoir la volonté
38:38d'y aller
38:38de ne pas se poser
38:39trop de questions
38:40de foncer
38:40et qu'il a envie
38:41de se lancer
38:42dans l'entrepreneuriat
38:44voire même
38:44dans la restauration
38:46et qu'il le fait
38:47j'aurais réussi
38:48mon pari
38:48j'aurais réussi
38:49la vocation
38:50et la mission
38:51de ce livre
38:52voilà pourquoi
38:52j'ai écrit ce livre
38:52il se trouve aussi
38:53que vous racontez
38:55Léo et les bas
38:55de votre parcours
38:56parce que vous avez
38:56eu des affaires
38:57ça s'est bien passé
38:58il y a eu le Covid
39:00il y a eu les Géolimpiques
39:01du jour au lendemain
39:02tout ce que vous montiez
39:03s'est effondré
39:04et vous êtes quand même reparti
39:07oui
39:07c'est un scénario
39:10le loup-chien
39:10c'est la vie
39:11c'est des hauts et des bas
39:12c'est des tempêtes
39:14c'est des accalmies
39:17tout ça est extrêmement
39:19extrêmement banal
39:23il faut avoir la force
39:24peut-être que
39:25peut-être que mes handicaps
39:27de départ
39:28et les failles de départ
39:30m'ont donné cette force
39:31justement de pouvoir
39:32cette fameuse résilience
39:33ce concept
39:34dont on entend souvent parler
39:36de se dire
39:36de vouloir se dire
39:37en plus
39:38en plus en vérité
39:39j'avais quand même pas le choix
39:39parce que
39:40quand vous avez
39:40vous avez un groupe
39:41avec 1000 salariés
39:43des dizaines de millions d'euros
39:44de crédit
39:45que vos banques
39:46vous êtes embarqués
39:47vous ne pouvez pas
39:48c'est comme en escalade
39:49comme en alpinisme
39:50à un moment donné
39:51vous êtes au milieu
39:51vous ne pouvez pas partir
39:52ni à gauche
39:52ni à droite
39:53ni redescendre
39:53il faut aller en haut
39:55vous n'avez pas le choix
39:56donc
39:57c'est un peu
39:58ce qui m'est arrivé
39:58vous avez monté
40:00des entreprises
40:00elles ont allé au sommet
40:02puis il y a eu le Covid
40:03et autre chose
40:03et il a fallu affronter
40:05des moments
40:05que vous n'imaginiez pas
40:07Benjamin Patou
40:08déjà la vie
40:09a beaucoup plus d'imagination
40:10que nous
40:11en général
40:13et c'est très bien comme ça
40:15on n'imagine jamais
40:16en réalité
40:16et surtout pas
40:17quand on a 15-16 ans
40:19et quand on a la vie
40:20de Vançoise
40:21qu'est-ce que cette vie
40:22va nous réserver
40:25et ce que vous décrivez là
40:27c'est tout simplement
40:27le concept de l'entrepreneuriat
40:29n'importe quel entrepreneur
40:31c'est d'ailleurs
40:32pour ça qu'on reconnaît
40:33les entrepreneurs
40:35versus les autres personnes
40:36les salariés
40:37puis on peut les catégoriser
40:39en deux catégories
40:39c'est que l'entrepreneur
40:41accepte et endure
40:43et a la résistance
40:44de tenir
40:45ce que 99%
40:47des gens normalement
40:47constitués
40:48ne pourraient pas supporter
40:49c'est à ça
40:50qu'on reconnaît un entrepreneur
40:51c'est rarement
40:52les gens les plus talentueux
40:53les plus intelligents
40:53les plus brillants
40:55c'est juste
40:55les gens qui sont
40:57les plus courageux
40:59les plus téméraires
41:00les plus opiniâtres
41:01les plus persévérants
41:03c'est ça un entrepreneur
41:04et c'est vrai
41:04dans n'importe quel secteur
41:05vous étiez nul en maths
41:07à l'école
41:07mais là vous avez dû
41:08apprendre à compter
41:09et bien écoutez
41:10oui
41:10c'est vrai que
41:12ça c'est mon côté
41:12je pense arménien
41:14et c'est mon côté
41:16c'est vrai que
41:17j'ai jamais
41:18jamais fait d'études
41:19de finances
41:19de comptabilité
41:21mais je pense
41:23que c'est pas là
41:23où je suis le plus maladroit
41:24en effet
41:24il se trouve en plus
41:25donc vous racontez
41:26dans ce livre
41:26que vous avez donc
41:27monté des boîtes de nuit
41:28des restaurants
41:28et qu'il s'est passé
41:30des tas de choses
41:30à la fois
41:31des incendies
41:32le Covid
41:33à chaque fois
41:34vous avez eu
41:35un problème
41:36que vous n'imaginiez pas
41:37et oui
41:38et oui
41:39ça s'appelle la vie
41:40l'exemple
41:40l'arc
41:41qui est un lieu
41:42de nuit
41:43de l'étoile
41:43qui était célèbre
41:44à côté de l'arc de triomphe
41:45une boîte de nuit
41:47fréquentée par les stars
41:47on la voyait dans les journaux
41:48qu'on n'appelait pas encore people
41:49du jour au lendemain
41:51le lieu a flambé
41:53oui ça c'est incroyable
41:54parce que j'avais acheté
41:55cet endroit
41:55j'avais fait
41:56all-in
41:57comme on dit au poker
41:57j'avais vraiment mis
41:58m'étant endetté
42:00de partout
42:00et bien au-delà
42:01du raisonnable
42:02j'avais acheté ça en juin
42:04et puis j'avais pris
42:05les clés en 1er janvier
42:06et un mois et demi après
42:08en cadeau de bienvenue
42:10on a subi
42:10cet incendie criminel
42:11du jour au lendemain
42:12j'ai dû me mettre
42:13sous protection des tribunals
42:14mettre en plan de sauvegarde
42:17ça a été
42:17j'avais 33 ans
42:18je crois
42:1934 ans
42:19j'étais quand même très jeune
42:22et ça a été un premier
42:24ça a été un premier coup de pelle
42:25très très violent
42:26dans la tête
42:27avec un miracle quand même
42:28c'est-à-dire que
42:29l'assurance a payé
42:30et vous avez eu
42:31des sueurs froides
42:32c'est incroyable
42:34le matin même
42:34le jour de l'incendie
42:35à 8h30 du matin
42:37j'appelle mon directeur financier
42:38je dis
42:39Hichem
42:40est-ce qu'on a assuré
42:41rassurez-moi
42:42est-ce que tout est en règle
42:43et tout
42:44c'est la première question
42:45que j'ai posée
42:46et là il me dit
42:47Benjamin vous n'allez pas me croire
42:48on n'a jamais reçu
42:49le contrat de l'assurance
42:50c'est pas possible
42:51là franchement
42:52le monde s'est écroulé
42:53une deuxième fois
42:54j'ai vraiment
42:55senti mes jambes se dérober
42:57je suis retourné au bureau
42:58et à 11h
42:59il y a le postier qui arrive
43:00avec la levée du courrier
43:02et dans le courrier
43:03le contrat de l'assurance signé
43:04arrivait à 11h
43:052-3h après l'incendie
43:06incroyable
43:07incroyable
43:07c'est vraiment
43:08il y avait 40 témoins
43:10je l'aurais mis dans un film
43:11on aurait dit
43:12il en fait trop là
43:13franchement c'est exagéré
43:14c'est totalement la vérité
43:15et puis vous avez surnagé
43:17dans un monde des affaires
43:18qui n'est pas si loin
43:19de Dallas quelquefois
43:20oui bien sûr
43:22c'est la grande comédie
43:25du business
43:26du capitalisme
43:27j'ai eu la chance
43:27j'ai pas d'autre mot
43:28de fréquenter
43:29des gens extraordinaires
43:32par leur parcours
43:34qui est
43:35donc
43:36j'ai eu des actionnaires
43:38très puissants
43:39très fantasiques
43:39donc je me suis
43:40j'ai fait partie
43:41à un moment donné
43:42de leur écosystème
43:44et ça
43:44ça a été
43:45absolument merveilleux
43:46et c'est vrai que
43:48c'est un monde particulier
43:50mais comme
43:51comme le monde des médias
43:52le monde du cinéma
43:53le monde de la mode
43:54enfin
43:54le monde de la littérature
43:55tous les mondes
43:58ont leur code
43:59ont leur dureté
44:00ont leur
44:01leur violence aussi
44:02leur brutalité
44:04je pense que
44:04c'est pas inhérent
44:05qu'au monde des affaires
44:05là vous évoquez
44:07notamment le groupe Barrière
44:08je sais pas si vous savez
44:08comment le groupe Barrière
44:10est né
44:10François André
44:11était seul
44:11je connais par coeur
44:12toute l'histoire
44:12vous connaissez l'histoire
44:13de François André
44:13je connais par coeur
44:14parce que
44:15Dominique Deseigne
44:16elle m'avait offert
44:16à l'époque
44:16le livre
44:17qui s'appelait
44:17L'oncle
44:19sur justement
44:19François André
44:20l'oncle du cinéma
44:21barrière
44:21et j'ai été
44:22complètement captivé
44:23par cette histoire
44:24qui est une histoire
44:25extraordinaire
44:26moi j'adore
44:26le groupe Barrière
44:27c'est des gens
44:28dont je suis resté
44:28très proche
44:28j'aime énormément
44:29Alexandre
44:32et puis
44:32une grande partie
44:33des équipes
44:34donc je connais
44:35très très bien
44:35l'histoire
44:36du groupe Barrière
44:36en fait
44:37pour celles
44:37et ceux
44:37qui ne le savent pas
44:38en 1918
44:39il revient de la guerre
44:40il va à la boule
44:41porter la médaille
44:42d'un soldat disparu
44:43il voit un terrain
44:44qui est à vendre
44:45à la pièce
44:45on jette des pièces
44:46comme ça
44:47et c'est comme ça
44:48qu'il a commencé la boule
44:48et qu'il a acheté la boule
44:49c'est presque ça
44:50le petit détail
44:51cette fois-ci
44:52c'est moi qui vous
44:52apprends quelque chose
44:53c'était un camarade
44:54de tranchée
44:54de France-Angers
44:55qui a dit
44:56dès qu'on sort
44:58je vais t'emmener
44:58on va pouvoir acheter
44:59des terrains
45:00à ce moment-là
45:00et en fait
45:01il s'est pris un obus
45:02il est mort
45:02et pour rendre hommage
45:03à son meilleur copain
45:06de tranchée
45:07il s'est dit
45:08de toute façon
45:08il n'y avait rien de mieux
45:09à faire
45:09il s'est dit
45:09je vais aller faire
45:11ce qu'il aurait voulu
45:12qu'on fasse tous les deux
45:13c'est comme ça
45:13qu'il a créé un empire
45:16et vous avez
45:17effectivement
45:19eu des difficultés
45:20mais il y a
45:21une femme
45:22qui vous a aidé
45:22tout dans votre parcours
45:23et on peut l'évoquer
45:24à travers une chanson
45:33cette chanson de Jonathan
45:34a une particularité
45:36il l'a chantée
45:37lors de la première émission
45:38de télévision
45:38en couleur de TF1
45:41ben voilà
45:41vous me la prenez
45:42et elle a une autre particularité
45:44à chaque fois que je l'écoute
45:45j'ai
45:45la chair de poule
45:47et j'ai les larmes
45:48qui montent aux yeux
45:48vous voyez
45:48parce que justement
45:49cette chanson
45:50me prend au coeur
45:52et systématiquement
45:53vous pourriez aussi chanter
45:54dans les yeux d'Emilie
45:55parce que
45:56c'est plus vestif
45:58voilà
45:58c'est moins émouvant
45:59et c'est vrai que
46:00Emilie est la femme
46:02de votre vie
46:02et ça a été vraiment
46:04un parcours du combattant
46:05pour la séduire
46:05et je pense que sans elle
46:06vous ne seriez peut-être pas là
46:07aujourd'hui
46:08c'est absolument certain
46:11ça a été un parcours
46:12du combattant
46:12parce que
46:13Emilie était
46:14une
46:16toujours
46:16une enfant
46:18une femme
46:20une jeune
46:21qui avait tout pour elle
46:24et qui normalement
46:25elle aurait dû avoir tout pour elle
46:26et rien pour moi
46:26et
46:28en fait
46:29par miracle
46:32le dieu de
46:33le dieu de
46:35Cupidon
46:35s'est penché
46:36sur
46:37notre berceau
46:38et
46:38elle a fait
46:39qu'elle a été séduite
46:41par moi
46:42qui n'avait au départ
46:43aucune garantie
46:44et qui n'apportait
46:45absolument aucune
46:46qui n'apportait
46:47je pense
46:48qui ne cochait absolument
46:48aucune case
46:49de ce qu'elle pouvait attendre
46:51et donc
46:51pour moi
46:52c'est mon petit miracle
46:53dans ma vie
46:54c'est que
46:55quelqu'un comme Emilie
46:56se soit intéressé à moi
46:57et effectivement
46:58on dit que les grands hommes
46:59ne sont rien sans les femmes
47:00vous en êtes une preuve vivante
47:02et puis il y a aujourd'hui
47:03un restaurant mythique
47:04qui est un peu
47:05votre parcours du combattant
47:07d'aujourd'hui
47:07beaucoup plus calme
47:08c'est La Pérouse
47:08La Pérouse
47:09moi je me souviens
47:10avoir fait des chroniques
47:11dans les années 80
47:11où on était en train de murer
47:13les chemins
47:14qui menaient au Sénat
47:15car en 1900
47:16les sénateurs
47:17venaient par ces chemins
47:18voir des jeunes femmes
47:19dans les salons de La Pérouse
47:21exactement
47:22et en fait
47:23la vérité historique
47:24c'est que
47:25c'est
47:26ce tunnel
47:27il n'allait pas au Sénat
47:28il sortait au couvent
47:29des Grands Augustins
47:30donc à 200 mètres de là
47:31et c'est de là
47:33que les sénateurs
47:34passaient
47:35par le couvent
47:36des Grands Augustins
47:36c'est bien raccourci
47:37et là aujourd'hui
47:38vous avez des restaurants
47:39et vous êtes
47:40beaucoup plus tranquille
47:41que lorsque vous aviez
47:421000 employés à gérer
47:43Benjamin Patou
47:44oui mais j'ai vendu
47:45mon groupe
47:46mon mag
47:46que j'avais créé
47:47il y a un an
47:48et dans le cadre
47:49de la vente
47:50j'avais posé
47:51comme condition
47:53de repartir
47:53d'être payé
47:54avec deux restaurants
47:57notamment
47:58qui étaient pour moi
47:59mes restaurants de cœur
48:00et mes restaurants
48:01que j'ai trouvé
48:02les plus beaux
48:04les plus passionnants
48:04les plus intéressants
48:05et même les plus prometteurs
48:06pour l'avenir
48:07pour rebâtir
48:08une stratégie
48:09autour de ça
48:11donc c'est le restaurant
48:12La Pérouse
48:12et le restaurant La Fayette
48:14et on a eu la chance
48:16il y a quelques mois
48:17après
48:18de pouvoir avoir
48:18l'opportunité
48:19de racheter
48:20une autre icône parisienne
48:21qui est le restaurant Prunier
48:23Avenue Victor Hugo
48:24restaurant sublime
48:25classé au Monument Historique
48:27plus vieux restaurant
48:27de caviar au monde
48:28qui appartenait à
48:29Pierre Berger
48:29et Yves Saint Laurent
48:30que vous avez certainement
48:31dû bien connaître
48:33et donc aujourd'hui
48:34il y a un petit groupe
48:36de trois restaurants
48:36qui sont trois pépites
48:37qui fonctionnent
48:38très bien
48:39je dois dire
48:41et réunis
48:42sous la bannière
48:43La Pérouse Holding
48:44et nous sommes en train
48:45de nous positionner
48:46pour racheter
48:47d'autres petites pépites
48:48parisiennes
48:49et on va annoncer ça
48:50bientôt dans quelques semaines
48:51Il se trouve que
48:52vous racontez
48:53tout votre parcours
48:54dans ce livre itinéraire
48:55dans l'enfant raté
48:56est-ce que vous imaginiez
48:58vivre tant de haut
48:59et tant de bas
49:00et continuer aujourd'hui
49:01à avoir des nouvelles aventures
49:03car c'est ce qui vous fait vivre ?
49:05Tout le sujet du livre
49:07et tout le sujet de ma vie
49:08est là
49:09ce que je trouve fascinant
49:10et je suis encore émerveillé
49:11comme un enfant
49:12avec une capacité
49:14d'émerveillement
49:16intacte
49:16avec
49:17je ne suis pas du tout blasé
49:18en réalité
49:19c'est vrai que
49:20je suis toujours surpris
49:23à quel point
49:26je ne pouvais pas imaginer
49:27une seule seconde
49:28que j'allais avoir la chance
49:29de vivre tout ça
49:30et de ressentir
49:31toutes ces émotions
49:31et de faire ce petit parcours
49:33qui une fois de plus
49:33c'est un parcours
49:35honnêtement
49:37modeste
49:37je ne suis pas Elon Musk
49:39je ne suis pas Xavier Niel
49:42je reste un petit entrepreneur
49:43comme il en existe
49:44des milliers
49:46donc je n'ai aucune arrogance
49:48ni aucune fierté particulière
49:53mais malgré tout
49:54c'est toutes ces rencontres
49:55que j'ai faites
49:56tous ces gens
49:57qui peuplaient mes rêves
49:58qui font partie
49:59de ma construction intime
50:00que j'ai réussi
50:01à les intégrer
50:02dans ma vie
50:03à les rencontrer
50:04à les côtoyer
50:04et tout ça
50:05vient de s'imbriquer
50:06comme dans un film
50:07de Claude Lou justement
50:08comme dans un film choral
50:10ça c'est quelque chose
50:11qui aujourd'hui
50:12continue à m'émerveiller
50:13au quotidien
50:14je suis certain
50:15que les lectrices
50:16et les lecteurs
50:16de l'itinéraire
50:17de l'enfant raté
50:18chez Fayard
50:19seront effectivement
50:20émerveillés comme vous
50:21par ce parcours
50:22qui est une leçon d'espoir
50:24dans le monde d'aujourd'hui
50:25et je crois
50:25qu'on en a bien besoin
50:26Benjamin Patou
50:27c'est très très gentil
50:28de dire ça
50:28quand Claude Lelouch
50:29a lu le livre
50:30il m'a appelé
50:30et c'est mon premier lecteur
50:32il m'a dit
50:32bon il me dit
50:33t'as pris tous les risques
50:35c'est un livre
50:35qui ressemble à rien
50:38tu parles de tout
50:39tu parles pas vrai
50:40c'est pas vraiment
50:41c'est un peu inclassable
50:42il m'a dit
50:44beaucoup aimé
50:45j'ai adoré
50:46parce que c'est une leçon de vie
50:47et je lui ai répondu
50:49pour conclure
50:50Claude
50:50c'est une leçon de vie
50:52mais ce livre
50:52c'est modestement
50:55ton héritage
50:56c'est toi qui m'as
50:58en effet
50:59c'est ton leg
51:00c'est ça
51:01une leçon de vie
51:02que celles et ceux
51:02qui nous écoutent
51:03vont se faire un devoir de lire
51:05merci Benjamin Patou
51:06merci de m'avoir invité
51:07l'église d'une vie
51:08c'est terminé pour aujourd'hui
51:09on se retrouve bientôt
51:10restez fidèles
51:11à l'écoute de Sud Radio
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