00:00On va revenir maintenant à ce qui intéresse les Français au quotidien, c'est-à-dire le prix des carburants.
00:05Ils continuent de monter. Sébastien Lecornu, le Premier ministre, faisait un point sur la situation il y a quelques minutes.
00:12La première des choses, il fallait jouer sur les stocks stratégiques. On l'a fait.
00:15La deuxième des choses, il fallait réaugmenter nos capacités à raffiner. On l'a fait.
00:20La troisième des choses, il fallait s'assurer qu'il n'y ait pas un effet d'aubaine sur les
00:24marges de distributeurs. On l'a fait.
00:26La quatrième des choses, il fallait s'assurer que les personnes les plus fragiles puissent accéder rapidement à leur chèque
00:32énergie.
00:32Les anciens tarifs sociaux, comme on disait jadis, on l'a fait.
00:36Et ensuite, cinquième point, vous avez évidemment un enjeu que vous avez rappelé dans votre question, qui est l'activité.
00:41Les pêcheurs, les agriculteurs, les transporteurs, pour ne citer que cela.
00:44Et donc au fond, ce qu'on essaie de faire, ce n'est pas comme d'habitude.
00:47Je l'assume. J'assume de ne pas ouvrir les vannes de milliards d'euros qui tomberaient comme ça de
00:53manière complètement indiscriminée.
00:54– Donc pas d'ouverture des vannes, des nouvelles aides ciblées en début de semaine prochaine.
01:00On va y venir dans un instant avec vous, bien sûr, Galitane Mélin, avec nos invités.
01:03Mais on va déjà voir comment les Français font à la pompe.
01:07On va retrouver Nicolas Dumas, qui est dans une station-service dans les Hauts-de-Seine,
01:11du côté de Clamart, voir si les Français se dépêchent de faire le plein de manière préventive,
01:16avant que ça monte encore ou pas.
01:17– Eh bien, ça dépend des endroits.
01:22Ici, dans cette station-esso, le gazole est à 2,25 euros,
01:26soit un petit peu plus cher que dans les stations totales.
01:30Par exemple, pour un plein de 50 litres, ça fait un surcoût d'environ 8 euros.
01:35Donc il faut dire que les Français font attention, les automobilistes font attention.
01:38Mais dans la zone autour de Clamart, à 3 kilomètres, il y a une station Total Énergie
01:44où les prix sont plafonnés à 2,99 euros pour le gazole.
01:49Mais quand on y est passé devant tout à l'heure, une des deux stations était déjà à sec
01:54par rapport à une rupture d'approvisionnement sur le gazole,
01:58mais aussi l'essence qui est dans cette station à 1,99 euros.
02:02Ici, ESO s'est aligné sur Total avec un prix du 100 ponts 95 à 1,99 euros.
02:10L'opération de plafonnement de prix qui est présente chez Total Énergie,
02:14elle prend fin à la fin du week-end, le mardi 7 avril prochain.
02:19Nicolas Dumas avec Annaëlle Le Teneu du côté de Clamart.
02:22Gaëtan Mélin, revenons sur l'intervention de Sébastien Lecornu.
02:26Il assume de ne pas distribuer des milliards.
02:28De toute façon, on les a plus ces milliards, on l'a bien compris.
02:30Ce sont des aides ciblées, déjà pour les marins-pêcheurs, les agriculteurs, les transporteurs,
02:35même si toutes ces professions ne sont pas satisfaites de ces aides.
02:38Et puis d'autres aides qui vont arriver, mais pas avant lundi, si je comprends bien,
02:41après le week-end de Pâques.
02:42Ce que le Premier ministre a expliqué, c'est qu'effectivement,
02:45il s'est attaché à venir en aide au secteur les plus en difficulté.
02:49Vous l'avez dit, la pêche, l'agriculture, le transport routier,
02:53en ciblant des aides pour le seul mois d'avril.
02:56Et des aides qui sont reconductibles, si bien évidemment, le conflit s'enlise.
03:01Il a identifié d'autres professions, notamment, on pense à toutes ces professions libérales,
03:07qui utilisent leur voiture pour aller travailler, les infirmières, les artisans,
03:13les personnes qui travaillent dans le BTP, qui sont obligées de transporter des matériaux.
03:17Forcément, tout ceci a un coût supplémentaire.
03:20Il y a eu une réunion, d'ailleurs, à Bercy, tout à l'heure, entre les transporteurs et les chargeurs,
03:24et les donneurs d'ordre, de manière à ce que les transporteurs puissent,
03:28dès à présent, répercuter ce surcoût aux donneurs d'ordre.
03:32Ce qui permet, en fait, que chacun prenne sa part de responsabilité, finalement, dans ce conflit.
03:39La semaine prochaine, ce sont des aides qui concernent le plan d'électrification du gouvernement.
03:45On en a beaucoup parlé sur ce plateau.
03:47Il faut le rappeler, aujourd'hui, pour le Premier ministre, la solution, c'est tout simplement d'accélérer,
03:53notamment pour l'infirmière libérale, lui permettre d'avoir une voiture électrique.
03:58Elle ne va pas changer de voiture d'ici à Bercy.
04:00Eh bien sûr, bien évidemment que si.
04:01Souvenez-vous, le leasing social, on a vendu 50 000 voitures en l'espace de quelques jours.
04:05Donc là, il va se tourner vraisemblablement vers les constructeurs automobiles,
04:10essayer de monter un dispositif pour venir en aide,
04:14et surtout les inciter à se tourner vers l'électrique.
04:18On va étudier la situation.
04:20L'objectif, encore une fois, c'est de ne pas faire n'importe quoi.
04:24Parce que, encore une fois, même si beaucoup demandent des aides...
04:26Il gagne du temps, ben oui.
04:28Il donne toujours rendez-vous plus tard.
04:29Alors justement, regardez les industriels aujourd'hui.
04:34Les industriels qui demandent à Bercy de rouvrir les négociations avec les distributeurs.
04:38Vous vous souvenez du pic inflationniste, l'alimentation,
04:40tout ce qu'on a pu connaître entre 2022 et 2023.
04:43Eh bien là aussi, le gouvernement gagne du temps, ne rouvre pas les négociations,
04:47parce que si les industriels et les distributeurs se retrouvent,
04:49les industriels vont exiger des augmentations de prix.
04:52Et au final, qui paiera ? Eh bien, c'est le consommateur.
04:55– Alexandre Jardin, bonsoir, merci d'être là.
04:58Avez aux côtés un chef d'entreprise, secrétaire national à la CPME,
05:02les Petits et les Moyennes entreprises, bonsoir Gaëtan de Sainte-Marie.
05:05Mais Alexandre, vous qui avez écrit « Les gueux »,
05:07là, les gueux, ils souffrent en ce moment.
05:08Est-ce que les réponses du gouvernement vous paraissent satisfaisantes ?
05:12– Vous connaissez vous-même la réponse.
05:15C'est-à-dire que dans la réalité,
05:18personne n'imagine que le mois prochain,
05:20le Moyen-Orient va être réparé, que le pétrole va revenir.
05:24Mais quand je dis personne, il faut être totalement cinglé pour l'imaginer.
05:28Donc, ou bien on fait collectivement des choix, mais sans s'engueuler.
05:33On fait des choix pour donner une visibilité sur un an.
05:38Et là, on doit faire des vrais choix.
05:40Parce qu'à un moment, vous avez dit « mais on n'a plus d'argent ».
05:43Ça dépend.
05:45– C'est ce que dit le gouvernement.
05:47– Oui, oui.
05:47– C'est le message martelé depuis quelques jours.
05:51– Martelé, martelé.
05:51La vraie vérité, c'est que…
05:54– Le rapport de la Cour des comptes, j'ai été regarder récemment,
05:59indique que c'est 9 milliards de soutien aux éoliennes.
06:049 milliards.
06:05Est-ce que dans ce contexte, on ne peut pas récupérer cet argent ?
06:09Quand on regarde dans le détail de la PPE 3 du décret,
06:13c'est à peu près 10 milliards sur la construction des raccordements.
06:17Ça fait 19 milliards.
06:20Si… et je vais arrêter de gratter.
06:23On est sur d'autres masques, des 80 millions éventuellement peut-être conductibles, truc.
06:28À un moment, ils ont des entreprises, ils ont besoin de sérénité,
06:33ils ont besoin de plans sur un an ou six mois minimum.
06:37– Voilà, là on gère à la petite semaine, enfin…
06:39– C'est à la petite semaine, oui.
06:40– Et on rafistole avec 3 francis sous.
06:43– En même temps, on dit on va électrifier le pays,
06:45donc ça c'est plutôt une planification pour permettre aux gens d'arrêter de rouler
06:50avec du gasoil et de passer électrique.
06:52– Donc électrifier, dans la vraie réalité, ce qui électrifie le pays,
06:56c'est la baisse du prix de l'électricité.
06:58Or la PPE a une trajectoire d'augmentation du prix de l'électricité.
07:02Si vous voulez électrifier, si vous avez une chaudière à gasoil,
07:06vous n'allez passer à l'électricité que si le prix de l'électricité baisse,
07:09c'est aussi con que ça.
07:11Donc, au-delà des déclarations politiques,
07:14le comportement des gens va dépendre du prix.
07:16Oui, c'est évident ce que je dis.
07:19Donc, il faut arrêter la partie soutien aux éoliennes,
07:25réaffecter cet argent aux Français, aux classes populaires,
07:29et surtout, il vaut mieux le faire avant que ça dérape.
07:34Parce que dans la vraie réalité,
07:36est-ce que vous pensez que les gens peuvent vivre avec ça ?
07:38– Ben justement.
07:39– Ben non, ils ne peuvent pas.
07:40Mais c'est un secret de polychinelle.
07:43– Avant que la colère explose.
07:45– Ben oui.
07:45Donc, est-ce qu'on le fait dans l'ordre,
07:49de manière sereine,
07:51comme un pays d'adultes,
07:53qui est capable encore de faire des choix
07:55et de sécuriser les gens sur six mois, un an ?
07:59Est-ce qu'on aborde cette espèce d'énorme chambardement
08:04qui est affolant ?
08:05Donc, est-ce qu'on leur donne une vraie sérénité ?
08:09Ou est-ce qu'on continue à la petite semaine ?
08:11Je voyais la malheureuse, qui est ministre de l'Agriculture,
08:15qui disait, oui, mais n'allez pas croire
08:17qu'on va quand même faire des trucs pour les prochains mois.
08:21Mais enfin, ce sont des gens sérieux qui ont des exploitations.
08:23– On parle, là, on parle, et puis on vient d'apprendre ce chiffre,
08:2514% des stations-services sont en pénurie.
08:28– Non, on parle en pénurie.
08:29– En défaut de réapprovisionnement.
08:30– En défaut de réapprovisionnement, en tout cas.
08:31– Non, mais c'est important.
08:32La pénurie, c'est qu'on aurait des problèmes d'approvisionnement
08:34au niveau mondial.
08:35En l'occurrence, on a aujourd'hui suffisamment…
08:38– 14% des stations-services qui sont à sec.
08:41– Mais ça veut dire qu'elles vont être réapprovisionnées.
08:44– Donc, c'était 10% il y a quelques jours,
08:46disait Maud Bréjon.
08:47Donc, ça augmente.
08:47Ça, c'est inquiétant, quand même, à la veille du week-end de Pâques ?
08:50– C'est sûr.
08:51– L'essence est inquiétante, l'énergie est inquiétante,
08:54mais ce qui est inquiétant aussi, c'est la contagion
08:55qu'on est en train de commencer à avoir
08:57dans le reste des secteurs d'activité.
09:00Parce que finalement, on voit les coûts qui augmentent.
09:01Il y a des chiffres à vous donner.
09:03– Ça ne peut pas être répercité.
09:04– On voit les problèmes d'approvisionnement.
09:05J'ai des exemples que je peux vous donner, si vous voulez.
09:07– Desquels, par exemple ?
09:07Prenez des exemples complètes.
09:08– Vendredi, j'étais dans le Jura
09:10chez un distributeur de matériel agricole
09:13à qui, dans une de mes activités,
09:15on lui a passé une commande il y a deux mois.
09:18Et j'allais le voir pour faire le point sur la livraison.
09:20Et il me disait, j'ai un problème,
09:22c'est que les machines que j'attends,
09:24j'attends des pièces,
09:25parce qu'après, les machines, ils les aménagent.
09:27Et en fait, aujourd'hui, mes livreurs, ils me disent,
09:29ben non, ça me coûte trop cher de venir te voir.
09:31C'est au fin fond du Jura.
09:32Ça me coûte trop cher de venir te voir.
09:33Donc, j'aimerais te voir quand j'aurai plus de pièces à te livrer.
09:36Donc, du coup, ça veut dire qu'il ne peut pas être livré.
09:39Donc, les aménagements qu'il doit faire sur ma machine,
09:41ils ne vont pas être faits.
09:42Sauf que moi, ma machine, j'en ai besoin pour travailler la terre.
09:45Et la terre, elle, elle n'attend pas un mois ou deux.
09:49À un moment, il faut le faire.
09:50Et donc, c'est un exemple parmi d'autres.
09:53Donc, on va voir très vite les conséquences sur l'économie.
09:55On est en train de se gripper à plein d'endroits différents.
09:57Et puis, il y a un autre sujet que moi, je vois dans mes entreprises aussi.
10:02C'est le sujet du pouvoir d'achat.
10:04J'ai une collaboratrice qui me disait lundi après-midi,
10:07vous vous rendez compte, pour venir bosser maintenant,
10:09j'étais en train de me dire, il va falloir que j'aille trouver un deuxième boulot.
10:12– C'est ça, la vérité inadmissible.
10:14Et en fait, qu'est-ce qu'on dit, nous, à la CPME ?
10:16C'est qu'il faut que le travail apporte plus.
10:20– Qu'est-ce que vous proposez, alors ?
10:22– Il faut qu'on baisse les cotisations sociales, il n'y a pas d'autre…
10:24– Là, maintenant ?
10:25– Oui, maintenant.
10:25– Il faut compenser tout ça ?
10:27– Oui, bien sûr.
10:29On voit bien dans nos entreprises, quand on est dans des crises,
10:31quand c'est difficile, c'est souvent le moment de prendre les décisions difficiles,
10:35de pivoter, comme on dit parfois.
10:38Et c'est à ce moment-là qu'il faut le faire.
10:39Donc, je pense que le sujet du pouvoir d'achat et du coût du travail,
10:43et de faire en sorte que le travail rapporte plus, c'est un sujet pour aujourd'hui.
10:46– Oui, mais là, le français, il encaisse, le français, finalement,
10:48depuis la guerre en Ukraine, où il y a eu les flambées déjà de l'énergie,
10:52il y avait des chèques énergie.
10:53– Non, mais là, il ne peut pas.
10:53– Ça recommence, finalement.
10:55On encaisse, il n'y a pas de révolte dégueu, Alexandre Jordan.
10:59– Alors, il serait assez intelligent que le gouvernement
11:03ne rajoute pas en plus le retour des ZFE.
11:07Parce que l'idée de virer en plus les pauvres des villes,
11:10si vraiment vous voulez foutre le feu, il faut y aller.
11:14C'est-à-dire qu'il faut, sujet par sujet, révolter les gens.
11:16À un moment, il faut arrêter.
11:18Il faut absolument arrêter de faire la guerre aux Français.
11:21Et donc, cette histoire de retour des ZFE,
11:24ça, c'est le pompon dans ce contexte-là.
11:27– Ce n'est pas encore devant de la scène.
11:30– Non, mais doucement, on voit bien que le gouvernement
11:32est en train d'acheter des députés LR,
11:34comme par exemple celui qui portait,
11:37qui était un des deux à la tête de la commission
11:39qui a fait passer le texte,
11:42Yann Boucard, qu'ils ont retourné.
11:45Celui qui s'est battu pour la brogation.
11:47Ils l'ont retourné.
11:50Donc, progressivement, on sent qu'ils essayent
11:52de faire passer, mais il faut foutre la paix aux gens.
11:56Je veux dire, foutre la paix et arrêter
11:58ces mécanismes de contagion.
12:00– Sauf que ce qui nous arrive,
12:03autant pour les gilets jaunes,
12:04il y avait une responsabilité du gouvernement,
12:06parce que c'était des mesures gouvernementales,
12:07autant là, on subit la guerre qu'on n'a pas voulue,
12:10qu'on ne soutient pas, la guerre aux Français.
12:12– Le choix de foutre 19 milliards vers les éoliennes,
12:16c'est un choix politique.
12:17Et qui n'est pas voté par l'Assemblée nationale.
12:20C'est-à-dire que tout ça est passé par décret.
12:21Je vous rappelle qu'on est sortis de la démocratie.
12:24C'est passé par décret.
12:26Ça n'a jamais été voté par l'Assemblée.
12:28– En attendant, il y a le patron de Super U,
12:31du groupement, de M. Dominique Schellcher,
12:34qui ce matin évoquait la situation,
12:37la situation d'approvisionnement en essence,
12:39des guerres optimistes.
12:41– Ce qui me concerne directement, c'est le pétrole,
12:45le prix du baril et la disponibilité produit.
12:48Je situe un peu à six semaines,
12:50depuis le début, le point de tournant.
12:54Donc là, on est à peu près à plus de quatre semaines,
12:56il reste deux semaines.
12:57Ça va être de plus en plus difficile,
12:59à la fois sur le prix, si ça dure,
13:01et à la fois peut-être demain sur la disponibilité.
13:04Il n'y a pas de problème du tout de disponibilité aujourd'hui.
13:06– Mais dans deux semaines, il pourrait y en avoir ?
13:08– Au-delà de deux semaines, il y aura des impacts
13:11si la disponibilité et la circulation des pétroliers, etc.,
13:16ne s'améliorent pas.
13:17Ça, c'est sûr.
13:18– Etan Mellor ?
13:18– Alors, deux choses.
13:19La première chose, c'est qu'en termes d'approvisionnement,
13:22on ne dépend pas du tout du Moyen-Orient.
13:24On n'importe qu'environ 11% du Moyen-Orient.
13:26Mais le fait est que les pays asiatiques aujourd'hui,
13:29qui importent exclusivement leurs produits pétroliers
13:33du Moyen-Orient, vont être en grande dépendance.
13:36Donc, il va y avoir une surenchère
13:37pour acheter le pétrole des pays qui nous fournissent.
13:42Donc, oui, potentiellement, à long terme, je dirais,
13:45ça va être une guerre de prix.
13:46Et peut-être qu'effectivement,
13:48le problème d'approvisionnement se posera.
13:50Mais en tout cas, franchement,
13:52on peut rassurer nos téléspectateurs ce soir.
13:54Ce n'est vraiment pas aujourd'hui à l'ordre du jour.
13:57Non, le vrai problème, il est effectivement
13:59sur la volatilité des marchés.
14:01On le voit bien.
14:01Le prix du baril de pétrole ne fait que progresser
14:04au rythme des déclarations de Donald Trump,
14:07passant de 115 dollars à 99 dollars
14:10en fonction de ce qu'il dit.
14:12Donc, la menace, elle est là.
14:13Mais le litre à 3 euros, c'est inenvisageable.
14:15Ça dépend.
14:16Il y a des endroits où on est à 2,50.
14:19Mais Alain, je suis incapable de vous le dire.
14:21Si, effectivement, dans une semaine,
14:23on a un baril de pétrole qui vaut 300 dollars,
14:25ou si dans une frappe, il y a des raffineries encore
14:27qui sont touchés.
14:27Et si le conflit dure pendant des mois et des mois,
14:30et que tout ceci ne fait que s'enliser ?
14:32Mais attention, ayez bien aussi une chose en tête,
14:35c'est que la consommation, elle commence aussi à diminuer.
14:38La consommation de la part des entreprises,
14:40mais également des automobilistes.
14:42Parce qu'on a, contrairement à ce que certains veulent dire,
14:45on a aussi des Français qui sont résilients.
14:48Ils ont bien en tête tout ce qui s'est passé
14:51entre 2022 et 2023.
14:53Ils ont compris aussi que toutes les aides
14:56qu'ils ont obtenues à cette époque,
14:57ils ne les auraient pas.
14:58Et donc, forcément, on va revenir sur un principe très clair,
15:02c'est les arbitrages.
15:03Oui, oui.
15:04D'où là les aides civiles qui étaient en Sainte-Marie.
15:06Oui, mais ça ne suffira pas.
15:07Sur les aides ciblées ?
15:09Oui.
15:09Disons que c'est...
15:12On a fait un premier pas,
15:13mais on est loin de la solution.
15:16On sait bien qu'aujourd'hui, dans le pays,
15:18on n'a plus de l'argent.
15:19Donc, effectivement, on comprend très bien
15:21que le gouvernement n'arrose pas toutes les limites.
15:24Et ce n'est pas du tout ce qu'on demande à la CPME.
15:25En revanche, effectivement, aujourd'hui,
15:27il y a des secteurs qui sont touchés directement,
15:30et on en a parlé, le transport, les taxis,
15:32la santé à domicile, etc.
15:33L'agriculture.
15:34La pêche.
15:35La pêche.
15:36Mais il y a aussi la métallurgie,
15:38la plasturgie des secteurs.
15:40Ça veut dire qu'on aura des faillites en cascades
15:42d'ici quelques mois ?
15:43En tous les cas, ça se reprend à nouveau.
15:45Et vous parliez de résilience dans les PME depuis 2020.
15:49Ça veut dire que c'est un espèce de jeu de yo-yo permanent.
15:54Et en fait, si vous voulez, je discutais ce matin,
15:56j'étais dans mon entreprise à Lyon ce matin,
15:58je discutais avec plusieurs chefs d'entreprise,
16:00et en fait, on sentait début d'année, janvier 2026.
16:04Là, ce que je vous dis, ce n'est pas une étude,
16:05c'est vraiment du ressenti de terrain.
16:08Début 2026, janvier 2026,
16:10tout le monde avait le pied un peu sur la pédale,
16:13hésité à accélérer.
16:15Début février, les chefs d'entreprise ont réaccéléré
16:18sur les investissements, etc.
16:20Et février était un bon mois.
16:22mars également.
16:23Et là, depuis quelques jours,
16:25on sent que la pédale se remet de nouveau à freiner.
16:29Et donc, nous, en tant que PME,
16:32on doit à la fois faire notre chiffre d'affaires,
16:34mais aussi avoir une stratégie,
16:35mais aussi payer nos collaborateurs, etc.
16:38Donc, difficile.
16:39Ce qui est important aujourd'hui,
16:40c'est un autre point que je voulais souligner,
16:42c'est le sujet de la trésorerie.
16:43Ce qu'on demande notamment au gouvernement,
16:45c'est que les donneurs d'ordre,
16:46les grands donneurs d'ordre,
16:47qu'ils soient publics ou privés,
16:50règlent rapidement leurs factures,
16:51parce que la trésorerie,
16:53pour une entreprise,
16:54c'est comme le kérosène dans un avion.
16:55– Et vous avez payeur ?
16:56– Pas que l'État.
16:57– Pas que l'État.
16:57– D'accord.
16:58– Mais la trésorerie, pour une PME,
17:00c'est comme le kérosène dans un avion.
17:01Si vous en avez plus, vous tombez.
17:02– Merci.
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