- il y a 2 jours
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Les pétroliers ont publié leurs bénéfices aujourd'hui.
00:03Bénéfice record pour BP, British Petroleum.
00:06Bénéfice record aussi pour le français Total, quasiment 5,5 milliards de dollars pour le premier trimestre.
00:12Ce sont des bénéfices nets, premier trimestre 2026 contre 4,2 au premier trimestre 2025.
00:18Bien évidemment, c'est grâce ou à cause, selon certains, de la guerre au Moyen-Orient,
00:23sachant aussi que Total avait généré 1 milliard de gains en dollars
00:27en achetant au Moyen-Orient des cargaisons qui étaient exportables.
00:31Il l'avait fait avant la guerre et derrière, c'est la spéculation qui lui a rapporté 1 milliard de
00:35dollars.
00:35En attendant, pour les automobilistes, le prix continue de monter à la pompe.
00:39On va retrouver Port d'Orléans.
00:41Antoine Forestier en direct pour BFM TV.
00:43Il est dans une station essence où vous avez pu rencontrer des automobilistes,
00:47voir ce qu'ils pensent des bénéfices record de Total.
00:53Oui, ça fait maintenant plusieurs semaines qu'on vient tendre le micro aux automobilistes
00:56dans les stations, à chaque fois pour parler de hausse et parfois de baisse de quelques centimes.
01:01Depuis ce matin, on leur parle de milliards de dollars avec en effet ces chiffres
01:04qui ont été révélés par le conseil d'administration de Total.
01:075,8 milliards de bénéfices nets au premier trimestre de cette année.
01:11Forcément, ici, les automobilistes accueillent cette nouvelle, ces chiffres de bénéfices
01:16avec un peu d'amertume lorsque eux constatent chaque jour que le prix est aussi élevé
01:21depuis maintenant deux mois.
01:22Je vous propose d'écouter leur réaction interrogée au micro de Philippine David.
01:26Vous voyez que vous avez des personnes qui font des milliards, des milliers d'euros.
01:31Ce n'est pas normal.
01:33Chaque année, l'essence monte.
01:35En plus, avec les guerres qui vont avec.
01:37Et ce n'est pas facile pour tout le monde.
01:39Ils ont bien de la chance.
01:40On aimerait avoir un peu moins de 6 milliards,
01:42mais un peu plus d'argent dans les portefeuilles, évidemment.
01:45C'est une période pas facile, mais il faut le faire avec.
01:48Dans son communiqué sur ses résultats,
01:51Total se projette vers le deuxième trimestre
01:53s'annonce que les prix seront toujours aussi hauts.
01:55Cela est dû à la remise en service des installations pétrolières au Moyen-Orient
01:59qui devraient prendre encore deux à trois mois.
02:01Ici, le prix est toujours plafonné,
02:03comme dans les 3300 stations totales de tout le pays,
02:06à 1,99 € pour le sansplomb et 2,25 € pour le diesel.
02:09Voilà.
02:09Antoine Fauressi avec Philippe Vigneault, porte d'Orlermé.
02:11Marc Touati, ces bénéfices, Total les a faits où ?
02:15C'est ça la grande question,
02:17parce qu'il y a une méconnaissance des Français.
02:18Il n'y a pas de spoliation des Français
02:20dans la mesure où ces bénéfices ont été faits
02:22sur l'exploitation à l'international,
02:25sur le forage, notamment, du pétrole.
02:26Il y a eu cet effet, entre guillemets, de gains
02:30liés sur les marchés financiers
02:32où il y a eu, pas seulement en mouvement spéculation,
02:33mais comme ils avaient acheté à l'avance
02:34et ensuite les prix du pétrole ont monté.
02:36Ce n'est pas à cause de Total.
02:37C'est une réalité mondiale.
02:39Et donc, ce qui fait que ces profits sont faits à l'étranger.
02:42Donc, il y a un problème technique.
02:43Si on veut taxer ces profits, bien entendu,
02:45comment fait-on ?
02:46Parce qu'ils sont déjà taxés à l'étranger, sur place.
02:49Donc, nous, les Français, le fisc français
02:52ne peut pas taxer des profits qui sont faits à l'étranger.
02:54Donc, après, qu'on impose une surtaxation,
02:56effectivement, en plus de tout cela, pourquoi pas ?
02:59Mais cette surtaxation, elle serait où ?
03:01Elle serait sur ce qui est fait en France, alors ?
03:02Justement, sur ce qui est fait en France,
03:03il n'y a pas énormément de profits qui sont faits.
03:05Il y a combien, on sait ?
03:05Quelques centaines de millions d'euros.
03:07Parce qu'il y a très peu d'exploitation totale, effectivement, en France.
03:10Et puis, parallèlement, le vrai enjeu est ce qu'on oublie de dire.
03:12Parce que, même si on taxe, même si on prend les 4 milliards...
03:14Enfin, total, l'assurage social, il est où ?
03:16Alors, justement, c'est ça le danger.
03:17C'est qu'il est en France, pour l'instant.
03:18Mais l'exploitation, encore une fois, comme les entreprises du CAC 40.
03:22On dit, on parle des profits des entreprises du CAC 40.
03:2480% de ces profits sont à l'étranger.
03:25Mais les 5 milliards, j'insiste, mais pour les Français comprennent bien,
03:28les 5 milliards et 1 000 dollars, quand ils reviennent, ils reviennent où ?
03:31En France ?
03:32Alors, en gros, pas.
03:33Ou dans les sociétés totales à l'étranger, et après, ça remonte où ?
03:36Ces profits sont faits à l'étranger.
03:37Enfin, il y a des holdings qui sont là.
03:39Et ensuite, le vrai danger, c'est que si vous surtaxez, effectivement, Total,
03:42le danger, c'est qu'ensuite, Total, déplace son siège social,
03:46comme il avait menacé il y a quelques années, de le mettre, notamment, aux Etats-Unis.
03:50Et donc là, évidemment, on aura encore perdu un fleuron français.
03:53Donc, c'est ça. Et juste, je termine sur Total.
03:54Parce qu'on a oublié, là, évidemment, on parle des profits.
03:56Tant mieux.
03:57Moi, je suis content qu'une entreprise française fasse des profits.
03:59Et ça serait bien que ça soit généralisé,
04:01parce qu'il y a beaucoup d'entreprises françaises qui font faillite aujourd'hui.
04:03Par contre, quand en 2020, le prix du baril s'effondre
04:05et que Total fait 7 milliards de pertes...
04:07Et c'était effondré pour quoi en 2020 ?
04:08En 2020, c'était le coronavirus.
04:10Vous savez, évidemment, le pari, même, était...
04:11Sur les prix à terre, on avait même des prix négatifs.
04:13Et Total avait perdu combien de...
04:147 milliards.
04:15Donc, c'était quand même pas rien.
04:16Donc, voilà, l'enjeu, c'est l'économie normale.
04:19Donc, évidemment, on a tous envie de dire
04:21qu'il faut qu'on amène aujourd'hui, qu'on aide les Français.
04:23Moi, je suis entièrement d'accord.
04:24On doit aider les Français.
04:25Et c'est le travail, justement, du gouvernement.
04:27Travail du gouvernement avec 60% de taxes sur les prix à la pompe.
04:31Là, le gouvernement doit aider les Français.
04:32Mais comme ils dépensent n'importe comment les dépenses publiques,
04:35évidemment, aujourd'hui, il n'a pas les moyens de relancer la machine.
04:36Alors, Nathalie Arthaud, Total, le groupe Total, bonsoir,
04:39dit, nous, on redistribue nos profits
04:41via le plafonnement des carburants.
04:43Voilà comment on aide les Français.
04:45C'est ce que dit le groupe Total.
04:46D'abord, moi, je voudrais dire que je suis écœurée,
04:50révoltée par tout ce qui se passe.
04:51Voilà, parce qu'il y a aujourd'hui quand même des dizaines de milliers
04:55de Palestiniens, de Libanais, d'Iraniens qui pleurent leur mort,
05:01qui se retrouvent dans des destructions et des conditions de vie qui sont effroyables.
05:07Il y a ici, ici, des millions de femmes et d'hommes qui se privent
05:12pour pouvoir remplir leur réservoir d'essence, pour aller au travail.
05:16Et puis là, on apprend que les actionnaires Total Énergie vont se gaver
05:20parce que Total, ce grand trust pétrolier, a fait des super profits,
05:26des profits de guerre.
05:27Il y a des salariés qui vont toucher des primes aussi, de l'intéressement.
05:30Ce que je pense, c'est que ce sont des...
05:32Il ne faut pas les oublier, il y a 100 000 personnes qui travaillent chez Total.
05:34Ce sont des rapaces, des rapaces qui font leur beurre sur les malheurs du monde.
05:38Donc moi, ce que je dis, c'est que ne nous laissons pas raqueter
05:41par cette bande de voleurs.
05:43Alors, vous dites qu'il n'y a pas de spoliation, mais c'est une plaisanterie.
05:46Ils ne vous ont pas raqueter.
05:47C'est une plaisanterie.
05:48Non, c'est les prix du pétrole qui augmentent au niveau mondial.
05:50Par contre, l'État vous raquette, ça c'est sûr.
05:51Nous, on raquette.
05:52Qu'est-ce que vous feriez à Total, alors ?
05:54Vous nationaliseriez ?
05:56Vous bloqueriez les prix ?
05:57D'abord, on confisque tous ces profits de guerre.
05:59C'est très simple.
06:00Ils expliquent qu'ils ont fait...
06:01Mais le communisme l'a déjà essayé, madame.
06:03Ça n'a pas marché, je suis désolé.
06:04Confisquer comment ?
06:06Je ne vous ai pas interrompé.
06:06Laissez-moi un petit peu développer.
06:08Allez-y, allez-y.
06:09Ils ont expliqué qu'ils ont fait 50% de profits supplémentaires.
06:13Ces 50%, on les prend, on les confisque.
06:16Tout simplement parce que personne, aucun capitaliste,
06:20personne ne doit faire des profits sur la guerre.
06:22Je pense que les premières victimes, vous savez,
06:24des profits de Total Énergie, de BP, de Shell,
06:28sont dans cette région du Moyen-Orient.
06:30Ils payent le fait que cette région est un immense puits de pétrole
06:34et de gaz qui est disputé par tous les capitalistes
06:37et tous les États du monde.
06:38Mais Total, Total...
06:40Ce sont les États-Unis et Total essaie de faire en sorte de...
06:43Il y a trois soldats français qui sont morts dans cette guerre.
06:46Pourquoi, à votre avis, pourquoi y a-t-il des bases américaines
06:48dans cette région ?
06:49Pourquoi y a-t-il des accords ?
06:51Ce n'est pas pour défendre les intérêts de Total.
06:54Bien sûr que si.
06:54Les Français ont besoin de cette essence aussi pour circuler.
06:57Et encore, nous, on n'en a pas beaucoup qui viennent du Moyen-Orient.
06:59C'est qu'en effet, si...
07:00Vous défendez les travailleurs qui mettent de l'essence,
07:03mais ils ont besoin de cette essence.
07:04Les travailleurs et les peuples opprimés,
07:05parce qu'en fait, ça fait un seul et même le camp.
07:06Oui, ils ont besoin de cette essence.
07:07Il faut qu'il y ait des entreprises qui aillent forer,
07:09qui trouvent des gisements, qui le fassent sortir.
07:10Oui, alors, puisque tout le monde explique aujourd'hui
07:12que le carburant, c'est d'intérêt général,
07:15eh bien, exproprions en effet ces grands groupes
07:17qui ne pensent qu'à faire du fric,
07:19plus de profits et plus de dividendes.
07:22Et bien, collectivement,
07:24et sous contrôle de la population, justement.
07:26Parce que, excusez-moi, M. Toiti,
07:28mais je n'ai rien compris de ce que vous avez expliqué.
07:29Ah bon, c'est dommage.
07:30Je n'ai rien compris. Pourquoi ?
07:31Parce qu'en fait, vous faites tout pour noyer le poisson.
07:33L'argent, il passe là.
07:35L'argent, il est là, il passe là.
07:36Et puis après, plouf !
07:37L'argent, il n'y en a plus.
07:38Ce que vous proposez, Mme Marteau,
07:39on l'a déjà fait.
07:40Le Venezuela l'a fait.
07:41Vous savez, ça s'est complètement effondré.
07:43C'est complètement appauvrit.
07:44On est en train de parler de totale énergie.
07:46Vous préférez parler du passé,
07:48de je ne sais pas trop quoi.
07:49Il faut spolier l'ensemble, effectivement,
07:51des profits qui sont faits.
07:52Mais vous vous rendez compte ?
07:52Ce n'est pas la vie normale de l'économie.
07:54Si vous faites ça,
07:54vous ferez ça une fois, pas deux.
07:56C'est-à-dire que ces entreprises
07:57vont complètement disparaître,
07:59vont quitter la France
07:59avec des millions d'emplois
08:01qui vont disparaître.
08:02Regardez aujourd'hui la France
08:03qui est en train de s'effondrer.
08:04C'est ça qui est dramatique.
08:05Le chômage est en train de flamber.
08:07Les prix vont monter aussi.
08:09Hier, c'est quelque chose d'assez incroyable.
08:10Parce que hier, sur le mois de mars,
08:12on a eu les chiffres de France Travail.
08:13Le chômage a augmenté
08:14très fortement au mois de mars.
08:17Personne n'en a parlé.
08:18On a parlé de la moyenne
08:19du premier trimestre.
08:20En tant que oui, ça a baissé.
08:22Aucun journaliste n'a vérifié
08:23que sur le mois de mars,
08:24le chômage a augmenté.
08:26On est aujourd'hui,
08:26c'est digne de la Pravda,
08:28c'est-à-dire qu'on sort des informations,
08:29on ne regarde pas la réalité.
08:31Moi, c'est ça qui m'inquiète aujourd'hui.
08:32C'est que malheureusement,
08:33les Français souffrent énormément,
08:34que ce soit les entreprises,
08:36les ménages.
08:36Donc, bien entendu,
08:37il ne faut pas leur faire croire
08:38qu'on va tuer Total
08:39et tout ira mieux.
08:40Non, parce que même si on prend
08:41tous les profits,
08:42ça ne suffira pas.
08:43Quand on a 200 milliards d'euros
08:44de déficit public chaque année,
08:46ce n'est pas même si on prend 5 milliards
08:47parce qu'il va changer grand-chose.
08:48L'intérêt aujourd'hui...
08:49Donc, c'est ça le vrai enjeu.
08:49C'est pourquoi il faut
08:50prendre des vraies mesures
08:51pour trouver la France.
08:52C'est que la guerre s'arrête
08:52surtout, Mme Arthaud,
08:53et que de nouveau,
08:53les marchandises, le pétrole,
08:55tout puisse circuler,
08:56que l'offre soit à la hauteur
08:58et ça baissera,
08:59et le prix baissera.
09:00Moi, je ne peux pas laisser dire
09:02ce que je viens d'entendre là.
09:03C'est une réalité
09:04que le chômage,
09:05il est en train de flamber,
09:06qu'il y a des centaines
09:07de milliers de salariés
09:08qui sont en train de perdre
09:09leur travail,
09:10et leur gagne-pain.
09:11Mes camarades à l'usine Poissy
09:12de Stellantis
09:13sont dans le cas.
09:14Donc, je peux vous dire
09:15que je l'ai dénoncé.
09:16Donc, évidemment,
09:17il y a une attaque d'ampleur.
09:18Ils sont en train d'être bouffés
09:19par un régime communiste
09:19qui est le régime chinois.
09:21C'est les voitures chinoises
09:22qui sont en train de nous bouffer.
09:23Mais arrêtez de...
09:24Non.
09:25Arrêtez de parler
09:25de ce que vous ne connaissez pas,
09:27s'il vous plaît.
09:27Je vois les prix des voitures,
09:29je vois qui s'occupe de voitures.
09:29Simplement,
09:30ce que je voudrais dire,
09:31c'est que là où je ne suis pas d'accord,
09:32c'est quand vous nous faites le cinéma,
09:33la France est en faillite.
09:35Ce n'est pas vrai.
09:36Ce n'est pas vrai.
09:38Il y a des très grandes fortunes en France
09:40qui continuent de prospérer,
09:42qui continuent d'accumuler.
09:44Ce que je veux dire par là...
09:45Je ne vous interromps pas.
09:47Allez-y, madame.
09:48Pourtant, je souffre,
09:49vous savez,
09:49quand je vous parle.
09:51Donc, s'il vous plaît,
09:52laissez-moi au moins dérouler
09:54un tout petit raisonnement.
09:55Allez-y, allez-y.
09:56Allez-y.
09:56Non.
09:57Depuis que Macron est au pouvoir,
09:59il y a un million.
10:02De millionnaires de plus.
10:03Il y en avait deux.
10:06Il y en a trois aujourd'hui.
10:07Donc, ne me dites pas
10:09que la France est en faillite.
10:11Et la réalité de votre économie,
10:13c'est quoi ?
10:13C'est que c'est une économie,
10:15en effet,
10:15où les riches doivent être toujours plus riches
10:20et les pauvres sont condamnés
10:21à être plus pauvres.
10:22Donc, moi, je ne suis pas d'accord avec ça.
10:24Voilà, justement.
10:25Et je pense qu'en effet...
10:28Non, cet argent-là...
10:30Il faut le capter.
10:30Il faut le capter.
10:32Et le redistribuer aux salariés.
10:33Et surtout, d'abord, commençons
10:34à faire la transparence,
10:35puisque beaucoup parlent de transparence,
10:37y compris le Cornu disait
10:39qu'il fallait faire la transparence
10:40sur les marges des distributeurs.
10:42Mais faisons la transparence
10:43sur les circuits de l'argent,
10:45justement.
10:46Ils passent où ?
10:46Vous, apparemment,
10:47vous croyez Total Finat
10:48quand il explique
10:49qu'ils ne font pas de bénéfices en France.
10:50Ah oui, alors, ils ne font pas de bénéfices en France.
10:52Les chiffres,
10:53ce n'est pas qu'ils ont de croire.
10:53Il y a des commissaires aux comptes.
10:55Moi, je ne les crois pas.
10:56Je ne les crois pas.
10:57Alors, ils ne font pas de bénéfices en France.
10:58Mais alors, qu'est-ce qu'ils en font en Suisse ?
11:00Oh là là, en Suisse,
11:02ils en font des bénéfices.
11:03Alors là, c'est incroyable.
11:05Et tout ça,
11:06il faut les croire sur parole.
11:08Eh bien, ils logent
11:12leurs déclarations de bénéfices en Suisse.
11:13Pourquoi ?
11:14Pour échapper à l'impôt,
11:15tout simplement, en France.
11:16C'est vrai ou c'est faux, M. Toiti ?
11:19Non, c'est faux.
11:19D'ailleurs, ce n'est pas en Suisse.
11:20C'est en partie aux Pays-Bas.
11:21Vous trompez le pays,
11:22mais bon, ce n'est pas grave.
11:22Mais toujours est-il que,
11:24moi, ce que je parle,
11:25c'est de l'exploitation.
11:25D'où viennent les profits ?
11:26Ils ne viennent pas, effectivement,
11:27de la distribution.
11:28Parce que là, effectivement,
11:29certains prennent des profits
11:29peut-être excessifs dans la distribution.
11:31Mais c'est en partie
11:32peut-être le cas Total.
11:33mais le gros des profits
11:35vient, effectivement,
11:35de l'exploitation de ce pétrole.
11:38Cette exploitation,
11:38elle n'est pas faite en France.
11:39Comme vous le savez,
11:40en France, on n'a pas de pétrole.
11:41Il y a une époque,
11:41on avait des idées.
11:42Oui, on ne veut pas l'utiliser.
11:43On ne veut pas le chercher.
11:44Exactement.
11:44Donc, c'est ça, le vrai drame.
11:46C'est que nous ne sommes pas
11:48dépendants énergétiquement.
11:49C'est ça qui est très, très coûteux
11:50et très dangereux pour notre avenir.
11:52Et moi, je reviens.
11:52Vous savez, moi,
11:53je viens des cités HLM d'Orly.
11:54Ça, je ne vois plus aujourd'hui.
11:55Mais je pense, justement,
11:56à ces années difficiles.
11:58J'ai grandi jusqu'à 25 ans.
11:59J'ai vu mes parents
11:59avec des lendemains difficiles.
12:01Donc, je pense aujourd'hui
12:02à tous ceux
12:02qui sont dans une situation difficile.
12:03Effectivement,
12:04quand on voit le gouvernement
12:04qui nous dit
12:05« Bon, écoutez, ça va passer.
12:06Ne vous inquiétez pas.
12:07Voilà, on va limiter la hausse des prix.
12:09Puis, vous allez pouvoir utiliser
12:10vos chèques restaurants le dimanche. »
12:12C'est ça qui ne colle plus.
12:13Donc, c'est en cela qu'aujourd'hui,
12:14il faut, bien sûr,
12:15nous sommes numéro 1 du monde des impôts,
12:17numéro 1 du monde des dépenses publiques.
12:18Donc, on ne va pas encore augmenter.
12:20Il faut mieux utiliser
12:22ces dépenses
12:22qui sont justement nos impôts.
12:24C'est en cela
12:24que les Français aujourd'hui
12:24ont un vrai ras-le-bol.
12:26Il faut faire attention.
12:27Et moi, là où je vous rejoins peut-être,
12:28c'est que je pense
12:28qu'il y a un vrai risque aujourd'hui
12:30social et sociétal en France
12:32et on ne pourra pas continuer comme ça.
12:34Il faudra un grand soir fiscal
12:35de la dépense publique
12:36et justement de la transparence.
12:38Vous disiez
12:38qu'il faut capter cette richesse.
12:40On ne l'a pas entendu aujourd'hui
12:41au Sénat
12:41en écoutant Sébastien Lecornu.
12:43Quant à Emmanuel Macron,
12:44il se rend compte quand même
12:46qu'il y a un danger social et politique,
12:48le président de la République.
12:49Il le dit,
12:50il faut apporter de nouvelles réponses.
12:52Alors, il veut ajuster.
12:53Jusqu'à présent,
12:53on a des aides
12:54pour des professions bien ciblées.
12:56On a aussi le chèque
12:57que l'on va faire de 50 euros
12:58fin juin, je crois,
13:00pour ce qu'on appelle
13:00les grands rouleurs
13:01à condition d'avoir
13:02un trajet de 30 kilomètres
13:03au moins entre son travail
13:04et son domicile.
13:06Alors, les nouvelles réponses,
13:08quelles peuvent-elles être
13:09de la part du gouvernement,
13:10Amandine Attalaya ?
13:11Mince.
13:12Mince pour deux raisons.
13:14D'abord,
13:14parce que le gouvernement
13:15n'a pas envie
13:16de dépenser de l'argent
13:17qu'il n'a pas.
13:18Donc, c'est pour ça
13:19que depuis le début,
13:20il fait des aides ciblées
13:21le moins possible
13:22et beaucoup moins
13:23que tous nos voisins européens.
13:25Et en fait,
13:26Emmanuel Macron compte
13:27pour l'instant
13:27surtout sur Total.
13:29C'est-à-dire,
13:30on attend la réponse
13:31qu'on a eue,
13:32a priori,
13:32par Edwige Chevrillon
13:33tout à l'heure
13:34de Patrick Pouyanné
13:35sur va-t-il,
13:36oui ou non,
13:36reconduire le plafonnement
13:38pour aider les Français.
13:39Oui,
13:40semblait-il dire tout à l'heure.
13:41On attend de voir
13:42de quelle façon,
13:43à quel niveau
13:43l'essence était bloquée
13:44jusqu'à maintenant.
13:45Donc, jusqu'à demain
13:46à 1,99.
13:49ce qui a quand même
13:50aidé les Français.
13:52Après,
13:52il est vrai
13:53que quand les Français
13:53voient ce chiffre de bénéfices
13:55qui est quand même
13:55extrêmement massif,
13:57bon,
13:57il y a toute une partie
13:58du pays,
13:59notamment à gauche,
13:59qui ne comprend pas
14:00pourquoi le gouvernement
14:01ne taxe pas
14:02ses super profits.
14:03Et ça,
14:04Emmanuel Macron
14:04y a toujours été opposé
14:06parce qu'il considère
14:07que business is business,
14:09qu'une entreprise,
14:10bon,
14:10si elle fait des bénéfices
14:12dans une situation exceptionnelle,
14:14après tout,
14:15globalement,
14:15ça lui appartient.
14:17et il n'est pas favorable
14:19à envisager
14:21au niveau français aussi,
14:22parce qu'il est très difficile
14:23de récupérer de toute façon
14:25ces bénéfices
14:25qui sont faits ailleurs
14:26à l'étranger.
14:26On est dans une crise
14:27qui risque de durer.
14:28Donc,
14:29il y aura une taxe,
14:30mais ce sera un effet d'aubaine
14:32face à une crise,
14:33surtout si Donald Trump
14:33décide d'installer,
14:34vous voyez,
14:34le blocus du T3-Dormuz
14:36pendant plusieurs mois encore.
14:38Donc,
14:38il y aura toujours
14:39cette tension
14:40sur les marchés pétroliers.
14:41L'essence risque encore
14:42de monter.
14:43Mais ce n'est pas que l'essence.
14:44Le problème,
14:44c'est qu'on va être raquetté
14:45par tous les bouts
14:46parce qu'en réalité,
14:47cette inflation,
14:48elle va se diffuser
14:49dans l'économie.
14:50Ça va prendre peut-être
14:51un peu de temps.
14:52Et encore,
14:52et encore.
14:52il y a quand même déjà
14:53des grands secteurs
14:54qui ont expliqué
14:55qu'ils allaient augmenter
14:56leur prix.
14:56Le plastique,
14:57la chimie,
14:59l'électronique.
14:59Voilà.
15:00Donc,
15:00de toute façon,
15:01ils vont tous nous expliquer
15:02qu'ils sont obligés,
15:04ils vont répercuter leur prix.
15:04C'est vrai,
15:05puisqu'ils achètent la matière
15:06première plus chère.
15:06Oui, OK.
15:07Mais au passage,
15:08qu'est-ce qu'ils vont faire ?
15:09Ils vont augmenter leur marge,
15:10tous,
15:11et ils vont amplifier
15:12encore cette inflation.
15:13Parce qu'en réalité,
15:14ça se passe toujours comme ça.
15:16Et au bout du compte,
15:17c'est une boule de neige.
15:17Et vous savez,
15:18qui ne peut pas répercuter
15:20tous les prix sur leurs revenus ?
15:22Ce sont les travailleuses
15:23et les travailleurs.
15:23Parce qu'eux,
15:24ils n'ont pas prise
15:25sur leur salaire.
15:25Leur salaire,
15:26il est bloqué.
15:27Et eux,
15:27ils ne peuvent pas
15:28l'augmenter, justement.
15:29Donc, eux,
15:29ils sont condamnés
15:30à s'appauvrir
15:30à moins qu'ils se battent.
15:32À moins qu'ils se battent,
15:33justement,
15:34pour dire,
15:34nous, nos salaires,
15:35on veut qu'ils soient
15:36absolument indexés,
15:37indexés sur l'augmentation
15:39réelle du coût
15:39de la vie,
15:40de l'inflation réelle.
15:42Celle qu'on subit,
15:43réellement.
15:44Voilà.
15:44À part celle qu'on nous dit
15:45du haut des bureaux
15:46de je ne sais pas d'où,
15:47parce que souvent,
15:48elle est...
15:49Oui, mais quand vous avez
15:49moins d'activités professionnelles...
15:52Les travailleurs n'ont pas
15:53à être victimes
15:54de ces guerres,
15:55de ce système
15:56qui est fait
15:58pour les piétiner.
15:59C'est ça,
16:00c'est le vrai enjeu.
16:01Donc, il faut effectivement
16:01qu'on fasse payer
16:02ces grandes multinationales,
16:04ces capitalistes du pétrole
16:05qui sont en train
16:06de se gaver sur notre dos.
16:07Le vrai enjeu,
16:08il est là.
16:08C'est que malheureusement,
16:09là, on parle du pétrole,
16:11mais l'inflation,
16:11j'étais le premier à le dire
16:12qu'on va bientôt monter
16:13à 4% d'inflation.
16:14Ça, c'est l'inflation officielle.
16:15Et surtout, le drame,
16:16c'est qu'on a eu
16:16deux chocs inflationnistes.
16:18D'abord, en 2022-2023.
16:20Maintenant, aujourd'hui,
16:21regardez les prix de l'énergie
16:22depuis 2021.
16:23Ils ont fait plus 50%
16:24en France.
16:25Prix à la consommation.
16:26Prix de l'alimentation,
16:27chiffre de l'INSEE,
16:29plus 25%.
16:29Donc, c'est ça
16:30qui devient très dangereux.
16:31C'est qu'à faire,
16:31à la fin,
16:32on sait très bien
16:32comment ça se termine.
16:33Quand l'inflation
16:33continue d'augmenter comme ça,
16:35eh bien ensuite,
16:35le pouvoir d'achat des ménages
16:36s'effondre,
16:37la consommation s'effondre,
16:38le chômage est en train
16:39d'augmenter,
16:39comme je l'évoquais tout à l'heure.
16:40Donc, il y aura moins
16:41d'activité économique
16:41et donc, il y aura
16:43moins de recettes fiscales,
16:44donc plus de déficits,
16:45plus de dettes.
16:46On a un cercle vicieux,
16:47dramatique.
16:47Et c'est là où on peut
16:48en vouloir aux dirigeants français.
16:50C'est qu'effectivement,
16:50qu'est-ce qu'on demande
16:51à un dirigeant d'un pays ?
16:52C'est d'avoir une vision du monde.
16:53On sait très bien
16:54que des crises comme ça,
16:55c'est déjà arrivé,
16:55et ça arrivera encore.
16:56Ce qui compte justement,
16:57c'est d'anticiper,
16:59lorsque ça ne va pas trop mal,
17:00on essaye justement
17:01de limiter les déficits
17:02pour pouvoir relancer la machine
17:03quand ça va mal.
17:04Ce qu'on ne peut pas faire
17:05aujourd'hui, malheureusement,
17:06parce qu'on a fait n'importe quoi
17:07avec l'argent public
17:08ces dernières années
17:08et c'est ce qui va nous coûter
17:10très cher, malheureusement,
17:11et de plus en plus cher
17:12dans les prochains mois, malheureusement.
17:14Merci Nathalie Garteau,
17:15candidate à l'élection présidentielle
17:16de 2027.
17:17Bien sûr, justement,
17:18pour dénoncer tout ça,
17:19il faut faire la transparence
17:21sur l'argent où il est
17:22et aller le prendre là où il est.
17:23Et en réalité,
17:24il est dans les caisses,
17:25bien sûr,
17:25de ce grand patronat.
17:26Il le montre,
17:27il le montre tous les jours.
17:29Et on a beau nous dire
17:29« Ah, mais l'argent,
17:30on ne sait pas où il est, etc. »
17:32On voit,
17:33on voit dans les fortunes
17:34qui grimpent,
17:35on le voit, voilà,
17:36dans le nombre de millionnaires,
17:37dans le nombre de milliardaires.
17:39Il ne faut pas que les travailleurs,
17:40justement, se laissent faire.
17:41Merci Nathalie Arthoimandie,
17:42Nathalia, Marc Touati,
17:44Laguerre.
17:44Je ne sais pas quand on dit
17:452027.
17:45Peut-être que ça viendra un jour,
17:46mais pas encore.
17:47On en est au 60...
17:49Vous n'avez pas besoin
17:49parce qu'il y en a beaucoup
17:49d'autres qui défendent.
17:50On en est au 61e jour,
17:52s'il vous plaît.
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