00:01Générique
00:05On va continuer, bien évidemment, notre édition spéciale.
00:08Il y a le terrain militaire et puis il y a le terrain politique,
00:10terrain politique français qui est intimement lié d'ailleurs à la situation au Moyen-Orient.
00:14Et pour le Premier ministre, en ce moment, pour Sébastien Lecornu,
00:16les jours ne sont pas de tout repos.
00:18C'est ce qu'on va voir avec François Gapillan, puisque, bonsoir François,
00:21les difficultés se multiplient, mais quelles sont-elles et de quelles ordres ?
00:25Alors, je choisis de prendre trois exemples pour vous ce soir.
00:28Je commence avec la très controversée proposition de loi Yadant sur l'antisémitisme,
00:31parce que c'est vraiment le sujet du jour, au-delà de celui de la guerre, évidemment.
00:35Proposition de loi controversée, fragilisée aussi.
00:37Toute la gauche est contre et, plus important encore, en tout cas pour ce qui se passe au Parlement,
00:41elle est privée du soutien d'une partie du bloc central.
00:44Le texte poussé par le gouvernement, je le rappelle, ne sera pas examiné dans l'hémicycle.
00:48On l'a appris tout à l'heure.
00:49Il sera présenté fin juin au Sénat sous la forme d'un projet de loi.
00:52Il a déjà recueilli plus de 700 000 signatures contre lui sur le site de l'Assemblée nationale.
00:57Autre difficulté pour l'équipe de Sébastien Lecornu, la suppression des zones à faible émission.
01:01Vous savez, pour les voitures polluantes, suppression qui figure dans la loi de simplification économique adoptée hier.
01:07Après deux ans de discussion, cette suppression avait été introduite par des amendements RN et LR
01:13au nom de la lutte, je cite, contre l'écologie punitive.
01:15En d'autres termes, une majorité a été trouvée grâce aux voies de la droite et de l'extrême droite.
01:21Le haut-commissaire au plan dénonce notamment aujourd'hui un recul sur l'écologie.
01:24La semaine, il faut le dire, avait mal débuté pour le Premier ministre qui,
01:27contre la volonté de son parti et pour apaiser la colère sociale et ménager les socialistes,
01:31a repoussé, s'inédier, une proposition de loi permettant d'élargir le travail.
01:35Le premier maire, résultat un crash chez Renaissance, une grande partie des troupes d'Emmanuel Macron
01:39ne digère pas ce retrait.
01:41Voilà, ça fait trois exemples.
01:42Parmi d'autres, parce que j'aurais aussi pu citer le texte sur les réseaux sociaux,
01:45le dossier néo-calédonien ou encore l'examen des textes sur la fin de vie, au Sénat cette fois.
01:49Trois exemples donc qui nous rappellent que, comme le disait Jacques Chirac,
01:52que les emmerdes, ça vole en escadrille.
01:54Les temps sont difficiles en ce moment pour le Premier ministre Sébastien Lecornu.
01:58Bonsoir Alain Duhamel.
01:59Bonsoir.
01:59Ça patauge ?
02:00Écoutez, Turenne, qui a été un de nos meilleurs maréchaux,
02:03disait que l'exercice le plus difficile, c'était une retraite en bon ordre.
02:09Et je pense qu'aujourd'hui, notre Premier ministre ferait bien de regarder de près l'histoire de Turenne.
02:17Parce que depuis une semaine, c'est spectaculaire.
02:23Mais depuis qu'il est Premier ministre, c'est en fait sa stratégie presque inévitable.
02:28C'est-à-dire, comment avancer à reculons ?
02:32Comment proposer en sachant qu'il faudra se retirer ?
02:35Comment tendre des mains en n'ignorant pas qu'elles ne seront pas saisies ?
02:40Bref, comment tenter d'exister et comment tenter de faire aboutir des projets
02:47quand on n'a pas de majorité, quand on a des partenaires parmi ses propres amis
02:54pour le moins ambiguës et en tout cas pas très solidaires ?
03:00Je crois qu'on n'y arrive pas.
03:02Je crois que c'est là.
03:04Prenons un exemple.
03:05Le 1er mai, il y a une majorité à priori à l'Assemblée nationale
03:09et il y a une majorité chez les Français.
03:11Un sondage disait que 74% des Français voulaient effectivement
03:15permettre à certains de travailler ce jour-là,
03:18offrir plus de liberté le 1er mai.
03:20Pourquoi, Sébastien Lecornu, sur ce dossier-là, a-t-il reculé ?
03:23Vous avez compris Prisca Thévenot ?
03:25Ah non, moi je n'ai toujours pas compris
03:26et ça je pense qu'il faut le poser plutôt en question au gouvernement.
03:30Mais l'enjeu que nous avons nous, c'est de ne pas reculer,
03:33de ne pas manquer de courage sur l'année qu'il nous reste.
03:36Certains voudraient nous expliquer qu'on devrait se contenter de faire la planche
03:39et d'attendre que ça se passe.
03:40Il est hors de question qu'on continue à le faire.
03:42Et alors si nous devons continuer à le faire,
03:44c'est-à-dire agir seul à l'Assemblée nationale derrière Gabriel Attal,
03:47nous allons continuer à le faire.
03:48C'est ce que nous faisons depuis le début de la semaine d'ailleurs
03:50sur un certain nombre de textes.
03:51Est-ce que c'est facile ?
03:52Je ne vous le cache pas, ce n'est pas facile, ce n'est pas évident,
03:55mais plus que jamais il nous faut du courage.
03:57Et le courage ça veut dire...
03:58Est-ce que c'est compréhensible ?
04:00Compréhensible, pour moi ce qui n'est pas compréhensible,
04:02c'est effectivement d'avoir un texte comme le 1er mai
04:04qui fait l'unanimité à l'Assemblée nationale,
04:07au Sénat, au sein des Français, au sein des secteurs.
04:10L'unanimité à l'Assemblée nationale, non, la gauche est contre.
04:12Oui, alors une majorité, vous avez raison, excusez-moi.
04:14En tout cas, une large majorité au Parlement dans les deux chambres,
04:18une large majorité au sein des Français,
04:20une unanimité presque parfaite au sein des secteurs concernés,
04:25les fleuristes, les boulangers.
04:26Et puis, d'un seul coup, parce que Sophie Binet aurait mal à la tête
04:29et Olivier Faure aurait une petite saut d'humeur, on arrêterait.
04:33Je pense que plus que jamais, le gouvernement ne doit pas agir
04:36comme s'il était sous tutelle de la gauche.
04:38Nous avons aujourd'hui cette capacité d'agir avec, certes, une majorité
04:43pas pleine, mais qui existe et qui permet d'avancer texte par texte.
04:48C'est une litote, ça.
04:49C'est une majorité pas pleine.
04:51Mais qui est là.
04:53Est-ce que Sébastien Lecornu, comme il a acheté son maintien avec le Parti Socialiste,
04:57il était prêt à avoir un texte voté par le RN ?
05:00Aussi, peut-être que ça aurait eu des cactus sous la chemise, non, peut-être ?
05:05Sur la loi simplification, le RN a voté aussi, c'était hier, je crois.
05:09Je pense qu'à un moment, il faut se dire aussi que oui,
05:11le Rassemblement National est dans l'hémicycle, la France Insoumise est dans l'hémicycle,
05:14mais ce ne sont pas l'alpha et l'oméga de la vie politique aujourd'hui au Parlement.
05:18Et justement, plus que jamais, il faut, ça demande aussi effectivement d'être un peu agile,
05:22un peu de courage et beaucoup d'anticipation, d'avancer texte par texte.
05:26Parce que sinon, on va se dire ça sur tous les sujets qui vont se présenter à nous,
05:29on ne va plus rien faire, et ça c'est le meilleur moyen de paver la route
05:34au Rassemblement National pour l'année prochaine.
05:35Emmanuel Macron avait dit que l'année 2026 doit être une année utile,
05:40et c'est une gernelle, ça vous fait rire ?
05:42Parce que c'est incroyable de dire une chose pareille, mais c'est merveilleux,
05:45on peut tout dire, tout est vrai, rien n'est vrai, les mots n'ont plus aucun sens.
05:49Non mais Sébastien Lecornu, le principe du gouvernement Lecornu,
05:53son principe fondateur, c'est l'applaventrisme.
05:56Ce gouvernement a été conçu pour ça.
05:59Michel Barnier a été censuré, Michel Barnier est tombé également.
06:06Non, il s'est jeté dans le vide.
06:07Il s'est jeté dans le vide, mais enfin il a quand même été censuré par tout le monde,
06:10et la solution trouvée par Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu ensemble,
06:15ou par Emmanuel Macron pour Sébastien Lecornu ou l'inverse,
06:17c'est on se met à plat ventre, on renonce à tout.
06:20Mais cette stratégie ne peut pas se retourner contre lui, parce que par exemple,
06:23sur un autre sujet, les carburants.
06:25La France est quasiment aujourd'hui le pays en Europe qui a les carburants les plus chers.
06:30Ailleurs, nos voisins ont proposé des ristons, etc.
06:33Alors ça coûte cher, mais enfin bon, on a quand même l'impression que les automistes ne sont pas oubliés.
06:37Alors que Sébastien Lecornu, c'est visible, il veut gagner du temps,
06:41en accusant les distributeurs de faire des marges,
06:44en expliquant que de toute façon il n'y a plus rien dans les caisses.
06:46Non, non, c'est pas du tout ça, c'est pas du tout ça.
06:48Non, c'est qu'on est fauché, il n'y a plus d'argent.
06:52Le gouvernement a des caisses vides, et donc si on a des caisses vides,
06:56on ne distribue pas de l'argent en plus, je veux dire ça.
06:58Franchement, ce n'est pas de la démagogie.
06:59On l'a fait pendant 10 ans, on ne le fait plus là.
07:01On l'a fait 10 ans de trop d'abord, et ensuite, ce n'est pas une raison,
07:05quand c'est à chaud, comme c'est le cas pour l'essence, le fuel, etc.
07:10Quand on est dans cette situation-là,
07:13si on commence à distribuer l'argent qu'on n'a pas,
07:16et donc à approfondir les déficits qu'on a déjà,
07:21ça signifie qu'on est inapte.
07:22On dit ça à l'infirmière libérale, on dit,
07:24on a tout armé, donc on n'a plus rien.
07:26On trouve toujours des cas spéciaux.
07:29Je ne vous dis pas qu'il faut traiter l'infirmière libérale
07:32comme il faut traiter ceux qui partent en week-end dans une ronde rouge-veur.
07:36Non, mais si vous voulez, Sébastien Lecornu, c'est renonce à tort.
07:39Il a renoncé à tout, il a renoncé à ses idées
07:41en suspendant la réforme des retraites,
07:44ce qui va à l'encontre de toutes ses convictions
07:46et d'ailleurs de règles élémentaires financières de base.
07:48Il veut vraiment Ressa Matignon ?
07:50Bien sûr, ou je n'en sais rien,
07:52ou en tout cas Emmanuel Macron veut garder
07:54un semblant d'existence jusqu'à la fin.
07:57Il a même renoncé à défendre ses idées,
07:59parce que vous avez vu qu'il a défendu son budget
08:01en disant, regardez, ce n'est pas si mal.
08:02Non, ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai.
08:04Et dans l'affaire des carburants,
08:05il a aussi renoncé aux idées,
08:07puisqu'il a renoncé à dire une chose essentielle,
08:09c'est que subventionner des carburants issus du pétrole,
08:14c'est un non-sens géopolitique, financier et écologique.
08:18De temps en temps, il faut arriver
08:19et dire ce qu'on pense, même si c'est impopulaire.
08:22Donc il a renoncé à tout.
08:24Et évidemment, après, tout le monde le traite mal.
08:26Et il fait un peu de peine, Sébastien Lecornu,
08:28parfois, on se dit, il en revient.
08:29Il vous fait de la peine.
08:29Non, il en revient à la figure.
08:31Mais vous savez, c'est Échil qui disait ça il y a 2500 ans.
08:36Il est dans la nature de l'homme de piétiner ce qui est à terre.
08:38Et donc, comme il a commencé sa carrière à Matignon à plat ventre,
08:41il se fait piétiner par tout le monde.
08:42C'est ça, il se fait piétiner en ce moment.
08:44Moi, je pense que le sujet...
08:45Il y a quelques semaines encore,
08:47on disait qu'il était très habile,
08:48qu'il était malin.
08:49Il serait peut-être même présidentiable.
08:51Ah, pas moi.
08:51Évidemment, ça change.
08:53Habile, oui, mais présidentiable, non.
08:55Enfin, demi-habile, pardon.
08:57Non, mais c'est ce qu'on disait.
08:58Ah, pardon, c'est ce qu'on disait.
08:59Oui, oui, oui, oui.
09:01Pendant qu'on se dit tout ça,
09:02il y a des urgences importantes pour les Français
09:04dans leur quotidien,
09:05au niveau européen et au niveau international.
09:07Donc, on peut se dire qu'il est habile, pas habile,
09:09sympa, pas sympa.
09:10Je pense que ce n'est pas ça qui importe aujourd'hui
09:12pour les Françaises et les Français
09:12qui nous écoutent et qui nous regardent.
09:14C'est comment on fait pour résoudre, effectivement,
09:16cette crise du carburant qui, malheureusement, dure,
09:18sur lequel il y a un certain nombre de consultations,
09:19mais visiblement, on ne voit pas encore les conclusions.
09:21On n'a pas de pétrole en France.
09:22Je sais bien, mais à un moment, il faut dire les choses.
09:24Et je pense que c'est aussi cette capacité
09:25d'avoir une parole libre, une parole franche,
09:28qui, de temps en temps, ne fait pas plaisir,
09:30mais qui est nécessaire dans les temps qui sont les nôtres.
09:32Et vous êtes d'accord que ça n'arrive pas ?
09:34J'espère que ça va finir par arriver.
09:36Mais en tout cas, moi, je vous le dis assez simplement.
09:39Quand on est à l'Assemblée nationale,
09:41ce n'est pas facile, ce n'est pas évident.
09:42Est-ce qu'on arrive à tout faire avancer ?
09:44Non, mais est-ce qu'on se dit
09:46qu'à la première difficulté, on va régler ?
09:48Non, mais ce que fait Sébastien Lecornu,
09:51il le fait en accord avec l'Elysée.
09:53Enfin, tout ça, c'est commandité par l'Elysée.
09:56Je ne veux pas croire que Sébastien Lecornu...
09:57Non, ce n'est pas commandité par l'Elysée,
09:59c'est commandité par nos déficits.
10:02Mais oui, on est ligoté par nos déficits.
10:05Alors, du coup, je vais aller jusqu'au bout.
10:08Non, mais j'étais totalement con.
10:10Non, mais je vais dire la même chose.
10:12On est suspendu par nos déficits
10:18et aujourd'hui, on est un corps à moitié mort
10:23qui s'agite en attendant qu'il y ait quelque chose
10:26qui puisse le réveiller, c'est-à-dire l'élection présidentielle.
10:29Non, mais je suis désolée, je suis obligée
10:30d'apporter une petite note d'espoir et d'optimisme dans tout ça.
10:33Sinon, on arrête tout et c'est fini.
10:35Non, on n'arrête rien.
10:36Et donc, moi, ce que je dis, c'est que oui,
10:37il y a un sujet de déficit qui est fondamental, important.
10:39Dans ces cas-là, j'ai envie de vous dire,
10:41tout de suite, on ne tue pas la réforme d'Ertat
10:42dans lesquels lesquels les derniers.
10:45Ou à minima, c'est ce que nous avons fait, nous.
10:46On propose une contre-réforme, par exemple,
10:48avec le sujet de la capitalisation derrière.
10:50Et puis ensuite, quand on a un problème de déficit,
10:53on n'essaie pas de faire des économies de bout de chandelle.
10:55On y va franchement en tant que réforme.
10:56Et ce sujet-là, ça fait partie de notre ADN politique.
10:59Et comme vous êtes à l'Assemblée nationale
11:01et que vous suivez également ce qui se passe au Sénat,
11:04vous avez vu quelles ont été les réactions
11:06quand il a été question d'essayer
11:08de diminuer effectivement les déficits.
11:11Tout le monde était pour la réduction des déficits
11:16et personne n'était pour une simple mesure précise
11:20dans cette direction.
11:21Je vais vous répondre très clairement.
11:23Aujourd'hui, effectivement, je suis députée
11:24à l'Assemblée nationale dans le groupe de Gabriel Attal.
11:26Mais il y a quelques mois, quelques années,
11:28j'ai été porte-parole dans le gouvernement
11:29de Gabriel Attal.
11:31Et qu'a-t-il fait en arrivant à Matignon ?
11:33Sa première mesure, qui a d'ailleurs été extrêmement décriée,
11:36avec menace de censure, tout le tintouin, etc.,
11:38c'est d'annuler des crédits, justement,
11:40pour réduire le déficit.
11:42Est-ce qu'au premier cri d'offret,
11:44qui ont d'ailleurs été poussés à l'époque par les LR,
11:46il s'est dit « Ouh là là, je recule et j'arrête »,
11:47pas du tout.
11:48Il a continué et il a avancé.
11:50Est-ce que par rapport à ça, il s'est dit
11:51« Bon, c'est la première mesure, on va arrêter, on va se cacher ».
11:53Non, il a continué avec le sujet de la réforme
11:55de l'assurance chômage.
11:55Et ainsi de suite, et ainsi de suite.
11:57Et je pense qu'aujourd'hui, plus que jamais,
11:58il faut du courage politique.
12:00Et ce courage politique, il a existé
12:02au cours des dernières années.
12:03Il a effectivement été incarné, notamment par Gabriel.
12:05Il continue à être incarné à l'Assemblée nationale.
12:07Et donc, ce que je suis en train de vous dire...
12:10Mais vous rigolez, sur le 1er mai,
12:11on aurait pu y aller, par exemple.
12:12Sur TikTok, on l'a fait.
12:13Sur l'Alsace, on l'a fait.
12:14Je pense qu'il ne faut pas raconter
12:16qu'à l'Assemblée nationale, rien ne se passe.
12:18Il faut aussi qu'on laisse pleinement
12:19l'Assemblée nationale travailler.
12:21C'est un peu bruyant, mais ça avance.
12:23Mais il faut laisser l'Assemblée nationale...
12:25Là, ça avance à cloche-pied.
12:28TikTok, Alsace, 1er mai, on a...
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