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  • il y a 2 jours
Ce jeudi 2 avril, Claire Dissaux, responsable des études macroéconomiques du Groupe AXA, a abordé la réduction du déficit commercial au États-Unis au mois de février, la hausse de la tension sur le marché obligataire, et l'effet refuge du dollar, dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00L'écho du monde.
00:02Et on rejoint Claire Dissot du groupe AXA.
00:04Bonjour Claire.
00:05Bonjour.
00:06Alors une journée un petit peu plus calme, point de vue statistique,
00:09avec quand même, il y avait quoi ?
00:10Il y avait la balance commerciale américaine,
00:12et puis oui, les demandes hebdomadaires d'allocations chômage.
00:15Est-ce que vous avez retenu quelques données intéressantes de ce qui est paru ?
00:20Oui, c'est la calmie avant le rapport sur l'emploi, demain.
00:24Et les allocations chômage, en tout cas les demandes d'allocations chômage,
00:28confirment le fait qu'il n'y a pas beaucoup de licenciements.
00:30Donc pas de licenciements massifs depuis le début de l'année.
00:33Et c'est aussi confirmé par une donnée aujourd'hui de Challenger,
00:36qui montre que les licenciements dans cette donnée alternative
00:39sont à peu près au même niveau que le mois dernier.
00:42Donc on n'a pas d'inquiétude majeure de ce côté-là.
00:45Par contre, la faiblesse du marché de l'emploi,
00:47c'est encore la faiblesse de la création de demandes.
00:49Et comme il n'y a pas beaucoup de hausses de la population active,
00:52on peut avoir un taux de chômage qui reste assez stable.
00:55Donc c'est ce que confirment les données aujourd'hui
00:57pour les allocations chômage,
00:58c'est qu'on a cet équilibre assez fragile
01:00entre une faible demande et une faible offre aussi de travail.
01:03Sur le déficit commercial, il tend à se réduire,
01:08même si sur le mois qu'on vient d'avoir,
01:10il s'élargit un petit peu par rapport à janvier.
01:13On a quand même un rétrécissement
01:15parce que les exportations progressent bien.
01:17Donc vraiment en lien avec la production industrielle
01:20qui s'est bien améliorée aussi.
01:22Donc pour l'instant, les chiffres de commerce extérieur
01:27montrent qu'en fait, il y a une reprise des importations
01:29sur le dernier mois.
01:30Et c'est plutôt encourageant parce qu'en général,
01:32c'est un signe aussi que l'investissement reste fort.
01:35Donc avant le conflit,
01:36les données américaines continuent cette semaine
01:38d'être résidentes, très solides,
01:41en particulier sur l'activité.
01:43Alors la situation sur le marché obligataire,
01:45il y a toujours beaucoup de volatilité.
01:47On échappe quand même en ce moment à un débordement total.
01:51On a l'impression que le marché garde plutôt son calme.
01:54C'est un signal encourageant
01:56ou au contraire, c'est d'autant plus inquiétant
01:59si on regarde notamment la dette américaine 10 ans
02:03et puis le seuil vraiment critique des 4,5 %.
02:07Alors je pense que le fait que les taux longs
02:09n'aient pas monté tant que cela, à votre avis,
02:11c'est plutôt quelque chose qui est moins rassurant
02:15que ce qui paraît parce que normalement,
02:16dans un choc récessif dans lequel à la fois
02:19les spreads de crédit s'écartent et les actions baissent,
02:23on aurait pu s'attendre à ce qu'il y ait un effet refuge
02:24des bons du trésor américain.
02:26Donc c'est à replacer dans ce contexte-là.
02:29Et en fait, il y a certainement une prime de risque
02:31sur le budget en plus de la prime de risque sur l'inflation.
02:34Et donc les bons du trésor américains
02:36n'ont pas cette propriété d'effet refuge
02:39qu'ils pourraient avoir lorsque les actions corrigent.
02:42Donc ça, c'est important.
02:43C'est une caractéristique certainement du choc pétrolier
02:46parce qu'au départ, c'est un choc inflationniste.
02:48Mais aussi, c'est la caractéristique de la faiblesse budgétaire.
02:53Donc on voit que Trump a besoin de 200 milliards de plus de dollars
02:56pour l'effort de défense et de guerre.
02:59Et on sait aussi que les revenus tarifaires
03:01rapportent moins que prévu
03:02parce qu'il y a eu cet arrêt de la Cour suprême.
03:05Et donc pendant une certaine période,
03:07les tarifs sont beaucoup plus bas qu'attendus.
03:08Donc on sait que le problème du déficit américain reste entier.
03:11Et c'est sans doute ce que pricent les bons du trésor américains.
03:15Donc cette prime de risque inflationniste, mais aussi budgétaire.
03:19Et à très court terme, il y a sans doute aussi liquidation des bons du trésor
03:22par des banques centrales émergentes, en Asie par exemple,
03:25qui doivent défendre leurs devises dans le scénario actuel
03:28où leurs devises sont très fortement baissières.
03:31– Effectivement, il y a des effets fondamentaux,
03:33des effets techniques qui se croisent pour expliquer ces mouvements sur les taux.
03:37Bon, au milieu de tout ça, le dollar reste…
03:40Dollar is king, c'est le roi pour le moment.
03:43Est-ce que ce paradigme est en train de profondément changer
03:46les rapports entre paires de change ?
03:48Ou est-ce qu'il se prépare tout simplement une forte correction
03:51en cas, je ne sais pas, d'annonce d'une accalmie vraiment sensible
03:54dans le dossier géopolitique du moment ?
03:56– Oui, c'est plutôt une accalmie dans laquelle on retrouve traditionnellement
04:00ce rôle d'effet refuge du dollar.
04:02Donc on a bien de nouveau cette corrélation négative
04:05entre les actions et le dollar.
04:07Donc les actions baissent, le dollar en bénéficie.
04:09Et à mon avis, c'est très favorisé par le choc en question
04:12puisque le choc, c'est une hausse du prix du pétrole.
04:14Et cette hausse bénéficie aux États-Unis
04:16est évidemment négative pour l'Europe qui importe des produits énergétiques.
04:20Donc ça, c'est tout à fait logique de voir le dollar en bénéficier.
04:23En fait, il n'en bénéficie pas tant que cela.
04:25Et sans doute parce que les facteurs à long terme
04:28ne sont pas forcément aussi positifs.
04:31Donc sur le court terme, oui, on a une BCE qui va monter les taux
04:35et sans doute la Fed ne va pas les changer pendant une très longue période.
04:39Donc ça, ça veut dire que ça reste un soutien pour l'Europe.
04:43Mais ce qui est plus important, c'est la diversification des investisseurs étrangers
04:49hors du dollar.
04:51Et ça, c'est une tendance qui est favorisée par le fait que le cadre institutionnel aux États-Unis
04:55se détériore, donc avec des politiques imprévisibles comme sur les tarifs
05:00ou un risque géopolitique accru.
05:02Et tous ces facteurs, en fait, ils vont être renforcés par les leçons
05:05qu'on va tirer de la crise actuelle au Moyen-Orient.
05:08Donc plutôt une diversification en dehors du dollar qui devrait continuer.
05:11Mais à court terme, on a un choc effet revenu, effet terme de l'échange
05:15qui est bien positif de l'art et sans doute moins que ce qu'il aurait été
05:19dans le passé étant donné les facteurs structurels sur le dollar.
05:22Claire Dissot du groupe AXA, merci infiniment d'avoir commenté
05:25cette actualité passionnante sur les taux, l'échange, la macro.
05:28AXA, merci infiniment d'avoir regardé cette vidéo !
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