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  • il y a 17 heures
Vendredi 3 avril 2026, retrouvez Marc-Henri Frouin (fondateur & CEO, Niryo), Vincent Charlet (Délégué Général, La Fabrique de l’Industrie) et Matthieu Dussud, (directeur associé, responsable en France du pôle de compétences Industries Avancées, McKinsey & Company) dans SMART INDUSTRIES, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.

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Transcription
00:01Ce programme vous est présenté par la Fabrique de l'Industrie, Laboratoire d'idées.
00:16Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour une nouvelle émission de Smart Industries.
00:20Nous sommes au stand de la French Fab de BPI France, au cœur du salon Global Industries.
00:26Un salon qui a lieu chaque année et qui rassemble tout l'écosystème industriel français européen.
00:31On parle beaucoup d'industrie du futur, d'usines connectées, d'intelligence artificielle.
00:37Mais derrière ces mots, une question concrète se pose.
00:40Où en sont vraiment les industriels français ?
00:43Le cabinet de conseil McKinsey et la Fabrique de l'Industrie dévoilent les résultats d'une étude comparative réalisée avec
00:49Ipsos
00:49sur l'adoption des technologies de production du futur par les PMI et les ETI en France, en Italie et
00:57en Allemagne.
00:57Avec la question, les PMI et ETI français sont-elles en retard sur l'adoption des technologies 4.0 ?
01:05Notamment par rapport à leurs voisins européens.
01:07Bien sûr, la réponse est nuancée.
01:09Elle dépend des secteurs, des technologies.
01:11Et on en parle tout de suite avec mes invités.
01:14C'est parti pour Smart Industries.
01:17Et je suis ravie d'être entourée de trois invités pour en parler.
01:21Vincent Charlet, vous êtes directeur général de la Fabrique de l'Industrie.
01:24Bonjour.
01:25Bonjour.
01:25Mathieu Dussuide, vous êtes directeur associé chez McKinsey, responsable en France du pôle de compétences industrielles avancées.
01:32Bonjour.
01:33Bonjour.
01:34Et Marc-Henri Froin, vous êtes fondateur et CEO de NIRIO.
01:37Bonjour, merci d'être avec nous.
01:38Bonjour.
01:39Vincent Charlet, je me tourne vers vous tout d'abord.
01:40Parce qu'on parle très souvent d'industrie 4.0, mais finalement, de quoi parle-t-on exactement quand on
01:47parle d'industrie 4.0 ?
01:48Alors, l'expression industrie 4.0, elle a été forgée en Allemagne.
01:52On a pu appeler ça aussi industrie du futur en France, où les anglo-saxons parlent de manufacturing avancé.
01:58Ça désigne un bouquet de technologies, un ensemble de technologies essentiellement numériques,
02:03qui visent à rehausser, augmenter la productivité des entreprises manufacturières.
02:08Donc, ça désigne aussi bien l'intelligence artificielle, la fabrication additive,
02:14mais aussi la mise en place de la 5G au sein des établissements industriels,
02:19avec des machines connectées via ce qu'on pourrait appeler l'Internet des objets.
02:24Voilà, il y a une vaste gamme de technologies, dont certaines rentrent en interaction, d'autres moins,
02:31mais qui ont tous ce point commun, c'est qu'elles viennent depuis une dizaine d'années, une quinzaine d
02:35'années,
02:35elles viennent apporter un supplément de productivité aux entreprises industrielles.
02:40Oui, c'est ça. Est-ce qu'on peut dire qu'à chaque fois, ces technologies sont associées à la
02:45productivité ?
02:45Parce que c'est presque un moyen.
02:47Oui, absolument. C'est bien ça l'objectif. C'est ça qu'on numérise pas pour le plaisir.
02:51On numérise pour augmenter la productivité de son entreprise.
02:55Vous savez peut-être que dans tous les pays occidentaux,
02:59depuis plusieurs décennies maintenant, 40-50 ans,
03:01la productivité, les gains de productivité ne cessent de ralentir.
03:04C'est un petit peu désolant, parce qu'on sait que notre prospérité future,
03:08notre capacité à créer des emplois nouveaux s'en trouve diminuée.
03:11Et donc il faut que les agents économiques,
03:14qui sont dans le cadre de l'industrie en compétition avec le monde entier,
03:17trouvent des relais de croissance, des relais de performance,
03:20et ça s'appelle la productivité.
03:21C'est bien de ça dont il s'agit.
03:22Et ces technologies dites 4.0 ou d'industrie du futur
03:25permettent aux entreprises industrielles de monter en gamme,
03:29d'améliorer leur compétitivité prix ou hors prix,
03:33et donc de mieux se défendre dans la compétition internationale.
03:36Et malgré le fait qu'on ait des technologies de plus en plus en plus,
03:39la productivité recule, comment ça se fait ?
03:41Parce que l'économie d'un pays comme la France
03:44n'est pas constituée que de l'industrie.
03:46Et donc vous pouvez avoir à l'intérieur des activités industrielles
03:50des entreprises qui gagnent en productivité.
03:53Vous avez aussi, c'est là d'ailleurs, on y reviendra peut-être,
03:56c'est le problème avec le numérique,
03:57c'est que toutes les entreprises n'y arrivent pas
03:59pour des raisons qu'on pourra développer tout à l'heure.
04:02Et puis vous avez à côté de ça des entreprises,
04:04des secteurs d'activité qui sont moins productifs que l'industrie,
04:08dans lesquels d'ailleurs parfois viennent se reconvertir
04:12des emplois qui ont été dégagés par les gains de productivité.
04:15Et tout ça fait qu'en moyenne, vous avez une économie française
04:18dont les gains de productivité peuvent être décevants,
04:20et en tout cas, ils le sont comme dans la plupart des autres pays au monde,
04:24de plus en plus réduits.
04:25Marc-Henri Franck, est-ce que vous pouvez nous détailler
04:27les missions de votre entreprise ?
04:29Et puis surtout, de quels constats vous êtes partis
04:31pour présenter cette plateforme industrielle
04:33que vous êtes venu présenter à Global Industries ?
04:36Oui, tout à fait, avec plaisir.
04:37Donc effectivement, je m'appelle Marc-Henri Franck,
04:39je suis le fondateur de NIRIO.
04:41Et NIRIO veut dire NIRU, proche de vous.
04:43Donc l'objectif de NIRIO depuis le début,
04:46c'est de développer une technologie de robot,
04:48de bras robotisés, intelligents,
04:50capables d'être proches de l'humain
04:52et proches effectivement des sujets à valeur ajoutée
04:56dont on va pouvoir parler plus en détail juste après.
04:58Et donc NIRIO, moi j'ai lancé ça maintenant,
05:00il y a à peu près huit ans,
05:01d'abord sur le marché de l'éducation,
05:03considérant que pour démocratiser une technologie,
05:06il faut d'abord la mettre dans les mains
05:07des futures générations.
05:09Et donc on a lancé NIRIO à travers effectivement différents pays,
05:15on a vendu maintenant plus de 4000 robots
05:16et aujourd'hui effectivement, après ce beau succès,
05:19on lance une nouvelle génération de robots.
05:21Deuxième étape.
05:22Exactement, dédiée à l'industrie.
05:24Mais en reprenant des concepts finalement
05:26qui sont accessibilité prix, accessibilité d'usage,
05:30parce qu'une techno c'est effectivement
05:32quelque chose qui a potentiellement beaucoup de valeur,
05:34mais il faut qu'elle puisse être comprise
05:36par les utilisateurs finaux
05:38et d'être capable d'être effectivement aussi modulaire,
05:41modulée en fonction des cas d'usage
05:43que la PME peut avoir.
05:46Et donc aujourd'hui effectivement,
05:47on présente notre nouvelle plateforme robotique
05:49qui est constituée de bras robotisés,
05:51de smart machines, d'actionneurs
05:52et d'intelligence artificielle
05:54pour faire mouvoir tout cet ensemble.
05:57Et sur le terrain,
05:59est-ce que vous remarquez justement
06:00ce dont on parlait,
06:01ce lien très fort entre productivité
06:05et technologie de pointe
06:07avec tous les clients avec lesquels vous vous échangez ?
06:10En tout cas, ce qui est évident,
06:11c'est que ce que je perçois,
06:13c'est que la France et les prospects
06:15et les clients avec lesquels on travaille
06:17sont en recherche effectivement
06:18de nouvelles solutions
06:19pour toujours optimiser
06:21les gains de productivité,
06:23les gains de qualité aussi,
06:24les gains de performance industrielle
06:27pour être compétitifs
06:27par rapport à des enjeux mondiaux.
06:30Donc il est évident que la robotique
06:31fait partie de cet ensemble
06:33qui a été très bien décrit
06:35de technologies
06:36dont l'industrie 4.0 les décrit.
06:39Donc oui, il est évident
06:40que la robotique est un des axes
06:43très pertinents
06:44pour gagner en performance.
06:46Mathieu Dussis,
06:47est-ce que vous pouvez nous raconter
06:48un peu les prémices de cette enquête ?
06:50Pourquoi est-ce que vous avez lancé
06:51cette recherche
06:53sur l'équipement technologique
06:56des industriels ?
06:57Oui, bien sûr.
06:58Cette étude a été lancée
06:59par la fabrique de l'industrie McKinsey
07:01et avec le concours d'Ipsos
07:03finalement pour comprendre
07:04le taux d'adoption
07:06des technologies productives du futur
07:07au sein des entreprises françaises
07:09et de comprendre également
07:10les freins à l'adoption
07:12dans les cas les plus négatifs.
07:15Donc on a mené en fait
07:16une étude sur 1 200 ETI et PME,
07:18c'est-à-dire des entreprises
07:19entre 50 et 5 000 salariés
07:21qui sont assez représentatives
07:22de tous les secteurs industriels
07:24depuis les industries process
07:25jusqu'à l'agroalimentaire,
07:27évidemment l'automobile,
07:28l'aéronautique et la défense.
07:30Un spectre très large.
07:30Donc un spectre très large.
07:32Et nous avons regardé
07:33800 entreprises françaises
07:35et nous les avons comparées
07:36à 200 entreprises allemandes
07:38et 200 italiennes
07:40de façon à pouvoir faire des comparaisons
07:41sur un certain nombre de dimensions.
07:43Et cette étude,
07:44elle s'est focalisée
07:46sur 14 technologies
07:48qui sont assez représentatives
07:50de l'industrie 4.0
07:51que Vincent a présenté tout à l'heure
07:53et qui sont finalement regroupées
07:55en trois grands thèmes.
07:56le thème de la connectivité,
07:57du calcul.
07:58Donc là, on parle
07:59de Generative AI,
08:00de l'analytique avancée.
08:03Les technologies d'optimisation
08:05des processus,
08:06donc la robotique,
08:08l'impression 3D,
08:09des choses comme ça.
08:10Et les technologies transverses
08:12qui sont à la fois
08:13des technologies assez matures,
08:15le stockage d'énergie,
08:16des choses de ce type,
08:17et des technologies
08:18qui sont en stade de développement
08:19comme les ordinateurs quantiques
08:21qui sont évidemment
08:22le futur de la productivité
08:24dans l'industrie.
08:25Et Vincent,
08:26quels sont les enseignements clés
08:27et surtout,
08:28comment se situe la France
08:29par rapport à ses voisins ?
08:30Parce que c'est ça
08:31qui est passionnant
08:31avec cette étude,
08:32c'est qu'on parle quand même
08:34de l'Allemagne,
08:34de l'Italie
08:35qui sont des acteurs
08:36très importants
08:37industriels en Europe.
08:38Oui, et j'ajoute
08:39qu'on a pu comparer
08:40ces résultats
08:41avec d'autres résultats
08:42existants récents
08:44sur le Royaume-Uni.
08:45Donc on a une belle comparaison.
08:47C'est là d'ailleurs
08:47le premier résultat,
08:48c'est plutôt une bonne nouvelle,
08:49c'est que
08:51le tissu industriel français
08:53n'est pas en retard
08:54par rapport à ses voisins.
08:56On a globalement
08:57des niveaux d'équipement
08:58qui sont assez convergents.
09:00Alors évidemment,
09:00on trouvera toujours
09:01des exceptions
09:02sur tel secteur
09:03ou sur telle technologie.
09:04Mais dans l'ensemble,
09:06la thèse du retard français
09:08dont on entend
09:09parfois parler
09:09et qui pourrait
09:10être tout à fait honnête
09:10était un peu
09:11une petite musique
09:12qu'on avait à l'arrière
09:13de notre tête
09:13quand on a lancé l'étude,
09:15cette thèse du retard français
09:16n'est pas validée.
09:17Donc c'est le premier
09:19renseignement
09:19sans doute le plus important.
09:21Celui qui vient ensuite,
09:22c'est que malheureusement,
09:24c'est le revers de la médaille,
09:25les perspectives d'investissement
09:27que déclarent
09:28les entreprises françaises
09:29aujourd'hui
09:30sont nettement plus réduites
09:31que les perspectives
09:32d'investissement
09:33des entreprises italiennes
09:34ou allemandes
09:34qu'on a interrogées.
09:35Ce qui veut dire
09:36que là où la France
09:37ou l'industrie française
09:39avait une relative avance
09:40sur ses voisines,
09:42elle pourrait la perdre
09:43et là où elle était
09:44au coude à coude,
09:45elle pourrait devenir en retard
09:46à horizon de 2030.
09:48Donc ça veut dire
09:49que pour demain,
09:49juste demain,
09:502030, c'est bientôt,
09:52il est possible
09:53que ce retard d'équipement
09:54dont on a beaucoup parlé
09:55et qu'on a beaucoup redouté
09:57advienne finalement.
09:58Il y a d'autres résultats
09:59sur lesquels on pourra
10:00peut-être revenir,
10:01mais les deux enseignements
10:02essentiels
10:03sur la photo d'ensemble,
10:04c'est celle-là.
10:05Mathieu,
10:06justement,
10:06en termes de déploiement,
10:08parce que c'est ça aussi,
10:09à quel point ces technologies
10:10sont disponibles
10:11au sein des PME
10:13et ETI françaises
10:14comparativement
10:14aussi à ses voisins ?
10:16Alors, c'est la question clé,
10:17c'est vraiment le cœur
10:18de cette étude.
10:19Peut-être,
10:19avant de répondre
10:20à votre question,
10:20je voulais simplement
10:21rappeler deux postulats
10:22qui ont vraiment dirigé
10:24notre réflexion
10:25au début de cette étude.
10:26Le premier,
10:27c'est que la densité
10:29d'équipement,
10:30en particulier en robot,
10:31des industries françaises
10:32est assez inférieure
10:34à celle de ses voisins
10:35italiens et allemands.
10:35A titre de comparaison,
10:37on est à autour
10:38de 200 robots
10:39pour 10 000 salariés
10:40en France,
10:41220-250 en Italie,
10:44350-370 en Allemagne,
10:46je ne parle même pas
10:46de la Corée du Sud,
10:47qui flirte avec 1 000 robots
10:49pour 10 000 employés.
10:50Donc, le postulat de départ,
10:51c'était un retard
10:51de densité d'équipement.
10:54Le deuxième postulat,
10:55c'était un des éléments
10:57du début de cette étude
10:58qui montre
10:59une certaine prudence
11:00des industriels français
11:01dans la valeur,
11:03dans la compréhension
11:04de la valeur
11:04qu'apportent les technologies
11:05productives 4.0.
11:07Et donc,
11:08on a été assez surpris
11:08quand on s'est rendu compte
11:10que finalement,
11:11le taux d'équipement
11:13dans les entreprises françaises,
11:14donc le taux de pénétration
11:15était très élevé
11:17dans un certain nombre
11:18de technologies clés,
11:20supérieures,
11:20en particulier à l'Allemagne
11:22et à l'Italie.
11:22Je pense au cloud,
11:24je pense aux robots,
11:25je pense à l'impression 3D.
11:27Donc, en fait,
11:27on a ici une situation intéressante
11:29où on a finalement
11:30plus d'entreprises françaises
11:31industrielles
11:32qui ont au moins un robot,
11:33pour reprendre cet exemple-là,
11:35mais par contre,
11:35quand elles sont équipées,
11:36elles en ont plutôt moins
11:38que leurs concurrentes
11:39italiennes ou allemandes.
11:40Donc, finalement,
11:42la question clé,
11:43c'est comment aider
11:44les entreprises françaises
11:45à passer à l'échelle
11:46plus que comment les aider
11:48à adopter ces technologies.
11:50Et ça,
11:51on voit ce problème
11:52de passage à l'échelle aussi
11:53dans le nombre
11:55de transformations digitales
11:56que les entreprises
11:57industrielles françaises
11:58ont menées
11:58ces dernières années
11:59par rapport aux entreprises
12:01allemandes ou italiennes
12:02comparables.
12:03Ce qui est intéressant,
12:04c'est quand vous parlez
12:05de densité,
12:06mais à la fois de digital,
12:08parce que la densité,
12:09finalement,
12:10par rapport à
12:10les avancées technologiques,
12:12est-ce que ça a beaucoup de sens
12:13si on a des technologies
12:15qui sont vraiment de pointe,
12:16etc. ?
12:17Peut-être que la France,
12:17à ce niveau-là,
12:18peut bien se situer.
12:19Il y a toujours
12:20cet équilibre de densité
12:21digitale
12:22qui peut être intéressant.
12:23Oui, bien sûr.
12:24Vous avez complètement raison.
12:26La densité,
12:27par contre,
12:28l'adoption à l'échelle
12:29de ces nouvelles technologies
12:30productives
12:31reste quand même
12:32la clé de la création
12:33de valeur
12:34de la technologie
12:35et du digital.
12:36C'est pour ça
12:37que c'est intéressant
12:37de mettre en perspective
12:39finalement le bon taux
12:40d'équipement
12:41des entreprises françaises,
12:43le manque de densité,
12:44par contre,
12:44et la prudence
12:47par rapport à la valeur
12:48puisque probablement
12:49beaucoup de chefs
12:50d'entreprise
12:50n'ont pas encore vu
12:51les résultats concrets
12:52des investissements
12:53dans les technologies
12:54productives.
12:55Donc la réponse,
12:55c'est probablement
12:56un équipement plus dense
12:58et déployé
12:59sur des cas d'usage
13:00qui sont vraiment
13:01au cœur de leur activité
13:02et qui vont vraiment
13:03créer de la valeur
13:03plutôt que des dashboards
13:05et des choses
13:06qui sont peut-être
13:06plus sur le reporting
13:08que sur la création
13:09de valeur
13:09que sur la productivité.
13:11Donc les robots,
13:13l'impression 3D,
13:14tous ces sujets-là
13:14qui sont des sujets productifs,
13:16à l'échelle,
13:17vont créer de la valeur
13:18pour les entreprises
13:18industrielles.
13:19Marc-Henri-Fran,
13:20vous qui devez être
13:21vraiment au plus près
13:23des besoins technologiques
13:25de vos clients ?
13:26Justement,
13:26quels sont ces nouveaux
13:26standards technologiques
13:28sur lesquels vous travaillez
13:29pour développer
13:30notamment votre plateforme ?
13:32Effectivement,
13:33je pense que ce qui a été dit
13:33est très vrai,
13:35en tout cas,
13:35on le ressent vraiment comme ça,
13:36c'est-à-dire que
13:36tous les sujets de concept
13:38ou un peu trop haut niveau
13:41de valeur de l'IA,
13:43de valeur de la physical AI
13:45maintenant dans la robotique,
13:47de valeur de l'industrie 4.0,
13:48sont conceptuels
13:50et intéressants à creuser,
13:52mais sont instantanément compris
13:53quand on les rattache
13:54à un ROI concret
13:55pour le client final.
13:57et c'est là où effectivement
13:58la robotique,
13:59et je pense,
13:59et en tout cas,
14:00c'est ce qu'on perçoit
14:01est un bon trait d'union
14:02parce qu'effectivement,
14:03quand on parle
14:05de retour sur investissement,
14:07quand on parle
14:07d'optimisation
14:08de gains de productivité,
14:10quand on parle
14:11d'optimisation
14:12de gains de qualité,
14:14instantanément,
14:15effectivement,
14:15le client est prêt
14:17à écouter davantage
14:19et à signer
14:21effectivement
14:21un bon de commande.
14:23Donc après,
14:23autour de ça,
14:24ce qui n'est pas
14:25tout à fait évident,
14:26c'est que parfois
14:27on rentre dans des usines
14:28qui paraissent être
14:29plus des usines
14:30des années 80
14:31que des années 2026.
14:34Et donc en fait,
14:35parfois,
14:35on est aussi face
14:36à des problématiques
14:37qui sont assez élémentaires
14:40comme des problèmes
14:41de connexion Wi-Fi,
14:42des problèmes
14:43de cybersécurité,
14:45des problèmes
14:45parfois même
14:46de luminosité
14:47dans des sujets
14:47de robots
14:48avec de la vision.
14:49Donc en fait,
14:50ce qui est assez intéressant
14:51pour moi aujourd'hui
14:52de partager,
14:53c'est qu'il y a à la fois
14:54des concepts très haut niveau
14:55qui ont potentiellement
14:56énormément de valeur
14:57et à la fois
14:57des problèmes
14:58très terre à terre
14:59qui empêchent,
15:00je pense,
15:00cette proposition de valeur
15:01d'être déployée
15:02de manière relativement
15:04rapide,
15:05compréhensible.
15:06Donc c'est à nous aussi
15:07en tant que...
15:08Pour faire de la pédagogie
15:08à ce niveau-là.
15:09Exactement.
15:10En fait,
15:10il faut embarquer les gens
15:11et comprendre qu'en gros
15:12la machine,
15:12elle ne va peut-être pas marcher
15:13instantanément.
15:14Il faut l'accompagner,
15:15il faut améliorer l'usage,
15:16il faut mettre un peu
15:17les mains dedans aussi
15:17à des moments
15:18et c'est que comme ça
15:20qu'on a,
15:20nous en tout cas,
15:21réussi à bien pénétrer
15:25des marchés.
15:26Parce que du coup,
15:26est-ce que vous notez
15:28une différence temporelle
15:31entre l'achat
15:32et l'application concrète
15:34dans les entreprises ?
15:35Est-ce que justement,
15:36vous parlez d'instantanéité ?
15:37Oui.
15:38En tout cas,
15:38ce qui est sûr,
15:39c'est que quand
15:39les différentes parties prenantes
15:40ne sont pas insérées
15:41en début de projet,
15:42souvent ça ne marche pas bien
15:43un projet robotique
15:44et je pense que du coup,
15:45à mon avis,
15:46il y a des analogies
15:46qui peuvent être faites
15:47dans d'autres secteurs.
15:48C'est-à-dire que quand
15:48on n'embarque pas rapidement
15:50les techniciens
15:51ou les opérateurs
15:52qui vont utiliser
15:53la solution demain,
15:54même très en amont
15:54du projet,
15:55ils se sentent un peu,
15:56ils se sentent plutôt
15:57à subir la technologie
15:59plutôt que d'en faire
15:59un allié.
16:00Quand les chefs de projet
16:02ne sont pas intégrés aussi,
16:03et bien sûr,
16:04quand les sujets financiers
16:05et direction
16:06ne sont pas impliqués au début,
16:07forcément,
16:08c'est aussi problématique.
16:09Donc,
16:09c'est aussi encore une fois
16:10un enjeu
16:13de collaboration
16:14et d'intelligence collective
16:15qu'il faut être capable
16:16de mouvoir
16:17pour être capable
16:18de déployer
16:19ce genre de technologie
16:20dans des environnements
16:21qui n'ont pas forcément
16:22l'habitude
16:22de voir ça arriver.
16:25Pour revenir sur le sujet
16:27innovation,
16:28est-ce que vous essayez
16:29de penser aussi
16:31technologie
16:31pour,
16:32pas forcément en 2026,
16:33mais justement
16:3430, 35,
16:35parce que justement,
16:35on parlait peut-être aussi
16:36de retard d'investissement,
16:37il faut penser
16:38à des années en avance.
16:40Comment est-ce que
16:40vous vous organisez
16:42à ce niveau-là ?
16:42Bien sûr,
16:43et encore une fois,
16:43on touche un peu
16:44un paradoxe parfois
16:45et je trouve que
16:46pour l'échange,
16:47ça peut être intéressant
16:47d'en parler,
16:48c'est que l'innovation,
16:50c'est soit très bien perçu,
16:52soit ça peut aussi
16:52faire peur
16:53parce qu'on injecte
16:54un risque potentiel
16:55en fait dans une supply chain,
16:56dans une production,
16:57etc.
16:57Et donc,
16:58quand ce risque,
16:58il est mal compris,
16:59mal identifié,
17:00on va plutôt l'omettre
17:02qu'y mettre de l'énergie
17:03pour en faire de la valeur.
17:05Et donc,
17:05en fait,
17:05c'est une perception
17:06et c'est en fonction
17:07des interlocuteurs
17:07et quelqu'un
17:08qui est responsable qualité,
17:09par exemple,
17:09il va minimiser
17:11les risques au maximum.
17:12Donc,
17:12plutôt utiliser une technologie
17:13ancienne
17:13mais qui est prouvé
17:14plutôt que d'aller injecter
17:15une innovation de rupture
17:16qui a certes peut-être
17:17un gros pouvoir
17:19de transformation
17:19mais qui aussi peut,
17:21lui,
17:21dans son métier,
17:22créer une problématique.
17:24Et donc,
17:24nous,
17:24on essaie de trouver
17:25l'équilibre dans tout ça
17:26pour effectivement
17:27et être très pragmatique
17:28et proposer des solutions,
17:29un accompagnement,
17:30une maintenance
17:31qui est vraiment
17:32absolument indispensable.
17:33Donc,
17:33on propose une nouvelle technologie
17:34mais aussi beaucoup
17:35d'accompagnement serviciel
17:36comme vous l'avez évoqué
17:37et à la fois aussi
17:38être capable
17:39d'avoir des programmes
17:40d'investissement,
17:41de R&D
17:41à plus haute valeur ajoutée
17:43avec des programmes
17:44plutôt à 3 à 5 ans
17:45où effectivement,
17:45on vient travailler
17:46sur des sujets de rupture.
17:47Et donc là,
17:48on vient mixer
17:48sur ces sujets du moment
17:50ce terme de IA physique,
17:53c'est-à-dire
17:53de l'intelligence
17:54plus avancée
17:54dans nos robots
17:55pour leur permettre
17:56de travailler
17:56dans des environnements
17:57qu'on appelle
17:58non structurés,
17:59c'est-à-dire un robot
17:59qui est capable
18:00de comprendre
18:00son environnement,
18:01de mieux interagir
18:03avec un opérateur
18:04et d'être capable
18:04d'être en collaboration
18:06homme-machine
18:06plus avancée.
18:08Vincent,
18:08à quel niveau
18:09on serait en retard
18:10en France
18:11en termes de technologie ?
18:13Alors,
18:14sur cette question
18:14du retard,
18:15moi,
18:15le résultat
18:16qui m'a le plus frappé,
18:17c'est le suivant,
18:18c'est la persistance
18:20d'un noyau
18:21d'entreprise réfractaire
18:23plus important,
18:24plus volumineux
18:25que dans les deux autres pays
18:27qu'on a comparés.
18:28Qu'est-ce qu'on appelle
18:28réfractaire ?
18:29En fait,
18:29ce qu'il faut absolument
18:30souligner,
18:31c'est que cette étude
18:32vient apporter
18:33une confirmation
18:33à la fois très forte
18:34et très actuelle
18:35de quelque chose
18:36qu'on peut lire
18:36un petit peu
18:36ici ou là
18:37dans les manuels
18:39d'économie,
18:39qui est que
18:40la technologie
18:41toute seule,
18:42si elle est plaquée
18:43sur une organisation
18:44sans rien changer
18:45d'autre,
18:46apporte des résultats
18:47décevants.
18:48La performance
18:49d'une organisation
18:49industrielle,
18:50c'est toujours
18:51le résultat
18:51de trois forces
18:52concourantes,
18:52la technologie,
18:54la transformation
18:54de l'organisation
18:55et la montée
18:56des compétences,
18:57des salariés.
18:58Ça, c'est absolument
18:59indispensable.
19:00Or, qu'est-ce que
19:01nous dit l'étude ?
19:02Elle nous montre
19:02que les entreprises
19:03qui investissent
19:04dans la technologie
19:05sont aussi celles
19:06qui expliquent
19:06avoir mené
19:07ou être en train
19:08de mener
19:09des plans de transformation.
19:10C'est absolument
19:11patent dans toutes
19:12les pages
19:12de cette étude.
19:13Et donc,
19:14j'y reviens
19:15à votre question
19:15sur le retard français.
19:18Il se trouve que
19:19quand on interroge
19:21des entreprises
19:21qui n'ont pas investi
19:23dans une technologie
19:24ou qui n'ont pas
19:25l'intention
19:26de le faire,
19:28et qu'on leur demande
19:29pourquoi,
19:30plutôt que de nous dire
19:31ce à quoi on pourrait
19:32s'attendre,
19:32c'est parce que
19:33je n'ai pas assez d'argent,
19:34je manque d'accès
19:35aux capitaux
19:35ou je n'ai pas
19:36les compétences disponibles,
19:38il y a une proportion
19:39que je qualifierais
19:40de anormale,
19:41surprenante,
19:43d'entreprises françaises,
19:44de porte-parole
19:45des entreprises françaises
19:46qui disent
19:46que cette technologie
19:46ne me concerne pas.
19:47Je ne suis pas concerné
19:48par cette technologie.
19:49Il n'y a pas de raison
19:50qu'un acteur
19:52de l'agroalimentaire
19:52ou de l'aéronautique
19:53en France
19:54soit moins concerné
19:55par une technologie donnée,
19:56la robotique par exemple,
19:57que son homologue
19:58en Italie
19:58ou en Allemagne.
19:59Il y a quelque chose là,
20:01une sorte de filtre,
20:02un biais culturel
20:04auquel il va falloir
20:04s'attaquer
20:05d'une façon ou d'une autre.
20:06Et pourquoi est-ce que
20:06je parle d'entreprise réfractaire ?
20:08C'est que
20:08de façon concomitante,
20:10la proportion d'entreprises
20:12qui expliquent
20:13ne pas envisager
20:14de plans de transformation
20:15pour améliorer
20:16leur performance de production,
20:18elle est également
20:18plus élevée en France
20:19qu'ailleurs.
20:20Donc voilà,
20:20il va falloir qu'on fasse
20:21de la pédagogie,
20:22pour le dire autrement,
20:22et qu'on arrive à débloquer
20:25ce réflexe d'inertie
20:29ou cet attentisme
20:30qui va inévitablement
20:32peser sur l'effort
20:35d'équipement,
20:36d'investissement
20:36et la performance,
20:37la productivité
20:38de l'ensemble
20:38multissubre productif.
20:39C'est bien d'où
20:40cette inertie,
20:42ce côté réfractaire ?
20:42Je ne sais pas répondre
20:42à votre question.
20:43C'est vraiment une trouvaille,
20:45ça sort tout juste
20:46du four,
20:47si je peux permettre.
20:48Donc on ne l'anticipait pas.
20:50Moi,
20:50je n'avais jamais entendu parler
20:52de ce trait,
20:54de cette particularité statistique
20:55pour l'industrie française
20:57par rapport
20:57à ses équivalents.
20:58Il faut qu'on comprenne mieux
21:00ce qui se passe.
21:01Vous voyez,
21:01on s'attendait à trouver
21:02un retard en matière
21:03de niveau d'équipement,
21:04on ne le trouve pas,
21:05on l'a dit.
21:07En revanche,
21:08on ne s'attendait pas
21:09à trouver ce noyau
21:10d'entreprise réfractaire
21:11et on est tombé dessus,
21:12il faut qu'on comprenne pourquoi.
21:13C'est dans tous les secteurs
21:14d'activité d'ailleurs.
21:15C'est une particularité
21:17des réponses
21:18qui nous ont été faites
21:19de la part
21:19des entreprises françaises.
21:20Et ce que vous disiez tout à l'heure,
21:21c'est que la France
21:22à l'instant T
21:23est plutôt en bon positionnement,
21:24mais en revanche,
21:25si les investissements
21:26ne se font pas,
21:27la France risque
21:29de prendre du retard.
21:30Comment est-ce que la France
21:30se projette d'ici
21:31à court et moyen terme ?
21:34Alors, je ne suis pas la France
21:36et on n'a pas interrogé la France.
21:37Comment la France se projette ?
21:39Je ne sais pas vous dire.
21:42Ce que je sais par ailleurs,
21:44indépendamment de cette étude,
21:46c'est qu'aussi bien
21:47du côté des pouvoirs publics
21:48que des branches industrielles,
21:50il y a des réflexions actives
21:52sur des politiques publiques
21:54qui pourraient être de nature
21:55à encourager les entreprises
21:57à s'équiper
21:58ou à faire un effort
21:59d'investissement.
21:59Deuxièmement,
22:00on est ici
22:02dans l'épicentre
22:03de l'industrie de demain,
22:04de l'industrie qui se réfléchit
22:06et qui se projette pour demain.
22:08Tous les exposants
22:09que vous voyez ici
22:10sur ce salon
22:11soit proposent
22:12des équipements innovants,
22:13soit proposent
22:14des prestations performantes
22:16parce qu'ils se sont équipés.
22:17Donc, il y a une masse critique
22:20et l'effort ne fait que croître,
22:22je pense,
22:23de parties prenantes
22:25qui essayent de mettre en mouvement
22:26la modernisation de l'industrie,
22:27mais c'est une course
22:28qu'il faut sans cesse mener
22:30puisqu'évidemment,
22:31les concurrents internationaux,
22:32eux, ne s'arrêtent pas.
22:33Oui, parce que vous savez
22:34si les Allemands
22:36ou les politiques industrielles
22:37allemandes et italiennes
22:38sont, elles,
22:39dynamiques à ce niveau-là ?
22:41Si on parle des politiques publiques,
22:43la réponse courte,
22:44c'est je ne crois pas.
22:46Il y a eu,
22:47comme partout dans le monde,
22:48un effort en faveur
22:49de l'industrie du futur
22:50dans la décennie précédente,
22:52mais en gros,
22:53la pandémie du Covid
22:54et la crise énergétique
22:55ont bouleversé les agendas,
22:57ont bouleversé
22:57l'ordre des priorités.
22:58Maintenant,
22:59on parle aussi,
23:00évidemment,
23:00beaucoup de réarmement
23:01et de préparation
23:02de conflits.
23:04Autant vous dire
23:04que sur l'échelle
23:06des politiques publiques,
23:07la modernisation
23:08de la productivité
23:09de l'industrie
23:10a perdu quelques grades.
23:12Donc,
23:13je n'ai pas connaissance
23:14de politiques publiques
23:15qui seraient massives
23:16en Allemagne
23:17ou ailleurs.
23:18Regardez aux Etats-Unis,
23:20par exemple,
23:20toutes les politiques publiques
23:21qui ont été saluées
23:22ou présentées
23:23en faveur de l'industrie
23:24récemment,
23:25elles ont été successivement,
23:26pour la décarbonation,
23:28pour la défense
23:29et la protection douanière,
23:31mais on n'a pas parlé
23:32de manufacturing avancé.
23:34Donc,
23:35globalement,
23:36je crois que
23:36ça n'est plus à l'agenda.
23:38Et d'ailleurs,
23:39dans l'étude,
23:39on verra que,
23:40enfin,
23:40on peut voir,
23:42par endroit en Allemagne,
23:43on observe
23:44quelques signes
23:45de désinvestissement
23:46dans le numérique.
23:47ça veut dire
23:48qu'il y a
23:49une proportion
23:49d'entreprises
23:50du Mittelstand allemand
23:51qui ont cru
23:52très fort
23:53aux promesses
23:53de l'industrie 4.0
23:55et qui sont en train
23:56d'en revenir
23:57et donc qui ralentissent
23:59leur effort.
23:59Donc,
23:59je pense qu'on a
24:01plutôt un contexte
24:02attentiste
24:03au-delà des frontières
24:04françaises
24:06et qu'il faut,
24:07nous,
24:07compte tenu des résultats
24:08qu'on a mis au jour,
24:10il faut quand même
24:11réfléchir à une sorte,
24:12oui,
24:13encore une fois,
24:13d'accompagnement
24:14ou de pédagogie
24:14pour que les entreprises
24:15françaises
24:15ne baissent pas les bras.
24:17Mathieu Dussit,
24:17comment est-ce que
24:18peut-être que vous pouvez
24:19avoir aussi
24:20un input
24:21sur justement
24:21cette frilosité
24:22à investir
24:22dans la technologie
24:23en France ?
24:26Je rejoins complètement
24:27ce qu'a dit Vincent.
24:30Je pense que la clé,
24:32c'est,
24:33au regard des résultats,
24:34c'est ce manque
24:35de compréhension
24:36de la valeur
24:37que la technologie
24:37peut apporter
24:38dans la production
24:39au quotidien.
24:40Et je reviens un peu
24:41à cette idée
24:42de passage à l'échelle.
24:43Je pense qu'accompagner
24:45les entreprises
24:46pour augmenter
24:47leur densité
24:48d'équipement
24:49en robot,
24:50en Generative AI
24:51sur les bons cas d'usage
24:52va permettre
24:53de transformer
24:54cette culture.
24:55C'est en créant
24:56des phares,
24:57des exemples
24:58un peu visibles
25:00de réussite
25:01qu'on va convertir
25:02et qu'on va embarquer
25:03les industriels.
25:04Donc moi,
25:04je milite très fortement
25:05pour ça,
25:06pour aller au fond
25:06de cette transformation,
25:07pour générer
25:08de la valeur visible
25:09chez quelques industriels
25:10et ensuite porter
25:11la bonne parole
25:12d'une certaine façon
25:13dans le reste
25:14de l'industrie
25:14parce qu'on le sait,
25:16il y a un certain
25:17nombre d'études
25:17qui le prouvent
25:18et des cas d'usage
25:19très connus
25:19qui permettent
25:19de mettre en avant
25:21la valeur transformative
25:22de la technologie
25:23pour l'industrie.
25:24Donc voilà,
25:24pour moi,
25:25le mot,
25:25c'est mise à l'échelle
25:26et faire des exemples
25:27qu'on puisse convertir
25:30les réfracteurs.
25:31Marc-Henri Fron,
25:32justement,
25:32est-ce que vous vous sentez
25:34du point de vue
25:35des échanges
25:35que vous avez
25:36avec vos clients,
25:37à quel point
25:37les industriels
25:37sont conscients
25:38de cette nécessité
25:39d'investir
25:40et d'augmenter
25:41la cadence
25:42en taux d'équipement ?
25:44En tout cas,
25:44ce qui est certain,
25:45c'est que je pense
25:45qu'il n'y a pas
25:46un secteur industriel
25:47qui n'est pas aujourd'hui
25:47ultra-challengé
25:48par des technologies
25:51concurrentes,
25:52soit américaines,
25:53soit asiatiques.
25:55Donc il y a un moment,
25:56effectivement,
25:56il y a quand même
25:57une prise de conscience
25:58assez massive
26:00qu'il faut réagir.
26:01Je pense qu'on a quand même
26:02aussi en France
26:02un esprit un peu gaulois
26:04et que je pense que,
26:06si je reviens
26:07sur ce qui a été dit,
26:07si on arrive à vraiment
26:08bien le réveiller,
26:09moi je suis convaincu
26:10que ça peut donner
26:11effectivement une ambition
26:12aussi nationale énorme
26:13sur ces sujets
26:14de réindustrialisation,
26:16etc.
26:17Et donc après,
26:18effectivement,
26:18à travers l'investissement,
26:19encore une fois,
26:20je reviens,
26:20c'est qu'injecter de l'argent
26:22de manière,
26:23on va dire,
26:24importante
26:25sur des plans
26:26à 5-10 ans,
26:26c'est vrai que c'est compliqué
26:27pour une PME
26:29qui a une visibilité
26:30au mois,
26:32au trimestre
26:32ou à l'année.
26:33Donc plus on arrivera
26:34à montrer un ROI rapide,
26:36un retour sur investissement rapide,
26:37plus on arrivera
26:38à ramener une valeur pragmatique,
26:40plus on arrivera
26:40à ramener effectivement
26:41une crédibilité instantanée
26:43de la valeur
26:44de la technologie
26:44dans l'usage,
26:47plus tout le monde
26:48comprendra
26:48pourquoi il faut
26:49injecter de l'argent.
26:49Et je pense qu'il faut
26:50vraiment essayer,
26:51et nous on se bat
26:52contre nous-mêmes
26:52un peu pour ça,
26:53donc c'est pour ça
26:53que je le dis
26:54un peu en souriant,
26:55mais plutôt que d'essayer
26:56de vendre des robots
26:56pour des robots,
26:57essayer de vendre
26:58des cas d'usage,
26:59c'est-à-dire essayer
27:00de vendre de la valeur,
27:01en fait,
27:01de la valeur produit.
27:02Et ça,
27:03c'est aussi un concept,
27:04aussi une façon de penser
27:06qui est un peu différente.
27:08On est fabricant de robots,
27:09mais tu pousses les équipes
27:10à vendre
27:10la proposition de valeur
27:12qu'on vient amener.
27:13Donc,
27:13il faut bien comprendre
27:14le client
27:14et tant mieux
27:15s'il y a un robot
27:16et peut-être qu'en fait,
27:17sinon,
27:18on amène juste
27:18une valeur de conseil
27:20au client
27:21ou au prospect
27:21sur lequel on a échangé
27:23et c'est déjà
27:24de la valeur potentielle
27:25qu'on a ramenée.
27:26Et donc,
27:26en fait,
27:26c'est vraiment ça aussi
27:27qu'il faut,
27:27je pense,
27:28aussi un peu changer
27:29dans certaines stratégies
27:30d'entreprise
27:31et vraiment,
27:32plutôt que d'être
27:32techno-bush
27:33et dire,
27:33il faut de l'industrie 4.0,
27:35il faut de l'IA,
27:35il faut de la robotique.
27:36Là,
27:36on est en face de ça,
27:37on a l'impression
27:37de subir un peu
27:40le conseil
27:41et plutôt d'essayer
27:42effectivement
27:43d'être dans un aspect
27:45pédagogique de fond
27:46et encore une fois,
27:46héroïste.
27:47C'est vraiment
27:48un dossard
27:49que vous sentez
27:50endossé
27:50de ce côté
27:51de conseil
27:53stratégique
27:54d'avoir une meilleure
27:55compétitivité
27:56et ça,
27:56ça passe par ça,
27:57ça,
27:57ça ?
27:57Alors,
27:58peut-être que c'est mon ADN
27:59aussi de démocratisation,
28:00d'éducation,
28:01etc.
28:02Mais effectivement,
28:03typiquement,
28:03les robots,
28:04des fois,
28:05j'entends dire
28:05que ça peut faire peur
28:07mais pourquoi ça fait peur ?
28:08En fait,
28:09parce que c'est méconnu
28:09et quand c'est méconnu,
28:11tout ce qui est méconnu
28:11fait peur.
28:12Donc,
28:12à partir du moment
28:13où on comprend ce qu'il y a,
28:14qu'en fait,
28:14finalement,
28:17que ça
28:17et que c'est comme
28:18un ordinateur,
28:19bon,
28:19plus personne n'en a peur.
28:20Et donc,
28:21c'est la pédagogie
28:21qui permet ça
28:22en grande partie.
28:24Et donc,
28:25oui,
28:26je ne sais pas
28:26si on met le dossard
28:29de ça,
28:30je n'en sais rien,
28:30mais en tout cas,
28:31ce qui est certain,
28:31c'est que nos clients
28:33satisfaits
28:33sont les clients
28:34qu'on a bien accompagnés
28:35dans cette démarche
28:36effectivement
28:36de compréhension de valeur,
28:38de compréhension technologique,
28:39etc.
28:40Mathieu Dutine,
28:40c'est vrai que c'est
28:41vraiment un enjeu
28:42de compétitivité,
28:42tout ça,
28:43quels seraient les leviers
28:44pour permettre d'accroître,
28:47d'investir plus ?
28:50Je vais reprendre peut-être
28:51très très rapidement
28:52certaines des choses
28:53qui ont été dites,
28:53mais finalement,
28:55déployer la technologie
28:56sur les bons cas d'usage,
28:57comme vous l'avez très bien dit,
28:59c'est la base,
29:00c'est le point de départ.
29:01Il y a un élément
29:02très intéressant
29:03dont on n'a pas encore
29:04parlé complètement,
29:05mais sur lequel vous avez,
29:07vous êtes rapidement passé
29:08tout à l'heure,
29:08c'est la collaboration
29:10entre les grands groupes
29:11et les PME
29:11et les ETI.
29:12On a fait cette étude
29:13avec la fabrique
29:14avec un regard
29:15PME et ETI
29:16parce que beaucoup
29:17des grands groupes
29:18qui sont traditionnellement
29:19là où McKinsey intervient
29:22ont des difficultés
29:23avec l'embarquement
29:25de leurs partenaires
29:27PME et ETI.
29:28Et c'est pour ça
29:29qu'on voulait comprendre
29:30le taux d'adoption
29:32et les freins.
29:34Et finalement,
29:34créer une collaboration,
29:36une intégration
29:37dans les grands programmes
29:38industriels
29:39entre les grands groupes
29:40et les PME et ETI,
29:42comme par exemple
29:42Toyota le fait
29:43avec ses sous-traitants,
29:44c'est un exemple très connu,
29:46faire de la R&D en commun,
29:48co-investir,
29:49développer des stratégies
29:50d'investissement
29:51et de développement
29:52sur le long terme ensemble,
29:54embarquer
29:55et avoir des équipes communes,
29:57ça c'est la clé
29:57pour effectivement
29:58passer à l'échelle
29:59comme on l'a dit précédemment
30:00et créer de la valeur
30:01en travaillant
30:01sur les bons cas d'usage.
30:02Ça c'est un élément
30:03très très important
30:04pour débloquer
30:05un peu la valeur.
30:07Le troisième point,
30:08c'est la culture.
30:09Vincent en a parlé,
30:11on peut parler de culture
30:12au niveau du secteur industriel
30:14mais aussi dans une entreprise.
30:16Le déploiement
30:17de nouvelles technologies
30:18doit s'accompagner
30:20d'une gestion du changement,
30:21d'un accompagnement.
30:22Alors c'est là
30:23où les cabinets de conseil
30:24en général
30:25interviennent bien sûr
30:26mais c'est un élément
30:27qui est essentiel
30:28dans la réussite
30:29et la création de valeur
30:30de ces transformations.
30:31Puis le dernier point,
30:32c'est la montée en compétences.
30:33Je pense que vous en avez parlé
30:34Vincent tout à l'heure,
30:37éduquer les salariés
30:38à tous les niveaux
30:39depuis la direction générale
30:40jusqu'aux opérateurs
30:41sur évidemment la valeur,
30:44les nouvelles pratiques
30:45managériales
30:45qui doivent être mises en place,
30:46c'est absolument essentiel
30:47pour que ça réussisse
30:48et pour qu'une transformation réussisse.
30:50Donc c'est en fait
30:50un ensemble d'éléments
30:51qui pris indépendamment
30:53ne vont pas marcher
30:54ou ne vont pas créer
30:55la valeur attendue
30:55et qui pris ensemble
30:57vont clairement démultiplier l'impact.
30:59Je reviens
30:59sur ce travail en commun.
31:01Comment est-ce qu'on peut
31:02justement favoriser
31:04ce travail entre gros groupes
31:05dont vous parliez,
31:06petites entreprises ?
31:08C'est vrai que c'est
31:09parfois en laissant
31:10plus hermétiques
31:11et sans beaucoup de communication.
31:12Comment est-ce qu'on pourrait
31:14progresser là-dessus ?
31:15C'est une excellente question.
31:16Je ne crois pas
31:17qu'il y ait une recette miracle.
31:21Si on s'inspire un peu
31:22de ce qui a été fait
31:23dans un secteur
31:24comme la construction
31:25qui est fameux
31:27pour des relations
31:28extrêmement conflictuelles
31:29entre les grands donneurs d'ordre
31:30et les sous-traitants,
31:31on voit que des contrats
31:33collaboratifs
31:33qui finalement
31:35mettent toutes les parties ponentes
31:37d'un projet
31:37sous un même contrat
31:39changent un peu
31:40les façons de travailler.
31:42C'est très pragmatique
31:44de dire que
31:45finalement,
31:46via l'angle contractuel,
31:47via l'angle des achats,
31:48changer les relations contractuelles,
31:52être tous ensemble
31:53sous un même
31:54parapluie contractuel
31:55va aider.
31:56Donc,
31:58développer des accords cadre
31:59dans l'industrie,
32:01des accords de long terme,
32:02du partage de la valeur
32:03sur la réussite
32:04ou l'échec d'ailleurs
32:05de grands projets,
32:06c'est un des éléments clés
32:07pour améliorer la collaboration.
32:10Donc,
32:10voilà,
32:10partage,
32:11partage des risques,
32:11partage de la valeur
32:12et un cadre contractuel
32:14qui permet de formaliser
32:16tout ça finalement.
32:17Et si,
32:18pour vous,
32:19il devait y avoir
32:19un levier important
32:21pour vraiment remédier
32:22à ce manque
32:23d'investissement technologique,
32:24ce serait lequel ?
32:25Au risque de me répéter,
32:27je reviendrai sur
32:29en fait ce point
32:30de mener des projets ensemble
32:31dans un écosystème.
32:33Je pense que
32:34les entreprises
32:35qui vont mener
32:36des transformations digitales,
32:37qui vont chercher
32:38des investissements
32:39dans la technologie seule,
32:41ont évidemment
32:42une fragilité
32:43qui est incomparable
32:44avec un écosystème
32:46qui va aller chercher
32:46du financement
32:47pour un projet
32:48qui dépasse
32:48une entreprise seule.
32:50Vincent,
32:50justement,
32:52quel axe de progression
32:54est-ce que vous souhaiteriez
32:55mettre en avant
32:56en priorité ?
32:58Alors,
32:58je t'ai parlé tout à l'heure
32:59de ces entreprises réfractaires
33:01et qu'il va falloir
33:03à un moment comprendre
33:04pour réussir
33:06à les accompagner.
33:08Il y a autre chose
33:09qui transparaît
33:10dans l'étude,
33:11dans cette étude-là
33:12et dans d'autres,
33:12c'est que
33:13l'industrie française,
33:14il faut bien le dire,
33:15elle a une composition
33:17sectorielle
33:18qui est,
33:19dans l'ensemble,
33:20plutôt défavorable
33:21à la productivité.
33:22C'est-à-dire que,
33:24si vous la comparez
33:24à l'industrie allemande,
33:25on sait bien
33:26qu'elle est plus réduite
33:27en taille,
33:27si vous ramenez ça
33:28au point de PIB,
33:29mais en plus,
33:30les secteurs
33:31intensifs en connaissance,
33:33intensifs en investissement
33:34et en technologie,
33:36ils occupent
33:37une proportion plus réduite
33:38en France
33:39que dans d'autres pays.
33:40Ce qui veut dire quoi ?
33:40Ça veut dire
33:41qu'on a un tissu productif
33:42qui se renouvelle peut-être
33:43insuffisamment vite,
33:45qui investit de ce fait
33:47insuffisamment.
33:48Si vous comparez
33:49deux entreprises
33:50à secteurs donnés,
33:52dans l'agroalimentaire française
33:53et l'agroalimentaire allemande,
33:54dans l'automobile française
33:55et l'automobile allemande,
33:57les comportements
33:57des entreprises
33:58sont assez similaires,
33:59en fait.
33:59Mais il y a un effet
34:01de composition
34:01qui est de plus en plus prégnant
34:04et ça,
34:04il faut l'avoir en tête.
34:06Malheureusement,
34:07un des effets
34:07du numérique,
34:09c'est que ça accroît
34:10plutôt les disparités
34:11entre entreprises
34:12et entre secteurs
34:13plutôt que ça les rapproche.
34:15Dans l'étude,
34:16on montre bien
34:17que si on prend pour acquis
34:19les perspectives
34:20d'investissement
34:21que nous ont donné
34:22les répondants
34:23des différents secteurs
34:24et des différents pays,
34:25que ce soit
34:26les trois pays
34:27entre eux
34:28ou les différents secteurs
34:29français entre eux,
34:31les taux d'équipement
34:32dans les différentes technologies
34:33vont a priori
34:35se disperser
34:36plutôt que converger
34:37vers une moyenne.
34:37Le numérique
34:38est à la fois facteur
34:39de performance
34:41pour les entreprises
34:42qu'il adopte
34:43et facteur
34:44d'inégalité
34:45de progression
34:46au sein des secteurs
34:48à cause justement
34:49de ces conditions
34:50du succès
34:51qui ne sont pas
34:52toujours déployées.
34:53Ça, c'est absolument
34:53important
34:54à mettre en œuvre.
34:57Le numérique
34:57doit être
34:59réintégré
35:00comme
35:01un ingrédient
35:02mais un ingrédient
35:03seulement d'une transformation
35:04qui mobilise
35:04plus largement.
35:06Je crois d'ailleurs
35:07que la compétition,
35:09la concurrence
35:09qui nous arrive,
35:11la concurrence chinoise
35:12sur les secteurs
35:13à plus forte valeur ajoutée
35:15va venir
35:16aiguillonner
35:18les industries françaises
35:19et européennes
35:19qui vont devoir
35:20se repositionner
35:21et peut-être
35:22accroître
35:23leur effort.
35:24Je crois
35:24qu'on est sur
35:25un moment de bascule,
35:26un moment de vérité.
35:27En gros,
35:29jusqu'à avant
35:30le Covid,
35:31les chaînes de valeur
35:33mondiales
35:33étaient de plus en plus
35:34fragmentées.
35:34Ça veut dire quoi
35:35concrètement ?
35:36Ça veut dire
35:36que les entreprises
35:37achetaient au meilleur coût,
35:39au mieux disant,
35:40où que soient situés
35:41leurs fournisseurs
35:43ou leurs sous-traitants.
35:44À l'heure où aujourd'hui
35:45on parle de souveraineté économique
35:47et de souveraineté industrielle,
35:48en gros depuis le Covid
35:49et depuis la montée
35:50des risques énergétiques
35:52et des risques de conflit,
35:54alors une nouvelle question arrive.
35:57Les industriels,
35:57les chefs de file,
35:59doivent-ils privilégier
36:01des approvisionnements
36:02locaux ou régionaux
36:04quitte à ce que ça leur coûte
36:05un peu plus cher ?
36:06Jusqu'à présent,
36:07on ne peut pas parler
36:08de mouvements de bascule,
36:09mais on voit bien
36:10que la question
36:10elle est dans l'air,
36:11la question elle est partout.
36:12Et si cette mobilisation
36:17en faveur d'une souveraineté industrielle
36:19devait s'incarner,
36:20devait se prolonger,
36:21alors il n'y aura
36:23pas d'autres issues possibles
36:25que pour l'ensemble
36:26du tissu productif
36:26de faire un véritable effort
36:29d'équipement en technologie
36:30de production,
36:31de monter en compétitivité,
36:32parce que évidemment
36:33par rapport à la concurrence
36:35telle qu'elle est aujourd'hui,
36:36pour l'instant,
36:37on a encore un petit déficit
36:38à rattraper.
36:39C'est ça qu'un élément
36:40dont on n'a pas parlé,
36:41c'est la dimension européenne,
36:42parce que là,
36:43on a parlé Allemagne,
36:45Italie, France,
36:46mais quand on parlait
36:47de réponses aussi communes,
36:48il peut y avoir
36:49une réponse européenne
36:51dans tout ça.
36:52Oui,
36:53alors on n'est pas
36:55à l'intérieur
36:55des décisions
36:56des entreprises,
36:57je veux dire,
36:58on n'a pas la télécommande.
36:59Aujourd'hui,
37:00il me semble
37:01qu'à l'échelle européenne,
37:02on a un marché
37:03qui est libre
37:04et concurrentiel,
37:05qui fonctionne très bien,
37:06qui est un atout économique
37:07de premier plan,
37:08donc on a évidemment
37:09des entreprises
37:10qui ont tendance
37:11à raisonner
37:12sur leurs approvisionnements
37:13à l'échelle européenne
37:15à minima,
37:15parfois d'ailleurs
37:16à une Europe étendue
37:18de l'autre côté
37:18de la Méditerranée
37:19et vers l'Est également.
37:23Mais effectivement,
37:25il y a un léger mouvement
37:26de,
37:27on appelle ça
37:28régionalisation
37:28des chaînes de valeur,
37:29c'est-à-dire que
37:30les grands industriels
37:31ont tendance
37:31à reconcidérer
37:32la possibilité
37:33de s'équiper
37:34plus localement
37:34ou en tout cas
37:35de diversifier
37:36leurs approvisionnements,
37:37leurs fournisseurs.
37:39Aujourd'hui,
37:40on a quand même,
37:41il s'agit d'un petit ajustement
37:43par rapport
37:43à une tendance globale
37:45qui est celle
37:46d'un maintien
37:46d'une industrie
37:47très mondialisée,
37:48si les conflits
37:49dont on parle
37:50tout le temps
37:50vont croissant,
37:52si demain,
37:53les industriels,
37:54lorsqu'ils s'équipent
37:55en robots
37:56ou en puces
37:57RFID
37:58ou que sais-je,
37:59doivent choisir
37:59entre des fournisseurs
38:01intégralement chinois
38:02et intégralement américains
38:03parce que de toute façon,
38:04dès lors que vous avez intégré
38:05un composant,
38:06la planète se divise en deux
38:08et votre clientèle aussi,
38:09il va falloir
38:11de toute façon
38:12sans doute
38:13songer
38:15dans des configurations nouvelles
38:16à ce que sont
38:19les compétences industrielles
38:20d'une Europe élargie
38:22et de ces entreprises.
38:24Marc-Henri Frun,
38:26vous,
38:26qu'est-ce qui vous a aidé
38:27pour vous développer en France ?
38:28Est-ce que vous avez l'impression
38:29d'avoir participé à,
38:31il y a bien Vivier
38:31de Scale-Up
38:33qui vous a permis
38:34de vous pousser
38:34et de développer justement
38:35les technologies
38:36de votre recherche ?
38:37En tout cas,
38:38ce qui est certain,
38:39c'est que la BPI,
38:42la Banque Publique d'Investissement,
38:44tous les labels FrenchFab,
38:46etc.,
38:46stimulent fortement
38:47ce genre d'initiatives.
38:49Donc effectivement,
38:50on se sent,
38:50on va dire,
38:52entouré de paires
38:53qui aussi vivent
38:54des expériences
38:55qui sont plus ou moins similaires
38:56et donc ça donne encore
38:57en plus envie
38:58effectivement
38:58de nous inspirer
39:00d'histoires fructueuses,
39:03etc.
39:04Et en fait,
39:05à travers ça,
39:06je pense qu'il y a
39:06un sujet de fond
39:07où j'aimerais vraiment
39:09que l'industrie
39:10soit remise
39:11vraiment au goût du jour
39:12et je pense que c'est vraiment
39:13ce sur quoi
39:16aujourd'hui
39:16la BPI notamment
39:18travaille.
39:19Mais c'est vrai que
39:20moi, par exemple,
39:20quand je suis sorti
39:21d'école d'ingénieur,
39:22assez peu de mes collègues
39:25sont allés dans l'industrie.
39:27Ils sont plutôt allés
39:28dans d'autres secteurs
39:28d'activité, etc.,
39:29plutôt de services, etc.
39:31Et ce n'est pas
39:31une mauvaise chose
39:32mais ce qui est certain,
39:33c'est que l'industrie,
39:34pour moi,
39:34est une des clés de voûte
39:35quand même
39:35d'une économie saine,
39:37souveraine, etc.
39:39Et donc,
39:39je pense que c'est tout ça aussi
39:41qui est en train
39:41d'être re-challengé,
39:42qui va permettre,
39:44je pense,
39:44de créer des nouveaux
39:45parcours de carrière
39:47qui étaient peut-être
39:48un peu perdus
39:49à des moments
39:49et ce sur quoi,
39:50nous, Nirio,
39:51en tout cas,
39:51on pousse,
39:52on prône
39:53et c'est aussi pour ça
39:54qu'on vend des robots
39:55également
39:55dans la partie éducative.
39:59Mais ça,
40:00ça vous a aidé
40:00pour aller vraiment
40:01dans l'innovation,
40:02dans la recherche,
40:03dans l'objectif
40:04d'une technologie de pointe
40:05qui n'existe pas ailleurs.
40:07Oui, exactement.
40:08Et en fait,
40:08je pense que ça,
40:08c'est aussi
40:10le gros atout
40:11en France,
40:11c'est qu'on a
40:12quand même
40:12des cerveaux,
40:14des bons cerveaux,
40:15des bons ingénieurs.
40:16Donc, finalement,
40:16on peut aussi recruter
40:18des talents
40:19pour nous permettre
40:19d'avoir
40:21ces technologies de rupture.
40:22Et je reviens
40:23sur les sujets
40:23de concepts d'Europe,
40:24mais c'est vrai que pour nous,
40:25par exemple,
40:26il a été plus facile
40:27de vendre
40:27et d'exporter aux Etats-Unis
40:29que de vendre
40:29et d'exporter
40:30en Europe,
40:31en Allemagne, etc.
40:32Donc, c'est quand même
40:34pas si évident finalement
40:35d'avoir une Europe unifiée
40:36quand il y a quand même
40:37des barrières aussi culturelles,
40:38des barrières
40:40assez profondes finalement
40:41qui sont historiques.
40:42Donc, j'espère
40:43qu'on arrivera
40:43à trouver une façon
40:45d'encore mieux
40:46travailler tous ensemble
40:47parce que je suis d'accord
40:47que la France,
40:48c'est une bonne chose,
40:49mais je pense qu'il faut
40:49qu'on arrive à s'allier
40:51et créer effectivement
40:52des partenariats stratégiques.
40:53Que ça soit déjà en France,
40:54ce serait très bien,
40:55mais effectivement,
40:55à l'échelle européenne,
40:56ça serait encore plus puissant,
40:58je pense.
40:58Et pour terminer là-dessus,
41:00c'est vrai qu'on sent
41:01quand même qu'il y ait
41:01une vraie culture industrielle
41:03qui s'inscrit petit à petit
41:05et chaque année
41:05de plus en plus en France.
41:08Oui, je pense que
41:09la renaissance industrielle
41:10effectivement fait partie
41:11des piliers de la croissance
41:13et de la prospérité
41:14et de la souveraineté
41:15de la France et de l'Europe,
41:16comme on vient de le dire.
41:17Donc, nous,
41:18on porte cette idée
41:19très fortement.
41:20Et peut-être pour conclure
41:21et refaire le lien
41:21avec ce qu'on vient de dire
41:22sur les talents
41:24et notre étude,
41:25il y a un élément
41:26très rassurant finalement
41:27dans l'étude
41:28qui est
41:30le sujet
41:31des compétences
41:31et des talents.
41:32Les industriels français
41:34ne voient pas
41:35les talents
41:35et le manque de compétences
41:36comme un problème
41:38pour passer à l'échelle,
41:40pour adopter
41:40plus de technologies
41:41alors que nos voisins allemands
41:42et italiens
41:44mettent en avant
41:44le manque de talent
41:45comme un sujet majeur.
41:47Donc, voilà,
41:47construisons sur cette force
41:49qui est formidable.
41:50Je crois qu'on a
41:5240 000,
41:5350 000 ingénieurs
41:54diplômés tous les ans.
41:56Formons plus d'ingénieurs
41:57et construisons
41:59sur cette remarquable force
42:01pour accélérer
42:03la renaissance industrielle
42:03en France.
42:04Merci beaucoup
42:05Mathieu Dussud,
42:06je rappelle que vous êtes
42:07directeur associé
42:07chez McKinsey,
42:08responsable en France
42:09du pôle de compétences
42:10industrielles avancées.
42:12Marc-Henri Frant,
42:13vous êtes fondateur
42:14et CEO de NIRIO
42:15et Vincent Charlet,
42:16directeur général
42:16de la fabrique
42:17de l'industrie.
42:18Merci beaucoup
42:19à tous les trois
42:19de nous avoir éclairés
42:20sur ces sujets.
42:22Merci à vous tous
42:23et tous
42:23de nous avoir suivis.
42:24C'était Smart Industries.
42:28Ce programme vous a été présenté
42:30par la Fabrique de l'Industrie,
42:31Laboratoire d'idées.
42:33Sous-titrage Société Radio-Canada
42:34de l'Industrie.
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