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  • il y a 18 heures
Le marché de l'art ne fait pas exception aux risques de blanchiment d'argent et les professionnels doivent s’adapter aux exigences croissantes de la réglementation. Pour les accompagner dans leurs démarches de conformité, Violette Taquet, a fondé la plateforme Eunomart. Elle nous livre ses premières analyses sur un secteur qui s’approprie progressivement ces nouveaux outils et obligations.

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Transcription
00:04En lien avec notre dernière émission sur la vulnérabilité du marché de l'art face au risque de blanchiment d
00:09'argent et de financement du terrorisme, je suis ravie d'accueillir en plateau Violette Taquet, bonjour.
00:13Bonjour.
00:14Vous êtes fondatrice et PDG de Nomart, donc vous avez monté cette plateforme pour accompagner les professionnels dans leur obligation
00:19de conformité.
00:21Et pour la première fois, vous avez réalisé une analyse grâce aux données des professionnels que vous accompagnez.
00:26Dans cette première analyse, vous dites que 2025 est un tournant, une vraie année d'application des règles. Pourquoi est
00:33-ce que 2025 en particulier ?
00:34Exactement. Ce qu'on dit, l'analyse qu'on fait de tous ces chiffres qu'on a réussi à mettre
00:40en place, c'est que c'est l'année du passage à l'action.
00:43On observe 2022, les choses étaient compliquées à mettre en place, il fallait surtout jouer sur la pédagogie auprès des
00:50professionnels du marché de l'art.
00:522023, 2024, on sent qu'ils commencent un petit peu à tâtonner, à faire les premières recherches sur les clients,
00:57à vraiment creuser toutes ces procédures, à formaliser.
01:00Parce que généralement, ils avaient déjà une connaissance client, les professionnels de l'art.
01:03Mais pas réellement formaliser pour correspondre aux attentes du Code monétaire et financier.
01:08Donc là, il fallait vraiment commencer à structurer les choses et à passer la seconde, entre guillemets, dans l'application
01:14de la réglementation.
01:16Et 2025, c'est vraiment l'année où nos clients ont doublé leur usage de notre plateforme, donc ont vraiment
01:24commencé à se saisir de l'outil.
01:27A aussi, ce qui est important, et je pense que c'est ce que la tech permet, ce qu'un
01:31logiciel tech permet de faire, c'est qu'on se rend compte que ça devient un process généralisé.
01:35En général, quand ils se disent « on va appliquer la lutte anti-blanchiment », la première méthode, c'était
01:41d'impliquer une personne de l'établissement, de la structure, chez le commissaire-priseur ou dans la galerie d'art,
01:46d'impliquer une personne dans la lutte anti-blanchiment.
01:48Aujourd'hui, ils se rendent compte que pour que ce soit efficace, il faut impliquer tout le monde.
01:52D'accord, donc pas forcément créer un poste en particulier pour répondre à ces obligations.
01:57Exactement. Après, dans les très grosses structures, il faut un poste, évidemment.
01:59Mais on se rend compte que maintenant, tout le monde est au courant de la lutte anti-blanchiment et que
02:03le vendeur, celui qui est en contact avec le client, l'administratif, tout le monde peut avoir un impact sur
02:09la compréhension du cas client et en fait, du coup, appliquer la lutte anti-blanchiment.
02:13Et en fait, notre outil permet justement d'impliquer toute la structure dans la lutte anti-blanchiment, de mettre en
02:18place une méthodologie et donc d'appliquer concrètement et de passer à l'ère de l'action.
02:24Et donc maintenant, c'est ce qu'on observe auprès de nos clients et de tous ceux qui nous ont
02:27rejoints récemment.
02:30On a analysé plus de 12 000 transactions en 2025.
02:33Oui, c'est ça. Au-delà de cette année un peu rupture, le premier constat que vous faites de ces
02:39chiffres, c'est de la croissance énorme de la prise de conscience et de l'implication de ces actes.
02:44On avait déjà beaucoup de clients et on a fait quand même plus de 78% de vérifications sur notre
02:51plateforme. Donc 12 300 transactions.
02:55Et les profils de ces acteurs, c'est des petites structures justement ?
02:58Alors, on a les deux. En fait, on a les toutes petites structures des galeristes qui sont parfois tout seuls
03:03à la galerie et qui font peu de transactions, mais qui du coup n'ont pas les ressources ni le
03:07temps pour se pencher sur la lutte anti-blanchiment et qui ont besoin d'un outil pour les accompagner.
03:11Et il y a aussi de très grosses structures, des très grosses maisons de vente ou galeries internationales qui, elles,
03:16ont besoin justement de structures pour les plusieurs personnes qui vont collaborer pour la mise en place de la réglementation.
03:22Donc un marché de l'art de plus en plus en conformité. C'est ça le résultat, enfin en tout
03:26cas la conclusion.
03:27Mais c'est la bonne nouvelle, oui. C'est que c'est faisable, en fait.
03:30Oui, que c'est faisable.
03:30C'est ce que les chiffres prouvent, c'est que c'est faisable, que les professionnels de l'art s
03:35'y mettent et donc maintenant les contrôles vont de mieux en mieux se passer, on l'espère.
03:39Quels sont les points quand même de friction encore ? Il y a encore beaucoup d'interrogations, etc. Est-ce
03:46qu'ils ont encore ce sur quoi il faut encore progresser ?
03:49Alors je dirais que le point principal sur lequel il va falloir progresser, ce n'est plus la compréhension.
03:55Alors il faudra toujours avancer sur la compréhension, la pédagogie et la mise en pratique.
03:59Mais pour tous ceux qui ont passé ce cap-là, les prochains points de friction, ce sera la qualité de
04:03la donnée qu'on arrive à récupérer sur les clients.
04:07Parce que typiquement, il faut vérifier si les clients sont dans des bases de sanctions, si ce sont des personnes
04:12politiquement exposées ou non.
04:14Et en fait, il y a plusieurs typologies de clients qui peuvent poser problème avec beaucoup d'homonymie,
04:19ou alors des personnes qui ne sont pas sur la toile, pas trouvables sur Internet.
04:24On n'a aucune information et ça devient des profils très opaques.
04:28La technologie permet au fur et à mesure de collecter l'information sur les clients.
04:33Mais il va falloir creuser encore un peu ce sujet pour éviter les faux positifs, l'homonymie, les mauvais résultats,
04:40etc.
04:40Justement, vous parlez de la technologie, vous indiquez dans ce rapport que vous développez avec de l'IA.
04:45En quoi ça va vous aider ?
04:47Justement, pour essayer de récupérer une information qui est de plus en plus fiable à propos du client,
04:53l'IA permet d'aller collecter les informations pour rien que créer un profil client.
04:57Une page LinkedIn, une page Doctolivre, une page Papers.
05:01Et en fait, lire toute l'information disponible sur Internet et la trier permet déjà d'aider à la compréhension
05:09du profil client.
05:10On parlait justement qu'elle allait bientôt avoir un contrôle gaffi.
05:14Donc justement, c'est plutôt positif.
05:16C'est-à-dire que là, toutes ces personnes que vous accompagnez, ils sont plutôt prêts à recevoir ce genre
05:20de contrôle ?
05:21Absolument.
05:21Parce qu'ils ont tous les dossiers possibles.
05:23Et c'est les bonnes nouvelles aussi que démontre notre premier rapport de l'année.
05:27C'est que peu de transactions sont réellement à risque a priori.
05:32Il y a à peu près 10% des transactions pour lesquelles il faut mettre en place des vigilances complémentaires.
05:38Ce qui est bien, c'est que maintenant, les professionnels ont compris qu'il fallait mettre les mesures de vigilance
05:42en place
05:42pour toutes les transactions qui dépassent le seuil des 10 000 euros de dépense.
05:46Et dans les cas où il y a des éléments à risque, creuser, approfondir, mettre des vigilances complémentaires et suivre
05:52les process.
05:53La bonne nouvelle, c'est ça.
05:54C'est que oui, le marché s'y met.
05:57Oui, ils comprennent bien les buts et la façon de le faire.
06:01Et non, il n'y a pas non plus tant de transactions que ça à risque sur le marché de
06:06l'art.
06:06Et c'est ce qu'on aimerait réussir à prouver aussi avec Nomart.
06:08Merci beaucoup Violette Taquet.
06:09Je rappelle que vous êtes fondantrice et PDG de Nomart.
06:12Et tout de suite, on passe à l'interview du week-end.
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