00:01Damien Biard, bonjour. Merci de vous accompagner ce matin.
00:03Vous êtes le directeur général délégué de Elena Santé,
00:06un groupe qui a publié ses résultats la semaine dernière.
00:08Un chiffre d'affaires en croissance de plus de 10%,
00:11un EBITDA en hausse de plus de 5% à 162 millions d'euros.
00:15Alors, le groupe est historiquement implanté dans les EHPAD,
00:18mais vous êtes diversifié également et c'est ce qui tire votre croissance,
00:21grâce notamment à l'hospitalisation à domicile.
00:24Est-ce que vous pouvez nous rappeler un petit peu les différentes activités,
00:27les différentes branches de Elena Santé ?
00:29Alors, vous l'avez dit, Étienne, nous sommes une entreprise globale de santé,
00:33une entreprise familiale à mission,
00:35qui intervient sur différents segments de santé.
00:38Vous avez cité l'activité d'hospitalisation à domicile,
00:42qui est aujourd'hui un segment très dynamique,
00:44mais nous soignons et prenons soin de personnes fragilisées
00:47dans des activités très différentes,
00:49donc des cliniques de réadaptation, avant ou après une chirurgie,
00:53dans des cliniques chirurgicales, dans des cliniques psychiatriques,
00:57dans des hôpitaux à domicile, vous l'avez dit,
00:58mais aussi dans des EHPAD, donc des maisons de retraite très médicalisées.
01:01C'est de l'ambulatoire ? Ce n'est pas des patients qui restent plusieurs semaines, par exemple ?
01:06Alors, ce sont des activités dans les murs,
01:08donc des EHPAD ou des cliniques de réadaptation,
01:10vous pouvez y rester évidemment jour et nuit,
01:12mais c'est aussi des soins ambulatoires,
01:14notamment à domicile,
01:15où là, nous allons faire des prises en soins très expertes médicalement,
01:19sur tout type de pathologie.
01:20Avec aujourd'hui une activité qui est en forte croissance,
01:23sur cette activité que vous dites Sanitaire France,
01:25plus 12%, quand l'activité EHPAD est en croissance de plus de 2-3%,
01:30un taux d'occupation qui est au-delà des 90%,
01:33c'est mieux que certains concurrents.
01:36Néanmoins, vous avez quand même toujours du mal
01:38à retrouver les niveaux d'occupation d'il y a 5-6 ans.
01:39Comment aujourd'hui vous arrivez à reconquérir
01:43un petit peu l'opinion publique ?
01:45Après, on se souvient, le bouquin de Victor Castané,
01:48alors ça ne concernait pas Hélène Assanté,
01:50ça concernait l'un de vos concurrents,
01:51mais c'est vrai qu'on est dans un secteur
01:53qui est parfois critiqué,
01:55qui cherche un petit peu sa place dans l'opinion publique.
01:58Alors, c'est un secteur, oui, qui a subi,
02:01vous l'avez dit, un certain nombre de foudre médiatique,
02:03avec l'affaire Orpéa,
02:05qu'un certain nombre d'auditeurs doivent avoir à l'esprit.
02:07Maintenant, les marchés de la santé
02:09sont des marchés extrêmement dynamiques.
02:12Nous avons la chance d'opérer sur des secteurs
02:14à très forte visibilité.
02:16Peu d'acteurs économiques peuvent, je dirais,
02:19se satisfaire d'avoir des secteurs aussi résilients.
02:22Je vous donnerai juste quelques exemples
02:24de cette dynamique de marché.
02:27Regardez la croissance du nombre de personnes âgées dépendantes.
02:30En 2000, nous avions 2,2 millions de personnes
02:33âgées de plus de 80 ans en France.
02:35C'est 4,5 millions en 2025.
02:39Et nous aurons 8 millions de personnes de plus de 80 ans en 2050.
02:43Donc, voilà, sur ce segment du vieillissement de la population,
02:46vous voyez les métriques de croissance.
02:48Si on parle des maladies chroniques
02:50que nous soignons dans nos cliniques de réadaptation,
02:52on est aussi sur des croissances extrêmement importantes.
02:5515 millions de nos concitoyens sont aujourd'hui touchés
02:57par des maladies chroniques.
02:59Et si on parle de l'hospitalisation à domicile
03:02et du virage ambulatoire que vous soulignez tout à l'heure,
03:05c'est vrai qu'il faut l'avoir en esprit.
03:06Ce sont des activités qui croisent de 10% par an.
03:08On est passé de 1,5 million de journées à domicile
03:10à plus de 8 millions en 2025,
03:12avec une croissance pour la santé de 20% sur ce segment.
03:16Donc, des marchés extrêmement porteurs
03:17qui justifient effectivement les résultats que vous évoquiez,
03:20avec une croissance du chiffre d'affaires
03:21qu'on retrouve dans notre bottom line,
03:23avec 10% de croissance du résultat net à plus de 24 millions d'euros.
03:26– Avec un virage également qui a été pris sur la partie immobilière,
03:29dans le sens où c'est des certains immeubles,
03:34certains biens immobiliers.
03:35Ça, ça participe notamment à votre désendettement,
03:37un désendettement qui est de l'ordre d'une fois l'Ebidda.
03:40– Alors, c'est très juste.
03:42Nous, on a fait un choix aussi très singulier
03:43par rapport à l'ensemble des acteurs du secteur,
03:45puisque c'est peut-être ça que vous aviez à l'esprit.
03:47Nous n'avons jamais voulu détenir nos murs.
03:50En revanche, nous voulons maîtriser la conception,
03:52la construction et l'exploitation.
03:53Donc, ça veut dire que nous réalisons nous-mêmes les constructions,
03:57nous portons ces encours immobiliers
03:59et ensuite, nous les externalisons à des investisseurs.
04:01Et donc, effectivement, nous avons eu une très belle dynamique en 2025
04:04avec une multiplication par 4 du volume d'activité immobilière.
04:08– Vous l'avez vu, le 10 ans français a vu son rendement progresser
04:11ces dernières semaines avec le conflit en Iran,
04:14la crainte d'un retour de l'inflation.
04:16Ça, ce n'est pas très bon l'inflation pour les EHPAD.
04:18On se souvient qu'en 2022, ça avait été difficile pour l'ensemble du secteur.
04:22Alors, à ce stade, on n'est pas du tout sur les mêmes niveaux d'inflation,
04:25bien loin de là.
04:26Mais comment vous regardez un petit peu le coût des intrants,
04:28le coût des salaires dans un segment
04:31où les marges sont certes supérieures chez vous
04:34par rapport à d'autres concurrents, mais quand même assez comprimées ?
04:36– Alors, on est très serein sur la trajectoire de nos marges.
04:42Sur les entrants que vous évoquiez, la plupart sont couverts
04:45par des instruments de couverture.
04:48– Sur l'énergie, notamment ?
04:49– Notamment sur l'énergie.
04:50Donc, on est sécurisé jusque dans deux ans, trois ans.
04:53Donc, c'est pour nous très confortable.
04:56Et s'agissant des salaires, en fait, ils sont couverts
04:58par les indexations tarifaires.
05:00Donc, ça, ça renvoie à la question de l'accompagnant par l'État,
05:02notamment sur les personnels soignants, des mesures sociales.
05:06Là, c'est une autre affaire.
05:09Mais en tout cas, aujourd'hui, notre trajectoire de croissance
05:10et de marge est parfaitement balisée.
05:13– Des salariés qui sont actionnaires, alors pas tous,
05:16mais sur les plus de 8 000 salariés que compte Elena Santé,
05:19aujourd'hui, plus de 2 000 salaires sont au capital.
05:22Tous ensemble, ils détiennent 10 % du capital,
05:24ce qui est quand même pas mal, assez remarquable,
05:27notamment pour une small and mid-cap, qui est Elena Santé.
05:30Comment, aujourd'hui, vous pouvez continuer à faire progresser
05:33cet engagement, notamment des salariés au capital d'Elena ?
05:37– La meilleure réponse, finalement, à apporter,
05:40c'est celle, tout simplement, de capter la croissance
05:43que nous offre le marché.
05:44J'ai expliqué tous ces relais de croissance
05:48que nous offre aujourd'hui le vieillissement de la population,
05:50le virage domiciliaire ou le développement des maladies chroniques.
05:53Donc, on a une feuille de route devant nous
05:56à travers le projet stratégie Grandir Ensemble
05:58qui embarque nos collaborateurs,
06:00les 2 000 collaborateurs, effectivement, associés au capital
06:03qui, aujourd'hui, participent à l'aventure entrepreneuriale
06:05et qui sont guidés par la croissance de nos marchés
06:07et la qualité de nos offres,
06:08puisque c'est une chose d'être sur un marché porteur,
06:11c'en est une autre d'avoir développé des offres
06:13qui répondent parfaitement
06:14et qui peuvent capter demain cette croissance du marché.
06:18– Alors, 2 000, c'est bien,
06:19mais ça ne fait qu'un sur quatre.
06:20Comment vous pouvez aller chercher les salariés restants ?
06:23Essayer de les embarquer dans la croissance du groupe,
06:25c'est important, l'actionnariat salarié ?
06:26– C'est pour nous essentiel,
06:28parce qu'aligner les intérêts, évidemment,
06:30entre l'intérêt stratégique et puis les acteurs du terrain,
06:34c'est pour nous essentiel.
06:35Qu'est-ce qu'on peut faire ?
06:36On a tout simplement un dispositif aussi d'épargne salariale
06:40qui permet aux collaborateurs de placer leur participation
06:43et leur intéressement dans un véhicule investi en titre de la santé.
06:48Puis après, je dirais que c'est par tout simplement
06:51la culture de notre projet stratégique
06:53qu'on va embarquer nos équipes dans cet actionnariat.
06:56– Ça peut être un moyen de rétention face à la pénurie de personnel ?
06:58Vous en êtes où d'ailleurs sur ce point ?
07:00Parce que c'est vrai qu'il y a quelques années,
07:01tout le secteur de la santé, des EHPAD aussi,
07:06souffrait de candidatures.
07:07C'était compliqué de garder le personnel,
07:09mais aussi d'en trouver de nouveaux.
07:11Comment aujourd'hui la situation évolue ?
07:13– Alors, ce sont des métiers pénuriques,
07:15vous avez raison de le souligner,
07:17qui sont souvent insuffisamment reconnus,
07:20que ce soit pour le contenu même des métiers
07:22ou pour l'accompagnement salarial.
07:25Donc, il mérite en effet d'être mis en avant et en valeur.
07:29Ce sont des métiers de vocation.
07:31Et pour, je dirais, travailler l'attachement de nos équipes,
07:36les recruter et les fidéliser,
07:38il faut un projet stratégique qui fasse du sens.
07:41Il faut incarner à travers des valeurs très simples,
07:43le sens du service.
07:45Je crois que nos équipes le portent au quotidien
07:47et c'est très bien.
07:48– Merci beaucoup, Damien Billard,
07:50nous a accompagné ce matin,
07:51directeur général de Héléna Santé,
07:53pour revenir sur les résultats annuels
07:54qui ont donc été publiés la semaine dernière.
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