Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 9 mois
Ce lundi 5 janvier, la surperformance du secteur bancaire en 2025 a été abordée par David Benamou, associé gérant et directeur des investissements d'Axiom AI, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00En portefeuille, nous avons le plaisir d'accueillir à présent sur le plateau de Good Morning Markets, David Benhamou.
00:07Bonjour David Benhamou.
00:08Bonjour.
00:09Merci d'être avec nous, vous êtes associé gérant et directeur des investissements d'Axiom AI.
00:13Nous allons regarder ensemble, ouvrir votre portefeuille, mais plus particulièrement, regarder le secteur bancaire
00:21et la surperformance du secteur bancaire en 2025.
00:24Le Stoxx Europe 600 Banks affiche une performance de l'ordre de 60%.
00:30Qu'est-ce qui explique cette surperformance des banques sur l'année 2025, David Benhamou ?
00:35Alors même un peu plus, on est en rendement à peu près à 77% pour le Stoxx Bank 600, donc dividende investique.
00:45Donc c'est effectivement une performance qui est très très élevée.
00:49Alors, il y a plusieurs facteurs. D'abord, le secteur bancaire se porte extrêmement bien depuis 22 trimestres
00:54puisqu'on a une croissance des bénéfices par action qui a été constante.
00:58Le point d'inflexion, effectivement, c'est 2025 parce que le bénéfice par action continue de croître.
01:05Les perspectives 2026 sont données comme positives, sont rehaussées par les analystes,
01:10alors que dans le même temps, le reste de la cote a vu le bénéfice par action en 2025 plutôt baisser,
01:16je dirais, si on mélange un petit peu tous les secteurs.
01:19Bien sûr.
01:20Donc on a une tenue du secteur bancaire qui se démarque par rapport au reste de la cote.
01:27Et elle s'explique comment alors cette tenue du secteur bancaire ?
01:30C'est une activité qui a particulièrement repris, c'est porté par les taux d'intérêt européens sur les dernières années.
01:35Comment on l'explique ?
01:37Pour l'Europe, ce qui s'est passé, le grand changement à partir de 2022, ça a été d'être dans une phase de taux positif
01:44puisque les banques européennes étaient en taux négatif pendant près de 8 ans.
01:51Taux négatif, ça veut dire que vous perdez à peu près 40% de votre marge nette d'intérêt.
01:55Donc les banques ont retrouvé la profitabilité à ce moment-là.
02:00Pendant toute cette période de taux négatif, les banques étaient aussi en restructuration.
02:05Elles ont accumulé beaucoup de capital, fait des efforts d'économie, compressé les coûts, etc.
02:12Donc elles sont arrivées dans une phase macroéconomique un peu plus favorable avec une situation extrêmement saine.
02:19D'où ces performances fondamentales qu'on a vues.
02:23Avant de parler de la performance boursière, il faut vraiment voir le bénéfice par action qui a augmenté,
02:27le retour sur fonds propres puisqu'on est au-dessus de 10%, on est entre 11 et 12% aujourd'hui.
02:34Et puis comme il y a beaucoup de capital qui a été accumulé, le rendement, dividendes plus rachat d'actions
02:40qui était aussi très intéressant puisqu'on est entre 8% aujourd'hui,
02:47ce qui démarque encore le secteur par rapport au reste de la cote.
02:50Donc les fondamentaux sont bons en 2025 pour les banques et ça vient porter le cours de bourse,
02:57si je comprends bien, avec des valeurs qui sont saines.
02:59Absolument, ça a apporté le cours de bourse.
03:01Il y a un effet aussi au report des investisseurs.
03:04C'est-à-dire que le secteur bancaire, c'est un secteur qui avait été déserté pendant assez longtemps.
03:09Et puis après, tous ces trimestres de croissance du bénéfice par action,
03:13les investisseurs ont décidé de réallouer au secteur bancaire.
03:18Ce qui fait que le secteur bancaire retrouve une place aujourd'hui dans les portefeuilles.
03:24Et 2025, ça a vraiment été ce point d'inflexion, ce qui a fait ce « re-rating » du secteur.
03:32Un attrait des investisseurs en 2025 qui devrait se poursuivre en 2026, selon vous ?
03:38Alors, c'est ce que nous pensons.
03:39D'abord, il y a toujours une décote, ça qui est intéressant sur le secteur bancaire
03:44par rapport au reste de la cote.
03:46On n'est pas tout à fait revenu aux médias historiques.
03:51Et puis, les perspectives sont plutôt bonnes,
03:54puisqu'on a une croissance des volumes de prêts, croissance des volumes de dépôts.
03:59Donc, ça veut dire que l'activité devrait continuer de progresser pour le secteur bancaire.
04:04On a des perspectives de rendement qui sont bonnes,
04:08puisqu'on a un rendement dividendes et rachats d'actions compris qui est aux alentours de 8 %,
04:13qui donnent quand même un portage tout à fait sympathique.
04:17Bien sûr.
04:18Et puis, quand on regarde le contexte macroéconomique,
04:22on a encore pas mal de clientes qui sont au vert,
04:24puisqu'on est taux directeur de la BCE à 2 %,
04:30qui est une zone relativement accommodante.
04:32C'est pas trop élevé, puis c'est pas trop bas non plus.
04:34Ça permet aux banques de gagner de l'argent sur les dépôts.
04:37Et le volume de prêts n'est pas non plus affecté.
04:41Quand on voit le narratif de la BCE,
04:43on a le sentiment que c'est un statu quo qui devrait durer...
04:46C'est ça, ça donne de la visibilité peut-être au secteur ?
04:48Exactement.
04:49Donc, on ne voit pas de changement de retour au taux négatif,
04:53en tout cas à court terme.
04:56Et puis, on a la consolidation.
04:58Donc, il y a des opérations qui se font.
05:01Alors, ce n'est pas des opérations énormes, transfrontalières,
05:03mais enfin, il y a pas mal d'opérations qui se font.
05:05D'accord.
05:06Et celles qu'on voit, elles se traduisent par des synergies de coûts,
05:12amélioration de la profitabilité,
05:14et donc de la valeur pour l'actionnaire.
05:17Donc, pour l'instant, on a plutôt des perspectives positives pour 2026.
05:21Perspective positive, parce que sous-valorisée aussi,
05:24selon vous, aujourd'hui, par rapport à la performance
05:27qu'elle pourrait avoir sur les marchés boursiers ?
05:29Alors, effectivement, on n'est pas encore revenu, en fait,
05:33à la médiane historique en termes de valorisation.
05:36C'est-à-dire que les banques, aujourd'hui,
05:39se valorisent à peu près 10 fois les résultats,
05:43contre 15 fois pour le reste de la cote.
05:46Donc, on a une belle décote encore aujourd'hui.
05:50Et donc, il faut aussi avoir en tête
05:55que le statut du secteur a quelque part changé,
06:00au sens où, lorsqu'on regarde toutes les réformes
06:02qui ont été réalisées, les réformes réglementaires,
06:06on a des banques, aujourd'hui,
06:08qui ressemblent, je dirais, un peu plus à des utilities,
06:12alors que, par le passé,
06:15les banques avaient beaucoup moins de capital,
06:16donc une activité très, très cyclique
06:18et beaucoup plus volatile.
06:20Donc, ça veut dire que les banques seraient moins cycliques,
06:21aujourd'hui, le secteur bancaire européen,
06:24en 2025 ou en 2026, serait moins cycliques
06:26que ce qu'on a pu connaître il y a quelques années ?
06:27Alors, c'est tout le travail qu'a fait le régulateur,
06:30après 2008.
06:33Toute l'ambition, en fait, de la réforme,
06:35c'était de rendre les banques moins cycliques,
06:37au point qu'on a même créé ce qu'on appelle
06:40un coussin contrat cyclique.
06:41Donc, c'est dire à quel point c'était l'objectif.
06:44Donc, voilà, aujourd'hui, on a le sentiment
06:48que les banques sont effectivement beaucoup moins risquées,
06:51en tout cas, elles sont contraintes, en fait,
06:52à la prise de risque.
06:54Donc, évidemment, le test, ce sera une crise qui arrivera
06:58pour voir si elles résistent mieux.
06:59Mais, effectivement, quand on regarde sur le papier,
07:01le capital, la liquidité,
07:03les prêts non performants,
07:05qui sont historiquement, à un niveau historique,
07:06très, très bas,
07:07on a le sentiment qu'il y a une transformation
07:09qui a été réalisée, en effet.
07:10Quand on parle du secteur bancaire au global,
07:13au niveau européen,
07:14est-ce que c'est un mouvement d'une seule et même marche
07:17ou est-ce qu'il y a ensuite des sous-compartiments
07:21et plusieurs secteurs bancaires, par exemple, en Europe ?
07:24Et si oui, quelles sont les valeurs
07:25qui font partie de l'un ou de l'autre ?
07:27Alors, absolument.
07:28Quand on pense banque,
07:29on se dit que toutes les banques se ressemblent
07:30et que tout ça, c'est la même chose.
07:32En fait, pas du tout.
07:33Il y a une dispersion, en fait,
07:34qui est assez forte entre les banques européennes.
07:37Et on a vu ça se jouer
07:41au cours des 20 derniers trimestres.
07:43Quelles sont les banques qui ont extrêmement bien marché ?
07:46Jusque-là, ça a été les banques
07:48qui étaient très sensibles aux taux.
07:49D'accord.
07:50Donc, les banques espagnoles, les banques italiennes,
07:52on a vu des performances extraordinaires de ces banques.
07:56Je pense à Unicredit, par exemple.
07:58Et puis, à côté de ça,
08:00on a des banques,
08:01si on se déplace un peu plus vers le centre de l'Europe,
08:03en France, par exemple,
08:04on a des banques qui sont beaucoup moins sensibles aux taux.
08:07Et on a vu,
08:08les performances de nos banques françaises
08:10ont été bien, bien inférieures
08:12à celles des banques espagnoles ou italiennes.
08:16Je mets un petit peu à part Société Générale
08:18parce qu'il y a une transformation qui est en cours,
08:21portée par Slavomir Krupa,
08:24et qui est tout à fait remarquable.
08:26Et donc, Société Générale a vraiment riré été.
08:29Mais si on prend Crédit Agricole ou BNP...
08:33BNP Paris-Bas, oui.
08:34Voilà, BNP Paris-Bas,
08:35on voit que les performances boursières étaient rentrées.
08:37Et on voit aussi que les valorisations sont en dessous.
08:40Elles sont des côtés.
08:42Donc, cette première phase,
08:44qui a été une phase de hausse de taux,
08:47il fallait être investi dans les banques sensibles aux taux.
08:50Aujourd'hui, c'est un peu différent.
08:52Il faut avoir des banques moins sensibles aux taux,
08:56en particulier nos françaises,
08:58qui ont profité du renouvellement de leur stock de prêts.
09:02Le stock de prêts des banques françaises
09:04est plus long que le stock de prêts
09:06des banques espagnoles ou italiennes.
09:09Et ce qui se joue là,
09:10c'est le remplacement par des nouveaux prêts
09:14avec des marges plus importantes,
09:15des anciens prêts qui ont été originés
09:17à l'époque des taux négatifs,
09:19et donc avec des petites marges.
09:21Et avec des taux fixes en plus.
09:22Avec des taux fixes.
09:23Ce qui n'est pas le cas de toutes les banques européennes.
09:24et ce qui donne un peu de visibilité
09:26peut-être sur la rentabilité à venir
09:28dans les prochaines années ?
09:29Absolument.
09:31Globalement, pour simplifier,
09:32vous empliez un stock de prêts
09:34pour une période assez longue.
09:35Donc ça vous donne de la visibilité
09:36sur la marge d'intérêt.
09:37Donc là, on a un renouvellement
09:38qui est en cours typiquement
09:40pour les banques françaises.
09:41Donc 2026, année des banques
09:43et potentiellement des banques françaises,
09:44si je comprends bien David Benhamou.
09:46C'est ce qu'on espère.
09:47Merci d'avoir été avec nous
09:48dans la rubrique Portefeuille.
09:49Je rappelle que vous êtes associé gérant
09:51et directeur des investissements
09:52d'Axiom et AI.
Commentaires

Recommandations