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  • il y a 8 minutes
Les clefs d'une vie de Pablo Cueco

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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-04-01##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:06Un instrument du passé a fait de vous un musicien contemporain reconnu dans le monde entier.
00:11Travailler comme un chien vous a permis de construire votre niche artistique.
00:15Bonjour Pablo Cueco.
00:17Bonjour.
00:18Alors, on vous connaît peu mais vous êtes quelqu'un qui travaille beaucoup dans le monde entier,
00:23avec un instrument particulier, le zarbe.
00:25Il y a également une revue assez particulière, OUF, que vous lancez.
00:30L'occasion de vous accueillir dans les clés d'une vie pour parler de votre parcours,
00:33mais pas seulement de notre parcours et à travers des dates clés.
00:37Alors le principe, vous le connaissez, et la première date, elle ne vous correspond pas directement,
00:41mais elle est un lien familial.
00:43Le 6 juin 2007 est sorti ce film.
00:46Viens pour la place de jardinier.
00:48Je connais, non ?
00:48Ça se pourrait bien, oui.
00:50Oh putain ! Le gâteau !
00:51Oui, oui, tout à fait.
00:52Ça vous dit quelque chose ?
00:53Un peu, oui.
00:54En fait, c'est un film de Jean Becker qui est inspiré d'un roman d'Henri Cueco, votre père.
00:59Oui, tout à fait.
01:00C'est tout à fait ça.
01:04Que dire ?
01:06Le film est pas mal.
01:08Oui.
01:08C'est même plutôt un bon film avec Daroussin et Auteuil, je crois.
01:14Mais le roman est bien meilleur, comme toujours, je dois dire.
01:18Et je le dis simplement, c'est un roman de mon père, de mon vieux.
01:26Donc c'est un truc...
01:28Familial.
01:29Familial, et en même temps, avec toujours ce petit...
01:32Quand je l'ai lu, bon, c'est un truc de mon père, quoi.
01:35Voilà, comme ça.
01:35Et je suis arrivé à la fin, j'ai pleuré, quand même.
01:38Le bouquin m'a touché au-delà de la famille.
01:44Voilà, c'est un bouquin que je recommande en dehors du fait que c'est la famille.
01:50C'est un bouquin vraiment extraordinaire.
01:52C'est l'histoire d'un peintre qui s'appelle Dupinceau, ce qui est logique,
01:55qui a des problèmes de couple, qui s'installe en province et qui engage un jardinier qui est un ami
01:59d'enfance.
01:59Alors ça, c'est le...
02:02Si vous voulez, ça c'est le film.
02:04Le film raconte un truc très sympa.
02:08C'est justement un peintre censé être profond, qui s'avère être un peu superficiel,
02:15et un jardinier, un pétneau, censé être superficiel et qui s'avère un peu profond.
02:23Et en fait, dans le bouquin, ça marche bien, mais dans le bouquin, c'est pas ça.
02:27Dans le bouquin, c'est beaucoup mieux.
02:28Ces deux profondeurs, ces deux personnages extrêmement profonds,
02:32le peintre et le jardinier.
02:34Et là, ça envoie Dubois, si je peux me permettre.
02:37Mais c'est quand même fabuleux qu'un roman comme ça soit adapté par Jean Becker,
02:41qui était à l'époque le grand metteur en scène.
02:43C'est formidable.
02:45Mais...
02:47Franchement...
02:48J'ai compris.
02:50Alors, il se trouve qu'en plus, le rôle du jardinier était tenu par Jean-Pierre Laroussin.
02:55Oui, formidable.
02:55Mais au départ, c'est Coluche qui devait le tenir.
02:57Et il est mort juste avant.
02:59Oh, j'ignorais.
03:00Ben voilà.
03:01Et...
03:02Oui, mon père aimait beaucoup Coluche, en fait.
03:06C'est assez marrant, oui.
03:09Alors, il se trouve, Pablo Cueco, que ce film a été tourné en Beaujolais,
03:12alors que l'action se déroule en Corrèze, votre terre natale.
03:15Car au départ, votre père est né à Usherch, dont Stendhal a écrit.
03:18C'est une des plus pittoresques villes de France, une des plus singulièrement située.
03:26Qui a dit ça, pardon ?
03:27Stendhal.
03:28Ah, formidable.
03:29Oui, c'est une ville qui a un charme très particulier.
03:34On dit d'ailleurs, il y a plusieurs dictons.
03:37On dit la perle du limousin.
03:38On dit qui a maison à Usherch, à château en limousin, etc.
03:42C'est une ville un peu particulière.
03:44C'est vrai que la Corrèze, on la connaît à travers Jacques Chirac, François Hollande et quelques autres.
03:48Mais c'est quand même quelque chose d'assez reculé.
03:50Comment reculé ?
03:52Y aller en train, ces quatre heures de train.
03:55Oui, j'ai un souvenir quand même qu'aller à Marseille, à un moment, ça prenait une journée.
04:02Voilà, exactement.
04:03Mais c'est vrai que c'est votre région natale et que vous y êtes très attaché.
04:08Oui, c'est vrai, surtout pour mes parents.
04:12On s'était très, très, très attaché.
04:14Moi, un peu moins.
04:15Mais j'avoue que quand je respire cet air et que je mange les spécialités locales,
04:22j'ai un certain attachement pour ce pays.
04:25Alors, Pablo Kouaiko, je crois que votre père, Henri Kouaiko,
04:28était un peintre qui était un des premiers à employer la figuration narrative,
04:34qui est un mouvement des années 60.
04:36Oui, tout à fait.
04:38Qu'est-ce que c'était la figuration ?
04:39Alors, c'est un mouvement qui est...
04:45La figuration narrative, ça suit ce qui s'appelait l'homme témoin ou des choses comme ça.
04:53C'est le retour à la figuration.
04:59C'est-à-dire qu'il y a eu tout un espèce de mouvement très, très, très vers l'abstraction,
05:05qui était nécessaire.
05:09Et il y a, dans les années 50, d'ailleurs plus tôt,
05:13et des 60 pour la figuration narrative,
05:17ce retour à la figuration, c'est-à-dire que le tableau n'est plus quelque chose d'abstrait,
05:23mais quelque chose où on voit quelque chose.
05:25Et ils ont beaucoup aussi travaillé sur les intermédiaires pendant un moment,
05:30aussi sur les matières, par exemple sur la matière de la peinture,
05:35sur des choses comme ça.
05:36Et la figuration narrative, l'idée c'est que cette figuration comporte aussi une narration.
05:41Donc c'est un mouvement lié au pop-art en fait.
05:43Exactement, le pop-art dont André Warhol est le maître,
05:46le plus célèbre en tout cas.
05:48Oui.
05:48Et puis, d'ailleurs, je ne sais pas si vous le savez,
05:51sa naissance, le 6 août 1928, n'a jamais été enregistrée à l'hôpital.
05:56Ce qui fait qu'il changeait de date de naissance quand il voulait.
05:58C'est pratique.
05:59Et je crois que votre père aussi, Pablo Kouaiko,
06:02a contribué à sa façon aux affiches des manifestations de mai 68.
06:07Alors, il faisait partie de ce qu'on appelait l'atelier populaire,
06:12enfin ce qu'ils appelaient l'atelier populaire,
06:14c'est-à-dire à l'atelier des beaux-arts,
06:16ils ont voulu faire des affiches pour inspirer, je ne sais pas,
06:23je pense qu'il y a des références aux affichistes cubains au départ,
06:28aux Datsibao de la Révolution chinoise,
06:32enfin c'était très très politisé.
06:33Alors, moi j'y allais aux ateliers, j'étais aux ateliers populaires,
06:38c'était plutôt pour moi une garderie à l'époque,
06:40j'ai pas vraiment participé, mais j'ai assisté, c'était assez marrant.
06:47Et le truc c'est qu'ils ont, il y avait un gars qui s'appelait Rougemont,
06:53un peintre, bon peintre d'ailleurs,
06:55qui avait travaillé dans la sérigraphie aux Etats-Unis,
07:01et donc il a ramené cette technique, une technique à l'époque industrielle,
07:05qu'il a ramenée comme un truc possible à faire,
07:09et ça s'est répandu à partir de là.
07:12Et donc ils ont travaillé beaucoup là-dessus,
07:14et il y en a certaines, je pense, qui pourraient être signées,
07:19mais il y avait l'idée que la signature était collective,
07:23et qu'on ne disait pas qui avait fait quoi.
07:26Donc c'est l'atelier populaire, certains ont trahi cet accord,
07:33mais c'était le... et mon père ne l'a jamais trahi.
07:36Alors il se trouve en plus que votre père Henri Cueco est dans les musées,
07:39dans certains musées, comme le Centre Pompidou,
07:42et parmi les toiles qu'il a réalisées,
07:44il y en a une qui se rapporte à un sujet évoqué dans cette chanson.
07:53Et l'affaire une toile à propos de l'affaire Gabrielle Russier.
07:57Je ne sais pas si « Mourir d'aimer », c'est le film d'André Cahillat,
08:00dont le titre a permis à Aznavour de faire la chanson après le film.
08:05Oui, alors l'affaire Gabrielle Russier,
08:11c'est dans la période post-68,
08:16il y a eu pas mal d'équipes, de collectifs de peintres, on va dire.
08:21Et donc là, il y avait un collectif qui s'appelait la Coopérative des Malassies,
08:25Malassie en référence au quartier des Malassies à Bagnolet,
08:28enfin c'est un peu... parce qu'ils étaient tous un peu de...
08:31Enfin ils avaient un atelier là-bas, un atelier collectif,
08:35et donc ils ont travaillé, ils travaillaient sur des trucs...
08:40Comment dire ? Un peu politiques, très politiques en fait,
08:43et un peu sur l'actualité.
08:45Ils travaillaient collectivement.
08:46Et là c'est la première oeuvre collective qu'ils ont faite,
08:50en partant d'un format commun, enfin bon,
08:54sur l'affaire Gabrielle Russier.
08:56Ensuite ils ont fait 72,
08:58enfin ils ont fait le Grand Méchou,
09:00ils ont fait l'Appartement Songe,
09:03le Camembert du Bonheur,
09:0549,5% de socialisme.
09:07Voilà, tout ça politique.
09:09Ah, il se trouve aussi que votre père, Henri Cuéco,
09:11a beaucoup travaillé sur des décors de théâtre,
09:13et cela avec l'aide de votre mère,
09:15qu'on pourrait évoquer à travers une chanson.
09:18Quand j'ai couru porter mon pot de moutarde à Marinette,
09:21la belle, la très très...
09:23Car votre père se prit d'un bel Marinette.
09:26Exactement.
09:27Et votre mère, elle a été enseignante,
09:29et elle a pourtant travaillé avec votre père
09:32sur une série de livres critiquant l'Emmanuel Scolaire.
09:35Oui, c'est encore en 68,
09:37donc c'est le début de la figuration narrative,
09:42donc avec le salon de la jeanne de peinture,
09:45et il y avait, c'était un salon de la jeanne de peinture,
09:48je ne sais plus comment il s'appelait,
09:48il devait s'appeler Policiculture,
09:50on va dire comme ça,
09:50enfin c'était assez politisé, on va dire.
09:53ils ont fait un agrandissement des manuels scolaires,
09:59avec des extraits que mon père avait repeints,
10:01ma mère avait écrits,
10:03qui étaient livres d'école, livres de classe.
10:07Pas mal.
10:08A l'époque, on comprenait, maintenant je ne suis pas sûr.
10:11Maintenant, les livres de classe, c'est un autre débat.
10:13Et votre mère, effectivement, Pablo Cueco,
10:16était plasticienne,
10:17et en avance sur son temps,
10:19je crois que sa devise aurait pu être,
10:20une devise d'aujourd'hui, zéro déchet.
10:23Oui, on peut dire ça, oui.
10:26Oui, oui.
10:29Les deux, d'ailleurs.
10:31Mon père a écrit un livre qui s'appelait
10:33Le collectionneur de collections,
10:34et c'est argumenté.
10:36Oui, mais en fait,
10:38il se trouve que votre mère appliquait au végétal
10:41les techniques du tissage,
10:42elle ramassait les herbes,
10:44elle en faisait des tissus.
10:45Oui, exactement.
10:46Pas des tissus, des œuvres, en fait.
10:49C'est des espèces de,
10:50on pourrait dire plutôt des tapisseries,
10:52des tapisseries qui sont des choses
10:55qui vont de 23 centimètres par 23 centimètres
10:58jusqu'à 5 mètres de long, je pense.
11:02Oui, mais en même temps,
11:03à l'époque, on ne ramassait pas les herbes,
11:04elle était en avance sur son temps.
11:06Non, c'est tout à fait partie,
11:09une œuvre tout à fait singulière
11:10qui arrivait comme ça un jour,
11:12comme un espèce de météorite.
11:15Mon père en parle,
11:19comme elle est arrivée un jour avec une œuvre
11:21et ils se sont dit,
11:24ils étaient avec un grand conservateur
11:27qui s'appelait Pierre Blodiberg
11:28qui était conservateur au musée d'art moderne
11:31à l'huile de Paris.
11:32Ils ont dit, mais ce n'est pas possible ce truc-là.
11:35Ça vient d'où, quoi ?
11:36Elle a été la seule à le faire ?
11:38Oui, pendant longtemps.
11:40Évidemment, on peut trouver des tas d'artistes,
11:43enfin, plein d'artistes
11:46qui ont travaillé un peu là-dessus,
11:47mais ce côté,
11:49ce n'est pas du land art,
11:51ce n'est pas spectaculaire,
11:52ce n'est pas...
11:54C'est très...
11:56Il faut voir, c'est très beau,
11:58il faut voir les œuvres.
11:59Alors ça, c'est vos parents,
12:01et puis maintenant, on va parler de vous
12:02à travers une autre date,
12:03le 30 octobre 1982.
12:05A tout de suite sur Sud Radio
12:07avec Pablo Cueco.
12:09Sud Radio, les clés d'une vie,
12:10Jacques Pessis.
12:11Mon invité aujourd'hui dans les clés d'une vie
12:13sur Sud Radio, c'est Pablo Cueco.
12:15Pablo Cueco, vous êtes à la fois musicien,
12:18vous êtes auteur,
12:19il y a une revue ouf
12:21qu'on va évoquer tout à l'heure,
12:23et on va évoquer votre parcours,
12:25qu'on continue à l'évoquer
12:25à travers des dates clés.
12:27Et le 30 octobre 1982,
12:29c'est votre première télévision
12:30sur France 3 Limousin,
12:33Les Quatre Arts,
12:34un reportage sur le travail
12:35de peintre de votre père,
12:36et ensuite,
12:37vous jouez des percussions,
12:39vous vous en souvenez ?
12:40Oui.
12:41Oui, tout à fait.
12:42Je m'en souviens très bien.
12:44C'est-à-dire que votre père explique,
12:45bon, je ne comprends pas très bien
12:46ce qu'il fait,
12:47mais ça a l'air bien,
12:48et j'apprends des choses grâce à lui.
12:51C'est ça ?
12:51Il est très bon.
12:52Il était très bon, ce papa.
12:55Et donc, vous êtes percussionniste.
12:57Je me souviens qu'à la fin,
13:01je joue,
13:02donc je fais un solo de percussion,
13:04et à la fin,
13:04la présentatrice me tend le micro.
13:07J'avais les cheveux très longs,
13:10j'étais un peu hard rock,
13:12pas dans l'esthétique,
13:13mais dans le look.
13:16Et la seule question
13:18qu'elle me trouve à me poser,
13:20c'est est-ce que vous peignez ?
13:21Et je lui réponds,
13:23je ne me peigne jamais.
13:24Ce qui n'était pas très drôle,
13:26en fait,
13:28mais ça m'a...
13:29Je ne sais pas,
13:30j'ai eu du coup
13:31une certaine réputation
13:32dans ma famille
13:34qui ont beaucoup apprécié
13:35ce mauvais jeu de mots.
13:37Alors, il se trouve
13:38que vous faites à l'époque
13:39des percussions,
13:39en même temps,
13:40vous êtes accompagné
13:41par un musicien
13:42qui fait de la vieille,
13:43dans l'ancêtre du violon.
13:44Vieille à roue, oui.
13:45Vieille à roue.
13:46Et donc, vous expliquez
13:47que les musiques de Corrèze,
13:49ce sont des musiques
13:50à la fois traditionnelles,
13:51et que vous les avez mises
13:53dans l'air du temps.
13:56Oui, enfin, disons
13:57qu'on utilisait à l'époque,
14:00c'était un projet,
14:02c'était dans le cadre
14:04d'un grand projet
14:04qui s'appelait Pays Paysage,
14:05qui était l'idée
14:06d'une implantation
14:09de l'art actuel,
14:12actuel de l'époque,
14:13dans le pays,
14:16dans le paysage.
14:16Donc, l'association
14:17s'appelait Pays Paysage,
14:19et donc, il y avait
14:20des conseils,
14:21il y avait de la peinture,
14:21il y avait des échanges
14:22entre différentes disciplines,
14:25c'était très pré-écolo,
14:28en fait,
14:28c'était une réflexion
14:30sur le paysage.
14:31J'avais des paysans,
14:31d'ailleurs,
14:32des interviews de paysans,
14:34des choses comme ça.
14:35Et vous aviez choisi
14:35la musique, vous-même ?
14:36Et moi, j'étais musicien,
14:38donc on m'avait demandé
14:39de participer,
14:39j'avais invité
14:40des compositeurs
14:41comme Luc Ferrari,
14:43enfin bon,
14:44compositeur un peu connu
14:45dans la musique contemporaine,
14:48ou Henri Faurès.
14:49Et là, c'était
14:53Jean-Michel Ponty
14:54qui jouait de la vie à la roue,
14:56qui vivait à Huyserges,
14:57d'ailleurs, à l'époque.
15:00Et donc, c'est un gars
15:01qui était à la fois
15:03dont les musiciens routiniers,
15:04c'est-à-dire les gens
15:05qui avaient fait
15:05les premiers collectages
15:07dans les années 70
15:11sur des musiques traditionnelles
15:13en France,
15:13et qui en même temps
15:14avaient une formation
15:15de pianiste,
15:16s'intéressaient
15:17à l'art contemporain
15:19puisqu'il avait fait
15:19les beaux-arts.
15:20Et donc, il y avait
15:21un espèce de truc
15:22formidable qui se passait.
15:24Mais on ne cherchait pas
15:25à remettre ça
15:27au goût du jour,
15:28mais plutôt à dire
15:29que cet archaïsme
15:33nourrit la création
15:34aujourd'hui.
15:35Voilà, j'espère
15:36ne pas être trop...
15:37C'est très clair.
15:39Alors, Pablo Coecro,
15:40je sais aussi
15:41que vous avez un point
15:42commun avec Patrick Sébastien,
15:44c'est votre naissance
15:45après la gaillarde.
15:46Oui, il y a eu d'ailleurs
15:47toutes sortes de plaisanteries
15:48comme quoi il y a
15:50des légendes familiales
15:51dans cette putain de famille.
15:52Donc, je serais né
15:54le même jour
15:55dans la même chambre.
15:56J'ai vérifié,
15:57c'est pas vrai.
15:58Et qu'ils auraient pu
15:59intervertir
16:00ce qui expliquait
16:01que Patrick Sébastien
16:02soit aussi intelligent.
16:03Mais je n'ai pas compris
16:05d'ailleurs pourquoi.
16:08Enfin bon...
16:09Vous l'avez rencontré,
16:10Patrick Sébastien ?
16:11Jamais.
16:11Et je le regrette.
16:13J'aime bien ce qu'il fait,
16:14ce qu'il y a là.
16:15Alors, il se trouve
16:16que votre enfance,
16:16donc, c'est effectivement
16:18cette région
16:19avec une rivière
16:20qui fait partie
16:21de la légende
16:21qui est la Vézère.
16:22et ça, c'était quelque chose
16:23de très important
16:24dans vos souvenirs.
16:26Tout à fait.
16:27Non, je ne dois pas savoir
16:29comment vous avez vu ça.
16:31Mais d'autant plus
16:32qu'on habitait vraiment...
16:35Mes parents,
16:36on habitait
16:36au bord de la Vézère.
16:39On sortait de la maison,
16:40on traversait une rue
16:42que personne ne passait par là
16:46et il y avait
16:47la Vézère assez large.
16:49Donc, j'ai appris
16:49à nager comme ça.
16:50Mes deux oncles
16:51m'ont pris
16:51par tous les mômes
16:53de la famille,
16:54par les pieds
16:55et par les bras
16:56et nous ont balancé
16:56à la flotte.
16:58La Vézère, en plus,
17:00c'est une partie
17:01de la vallée
17:01et classée au patrimoine
17:02mondial de l'UNESCO.
17:03C'est un paysage
17:05à conserver.
17:06C'est plus qu'un paysage.
17:08C'est aussi
17:11les grottes
17:12des Zésides,
17:13tout ça,
17:13c'est des sites
17:16néandertaliens.
17:17C'est vraiment
17:19un des berceaux
17:20de la civilisation.
17:21Il se trouve donc
17:22que la musique est venue,
17:23les percussions,
17:24comment c'est venu
17:25chez vous,
17:25la passion de la musique,
17:26Pablo Coaco ?
17:29Alors,
17:31c'est venu un peu...
17:34Voilà.
17:35J'étais à l'école
17:40en CM1, je pense,
17:42ou CM2,
17:42ça doit être par là,
17:43la fin des études,
17:48des études primaires,
17:49je veux dire.
17:50Et je me suis trouvé
17:51à mon voisin de pupitre,
17:54déjà des pupitres,
17:55à l'époque,
17:57c'était vraiment des pupitres,
17:58et était fils d'un Guyanais,
18:03donc il vivait en France,
18:05mais lui-même était
18:07Luganais,
18:08il venait de passer
18:09ses premières vacances
18:11en Lugane,
18:12et là,
18:13il avait passé tout son temps
18:14avec son frère,
18:15aîné,
18:18beaucoup plus âgé,
18:19qui dirigeait un orchestre
18:20de balle en Lugane,
18:22et donc il avait décidé
18:24d'apprendre la batterie
18:25et les tambours,
18:26et donc il passait
18:27ses journées
18:28à jouer
18:32etc.,
18:33à m'expliquer
18:33la bidj,
18:34le machin sur la table.
18:35On a rendu fou,
18:36il m'a filé le virus,
18:37on a rendu fou,
18:39littéralement.
18:40au moins deux instits,
18:42ensuite on a continué
18:43au collège,
18:44il y a une prof d'histoire,
18:46je pense,
18:46qui a démissionné
18:47de l'éducation nationale
18:48à cause de nous,
18:49parce que,
18:50on était infernés,
18:51on était au fond,
18:51on passait nous,
18:52on était très bons,
18:53ça sonnait quoi,
18:54et donc on a même
18:58à l'époque fabriqué
18:59des tambours,
19:00c'est la période
19:00où arrivaient
19:01les groupes
19:02comme Santana,
19:02tout ça,
19:03il y avait tout ça,
19:05Woodstock,
19:06donc on a fabriqué
19:07des congas,
19:08enfin c'était...
19:10Et donc vous avez décidé
19:11d'approfondir le sujet ?
19:13Alors j'ai pas vraiment décidé,
19:16mes parents ont...
19:18enfin mon père
19:19a eu l'occasion
19:20de travailler
19:23avec...
19:24Colette Mani,
19:26chanteuse célèbre,
19:27chanteuse célèbre,
19:28c'était des trucs,
19:28je pense,
19:29de soutien au Chili,
19:31à l'époque,
19:32et donc ils faisaient,
19:33ils avaient une brigade
19:35plastique,
19:36et ils faisaient
19:36des grandes fresques
19:37derrière Colette Mani,
19:38voilà,
19:39pour des galas
19:41de soutien,
19:43et il se trouve
19:44que Colette Mani
19:46a été accompagnée
19:46par François Tusk,
19:48et François Tusk,
19:49donc,
19:49musicien de jazz français,
19:53et François Tusk
19:54jouait avec...
19:55avait dans son groupe
19:56un musicien
19:57qui s'appelait Game,
19:59et c'était un espèce
20:00de grand black,
20:02ancien footballer,
20:03un mec formidable,
20:05très barraqué,
20:06et très marrant,
20:08en fait,
20:09mais je le savais pas
20:10à l'époque,
20:13et mon père
20:14est allé voir
20:15François Tusk,
20:15lui a dit,
20:16voilà,
20:16mon fils fait de la percussion,
20:18il joue mal,
20:20comment faire
20:20pour améliorer les choses,
20:22et François Tusk lui a dit,
20:24va voir ce gars-là,
20:26qui au bout de la table
20:27s'appelle Game,
20:28et il va me dire,
20:29et donc,
20:30j'ai commencé
20:30à prendre des cours
20:31avec Game
20:32au centre américain,
20:33centre culturel américain,
20:34boulevard Raspail,
20:36j'avais 11 ans,
20:4112 ans peut-être,
20:42je sais pas,
20:44ben non,
20:45c'était pas le Chili,
20:46enfin bon,
20:46peu importe,
20:47et je me suis retrouvé,
20:50j'étais donc avec
20:51ce grand monsieur tout noir,
20:54qui m'apprenait les tambours,
20:56c'était formidable.
20:57Et c'est devenu finalement
20:58votre profession ?
20:59Et c'est devenu mon jeu,
21:01parce que quand,
21:04quand vraiment,
21:05il a été très très clair,
21:06pour tout le monde,
21:07que les études,
21:09c'était pas pour moi,
21:11mes parents ont décidé
21:12que ça serait la percussion,
21:14enfin,
21:14ils m'ont demandé s'ils,
21:15ils ont pas décidé,
21:16ils ont conclu
21:18que la percussion,
21:19c'était bon,
21:19pourquoi pas,
21:20et ils m'ont envoyé
21:21à Strasbourg,
21:22puisque à l'époque,
21:23il y avait les percussions
21:23de Strasbourg,
21:24donc je me suis retrouvé
21:25à Strasbourg,
21:26au conservatoire,
21:28pour d'autres aventures.
21:29Et vous avez travaillé
21:30avec les plus grands professeurs,
21:31il y a eu Gaston Sylvestre,
21:32il y en a eu d'autres
21:33qui sont des maîtres du genre.
21:34Voilà, voilà,
21:35tout à fait,
21:35musique contemporaine,
21:36plutôt.
21:36Parce que justement,
21:37c'est une musique traditionnelle
21:39et contemporaine.
21:41Alors,
21:41c'est,
21:43non,
21:43pour Gaston,
21:43enfin,
21:44moi,
21:44je me suis spécialisé,
21:47après des études,
21:48donc,
21:48de tambour africain,
21:50avec game,
21:51puis de percussion,
21:54avec,
21:55enfin,
21:56Jean Batine,
21:56dont les percussions
21:57de Strasbourg,
21:58Gaston Sylvestre,
21:59et quelques autres,
22:00et j'ai appris
22:01le zarbe
22:02avec Jean-Pierre Noué,
22:04James Chichemirani,
22:07etc.
22:08Et donc,
22:09on a,
22:10j'ai travaillé ce zarbe,
22:11qui est donc un instrument
22:13traditionnel iranien,
22:14c'est,
22:16les pauvres,
22:16ils en prennent beaucoup,
22:18là,
22:18en ce moment.
22:19déjà,
22:20c'était dur pour eux,
22:20mais là,
22:21je crois que c'est encore plus terrible,
22:24et,
22:25enfin,
22:25pour le moment,
22:26on va voir.
22:27Et,
22:27et donc,
22:28j'ai appris cet instrument,
22:31moins pour la musique iranienne,
22:33j'avoue,
22:33que pour le,
22:36le plaisir de cet,
22:38cet instrument,
22:39cette technique,
22:39ce son,
22:40etc.
22:40C'est plus en tant que percussionniste
22:42qu'en tant qu'ethnomusicologue
22:44que je me suis intéressé à ça.
22:46Et ça a donné différentes choses,
22:47et une date importante aussi
22:49dans votre parcours,
22:50c'est le 24 mai 2003.
22:51A tout de suite sur Sud Radio
22:53avec Pablo Cueco.
22:55Sud Radio,
22:56les clés d'une vie,
22:57Jacques Pessis.
22:58Sud Radio,
22:58les clés d'une vie,
22:59Pablo Cueco,
23:00mon invité.
23:01On évoquera tout à l'heure
23:02votre revue,
23:04OUF,
23:04le premier numéro.
23:06On évoque votre carrière
23:07de musicien,
23:08les arbres que vous avez découvert.
23:10Et puis,
23:10il y a une date importante,
23:12le 24 mai 2003.
23:14Vous êtes au Lonzac,
23:15une commune entre Tulle
23:16et Brive-la-Gaillarde,
23:17dans une auberge
23:18où il y a un dîner
23:19pantagruélique,
23:21et il y a un comédien,
23:23Pierre-Étienne Héman,
23:25qui joue,
23:26qui dit,
23:27Rabelais,
23:28Gargantua.
23:28Et ça,
23:29c'est un projet musical
23:30et artistique
23:31auquel vous avez
23:32largement collaboré.
23:33Oui,
23:34le projet a commencé
23:35si je ne dis pas de bêtises
23:38en 80,
23:39qui devait être
23:40les 400 ans
23:41de,
23:42alors,
23:42je ne sais plus
23:43si c'est la naissance,
23:44la mort,
23:45la première parution,
23:47la dernière,
23:47enfin bon,
23:48peu importe,
23:48mais c'était un gros anniversaire.
23:51Et Pierre-Étienne Héman,
23:53donc,
23:53avec Daniel Le Maillot,
23:55si je me souviens bien,
23:56ont décidé de monter
23:57une intégrale Rabelais.
23:59Il faut savoir
23:59que Pierre-Étienne Héman,
24:00c'est un monsieur
24:01qui a dirigé
24:01le théâtre de Strasbourg
24:02et qui a été
24:03un des premiers
24:04à faire rentrer
24:05le théâtre
24:05dans les établissements
24:06scolaires.
24:07Oui,
24:08j'étais jeune
24:10à ce moment-là.
24:10Il a dirigé
24:11l'école
24:12de théâtre
24:13de Strasbourg
24:13et il a dirigé
24:15pendant très longtemps
24:15La Rose des Vents
24:17à Lille.
24:18C'est là
24:19que nous avions fait
24:19cette traversée
24:21de Rabelais,
24:22un spectacle
24:22de 3h30
24:24qui traversait
24:25les 5 livres
24:25avec des extraits.
24:27et ça m'a tellement marqué
24:29ce travail
24:31dans lequel je faisais
24:33la musique
24:34de ce spectacle.
24:38Donc ça m'a tellement marqué
24:39que 10 ans plus tard,
24:4212 ans plus tard,
24:43je lui ai proposé
24:44de retravailler là-dessus.
24:47Je lui ai proposé
24:48non pas de faire
24:49une traversée,
24:51mais de faire l'intégrale.
24:53C'est-à-dire de dire
24:55voilà ce qu'on va faire,
24:57on va commencer
24:58par le gargantua
24:59et on va faire
25:00le gargantua
25:02de A jusqu'à Z.
25:03Pas des extraits
25:05comme ça a été fait,
25:06on va l'enregistrer
25:07en pièce radiophonique.
25:09Et donc on a fait
25:11d'une part
25:12un feuilleton radio
25:14avec des extraits,
25:15bien sûr,
25:15et une intégrale
25:17de gargantua
25:18avec des musiques.
25:19Avec le langage
25:20de l'époque ?
25:21Alors, avec le langage
25:22de l'époque,
25:23évidemment,
25:24non restitué
25:26sur le plan
25:26de la prononciation,
25:27c'est-à-dire,
25:28et avec la traduction minima,
25:32c'est-à-dire traduire
25:34les mots
25:36dont la non-compréhension
25:38remettrait en cause
25:39la compréhension du texte.
25:41Et donc vous êtes
25:42le 24 mai 2003
25:44au Longzac
25:44pour un dîner
25:45pantagruélique,
25:46vous êtes près
25:46d'une cheminée
25:47et vous accompagnez...
25:49Oui, alors c'est...
25:50Donc dans cette dynamique,
25:52on a fait ça
25:53et Pierre-Étienne
25:55a fait un autre spectacle,
25:57il en fait trois versions,
25:58qui s'appelait
25:59Rabelais à table,
26:00qui était...
26:01L'idée,
26:01c'était autour
26:02d'un repas
26:04alterné des plats
26:06liés à Rabelais
26:08avec des textes
26:11qu'il avait choisis,
26:12extraits, adaptés,
26:13donc qui étaient
26:14dits par un comédien,
26:16enfin lui
26:16et une comédienne,
26:19donc
26:23Eman,
26:23Juliette Eman,
26:24voilà,
26:24sa fille en fait,
26:26et moi j'avais fait
26:27la musique,
26:27voilà,
26:28donc je jouais...
26:29Musique improvisée ?
26:30Musique improvisée,
26:31oui, oui.
26:31Parce que votre spécialité,
26:32c'est justement,
26:34Pablo Cuéco,
26:35de partir avec votre instrument
26:37et d'improviser totalement
26:38pour être en rythme
26:39du spectacle.
26:40Alors c'est une des possibilités,
26:45vous dites spécialité,
26:47dans le sens où,
26:48bon,
26:48à l'époque,
26:49on n'était pas tant que ça
26:50à le faire,
26:51mais maintenant,
26:52c'est devenu assez courant
26:53parce que c'est en fait
26:54assez adapté
26:56au théâtre,
26:57par exemple.
26:58Mais c'est une improvisation,
27:02comment dire,
27:03c'est une improvisation,
27:04en général,
27:04ce sont des improvisations
27:05très préparées,
27:06voilà,
27:07très préméditées,
27:08en fait.
27:08C'est-à-dire ?
27:09C'est-à-dire qu'on connaît le texte,
27:11on sait ce qui va aller,
27:12on est d'accord
27:13qu'à cet endroit-là,
27:14on va jouer plutôt ça,
27:16plutôt ça,
27:18plutôt jouer dans les espaces,
27:20on va faire des respirations.
27:21Le contenu précis
27:22est laissé à l'instant,
27:26mais en fait,
27:28c'est très, très préparé,
27:29souvent.
27:30Et justement,
27:30le zarbe,
27:31on va en écouter un extrait
27:33à travers un enregistrement
27:35qui est sur YouTube
27:35qui s'appelle
27:36Le zarbe et son double.
27:40Les baies dans l'eau
27:42depuis
27:42l'illuvie
27:43l'âme de l'autrerie
27:45Reste les profondeurs
27:46de l'île
27:46En fait, vous avez fait une série
27:47de conférences
27:48à partir du zarbe
27:49et des conférences
27:50plutôt fantaisistes,
27:52je dirais.
27:53Comment ?
27:54Oui.
27:55Fantaisistes.
27:55Comiques.
27:58Ça, c'est pas exprès,
28:00les gens idolent,
28:02tant mieux.
28:04Mais tout ce que je dis
28:05est vrai.
28:05C'est-à-dire que vous avez
28:06expliqué cet instrument
28:07qu'on connaît peu
28:08en expliquant le volume d'air,
28:10les sonorités
28:10très particulières.
28:11Alors, ce truc-là,
28:12c'est...
28:13Bon, je sais pas,
28:14vous me tentez
28:16à raconter des histoires.
28:18En fait,
28:19cette pièce-là
28:21commence...
28:22La création du truc,
28:23le truc où c'est sorti,
28:25c'était dans l'impro total,
28:26d'ailleurs.
28:26c'était un concert
28:28de musique contemporaine
28:29très sérieuse
28:29à Munich,
28:31un lieu de musique contemporaine
28:33qui s'appelait
28:33Black Box in Munich,
28:35où il y avait un concert
28:37de Luc Ferrari
28:40et Henri Fouresse,
28:41deux pièces
28:42de 26 minutes
28:43et des pièces pour piano
28:46et percussion.
28:47Moi, je jouais donc
28:48le zarbe
28:49et la percussion
28:50et juste avant le spectacle,
28:53Luc Ferrari,
28:54enfin Henri Fouresse,
28:55je crois que je suis un des deux,
28:56vient me dire
28:57écoute,
28:57on est un peu embêtés,
28:59il nous manque 5 minutes
29:01parce que le contrat,
29:02c'est une heure,
29:03on a deux fois 26 minutes,
29:05c'est les Allemands,
29:05ils sont un peu...
29:07Bon,
29:08ça serait bien
29:08si tu pouvais faire
29:09un petit solo de zarbe.
29:10J'ai dit,
29:10attendez les gars,
29:12vous auriez pu me dire ça,
29:14hein ?
29:14Non,
29:15me prévenir,
29:15j'aurais préparé.
29:17Et ça m'a rendu furieux,
29:20cette espèce de côté,
29:22allez,
29:22la percussion,
29:23tu veux faire le remplissage.
29:24Et donc,
29:25je suis arrivé sur scène,
29:26devant ce public germanique,
29:29je ne parle pas un mot d'allemand,
29:31évidemment,
29:32pourquoi je dis évidemment ?
29:33Non,
29:33je ne parle pas un mot d'allemand,
29:35et je me suis assis
29:37pour faire un solo,
29:38et j'ai commencé comme ça,
29:40ceci est un zarbe.
29:41Et j'ai expliqué l'instrument,
29:42et j'ai commencé,
29:43évidemment en français,
29:45donc personne ne comprenait,
29:47et j'ai commencé à jouer,
29:49ce que j'arrive à faire,
29:52là,
29:53une de mes spécialités,
29:54à jouer pendant que je parle,
29:57et à parler pendant que je joue,
29:58etc.
29:59et raconter des trucs qui sont vrais,
30:02ou presque,
30:04et il y a quand même,
30:05ils ont commencé à se marrer,
30:07mais à se marrer grave,
30:09parce que la situation de ce type,
30:12un peu,
30:13qui essaye de leur expliquer,
30:14dans une langue qu'ils ne comprennent pas,
30:16enfin,
30:17il y a quand même une dame
30:17qu'il a fallu extraire,
30:18parce qu'elle faisait une crise,
30:21une crise,
30:23parce qu'elle était tellement,
30:24elle s'étouffait tellement,
30:25elle se marre,
30:25il a fallu l'exfiltrer,
30:28enfin bon,
30:28c'est allé,
30:29et la télé,
30:30qui nous recevait,
30:32qui recevait ces deux compositeurs
30:34très connus,
30:35et nous,
30:35qui venions à exiger,
30:37que ça soit moi,
30:38qui fasse la musique,
30:39enfin,
30:39les deux autres étaient complètement furieux,
30:41mais,
30:43c'était assez drôle,
30:44et ça,
30:44c'est pour revenir au début de l'émission,
30:48mon père,
30:49quand il a vu ce truc-là,
30:52ce numéro,
30:53ce petit truc,
30:54ce petit sketch,
30:55il m'a dit ça,
30:56ça va te poursuivre toute ta vie.
30:58Car en effet,
30:59vous ajoutiez des boums,
31:00des tatitounes,
31:01c'est assez particulier.
31:03Oui,
31:03oui,
31:03c'est...
31:04Pourquoi riait-il,
31:06ce public qui ne comprenait pas le français ?
31:08Ah ben,
31:09je pense qu'il riait de la situation,
31:11et puis d'autre part,
31:13enfin,
31:13ensuite,
31:14j'ai développé le truc
31:16sur le côté absurde
31:18de quelqu'un
31:19qui essaye
31:19d'expliquer,
31:21comme si,
31:22quand vous essayez d'expliquer
31:23ce que vous faites en art,
31:24en général,
31:25vous êtes assez rapidement
31:28ridicule,
31:29abscond,
31:29incompris,
31:31et j'ai décidé
31:32de transformer ça
31:33en quelque chose
31:34de comique.
31:35Mais c'est vrai que...
31:36Non, j'ai pas décidé,
31:37ça c'est fait tout seul.
31:39Mais vous savez que les spectacles comiques
31:41à partir du sérieux,
31:42ça existe,
31:42moi je me souviens d'un pianiste
31:43qui s'appelait
31:44Marc-Hugo Finali,
31:46qui jouait du piano
31:46avec ses pieds,
31:47donc il fait un concert
31:48à Pleyel
31:49avec l'entrée gratuite,
31:50parce que les gens ne savaient pas,
31:52c'était 200 francs
31:53pour sortir.
31:54Et les gens voulaient partir,
31:55on disait...
31:56Et c'était un canular monté,
31:58et ce garçon jouait vraiment,
32:00enlevé ses chaussures
32:01et jouait du piano
32:02avec ses pieds.
32:03C'est une autre façon
32:04de faire de l'avant-garde.
32:05Et alors c'est vrai que
32:06tout ça a permis
32:07à votre musique
32:08d'aller beaucoup plus loin
32:09que la France,
32:10car vous êtes rapidement
32:11devenu quelqu'un
32:11qui a beaucoup voyagé,
32:13Pablo Cuéco.
32:14Oui, oui, oui.
32:15J'ai fait...
32:15C'était très difficile pour moi
32:17parce que j'ai une terreur
32:20absolue en avion.
32:22Donc il a fallu
32:23que je suive des traitements.
32:26J'ai pris des pilules
32:27qui empêchent les environs
32:27de tomber
32:28et j'ai fini par pouvoir
32:30voyager un peu partout.
32:31Oui, parce que finalement,
32:32vous avez été
32:33l'ambassadeur d'un instrument
32:36dont les musiques
32:37sont originaires d'Afrique,
32:38d'Haïti ou du Uruguay.
32:40Oui, oui, oui.
32:41Enfin, mon instrument
32:42est iranien,
32:43donc j'utilise des musiques...
32:44J'utilise une base,
32:46disons, de technique
32:47et de rythme iranien,
32:48mais le zar,
32:49m'a une particularité,
32:50c'est un instrument ouvert.
32:54C'est-à-dire qu'on peut rajouter
32:56des choses,
32:57on n'est pas sur un corpus fermé
32:59comme dans les tablins indiens,
33:01par exemple.
33:02Et moi, j'aime beaucoup
33:04l'ensemble de la culture du rythme
33:07dans le monde
33:08et j'aime beaucoup
33:10les choses très particulières.
33:11Le candombé uruguayen,
33:12par exemple,
33:13que j'ai découvert
33:13avec mon épouse,
33:15Myrta Pauzi.
33:17Vous avez oublié
33:17de me demander
33:18cette date-là ?
33:19Non, non, mais c'est prévu.
33:20C'est la seule date
33:21que j'avais essayé
33:22de mémoriser.
33:24Votre femme
33:24est une percussionniste uruguayenne.
33:26Voilà, c'est ça.
33:28Exactement.
33:28Et donc,
33:29ce mélange de musique,
33:31c'est une des musiques aussi
33:32qui permet de travailler
33:33sur le corps et le langage.
33:36Vous le dites mieux loin.
33:38Mais c'est vrai
33:38que dans le monde entier,
33:40finalement,
33:41votre musique est passée
33:42parce qu'elle correspond
33:43à des rythmes
33:43assez particuliers.
33:44C'est un public
33:44assez particulier.
33:45Quand je parle d'une niche,
33:47ce n'est pas forcément
33:47très populaire,
33:48mais il y a un grand public.
33:50C'est-à-dire,
33:50les niches,
33:51il y en a partout.
33:52Donc,
33:53c'est tranquille.
33:55Oui,
33:55mais en même temps,
33:56il faut trouver sa niche
33:57et là,
33:58vous l'avez trouvée
33:58et vous avez travaillé
34:00avec beaucoup de musiciens
34:02dans le monde entier.
34:03Oui,
34:03dans le monde entier,
34:04oui.
34:07Oui,
34:07d'une rive à l'autre
34:08du Pacifique.
34:12Là aussi,
34:13on improvise des musiques.
34:14Il y a beaucoup de musiciens
34:15qui improvise comme vous ?
34:17Oui.
34:19Disons qu'il y a quand même
34:20une spécificité
34:21dans l'improvisation,
34:22on va dire,
34:23occidentale,
34:23avec cette espèce de
34:25prétention,
34:26et j'emploie le mot
34:27prétention,
34:28à bon escient,
34:29à l'universalisme,
34:31typiquement français.
34:33Mais oui,
34:34ça improvise partout.
34:36Il n'y a que dans la musique
34:37occidentale pure et dure
34:38que ça n'improvise pas.
34:39Donc,
34:40vous avez fait ces tournées
34:40et puis à Paris,
34:41vous êtes installé
34:43à Langora,
34:44un lieu pour faire
34:45de nouvelles expérimentations.
34:47Oui,
34:47c'était formidable.
34:48C'était un café
34:50avec une salle
34:53au premier étage.
34:55Donc,
34:55on appelait ça
34:56Underground First Floor.
34:59et on a joué là
35:01pendant 5-6 ans.
35:04Mais jouer,
35:04c'est-à-dire improviser
35:05avec un public ?
35:07Il y avait
35:07des petites salles,
35:09on tenait 60 personnes
35:10là-dedans
35:12et donc,
35:13on faisait des concerts.
35:14Ce qui,
35:15notre travail,
35:16on présentait un peu
35:17notre travail en cours
35:19avec Myrta notamment,
35:20mais beaucoup
35:21d'autres musiciens.
35:22Et puis,
35:23il y a un spectacle
35:24que vous avez fait,
35:25Ulysse ou la fidélité
35:26contrariée.
35:27Ulysse raconté
35:28par les femmes de sa vie.
35:29Exactement.
35:30Ça,
35:30c'est un...
35:31J'ai en projet
35:32de le réaliser
35:33en pièce radiophonique.
35:36Est-ce qu'en fait,
35:37vous expliquez
35:38que Pénélope
35:40était l'image
35:41de la fidélité conjugale ?
35:44Oui.
35:46Enfin,
35:46d'ailleurs,
35:47dans la première version,
35:49c'était la même comédienne
35:50qui jouait toutes les femmes.
35:51Et qu'est-ce que c'est
35:52comme spectacle ?
35:54C'était une espèce
35:56de forme opératique
36:00plutôt...
36:00Disons que...
36:01Il y avait
36:03deux comédiens,
36:04trois musiciens
36:06et on disait le texte.
36:07C'est un peu comme
36:08une pièce radiophonique
36:08sur scène.
36:10En évoquant,
36:10justement,
36:11toutes les femmes
36:12qu'Ulysse a pu rencontrer.
36:13ça commence par
36:14le témoignage
36:17de Pénélope,
36:18enfin,
36:19pardon,
36:21d'Ulysse,
36:21d'Athéna.
36:22Non,
36:22Ulysse n'apparaît pas.
36:24Athéna,
36:25puis,
36:26comment on dit,
36:27Athéna,
36:28Pénélope,
36:28bien sûr,
36:30Circé,
36:31puis la mer,
36:32Euryclée,
36:33Antilles,
36:34enfin,
36:35etc.
36:35Une façon de mélanger
36:36le classique
36:37et le moderne.
36:38Oui,
36:39mais c'est même pas,
36:41on peut même pas parler
36:42de classique
36:43avec Homer.
36:44Homer,
36:46c'est...
36:46Homer est partout.
36:48Exactement.
36:49Il est avec Rabelais,
36:50mais aussi dans
36:50La Guerre des Étoiles.
36:52C'est Homer.
36:53Alors vraiment,
36:54avec Homer,
36:54on est tranquille.
36:55Eh bien,
36:56moi,
36:56je suis assez tranquille
36:56pour évoquer
36:57la date suivante,
36:58le 15 octobre 2025.
36:59À tout de suite
37:00sur Sud Radio
37:01avec Pablo Cueco.
37:02Sud Radio,
37:03les clés d'une vie,
37:04Jacques Pessis.
37:05Sud Radio,
37:06les clés d'une vie,
37:07mon invité Pablo Cueco.
37:09On a évoqué
37:09votre parcours
37:10de musicien
37:11avec les arbres
37:12dans le monde entier,
37:14vos concerts.
37:15Et puis,
37:15le 15 octobre 2025
37:17est sorti
37:17le premier numéro
37:18d'une revue
37:19qui s'appelle
37:20OUF,
37:21une revue semestrielle
37:22que vous avez créée
37:23et une revue
37:24qui est destinée
37:26à tous les six mois
37:27à évoquer un thème
37:28et c'est une revue
37:29de 240 pages
37:30présentées comme un livre.
37:32C'est quand même
37:32un projet tout à fait
37:33inattendu de votre part.
37:34Oui.
37:36Comment c'est né ?
37:37Alors,
37:38en fait,
37:39on est
37:41deux,
37:42voire trois
37:43à signer
37:44ce projet
37:45puisqu'il y a
37:46Federico Fazi
37:48qui est
37:51co-directeur
37:52de publication
37:53et puis
37:53Anna Zec
37:54qui est
37:56donc
37:57rédactrice
37:58en chef.
38:00Comment c'est né ?
38:01Eh bien,
38:01de discussions
38:02avec cet éditeur
38:04Federico Fazi.
38:06Enfin,
38:07l'édition
38:07s'est occupée
38:08et
38:09on
38:12cherchait
38:12une idée
38:13pour
38:13et puis on s'est dit
38:14que pour éditer
38:15des choses
38:16aujourd'hui,
38:16des choses
38:17comme celles
38:18que j'aime écrire
38:18ou celles
38:19que nous aimons
38:20voir,
38:21dessiner,
38:23jouer,
38:23etc.
38:24Complément
38:24d'autres musiques.
38:27Résonance,
38:28tout ça,
38:28c'est...
38:29En fait,
38:31voilà,
38:32j'ai découvert
38:32un moment
38:32dans ma vie,
38:35au moment
38:35un peu
38:36de la mort
38:36de mon père,
38:38que
38:39être un artiste,
38:40c'était pas
38:41seulement maîtriser
38:42une technique,
38:42être un artiste,
38:43c'était aussi
38:43une attitude
38:44et on pouvait
38:45être un artiste
38:46en dessinant,
38:46même si on était
38:47musicien,
38:47on pouvait être
38:48un artiste
38:48en dessinant,
38:49on pouvait être
38:50un artiste
38:51en écrivant
38:52des livres
38:52ou en...
38:54tout ça.
38:55Par exemple,
38:56Schoenberg,
38:57par exemple,
38:58musicien,
39:00comment dire,
39:02génial et très connu
39:04et fondateur,
39:05a été,
39:06pendant dix ans
39:06de sa vie,
39:07a fait de la peinture
39:08et c'est pas mal,
39:09quoi.
39:09Donc,
39:10voilà.
39:10Alors,
39:11en pleine crise
39:11de la presse,
39:12vous créez une revue
39:14semestrielle
39:14qui est un format particulier
39:15car ça correspond
39:16à un livre
39:17de 240 pages.
39:18Oui.
39:19Voilà,
39:20il fallait ça.
39:21En fait,
39:22on s'est lancé
39:23dans le truc,
39:23on s'est dit,
39:24voilà,
39:24l'idée au tout départ,
39:26c'était de faire
39:27un recueil
39:28de nouvelles
39:30collectives
39:32autour d'un thème
39:32et puis,
39:33petit à petit,
39:34on s'est dit,
39:34c'est dommage quand même,
39:35des images,
39:36ça serait bien,
39:37des photos,
39:38parce qu'on a...
39:38qu'on côtoie
39:40pas mal de photographes
39:41et puis finalement,
39:44des musiciens
39:44puisqu'il y a des codes barres,
39:46des codes barres,
39:47je suis n'importe quoi,
39:48des QR codes,
39:49des liens
39:49qui envoient un site internet
39:50où il y a des musiques,
39:52enfin,
39:52que tout ça circule,
39:54il y a pas mal d'artistes
39:55qui sont à la fois,
39:57comme Ramoun Chomata,
39:58qui sont à la fois
40:00musiciens,
40:01dessinateurs
40:02et qui écrivent
40:03des histoires,
40:05voilà,
40:06c'est ça l'idée
40:08et notre idée
40:09c'est de s'inscrire,
40:10d'essayer de s'inscrire
40:11dans le temps
40:13un peu différemment,
40:14un peu ce que vous faites
40:15avec votre émission
40:16qui dure une heure
40:18et qui vous en êtes
40:19à la demi-lième
40:20le mois prochain,
40:22c'est-à-dire,
40:23comment,
40:23dans cette espèce
40:25de flux permanent,
40:28comment est-ce qu'on peut
40:28s'inscrire dans le temps
40:30un peu différemment
40:30et qu'un peu plus,
40:31je dirais,
40:32d'épaisseur,
40:33j'ose pas dire profondeur
40:34parce qu'il y a une connotation
40:35dans la profondeur,
40:36mais c'est pas de notre propos,
40:38mais une espèce
40:38d'épaisseur temporelle,
40:39c'est-à-dire qu'on peut aller
40:42sur internet,
40:43écouter des trucs,
40:44voir des choses,
40:44on peut relire le truc,
40:46c'est pas une revue
40:47pour mettre sur la table
40:50chez le dentiste,
40:51c'est une revue
40:51qu'on peut mettre
40:52dans la bibliothèque
40:53et qu'on pourra lire,
40:55voilà.
40:56Alors,
40:56vous appelez ça
40:57une cocotte minute
40:58de créativité ?
40:59Oui,
41:01c'est un terme
41:02que j'ai employé,
41:05c'est plutôt,
41:07disons,
41:07que je trouve
41:09que la situation actuelle
41:11de l'art,
41:13ici,
41:14aujourd'hui,
41:15en France,
41:16dans le monde occidental,
41:17ressemble un peu
41:17à une cocotte minute,
41:19c'est un truc
41:19où il y a plus moyen,
41:22où il y a trop de moyens
41:23de s'exprimer,
41:25on n'a plus de contacts,
41:26c'est difficile
41:27les contacts avec le public,
41:29on va,
41:29les concerts,
41:30c'est des trucs immenses,
41:31on voit les artistes,
41:33on les voit comme à la télé,
41:35le spectacle pour les Jeux Olympiques
41:37était typique de ça,
41:39c'est plus un spectacle,
41:40c'est la télé,
41:41tout est à la télé,
41:43c'est formidable,
41:44mais où est-ce qu'est le,
41:46cette espèce de fondement de l'art,
41:48qui est que,
41:50on peut regarder une image
41:52d'une oeuvre
41:53dans un bouquin,
41:54c'est bien,
41:55il faut le faire,
41:56mais voir l'oeuvre en vrai,
41:57c'est autre chose,
41:58et voir les artistes en vrai,
42:00c'est autre chose,
42:01et on est dans une dimension,
42:04voilà,
42:04il y a une cocotte minute,
42:05c'est-à-dire que,
42:06il n'y a pas de possibilité
42:08de produire,
42:10c'est à la fois trop difficile
42:12et trop facile,
42:13et les artistes
42:15sont comme dans une cocotte minute,
42:17il n'y a qu'à dire,
42:18voilà,
42:18on y va,
42:19et tout le monde y va,
42:20et c'est superbe.
42:21Et le titre,
42:21c'est Ouf,
42:22ouvrir,
42:23ouvroir ultime de fiction.
42:24Oui,
42:25c'est une référence
42:26à l'oulipo,
42:28l'oulipo,
42:29le mouvement littéraire.
42:32Vous êtes dans la tradition
42:33des dadaïstes
42:34et de tous ceux
42:34qui ont créé
42:36ces univers.
42:36Oui,
42:38dadaïstes,
42:39surréalistes,
42:40lettristes,
42:40on aime beaucoup
42:41les lettristes,
42:42trotschistes
42:43et autres,
42:44histes,
42:44chistes.
42:45Donc,
42:45il y a des textes,
42:47des textes de fiction,
42:48il y a des photos,
42:50il y a des dessins,
42:51c'est un mélange.
42:52Il y a beaucoup de poésie aussi.
42:54C'est un mélange.
42:58L'idée,
42:59c'est que
42:59tout doit se raccorder
43:01plus ou moins
43:01à une fiction,
43:03à une histoire.
43:05On est dans la fiction,
43:06on raconte des histoires.
43:08D'ailleurs,
43:08on va faire,
43:09je pense,
43:10un numéro
43:10sur le complotisme.
43:12J'aime beaucoup
43:12le complotisme
43:13parce que c'est
43:14une nouvelle façon
43:15de raconter des histoires.
43:16C'est un nouvel espace
43:17de fiction.
43:17La réalité alternative,
43:19c'est formidable.
43:20Est-ce qu'on peut,
43:21nous,
43:21écrire des réalités alternatives
43:22qui soient alternatives
43:23aux réalités alternatives ?
43:24C'est un truc
43:25qui m'intéresse.
43:27Donc,
43:27il y a des auteurs
43:28qui ont de 25
43:29à 85 ans ?
43:3123.
43:3123.
43:32C'est vrai
43:33que ça touche
43:34toutes les générations.
43:35Toutes les générations
43:35et on s'est dit
43:37comme ça,
43:38enfin,
43:38pour violer quoi,
43:39dans ce moment
43:40où on parle de parité,
43:43on dit
43:43la parité,
43:44c'est tout quoi.
43:45C'est homme-femme
43:45mais c'est aussi
43:46les générations.
43:47C'est aussi,
43:47bon,
43:47on s'en sort plus
43:48avec la parité
43:49mais disons,
43:50on cherche un équilibre
43:50là-dessus.
43:51Alors,
43:51il se trouve aussi
43:52que chaque numéro
43:54il y aura un thème.
43:55Là,
43:55c'est après l'ordinateur.
43:56C'est-à-dire que l'ordinateur
43:57aujourd'hui
43:57est au centre de nos vies
43:59et vous,
44:00avec vos collaborateurs
44:01et vos équipes,
44:02vous vous êtes dit
44:02qu'est-ce qui se passera après ?
44:04Oui,
44:04et c'est aussi,
44:06d'ailleurs,
44:07il y a un des poètes
44:09qui a écrit quatre poèmes
44:10pour avant l'ordinateur.
44:13C'est aussi l'idée,
44:15enfin,
44:15pour moi,
44:16parce que c'est moi
44:16qui ai amené cette idée
44:17dans le projet au départ,
44:19moi,
44:19j'ai connu le moment
44:20où il n'y avait pas l'ordinateur.
44:22Je ne suis pas le seul
44:23mais on va commencer
44:25à être peu nombreux bientôt.
44:26J'ai connu ce moment
44:28où l'ordinateur,
44:29mais ça n'existait pas,
44:30quoi.
44:32Et bon,
44:33on s'en sortait quand même.
44:34C'était pas mal.
44:36Et la réalité était,
44:37le rapport à la réalité
44:38était un peu différent.
44:40Alors,
44:40je ne dis pas qu'aujourd'hui,
44:41ce n'est pas mieux,
44:41ce n'est pas moins bien,
44:42ce n'est pas du tout
44:44nostalgique ni passéiste,
44:45ce que je dis simplement.
44:47Savoir,
44:48comprendre
44:48qu'il est possible
44:50que ça n'existe pas
44:52et qu'on peut survivre.
44:54Il y a une idée là-dessus.
44:56Il y a un texte,
44:57notamment,
44:58où vous imaginez
44:59les licenciés de la tech
45:01reconvertis en messagers
45:02et presque avec
45:03un pigeon voyageur.
45:04Oui,
45:05il y en a une,
45:06il y en a un comme ça,
45:07oui,
45:07oui.
45:08Enfin,
45:08ça c'est Hervé Péjodier
45:10aussi,
45:10je me souviens bien.
45:11Mais c'est vrai
45:12que ces sujets-là
45:14sont des sujets
45:14auxquels on ne pense jamais,
45:15d'abord parce qu'on est pris
45:16par l'air du temps,
45:17mais on se dit,
45:17mais s'il n'y avait pas
45:18d'ordinateur,
45:19et s'il n'y en avait plus ?
45:20Voilà,
45:22mais c'est aussi
45:23après l'ordinateur,
45:24c'est-à-dire,
45:24ce n'est pas seulement
45:25s'il n'y en avait plus.
45:25C'est vrai que c'est le,
45:27c'est,
45:27beaucoup d'auteurs
45:28ont travaillé
45:29sur cette idée
45:30de,
45:31c'est dévisante,
45:32du crash,
45:33de tout,
45:34tout,
45:34tout se casse la gueule,
45:35quoi,
45:36il n'y a plus,
45:36ça serait formidable
45:37en mettant un moment
45:38de bonheur total.
45:39Mais l'idée,
45:40c'est plus aussi,
45:42ça peut être bien aussi,
45:44après l'ordinateur,
45:45il y a peut-être
45:45un truc mieux,
45:46je ne sais pas,
45:46un truc encore plus
45:47d'ordinateur,
45:49le cyberpunk,
45:50c'est pas mal,
45:51quoi,
45:51aussi,
45:51c'est,
45:52voilà.
45:52Et vous évoquez aussi,
45:54à votre façon,
45:55de la société d'aujourd'hui.
45:57Oui,
45:57oui,
45:58comment faire autrement,
45:59cher ami.
46:00Et puis,
46:01il y a une scène,
46:01il y a un texte,
46:02un coup de sang dans un bar
46:04où les consommateurs
46:04sont sur leur téléphone,
46:06scène qu'on voit
46:06tous les jours aujourd'hui
46:07dans le métro.
46:08Oui,
46:08voilà,
46:09ça c'est un texte
46:09que j'ai signé,
46:11oui.
46:11Et pourquoi,
46:11justement ?
46:13Ah ben,
46:13parce que,
46:13je dois dire que,
46:16pour moi,
46:17le bistrot et l'ordinateur,
46:19ça a quelque chose à voir,
46:20c'est-à-dire,
46:22j'avais d'ailleurs dit,
46:24avec,
46:25un sens de l'avenir
46:27absolument formidable
46:28à quelqu'un
46:29dans les années,
46:30ou à la fin des années 90,
46:32que l'ordinateur,
46:34ça ne marcherait jamais vraiment,
46:36parce que,
46:36en fait,
46:37il suffisait,
46:38pour avoir les bons enseignements,
46:39il suffisait d'aller au bistrot.
46:40Et si on cherchait quelque chose,
46:42il suffisait d'aller au café,
46:43et on pouvait trouver
46:44une échelle de 4 mètres de haut,
46:46je l'ai vu,
46:48où on pouvait,
46:49et donc,
46:49pour moi,
46:49il y a un rapport
46:50entre le comptoir,
46:51cette espèce de lieu,
46:54je préfère le comptoir
46:55que les réseaux sociaux,
46:57mais,
46:59le comptoir est un premier réseau social.
47:02– Moi,
47:03je me souviens de Jean-Marie Gouriot,
47:04qui a écrit ses prêves de comptoir
47:07en écoutant les clients
47:08et en les notant à la main,
47:09aujourd'hui,
47:10ce ne serait plus possible,
47:11parce qu'on ne peut pas regarder
47:11sur le téléphone.
47:12– Hum,
47:14on peut trouver.
47:16– Et puis,
47:17il y a aussi un texte
47:18sur un ethnomusicologue
47:20perdu dans l'Amazonie,
47:21comme au bon vieux temps.
47:23– Voilà.
47:24– Oui,
47:25Et donc,
47:27là,
47:27c'est une série de textes,
47:29d'ailleurs,
47:29vous parlez bien de ça,
47:32qui sont des,
47:34que j'ai écrit,
47:35qu'il y en a encore plus
47:36dans le numéro suivant,
47:39qui va sortir bientôt,
47:41qui ont autant de prétextes à musique,
47:44c'est-à-dire qu'il y a des musiciens
47:45qui répondent à ce texte.
47:47Et là,
47:47c'est Myrta Pozzi,
47:48donc,
47:49qui répond
47:50avec un poème,
47:52d'une part,
47:53et une composition
47:54qui s'appelle Mouron.
47:55Et donc,
47:55l'idée de la petite nouvelle,
47:57c'est que cet ethnomusicologue
47:58se retrouve dans l'Amazonie,
47:59il est tout seul,
48:01et il tombe sur une,
48:03un peuple,
48:04une civilisation,
48:05une tribu,
48:06je ne sais pas comment dire,
48:08d'Indiens amazoniens
48:09qui n'ont jamais rencontré
48:11la civilisation.
48:15Et il se dit,
48:16ma fortune est faite,
48:17enfin,
48:17c'est formidable.
48:18Et puis,
48:18puisque c'est le rêve
48:20de tout ethnologue
48:21ou ethnomusicologue,
48:22et ces gens
48:25lui font
48:26une grande fête
48:26et ils chantent un truc
48:30qui irrésistiblement
48:31lui rappelle le reggaeton.
48:33Et donc,
48:34la question qui se pose,
48:35c'est comment c'est possible
48:37que ces gens
48:38qui n'ont pas connu
48:39la civilisation
48:40chantent du reggaeton
48:42alors que le reggaeton
48:43est né,
48:43comme chacun sait,
48:44à New York.
48:46Voilà,
48:46et donc,
48:47ça pose des questions
48:49très sérieuses.
48:50Oui.
48:52J'espère.
48:52à travers ce recueil,
48:53justement,
48:54à travers ce journal,
48:56ce livre,
48:56on l'appellera comme vous voulez,
48:57il y a une étude
48:59de la société d'aujourd'hui
49:00et de demain.
49:02Oui,
49:02une étude...
49:05Un peu surréaliste.
49:07Yes.
49:08Mais,
49:08vous savez,
49:09vous parliez
49:10de cet ethnologue,
49:12le plus célèbre,
49:13c'est Percy Fussell,
49:14je ne sais pas si vous le connaissez.
49:15Non.
49:16En fait,
49:16c'est un explorateur
49:17qui a cherché l'Amazonie
49:18pendant 25 ans,
49:19qu'il n'a jamais trouvé
49:20et c'est lui
49:21qui a inspiré
49:22Indiana Jones,
49:23Arthur Conan Doyle
49:24et Bob Moran.
49:25Super.
49:25Ce sont des gens
49:26comme ça
49:26qu'on a totalement oubliés
49:27et qui, finalement,
49:28étaient dans le monde d'hier,
49:30mais peut-être dans ce monde
49:30de demain
49:31que vous évoquez
49:32où il y a d'ailleurs
49:32dans ce recueil
49:33des martiens.
49:34Oui, oui,
49:34tout à fait.
49:36Il y a deux auteurs
49:37qui nous ont proposé
49:38des choses sur les martiens
49:39et ces deux auteurs
49:41apparaissent
49:42dans le numéro suivant
49:43dans une...
49:44On leur a demandé
49:45d'installer
49:47une sorte de feuilleton.
49:49Alors,
49:49ce recueil ouf,
49:51il est destiné à qui ?
49:52À quel public ?
49:54À tous ceux
49:55qui veulent le lire.
49:57C'est de 7...
50:00Oui,
50:00de 9 à 99 ans,
50:02on va dire.
50:03Les prix ont monté
50:04depuis Tintin.
50:05Mais en même temps,
50:06ce sont des textes
50:07à la fois poétiques,
50:09surréalistes.
50:10C'est un univers
50:11qu'on a peu l'occasion
50:12de voir aujourd'hui
50:13dans l'édition
50:14ou dans la presse.
50:15Oui,
50:17c'est bien pour ça
50:18que ça serait bien
50:20de le lire.
50:21Enfin,
50:22c'est le propos.
50:23Je veux dire,
50:24si c'est pour faire
50:26ce que font
50:27tous les autres,
50:29ça ne vaut pas le coup
50:30de travailler.
50:31Ils le font déjà.
50:32Vous avez toujours fait
50:33que ce soit en musique
50:34ou maintenant dans l'édition,
50:35ce que les autres
50:36ne font pas.
50:37Oui,
50:37mais ce n'est pas le projet.
50:41Le projet,
50:42c'est de faire
50:43quelque chose
50:44qui nous touche,
50:46nous,
50:46déjà.
50:47Je parlais pour moi.
50:48Qui me touche,
50:50moi,
50:50qui soit une...
50:52Je ne cherche pas
50:52à me différencier.
50:53Il se trouve que
50:55quand on est,
50:57comment dire,
50:58sincère,
51:00déontologique
51:01d'une certaine façon
51:02dans sa démarche artistique,
51:05eh bien,
51:05on est un peu différent
51:07des autres.
51:08Forcément.
51:08Vous continuez ?
51:09C'est par la nature
51:10même de l'acte artistique
51:11qui nous amène là.
51:12Et vous continuerez
51:13à être différent des autres ?
51:15Oui,
51:16probablement.
51:17Donc,
51:17ce premier numéro est sorti,
51:18le second va sortir,
51:19il y en aura un
51:20tous les six mois ?
51:21Oui.
51:22Putain,
51:23ce n'est pas facile.
51:24Mais,
51:25c'est du boulot,
51:26je veux dire.
51:27Franchement,
51:27c'est du boulot.
51:28Mais,
51:28on s'y tient.
51:29Le prochain,
51:30c'est Éloge de la Faute.
51:31Oui.
51:32Et le...
51:33qui va sortir là,
51:34donc,
51:34au mois d'avril,
51:34on sort aux Epinox.
51:36On y reste un peu flou,
51:37on s'est dit,
51:37on va peut-être...
51:39On va...
51:40On aura un peu
51:41d'élasticité
51:42dans les dates.
51:44Et,
51:45le suivant,
51:46ça sera donc
51:47à l'Epinox d'automne.
51:49Et,
51:49ça sera sur
51:50les faits d'hiver.
51:51Et,
51:52il y a du boulot.
51:53Et,
51:53il y a du boulot,
51:53oui.
51:54Eh bien,
51:54Pablo Coaco,
51:55tout nouveau succès
51:56pour cette aventure,
51:57pour vos futures aventures
51:58musicales et éditoriales.
51:59Et,
52:00continuez ainsi
52:00à être différent des autres,
52:02car c'est une façon
52:02de bien vivre aujourd'hui.
52:05Merci beaucoup.
52:06Les Clés d'une Vie,
52:07c'est terminé pour aujourd'hui.
52:08On se retrouve bientôt.
52:09Restez fidèles
52:10à l'écoute de Sud Radio.
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