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  • il y a 2 mois
Les clefs d'une vie de voutch

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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-01-29##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, c'est de mon avis.
00:05Le dessinateur que vous êtes, c'est donné pour règle de faire rimer amour avec...
00:10Vous avez longtemps fait la publicité des autres, c'est dire si vous méritez qu'aujourd'hui...
00:15On a sur la vôtre pendant une heure au micro de Sud Radio.
00:18Bonjour Vouch.
00:19Bonjour.
00:20Alors, vous êtes un dessinateur dont on connaît les traits, on connaît peu le parcours et on va l'évoquer dans l'écrit d'une vie.
00:25À travers quatre dates et à l'occasion de la sortie de ces mystérieuses...
00:30La chimie de l'amour, recherche midi, un recueil de plus qu'on évoquera tout à l'heure.
00:34Puisque le principe des clés d'une vie...
00:35C'est d'évoquer d'abord votre parcours.
00:38Alors, j'ai des dates clés.
00:40La première, elle est récente, mais c'est un retour aux sources, car le 1er juin 2020...
00:45Il y a une exposition Vouch à Courbevoie, une exposition de dessin, puisque...
00:50Vous êtes dessinateur, et cette exposition, Courbevoie, c'est quand même le lieu où vous êtes né.
00:55Oui, ça s'est fait un petit peu par hasard, mais j'étais très content de...
00:59Je connaissais...
01:00Très bien l'endroit, d'ailleurs, que j'avais connu, c'était un stade avant.
01:05Oui, l'espace Carpo qui est devenu un espace culturel.
01:07L'espace Carpo, c'était... Avant, c'était un stade et j'ai...
01:10Je me suis même... Je crois même me souvenir que j'étais faire du ping-pong dans une salle annexe.
01:14Enfin, c'était un truc...
01:15Qui était un petit peu en déshérence, et puis c'est devenu...
01:20Un très bel espace culturel.
01:21Et Jean-Baptiste Carpo, il a été sculpteur au XIXe siècle, et aussi...
01:25Dessinateur, donc un point commun avec vous.
01:28Alors, d'ailleurs, je crois que cette occasion...
01:30Vous avez rencontré Vouch, Gérard Juniau, qui est publié des contes de Pérou.
01:34Absolument.
01:35Et qui avait transformé un peu ces contes de Pérou en les adaptant.
01:39Oui, il m'a offert son livre, donc je l'ai lu après coup.
01:43Effectivement, c'était une...
01:44adaptation assez libre.
01:45Oui, exactement, puisque c'était des contes au départ pour donner...
01:49donner des renseignements aux enfants, et puis c'est tenu tout à fait autre chose avec Gérard Juniau.
01:54Alors, vous êtes né à Courbevoie, comme Michel Blanc, Arletti, Louis de Funès et Philippe Candeloro.
01:59C'est fou le nombre de personnalités qui sont nées à Courbevoie.
02:03Alors, votre nom, c'est...
02:04Olivier Voudkiewicz, et quelquefois on vous appelle Olivier Chapugnot.
02:09Non, alors, si vous voulez l'histoire de ça, j'ai été très agacé.
02:14Donc, c'était...
02:16C'était au début de...
02:19Carrière le dessinateur, j'étais très agacé, parce qu'il y avait Wikipédia.
02:24Qui venait d'arriver.
02:26Et évidemment, sur...
02:28J'ai été regardé...
02:29L'affiche qu'ils avaient fait sur moi.
02:32Et évidemment, le premier truc qu'ils donnent, c'est le...
02:34C'est le vrai nom d'état civil.
02:36Ce que je trouve assez idiot, enfin, je comprends la curiosité des gens pour ça.
02:39Mais, j'étais très agacé, parce que...
02:44Si on prend un pseudonyme, c'est bien pour masquer son vrai nom.
02:49Et donc, je me souviens même que j'ai même écrit.
02:54Il y avait un modérateur, enfin, il y avait, je sais pas quoi, un organisme...
02:59Wikipédia, j'aurais même écrit, j'aurais envoyé un message pour dire, écoutez...
03:04Évidemment, ça n'a eu aucun effet.
03:06Donc, j'ai trouvé une parade tout seule, qui était de m'inventer un faux...
03:09Vrai nom.
03:11Et c'est comme ça que...
03:12Et alors, ça m'a beaucoup amusé, parce qu'il y a beaucoup...
03:14De journalistes, après, qui ont fait des...
03:19Recherches très rapides, un peu bâclées sur moi,
03:21Et qui sont tombées sur mon vrai nom, et qui étaient persuadées...
03:24Que c'était mon vrai nom.
03:25Donc, je les ai laissés dans l'erreur, bien sûr, avec...
03:29Avec beaucoup, beaucoup de plaisir.
03:30Alors, il se trouve qu'au départ, vous êtes à Corbevoix, mais vous...
03:34Vous allez passer vos jeunes années, Vouches, dans les Vosges.
03:37Oui.
03:37D'abord, à Epinal.
03:39Alors non, c'était à Saint-Dié, mais c'est pas loin.
03:44C'est la décentralisation.
03:46Je suis né à Corbevoix, mon père était...
03:49De Corbevoix aussi.
03:51Euh...
03:54Et voilà qu'on propose une opportunité de travail à mon père, en le disant.
03:59C'est les grandes époques de la décentralisation, c'est 1950...
04:0460, le début des années 60.
04:07Et comment ça se passait à l'époque ?
04:08Ben, on disait aux gens...
04:09Écoutez, est-ce que vous voulez pas partir à Évreux, à Tours, à Limoges ?
04:14On vous paye votre déménagement, et puis on augmente votre salaire.
04:19Et puis, etc, etc, quoi.
04:21Il y avait des avantages qu'elle ait avec.
04:23Et les...
04:24Vous voyez...
04:24Qu'il en quoi les gens acceptaient de quitter la région parisienne pour aller s'installer en province.
04:29Votre père travaillait dans quel univers ?
04:31Euh...
04:31Dans l'industrie automobile.
04:33Parce que...
04:34Ce qui est important à Saint-Denis-des-Vosges, c'est l'informatique aujourd'hui.
04:37Et je sais qu'il y a une usine...
04:39Où l'on a fabriqué les programmes informatiques destinés au quotidien pendant des années.
04:43Et c'est né à...
04:44C'est à Saint-Denis-des-Vosges.
04:45Je ne savais pas.
04:46Alors, il y a ensuite quelqu'un qui a beaucoup compté dans votre parcours.
04:49Et dans l'origine de votre humour.
04:52Et écoutez cette voix.
04:53Con order.
04:54C'est une règle fondamentale de l'histoire.
04:58J'ai le perdu.
04:58J'ai le perdu.
04:58J'ai le perdu.
04:59Jacques Bergier qui est l'auteur avec Louis Powell du Matin des magiciens.
05:04Donc, qui a créé Planète.
05:06Un planète avec l'anthologie Planète.
05:09D'accord.
05:09Jacques Bergier, il faut le savoir.
05:11C'est un monsieur, c'est un scientifique.
05:12Je ne sais pas si vous voyez son visage.
05:13Non.
05:14On l'a...
05:14Immortalisé dans Vol 714 pour Sidney de Hergé.
05:18Oui.
05:18Où il est un personnage...
05:19Totalement délirant.
05:20C'est lui qui joue le milliardaire ?
05:22Exactement.
05:22C'est...
05:24C'est un personnage étonnant.
05:25Le milliardaire un petit peu...
05:26Un fou fou, oui.
05:27Un petit peu à l'ouest, comme ça.
05:29Et qui est un petit peu distrait.
05:30Exactement.
05:31Ah bon ?
05:32Oui.
05:33Et je crois que Jacques Bergier...
05:34et Louis Powell ont donc créé une anthologie Planète
05:37que vous avez découvert un jour.
05:39dans la bibliothèque familiale.
05:41Absolument.
05:42Et ça vous a marqué, Vouch.
05:43Oui, parce que c'est...
05:44C'était formidable ce truc.
05:45C'était vraiment formidable.
05:47Puisque c'était...
05:49Des bouquins qui étaient composés de textes,
05:52de petites nouvelles,
05:53plus ou moins...
05:54courtes.
05:54Enfin, la plus grande devait faire 5, 6 pages
05:57ou 7, 8 pages maximum.
05:59Et il y avait, sans goutcher entre ces nouvelles,
06:02il y avait du dessin d'humour.
06:03Et ça...
06:04Vous ne saviez pas ce que c'était à l'époque
06:05le dessin d'humour ?
06:06Non, je l'ai découvert là.
06:07Et il y avait Follon, notamment.
06:09Oh, il y avait Follon,
06:10il y avait plein de trucs.
06:11Il y avait beaucoup de dessinateurs américains.
06:12Il y avait Chasse à dames.
06:13Les premiers dessins...
06:14Ce que j'ai vu,
06:15je les ai vus là-dedans.
06:17Il y avait Follon,
06:18il y avait...
06:19Rézère,
06:20qui au début a fait quelques dessins d'humour,
06:23il y avait Volard.
06:24Il y avait Ski,
06:25il y avait Bosque,
06:27il y avait Chaval.
06:29Il y avait Sampé.
06:31Exactement.
06:31Il y avait quelques dessins de Sampé.
06:33Et c'est vrai que Sampé...
06:34pour vous,
06:34Vouch,
06:35c'est un maître du dessin.
06:36Ah ben absolument,
06:37oui, oui, absolument.
06:38C'est-à-dire que...
06:39vous considérez que vous êtes
06:40un descendant de Sampé.
06:41Vous êtes inspiré de son style au départ.
06:43Je me...
06:44Je suis autoproclamé
06:45descendant de Sampé,
06:47mais un petit peu avec...
06:49...
06:49arrogance et puis...
06:51Non, mais je pense que ce que j'ai...
06:54c'est un projet de commun avec Sampé.
06:58Et...
06:59ce que j'ai appris de lui,
07:00c'est qu'en fait,
07:01on pouvait faire rire...
07:03d'une...
07:04pas bêtement.
07:05Voilà.
07:06De façon à...
07:07en disant en même temps
07:08quelque chose qui était...
07:09c'est pas complètement idiot.
07:10Et ça, c'est un truc
07:11que lui-même a pris...
07:13a été...
07:14cherché...
07:16la source d'inspiration de Sampé,
07:18c'était le New Yorker.
07:19en fait.
07:20Exactement.
07:20Voilà.
07:21Et donc, je suis sur la même filiation.
07:24parce que j'ai suivi
07:25le même trajet que lui.
07:26Alors, il se trouve,
07:27Vouch,
07:27que donc après le bac,
07:28ben vous...
07:29envisagez des études d'art
07:31et je crois qu'il y a
07:32les beaux-arts à Metz.
07:33Mais d'abord,
07:34après la légende,
07:34vous n'avez pas passé l'examen.
07:36Non, mais c'est...
07:38c'est vrai.
07:39ça confirme.
07:41À l'époque,
07:41j'étais très très distrait.
07:43J'étais une sorte...
07:44durlu-berlu et...
07:47alors, j'ai...
07:49j'ai raté le concours des beaux-arts
07:50pour une histoire de retard,
07:51de réveil.
07:53Je...
07:54j'ai raté le concours d'Étienne.
07:55Enfin, je l'ai quasiment raté
07:56parce que je suis allé passer le concours
07:58dans une autre...
07:59école qui était juste à côté,
08:00qui était l'école Corvizar.
08:01J'étais vraiment
08:02durlu-berlu à cette époque-là.
08:04Et le concours des beaux-arts de Metz,
08:06je l'ai raté.
08:07Je trompais date de deux jours.
08:08Oui.
08:09Et donc, j'étais censé appeler mon père
08:11qui m'avait réservé un hôtel à Metz.
08:12Je devais prendre le train.
08:14Et là, mon père a éclaté de rire au téléphone
08:15parce qu'en fait,
08:16il ne voulait pas du tout
08:17que j'aille au beaux-arts.
08:18Ça ne lui plaisait pas.
08:20Et donc, il m'a dit
08:20mais je ne l'ai pas réservé d'hôtel
08:22parce que de toute façon,
08:23tu as raté le...
08:24le concours de deux jours.
08:25Ah bon ?
08:26Il y avait aussi un réveil
08:27prêté à un voisin, je crois.
08:29Ça, c'était les arts déco.
08:30Voilà.
08:31Les arts déco.
08:32J'ai prêté mon réveil
08:33à un voisin qui avait...
08:34des examens universitaires
08:35sans penser à lui dire
08:36mais écoute, je vais te réveiller.
08:38Bêtement, je lui ai donné mon réveil.
08:39Et lui s'est endormi.
08:41Oui.
08:41Et ce n'était pas grave pour lui
08:42parce qu'il a repassé ses UV plus tard.
08:44alors que moi,
08:45j'avais raté définitivement le concours.
08:47Et finalement, vous,
08:47vous vous êtes retrouvé dans une école...
08:49qui s'appelle l'Initiative.
08:50Oui.
08:51C'est une école qui est polyvalente.
08:54où on apprend les arts appliqués.
08:56Alors, c'était une drôle d'école.
08:57C'était une drôle d'école
08:58parce que...
08:59l'histoire de cette école
09:01est, bon...
09:02très brièvement...
09:04C'était une école religieuse
09:06avec une bonne sœur
09:07qui adorait l'art.
09:09Et...
09:09elle avait, en fait,
09:10dans le cadre de son...
09:12de...
09:13elle gérait...
09:14en fait, un groupe de religieuses
09:15et par plaisir,
09:16elle avait monté, en fait,
09:17une sorte de département
09:18de...
09:19d'éducation artistique.
09:20Elle avait recruté elle-même
09:21des...
09:22des profs
09:23qui sortaient...
09:24des beaux-arts en général.
09:26Et c'était une religieuse
09:27qui avait l'esprit assez ouvert
09:28parce que...
09:29vous voulez,
09:29les...
09:30les beaux-arts de Paris,
09:31ça avait quand même
09:32une réputation
09:32un petit peu sulfureuse.
09:34Oui, oui.
09:34Et puis,
09:36cette école a perduré,
09:38elle a eu pas mal de...
09:39succès par la qualité
09:41de son enseignement,
09:42mais c'était très anecdotique.
09:44Et à un moment donné,
09:44c'est poser la question
09:46d'une reconnaissance publique
09:47parce que c'était une école...
09:49qui était en dehors
09:50du système officiel,
09:52si vous voulez.
09:53Et...
09:54l'État a dit
09:54bon,
09:55ben oui,
09:55c'est possible,
09:57mais à ce moment-là,
09:57il va falloir vous...
09:59passer des diplômes d'État,
10:00il va falloir vous appuyer
10:01sur une autre école
10:03qui existe déjà.
10:03Enfin bon...
10:04un truc assez compliqué.
10:06Donc c'était une école assez...
10:09étonnante
10:10parce qu'elle était restée
10:11avec ses fondateurs
10:12du départ.
10:13...
10:14Et je suis arrivé là-dedans
10:15une fois de plus
10:16par un concours de circonstances
10:17tout à fait...
10:19...
10:19tout à fait curieux.
10:21En fait,
10:22j'avais quelqu'un de ma famille
10:23qui connaissait...
10:24un prof de cette école
10:25et qui...
10:28Voilà,
10:29j'ai...
10:29qui lui avait...
10:31j'étais chargé
10:31d'appeler ce monsieur...
10:33En fait,
10:33ils avaient...
10:34validé mon entrée
10:35dans cette école
10:35mais sans m'en parler.
10:36Voilà.
10:37Parce que j'étais parti
10:38en vacances pendant ce temps-là.
10:39C'était mes dernières vacances
10:40en 1976.
10:42Mes dernières vacances
10:43d'étudiants.
10:44Et quand je suis rentré,
10:46on m'a dit
10:46il faut que tu appelles
10:46ce monsieur-là.
10:47Alors j'ai dit
10:48moi je ne veux pas y aller.
10:48...
10:49...
10:49on ne m'a pas demandé
10:49mon avis de tout ça.
10:52Et...
10:52on m'a dit...
10:54il faut que tu appelles ce monsieur
10:55parce qu'il est en relation
10:56avec la famille
10:56donc il faut que tu t'excuses.
10:58Il faut que tu vies à nuit.
10:59ton inscription.
11:01Et quand j'ai appelé ce monsieur
11:02au téléphone,
11:03il s'est mis...
11:04...
11:04en colère,
11:04il a raccroché.
11:06Et alors j'ai su pourquoi après.
11:08Mais...
11:09...
11:09Donc mon père m'a dit
11:09bah écoute,
11:10il faut que tu ailles lui parler
11:11en direct.
11:13Donc justement,
11:14j'ai...
11:14un déplacement à faire à Paris,
11:15je t'emmène
11:15et tu vas t'expliquer
11:16avec ce monsieur de vive voix.
11:17...
11:18...
11:18...
11:19Et...
11:20bon voilà,
11:20le malentendu a continué
11:21parce que je suis tombé sur...
11:24...
11:24l'employeur de ce monsieur
11:27qui a commencé...
11:29...
11:29l'entretien qu'on avait ensemble
11:31en lui disant
11:32vous avez choisi cette école
11:33et vous avez choisi cette école.
11:34que vous l'avez bien fait.
11:35J'ai jamais pu lui dire
11:36qu'en fait je venais
11:37pour justement
11:38ne pas y aller.
11:39...
11:39Et voilà,
11:41et puis je suis...
11:42Et donc je devais...
11:44...
11:44...
11:44faire un aller-retour à Paris
11:45et en fait j'y suis resté.
11:47Voilà.
11:47Et ça a continué.
11:49...
11:49...
11:49...
11:49Il y a une autre date importante
11:50dans votre parcours
11:51c'est le 10 septembre 1989.
11:53...
11:54A tout de suite sur Sud Radio
11:55avec Vooch.
11:56Sud Radio,
11:57les clés d'une vie.
11:58Jacques Pessin.
11:59Sud Radio,
12:00les clés d'une vie.
12:01Mon invité Vooch,
12:02dessinateur illustre.
12:03...
12:04Tout à l'heure nous parlerons
12:05des mystérieuses alchimies d'amour
12:07au Cherche Midi.
12:08Votre dernier recueil.
12:09...
12:09assez particulier.
12:10On a évoqué les débuts
12:11de votre parcours
12:12donc à Paris et à Paris.
12:14...
12:14...
12:14dans les Vosges
12:14et puis vous êtes devenu
12:16effectivement dessinateur
12:17et publicitaire
12:18et surtout...
12:19...
12:19le 10 septembre 1989,
12:21une activité plutôt rare.
12:22Ce jour-là,
12:23vous devenez...
12:24...
12:24...
12:24...
12:24champion d'Europe de Boobrang.
12:26Vous vous en souvenez ?
12:28Ah oui, là oui.
12:29...
12:29Alors, je crois que ça s'est passé
12:30à Évry,
12:32sur la plaine des Jeux de la Garenne.
12:34...
12:35...
12:36...
12:37...
12:38...
12:39...
12:40...
12:41...
12:42...
12:43...
12:45...
12:47...
12:49...
12:51...
12:53...
12:55...
12:57...
12:58...
13:03Le cerf-volant aussi, qui était revenu à la mode et tout ça.
13:06Donc à un moment donné, on a tous cru que...
13:08Quel bon moment allait devenir un sport de masse, enfin, ou presque, si vous voulez.
13:12Bon, ça ne s'est jamais...
13:13Et comment avez-vous découvert ce sport ?
13:15Alors, j'ai découvert ce sport parce que...
13:18Dans mes pérégrinations professionnelles dans la pub, où j'étais créatif.
13:24De temps en temps, on faisait des mauvaises pioches.
13:25On changeait de boulot et puis ça ne se passait pas bien.
13:28Je n'entendais pas avec les gens, le directeur de création.
13:32Enfin, voilà.
13:33Ça ne marchait pas à tous les coups.
13:35Et moi, j'ai fait ça.
13:38Je suis allé dans une agence où j'étais très malheureux.
13:42Et donc...
13:43Comme j'étais très malheureux et que je ne m'entendais pas avec les gens,
13:46j'étais un peu privé de boule.
13:48Alors, je pouvais sortir du boulot de très bonne heure, vers 16h.
13:53Puis-je m'ennuyer ?
13:55Et sur mon chemin, entre le boulot et le...
13:58Je passais le long du bois de Boulogne.
14:01Et un jour, je...
14:03J'avais le temps, mais en passant en voiture,
14:06comme ça, je vois des mecs qui gesticulent.
14:08ont l'air de lancer des trucs.
14:09Et comme j'ai du temps, je me dis,
14:10bon, allons voir ce qui se passe.
14:12Et en fait...
14:13Il y a trois lanceurs ou quatre lanceurs de boomerang.
14:16Et j'arrête ma voiture et je vais les voir.
14:18Je leur dis, mais vous lancez des boomerangs ?
14:19Ils me disent, bah oui, on lance des boomerangs.
14:21Mais comment vous faites ?
14:23Et puis, voilà.
14:24Et c'est parti comme ça.
14:25Mais c'est un sport pas facile,
14:26parce qu'on casse quelques vitres...
14:28Non, c'est un sport pas facile, c'est vrai,
14:31mais c'est pas à cause de ça.
14:33C'est un geste très simple
14:36et qui demande quand même pas mal de...
14:38qui est assez sophistiqué.
14:42Ça pourrait ressembler à...
14:43un geste de golf, si vous voulez.
14:45La différence étant que personne ne va faire du golf tout seul.
14:48en se disant, je veux bien y arriver tout seul.
14:50Il y a toujours le...
14:52On sent bien...
14:53qu'il faut prendre des cours,
14:54qu'il faut qu'on vous explique comment ça marche et tout ça.
14:57Alors qu'au boomerang, les gens...
14:58se disent, ça leur ressemblait à un frisbee,
15:00donc j'essaye.
15:00En fait, ça ne marche pas.
15:02En fait, le boomerang...
15:03pour vous, c'est un ami à qui vous pouvez parler.
15:06C'est ce que vous avez écrit un jour.
15:07Ah bon ?
15:08J'ai dit ça ?
15:09Ah oui.
15:10C'était peut-être un petit peu alcoolisé, alors.
15:13Mais au départ, le boomerang,
15:14c'était une arme de chasse pour les aborigènes d'Australie.
15:16Ah, c'est compliqué.
15:17Oui.
15:18La première observation remonte à 1802
15:20et on aurait trouvé des objets...
15:23de bois qui auraient ressemblé à boomerang
15:25dans le tombeau du pharaon tout en camon.
15:27Et même...
15:28avant, puisqu'on a trouvé
15:30des boomerangs préhistoriques.
15:33et on a fait des...
15:35enfin, qui étaient relativement bien conservés.
15:38en bois
15:39et on a fait des modèles d'imitation,
15:42si vous voulez, très...
15:43très fidèles.
15:44Et en fait, c'était...
15:46Alors, pas tout à fait des boomers,
15:47c'était des killing sticks.
15:48C'est-à-dire, c'est des...
15:49C'est comme un boomerang,
15:50sauf que ça plane horizontalement
15:52et ça ne revient pas.
15:53Mais c'était...
15:55Apparemment, c'était utilisé
15:56à la préhistoire
15:57comme une arme de chasse.
15:57C'était fou.
15:58Alors, vous êtes pris au jeu,
15:59voûts,
16:00et immédiatement,
16:01vous avez commencé à apprendre.
16:02Vous avez fait des championnats.
16:03de France.
16:03Je crois que vous avez été
16:04six fois champion de France.
16:05Vous avez...
16:06Quatre fois.
16:06Quatre fois, oui.
16:07Tout augmente.
16:08Et en fait,
16:10c'est vraiment devenu
16:12une compétition.
16:13permanente pour vous.
16:15Non, je me suis consacré à ça.
16:17Ça me plaisait beaucoup.
16:18J'étais assez doué, en fait,
16:20dans ce domaine-là.
16:22Plus qu'on...
16:23dessin, en fait, finalement.
16:24Bizarrement,
16:24j'étais plus doué en boomerang
16:25qu'en dessin.
16:27Euh...
16:28Voilà, et on construisait
16:29une boomerang nous-mêmes.
16:30Donc, c'était...
16:31C'était vraiment amusant.
16:33Parce que quand on gagnait
16:34une compétition,
16:35c'est avec un boomerang
16:36qu'on avait fabriqué.
16:37C'était...
16:37C'était vraiment...
16:38C'était vraiment un double plaisir,
16:39en fait.
16:40Et je me suis passionné.
16:41Puis après,
16:42le côté associatif.
16:43m'a plu aussi,
16:45parce que...
16:46Il y avait tout à faire, en fait.
16:48Et donc,
16:48j'ai participé
16:49à la création de l'association,
16:51etc.
16:52Dont certaines...
16:53ont duré pendant 20 ans.
16:55Donc, quand on lance
16:55une association
16:56et qu'elle dure 20 ans...
16:58Il y a une petite fierté,
16:59même si c'est pas grand-chose,
17:00mais c'est quand même sympa.
17:02Et je crois que si les chambres...
17:03Les championnats se sont déroulés à Évry,
17:04vous êtes pour quelque chose ?
17:07Oui, oui, absolument.
17:08C'est-à-dire que...
17:09Bon, nous,
17:10on n'avait pas un rond,
17:10on faisait des compétitions,
17:11il n'y avait rien à gagner.
17:13On gagnait une coupe affreuse en plastique,
17:17un mélange de plastique et de...
17:18laiton.
17:19Donc, c'était...
17:20On était vraiment des passionnés,
17:21mais du coup,
17:22on n'avait pas de structure.
17:23pas de moyens, etc.
17:25Jusqu'au jour où on est tombé
17:26sur un gars à Évry
17:27qui était un...
17:28un élu
17:28et qui était très ouvert
17:30et qui trouvait que le boomerang
17:31c'était formidable pour l'image.
17:33et qui nous a dit,
17:36à notre grande surprise,
17:37bah écoutez,
17:38la...
17:38ville d'Évry
17:38pourrait vous accorder
17:39un budget
17:40en tant qu'association sportive.
17:43des budgets très modestes,
17:44mais à l'époque,
17:45c'était...
17:46pour nous,
17:46c'était le pactole, quoi.
17:48J'ai trouvé une chanson
17:49qui parle de boomerang,
17:50je ne sais pas si vous la connaissez.
17:52Comme un boomerang avec...
17:53Avec Détienne Daou.
17:54Et Dany, exactement.
17:57T'adore.
17:58J'ai été mon cœur blessé,
18:00l'amour comme un berangle
18:01me revient déjà.
18:03Vous connaissez l'origine
18:04de cette chanson ?
18:05Non.
18:05En fait, Dany doit participer
18:06à l'Eurovision en 1974.
18:08Pompidou meurt,
18:10c'est annulé.
18:11L'année suivante,
18:11elle se présente
18:12avec cette chanson
18:13qui est refusée
18:13par le jury de la France.
18:17Et quelques années plus tard,
18:18Daou la retrouve
18:19et dit à Dany,
18:20il faut qu'on l'enregistre ensemble.
18:21Elle est formidable,
18:22cette chanson.
18:22Elle est extraordinaire.
18:23Et c'est devenu un gros succès
18:2515 ans après sa création.
18:28Ressuscité.
18:29Exactement.
18:29Formidable.
18:30Alors, il se trouve que,
18:31en plus, le destin a frappé
18:32car vous...
18:33vous êtes retrouvés
18:33dans une agence
18:34qui ouvrait
18:35qui s'appelait Australie,
18:36le pays du Boomerang.
18:38J'ai même fait...
18:41J'ai même fait le...
18:43des affiches 4x3.
18:47L'agence existait déjà.
18:48Mais il s'agissait
18:48de faire sa promotion
18:49sous forme d'affiches.
18:52Et j'ai évidemment...
18:53on m'a confié le boulot
18:55et on a trouvé info aux abonnés.
18:58d'Origène
18:58et on a fait,
18:59voilà, bon,
19:00des photos.
19:02Alors...
19:03La pub, ça a commencé finalement
19:04après vos examens.
19:06Votre premier métier,
19:07ça a été la pub.
19:08Vous...
19:08C'est arrivé comment ?
19:10Comme ça ?
19:10Non, j'étais dans une école
19:12qui...
19:12la fameuse école...
19:13l'initiative dont on a parlé
19:14tout à l'heure,
19:15elle formait des graphistes.
19:18des gens qui étaient...
19:20qui travaillaient
19:21non pas dans des agences
19:22mais dans ce qu'on appelait
19:23des...
19:23studios.
19:24C'était des gens
19:24qui faisaient des graphismes,
19:26qui faisaient des...
19:28des plaquettes de...
19:30publicitaires,
19:31enfin des choses comme ça.
19:32Et...
19:33J'ai commencé d'ailleurs
19:34à faire ça pendant un an
19:35et au bout d'un an,
19:37il y avait un collègue qui...
19:38qui m'a attrapé par le...
19:40comme ça...
19:41par le coude
19:41et qui m'a dit
19:42tu sais...
19:43tu pourrais faire...
19:45tu devrais en fait
19:46viser un peu plus haut.
19:47Je dis à bon...
19:48mais c'est quoi plus haut ?
19:49Et plus haut c'était
19:50les agences de pub.
19:52Et vous êtes devenu un créateur.
19:53administratif...
19:53Voilà.
19:54Et au milieu de gens
19:55qui sont plutôt des...
19:57des fonctionnaires.
19:58ou des cols blancs.
20:01Des gens qui...
20:02des managers.
20:03Oui, il y en avait
20:04mais non, non, non, non...
20:05Non, non, je ne suis pas...
20:06Je ne suis pas...
20:07Non, ce n'est pas tout à fait juste.
20:08Une agence...
20:10Alors évidemment,
20:10il y avait des services comptabilité
20:11qui étaient des gens...
20:13qui rigolaient pas trop
20:14mais dans l'ensemble,
20:17même les commerçants...
20:18étaient un petit peu olé olé.
20:20On rigolait quand même beaucoup
20:21à cette époque-là.
20:22Vous faisiez des dessins pour le...
20:23plaisir pour amuser vos collègues.
20:25Oui, c'est ça.
20:26Des petits gros bars.
20:27Je crois qu'un jour...
20:28il y a eu une farce
20:28que vous avez fait...
20:30Le coup du seau d'eau
20:31au-dessus de la porte...
20:32Mais comment...
20:33Vous savez ça, vous ?
20:34Je me suis renseigné.
20:35Mais vous êtes quelqu'un
20:36de très sérieux.
20:37Ah oui ?
20:38J'essaye.
20:39Qu'est-ce qui s'est passé en réalité ?
20:41Alors ça, c'est une histoire extraordinaire.
20:44J'avais vu, bien sûr...
20:45Je crois que c'était Gottlieb
20:46qui dessinait ça, non ?
20:47Oui, oui.
20:48J'avais vu, bien sûr,
20:49des gags dessinés
20:50avec des seaux d'eau
20:50mis sur des portes
20:51qui tombaient sur les gens.
20:53Et un jour où j'étais désœuvré,
20:57je...
20:58Je ne sais pas ce qui me passe par la tête.
21:00C'était une après-midi.
21:02Il y avait un...
21:03un sous-deau qui avait été abandonné
21:04par le personnel d'entretien aux toilettes.
21:08Et je me dis, tiens,
21:08on va le remplir,
21:09on va le mettre sur la porte.
21:12Et puis on va voir...
21:13On va voir ce qui se passe.
21:14Mais il était un bouti rempli d'eau
21:15et donc il pesait plusieurs kilos.
21:17Mais...
21:18Je n'ai pas du tout réfléchi
21:19au danger potentiel
21:19que ça pouvait représenter
21:20s'il tombait mal.
21:22En fait, je ne savais pas du tout
21:23comment il...
21:23il allait tomber.
21:25Est-ce qu'il allait tomber
21:26comme dans les dessins de Gottlieb ?
21:27Ou alors...
21:28Très différent.
21:28Je ne sais pas.
21:29Donc on pose...
21:30Enfin, je pose le sous-deau sur la porte.
21:33Et puis on se dit,
21:33bah oui, mais qui on va appeler ?
21:35Parce que j'étais...
21:36On travaillait en binôme,
21:37j'étais avec quelqu'un.
21:38Et on appelle un gars
21:39qu'on aimait beaucoup,
21:41avec qui on rigolait beaucoup.
21:42Et on l'appelle...
21:43sur le téléphone intérieur
21:44en disant,
21:45dis donc, viens,
21:46parce que là,
21:47il y a un problème sur le budget.
21:48machin,
21:48c'est très important.
21:50Viens tout de suite.
21:50Alors le gars dit,
21:51ah bon ?
21:52Ah bon ?
21:53Ah bon ?
21:53Bon bah d'accord,
21:54j'arrive.
21:54Il était quatre bureaux plus loin.
21:57Et là, il arrive...
21:58dans le bureau,
22:00avec un petit peu d'élan
22:00parce qu'on lui avait dit
22:01que c'était urgent,
22:02il pousse la porte.
22:03Et le saut d'eau lui tombe
22:05exactement comme dans
22:05les dessins de Gottlieb,
22:06c'est-à-dire lui tombe
22:07sur les épaules.
22:08Et il a pris les quatre litres d'eau
22:09sur lui,
22:10mais il n'est pas blessé.
22:12Il a juste le saut d'eau.
22:13sur la tête
22:13et il est entièrement trempé
22:15de A jusqu'à Z.
22:16Et je vous dirais un truc,
22:17on n'a même pas...
22:18C'était tellement étonnant,
22:20c'est une espèce de chorégraphie,
22:22c'était tellement...
22:23et c'est là que j'ai compris
22:24qu'en fait,
22:24le saut d'eau pouvait
22:25casser l'épaule
22:26ou la clavicule
22:27ou le...
22:28née, vous voyez.
22:30Eh bien non,
22:30pas du tout,
22:30c'est pas ce qui s'est passé.
22:31Mais on était tellement stupéfaits.
22:33qu'on n'a pas ri tout de suite.
22:35Et quant au gars,
22:36c'est lui qui a ri le premier en fait.
22:37Parce qu'il était...
22:38son saut
22:38et il s'est dit
22:39bon,
22:39c'est le coup du saut d'eau.
22:41Voilà,
22:41et c'est né comme ça.
22:42Voilà.
22:43Une date dans votre parcours aussi
22:44liée à une affiche publicitaire,
22:46c'est le 6 octobre 2020.
22:48À tout de suite sur Sud Radio
22:49avec Vooch.
22:53Sud Radio,
22:54les clés d'une vie,
22:55mon invité Vooch,
22:57nous parlerons de votre...
22:58le nouvel album de dessin
22:59Les mystérieuses alchimies de l'amour
23:01au Cherche Midi
23:02dans quelques instants.
23:03On en revient à votre parcours.
23:05On a vu vos débuts publicitaires.
23:08Vous avez officié pendant 15 ans.
23:10Le 6 octobre 2005,
23:12c'est la première au théâtre.
23:13à la gaieté Montparnasse
23:14d'une pièce
23:15dont vous avez réalisé l'affiche
23:17pour ceux qui restent.
23:19Et c'est vrai que c'est une affiche,
23:20c'est votre première affiche de théâtre
23:21ou presque ?
23:22C'est la...
23:23C'est la seule au fond.
23:23C'est la seule.
23:24C'est la première et la seule.
23:25Et la dernière.
23:26C'était une comédie
23:28contemporaine.
23:28sur l'amitié.
23:29Quelques amis qui se retrouvent.
23:31De Pascal Elbé.
23:32Oui, et vous avez fait...
23:33C'est ça pour Pascal Elbé, je crois.
23:34Oui.
23:35J'étais très content.
23:36Moi, je...
23:37Les affiches...
23:38Les affiches de théâtre,
23:38vraiment, c'était une chose
23:40qui me plaisait beaucoup.
23:42Je crois que mon affiche était...
23:43était pas nulle, d'ailleurs.
23:45Enfin, elle avait...
23:46Voilà, ça se défendait.
23:48Le problème qu'il y a eu,
23:49c'est que la pièce
23:49n'a pas du tout fonctionné.
23:51Elle a duré trois mois, je crois.
23:53Oui, mais enfin, c'était pas...
23:54Enfin, bon.
23:56Donc, ben, la fiche
23:57n'est jamais qu'un produit...
23:58dérivé, et si le bateau coule,
23:59en fait...
24:01Ben, voilà.
24:01Le...
24:03La très belle piscine
24:04qui est sur le bateau,
24:05elle coule avec.
24:06C'est comme ça.
24:06Elle a été reprise ensuite
24:07dans d'autres théâtres.
24:08Ah bon, je ne savais pas ?
24:09Ah bah, tant mieux, tant mieux.
24:11Le Lucernaire et d'autres théâtres...
24:13ont repris cette pièce
24:14et ça a mieux marché.
24:15Ah d'accord.
24:16Donc, je pense que c'était le lieu
24:17et le temps...
24:17Là, c'était au théâtre.
24:18de la gaieté, je me souviens.
24:19Oui, c'est ça.
24:20Et c'était peut-être pas le moment
24:21de la sortir,
24:21mais elle a marché ensuite.
24:23Ah bah...
24:23J'en suis ravi pour Pascal Elbé.
24:25Alors, il se trouve que
24:25parmi les affiches
24:26que vous avez faites,
24:27il y en a une qui a été...
24:28qui a été étonnante.
24:29C'est une affiche
24:29pour les cartes de crédit.
24:31Car Mastercard...
24:32Mais ça, c'est...
24:33Ça, c'était quand j'étais publicitaire ?
24:34Exactement.
24:35Enfin, j'étais un peu
24:35entre les deux, en fait.
24:37Oui.
24:37Et c'est vrai...
24:38que là aussi,
24:39c'était assez original.
24:42Vous avez fait cette affiche.
24:43qui a été un événement.
24:45Oui, le Mastercard
24:46aurait été lancé.
24:48à l'époque,
24:49grâce à cette campagne publicitaire.
24:51Peut-être, oui.
24:53Il y a eu...
24:53il y a eu aussi
24:53la Banque du Crédit du Nord
24:54où il y a eu
24:55une affiche
24:56dans 400 agences.
24:58Oui.
24:58Alors ça, c'était...
25:00Ça, c'était formidable
25:02parce que c'était...
25:03...
25:03une espèce
25:03d'exposition
25:05de médecins.
25:08très étonnante.
25:10En plus,
25:11il y en avait
25:11dans toute la France.
25:12J'étais...
25:13aux anges.
25:14Malheureusement,
25:14ça n'a pas duré
25:15très longtemps.
25:17Mais j'étais...
25:18J'étais...
25:18C'était formidable.
25:19Vous comprenez vos dessins
25:20et la pub était
25:21pour le Crédit du Nord.
25:22Oui, mais les...
25:23légendes avaient été
25:24détournées légèrement.
25:25Oui.
25:25Enfin, sous mon...
25:27J'avais donné...
25:28mon accord, en fait.
25:29Et en même temps,
25:30les clients demandaient
25:31à avoir cette affiche
25:32dans les banques.
25:33Il a...
25:33Vous savez ça, vous.
25:34C'est incroyable.
25:34C'est fou, mais c'est vrai.
25:35Oui, c'est vrai.
25:37Et...
25:38Tout ça a duré 15 ans
25:39et puis un jour,
25:40vous vous êtes fait virer
25:41et puis vous ne l'avez
25:42jamais regretté, vraiment.
25:43Vous parlez de la pub.
25:46Oui, la pub.
25:47Oui.
25:48En fait, à vrai dire,
25:49il y avait dans ce métier de créatif...
25:52Donc, les créatifs...
25:53pour les gens qui ne savent pas,
25:54c'est ceux qui trouvent les idées,
25:55en fait.
25:56Voilà.
25:57Il y avait une...
25:58une chose qui me fascinait,
25:59c'était de trouver des idées.
26:01Ce n'était pas facile
26:02parce qu'il fallait trouver des idées
26:03de...
26:03de façon très pointue.
26:04On appelait ça faire caca dans le trou.
26:05Il fallait vraiment
26:06pas faire caca à côté.
26:07Il fallait vraiment...
26:08viser le truc.
26:09Donc, ça, c'était très intéressant
26:10sur le plan créatif.
26:13recherche, tout ça.
26:15C'est vraiment passionnant, quoi.
26:17Et puis, il y avait...
26:18autour de ça,
26:19le...
26:19le biotope de la pub.
26:22Le biotope...
26:23le biotope de la pub
26:23qui, à l'époque,
26:24n'était pas du tout
26:24celui d'aujourd'hui, d'ailleurs,
26:26qui était beaucoup plus sympathique.
26:27Mais enfin...
26:28il y avait quand même
26:29des requins,
26:30il y avait quand même
26:30des histoires de trafic d'influence.
26:32il y avait des histoires d'images.
26:34Parce que les créatifs,
26:35c'était un peu comme
26:35des footballeurs,
26:36si vous voulez.
26:37Donc, ils avaient des codes
26:38qui montaient,
26:38qui descendaient
26:39en fonction des buts
26:40qu'ils avaient marqués,
26:41enfin, tout ça.
26:42Et tout ce côté-là,
26:44je le subissais
26:45plus que je l'appréciais.
26:46Je le subissais.
26:47parce que c'était
26:48les deux ensemble.
26:49Donc, on n'avait pas le choix.
26:50Vous ne pouvez pas dire
26:51je prends la viande
26:52et je le...
26:52les légumes.
26:53Donc, j'ai supporté ça.
26:57Et au bout d'un moment,
26:58je me suis rendu compte
26:58que j'étais vraiment...
26:59Mais je n'étais pas adapté.
27:00En fait, la sélection...
27:02naturelle m'a foutu dehors,
27:04en fait.
27:05C'est la loi de...
27:06Une loi d'Arwinien.
27:07qui m'a fait quitter la pub.
27:09Et résultat,
27:09vous avez décidé
27:10de vous lancer dans le dessin
27:11et certains vous...
27:12vous ont dit
27:12tu es fou,
27:13ça ne marchera jamais.
27:14Ah ben, complètement.
27:15J'en ai parlé
27:16à quelques gaulets.
27:17qui m'ont dit
27:17ah oui,
27:19tu veux faire du dessin d'humour
27:20dans les magazines ?
27:20Bon ben, tiens,
27:21ben, va au...
27:22qui est au coin de la rue, là.
27:25Et puis tu...
27:27Tu feuillettes
27:28et les magazines,
27:30il y en avait des centaines.
27:32Il y en a tous.
27:32toujours des centaines, d'ailleurs.
27:34Et tu comptes
27:34le nombre de magazines
27:36qui ont un...
27:37dessin d'humour
27:37qui publient
27:38un ou plusieurs
27:39dessins d'humour.
27:40Et puis...
27:41Et puis après,
27:41tu reviens...
27:42tu fais le bilan
27:42pour calculer
27:44en fait,
27:44quelles sont tes chances
27:45de gagner ta vie avec ça.
27:46Et résultat,
27:47ça a...
27:47marché.
27:48Et il y a quelqu'un
27:48à qui vous devez
27:49quand même beaucoup
27:50écouter sa voix.
27:51C'est un très...
27:52mauvais souvenir
27:52parce que j'ai fait tomber
27:54une sorte de boîte
27:55remplie de pièces de monnaie.
27:56Frédéric Bégaud.
27:57Et c'est vrai qu'il est un peu
27:59à l'origine de votre carrière
28:00de dessinateur.
28:01Oui, tout à fait.
28:02tellement il sortait beaucoup,
28:05il avait un gros...
28:07carnet d'adresse,
28:07comme on dit aujourd'hui,
28:08enfin, etc.
28:09Vous l'aviez connu dans l'agence.
28:10Oui, on avait été collègues.
28:12Il a fait un passage très bref
28:14dans la pub
28:15et on était voisins de bureau.
28:17quasiment.
28:18Et donc, moi,
28:19j'ai sympathisé avec Frédéric
28:20qui, à l'époque,
28:21n'avait pas encore sorti.
28:22le livre qu'il a rendu célèbre.
28:26Et le garçon...
28:27C'était très, très sympathique.
28:29Et en plus,
28:29très...
28:31tout à fait...
28:32amical et prêt à aider.
28:34Et quand il a su
28:35que je faisais du dessin,
28:36d'abord,
28:36je lui ai montré mes dessins.
28:37parce que j'en ai montré
28:38quelques-uns à l'agence.
28:40Comme ça,
28:40tiens,
28:40qu'est-ce que tu en penses,
28:41etc.
28:42ça le faisait beaucoup rigoler.
28:45Et sitôt qu'il a pu m'aider...
28:47Mais il connaissait tellement de gens.
28:49Il y avait un mec
28:50qui était rédacteur en chef
28:51d'un...
28:52d'un magazine.
28:53Il avait bu des whisky avec lui.
28:55Et au passage,
28:56il lui a dit,
28:56ben dis donc,
28:56je connais un gars.
28:57Ah ben tiens,
28:58justement,
28:59nous,
28:59on cherche des dessinateurs
29:00pas trop chers,
29:01pas connus,
29:02etc.
29:02et il lui a dit,
29:03ah ben j'ai un copain
29:04qui fait ça,
29:04tu devrais l'appeler.
29:05Voilà.
29:06Et c'était pour le magazine.
29:07C'est lui qui était ressorti.
29:08En fait,
29:09c'est un journal qui datait de 1965
29:10que Daniel Philippaqui avait lancé.
29:12avec Jacques Lanzmann
29:13et qui a ressurgi...
29:15Jacques Lanzmann,
29:15l'auteur des...
29:17Actus de Jacques Dutronc.
29:19Un bonhomme formidable.
29:20Qu'est-ce que j'aurais aimé le rencontrer.
29:21Ah, il était extraordinaire.
29:22Vous savez qu'il a commencé par hasard.
29:24Il déjeune avec Dutronc
29:25et il se dit,
29:26il se dit tous les deux,
29:26on va faire une chance.
29:27en cinq minutes
29:28qui ne marchera jamais.
29:29Ils ont fait
29:30les premières chansons de Dutronc.
29:31Formidable.
29:31C'était extraordinaire.
29:33Il se trouve donc
29:33que vous arrivez
29:34dans ce magazine
29:34et vos premiers dessins
29:36sont en noir et blanc
29:37et en noir.
29:37Trayon, Voutch ?
29:39En noir et blanc,
29:40je ne suis pas sûr.
29:40Non, non.
29:41Ça, c'est...
29:41Non, non, ils n'étaient pas...
29:42En noir et blanc.
29:43Mais au crayon, c'est vrai.
29:44Je n'avais pas trouvé mon style.
29:46En fait, j'avais...
29:47J'avais trouvé un journal
29:50avant d'être complètement...
29:52Mais bon,
29:54à l'époque,
29:54je me suis dit,
29:55il ne faut pas rater
29:55cette opportunité.
29:56Voilà.
29:57Je pouvais difficilement
29:58dire à ce monsieur,
29:59très impatient,
30:00écoutez, rappelez-moi
30:01dans deux ans...
30:02quand j'aurais trouvé mon style.
30:04Donc, je me suis lancé
30:05et...
30:06Mais...
30:07À cette occasion,
30:08je me suis rendu compte
30:08que je n'y étais pas
30:10tout à fait au niveau graphique.
30:12parce que mes dessins
30:13les faisaient rire quand même.
30:14Ils étaient marrants,
30:15si vous voulez.
30:16Mais le style graphique,
30:17c'était...
30:17Ce n'était pas ça.
30:18Et vous prenez un risque,
30:19c'est vous auto-éditer
30:20avec un recueil qui s'appelle...
30:22Tout s'arrange même mal
30:24à mille exemplaires.
30:25Et là,
30:25ça a aussi été
30:26une aventure particulière.
30:27Alors, tout s'arrange même mal
30:29vous qui êtes récultivés,
30:30vous devez savoir
30:30d'où ça vient.
30:31Ça vient, allez-y.
30:32C'est d'Alfred Capu ?
30:33Oui, c'est ça.
30:34Mais lui,
30:35ça a été déformé.
30:36Ça a été déformé.
30:37par la tradition orale, en fait.
30:39Alfred Capu avait écrit
30:41une maxime
30:41qui s'appelait...
30:42s'arrange même mal.
30:44Et je l'ai découvert
30:45longtemps après.
30:47Et elle a été reprise
30:49par un copain
30:49qui n'arrêtait pas de dire ça.
30:50C'était une sorte
30:51de leitmotiv
30:52qui...
30:52travaillait dans la pub aussi
30:53que j'adorais.
30:53C'était un mec
30:54qui s'appelait
30:54Jean-Claude Chaval
30:55qui était véritablement...
30:57un gourou pour moi.
30:59Et lui,
31:00il prononçait...
31:02cette phrase,
31:02mais il disait même mal.
31:05C'est-à-dire que c'était déjà une...
31:06il y avait eu...
31:07une petite torsion
31:09de la phrase originale
31:10et je ne savais pas
31:11que c'était...
31:12ça venait d'Alfred Capu.
31:13Je l'ai découvert
31:14bien plus tard.
31:15Et donc vous faites
31:16ce recueil, Vooch,
31:17que vous...
31:17vous allez porter
31:18vous même en scooter
31:19chez les libraires
31:19qui vous en prennent
31:20un ou deux exemplaires.
31:21Oui.
31:22Je ne connaissais pas du tout
31:23le système de librairie.
31:26Je n'avais pas la...
31:27moindre idée, en fait.
31:28Et donc on me dit
31:29oui, alors bon,
31:30peut-être que tu peux essayer
31:31de faire des...
31:32dépôts, du dépôt.
31:33Je dis, ah bon,
31:33qu'est-ce que c'est le dépôt ?
31:34Le dépôt,
31:36si tu as un libraire
31:36qui accepte...
31:37de mettre ton bouquin
31:38quelque part sur un rayonnage,
31:40alors il ne te paye pas,
31:41mais s'il le vend...
31:42Alors tu conviens avec lui
31:44des pourcentages, tout ça...
31:47Mais c'est...
31:47s'il le vend, il te paiera.
31:48Et sinon, il te rendra le bouquin
31:49mais il ne te devra rien.
31:51Ah, je dis, ah bon ?
31:52Donc j'entreprends
31:55une tournée en scooter.
31:57chez des libraires
31:58que je ne connais pas du tout.
31:59En disant, voilà,
32:00j'ai fait ça,
32:01est-ce que vous voulez le prendre ?
32:02En dépôt.
32:04Je crois qu'il y en a quelques-uns
32:05qui m'ont dit non
32:06puis il y en a quelques-uns
32:06qui m'ont dit oui.
32:08Et ceux qui m'ont dit oui,
32:09j'aurais dit,
32:09bon, bah combien vous en voulez ?
32:10J'en avais plein dans le scooter.
32:12Il me dit,
32:13bah on va en prendre deux.
32:14Oui, c'est pas pour les plus.
32:16Non mais moi, je...
32:17Je ne connaissais pas la librairie
32:18donc deux,
32:19ça me semblait tout à fait
32:20un chiffre totalement...
32:22ridicule.
32:22Je pensais qu'ils allaient en prendre
32:23au moins dix ou vingt.
32:25Non, ils en prenaient deux
32:26parce que ça a été déjà...
32:27des gens qui ont été sollicités
32:28par ailleurs par d'autres auteurs.
32:30Donc chaque place est en chair
32:32dans leur...
32:32dans leur boutique.
32:34Voilà, ça s'est trouvé comme ça.
32:35Et en même temps,
32:36bon, ça vous a permis
32:36d'être connus.
32:37par d'autres journaux
32:38et de commencer à être
32:39ce qu'on appelle un cumulat,
32:40c'est-à-dire vous avez été repéré
32:41par d'autres journaux.
32:42Vous allez travailler pour Le Point,
32:44vous allez travailler pour Madame Figaro,
32:46vous allez travailler pour Psychologie Mac.
32:47Madame Figaro,
32:48puisque vous en parlez,
32:49on a évoqué tout à l'heure
32:50Louis Pouels.
32:51Oui.
32:52Et j'ai eu l'occasion
32:55de rencontrer
32:56Marie-Claire.
32:57Marie-Claire,
32:57que je dois dire
33:00que j'ai beaucoup apprécié
33:01cette personne.
33:02je pense que c'était réciproque.
33:05Mais comme j'étais toujours
33:06aussi gaffeur...
33:07Un jour, Marie-Claire m'a téléphoné.
33:09Marie-Claire,
33:09c'était quand même
33:10la patronne d'un magazine.
33:11Et moi, j'étais un tout...
33:12petit dessinateur,
33:13donc c'était quand même
33:13pas banal.
33:15Elle me dit,
33:16j'aimerais...
33:16J'adorerais...
33:17déjeuner avec vous.
33:18Je lui dis,
33:18mais bien sûr,
33:19mais bien sûr.
33:20Je lui dis,
33:21mais c'est formidable.
33:22Quel honneur !
33:25Et alors,
33:25elle me donne rendez-vous...
33:27pas loin du siège
33:30de Mme Figaro.
33:32...
33:32Je crois que c'était...
33:33Comment ça s'appelle ?
33:34La cour carrée ?
33:35Les colonnes de...
33:36Les colonnes de...
33:37...
33:37C'était un restaurant
33:38dans les arcades
33:39qui devait être
33:40un de ses restaurants favoris.
33:42Et il se passe un truc incroyable,
33:44c'est que j'étais en train
33:45de dessiner,
33:45j'avais beaucoup de commandes
33:46à l'époque.
33:47Oui.
33:47J'ai oublié le rendez-vous
33:48de Mary Claire Pobles.
33:50Je l'ai oublié.
33:51Enfin...
33:52Sûrement qu'un psy
33:53expliquerait ça
33:54mieux que moi.
33:56Et je m'en suis rendu compte.
33:57Il était 13h30.
33:59Oui.
34:01Et donc,
34:01j'avais...
34:02À l'époque,
34:02il n'y avait pas de portable,
34:03etc.
34:03Donc,
34:04je n'ai pas téléphoné au restaurant.
34:06J'ai sauté sur mon...
34:07scooter et je suis arrivé
34:09à deux heures moins le quart.
34:10Et Mary Claire était en train
34:11de terminer son déjeuner.
34:12...
34:12J'étais dans un état
34:14de confusion mentale
34:16absolue.
34:17Comment cette personne
34:19que je trouve aussi sympathique,
34:20j'avais pu la faire paroter.
34:22Elle est...
34:22Elle était magnifiquement...
34:24Elle était merveilleusement
34:25bien élevée.
34:27Et je...
34:27gentille, je pense,
34:28parce qu'elle m'a dit
34:29« Mais c'est pas grave,
34:30vous savez, moi... »
34:31Et donc,
34:32on a...
34:32bavardé encore.
34:34Je...
34:34Je me sentais tellement coupable,
34:36je lui ai offert un original.
34:37Je lui ai fait envoyer
34:39dans les huit jours
34:40un original
34:41en espérant que c'est...
34:42ça rattraperait un peu
34:43ma bévue.
34:45Et résultat,
34:45vous avez travaillé
34:46pour Mme Figaro ?
34:47Et aussi pour le point.
34:50Car le point,
34:51vous avez eu votre...
34:52dessin à vous chaque semaine
34:53pendant des années,
34:54votre chef.
34:54Oui, ça ne s'est pas fait tout seul.
34:55J'ai fait pas mal de...
34:56Pendant quelques années,
34:57j'ai...
34:57fait des illustrations de l'article.
34:58C'était le parcours
35:01du combattant normal,
35:02si vous voulez.
35:02avant qu'on vous propose
35:04un rendez-vous régulier.
35:07Ce qui est le summum
35:09que peut espérer
35:10un dessinateur de presse.
35:11C'est...
35:12c'est une forme de reconnaissance.
35:14Eh bien,
35:15on vous essaye.
35:16On vous mêle.
35:17l'épreuve sur
35:18des illustrations d'articles
35:19qui sont des fois
35:20pas faciles du tout, quoi.
35:22Oui, et quelquefois,
35:23le dessin est inutilisable après
35:24puisqu'il illustre l'article
35:26et on oublie le contexte.
35:28Alors, ça,
35:28j'ai pensé à ça
35:29dès le début.
35:30En fait,
35:30la pub m'avait quand même...
35:32donné deux, trois...
35:34deux, trois articulations...
35:37mentales, si vous voulez,
35:39qui étaient quand même bonnes.
35:41Et j'avais compris un truc.
35:42dès le début,
35:42c'est qu'il ne fallait pas
35:43illustrer l'article lui-même.
35:45C'est-à-dire,
35:46il ne fallait pas faire...
35:47uniquement le truc
35:49qui était demandé.
35:50Il fallait faire un peu plus.
35:52Et entre autres,
35:53il fallait que le dessin
35:54réussisse à être drôle
35:55en dehors de l'article.
35:56Ça, c'est un truc
35:56que j'ai...
35:57intégré dès le début.
35:58Et ça m'a beaucoup servi
35:59puisqu'une partie des dessins
36:00que j'avais fait
36:01pour ces articles...
36:02ont été recyclés dans l'édition.
36:05Mais pour ça,
36:06il fallait qu'ils fonctionnent
36:06tout seuls.
36:07Il fallait qu'ils soient autonomes
36:09et qu'ils ne soient pas
36:10avec une béquille
36:11qui était l'article.
36:12Parce que si on enlevait la béquille,
36:13là, ça se cassait la gueule.
36:15Eh bien, justement,
36:16ces recueils,
36:16il y en a eu beaucoup.
36:17Et le dernier,
36:18on va l'évoquer
36:19à travers la date
36:20du 25 septembre 2025.
36:21À tout de suite
36:22sur Sud Radio
36:23avec Vouch.
36:26Jacques Pessis.
36:27Sud Radio,
36:28les clés d'une vie,
36:29celles de mon invité Vouch.
36:31Alors, on a évoqué...
36:31Votre parcours de dessinateur.
36:33D'abord, la pub et le dessin.
36:34Et le dessin humoristique
36:35a pris beaucoup de place
36:36dans...
36:36dans votre vie
36:37puisque vous êtes devenu
36:38l'un des maîtres du genre
36:39en actualité.
36:40Et le 25 septembre...
36:41septembre 2025
36:42est sorti un nouvel album,
36:44un de plus,
36:45Les Mystérieuses Alchides.
36:46qui mis de l'amour
36:47au Cherche Midi.
36:48Donc, l'amour,
36:50normalement,
36:50c'est Brigitte Laët
36:51qui en parle sur Sud Radio.
36:52Mais ça n'a rien à voir.
36:52Brigitte Laët ne parle
36:53qu'une partie de l'amour.
36:54Oui, exactement.
36:55Mais c'est...
36:56C'est pas...
36:56C'est pas...
36:56C'est pas tout.
36:57Le grand amour existe-t-il ?
36:59La passion est-elle soluble
37:00dans les travaux ménagés ?
37:01Toutes des questions
37:03que vous n'évoquez pas
37:04dans ce livre, finalement,
37:05dans ce recueil.
37:06Oui.
37:06Mais le couple...
37:09J'ai fait beaucoup de dessins
37:10sur le couple.
37:11En fait...
37:11Moi, j'ai pas été très heureux
37:12dans ma vie personnelle
37:13à ce niveau-là.
37:15J'ai pas...
37:16J'ai pas...
37:16enregistré un nombre de succès
37:18considérable, si vous voulez.
37:19Même plutôt l'inverse.
37:21Et j'ai...
37:21Ça a toujours été un thème récurrent.
37:25Voilà.
37:26Le couple et ses...
37:26c'est le problème, quoi.
37:27Je vais rimer amour avec humour,
37:29mais l'amour n'est...
37:31À travers...
37:31les dessins.
37:32Oui, mais ça commence toujours
37:34par l'amour, de toute façon.
37:35Et c'est après que ça commence.
37:36à devenir intéressant.
37:39Alors, cet album,
37:40il y a une petite plastique...
37:41qui dit album 100% rénové
37:43et enrichi de nouveaux dessins.
37:45Et ça, c'est une de vos particularités.
37:46C'est-à-dire que vous avez...
37:48Chaque fois que vous avez fait un album,
37:50vous avez retravaillé les dessins.
37:51Alors, je n'ai pas réussi à le faire pour tous,
37:53mais je l'ai fait pour beaucoup.
37:54Alors, il y a deux...
37:56Il y a deux raisons à ça.
37:59La première, c'est que je suis un perfectionniste...
38:01un pénitent.
38:06Et...
38:06Donc, si je vois un dessin
38:08que j'ai fait 10 ans plus tôt
38:09ou 15 ans plus tôt,
38:11mais je...
38:11Je pense que je...
38:13Je pense que je sais
38:14comment je pourrais l'améliorer un peu.
38:16Vous voyez ?
38:16Donc...
38:16Je ne peux pas m'empêcher de le faire.
38:18Et l'informatique,
38:19cet outil très récent, là.
38:21me permet de le faire.
38:23Parce que sur les originaux,
38:24je ne pourrais pas.
38:25Il faudrait reprendre à la gouache...
38:26Ce qui est extrêmement compliqué.
38:29Et il casse-gueule.
38:30Donc là, je peux...
38:31En tout cas...
38:31Essayer de reprendre les dessins
38:33puis pour finir...
38:34Ça n'arrive jamais.
38:35Mais pour finir,
38:36si je me disais...
38:36Ben non,
38:36c'était mieux avant,
38:37je peux toujours annuler le truc,
38:39etc.
38:39Et revenir en arrière.
38:40Ça, c'est la première raison.
38:41Et la deuxième raison,
38:43c'est que...
38:44Sur un ensemble de dessins d'humour...
38:47Ils ne vieillissent pas tous aussi bien.
38:49Il y en a quand même qui sont...
38:51qui étaient reliés à...
38:54Soit des technologies de l'époque...
38:55Enfin, de l'époque...
38:56où ils ont été faits...
38:58Soit des changements de mentalité aussi.
39:00On les voit très rapidement.
39:01en disant, ça suffit.
39:03Et donc,
39:04quand je regarde
39:06des vieux dessins...
39:06Il y en a une partie...
39:09Je ne les regrette pas
39:10parce qu'ils étaient pertinents.
39:11Ils étaient bien.
39:11à l'époque,
39:12c'est quand ils ont été faits.
39:14Mais disons qu'ils...
39:15Ils roulent sur trois pattes.
39:16Et même,
39:18au pire,
39:18des fois,
39:18ils enfoncent des portes ouvertes.
39:20Donc,
39:20ceux-là,
39:21je les...
39:21je les élimine.
39:23Et comme j'ai un stock
39:24de dessins secrets
39:25qui sont...
39:26des dessins
39:27qui n'avaient pas été sélectionnés.
39:28Vous voyez ?
39:29C'était la...
39:29C'était la grande shortlist,
39:31si vous voulez.
39:31Il y a eu des recalés.
39:33Mais des recalés
39:34à pas grand-chose, quoi.
39:36Donc,
39:37je ressors des dessins comme ça
39:38si je trouve
39:38qu'ils sont plus...
39:40plus modernes,
39:41en fait.
39:41plus lisibles
39:42par rapport à aujourd'hui.
39:43Je les ressors.
39:44En même temps,
39:45vous les retravaillez,
39:46par exemple...
39:46il y a des dessins
39:47où il y avait un fax,
39:48le vax n'existe plus aujourd'hui.
39:50Le fax,
39:51ça devient un gag.
39:52Alors que moi,
39:52j'avais un fax,
39:53c'était pas du tout un gag.
39:54Et il y avait des magasins de fax.
39:57C'était tout à fait sérieux.
39:58Les gens passaient pas devant
39:59en rigolant.
40:00C'était un truc très sérieux.
40:01que moi,
40:02je trouvais génial,
40:02d'ailleurs.
40:03J'envoyais des projets de dessin
40:04quand je faisais des...
40:06d'illustration d'articles,
40:08ça se passait par fax.
40:09Ils m'envoyaient l'article par fax
40:10et moi, je renvoyais...
40:11des crobares de raies blancs
40:12par fax aussi.
40:14Et ça marchait très bien,
40:15je dois dire.
40:15C'était...
40:16Sauf que ça s'est retrouvé
40:17complètement dépassé
40:19par les mails, en fait.
40:21Voilà.
40:21Il se trouve qu'un dessin,
40:22Vooch, c'est plusieurs choses.
40:24D'abord, il y a l'idée.
40:25Il faut trouver l'idée.
40:25C'est pas simple.
40:26Et ensuite, il y a le travail
40:28de la réalisation
40:29qui peut demander du temps
40:30parce qu'il y a la gouache.
40:31les couleurs.
40:33Alors, il y a tout ça.
40:34Tout ça, c'est vrai.
40:35Mais il y a en plus le fait
40:36que je...
40:36Je pense que je suis un dessinateur
40:38assez laborieux.
40:40C'est-à-dire ?
40:40J'essaye de faire que ça...
40:41Je ne vois pas.
40:43Mais dans mon processus de travail,
40:45je...
40:46C'est pas...
40:46C'est pas instantané du tout.
40:48Il y a des tâtonnements,
40:50il y a des retours en arrière,
40:51non...
40:51Finalement, c'était mieux.
40:52Ça sera mieux comme ça, etc.
40:54Et je...
40:55Je fonctionne pas très vite.
40:56Il faut que je vois l'erreur
40:59pour me dire
40:59oui, non, c'est pas du tout
41:00ça qu'il faut faire.
41:01Donc, si vous voulez,
41:03on est très loin du génie, quoi.
41:05On est très loin du génie foudroyant.
41:06On est un peu plus
41:07dans une espèce d'artisanat tâtonnant.
41:10Le côté besogneux que vous...
41:11Vous avez...
41:12Besogneux,
41:13n'ayons pas peur des mots.
41:13Allons-y.
41:14Alors, il se trouve que...
41:15Un dessin...
41:16Vous le choisissez.
41:17D'abord, vous écrivez
41:18la légende avant le dessin.
41:19Toujours.
41:20Parce que c'est plus facile.
41:21Mais c'est...
41:21100p faisait pas du tout comme ça,
41:23par exemple.
41:23Tout le monde trouve sa petite...
41:26Euh...
41:26ce que les golfeurs appellent
41:27la routine.
41:29Tous les dessinateurs
41:30ont leur routine.
41:31Oui.
41:31Et moi, ma routine,
41:32c'était de mettre le...
41:34de trouver l'idée
41:35et de la formuler complètement.
41:36C'est ça.
41:36dans la légende
41:37et seulement après
41:38de me poser la question
41:39de la visualisation.
41:41en fait, de cette idée.
41:43Il se trouve aussi
41:44que le choix des couleurs
41:45est important
41:46parce que des couleurs doivent...
41:46s'adapter au dessin.
41:49Les couleurs,
41:50c'est pas neutre.
41:50Ça donne tout de suite
41:51une ambiance.
41:51ça donne tout de suite
41:52une atmosphère.
41:54Et donc,
41:55à partir du moment
41:55où on dessine en couleurs...
41:56le choix de la tonalité colorée,
41:59si vous voulez,
42:00est déjà...
42:01...
42:01est déjà signifiant
42:03par rapport
42:04à ce qu'on cherche à dire.
42:05Et vous acceptez un décès...
42:06au départ l'idée
42:08quand elle vous fait rire.
42:10Ben oui.
42:11Ça me semble normal.
42:11Oui.
42:12Je pense que les gens
42:13qui font des sketchs,
42:13c'est pareil.
42:15Si le sketch
42:15ne les fait pas rire,
42:16ils ne vont pas...
42:16ils ne vont pas le faire sur scène.
42:18Oui, mais le rire
42:19précède les jours de souffrance
42:20de la réalisation du décès.
42:21Non.
42:21Le rire, il a lieu au niveau...
42:24C'est un rire intérieur d'ailleurs,
42:25mais c'est au niveau de l'idée.
42:26...
42:26Et après,
42:27il y a un autre problème
42:29qui se pose,
42:29c'est comment je vais faire
42:31pour que cette idée...
42:31...
42:31soit parfaitement lisible
42:32et qu'on puisse pas...
42:34qu'il n'y ait pas de malentourdu possible.
42:36...
42:36et qu'elle soit aussi drôle
42:38que l'idée m'a fait...
42:39Enfin, aussi drôle
42:40que je l'ai trouvée drôle
42:41quand...
42:41...
42:41l'idée est apparue,
42:43si vous voulez.
42:44Et ça, c'est beaucoup plus laborieux.
42:46...
42:46Et je crois, Voutch,
42:47que certains de vos dessins
42:48ont été traduits en chinois.
42:50Oui.
42:50...
42:51Et ça...
42:51Vous avez veillé
42:53à découvrir la légende
42:54qui avait été traduite.
42:55Mais...
42:56À vrai dire,
42:58j'ai découvert qu'en fait...
43:01...
43:01Madame Figaro chinois
43:04avait utilisé mes dessins,
43:05donc je reconnaissais très bien
43:06...
43:06les images,
43:07puis en dessous,
43:07il y avait un texte.
43:08Donc j'ai essayé
43:09de me faire traduire les textes
43:10et les textes...
43:11...
43:11ne correspondaient pas du tout
43:14à mes légendes.
43:15Mais on m'a expliqué que ça avait...
43:16...
43:16beaucoup de succès,
43:17mais je ne sais pas pour quelle raison
43:18parce que je ne sais pas
43:18ce que ça racontait.
43:20Ça racontait d'autres choses.
43:21...
43:21...
43:21...
43:21...
43:21Mais on m'a assuré que c'était
43:22très très drôle,
43:23que ça faisait beaucoup rire les chinois.
43:24Je dis, ah bon ?
43:25Bah écoutez,
43:26c'est vrai.
43:26Ben oui, pourquoi pas ?
43:28Et il y a une autre activité
43:29entre deux dessins,
43:31ce sont les albums...
43:31pour enfants.
43:32Ça c'était aussi quelque chose
43:34de particulier, Vooch.
43:36Ça a commencé...
43:36Ça a commencé avec la planète bizarre,
43:37je crois.
43:38Non, ça a commencé avec...
43:40La petite grenouille qui avait...
43:41Non, ça a commencé...
43:41Ça a commencé avec un livre
43:44qui s'appelait
43:44Le roi de la grande savane.
43:45D'accord.
43:46Et...
43:46À l'époque,
43:47mes deux fils qui étaient tout petits
43:48voulaient que je leur raconte
43:49tous les soirs.
43:51Euh...
43:51...
43:51Comment ça s'appelait
43:52ce truc de Disney, là ?
43:54Le roi de la chambre.
43:56Le roi Lyon.
43:57Le roi Lyon.
43:59Et donc j'en avais tellement marre
44:00de leur lire le roi Lyon.
44:01Tous les soirs.
44:02Que je me suis dit
44:03tiens, je vais faire un contre-roi Lyon
44:04en fait, quelque part.
44:06Et...
44:06Mais avec presque les mêmes personnages.
44:08Il y aura le lion, la girafe,
44:10les singes, les...
44:11Et tout ça.
44:13Et...
44:14Voilà.
44:15C'était une rébellion, en fait.
44:16...
44:16Et finalement, ça a continué
44:17avec tous ces albums
44:18parce que la petite grenouille
44:19qui avait mal aux oreilles,
44:21je connais des...
44:21des enfants qui l'ont lu ou...
44:23C'est finalement mon livre le plus vendu.
44:25...
44:26en termes de nombre d'exemplaires.
44:29Il a eu beaucoup, beaucoup de succès.
44:30Il a été traduit en plus.
44:31plusieurs pays, etc.
44:33Et on continuait à en vendre
44:34alors que le bouquin est sorti il y a 20 ans.
44:35Parce que les généraux...
44:36Les générations d'enfants
44:37découvrent ce livre.
44:38Avant de dormir, on lit...
44:40Et puis alors...
44:41Il y a aussi autre chose,
44:42c'est que c'est un livre très court.
44:44Et quand on est parent...
44:45Euh...
44:46Raconté une histoire très courte,
44:48ça peut être assez tentant
44:49quand on a eu une grosse journée.
44:50On est bien content de trouver...
44:51des livres très courts.
44:52Et puis vous avez plusieurs prix littéraires
44:54et je crois qu'il y en a un
44:55qui s'est le prix sorcière.
44:56pour la catégorie tout petit,
44:58pour un livre qui s'appelle
44:59Pourquoi Art ?
45:00Ben c'est celui-là.
45:01C'est celui-là.
45:01C'est l'histoire de la conduite.
45:03Alors il se trouve qu'il y a aussi
45:04un album qui a marqué
45:05votre parcours pour...
45:06des raisons très particulières.
45:08Monsieur Jean,
45:09Monsieur Jean,
45:10Monsieur Jean de la...
45:11Chantal Goya,
45:14Monsieur Jean,
45:15je connais beaucoup d'enfants.
45:16qui ont appris...
45:17qui connaissent La Fontaine
45:18grâce à Jean de la Goya.
45:20Et c'est vrai que La Fontaine...
45:21Le ministère de l'Éducation nationale
45:22vous a un jour confié
45:23une mission au bout de ça.
45:24Oui.
45:26Absolument.
45:26Et on m'a fait une proposition
45:30comme ça aux députés.
45:30en me disant
45:32voilà
45:32est-ce que vous accepteriez
45:35de...
45:35d'illustrer les fables de La Fontaine.
45:38Alors j'étais complètement perplexe
45:39parce qu'en fait
45:40j'ai jamais été un illustré...
45:40d'illustrateur.
45:42Enfin j'étais l'illustrateur
45:43de mes dessins
45:44et de mes livres pour enfants
45:45mais j'ai jamais...
45:45été un illustrateur
45:46si vous voulez
45:47qui travaille sur des textes
45:49hétérogènes.
45:50Et là
45:52j'ai pas répondu tout de suite
45:54j'ai pris le temps
45:55de répondre à ce même.
45:55parce que...
45:57Et j'étais dans mon lit
45:57et je me disais
45:58mais est-ce que tu peux refuser
45:59puisque tu as une proposition
46:02d'illustrer La Fontaine
46:03je n'aurais pas pensé tout seul.
46:04mais c'était un mec
46:06un gars qui m'avait tellement
46:08euh...
46:09par...
46:09parlé étant petit
46:10que j'ai décidé de plonger.
46:14Et vous avez réalisé
46:1630 dessins
46:18je crois il y a eu
46:1830 fables choisies.
46:19Et votre préféré
46:20c'est...
46:21C'est pas la plus connue
46:22c'est l'ours
46:22et l'amateur des jardins.
46:24Est-ce que vous...
46:24la connaissiez-vous ?
46:25Ah puis je la connaissais pas
46:26avant.
46:26On n'étudie pas à l'école
46:27celle-là.
46:28Mais il en a écrit
46:29euh...
46:29250 je crois.
46:31Oui c'est ça.
46:32Il y en a qui sont très chiantes
46:33alors du coup
46:33parce que du coup
46:34j'ai acheté...
46:34des bouquins
46:35et j'ai commencé à...
46:37Puisqu'en fait
46:38l'éducation nationale...
46:39m'a laissé libre du casting.
46:41Je devais en choisir 25
46:43dans les...
46:44250 existantes.
46:46Donc j'ai fait le travail
46:47très sérieusement.
46:48Et donc je...
46:49il y en a une bonne partie
46:52euh...
46:54où...
46:54c'est des espèces de jeux
46:57mais c'est des jeux
46:58sur...
46:59la mythologie grecque.
47:03C'est-à-dire...
47:04qu'à l'époque dans les salons
47:05ils connaissaient tous
47:06parfaitement les personnages
47:07de la mythologie grecque.
47:09Et donc on pouvait jouer...
47:09jouer avec,
47:10faire des contre-personnages,
47:12euh...
47:12prendre des contre-pieds
47:13de caractère, etc.
47:14Ça...
47:14ça faisait rire tout le monde.
47:15Sauf qu'aujourd'hui
47:16la mythologie grecque
47:17c'est...
47:18c'est...
47:19plus personne la connaît
47:20enfin à part quelques spécialistes
47:21bien sûr.
47:23Et donc il y avait...
47:24plein de fables de La Fontaine
47:25qui étaient sur ce thème-là
47:27pour faire rire dans les salons.
47:29qui marchaient plus du tout.
47:30Et donc j'ai fait mon casting
47:31et je suis tombé
47:32sur cette fameuse fable.
47:34dont le...
47:36dont la morale est formidable.
47:38Mais vous l'avez...
47:39l'avez lu ?
47:39Oui, je l'ai lu.
47:40Et je conseille aux enfants
47:42de la lire.
47:43Et vous lisez...
47:44ces recueils sont en CM2
47:47aujourd'hui encore étudiés.
47:49le livre de l'éducation nationale.
47:51Je ne suis pas sûr de ça.
47:53Ah j'en ai vu quelques-uns.
47:54encore ?
47:54Oui, oui.
47:55Ça doit traîner encore.
47:56Mais vous savez que c'était
47:57un système en fait.
47:58C'est-à-dire que...
47:59l'éducation nationale
48:00sous Jean-Michel Blanquer,
48:02ils avaient décidé de...
48:04d'offrir un livre de La Fontaine
48:06au CM2.
48:07A tous les CM2 de France.
48:08Ça faisait beau.
48:09beaucoup de bouquins.
48:11Il était offert
48:13en cadeau d'adulte.
48:14du CM2
48:15et en cadeau de bienvenue
48:16du collège.
48:17Voilà, c'est ça,
48:18de la sixième.
48:19et le système a perduré.
48:22C'est-à-dire qu'il y a eu...
48:24Après moi, il y a eu,
48:25je crois,
48:26quatre illustrateurs
48:27qui ont été sollicités
48:27et qui ont fait aussi.
48:29le même travail que moi,
48:30c'est-à-dire un casting des fables
48:32et avec...
48:34leur illustration.
48:36Alors, c'est mystérieux
48:37d'alchimie de l'amour,
48:38c'est un recueil avant que...
48:39certains dessins qui ont été retravaillés,
48:40d'autres originaux.
48:42À chaque fois,
48:42vos thèmes sont les mêmes,
48:43c'est-à-dire...
48:44que vous moquez un peu
48:45de tout le monde
48:45et de la société.
48:47Ben, c'est...
48:48Alors ça, c'est pas moi.
48:49C'est le dessin d'humour.
48:51C'est le genre qui veut ça.
48:54Évidemment.
48:55Un dessin d'humour
48:56qui parlerait des trains
48:57qui arrivent à l'heure,
48:57je vois pas qui ça intéresserait.
48:59Mais là,
49:00les tout-puissants,
49:01les chefs d'entreprise,
49:03les soirées mondaines...
49:04Tout ça vous inspire.
49:05Alors que vous vivez tranquillement
49:06loin de tout ça.
49:08Bon...
49:09J'ai fait des incursions,
49:10j'ai fait des petits visionnages
49:12comme ça, accidentels.
49:13Alors ça m'a...
49:14Ça me suffit.
49:14C'est pas des milieux
49:15que je connais,
49:16mais je les imagine.
49:19Je les imagine à partir
49:20de quelques éléments concrets
49:22que j'ai pu voir
49:22ou entendre, etc.
49:23Et ça va très bien.
49:27Et c'est une observation
49:27de la société.
49:28qui n'a jamais changé
49:30et qui demeure d'actualité.
49:32Qui n'a jamais changé,
49:32je ne suis pas si sûr.
49:33Mais bon...
49:35Elle était d'actualité,
49:36en tout cas,
49:36quand les dessins sont sortis.
49:38qui n'a jamais changé.
49:41Oui, elle a peut-être changé,
49:43mais c'est...
49:43Les dessins sont toujours d'actualité.
49:45Il suffit de feuilleter ce recueil
49:46ou de voir quelques illustrations.
49:48et quelques légendes
49:49pour savoir que le monde
49:50que vous éloquez
49:53n'a pas changé.
49:53Espérons-le.
49:55Moi, je suis sûr, en tout cas,
49:56que celles et ceux qui vous aiment...
49:58Il y en a beaucoup
49:59apprécieront ce recueil,
50:01même s'il y a des choses
50:02qu'ils connaissent
50:02mais qu'ils retrouveront différentes.
50:03Ça s'appelle
50:04Les mystérieuses alchimies de l'amour
50:06et c'est au cher Chmidi
50:07et vous allez continuer.
50:08à faire des recueils de ce genre ?
50:11Je ne suis pas sûr.
50:12Pourquoi ?
50:13Parce que ce sont
50:15les compilations de dessins
50:16et le nombre de dessins...
50:18n'étant pas extensibles.
50:21Je n'ai pas envie...
50:22En fait...
50:23En fait, Philippe Héraclès
50:24que vous connaissez...
50:25L'éditeur ?
50:26Oui.
50:27M'avait sollicité...
50:28Depuis le début, en fait,
50:30pour faire des compilations thématiques
50:32parce qu'il faisait ça
50:33avec Piem.
50:33Et puis, commercialement,
50:36ça a un intérêt.
50:37Et...
50:38Et je lui avais dit
50:39« Philippe, je ferai des compilations
50:40quand je pourrais avoir... »
50:43suffisamment de bons dessins
50:44que je trouve bon moi,
50:46pertinents
50:47sur un thème donné.
50:48Donc, ce qui a été fait, en fait,
50:50après une dizaine d'années de...
50:53d'albums, si vous voulez,
50:54d'albums originaux.
50:56Et là, j'ai dit à Philippe
50:56« Bon, je pense que j'ai assez. »
50:58Je peux...
50:58Je peux remplir quelques thèmes,
51:00mais il n'y aura pas de bouche-trou.
51:02Non.
51:02Je vais prendre que...
51:03Je vais faire du bon
51:03et je vais compiler
51:05ce que je trouve bon,
51:07en tout cas.
51:07Voilà.
51:07C'est un recueil.
51:08Je ne vais pas manquer
51:08puisque tout est bon.
51:10Ça s'appelle
51:10« Les mystérieuses alchimies
51:11de l'amour,
51:12recherche midi. »
51:13Merci, Vouch.
51:13Et puis, continuez ainsi
51:15parce qu'on a besoin
51:16de votre rire plus que jamais.
51:17Merci beaucoup.
51:18Merci.
51:18Les clés d'une vie,
51:19c'est terminé pour aujourd'hui.
51:20On se retrouve bientôt.
51:21Restez fidèles
51:22à l'écoute de Sud Radio.
51:23Sous-titrage MFP.
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