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  • il y a 9 heures
Les clefs d'une vie de Roberta Cecchin

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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-03-25##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:05Vous avez grandi dans une ville célèbre pour son jambon,
00:08bien avant de vous décider à raconter sur scène des tranches de vie.
00:12Vous êtes arrivé en France sans parler un seul bout de notre langue
00:16et cela aussi vous le racontez avec l'accent de la sincérité.
00:19Bonjour Roberta, qu'est-chine ?
00:21Alors on dit qu'est-chine ?
00:22Non, on dit check-in.
00:23Check-in, voyez-vous ?
00:23Mais ça va, déjà Roberta, vous l'avez bien prononcé comme ça, c'est déjà bien.
00:26Check-in, voilà.
00:27Oui, c'est ça.
00:27C'est facile, on pense à check.
00:28Alors, il se trouve que vous avez un parcours tout à fait étonnant.
00:31Vous allez fêter le jumelage Paris-Rome au grand point virgule dans quelques jours.
00:35Mais vous avez ce parcours tout à fait atypique dans l'univers de l'humour
00:39qu'on va évoquer à travers des dates clés.
00:42Alors j'ai trouvé bien sûr des dates sur votre parcours.
00:44Et la première que j'ai trouvée, c'est le 15 avril 1990.
00:47Ce sont les fêtes de Pâques que vous passez dans un lycée de Leningrad.
00:51Oui, vous êtes allé bien loin.
00:54Oui, c'est vrai que...
00:56Alors moi, je suis la troisième, on a trois enfants, j'ai un frère et une soeur.
01:01Et j'étais la plus petite, c'était difficile d'avoir de l'argent pour travailler, voyager.
01:06Et alors, je faisais tout ce que je pouvais pour voyager.
01:09J'ai fait un cours de russe et j'avais gagné une bourse.
01:14Une bourse, oui.
01:15Une bourse, et pour faire deux mois à Leningrad, ça s'appelait encore comme ça.
01:20Maintenant, c'est Saint-Pierce-Losbourg.
01:21Et oui, j'ai passé deux mois à Leningrad et j'avais étudié le russe pour deux ans.
01:26Voilà.
01:26Il se trouve que Pâques, c'est la fête la plus importante en Russie.
01:30Elle est fêtée chaque année avec des tables garnies, beaucoup plus que les autres jours de l'année.
01:35C'est vraiment le jour le plus important de l'année.
01:37Oui, il y a vraiment beaucoup de...
01:40Alors moi, j'étais chez une famille en plus.
01:42Et comme ça, ils avaient organisé...
01:43C'était une famille qui avait la toilette partagée avec des autres familles.
01:48C'était très bizarre pour moi, cette rencontre de cette culture.
01:51Et ils avaient créé, effectivement...
01:54Moi, c'était un peu l'événement de tout l'immeuble.
01:57Et on avait fait une grande table partagée.
02:00En plus, vous êtes arrivée quelques mois après la chute du mur de Berlin.
02:03Oui.
02:04J'avais eu un védemécum de toutes les choses que je devais faire et pas faire.
02:07Et bien évidemment, je ne fais pas tout ce que je devais faire.
02:11J'ai risqué aussi d'être arrêtée par la police.
02:13Pourquoi ?
02:14Car j'avais...
02:17Ils m'avaient fait boire de la vodka, bien évidemment, mes amis.
02:20Ah oui, c'est pas obligatoire, oui.
02:21Et je n'étais pas habituée du tout.
02:24Je n'avais pas encore 18 ans.
02:27Et j'ai monté dans la statue de Pietro Grande.
02:32Il y a une grande statue avec...
02:33Pietro Grande, oui.
02:34Oui, c'est ça.
02:35Et quand ils m'ont vu, les autres amis qui étaient avec moi,
02:39ils m'ont dit, tu es fou pour quelque chose comme ça.
02:41Ici, on va à la prison.
02:42J'ai dit, ah waouh.
02:43Ça ne va pas.
02:44Oui, je n'étais pas...
02:45Maintenant, je suis beaucoup plus disciplinée.
02:47Je ne vais pas faire rien avec les monuments français.
02:49C'est important.
02:50Alors, vous êtes née à Mantou.
02:52Mantou, c'est la ville que le ministère de la Culture italienne a donné le titre de capitale italienne de
02:58la culture.
02:59Oui, ça a été plusieurs fois, effectivement, dans ce contexte, car Mantou, c'était le nombril d'Europe, on disait.
03:07La ville de Gonzaga, il y a eu effectivement un développement très, très fort dans la culture, grâce à Isabella
03:13d'Est.
03:14Et après, la guerre, c'est devenu un peu plus difficile d'y aller, mais ça reste vraiment une perle
03:19culturelle.
03:20Oui, parce qu'il y a Toscanini et Verdi qui sont originaires de Mantou.
03:24Oui, alors, oui, ils sont dans cette zone-là et après, on a eu aussi Mozart qui est venu jouer
03:31chez nous.
03:32Alors, il y a ensuite Parme à 18 ans. Parme, je crois que c'est la ville de votre mère.
03:36Oui, elle est en città de la miamame.
03:37Il se trouve que Parme, en même temps, quand on pense à Parme, on pense au jambon, un peu tout
03:42ce qui tourne autour.
03:43C'est la vérité ou c'est une légende ?
03:45Oui, oui, nous, on pense... Déjà, en Italie, on pense toujours à manger, mais à Parme en particulier,
03:49c'est la... il a obtenu, effectivement, c'est reconnu comme la capitale de la gastronomie en Italie.
03:58Il y a le jambon de Parme, il y a le parmigiano et après, il y a beaucoup de beurre.
04:03C'est très lié à la France, Parme.
04:05Voilà. Et en même temps, c'est une ville qui est importante.
04:09Je crois que le Saint-Patron de Parme est important.
04:12Saint-Hilario. Oui, oui, c'est con la scarpetta de Saint-Hilario.
04:15C'est quelqu'un qui avait... La scarpetta, c'est la petite chasseure.
04:18Oui.
04:19En Italie, mais un peu en France aussi, mais surtout en Italie, chaque fois qu'il y a un Saint
04:24-Patron d'une ville,
04:25on a toujours quelque chose à manger avec.
04:27Et Saint-Hilario, il avait donné ses chasseurs à des pauvres, et c'est pour ça qu'il y a
04:32la scarpetta de Saint-Hilario.
04:33Les Saints-Patrons sont très importants en Italie, je crois.
04:37Oui, c'est très important et c'est quelque chose que j'adore découvrir quand je joue dans certaines villes
04:42en France,
04:43car il dit beaucoup de l'histoire d'une ville, les Saints-Patrons.
04:47Oui, mais beaucoup plus en Italie qu'en France d'ailleurs, on s'y intéresse beaucoup plus.
04:50Oui, c'est beaucoup plus lié qu'en France.
04:53Après, ça dépend de certaines villes, mais c'est un peu...
04:57On a une culture beaucoup plus catholique que la France.
05:00Et puis alors, vous avez aussi rétabli des vérités, et notamment sur cette chanson.
05:13C'est une chanson que tout le monde chante aujourd'hui.
05:17Yves Montand était le premier à la créer en France, parce que ses parents étaient communistes,
05:21et ils chantaient cette chanson en Italie avant de quitter le pays.
05:25Oui, c'est une chanson qui s'est devenue effectivement une ligne des partisans et des partisans pour la libération
05:32de l'Italie.
05:33C'est une chanson qui au début, c'était pour les mondines, les personnes qui travaillaient dans les champs.
05:38Et c'est vrai que souvent, grâce aussi ou à cause de la Casa de Papel,
05:43il y a beaucoup de personnes qui pensent qu'elle est espagnole.
05:46Et surtout, parfois on l'entend dans des discothèques.
05:51Tout le temps.
05:53Tous les étés, dans les discothèques, on entend et on danse sur Bella Ciao.
05:56Oui, après, ce n'est pas un problème de danser sur Bella Ciao,
05:59mais c'est vrai que c'est une chanson qui, pour nous, c'est une chanson triste,
06:04très liée vraiment à notre histoire.
06:06Et comme ça, parfois, je cherche aussi de faire comprendre
06:09que ce n'est pas vraiment une chanson sur laquelle danser sans comprendre ce qu'on est en train d
06:13'écouter.
06:13Voilà, mais en même temps, on écoute la musique, on danse, on n'entend pas les paroles.
06:17Oui.
06:17Alors, je crois qu'au départ, votre univers n'a rien à voir avec la chanson Roberta Tchekin,
06:24c'est-à-dire que vous avez fait des études scientifiques en Italie.
06:27Oui, j'ai fait une école de commerce, mais avec, effectivement, une spécialisation quantitative.
06:33Je suis une experte de la statistique.
06:35Voilà. Et puis, vous avez fait non seulement en Italie, mais au Pays de Galles.
06:38Vous êtes à Cardiff, faire des études de l'université.
06:41Ce n'est pas si fréquent ?
06:42C'était une des premières années du programme Erasmus.
06:46On est en train de parler de le siècle dernier, car, oui, je suis plus...
06:50C'est pour dire, j'ai...
06:52Après la Russie, la deuxième étape, c'était effectivement Cardiff.
06:56Et j'ai fait neuf mois d'université là-bas.
06:58En fait, Erasmus, c'est un programme de référence qui permet à des Européens de partir à l'étranger pour
07:04étudier.
07:04Oui, et ça a commencé en 1989, et moi, j'étais en 1990, et moi, j'étais en 1993.
07:12Voilà. Et c'est une aide pour permettre, justement, d'aller étudier.
07:16Qu'est-ce que vous étudiez, justement, au Pays de Galles, à Cardiff ?
07:18C'était toujours dans le contexte de l'université, de l'école de commerce.
07:22Et j'avais certains cours qui sont les mêmes qu'on avait en Italie.
07:27et j'ai fait des examens là-bas.
07:30Mais c'est vrai que chaque fois que je pouvais avoir l'occasion de voyager, je le prenais.
07:36En même temps, vous devenez une spécialiste du marketing et vous faites de l'économie quantitative.
07:41Exactement.
07:42Qu'est-ce que c'est ?
07:42Alors, principalement, c'est que c'est tout ce que c'est la statistique et la mathématique appliquées au marketing.
07:49Et au marketing, en réalité, avant, j'étais spécialisée dans le système de qualité.
07:54Ça, c'est quelque chose avec l'industrie.
07:55C'est un peu bizarre de parler de ça, car, comme vous voyez, il n'a rien à voir avec
07:59ce que j'ai fait maintenant, mais bof.
08:01En même temps, vous avez travaillé dans une banque, ce que vous n'auriez jamais imaginé.
08:04Oui.
08:05Quand je me suis diplômée à l'université, je me suis diplômée très vite avec Honor, on dit comme ça.
08:11Je suis allée toujours un peu vite dans ma vie.
08:14Et j'avais tous les banques qui m'appelaient.
08:16Et moi, je disais non, je ne vais pas rentrer dans une banque.
08:18Je commençais, effectivement, à travailler dans l'industrie.
08:21Et après, c'est vrai qu'il y a eu un moment où le directeur de l'université m'a
08:26appelé pour une poste particulière.
08:28Il m'a dit, Robert, allez-y, écoutez pour une fois.
08:33Parfois, je n'écoute pas.
08:34Et après, j'ai fait l'entretien avec la banque et je suis encore là.
08:37Et vous avez passé 15 ans dans une banque à travailler, même pour le crédit agricole en Italie, notamment.
08:43Oui, oui. Maintenant, c'est presque 29 ans que je travaille dans cette...
08:49Mais vous avez créé des choses.
08:50C'est-à-dire que vous avez créé les premières bases de clients qui existent dans toutes les banques aujourd
08:55'hui, à l'époque où ça n'existait pas.
08:57Oui, exactement.
08:58À l'époque, si vous avez un crédit immobilier avec votre femme et votre femme avait un compte et vous
09:04avez un compte,
09:05c'était considéré comme trois clients, pas deux clients.
09:08C'est vrai que j'ai créé tout ça. J'ai toujours adoré créer des choses.
09:12Oui, mais en même temps, c'est devenu quelque chose dans le monde entier, ça.
09:15Oui, ça a été...
09:16À ce moment-là, effectivement, j'ai été connue à un niveau européen pour mes sujets sur la banque.
09:21C'est-à-dire que vous avez été une experte au niveau européen et vous êtes intervenue dans les séminaires,
09:26même.
09:26Oui, j'ai fait beaucoup...
09:29J'ai tenu des courses à l'université, à Berlin, à Londres, un peu dans toute l'Europe.
09:35Mais c'était des choses très, très sérieuses, très compliquées.
09:38Oui, pour moi, ce n'était pas trop compliqué.
09:41car c'était quelque chose que c'était un peu dans ma façon de réfléchir et comme ça.
09:46Et ce qui avait... c'était ma force.
09:50C'était effectivement de traduire en façon très simple des choses très compliquées.
09:54Oui, et en même temps, ces séminaires, il y avait toujours beaucoup d'humour.
09:57J'utilisais l'humour pour... quand on parle de choses aussi complexes, il faut réveiller un peu l'attention des
10:03personnes.
10:04J'ai toujours utilisé l'humour, l'humour ou les émotions, pour sédimenter les choses que je disais et aussi
10:11pour garder et réveiller la platée.
10:14Alors, je crois qu'en 2012, il y a une présentation à l'association bancaire italienne et que c'est
10:20un déclic, car à la fin, on va vous dire...
10:21Pourquoi tu ne fais pas du spectacle ?
10:23Alors, je vois que vous, Jacques, vous allez vraiment bien dans les détails.
10:27C'est exactement ça, c'est arrivé.
10:30J'ai tenu une conférence pour l'association bancaire italienne, l'association des banques,
10:35et tout le monde était épaté de ma présence sur scène.
10:42Et tout le monde me faisait exciter.
10:43Au début, je pensais qu'ils me vont dire, ah oui, tu devrais être le directeur marketing d'Europe, de
10:48ça.
10:48Et tout le monde me disait, tu devrais faire du spectacle.
10:50Et au début, c'était un peu bizarre pour moi, car je n'avais jamais pensé à ça.
10:55Et finalement, vous y avez pensé.
10:57Et puis, il y a eu d'autres moments où c'est allé encore plus loin.
11:00Il y a une date importante aussi dans votre parcours, c'est le 1er juin 2014.
11:04A tout de suite sur Sud Radio avec Roberta Tchekin.
11:08Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessy.
11:11Sud Radio, les clés d'une vie, mon invité, Roberta Tchekin.
11:15Alors, vous êtes italienne.
11:16Je dis bien, cette fois-ci.
11:17Oui, bravissime.
11:18Vous êtes italienne, vous êtes arrivée en France après un parcours tout à fait étonnant dans la banque.
11:23Vous êtes aujourd'hui dans l'humour.
11:25Le 9 avril 2026, il y a un jumelage Paris-Rome au grand point virgule.
11:29On va en parler.
11:30Mais on en revient à votre parcours.
11:31Donc, on vous a laissé en Italie, en train de donner des conférences très sérieuses sur le marketing et sur
11:36les données dans les banques.
11:37Et puis, le 1er juin 2014, vous arrivez en France.
11:40Et vous commencez à travailler le 2 juin, jour férié en Italie.
11:43Oui, ça, c'était étonnant pour moi qu'effectivement, le premier jour de travail en France, c'était un jour
11:50qu'on ne travaille pas en Italie.
11:51Pourquoi ?
11:52C'est la fête de la République, le 2 juin.
11:54Comme ça, c'est normal qu'il n'y ait pas une fête en France.
11:57Mais ce que ça m'a étonné, c'est qu'après une semaine, il y avait une fête religieuse en
12:01France, le 9 juin.
12:03C'était 2014.
12:04Oui, la Pleine-Côte.
12:05Et je découvre qu'en France, on fête des fêtes religieuses, qu'on ne fêtait pas en Italie.
12:10C'était le premier choc culturel.
12:12Alors, vous arrivez en France, Roberta Tchekin, parce qu'il y a une réorganisation à la banque en 2014,
12:18où on vous propose de monter en grade ce que vous ne voulez pas.
12:21Oui, c'était monter en grade sur des thématiques que je n'aimais pas trop.
12:25Et vous que tout le monde me disait, ah non, tout est trop important sur tes sujets, on ne peut
12:29pas te faire changer.
12:31Le moment qu'ils m'ont dit que je pouvais changer, j'ai dit, alors je voudrais faire une expérience
12:35à l'étranger.
12:36Donc vous avez dit, je veux aller ailleurs, n'importe où.
12:39Exactement.
12:39N'importe quel pays, vous convenez ?
12:41Oui, au début, j'avais pensé à la Serbie, car j'ai parlé anglais et pas français.
12:45Et après, il y avait un besoin, effectivement, chez la banque en France.
12:52Et j'ai appris le français, j'ai appris le français.
12:54Je me suis mise en façon de pouvoir communiquer en deux mois, plus ou moins.
12:58Oui, parce que vous avez appris le français en combien de temps ?
13:01Alors, il faut dire que je pense que je suis en train encore d'apprendre le français.
13:05Vous entendez que mon accent, c'est encore très fort.
13:07On comprend parfaitement.
13:09Oui, alors je me suis préparée deux mois pour plutôt arriver à m'exprimer un petit peu.
13:14Comme ça, j'avais commencé en avril à étudier un peu le français, je suis arrivée en juin.
13:20Et après, j'ai mis six mois à être vraiment un peu, vraiment compréhensible.
13:25Mais comment on apprend le français en deux mois ?
13:26Il y a des méthodes ? Il y a quelque chose ?
13:28Alors, déjà, le français, ce n'est pas le polonais, heureusement.
13:31On a des racines de mots très similaires, du latin, latin, vulgaire.
13:37Et j'avais un ami qui m'a vraiment préparée, qui était un prof de français.
13:42Et vraiment, j'ai communiqué vraiment en façon simple.
13:47J'utilisais beaucoup GV pour dire le futur et des structures.
13:51Et comme ça, il y a effectivement des façons d'apprendre une langue pour avoir les bases pour communiquer.
13:56Voilà, parce qu'effectivement, vous arrivez en France parce qu'on vous propose une place à la banque
14:02dans des sujets liés à l'acquisition client.
14:05Oui, à la conquête.
14:06C'est quoi ça ?
14:07C'est la conquête. En réalité, là, c'était pour une banque.
14:10Effectivement, ils avaient des problématiques pour réussir à conquérir certains targets des clients.
14:17Et moi, j'étais un expert aussi sur la conquête et aussi pour la fidélisation des clients.
14:22Et j'ai amené effectivement de valeurs ajoutées. C'est pour ça que peut-être que je suis encore là.
14:28En même temps, vous arrivez, vous pensez que l'anglais va vous sauver, alors que le français, vous ne le
14:33parlez pas parfaitement.
14:34Oui, j'ai pensé de pouvoir parler anglais.
14:36Ce n'était pas le cas. Je me suis rendu compte presque que quand je suis arrivée déjà à l
14:40'aéroport à Charles-de-Gaulle,
14:41on est en train de parler de 2014.
14:43Maintenant, beaucoup plus de monde parle anglais.
14:45Et ça m'énerve aussi le fait que parfois, je parle français et les personnes, maintenant, me répondent en anglais.
14:51Et pas du tout. Ce n'était pas possible de parler en anglais.
14:54Mais c'est vrai que c'est facile de s'exprimer entre l'italien et le français.
14:58C'était l'écriture que c'était beaucoup plus difficile.
15:00En même temps, vous avez vu chaque jour des situations qui vont devenir très complexes.
15:05Oui, c'était chaque jour, je vivais des situations un peu bizarres, très drôles, entre mon français,
15:13que ce n'était pas vraiment un bon français, et la culture, les chocs culturels et les habitudes différentes.
15:18Vous avez des souvenirs précis en la matière, des moments gênants ?
15:21Oui, j'ai dit des choses gênantes pendant des réunions, parfois.
15:27Et moi, j'avais dit... Je ne sais pas si je peux le dire à la radio.
15:30On peut tout dire.
15:31On peut tout dire.
15:32On peut nous parler en vrai, ici.
15:34Ok. Alors, j'ai le premier comité de pilotage, c'était début juillet.
15:40J'arrivais deux semaines.
15:42J'ai dû faire la queue dans la métro, car moi, j'avais fait un navigo mensuel à mi-juin.
15:49Pour moi, mensuel, ça voulait dire que c'est tout le mois.
15:52Et je suis arrivée, j'ai dû faire la bise.
15:55Le problème, c'est que dans mon français, à ces moments-là, je suis rentrée dans un comité de direction,
16:00en disant, désolé pour le retard, mais pour le passe-navis gauche, j'ai dû faire 15 minutes de cul
16:04dans le métro.
16:05Et après, je suis arrivée ici, et j'ai mis du temps à baiser tout le monde.
16:09Voilà.
16:10Alors, désolé pour les mots, mais moi, c'était vraiment avec tous les notions, tout ça.
16:15Et là, tout le comité de direction était en train de rigoler, il n'arrêtait pas.
16:20Et ça, c'était quelque chose que ça m'arrivait tout le temps.
16:22D'expression que moi, je disais quelque chose, tout le monde rigolait, et moi, je me demandais qu'est-ce
16:27que j'avais dit.
16:28Alors, il y avait aussi une tradition, une tradition qui était évoquée par une chanson de Old Laf.
16:34Une chanson, Old Laf, c'est un rockeur français.
16:36C'est la chanson, il termine tous ses spectacles, et tous les enfants de France la connaissent.
16:39La journée s'emballe, tout le monde peut bosser, au moins jusqu'à l'heure de la pause café.
16:45Ma secrétaire entre...
16:46Le café, une chanson totalement dénirante, passionnante.
16:50Et je crois que, bon, il y a une caméra café à la télévision.
16:53Et tous les lundis matin, à la machine à café, on vous interpelle, Roberta Tchekin.
16:57Oui, elle me disait...
16:59Désolée, je suis en train de...
17:02C'était génial, j'avais des collègues fantastiques.
17:05Et qui m'ont dit, tous les matins, m'attendaient pour dire, qu'est-ce qu'elle a fait, une
17:09Roberta Paris ?
17:10J'étais aussi en faisant de m'intégrer.
17:13Et j'ai raconté toutes les aventures, les mis-aventures.
17:16Et il y a eu un moment où il y avait presque 30 personnes qui m'attendaient le lundi matin.
17:21Et c'est pour ça que, finalement, je faisais des pauses café avec tous les départements.
17:25Et j'ai raconté mes aventures.
17:27Et c'est né là, le personnage, une Roberta Paris.
17:30Exactement.
17:30Il faut savoir que, dans les entreprises, on ne sait pas, la loi prévoit que l'eau est obligatoire.
17:35Mais le café n'est pas obligatoire.
17:36On n'est pas forcé de mettre une machine à café.
17:39Sauf dans des postes en plein air exposés aux intempéries.
17:43Et à une altitude dépassant 1000 mètres.
17:45Ça, c'est la loi.
17:46On va parler des choses.
17:47Mais personne ne respecte cette loi.
17:49Donc, finalement, petit à petit, vous commencez, mine de rien, à écrire des sketchs ?
17:54Sans le savoir, oui.
17:55Car ce que c'était vrai, c'est que vous, que tout le monde voulait écouter ce que j'ai
17:59raconté.
18:00Le lundi, j'ai raconté une histoire.
18:02Le mardi, je le racontais à notre département.
18:04Et entre le lundi et le vendredi, j'aimerais améliorer mon français et aussi ce que j'ai raconté.
18:10Et comme ça, finalement, j'ai commencé sans savoir un parcours d'écriture de sketch.
18:15Voilà.
18:15Et Roberta Chekhin, je crois qu'ensuite, vous avez intégré une structure internationale.
18:20Là, il y avait du marketing avec plusieurs pays.
18:23Oui, j'ai géré le marketing pour huit pays.
18:28Le Maroc, l'Italie, la Pologne, l'Ukraine, la Serbie, la Roumanie.
18:32Effectivement, c'était très intéressant.
18:34En même temps, le marketing était une notion nouvelle à l'époque.
18:36On n'en parlait pas, ce n'était pas aussi courant qu'aujourd'hui ?
18:38Oui, c'était sur la stratégie comme ça.
18:41Mais c'est vrai que ce que m'a appris ces moments-là, c'était vraiment cette observation de cultures
18:47différentes
18:47et l'attention à les cultures différentes.
18:49Car travailler avec un Polonais, ce n'est pas la même chose que travailler avec quelqu'un du Maroc ou
18:54de l'Égypte.
18:54Et vous pensiez, à l'époque, continuer votre carrière comme ça, sans problème ?
18:58Ah oui, oui.
18:59J'étais très contente de faire cette expérience.
19:03J'utilisais plus l'anglais que le français.
19:06Ah non, non, c'était un...
19:08Moi, j'ai adoré.
19:10Et puis un soir, je crois que c'est un tournant, vous allez voir un spectacle, un spectacle d'Olivier
19:14Giroud,
19:15qui est un spectacle étonnant d'ailleurs, qui est dur à Paris depuis des années.
19:18C'est « How to become Parisian in one hour ».
19:20C'est-à-dire, en fait, c'est un spectacle en anglais qui se moque des Français.
19:25Se moque des Parisiens.
19:26Voilà.
19:26Pas de tout le monde, mais vraiment, se moque beaucoup des Parisiens, oui.
19:30Et ce spectacle, vous l'avez vu quatre fois, je crois ?
19:32C'était la quatrième fois que je le voyais, effectivement.
19:35Car quand on arrive à Paris, effectivement, là, je ne parlais pas français au début.
19:38Comme ça, c'était un spectacle en anglais très basique.
19:41Et après, c'est un spectacle que quand on a quelqu'un qui vient à Paris, c'est vrai que
19:45c'est une des choses qu'on fait.
19:47C'est-à-dire, c'est un spectacle qui a fait 800 000 spectateurs, sans publicité, sans rien, comme ça,
19:51par le bouche à oreille.
19:52Oui.
19:53Je peux dire aussi que quand la reine Elisabeth est venue en France,
19:58Olivier, c'est une des personnes à qui a donné la main.
20:01C'est pour dire qu'effectivement, on le voit comme ça, très, très humble, avec cette histoire.
20:07Mais c'est vrai que c'est connu dans le monde.
20:09Et un soir, vous décidez de lui amener quelques amis italiens, je crois, 400 personnes.
20:13Oui, c'était arrivé.
20:14Il faisait des spectacles dédiés à son livre, dédiés pour les Français, pour les Espagnols, pour les Italiens, comme ça.
20:22Et moi, quand j'avais vu ça, j'ai organisé effectivement un peu de pub et on était beaucoup.
20:27Et résultat, à la fin, vous buvez un café avec lui.
20:30Et lui aussi insiste sur le fait que vous devriez changer de métier.
20:34Oui, alors il m'a dit, car j'avais écrit beaucoup de choses sur Messenger, sur Facebook.
20:39J'avais écrit, ah, pour l'Italie, tu dois dire ça, ça, c'est ça.
20:41J'avais écrit vraiment de temps de sketch.
20:45Et lui, il m'a répondu, car il est une personne adorable, il m'a répondu, il m'a dit,
20:49mais Roberta, effectivement, avec tout ça, tu pourrais faire ton spectacle.
20:53Et il m'a dit, tu devrais faire un spectacle.
20:55Et c'était là, ça a commencé, effectivement, le petit grand de dire, peut-être que tout le monde me
21:00le dit,
21:00peut-être que c'est vrai que je le dois faire.
21:02Et vous n'y pensiez pas vraiment, même ?
21:04Non.
21:05Déjà, mon français n'était pas encore top.
21:08Et déjà, faire rire, c'est plus difficile que de faire pleurer.
21:12Et de faire rire dans une autre langue, je n'ai pensé pas d'être vraiment capable.
21:18Alors, vous avez ensuite observé la France.
21:20Il y a une date qui n'a pas de rapport avec votre parcours, mais que j'ai relevée,
21:23parce qu'elle nous permet d'évoquer un sujet précis, le 29 janvier 1951.
21:28A tout de suite sur Sud Radio, avec Roberta Tchekin.
21:32Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
21:35Sud Radio, les clés d'une vie, mon invité, Roberta Tchekin.
21:38On évoque votre parcours tout à fait atypique,
21:40puisque vous avez commencé dans la banque et le marketing pendant des années,
21:43avant de devenir humoriste.
21:45On évoquera tout à l'heure, le 9 avril prochain,
21:47où vous fêterez à Paris le jumelage Rome-Paris.
21:52Et puis, j'ai trouvé une date qui n'a pas de rapport avec vous, mais qui est importante.
21:56Le 29 janvier 1951, un concours radiophonique en Italie
22:01devient un événement culturel incontournable,
22:04parce qu'il devient le festival de San Remo.
22:07Et ça, le festival de San Remo, tout Italien ou toute Italienne le connaît.
22:11Ah oui, nous, il y a une semaine,
22:14avant c'était fin janvier, maintenant c'est plus en février,
22:18et toute l'Italie s'arrête pour regarder San Remo et on ne parle que de ça.
22:21Pourquoi ?
22:22C'est quelque chose qui est lié à notre histoire.
22:26C'est pour dire que, déjà, c'est le festival de la chanson italienne.
22:30C'est vraiment un miroir de la société.
22:34Et c'est quelque chose qui existe depuis toujours.
22:38C'est un des premiers shows qu'il y a en télévision.
22:41Il a fait vraiment, comment s'appelle, l'auditel le maximum.
22:45Et beaucoup de chanteurs sont nés grâce à San Remo.
22:51Et c'est quelque chose qui est dans notre cœur.
22:53Effectivement, tous les grands chanteurs de l'année 70 ont débuté à San Remo.
22:57Oui, c'était une scène presque internationale,
23:01car en plus c'est une des premières émissions,
23:03qui après c'était en Eurovision et après en Mondovision.
23:07Justement, et l'Eurovision, le Grand Prix Eurovision qu'on connaît aujourd'hui,
23:10c'est la Suisse qui a pensé à s'inspirer du festival de San Remo en 54
23:16pour créer en 56 le premier Grand Prix Eurovision
23:19où il y avait 7 pays dans la Suisse et la Suisse a gagné.
23:22Et c'est né de San Remo.
23:23Oui, ça vient de San Remo et en Italie, c'est pas comme en France.
23:26En Italie, c'est le vainqueur du Festival de San Remo
23:29qui participe automatiquement à l'Eurovision.
23:32Alors, ça se passe comment ce festival ?
23:34Il y a beaucoup de monde, il y a beaucoup de scènes, il y a une scène ?
23:36Alors, pour vous dire l'idée, ça fait de mardi à samedi.
23:41On commence à 18h avec Avanti San Remo.
23:46Après, à 20h, ça commence l'émission,
23:49qui ça dure jusqu'à 1h du matin.
23:51Et après, il y a la pré-festival, comme ça, de 18h à 3h du matin.
23:55Il y a des émissions qu'on regarde.
23:58Et c'est de mardi à samedi, on a des hôpités,
24:02des chanteurs internationaux qui viennent.
24:03Et après, c'est quelque chose, il y a l'auditel,
24:08l'audimat, oui.
24:08L'audimat, le plus élevé de toute l'année.
24:11Et nous, surtout,
24:13on parlait de faits aussi,
24:15pourquoi c'était très important pour nous.
24:17Il faut dire que quand on est des Italiens étrangers,
24:19on s'attache encore plus à ça.
24:21Et c'est regarder vraiment
24:23tous les italophones de tout le monde.
24:25Et il y a même des chanteurs français qui ont participé.
24:27Il y en a un qui a gagné, je crois,
24:29en 1969.
24:37Antoine était une star en Italie
24:39avec Pietré et avec la Tramontane
24:41et au Festival de San Remo.
24:43Oui, mais après, il y a eu aussi
24:45Dalida qui avait participé.
24:46Oui, mais Dalida, ça s'était passé de façon dramatique.
24:48C'était venu aider son fiancé
24:50qui s'est suicidé à la fin.
24:51Oui, Luigi Tenco.
24:52Là, c'était effectivement, c'est marqué.
24:54Mais c'est pour ça aussi qu'il y a un prémio Luigi Tenco.
24:57C'est pour dire que c'est grâce à cause de...
25:02Lui s'est suicidé.
25:04En fait, Luigi Tenco était le fiancé de Dalida.
25:06Il oblige Dalida à venir à San Remo.
25:08Elle ne voulait pas y aller, elle accepte.
25:10Et puis, il est éliminé au début.
25:13Donc, il part foudrage dans sa chambre
25:16et il se suicide.
25:16Oui, c'est arrivé ça.
25:18Dalida n'était pas vraiment chanceuse
25:20avec l'amour.
25:22Et c'est après ça
25:24que c'est né aussi
25:26le prime de la critique.
25:28C'est pour dire que...
25:29Le premier de la critique.
25:30C'est pour dire qu'il n'y a pas que
25:31le vainqueur populaire,
25:34mais c'est aussi pour donner des primes
25:37aussi sur la partie un peu plus technique
25:41et culturelle des chansons.
25:43Et puis, il y a même une chanteuse,
25:45Patti Bravo,
25:46qui est une star en Italie,
25:47dont Madonna s'est inspirée, je crois.
25:49Oui, c'est Madonna
25:50qui est en train de chanter
25:52la bambola en italien
25:54pour une pub de Dolce Gabbana.
25:57Mais il faut dire,
25:57moi j'adore Madonna,
25:58mais il n'y a pas de comparaison.
26:00Si vous allez écouter Patti Bravo,
26:02il a une voix incroyable.
26:05Les chanteuses italiennes
26:06et les chanteurs italiennes
26:07ont une voix particulière.
26:08Je crois qu'Omberto Tozzi
26:09va faire sa dernière tournée en France
26:11dans les dernières semaines à venir.
26:12C'est vrai qu'il y a une particularité,
26:14une âme qui est très précise.
26:16Oui, oui.
26:17Après, c'est le pays de la lyrica.
26:20Comme ça, nous, on a une tradition
26:21sur la chanson très fort.
26:23Alors, il se trouve aussi
26:24qu'il y a la chanson et il y a l'amour.
26:25Et je crois que la Saint-Valentin,
26:27qui est en France,
26:28c'est autre chose en Italie.
26:31Saint-Valentin, c'était le sang.
26:35C'est bien, vous pouvez parler
26:37de ce que j'adore,
26:38c'est raconter les histoires.
26:39Saint-Valentin, effectivement,
26:41c'était un prêtre
26:42qui continuait à marier les amoureux,
26:46même si l'empereur avait dit
26:48qu'il fallait arrêter
26:48car s'ils sont mariés,
26:51ils ne vont pas bien faire la guerre
26:52avec les hommes.
26:53Saint-Valentin a été tué pour ça
26:54et c'est pour ça qu'il s'est devenu
26:57le patron des amoureux.
26:58Mais c'est vrai que la tradition romantique,
27:01c'est née grâce à la France.
27:02Comme ça, c'est un son italien
27:04qui a été sublimé en façon romantique
27:06grâce à la France.
27:07Et puis, il y a aussi l'italien
27:10qui parle avec les mains.
27:11Ça, c'est une tradition.
27:12Et là aussi, c'est quelque chose
27:13dont vous pouvez parler.
27:16Ah ben, nous, on ne peut pas...
27:16C'est pour ça que je faisais comme ça.
27:19Vous mettez les mains sur le micro.
27:20Autrement, oui.
27:21Autrement, je parle beaucoup avec les mains.
27:23C'est normal, en Italie,
27:24on est habitué à ça.
27:25L'Italie, c'est un pays très jeune.
27:26Aujourd'hui, en plus,
27:28c'est pour dire,
27:29en ces jours,
27:30il y a 165 ans de l'Italie.
27:34On est très jeune comme pays.
27:36Et il y avait beaucoup de langues différentes.
27:38Et c'est pour ça que pour communiquer,
27:40on utilisait les gestes.
27:41Et les gestes, effectivement,
27:43c'est pour ça que c'est un langage en Italie.
27:44Oui, mais vous parlez de Dalida.
27:45Moi, je me souviens de Dalida et Orlando
27:46en public.
27:48Lorsqu'ils s'insultaient l'un à l'autre,
27:49c'était en italien.
27:50Et quand on parle en italien,
27:51quand on s'insulte,
27:52ben, ce n'est pas vraiment des insultes.
27:53C'est on parle.
27:54Oui, c'est ça.
27:56Après, ce que je peux dire,
27:57c'est que quand on parle une langue étrangère,
28:01si on doit insulter quelqu'un,
28:02ça parle tout de suite notre langue maternelle.
28:05C'est vrai qu'en Italie,
28:07on a l'impression quelquefois
28:08qu'on est énervé,
28:09alors que c'est juste
28:09une façon, un comportement.
28:11Oui, nous,
28:12on parle très fort,
28:14on parle très vite.
28:15Et ça,
28:16pour nous,
28:16c'est la passion.
28:17Et souvent,
28:18en France,
28:18c'est considéré comme
28:20de l'agressivité,
28:21mais pas du tout.
28:22Il y a aussi une chanson
28:24française
28:25qui évoque l'Italie.
28:27Elle va mourir
28:28la maman.
28:34La chanson de Charles Aznavour,
28:35la maman,
28:36vous ne la connaissez pas ?
28:37Ah non ?
28:37C'est une plus célèbre chanson,
28:39d'ailleurs.
28:39Les humoristes disent
28:40depuis le temps qu'elle va mourir,
28:42elle n'est toujours pas morte.
28:43Ça a été un gros succès
28:44en France et en Italie.
28:46C'est vrai que la maman italienne,
28:47c'est aussi une légende.
28:48Ah, c'est une légende,
28:49mais c'est vrai.
28:50La maman, pour nous,
28:51c'est vraiment
28:51le patrimoine chacune.
28:53La maman,
28:54c'est vraiment
28:55le cœur de la famille
28:57et de la société italienne,
28:59je peux dire.
29:00Mais la maman,
29:01ça n'a rien à voir
29:01avec une maman française.
29:02Elle est très attachée
29:04à son fils ou à sa fille.
29:06Oui,
29:06vraiment,
29:07l'éducation,
29:07c'est un peu différent.
29:08En français,
29:09c'est beaucoup plus
29:09sur l'autonomie.
29:11La maman italienne,
29:12c'est beaucoup plus
29:12dans la protection,
29:14dans le suivi
29:15et toujours
29:16« a mangiato ».
29:17Ça, c'est la...
29:18Ça veut dire « manger ».
29:19Ça, c'est la phrase
29:20que toutes les mamans italiennes
29:22ne demandent pas
29:23si la première chose
29:24est « est-ce que tu as mangé ? »
29:25Vous avez connu ça, vous ?
29:26Alors, ma mère,
29:27c'est l'un des premiers.
29:28Ma mère me demande
29:29si j'ai mangé
29:30et si j'ai dormi.
29:31Car moi,
29:32je suis un petit peu
29:33hyperactive
29:34et comme ça,
29:35parfois,
29:35je ne me repose pas trop.
29:37Alors, justement,
29:37la nourriture italienne,
29:39les pâtes italiennes,
29:40ça fait partie aussi
29:41de la légende.
29:43Oui,
29:44les pâtes
29:46sont nées en Italie,
29:47pas un signe,
29:48comme on dit.
29:49Et c'est vrai
29:49que c'est la base
29:50de notre nourriture.
29:52Et ce qui est bizarre aussi
29:54entre la France et l'Italie,
29:55c'est qu'en Italie,
29:57on disait
29:58que les pâtes,
29:58c'était la nourriture
30:00de la dimanche,
30:00c'est-à-dire
30:02les lasagnes,
30:02comme ça.
30:03Et quand je suis arrivée
30:04en France,
30:04j'ai découvert
30:05qu'ici,
30:05les pâtes,
30:06c'est considéré
30:09le déjeuner
30:10des pauvres
30:10ou des étudiants.
30:12Et nous,
30:12oui,
30:12on a une typologie
30:13des pâtes,
30:14que c'est la pasta
30:14pour les étudiants,
30:16mais la pasta,
30:17pour nous,
30:18ce n'est pas
30:18un plat des pauvres.
30:19Mais non.
30:20En même temps,
30:21par exemple,
30:22les coquillettes
30:22n'existent pas en Italie.
30:23Non,
30:24ça n'existe pas
30:24en Italie,
30:25les coquillettes.
30:25Et il y a une chose
30:26très importante en Italie,
30:27c'est qu'on ne coupe
30:28pas les spaghettis.
30:29Oui,
30:29on ne coupe pas les spaghettis
30:30et ce n'est pas
30:31qu'on est des fous.
30:33Déjà,
30:34si vous voulez
30:35des pâtes courtes,
30:36il y en a beaucoup.
30:37Il y en a beaucoup plus
30:38de 300 typologies
30:39de pâtes en Italie.
30:41Et les spaghettis,
30:42on ne les peut pas couper
30:43car déjà,
30:45si on les coupe,
30:46les sauces
30:47qui vont avec,
30:48il n'y a pas de sens.
30:49Donc,
30:49on les tourne
30:50avec la fourchette,
30:51c'est un apprentissage
30:51obligatoire en Italie.
30:53Ça devient,
30:54comme pour vous,
30:55donner les voyelles
30:58nasales,
30:59c'est facile.
31:00Autant pour nous
31:01de manger les pâtes
31:02avec les spaghettis.
31:04Avec la fourchette.
31:05Avec la fourchette.
31:07Robert Archerchikin,
31:07je crois aussi
31:08que dans les desserts,
31:09il y a des choses,
31:10par exemple,
31:10les profitrolles.
31:11En France,
31:12on les mange
31:12avec de la glace
31:13et en Italie
31:14avec la crème pâtissière.
31:15Je ne sais pas
31:15si vous le savez.
31:16Exactement.
31:16Oui, je le sais.
31:17Je ne sais pas pourquoi,
31:18d'ailleurs.
31:19Alors,
31:20ça,
31:20c'est des traductions.
31:21Ce n'est pas ça.
31:22Après,
31:23je suis plus experte
31:23de tiramisu
31:24que de profitrolles.
31:26Et puis,
31:27il y a les glaces.
31:27Les glaces italiennes
31:28n'existent pas,
31:29en fait.
31:30Le glace à l'italienne
31:31avec le petit truc
31:33comme ça.
31:33Moi,
31:33j'ai découvert en France
31:34ce qui s'appelle
31:35le glace à l'italienne,
31:36effectivement.
31:37Les glaces italiennes,
31:38c'est autre chose.
31:39Moi,
31:39je me souviens
31:40de mes jeunes années
31:40où en France,
31:41on n'avait pas de bonne glace.
31:42Sont arrivées
31:43des marques très précises.
31:44On a commencé
31:45à manger des glaces italiennes,
31:46ce qui était un événement.
31:47Qu'est-ce qu'elles ont
31:48de particulier,
31:49les glaces italiennes ?
31:50Le glace,
31:51c'est déjà saigné
31:52en Italie
31:53grâce à Marco Polo
31:56et après,
31:56c'est arrivé en France
31:57grâce à Catherine de Médicis
31:59et c'est tout fait
32:03en façon naturelle.
32:05On utilise
32:05des ingrédients naturels
32:08et après,
32:09c'est de glace
32:09en général artisanale
32:11et je peux dire aussi
32:12que nous,
32:12on fait des glaces
32:13comme ça.
32:13Quand tu mets
32:14de glace chez nous,
32:15ce n'est pas avec
32:16la petite boule,
32:17on met beaucoup.
32:18Ça,
32:18c'est aussi plus grand.
32:19Et en même temps,
32:20ça prouve
32:20que ça se consomme
32:22très bien
32:22et on n'est pas malade
32:23après avoir mangé
32:24une glace comme ça.
32:24Ah non,
32:25ça c'est sûr.
32:25Alors,
32:26je crois que,
32:27et vous en êtes très fière,
32:28la cuisine italienne
32:29est rentrée au patrimoine
32:30culturel immatériel
32:31de l'UNESCO.
32:32Oui,
32:33on est très fière
32:33de ça,
32:35c'est de la cuisine italienne
32:37en général.
32:39et ben,
32:41dès qu'il y avait eu ça,
32:42tout le monde
32:42a parlé de ça,
32:44le fait.
32:44Après,
32:45il y a toujours,
32:46dans mon spectacle,
32:47dans tout ce que je fais
32:48dans mon activité artistique,
32:50je cherche
32:51de faire comprendre
32:52les choses
32:52et de dire
32:54tout le temps,
32:55l'Italie et la France
32:56sont en train de dire
32:56qu'il y a une meilleure
32:57et qu'il y a,
32:58par exemple,
32:59sur la cuisine,
33:00sur ça,
33:01quand c'est sorti
33:01cette nouvelle,
33:03tous les Italiens
33:04vont dire,
33:04oui,
33:04on est meilleur
33:05de la France.
33:05Il y a toujours
33:06cette dualité
33:07entre la France
33:08et l'Italie
33:08et moi,
33:09je cherche
33:09de créer un pont.
33:11Oui,
33:11car tout ce que je dis là,
33:12c'est dans votre spectacle,
33:13vous en parlez
33:14et c'est aussi sur Internet.
33:16D'ailleurs,
33:16vous avez,
33:17sur Instagram,
33:18vous passez
33:18des informations
33:19comme ça
33:19en permanence.
33:20Oui,
33:21c'est ce que je cherche
33:22de faire.
33:23Je cherche
33:23de mélanger
33:24entre les informations
33:26plus culturelles
33:27et effectivement
33:27de l'humour.
33:28Je cherche toujours
33:29de faire ça.
33:30Et il faut savoir
33:30que la France,
33:31quand même,
33:32la gastronomie française
33:33est rentrée
33:34au patrimoine immatériel
33:35de l'UNESCO.
33:36Alors là,
33:36ça a été Nicolas Sarkozy
33:37à l'époque
33:38qui est président de la République
33:39qui a poussé ça.
33:40Des cuisiniers
33:40comme Guy Savoie
33:41l'ont soutenu.
33:42Donc la France
33:42et l'Italie
33:43sont sur le même plan
33:44de ce côté-là.
33:45Ben oui,
33:46moi je dis toujours
33:46qu'ensemble,
33:47on est les meilleurs
33:48du monde
33:48pour la cuisine.
33:49Alors il y a un problème
33:50quand même en France
33:51que vous connaissez,
33:52je crois,
33:53Roberta Schekin,
33:54c'est que les départements,
33:56les numéros
33:56des départements,
33:57c'est un véritable problème.
33:58Quand vous êtes en tournée,
33:59c'est un vrai souci.
34:01Ben moi,
34:02je ne les connaissais pas
34:02effectivement.
34:03J'ai découvert
34:03que tous les Français
34:05connaissent ça.
34:08Et nous,
34:08on a des sigles.
34:09C'est plus simple
34:10effectivement.
34:11Là,
34:11c'est toutes les choses
34:12effectivement que j'ai fait
34:12sur Internet.
34:14Dans mon spectacle,
34:15en réalité,
34:16je cherche vraiment
34:16de donner
34:17les deux points de vue
34:18d'Italien et des Français
34:19pour essayer
34:19de se mieux comprendre.
34:22Voilà.
34:22Et justement,
34:22vous évoquez
34:23des expressions françaises
34:25que vous ne comprenez pas
34:26comme par exemple
34:27être sur son 31.
34:29C'est une expression
34:30qui vous choque.
34:31Oui,
34:31tout ça,
34:32c'est effectivement
34:33surtout dans Internet,
34:35dans mon spectacle,
34:36je vais sur des choses
34:36beaucoup plus culturées
34:38et dans la vie
34:40de tous les jours.
34:41C'est ça qu'être sur son 31,
34:42personne n'y pense,
34:42ce n'est pas logique.
34:43Ce n'est pas logique.
34:44effectivement,
34:45moi,
34:46j'ai pensé
34:46qu'en plus,
34:46c'était sur le 31.
34:48Après,
34:48j'adore découvrir
34:50pourquoi.
34:51Et là,
34:51j'ai découvert
34:52effectivement
34:52que c'est un typologie,
34:54c'était un tissu
34:55qui s'appelle 30 ans
34:56et qui s'est devenu
34:57le 31.
34:58Vous voyez,
34:58vous connaissez mieux
34:59la France quelquefois
35:00que certains
35:01et la culture française
35:02tout en étant italienne.
35:03Oui,
35:04car mon spectacle,
35:05je le change
35:05dans chaque ville
35:06et j'étude
35:07chaque ville.
35:09L'histoire est comme ça
35:10et c'est pour ça
35:10qu'effectivement,
35:11après presque 50 villes
35:13en France que j'ai fait,
35:15je connais les patrons,
35:17les simples patrons,
35:18je connais la nourriture
35:19et je connais les villes.
35:20Voilà,
35:20ce spectacle,
35:21on va en parler
35:21comme de beaucoup d'autres
35:22à travers la date
35:23du 9 avril 2026.
35:25A tout de suite
35:25sur Sud Radio
35:26avec Roberta Tchekin.
35:28Sud Radio,
35:29les clés d'une vie,
35:30Jacques Pessis.
35:31Sud Radio,
35:32les clés d'une vie,
35:32mon invité,
35:34Roberta Tchekin.
35:35Effectivement,
35:35on a beaucoup parlé
35:36de votre parcours
35:37de marketing en italien.
35:39Le fait que vous ayez
35:40appris le français,
35:41que vous ayez commencé
35:41à faire vos spectacles
35:43via Internet,
35:44à commencer à vous rôder
35:46au spectacle via Internet.
35:48Et puis,
35:48le 9 avril 2026,
35:49il y a une soirée de jumelage
35:50Rome-Paris.
35:52C'est vraiment
35:54l'histoire d'amour.
35:55Seule Rome est digne de Paris,
35:56seul Paris est digne de Rome.
35:58Et puis,
35:58la formule de Corneille,
35:59Rome,
35:59l'unique objet de mon ressentiment.
36:01Et ce soir-là,
36:01vous êtes au Grand Point Virgule.
36:03Oui,
36:03je suis très contente
36:04car le Point Virgule
36:05a toujours un peu
36:06accompagné
36:07ma carrière d'artiste.
36:09car la première fois
36:10que j'ai joué
36:11au Petit Point Virgule,
36:12c'était en juillet 2020.
36:14C'est qu'effectivement,
36:15j'ai commencé
36:15avec la pandémie
36:16pendant la pandémie
36:17et après,
36:19j'ai fêté mon
36:19cinquième
36:20en Point Virgule
36:21et là,
36:22j'ai fait
36:23le jumelage
36:24Rome-Paris
36:24et je suis très contente.
36:25Qu'est-ce que c'est
36:26que cette soirée ?
36:27La soirée de neuf ?
36:29Alors,
36:30mon spectacle,
36:31c'est un spectacle
36:31qui est un voyage
36:32intercultural
36:33entre l'Italie
36:33et la France
36:34que j'adapte
36:35dans chaque ville
36:36et il y a toujours
36:37une partie
36:39liée
36:39à la ville
36:41ou à des événements
36:41particuliers
36:42et ces jours-là,
36:43j'adapte le spectacle,
36:45je vais intégrer
36:46des éléments
36:47sur le jumelage
36:48qui est le jumelage
36:49unique au monde
36:50car c'est l'unique
36:51jumelage
36:52exclusive
36:53entre deux villes.
36:54Ah bon ?
36:55Oui.
36:55Et donc,
36:55vous le traitez
36:56à votre façon
36:56en humoriste ?
36:57Je vais expliquer
36:59pas mal de choses.
36:59Il y a des liens
37:00en réalité
37:00qui viennent de très loin.
37:02Rome et Paris
37:03ont toujours été liées.
37:06Parfois,
37:07on oublie
37:08que Lutetia
37:09en Paris
37:10ça a été
37:11dans l'impero romano
37:12et que Rome
37:14en 1809
37:15a été annexée
37:16à l'impero français.
37:17Comme ça,
37:18il y a eu
37:18une histoire très longue
37:19mais le jumelage
37:20pour l'instant
37:21il a 70 ans.
37:22Ça veut dire
37:22beaucoup de travail
37:23pour préparer
37:23chaque spectacle.
37:24Oui,
37:25j'adore étudier,
37:26j'adore apprendre
37:27et transmettre
37:28ce que j'ai appris
37:29et toujours
37:30comme on disait
37:31au début
37:31avec l'humour.
37:32Alors,
37:32ce spectacle
37:33c'est né
37:35au départ
37:36à l'école
37:36des One Man Show
37:37à Paris
37:37parce qu'un jour
37:38vous avez dit
37:39allez,
37:39je vais essayer.
37:40C'était grâce
37:40à Olivier Giraud
37:41qui effectivement
37:42m'avait conseillé
37:43de faire cette école
37:44et comme je disais
37:47au début
37:48je ne pensais pas
37:48d'être capable
37:49de faire de l'humour
37:50et c'est vrai
37:51qu'on apprend
37:52à faire de l'humour
37:52et comme ça
37:53j'ai fait trois ans
37:53d'école effectivement.
37:55Tout en travaillant
37:55à la banque ?
37:56Oui.
37:57Mais il savait
37:59à la banque
37:59que vous faisiez
37:59une école de l'humour ?
38:01Ah bah oui,
38:03mes collègues
38:03sont mes premières fans.
38:05Donc vous avez commencé
38:05à écrire,
38:06à tester
38:07et à comprendre
38:08comment on écrivait un sketch
38:09et comment on le jouait ?
38:10Oui,
38:11c'est vraiment
38:12il y a des techniques
38:12de l'humour,
38:14de l'écriture.
38:15Déjà,
38:15on ne rigole pas
38:16de la même façon.
38:17Les techniques aussi,
38:19ce n'est pas la même chose
38:19en italien
38:20ou en français.
38:21On ne rigole pas
38:22de la même chose.
38:23Il y a beaucoup
38:23de références
38:24et ça a été très important
38:26de faire cette école.
38:27Et vous commencez
38:28à raconter
38:29votre quotidien,
38:30à raconter
38:31les différences culturelles
38:32entre Paris
38:32et l'Italie.
38:34Ça,
38:34c'est votre point de départ
38:35de ce spectacle ?
38:36Oui,
38:37car ma vie,
38:37c'est entre l'Italie
38:38et la France.
38:39C'est comme ça
38:39le point de départ.
38:40C'est pour ça
38:41que le spectacle
38:42s'appelle
38:42Una Roberta Parigi
38:43depuis le début
38:44et après deux ans
38:46que j'ai commencé
38:47à faire beaucoup
38:47de tournées,
38:49ça a devenu
38:49Una Roberta De Barca A.
38:51Comme ça,
38:51à Paris,
38:51c'est Una Roberta Parigi
38:52et à Paris,
38:53c'est Una Roberta De Barca
38:54à Lille.
38:56Justement,
38:57Lille,
38:57ça a été,
38:58je crois,
38:58le point de départ
38:58de votre tournée ?
38:59Oui,
39:00c'était la première fois
39:00que j'ai commencé
39:02le spectacle,
39:03à jouer de le spectacle
39:04en février 2022
39:05et en juin 2022,
39:08j'étais déjà
39:08en tournée
39:09à Lille
39:10car le patron
39:11du théâtre
39:12avait entendu
39:13une émission radio
39:14au GPC
39:14et m'avait invitée.
39:16Parce qu'en plus,
39:17personne n'avait fait ça,
39:18c'est-à-dire
39:18un spectacle d'humour
39:20sur l'Italie
39:21et sur la France.
39:23Il y avait eu
39:24des autres artistes
39:26italiens
39:26qui avaient essayé
39:27effectivement de faire ça
39:27mais il n'y a pas eu
39:28en continuité.
39:30Alors,
39:30il se trouve que ce spectacle,
39:31vous l'avez créé petit à petit
39:32ou celui qui est aujourd'hui
39:33n'a rien à voir
39:34avec celui qui était en 2022 ?
39:35On peut dire ça,
39:36on peut dire que,
39:37alors déjà,
39:38le spectacle,
39:39il a beaucoup évolué
39:40mais surtout,
39:41moi comme artiste
39:42car j'avais fait
39:43trois ans d'école
39:44mais après,
39:45j'ai fait deux avignons aussi
39:46qui c'est une grande école aussi
39:48et j'ai appris beaucoup.
39:50Il n'y a rien comme la scène
39:52qui apprend à faire de la scène.
39:54Oui,
39:54en même temps,
39:54le concept de départ est resté,
39:56c'est-à-dire qu'une Italienne
39:57qui observe les Français
39:59et Paris
39:59qui raconte.
40:01Ça,
40:01c'est venu tout de suite
40:01le concept ?
40:02Oui,
40:02ça c'est moi,
40:03comme ça,
40:04c'était effectivement,
40:05c'est ma nature
40:06effectivement
40:06d'observer
40:07et de chercher
40:09des données,
40:09des points de vue
40:10et toujours,
40:11comme je disais,
40:11de créer des points
40:13entre les deux cultures.
40:15Vous avez pris un risque
40:16au départ
40:16parce que vous ne saviez pas
40:17si ça allait marcher ?
40:19Alors,
40:20en réalité,
40:21au départ,
40:22c'était plus un besoin.
40:23Quand j'étais en Italie,
40:24je tenais des courses,
40:26j'étais prof à l'université
40:30comme ça
40:30et après,
40:31en France,
40:32je n'avais jamais eu
40:33cette possibilité
40:34de transmettre
40:34ce que j'avais appris.
40:35Ça,
40:36c'était vraiment un besoin
40:36de partager
40:37que c'était arrivé
40:38et c'est vrai
40:40que sur le risque,
40:41je le prends toujours
40:41car quand je vais
40:42dans une ville
40:43et j'écris
40:44dans la journée
40:4520 minutes de spectacle
40:46que je vais jouer
40:47la soirée,
40:48ce n'est pas un texte testé
40:51et comme ça,
40:52prendre des risques,
40:54c'est un peu
40:55mon quotidien.
40:56Oui,
40:56mais en même temps,
40:57écrire 20 minutes
40:57et les apprendre
40:58dans la journée,
40:59ce n'est pas facile.
41:00Alors,
41:01c'est vrai que je fais
41:01toujours un prémice
41:02quand je commence
41:03la partie improvisée
41:04sur la ville,
41:05c'est que je dis toujours
41:06si en ce moment-là,
41:08vous n'êtes pas en train
41:09de tout comprendre,
41:10c'est que tout ce que
41:11je suis en train de faire,
41:12je l'écris aujourd'hui
41:13après l'expérience
41:14dans votre ville.
41:15Mais ne vous inquiétez pas,
41:16le reste du spectacle
41:17c'est bien écrit,
41:18vous allez tous comprendre.
41:19Alors,
41:20au départ,
41:20quand vous faites
41:21ces premiers spectacles
41:22au petit point-virgule,
41:23vous travaillez toujours
41:23à la banque,
41:24vous ne comptez pas
41:25changer de métier ?
41:26Non,
41:27effectivement,
41:28c'est quelque chose
41:29que je suis une personne
41:31qui fait beaucoup de choses
41:32et arrive à faire
41:33effectivement plusieurs métiers
41:34dans le même moment.
41:35Mais en même temps,
41:37ce n'était pas évident,
41:38ça pouvait très bien
41:38ne pas marcher,
41:39vous seriez retourné
41:39à la banque
41:40si ça n'avait pas marché.
41:43Je pense d'avoir
41:44beaucoup de flèches
41:45à mon arc
41:46pour faire plusieurs choses
41:47car au-delà des spectacles,
41:48j'ai fait des conférences
41:49et comme ça
41:49et c'est vrai que
41:52pour l'instant,
41:53ça marche,
41:54on va voir
41:56au fur et à mesure
41:57effectivement
41:57ce que je vais faire.
41:58Je crois que vous avez fait
41:59215 spectacles
42:00depuis 2022.
42:02De ces spectacles-là,
42:03oui.
42:03Après,
42:03il y a des autres spectacles
42:04que j'ai faits
42:05mais c'est comme ça.
42:06Et dans 7 pays en plus.
42:08Alors,
42:09il se trouve,
42:09oui,
42:09parce que vous avez travaillé
42:10dans plusieurs pays,
42:11on vous demande
42:12d'aller dans d'autres pays.
42:13Non,
42:13c'est que
42:13j'ai fait mon spectacle
42:17en France,
42:18après le deuxième pays
42:19ça a été la Tunisie
42:21et après j'ai fait mon spectacle
42:22en Italie,
42:23en français,
42:24après c'est arrivé
42:25la Suisse,
42:26le Luxembourg,
42:27la Belgique
42:28et j'ai fait le Sénégal aussi.
42:30Et à chaque fois
42:30on vous a appelé
42:31en disant
42:31tiens c'est original
42:32on n'a jamais vu ça.
42:33Alors,
42:34ce que ça plaît beaucoup
42:35c'est le fait
42:36que j'ai dit des choses
42:37qu'ils n'ont jamais entendues
42:38car
42:40beaucoup d'humoristes
42:42adaptent le spectacle
42:43à les villes
42:44mais ils regardent
42:45des choses qu'il y a
42:46sur internet
42:47ou disent les blagues
42:48qu'un peu tout le monde fait.
42:50La différence que j'ai fait
42:51c'est que je vais vivre
42:51la chose
42:52et ce que ça passe
42:53c'est l'authenticité
42:54de ce que j'ai vu.
42:55Alors,
42:55tout a commencé je crois
42:56sur des petites scènes
42:57le Comedy Club
42:58et un jour vous vous êtes dit
42:59mais au fond
42:59il y a des Comedy Club
43:01en France
43:01mais il n'y a rien
43:02sur l'Italie.
43:03Oui,
43:04il y avait des Comedy Club
43:05en russe
43:07en anglais
43:08en espagnol
43:09et je n'avais pas vu
43:10de Comedy Club
43:11et de Comedy Show
43:12en italien.
43:13Donc,
43:14vous avez essayé
43:14de lancer ça en France ?
43:15J'ai lancé
43:16en septembre 2022
43:18le 22 septembre 2022
43:20en plus
43:20c'est une date
43:22le Divina Comedy Show
43:23avec un collègue
43:25qui est artiste
43:26qui est italien
43:27et on a lancé
43:28effectivement
43:29ce premier plateau
43:30en italien
43:31qui est le public ?
43:32Ce sont des Italiens ?
43:33Ce sont des Italiens
43:35mais aussi des Français
43:36qui parlent l'italien
43:38et au début
43:38on avait aussi des Français
43:39qui ne parlaient pas
43:40l'italien
43:41mais qui adoraient l'Italie
43:43écoutaient l'italien
43:44et venaient
43:45sans rien comprendre
43:46et me disaient
43:47ah oui mais
43:47déjà écouter l'italien
43:48c'est tellement beau.
43:50Moi un jour
43:50je suis allé voir
43:51un spectacle à Montréal
43:52avec un humoriste québécois
43:53je n'ai pas compris
43:54un seul mot
43:55toute la salle riait
43:56c'est très différent
43:57mais là c'est
43:58peut-être plus facile
43:59en italien
44:00qu'en québécois.
44:01Alors je peux dire
44:01que moi ça m'arrive encore
44:03cette situation
44:04avec même le français
44:05que je parle bien
44:06car comme on disait
44:07c'est beaucoup de références
44:08pas seulement l'accent
44:10et c'est pour ça
44:11que moi par exemple
44:11je vous donne
44:12une technique
44:13Jacques
44:13je ne me mette
44:15jamais au premier rang
44:16quand je vais
44:16à un spectacle d'humour
44:17en France
44:17car parfois
44:18je ne comprends rien
44:19et je regarde
44:20et dire
44:20vous avez dit quoi ?
44:22Mais la règle
44:23pour tout le monde
44:23c'est de rigoler
44:24pendant que les autres rigolent
44:26je dis toujours ça aussi.
44:27Alors ce qu'on ne sait pas
44:29en France
44:29c'est qu'il y a beaucoup
44:30d'humoristes italiens
44:31très célèbres
44:32dans votre pays natal.
44:34Alors comme moi
44:36par exemple
44:36je ne connaissais pas
44:37Florence Foresti
44:38quand je suis arrivée
44:39en France
44:40les français
44:40ne connaissent pas
44:41les humoristes
44:42italiens
44:43mais c'est vrai
44:44qu'on a beaucoup
44:45de communautés italiennes
44:46c'est pour ça aussi
44:47qu'il y a beaucoup
44:48d'espace aussi
44:49pour faire des spectacles
44:51en italien en France.
44:52Vous avez fait venir
44:53Luca Ravenna
44:54Eduardo Ferrario
44:56Micaela Giraud
44:56personne ne les connaît
44:57en France ?
44:58Oui personne
45:00les italiens
45:01on les connaît très bien.
45:02Et donc ils ont accepté
45:03de venir en France
45:03pour faire une soirée ?
45:05Ils m'ont demandé
45:07d'organiser quelque chose
45:08en France
45:08pour faire le spectacle
45:10après maintenant
45:11il y en a de plus en plus
45:13et c'est vrai
45:14qu'effectivement
45:15sur l'humour
45:16vous que la traduction
45:17ce n'est pas simple
45:20l'humourisme
45:20de le traduire
45:21ce n'est pas seulement
45:23une traduction littérale
45:25et c'est vrai
45:26qu'avoir un humour
45:28dans ta langue
45:29quand tu es à l'étranger
45:30c'est quelque chose
45:31moi quand je joue
45:32en français en Italie
45:34il y a des français
45:35qui viennent de toute l'Italie
45:36pour me voir.
45:36Alors qu'est-ce que c'est
45:37l'humour italien ?
45:38Est-ce que ça ressemble
45:39à un humour français ?
45:39Comment on le caractérise ?
45:41Alors c'est un peu différent
45:43c'est pour dire
45:43qu'en Italie
45:44on ne rigole pas du tout
45:46comme en France
45:47c'est pour dire
45:49déjà l'humour noir
45:50c'est beaucoup moins
45:52répandu en Italie
45:53qu'en France
45:54et après
45:55il y a la culture catholique
45:57qui freine aussi.
46:00Qu'est-ce qui fait rire ?
46:01Ce sont les blagues
46:02sur les Romains
46:03sur les Milanais ?
46:04Qu'est-ce qui fait rire ?
46:05Il y a toujours
46:06ça dépend
46:07il y a beaucoup d'univers
46:08comme il y a des univers
46:09en France
46:10des différents
46:11il y a beaucoup moins
46:12par exemple en France
46:13il y a beaucoup
46:14de jeux de mots
46:15les contre-pétries
46:16c'est une traduction
46:17qu'on a en France
46:18il n'y en a pas autant
46:19en Italie
46:20ça n'existe pas.
46:22Donc c'est un humour
46:23beaucoup plus gentil
46:23qu'en France ?
46:25On pourrait dire ça
46:26sur certains sujets
46:26par exemple
46:27il n'y a personne
46:27en Italie
46:28qui ferait des blagues
46:29sur le petit Grégory
46:30ça c'est sûr
46:31mais ça c'est quelque chose
46:33vraiment un peu
46:35c'est très difficile
46:36de le synthétiser
46:37dans quelques mots.
46:39Il se trouve que maintenant
46:39votre but
46:40c'est de créer justement
46:41un pont entre l'Italie
46:43et la France
46:44un pont culturel.
46:45Oui
46:45c'est un peu ça
46:46car souvent
46:47quand ils me disent
46:49tu es un artiste étrangère
46:50en France
46:51on a beaucoup
46:51on a des américains
46:53on a des portugais
46:55on a beaucoup
46:55d'artistes étrangers
46:57qui parlent de l'Italie
46:59qui parlent de leur pays
47:01et de la France
47:02la différence c'est qu'effectivement
47:03l'Italie et la France
47:04sont très proches
47:05on ne se connait pas
47:07et on est toujours
47:08en train de se taquiner
47:09et ce que je cherche
47:10de faire
47:11c'est que
47:11je cherche de nous faire
47:12connaître plus
47:14car ensemble
47:15vraiment
47:15on est hyper complémentaires
47:17et je cherche
47:18d'être vraiment
47:18cette part céréale
47:19culturelle
47:20entre les deux pays.
47:20Et de créer justement
47:22des spectacles
47:22des concerts
47:23qui permettraient
47:23aux deux pays
47:24de se réunir.
47:25C'est ce que j'ai fait
47:26dans mon quotidien
47:27j'ai fait plusieurs
47:30je suis de plus en plus
47:32visibles
47:32et comme ça
47:33effectivement
47:33j'ai des artistes
47:34qui parfois
47:34me contactent
47:35pour faire des choses
47:36et en janvier
47:37effectivement
47:38j'ai un trio
47:40musical
47:40qui m'ont contacté
47:42pour créer
47:43un spectacle
47:43et j'ai créé
47:44un spectacle
47:45qui s'appelle
47:46Una Roberta
47:46de Barking Jazz
47:47et c'est
47:48de musique italienne
47:49jouée
47:50et moi
47:51j'ai créé
47:51des liens
47:52entre les différents
47:54monstres musicals
47:55et on va le jouer
47:56surtout dans les instituts
47:57italiennes de culture
47:58dans le monde.
47:59Et votre expérience
48:00de management
48:01de marketing
48:02vous sert dans ces cas-là ?
48:03Ça me sert
48:04surtout pour
48:05la communication
48:06et pour créer
48:07effectivement
48:10des liens
48:11et c'est vrai
48:12que ça me permet
48:14effectivement
48:15de retourner
48:15à le sujet
48:16que vous me disiez
48:17du fait que
48:18j'arrive à faire
48:18plusieurs choses
48:19dans le même moment
48:21car c'est une très
48:22forte organisation
48:23et aussi l'écriture
48:24en continuité
48:26ça arrive
48:26d'une discipline
48:28très fort
48:29qui s'arrive
48:29de mon expérience
48:30des managers.
48:31Et justement
48:32aujourd'hui
48:32il y a la scène
48:33il y a la production
48:35d'artistes étrangers
48:36c'est-à-dire
48:36c'est un travail
48:37de longue haleine
48:38qui n'était pas évident
48:39que vous n'auriez jamais
48:40imaginé au début ?
48:41Non, je ne fais pas
48:43vraiment de la production
48:44j'aide
48:45je soutiens la diffusion
48:47voilà
48:47je ne suis pas productrice
48:49je ne voudrais pas
48:49mais c'est vrai
48:50que si quelqu'un
48:52a besoin
48:52ou veut organiser
48:54quelque chose
48:54sur l'Italie
48:55et la France
48:56a besoin d'artistes
48:57un événement
49:00et a besoin
49:01effectivement
49:01d'une offre culturelle
49:02entre l'Italie
49:03et la France
49:03il me peut contacter
49:04et je suis à disposition
49:05Là où non plus
49:06ça n'existait pas
49:07jusqu'à ce que vous arriviez ?
49:09À ma connaissance
49:11non
49:12mais c'est vrai
49:12que maintenant
49:14je suis là
49:14à disposition
49:16Et vous serez
49:17le 9 avril
49:17et puis de nouveau
49:18le 3 juin
49:19car il y a deux soirées
49:20pour le jumelage
49:21Rome-Paris
49:22Exactement
49:22au grand point virgule
49:23avec une Roberta Parigi
49:24édition spéciale
49:26Rome-Paris
49:27et après
49:27je serai aussi à Rome
49:29car c'est l'unique
49:30spectacle d'humour
49:31du catalogue
49:34choisi par la mairie
49:35de Paris
49:35et la mairie de Rome
49:36comme ça je suis
49:37très flottiné
49:37Le jumelage existe
49:38et c'est unique
49:41effectivement
49:41et bien bravo
49:42Roberta Shekin
49:43et continuez comme ça
49:44parce que
49:45effectivement
49:46le rapprochement
49:47n'est pas toujours facile
49:47mais s'il est par l'humour
49:49c'est encore plus fort
49:50Je suis totalement d'accord
49:51et merci à vous
49:52pour l'invitation
49:53Merci
49:54donc rendez-vous
49:55au 9 avril
49:55et au 3 juin
49:56au grand point virgule
49:57et puis des dates
49:57qui suivront
49:58dans toute la France
49:58Merci Roberta Shekin
50:00les clés d'une vie
50:01c'est terminé
50:01pour aujourd'hui
50:02on se retrouve bientôt
50:03restez fidèles
50:04à l'écoute de Sud Radio
50:04Merci
50:05Ciao
50:05Ciao
50:05Ciao
50:06Ciao
50:06Ciao
50:06Ciao
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