- il y a 18 heures
La guerre en Iran dérape et ses conséquences économiques commencent à frapper… et les Français pourraient en payer le prix fort. Depuis les blocages dans le détroit d’Ormuz, stratégique pour près de 20 % du pétrole mondial, les marchés sont sous tension : prix de l’essence en hausse, inflation persistante, risques de récession et faillites d’entreprises… tout pourrait flamber dans les prochains mois.
Dans cette émission, Philippe Béchade, analyste financier et rédacteur en chef de "La Chronique Agora" et de "La Lettre des Affranchis", décrypte les enjeux :
- Pourquoi le détroit d’Ormuz est devenu un point de bascule pour l’économie mondiale
- Les secteurs les plus touchés et ce que cela signifie pour votre pouvoir d’achat
- Comment l’inflation et la hausse des taux d’intérêt vont impacter votre épargne
- Qui pourrait réellement tirer profit de cette crise et comment s’y préparer
💥 Ne manquez pas cette analyse exclusive pour comprendre ce qui vous attend et comment vous protéger.
Téléchargez gratuitement le rapport spécial de Philippe Béchade :"Votre épargne face au spectre d’une nouvelle guerre mondiale".
https://signups.lachroniqueagora.com/2512576
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NewsTranscription
00:10Générique
00:19Bonjour à tous, bienvenue dans Politique et Éco.
00:22Merci pour votre fidélité, ravi de vous retrouver.
00:26Alors, coût de l'énergie et taux d'intérêt,
00:29les deux indices à la base de l'économie vont-ils flamber à cause de la guerre en Iran ?
00:36Certains parlent déjà de stagflation en France et en Europe.
00:40Quelles seront les conséquences sur notre économie ?
00:43Pour y voir clair, nous recevons aujourd'hui Philippe Béchade.
00:46Bonjour Philippe.
00:47Bonjour, merci de votre invitation.
00:50Philippe Béchade, analyste financier, rédacteur en chef de la chronique Agora
00:53et de la lettre des affranchis.
00:55Et vous publiez ces jours-ci un rapport spécial, votre épargne,
01:00face au spectre d'une nouvelle guerre mondiale.
01:04On en parlera.
01:05C'était le titre avant que la guerre éclate, en fait.
01:09Ça y est, c'est…
01:10Cette troisième guerre mondiale, l'aurons-nous ?
01:13Je l'espère, non.
01:14Alors, cette guerre de Trump et de Netanyahou contre l'Iran
01:19commence déjà à faire sentir ses effets sur le monde entier,
01:22avec un baril de pétrole qui est repassé au-dessus des 100 dollars.
01:27Je pense que nous ne repasserons pas sous la barre des 100 dollars avant la fin de ce conflit.
01:31Les marchés semblent parier sur une résolution rapide de cette guerre.
01:36Mais certains observateurs observent, soulignent, cette résistance iranienne.
01:42Pourquoi cette guerre peut-elle durer ?
01:45Elle peut durer parce que les Iraniens s'y préparent depuis une quarantaine d'années.
01:52Et la dernière fois qu'ils ont failli voir les avions venir bombarder leur site nucléaire,
01:59c'était fin août 2003, non, pardon, fin août 2008,
02:05c'était le deuxième mandat de George Bush,
02:08et qui avait en fait mis son veto à l'opération.
02:11Les avions israéliens avaient déjà décollé,
02:14étaient déjà prêts à franchir le golfe Persique
02:17pour aller détruire les capacités nucléaires iraniennes.
02:22Ensuite, ils ont mis la pression également sur Barack Obama,
02:26qui a toujours refusé.
02:29– Hillary Clinton avait dit à l'époque qu'elle voulait vitrifier l'Iran, déjà.
02:35– Voilà, ça fait partie de ces démocrates néo-conservateurs.
02:38– Toujours dans la finesse.
02:40– Toujours.
02:40– Donald Trump d'ailleurs suit un peu la même ligne.
02:43– Ces gens qui ne refuseront jamais une bonne guerre,
02:47comme l'Instagram, qui est un peu le chef de file des faucons côté républicain,
02:56mais qui est surtout un chrétien et évangéliste apocalyptique.
03:00Un peu la même espèce que l'équipe Bush en 2001-2003,
03:05avec Richard Ashcroft, Richard Pearl, il y avait Ronald Rumsfeld.
03:15– Ronald Rumsfeld, oui.
03:16– Et Dick Cheney, bien sûr, qui gouvernait les États-Unis à la place de Bush,
03:21tout le monde le savait, plus ou moins.
03:23Donc, en fait, c'est des mêmes schémas qui reviennent.
03:27Enfin, on n'est pas à la première tentative.
03:31Donc, d'un côté, c'est un vieux, vieux projet,
03:34il y a peut-être 45 ou 47 ans, voilà.
03:36Et de l'autre en face, on sait depuis 40 ans qu'en face,
03:40on ne songe qu'à venir bombarder, renverser le régime.
03:45Et les Iraniens ayant, enfin, le guide suprême ayant refusé
03:53la mise au point de la bombe, dont ils avaient tous les plans
03:56depuis les années 90, donc ils s'y sont tenus à ne pas fabriquer la bombe.
04:01Et ce qui fait qu'en face, ça fait 40 ans qu'on nous dit
04:05dans 15 jours, ils ont la bombe.
04:06– Oui, exact.
04:07– C'est vrai, ce n'est pas vrai.
04:09– Il faut arriver à un uranium à 90% enrichi pour accéder au graal.
04:15– Ils ont du 60, peut-être que l'enrichissement peut aller assez vite.
04:18Bon, après ça, il y a d'autres aspects, il y a l'eau lourde, les détonateurs, etc.
04:24C'est des choses qu'ils n'ont peut-être pas encore testées.
04:28Donc, ça fait effectivement 40 ans qu'ils pourraient avoir la bombe dans 15 jours.
04:32Mais ça fait 40 ans qu'ils se sont, quelque part, interdits de la détenir.
04:38Voilà.
04:39– On nous refait un petit peu le coup de la guerre d'Irak.
04:42– Et donc, tant qu'ils n'avaient pas la bombe, c'était des fous, des dingues,
04:47des encurbanés, des terroristes.
04:50On disait exactement la même chose de la Corée du Nord.
04:55Et d'ailleurs, Trump venait juste d'être élu.
04:56Donc, quand il est élu, la Corée, c'est des dingues.
05:01Ils sont fous, ces gens-là.
05:03Et puis, boum, boum, deux essais souterrains.
05:06Et d'un seul coup, Kim Jong-un, on l'appelle monsieur.
05:09– Et puis, on va lui serrer la main.
05:10– On ne le traite plus de fou.
05:11Et on dit, c'est un smart guy.
05:13Voilà.
05:14– Alors, cette guerre est partie pour durer.
05:16On espère le moins possible.
05:18On sait que ça va être une guerre à mort,
05:20puisque les Iraniens sont des nationalistes.
05:25Et ils ne sont pas prêts du tout à laisser leur puits de pétrole aux Américains.
05:29Est-ce qu'on sait aujourd'hui qui va décider de la fin du conflit ?
05:33– Absolument pas.
05:35Absolument pas.
05:37On sait d'autant moins qui va le décider,
05:39qu'on ne sait même pas si Benjamin Netanyahou est encore vivant.
05:43– Franchement, depuis le 28 février,
05:46les seules images qu'on a sont des images de synthèse.
05:50Alors, peut-être qu'ils préfèrent ne pas apparaître en chair et en os.
05:57– Certains l'auraient vu, auraient suivi son avion à Berlin.
06:03– Oui, c'était une des rumeurs.
06:04– C'est une théorie.
06:05– D'autres ont dit qu'il a tourné au-dessus de la Méditerranée pendant trois jours.
06:08Enfin, voilà, en se posant à Chypre, en décollant.
06:10Enfin, il y a des tas de thèses.
06:12Et c'est merveilleux, parce qu'en fait,
06:13quand les gens se lancent dans ce genre de thèse,
06:15on se dit, bon, on a affaire à des gens qui racontent n'importe quoi.
06:20Donc, factuellement, il n'y a pas d'image de Netanyahou vivant,
06:25ni de Benkvir, depuis le 28 février.
06:29Voilà, ça, c'est factuel.
06:30Alors maintenant, qui gouverne Israël ?
06:33Et qui aurait les moyens de dire, on arrête les frais ?
06:35Je pense que personne ne peut se le permettre.
06:37– Le détroit d'Hormuz est au cœur de cette guerre en Iran.
06:44Il est maintenant fermé depuis le 28 février.
06:47Est-ce que vous pouvez nous dire, Philippe,
06:50quelles sont les marchandises qui sont bloquées ?
06:54– Alors, première chose, le détroit d'Hormuz est ouvert à 4 pays.
06:59Chine, un de Pakistan.
07:02– Aux Alliés.
07:03– Et Bangladesh.
07:05Si l'Indonésie en faisait la demande, je suis sûr qu'ils obtiendraient la permission.
07:10Donc, l'essentiel du pétrole iranien, pour l'instant,
07:13c'est entre 1,6 et 1,7 millions de barils par jour,
07:16transite par Hormuz, dans des pétroliers chinois.
07:20Voilà, donc, la circulation n'est pas arrêtée.
07:24À ma connaissance, les mines ne sont pas relâchées.
07:28Je pense qu'elles sont déjà en place, mais elles n'ont pas été relâchées.
07:31Donc, pour l'instant, il n'y a pas de risque pour les bateaux
07:33de sombrer directement pour cette raison.
07:36Ce qui bloque le détroit d'Hormuz, enfin, ce qui bloque la circulation maritime,
07:39c'est les assureurs.
07:40– C'est l'Aloïd.
07:41– L'Aloïd et puis d'autres spécialistes de l'assurance maritime.
07:46Voilà, donc c'est Londres, c'est…
07:51Je ne me rappelle plus le nom du quai,
07:54mais c'est juste en face des services secrets anglais.
07:57– D'accord.
07:59– MI6 et MI5.
08:00– C'est en face, juste en face.
08:04Et ils n'ont pas assez de renseignements, les assureurs,
08:08pour estimer quel est le degré de risque.
08:11Donc, du coup, les bateaux ne sont pas assurés, ne sont pas assurables.
08:15Et même si on pouvait assurer la coque, la cargaison,
08:20assurer même les risques de pollution,
08:22si on coule un pétrolier, ça va quand même faire
08:23une petite marée noire sympathique.
08:25De toute façon, les assureurs n'assureront pas l'équipage.
08:29Voilà.
08:30Donc, si un drone ou un missile tombe sur un bateau,
08:33il peut y avoir des blessés, des morts.
08:35Si une mine touche la salle des machines,
08:38les gens qui sont dedans, ils ne seront pas bien non plus.
08:41Donc, c'est des risques inassurables.
08:44Donc, ils n'assurent pas.
08:45Donc, des bateaux qui ne sont pas assurés ne naviguent pas.
08:48– Alors, on rappelle qu'il y a environ 20% du pétrole mondial
08:51qui transite par ce détroit, 30% du gaz liquéfié,
08:58des engrais, de la pétrochimie, de l'hélium liquide,
09:01et puis, des câbles, des câbles sous-marins.
09:04– Alors, ça, c'est une autre…
09:07Ça serait une autre façon pour l'Iran de nuire,
09:13non pas directement aux États-Unis,
09:19mais ces câbles relient surtout la place financière de Dubaï
09:23et Abu Dhabi à la City.
09:25Donc, si les câbles sont coupés,
09:27ça va poser effectivement quelques problèmes.
09:31D'ailleurs, on reparlera peut-être de la problématique
09:33des pétromonarchies du Golfe.
09:35Pour en revenir donc à ce qui ne circule plus actuellement,
09:39donc le pétrole à destination de la Chine, de l'Inde, du Pakistan circule.
09:43Les engrais ne circulent plus.
09:45Ça, c'est un petit peu ennuyeux parce que l'Inde a besoin d'ensemencer.
09:49Les États-Unis aussi, c'est le moment, il faut ensemencer.
09:54– Et l'Europe aussi, puisqu'on sait que l'Ukraine en fabriquait beaucoup
09:58et que les productions ukrainiennes d'engrais sont légèrement en difficulté.
10:02– Oui, c'est le moins qu'on puisse dire.
10:05Donc, sans engrais, les récoltes vont être beaucoup plus maigres
10:10et les prix vont flamber.
10:13Alors nous, on a certainement les moyens d'acheter de l'engrais
10:16dont le prix a plus que triplé en l'espace d'un mois.
10:19– Oui, mais ça se répercutera quand même dans le prix du maïs,
10:26de toutes les céréales, soja aux États-Unis, etc.
10:30Donc, soit vous mettez de l'engrais plus cher
10:32et le produit fini est abondant mais il est cher,
10:36soit vous n'avez pas d'engrais et le produit fini est rare
10:39et donc il est cher aussi.
10:41Ça veut dire qu'en fait, les prix alimentaires sur la planète entière
10:43vont probablement progresser fortement.
10:46Après ça, qu'est-ce qu'on met sous fortement ?
10:48Est-ce que c'est 15% ?
10:49Est-ce que c'est 20% comme de 2021 à la fin 2022 ?
10:55On ne sait pas.
10:56– Et quels pays seront frappés ?
10:57Parce que vous nous dites que les exportations vers la Chine,
11:00vers les alliés de l'Iran ne sont pas bloquées.
11:02Donc, ça sera principalement l'Occident, les pays occidentaux
11:06qui seront frappés par cette flambée des prix alimentaires ?
11:10– Ça va évidemment peser sur le pouvoir d'achat
11:12de tous ceux qui nous regardent.
11:16– Alors, je répète, le pétrole passe,
11:19mais à ma connaissance, les engrais, non, pour l'instant.
11:22Et il y a une raison pour laquelle les engrais, pour l'instant, ne passent plus,
11:24c'est que déjà, on n'arrive plus à les fabriquer.
11:28Les installations gazières qataristes sont arrêtées.
11:31En plus de ça, cette nuit, elle est en feu.
11:34Donc là, avant la remise en route des usines,
11:38ça va prendre du temps.
11:38Ça veut dire que le Qatar, essentiellement,
11:41ne va pas produire d'engrais pendant probablement des mois.
11:44Donc, où est-ce qu'on va aller le trouver ?
11:46Il va falloir demander aux Russes.
11:49Les Chinois, il ne faut pas leur demander, puisqu'ils ont mis l'embargo.
11:52Ils l'ont annoncé le jeudi 18, ou le mercredi 18 mars,
11:58embargo sur les exportations d'engrais.
12:01Donc là, c'est clair, ils se le gardent.
12:04Et je pense que c'est pareil pour le pétrole, ils se le gardent aussi.
12:07Donc, voilà, ça, les engrais, l'impact sur l'inflation des prix alimentaires va être important.
12:14L'hélium, effectivement, le Qatar est un des principaux producteurs.
12:18Alors, ça ne va pas chargrigner les États-Unis,
12:20parce que c'est eux les numéro 1, et le Qatar est numéro 2.
12:23Donc, les Américains auront de l'hélium, pas les Européens.
12:26– À quoi ça sert l'hélium ?
12:28Quels sont les secteurs qui sont frappés en cas de blocage pour l'hélium ?
12:32– Ce qu'on appelle les aciers spéciaux,
12:36puis surtout la gravure des semi-conducteurs.
12:41Il faut le faire sous une atmosphère neutre.
12:45Et l'hélium est un des gaz les plus fréquemment utilisés avec l'argon.
12:49Mais c'est surtout l'hélium, donc c'est vraiment un gaz industriel.
12:53– Alors, après ça, les autres dérivés du gaz, l'ammoniaque,
13:00c'est très important également pour toute l'industrie.
13:03Là, ceux qui vraiment ont du souci à se faire, c'est les Allemands et les Suisses.
13:07Et là, j'ai l'impression que pour les Allemands, ça va être le coup de grâce.
13:11L'industrie chimique allemande, c'est une catastrophe.
13:16Son activité a chuté de plus de 50% depuis le début de la guerre en Ukraine.
13:20– Oui, on sait que BASF délocalise en Chine maintenant.
13:24– En Chine, ou être invité, bien sûr, à le faire également aux États-Unis.
13:28– Oui, aussi.
13:28– Mais ça veut dire qu'en Allemagne, il va y avoir des licenciements.
13:33Je ne sais pas dans quoi les gens qui vont être licenciés vont…
13:36Dans quel secteur ils vont se recaser ? Ça va être compliqué.
13:38– À partir de combien de temps de conflits, Philippe Béchat,
13:43de la fermeture de ce détroit d'Hormuz,
13:46aura-t-elle des conséquences durables pour l'économie européenne et française ?
13:51– Alors, on en revient toujours à ce terme de fermeture.
13:55Le détroit n'est pas fermé pour l'instant.
13:58C'est juste que les marchandises, pour l'instant, ne transitent pas.
14:02– Oui, vous avez raison.
14:03– Parce qu'elles ne sont pas assurées.
14:04– Oui.
14:04– Et un deuxième écueil qui se présente,
14:07c'est que même si, d'un seul coup,
14:09on retrouvait une formule pour assurer les navires,
14:12et c'est ce que Trump a essayé de mettre en place,
14:14en disant, si l'Aloïd n'assure plus,
14:16c'est nous, les États-Unis, qui allons le faire.
14:18Le problème, c'est qu'une fois que vous avez passé la péninsule,
14:21Oman, Yémen, là, vous vous retrouvez à Bab el-Mandeb.
14:25Et là, si les outils décident…
14:26– En bas de la mer Rouge,
14:27pour remonter vers le canal de Suez.
14:30– C'est ça, c'est vraiment le détroit de Bab el-Mandeb.
14:34– Et les outils, ils sont armés jusqu'aux dents,
14:36et ils sont alliés des Iraniens.
14:37– Voilà.
14:38Donc, ils n'ont même pas besoin de tirer un drone,
14:40il suffit juste… – À menacer, à dire ?
14:42– Il suffit qu'ils menacent.
14:43De nouveau, les assureurs londoniens vont dire
14:46qu'on est incapables d'évaluer le risque.
14:49Donc, les bateaux, hop, ils partent par le cap de Bonne-Espérance,
14:52ils se prennent 15 jours de mer de plus.
14:54– Au sud de l'Afrique.
14:55– Voilà.
14:56Donc, ils font le tour de l'Afrique, 15 jours de plus.
15:00Pour des bateaux qui partaient du détroit d'Ormous
15:03pour aller directement à Rotterdam,
15:05ça fait plus que doubler le coût du transport.
15:08Donc, on voit que là aussi, c'est un autre facteur inflationniste,
15:11c'est que les coûts du fret vont forcément se répercuter dans le prix final.
15:18Après ça, peu importe ce que transportent les bateaux,
15:20que ce soit des engrais, que ce soit de l'ammoniaque,
15:23que ce soit du pétrole.
15:27– Alors ?
15:28– On ne va malheureusement pas pouvoir retrouver des prix normaux
15:35avant que les assureurs soient certains que les voies maritimes sont sûres.
15:42Donc, il leur faut au moins, en général, un mois, deux mois pour dire,
15:46voilà, la situation est stabilisée.
15:48À l'instant où on se parle, deux mois, là, on est déjà au-delà de la mi-mai.
15:54Ça veut dire qu'avant mi-mai ou fin mai,
15:57on est certain qu'on ne retrouve pas des prix normaux
16:00sur aucune matière première, ni sur le gaz, ni sur rien.
16:04Donc, on sait qu'on a déjà deux mois.
16:06Alors après, si, contrairement à ce que les États-Unis pensent
16:09et ce que Donald Trump claironnait encore il y a quelques minutes,
16:15ça y est, on a gagné.
16:16– Ils sont finis.
16:19Ils n'ont plus rien, ils n'ont plus rien pour nous embêter.
16:24– Le problème, c'est que la nuit dernière,
16:26ils ont bombardé les installations qataris.
16:31Donc, d'un côté, on vous dit qu'ils n'ont plus rien,
16:32et puis vous découvrez trois heures plus tard que c'est démenti
16:35par une nouvelle frappe qui causait des dégâts terribles.
16:38Voilà.
16:40Mais heureusement, Trump a dit, il a eu un contact avec Dieu,
16:44et il a dit donc qu'effectivement, Dieu était avec lui pour se…
16:50– Oui, il prie avec son gouvernement, avec ses secrétaires d'État.
16:52– Oui, il expliquait ce dialogue qu'il a eu avec Dieu,
16:55donc c'est quelque chose de tout à fait officiel.
16:57Vous pourrez le retrouver dans Truth Social,
16:59c'est vraiment un texte qu'il a dit,
17:02et il dit que les choses allaient forcément bien se passer,
17:06et que l'humanité, lui, serait reconnaissante
17:09de ce qu'il a accompli dans le Golfe.
17:11– Ce fameux messianisme américain.
17:13Alors, les premières conséquences économiques et financières,
17:16Philippe Béchade, quelles sont-elles ?
17:17On sait, le lundi 16 mars,
17:20que la Fed a commencé à injecter des liquidités.
17:24Alors, qu'est-ce que ça veut dire ? Pourquoi ?
17:26– Il y a des problèmes récurrents,
17:31on va peut-être en parler,
17:33qui est que les taux de défauts sur le segment du crédit au secteur privé,
17:39les taux de défauts sont supérieurs à ceux,
17:42non pas de l'été 2008, avant la grande crise des subprimes,
17:47mais le taux de défauts est supérieur au maximum qui a été atteint
17:51en 2009 et 2010, après la crise,
17:54quand les entreprises coulaient à pic.
17:55– Alors, c'est quoi ce taux de défaut du crédit au secteur privé, exactement ?
18:00– Alors, après la crise…
18:02– Il est à 9,2%, vous dites ?
18:04– Oui, c'est un record absolu.
18:08Au lendemain de la grande crise,
18:10on était, je pense, autour de 7,5-8.
18:12Il était déjà colossal, colossal.
18:17Là, après la grande crise,
18:19donc, les banques sont devenues frileuses.
18:20Donc, les entreprises avec des profils pas très rassurants
18:26pouvaient plus se financer auprès des banques.
18:28Eh bien, elles sont allées se financer auprès des riches et des très riches,
18:32au travers des family office et de ce qu'on appelle le private equity.
18:37Ça faisait les affaires de tout le monde,
18:39parce qu'un riche très riche, il ne veut pas toucher 3% quand l'inflation est à 4%.
18:44Par contre, si une entreprise privée ou des emprunts d'entreprises privées packagées
18:50lui rapportent du 6-7% comme les subprimes,
18:53exactement le même raisonnement,
18:54je ne veux pas de petit bond,
18:56donnez-moi de subprimes parce que ça rapporte le double,
18:58eh bien, là, c'est pareil.
18:59Le secteur privé s'est mis à prêter énormément à des entreprises.
19:03Alors, ce n'est pas des emprunts sur 10 ans.
19:05Généralement, c'est des échéances plus courtes.
19:07Sauf que là, les États-Unis sont confrontés à un ralentissement
19:14qui n'est pas manifeste, mais qui est là.
19:19Et le taux de défaut, notamment dans le secteur de l'immobilier commercial,
19:26est énorme.
19:27J'ai l'exemple d'un bel immeuble dans San Francisco.
19:34Tout le monde connaît la ligne de…
19:36– La ligne de tramway.
19:38– Le cable car, la ligne de tramway.
19:40Il y a un gros immeuble qui est à peu près à mi-hauteur
19:43quand on monte et avant de redescendre vers la baie.
19:46Gros immeuble, il doit faire une quarantaine d'étages.
19:48Il a été acheté 600 millions de dollars par WeWork.
19:53WeWork a eu les difficultés qu'on connaît avec la crise du Covid,
19:57a revendu cet immeuble, je crois, même pas pour 140 millions de dollars.
20:01Aujourd'hui, à 50 millions de dollars, il n'y a pas preneur.
20:04Et pourtant, je pourrais multiplier des exemples.
20:06C'est-à-dire qu'il y a des sommes colossales investies
20:09dans l'immobilier commercial.
20:10Et aujourd'hui, il n'y a pas de loyer.
20:14Donc, ces promoteurs sont dans la capacité de rembourser.
20:19Puis, il y a aussi beaucoup de licornes, de boîtes de la Silicon Valley
20:22qui ont été également financées.
20:24C'était, je n'y rends pas les meilleurs projets,
20:26parce que les meilleurs projets, vous avez toujours un Peter Thiel
20:31ou un fonds californien pour financer, si c'est vraiment un projet solide.
20:36Là, c'est plutôt des boîtes qui tentaient de percer.
20:40Ils sont allés chercher de l'argent auprès des particuliers.
20:43– Et donc, encore des injections de la Fed pour…
20:45On fait tourner la planche à billets, là, encore.
20:49– Voilà où la Fed va intervenir.
20:51C'est quand elle va se rendre compte que les taux de défauts dans le privé
20:55sont très, très importants, et que ça risque de contaminer
20:59l'ensemble des prêteurs.
21:02Parce qu'on se dit, mais si, dans le crédit privé,
21:05ils ont des taux de défauts importants,
21:07est-ce que ça ne serait pas le cas aussi chez J.P. Morgan,
21:12Mellon Bank, Citi, etc.
21:16Et là, quand les banquiers commencent à se méfier les uns des autres,
21:19en se disant, mais peut-être que mon collègue,
21:21il finance un fonds de private equity qui est au bord de Couléapique,
21:28et on a ce genre d'exemple.
21:32On a Blue All Capital qui faisait de la structuration de crédits au secteur privé,
21:40qui était incapable de rembourser, de rendre leur argent
21:43à ceux qui, justement, étaient venus chercher du rendement.
21:46Donc Blue All Capital, ça a été la première alerte d'un intermédiaire
21:51qui ne peut plus faire face à ses engagements.
21:54Et ceux qui se disent, moi aussi, je suis en affaire avec Blue All Capital,
22:00ils me doivent des sous, et de proche en proche,
22:04vous avez des banquiers qui se disent,
22:07mais mon voisin ou ma contrepartie,
22:10peut-être qu'ils sont avec un, deux, trois, cinq Blue All Capital
22:13qui sont au bord de Couléapique,
22:15moi je ne prends plus le risque de faire affaire
22:18ou de faire des swaps, des choses comme ça.
22:20Et alors là, quand le marché interbancaire se grippe,
22:23c'est là que la Fed intervient.
22:25Et donc quand elle intervient,
22:26eh bien, j'ai tout à fait raison de le mentionner.
22:29Quand elle intervient, c'est que les choses vont déjà très mal.
22:32Sinon, elle n'intervient pas.
22:33– Oui.
22:34Alors une autre conséquence financière de ce transport maritime
22:40à l'arrêt dans le détroit d'Hormuz,
22:43c'est les taux d'intérêt sur les obligations d'État à 10 ans
22:47avec un taux le plus haut niveau depuis 2011, 3,7%.
22:53Nous enregistrons cette émission le jeudi
22:56avant sa publication, sa diffusion.
22:58Qu'est-ce que ça veut dire ce taux ?
23:01Est-ce que la France va avoir des difficultés à emprunter ?
23:05Est-ce que la France aura des difficultés
23:07à distribuer des prestations sociales ?
23:10– Oui, probablement.
23:12Maintenant, est-ce que la France a des difficultés à emprunter ?
23:15Pas plus que l'Italie,
23:18dont le rendement de l'emprunt de référence
23:21est repassé au-dessus de nos OAT.
23:23C'est-à-dire que la France, de nouveau,
23:26est mieux considérée du point de vue du prêteur que l'Italie.
23:30Et on n'est pas, pour l'instant, plus maltraité que l'Allemagne,
23:34puisque les taux allemands, maintenant, sont tout près de 3%.
23:38C'est un seuil psychologique.
23:41On était, il n'y a pas très très longtemps, autour de 2,60.
23:44Bon, ça fait 40 points de plus pour le Boudd.
23:4740 points de plus pour l'OAT.
23:4950 de plus pour le disant italien.
23:52Vous voyez, France-Allemagne, pour l'instant, ça va.
23:54– On nous dit parfois que si on n'était pas dans l'Union européenne,
23:58si on n'était pas dans l'euro, les situations seraient bien pires.
24:03– Si on n'était pas dans l'euro, on ne parlerait déjà plus de l'Espagne, du Portugal.
24:07Les gars, ils auraient déjà fait faillite.
24:08Pareil pour l'Italie, en 2011, 2012.
24:11Donc, non, pour l'instant, il n'y a pas de pression, en particulier sur la France.
24:16Le spread avec l'Allemagne, pour l'instant, il ne bouge pas.
24:19C'est plutôt l'Italie qui a l'air d'être suscité un peu plus de méfiance.
24:24– Mais alors, on va quand même parler des entreprises avec vous, Philippe Béchade,
24:28puisque ce baril qui n'est pas prêt de repasser sous la barre des 100 dollars,
24:34avant la fin de ce conflit, on imagine qu'il était à 70 dollars avant que tout cela commence.
24:41– Non, non, il était à 63, 64.
24:43– Oui, 70, c'était un maximum, mais vous avez raison.
24:47Les entreprises, est-ce qu'elles vont faire faillite comme l'année dernière,
24:52je rappelle, 70 000 faillites, et puis comme en 2024, 66 000,
24:56est-ce qu'on va être sur le même rendement de faillite avec un baril qui explose ?
25:01– On ne peut pas l'exclure, parce qu'on parle beaucoup du pétrole,
25:04mais je répète, le gaz, c'est central également pour l'industrie, ou même les PME.
25:12Donc, les deux font mal.
25:16Et les entreprises qui ont réussi malgré tout à se maintenir à flot
25:21avec des factures d'électricité qui avaient déjà augmenté de 70% depuis 2020,
25:30si on se prend 20% de plus, il y en a forcément qui tenaient juste la tête hors de
25:36l'eau en 2025
25:37et qui vont couler, et c'est exactement ce qu'on voit aux États-Unis,
25:41il y a de plus en plus d'entreprises qui coulent.
25:43Et si la croissance ralentit, ça va être encore beaucoup plus sévère.
25:49Pourquoi ? Parce que d'un côté, vous avez des taux qui montent,
25:53donc pour l'entreprise, c'est de plus en plus difficile,
25:54et si vous avez une récession, vous n'avez pas le chiffre d'affaires qui rentre.
25:58Donc, à un moment, vous n'êtes pas capable de payer les intérêts,
26:00et vous n'êtes plus non plus capable de rembourser le principal,
26:02parce qu'il n'y a plus de chiffre d'affaires.
26:05Voilà.
26:06– C'est ce que je disais en introduction,
26:07les coûts de l'énergie et les taux d'intérêt qui montent.
26:10– Oui, c'est mortel.
26:11– Voilà.
26:11– C'est le poison mortel pour une entreprise.
26:14– Dans ces conditions, Philippe Echad,
26:16est-ce qu'on peut faire des prévisions macroéconomiques
26:20pour la France de 2026 sous la guerre iranienne ?
26:24Il y en a qui parlent déjà de stagflation.
26:27Est-ce que vous pouvez déjà nous rappeler ce que ça veut dire, la stagflation ?
26:29– Alors, stagnation, voire récession, c'est une croissance,
26:35comme dirait Christine Lagarde, une croissance négative.
26:37Bon, ça veut dire qu'en fait, l'économie se contracte,
26:41on fait moins de chiffre d'affaires, moins de marge, c'est la crise.
26:46Mais on peut très très bien faire une récession sans inflation,
26:49parce que la conjoncture mondiale…
26:51– Là, c'est le double effet qui se coule.
26:53– Là, c'est le double effet qui se coule, parce qu'en plus de ça,
26:55là, on a l'inflation.
26:56C'est-à-dire qu'on pourrait se dire, dans un monde sans inflation,
26:59on redonne un petit coup de pouce à la consommation,
27:02et ça redonne du souffle au PIB, à la croissance.
27:06Mais là, avec l'inflation, c'est le pouvoir d'achat qui va être affecté.
27:12L'inflation, c'est rien d'autre qu'une perte de pouvoir d'achat, en réalité.
27:16– La stagflation, c'est donc ce que les banques centrales redoutent le plus au monde.
27:19– Oui, oui, mais le pire, c'est que stag, c'est peut-être même pas l'hypothèse la pire.
27:25Stagner, encore, bon, il y a des pays qui ne font pas beaucoup de croissance,
27:29comme le Japon, qui n'en a pas fait beaucoup pendant des années,
27:32et le pays fonctionnait bien.
27:35Mais là, ce n'est pas la stag qu'on risque,
27:37c'est carrément la récession avec inflation.
27:40Donc oui, c'est de la stagflation plus-plus.
27:44C'est le pire des scénarios, et on ne sait pas en sortir autrement que par la planche à billets.
27:50– Qu'on a déjà activé depuis la crise des subprimes, notamment à partir de 2015.
27:58– À partir de 2009, c'était là que la planche à billets est apparue.
28:03Ensuite, on l'a ressortie en mode no limit avec le Covid,
28:06donc mars, avril, mai 2020, la all-in en matière de création monétaire.
28:13– Est-ce qu'on peut s'attendre à une croissance 2026 en dessous de 0,5,
28:19une inflation supérieure à 3% cette année ?
28:23– On est déjà au-dessus de 3, là, virtuellement, à l'instant, on se parle.
28:26Et là, on est sûr, comme je le disais, pendant les deux prochains mois,
28:30que le gaz et le pétrole vont rester chers.
28:33Mais sur le gaz, je suis beaucoup plus pessimiste,
28:34parce que si les installations gazières et les unités de liquéfaction du GNL
28:39sont à reconstruire en partie, c'est deux ans avant que ça refonctionne normalement.
28:47Alors peut-être que tout n'est pas détruit,
28:48mais on aura certainement des capacités réduites,
28:50et il va falloir beaucoup de temps avant de retrouver des capacités nominales.
28:56Et puis alors là, maintenant, si on a des Israéliens qui continuent de faire des frappes,
29:02là où les Américains leur ont dit de ne pas taper et que ça entraîne des ripostes iraniennes
29:07sur des oléoducs, là, les choses se compliquent très sérieusement.
29:12– On comprend avec cette guerre en Iran, Philippe Béchade,
29:15que les États-Unis vont peut-être avoir un ralentissement de leur croissance
29:21pour la France et l'Europe, c'est mort.
29:23Quels sont les pays qui vont le mieux s'en sortir, hors Occident ?
29:30– Pour l'instant, je dirais que la Chine me paraît pas mal positionnée.
29:37Elle n'aura pas de souci d'approvisionnement en pétrole, à mon avis,
29:43parce que la Russie va lui en fournir.
29:45Si jamais il se trouvait que les installations iraniennes dans le Golfe étaient détruites,
29:50ça n'amputerait les approvisionnements chinois que de 7%.
29:557%, la Russie peut le compenser, ou l'Indonésie,
29:59ou des pays d'Afrique avec lesquels la Chine fait déjà beaucoup d'affaires.
30:04Donc je ne suis pas trop inquiet.
30:06Le gaz, par contre, je le répète, est très problématique,
30:10parce que là, il y a une dépendance très forte de la Corée du Sud,
30:18de Taïwan, et sans gaz, ces pays-là vont vraiment avoir beaucoup de mal
30:24à ne pas se tomber dans une récession par manque de capacité énergétique.
30:30– On a l'Europe et l'AIE qui ont sorti 400 millions de barils en stock
30:38qui vont être utilisés.
30:39– 20 jours.
30:40– Voilà, j'avais vu 30 jours sur les 1 200 millions en stock.
30:46– Pourquoi est-ce qu'on assiste à cette explosion du baril alors qu'on a du stock ?
30:51– Le stock, il ne va pas loin.
30:55Mettons, les 400 millions de barils, ça fait à peu près un tiers,
30:59on dit qu'on tient 30 jours.
31:01Moi, je veux bien, effectivement, parce que tout le monde commence à moins circuler,
31:06à faire attention, à moins chauffer.
31:09Bon, on peut peut-être tenir 30 jours.
31:11Bon, ben, si jamais les approvisionnements en pétrole sont fortement réduits
31:20par la destruction des infrastructures pétrolières dans le Golfe,
31:25à la fin de l'année, on n'a plus de réserve du tout.
31:27Ça ne va pas au-delà.
31:29On tiendra jusqu'à la fin de l'année.
31:30Mais je ne sais pas comment on tiendra l'hiver.
31:33– Alors, on a les banques centrales qui se sont réunies
31:37mercredi et jeudi, les grandes banques centrales occidentales,
31:41la Fed, la BCE, la Banque d'Angleterre, la Banque du Japon
31:45et la Banque Nationale Suisse, pour faire face à un nouveau choc inflationniste.
31:51Est-ce que déjà, nous sommes dans le même contexte
31:53que lors de l'invasion russe en Ukraine ?
31:57– Non, parce qu'en réalité, l'invasion russe en Ukraine
32:01n'a pas réduit les quantités de pétrole, de gaz, d'hélium, d'ammoniaque disponibles.
32:13Alors oui, après, quand il y a eu la destruction de Nord Stream,
32:16là, on a fait des calculs.
32:16On s'est dit, ah mince, ça ne reviendra pas à la normale.
32:19Mais on avait déjà décidé de ne plus importer le gaz russe.
32:22Donc Nord Stream était juste, comme on dit,
32:24on brûle les vaisseaux pour pouvoir revenir en arrière.
32:26Mais ça n'amputait pas la quantité de gaz disponible.
32:30Là, on est dans une vraie raréfaction
32:35et dont on est incapable de dire si aujourd'hui on a vu le pire.
32:39Alors Trump a tapé du poing sur la table en disant
32:43Israël est allé bombarder la partie iranienne de South Park.
32:49Mauvaise idée, il ne nous avait pas prévenus.
32:53Bon, ça c'est juste pour se dédouaner, dire.
32:57Ils ont sûrement été prévenus, mais ils n'ont pas été capables de l'empêcher.
33:00Donc, il ne faut pas qu'il y ait de nouvelles attaques sur les infrastructures gazières.
33:07Mais imaginons qu'il y ait de nouveau un bombardement dont Trump ne voulait pas
33:11et que ça entraîne une réponse sur une raffinerie saoudienne ou sur le pire,
33:17ça serait un oléoduc.
33:21Pourquoi ? Un oléoduc, ça se répare rapidement, on est d'accord.
33:24En 15 jours, vous remplacez le segment.
33:28Le problème, c'est que si vous vous dites là où ça tapait,
33:32il peut encore retomber un drone, puis deux drones, puis trois drones,
33:35tant qu'on n'est pas certain que les drones ne volent plus,
33:39on n'entamera pas les réparations.
33:43Voilà les choses telles qu'il faut les envisager.
33:46Et aujourd'hui, on est incapable de dire si le conflit va s'apaiser ou pas.
33:53Et on est surtout aujourd'hui incapable de dire
33:55qui est en mesure de dire, bon, allez, on arrête les frais.
33:59À la limite, peut-être que d'un seul coup, du côté de Tel Aviv et de Washington,
34:03on se concerte et on dit, il faut peut-être qu'on propose quelque chose aux Iraniens.
34:06Mais imaginez que les Iraniens en face disent non, vous nous avez attaqué,
34:10vous allez payer le prix jusqu'au bout.
34:13Voilà, la suppression du guide suprême, la suppression du ministre
34:18ou de plusieurs ministres, de plusieurs chefs d'état-major,
34:21vous allez le payer, on va aller jusqu'au bout.
34:23Comment vous les arrêtez ? Vous ne les arrêtez pas.
34:25Les seuls qui peuvent le faire, éventuellement, c'est les Chinois.
34:29À mon avis.
34:32Il n'y a que Xi Jinping pour dire aux Iraniens,
34:37bon, écoutez, il faut penser quand même au commerce mondial.
34:41On vous a construit une ligne de chemin de fer qui relie Téhéran à Pékin.
34:47On est très content d'acheter votre pétrole.
34:49Faites attention parce que peut-être que demain,
34:52vous n'aurez plus les moyens justement de charger du pétrole
34:55si l'île de Cargue est détruite.
34:58Donc, peut-être que la Chine pourrait avoir un levier
35:03pour que Téhéran dise, bon, d'accord, on va reprendre les négociations.
35:05Mais à ce moment-là, arrêtez de tuer nos négociateurs, s'il vous plaît.
35:08Est-ce que vous pouvez nous expliquer, Philippe,
35:10alors ce qu'ont fait les grands banquiers centraux de l'Occident
35:14pendant leur réunion de mercredi, jeudi ?
35:17On anticipait une hausse des taux d'intérêt, le taux sur les dépôts.
35:24– On est passé d'une hypothèse de deux ou trois baisses de taux
35:29à une réunion d'écart, on est passé d'une hypothèse de baisse
35:34à une hypothèse d'éventuelle hausse.
35:37Mais j'avoue que je n'y crois pas à la hausse des taux
35:40parce que ça serait carrément insupportable.
35:44– Pour les entreprises, oui.
35:46– Pour les entreprises, pour le secteur immobilier,
35:49si vous montez les taux et que, là, on n'est pas loin de 5%
35:55sur le 30 ans américain, 5% sur le 30 ans américain,
35:59ça veut dire des taux hypothécaires à 7%.
36:01À 7%, personne n'emprunte et donc personne ne fait construire.
36:06Et si vous avez le secteur immobilier américain,
36:09alors je ne parle plus de l'immobilier commercial
36:10qu'on a déjà évoqué tout à l'heure,
36:12mais vous prenez l'immobilier résidentiel, pour des particuliers,
36:18si ce secteur-là va au tapis, c'est des millions de chômeurs.
36:23Des millions de chômeurs aux États-Unis.
36:26Voilà.
36:27Et tout s'arrête derrière,
36:29c'est-à-dire ceux qui fournissent les matériaux de construction,
36:34les entreprises qui participent à tous les aspects techniques
36:40d'une construction, l'ameublement,
36:43enfin, tout est impacté, forcément.
36:46Si l'immobilier chute,
36:48donc il va falloir à un moment peut-être accepter l'inflation.
36:54Donc ça mangera le pouvoir d'achat des moins favorisés,
36:59comme d'habitude.
36:59Et puis on remettra de l'argent,
37:01beaucoup d'argent à la disposition des plus riches.
37:04Parce que c'est ça qui se passe depuis 2009,
37:07quand vous ingétiez de l'argent,
37:08ça va directement dans la poche des plus riches.
37:10C'est pas pour rien qu'ils ont quintuplé,
37:12sextuplé leur fortune depuis 2010.
37:15– Et le ruissellement, on n'y croit plus trop.
37:16– Ça n'a jamais existé, c'est évidemment…
37:18– C'est une théorie.
37:19– C'est une fable pour enfants, quoi.
37:23– Cette guerre en Iran, Philippe Béchade,
37:26a peut-être un avantage,
37:28c'est celui de ramener les dirigeants européens à la réalité.
37:32On a entendu, c'était le 10 mars,
37:35c'est peut-être historique,
37:36Ursula von der Leyen a reconnu
37:38que le recul sur le nucléaire
37:42avait été une erreur stratégique.
37:45On peut même peut-être parler pour nous
37:46de catastrophes industrielles.
37:49Et dans le même temps, le président Poutine,
37:51lui, a menacé l'Europe,
37:52c'était il y a quelques jours,
37:54de couper le gaz avant la date limite
37:56du 31 décembre 2026.
38:00Alors, est-ce que la mondialisation
38:02est toujours aussi heureuse à Bruxelles ?
38:04– Non, mais là, c'est…
38:07J'avoue, je n'ai pas les mots.
38:10Avoir une présidente de l'Union européenne
38:12qui a applaudi dès demain
38:13tous les projets de fermeture
38:15des centrales nucléaires
38:17et notamment dans son pays, l'Allemagne,
38:19qui avait quand même jusqu'à 12 réacteurs.
38:22Et le dernier a été éteint
38:23juste avant le début de la guerre en Ukraine.
38:27Au niveau timing, c'était parfait.
38:30Le prix de l'électricité
38:31qui est associé au prix du gaz,
38:35ça s'associe, c'est une trouaille formidable.
38:37C'est merveilleux.
38:38Quand on a un gaz qui monte à 70 dollars,
38:41c'est fantastique.
38:43Donc, elle a poussé,
38:45elle a incité les pays
38:47qui avaient des réacteurs à les fermer.
38:48La Belgique, avec Engie,
38:49a fermé son dernier réacteur.
38:51Et là, d'un seul coup,
38:53elle dit, finalement,
38:54le nucléaire, ce n'était pas si mal.
38:56Mais c'est une hallucination.
38:58Comment peut-elle dire ça
38:59et ne pas démissionner ?
39:01Elle a été à la manœuvre.
39:03Elle a poussé
39:05pour la transition énergétique
39:06vers les moulins à vent.
39:08– Vers le charbon,
39:09vers la fermeture de Fessenheim.
39:10– Voilà.
39:11Elle a été derrière tout ça.
39:13Et surtout, elle est derrière…
39:15Maintenant, on est au-delà
39:15du millier de milliards d'investis
39:17dans des moulins à vent,
39:19dont le rendement n'est pas celui
39:21qu'on attendait.
39:22On en a déjà parlé.
39:23Donc, c'était une escroquerie.
39:24On nous vendait des rendements
39:25qui n'existent pas.
39:27L'entretien coûte très cher.
39:30Au niveau écologique,
39:32la trace carbone est gigantesque
39:36pour poser une éolienne.
39:39Une éolienne offshore,
39:40c'est encore pire.
39:42Ce n'est pas pilotable.
39:44Et d'un seul coup, elle dit
39:44« Ah ben finalement, le nucléaire,
39:46c'est bien parce que c'est pilotable.
39:47Et puis finalement,
39:47ça ne met pas beaucoup de carbone. »
39:49– Oui, les éoliennes offshore,
39:51c'est 250 euros le mégawatt-heure
39:54avec le nucléaire.
39:55C'est 50.
39:56– C'est de 1 à 5.
39:59Et ce n'est pas « on va payer 250
40:02parce que temporairement,
40:04le temps que l'entièreté du champ d'éoliennes
40:06soit opérationnel,
40:08une fois que toutes les éoliennes vont tourner,
40:10le kilowatt va redescendre à 120. »
40:13Mais pas du tout.
40:15Vous en avez une qui tourne,
40:16vous en avez 150 qui tournent,
40:18c'est toujours 250.
40:19On n'a même pas d'économie d'échelle.
40:22C'est une hallucination, ça.
40:24Alors que si vous construisez plusieurs EPR,
40:27bon, le premier coûte très cher,
40:29on l'a vu en Finlande.
40:30Puis après ça, les autres,
40:31bon, on sait les faire,
40:32on les fait plus vite,
40:33on les fait mieux.
40:34Et on arrive à une économie d'échelle.
40:37Avec les éoliennes, on n'y arrive pas.
40:39– Est-ce qu'il y a du coup
40:40une nouvelle stratégie à Bruxelles,
40:42pro-nucléaire ?
40:43Est-ce qu'on sait quand les prochains EPR
40:46seront prêts à tourner
40:47puisqu'on est désormais revenus à la lumière ?
40:52– Écoutez, les prochains EPR,
40:53si on décide de les lancer,
40:55ce n'est pas avant 2035.
40:57Il y a dix ans, là,
40:59il va falloir qu'on trouve quelque chose
41:00pour faire la soudure, si j'ose dire.
41:05Donc c'est très, très, très lointain.
41:07Il ne fallait pas les éteindre.
41:08On a fait une erreur monumentale.
41:11Je ne sais pas comment
41:12Ursula von der Leyen
41:13peut aujourd'hui se dire,
41:15bon, voilà,
41:16j'avoue qu'on a fait une erreur.
41:18Elle est énorme, colossale.
41:20Elle a coûté des milliers de milliards.
41:23Je ne parle pas des centaines de milliards.
41:25Je dis bien,
41:26ça a coûté des milliers de milliards
41:29aux contribuables européens,
41:32aux industriels européens.
41:35Ça nous a complètement
41:39fait perdre la compétitivité
41:41par rapport à la Chine
41:42et par rapport aux États-Unis,
41:43ce qui est quasiment irratrapable.
41:45Bon, je constate que c'était une erreur énorme
41:49et je garde quand même une once de décence
41:52et je vous présente ma démission.
41:55Quel autre discours peut-elle tenir
41:57Ursula von der Leyen
41:59après cet aveu ?
42:00Je le répète,
42:02Ursula von der Leyen
42:03nous a coûté des milliers
42:05de milliards d'euros.
42:08Voilà l'échelle.
42:09Et cette personne dit,
42:10oups, je me suis trompé.
42:12Elle a encore du travail
42:13pour détruire la France et l'Europe.
42:14devant elle.
42:15Donc, elle va continuer son œuvre.
42:17C'est ça, en fait ?
42:18Je ne sais pas.
42:20Donc, on a des prix à la pompe
42:21qui vont augmenter,
42:23Philippe Béchade,
42:24dans les prochaines semaines,
42:25prochains mois.
42:26Évidemment, ils ont déjà commencé.
42:28Tout, je répète encore.
42:30Le gaz.
42:31Je ne suis pas devin.
42:32C'est sûr que pour les deux prochains mois,
42:34les prix ne peuvent pas rebaisser
42:35parce que les trois d'or mousent.
42:37Le mal est fait, quoi.
42:38Voilà, le mal est fait.
42:40Pour les installations gazières,
42:42il faut qu'on évalue les dégâts.
42:44Alors, est-ce que c'est 20% de la capacité
42:47qui a été détruite ?
42:50Ou 40 ou 50 ?
42:51Non, on n'en sait rien pour l'instant.
42:53Donc, on va dire que le marché,
42:54pour l'instant,
42:55va pricer un peu le worst case scénario,
42:57le scénario du pire,
42:58c'est-à-dire que c'est peut-être
42:5950 ou 60% de capacité en moins.
43:02Mais on ne maîtrise pas du tout,
43:04et je le répète,
43:07une nouvelle erreur de frappe israélienne
43:11sur des installations
43:13et derrière la riposte iranienne
43:15qui est automatique,
43:18on peut se retrouver avec,
43:19d'un seul coup,
43:20des capacités de raffinage,
43:22d'extraction extrêmement réduites.
43:25Donc, à l'instant, on se parle...
43:27C'est un poil, on peut le dire.
43:28La France n'importe pas énormément
43:31de pétrole depuis le Golfe.
43:33C'est surtout le Japon.
43:36Essentiellement le Japon,
43:39Corée du Sud, Australie.
43:43Par contre, la France, oui,
43:44c'est au niveau du gaz.
43:46Alors, je rappelle que le plus gros centre
43:50développé par Total Energy,
43:52aujourd'hui, Total Energy produit
43:53plus de GNL que de pétrole,
43:56son principal asset,
43:58c'est le Qatar.
44:01Donc, pour Total Energy
44:03qui flambe en bourse,
44:05attention,
44:07on n'a peut-être pas pris en compte
44:08le fait que s'ils peuvent produire
44:11moins de gaz,
44:11ils vont gagner moins d'argent.
44:13À un moment.
44:14Et on a un État qui taxe
44:16les carburants à hauteur
44:18de 60% du prix total.
44:20On ne peut évidemment pas imaginer
44:22Bercy faire un rabais
44:24pour empêcher aux Français
44:26de brûler toute leur épargne
44:27dans cette crise.
44:29Il ne faudrait pas qu'on se mette
44:31à faire comme les Espagnols
44:31et les Italiens, quand même.
44:33Les Italiens, ils vont baisser
44:35les taxes d'à peu près 25 centimes
44:37au litre.
44:37Et je pense que les Espagnols,
44:39c'est à peu près pareil.
44:40Mais nous, on ne peut pas.
44:42Parce que c'est des recettes fiscales
44:44dont on ne peut pas se passer
44:45tellement qu'on est en déficit.
44:46Vous comprenez, ma brave dame.
44:48Non, mais ils nous disent ça
44:49comme ça en face.
44:50Vous avez tous les pays européens
44:51où on est en train de se dire
44:52qu'on prend conscience
44:53qu'on va droit dans le mur
44:54et qu'on va droit dans la récession.
44:56Mais nous, nous, on ne peut pas.
44:58Nous, on a besoin
44:59de nos recettes de TVA.
45:00Vous comprenez ?
45:01Enfin, c'est...
45:04– Alors, l'épargne des Français
45:06face au spectre
45:07d'une nouvelle guerre mondiale,
45:08Philippe Béchade,
45:09quels sont les moyens
45:11d'échapper à ce malstrôme ?
45:13– Alors, ce qui est curieux,
45:16c'est qu'on a mis en place
45:17déjà des mesures
45:19avec mes collègues d'Agora.
45:21Avant même qu'il y ait la guerre,
45:23on ne se disait pas
45:23que c'était l'hypothèse
45:25la plus probable.
45:27Ce à quoi on se préparait,
45:28c'était effectivement
45:29un cycle tout à fait classique
45:31où les États-Unis
45:33voient leur croissance ralentir.
45:34Elle a ralenti fortement
45:36au quatrième trimestre.
45:38Elle est passée de 4,4 à plus 0,7.
45:41Donc, on est maintenant
45:42sur une hypothèse lissée
45:43on était sur une hypothèse lissée
45:45de 2% de croissance.
45:47Nous, on avait fait le calcul
45:48que de passer de 4 à 2,
45:50déjà, c'est une quasi-récession.
45:52C'est-à-dire qu'on était
45:53sur des hypothèses
45:54de profitabilité des entreprises
45:56qui étaient beaucoup trop élevées.
45:57Donc, on se préparait déjà
45:59à voir une correction
46:01s'enclencher à Wall Street.
46:03Et moi, je soutenais,
46:06c'était au mois d'octobre
46:08ou novembre dernier,
46:09qu'un baril de pétrole
46:12à 60 dollars
46:15avec un Dow Jones
46:17qui était à presque 50 000.
46:18On n'avait jamais vu dans l'histoire
46:20un tel écart
46:22entre le prix du baril
46:23et le prix du Dow Jones.
46:26C'est-à-dire qu'à peu de choses près,
46:29il fallait, je puis,
46:31100 barils pour acheter
46:32un panier Dow Jones.
46:33Donc, c'était du jamais vu.
46:35Cette échelle-là n'était...
46:36Moi, je me dis,
46:36à un moment,
46:37il y aura un rééquilibrage.
46:38Soit le Dow Jones
46:39rebaisse de 50 000 à 40 000,
46:41soit le baril,
46:42il repasse de 60 000 à 80 000.
46:45Donc, parmi nos recommandations,
46:46il y avait acheté, effectivement,
46:48des ETF pétroliers
46:50ou des entreprises
46:54qui tirent une partie
46:55de leur revenu du pétrole.
46:57Donc, on avait recommandé,
46:58ce n'est pas très original,
47:00mais Total, ENI
47:01et Occidental Pétroleum.
47:03Voilà.
47:04Et pour 2026,
47:06bon, ben là,
47:07c'est parti tellement vite,
47:08tête tellement haut,
47:09que là,
47:10je ne peux plus recommander vraiment
47:11d'acheter des valeurs pétrolières
47:14sur les niveaux actuels.
47:16Malheureusement,
47:16c'est un petit peu joué.
47:18Par contre,
47:19ce que je vois bien,
47:20c'est donc
47:23un mur d'inflation
47:24qui arrive
47:25et contre lequel
47:25on ne va pas lutter.
47:26Parce que je le répète,
47:28entre la récession
47:30et l'inflation,
47:31les banques centrales
47:32choisiront toujours
47:33la relance
47:34et combattront d'abord
47:35la récession
47:36et ensuite l'inflation.
47:38Donc, dans un premier temps,
47:39la baisse de l'or,
47:40de l'argent,
47:40du platine,
47:41de tout ce que vous voulez,
47:42du cuivre,
47:43est liée au fait
47:44que ça a tellement progressé
47:45en 2025
47:47que ceux qui aujourd'hui
47:48sont pris à contre-pied
47:49par des marchés
47:50qui rebaissent,
47:51qui ont des leviers,
47:53qui ont énormément
47:54de positions à crédit.
47:56Là aussi,
47:56je rappelle qu'on est
47:57sur un record
47:58d'encours,
47:59d'achats boursiers
48:01à crédit.
48:02Alors,
48:03le crédit augmente,
48:03donc déjà,
48:05ça commence à être
48:06un peu gênant.
48:07Mais le fait
48:08de se retrouver
48:09acheteur au plus haut
48:10avec le maximum
48:11de leviers en crédit,
48:13il y a un moment,
48:15il faut réduire
48:16et puis on fait face
48:17à des appels de marge
48:18et quand on fait face
48:19à des appels de marge,
48:21on est obligé de vendre
48:22ce qui rapporte
48:23quelque chose.
48:24Donc,
48:24l'argent,
48:25l'or,
48:25ils ont fait
48:26x2,
48:272,5 en 2025,
48:29donc on peut encore
48:29vendre de l'or.
48:30À 4,8,
48:31on est encore
48:33très, très gagnant
48:34par rapport
48:35aux 3,4,
48:363,5
48:36du printemps 2025.
48:39On peut même encore vendre,
48:40même à 4,000,
48:41on est encore gagnant.
48:42Sur l'argent,
48:45quand on a passé
48:46les 35,
48:47on a commencé
48:47vraiment à gagner
48:48vraiment beaucoup
48:49d'argent
48:49sur ce métal.
48:51Aujourd'hui,
48:52il est retombé
48:53à 66,
48:54à 60,
48:56tout le monde
48:57est encore gagnant.
48:58Même à 50,
49:00tout le monde
49:01est encore gagnant
49:01sur l'argent,
49:02sauf évidemment
49:03ceux qui sont venus
49:04acheter au dernier moment.
49:05Mais grosso modo,
49:06il y a des réserves
49:07de plus-value
49:09pour faire face
49:10à un accident
49:11boursier
49:12qui fait que
49:13ces actifs-là
49:14sont à risque.
49:16Bon,
49:16ça,
49:16c'est la première vague.
49:17On est obligé
49:18de liquider
49:18parce qu'il faut
49:19faire face.
49:20On a besoin
49:21d'argent tout de suite,
49:22donc on vend
49:22ce qui a monté.
49:23Les métaux précieux
49:24et les valeurs minières
49:25qui ont suivi.
49:27Dans un deuxième temps,
49:28arrive le mur
49:29de l'inflation.
49:30Alors,
49:30je ne sais pas aujourd'hui
49:31ce qui va se passer
49:32avec le pétrole
49:33et le gaz,
49:34mais imaginons
49:35que les choses
49:35s'aggravent
49:36de nouveau.
49:37donc on sera
49:38sur des hypothèses
49:38d'inflation
49:39à 5%.
49:40Donc,
49:41une fois qu'on aura
49:41bien purgé
49:43que ceux
49:44qui devaient
49:47déboucler
49:48leurs leviers
49:48l'auront fait,
49:49là,
49:50d'un seul coup,
49:50l'or,
49:51l'argent,
49:51le cuivre,
49:52toutes les matières premières,
49:53tout ce qui est concret
49:55servira,
49:56évidemment,
49:57de refuge
49:58face à une hypothèse
49:59de planche à billets.
50:00Je ne sais pas
50:01si ça sera nouveau
50:02du no-limits
50:02comme avec le Covid,
50:03mais si la situation
50:04est grave,
50:05ils dureront
50:05dans un premier temps,
50:06on y va au maximum.
50:08Et là,
50:09l'argent,
50:10il peut passer
50:10de 50 à 100 à 150.
50:12– C'est le cocktail
50:13de la mort,
50:14là,
50:14pour les semaines à venir
50:15avec cette stagflation,
50:18cette incertitude
50:19pour les marchés.
50:20Personne ne sait
50:21quand cette guerre
50:22peut s'arrêter.
50:23– Alors,
50:25on a encore
50:26très,
50:26très peu
50:27corrigé
50:28à Wall Street
50:29par rapport au sommet.
50:30Alors,
50:31l'explication,
50:31c'est que les Américains
50:32se disent
50:32on est autosuffisants,
50:35gaz,
50:35pétrole,
50:36ça ne nous concerne pas.
50:37Vous allez être concerné
50:38par l'inflation quand même.
50:39Même s'il n'y a pas
50:40de souci de disponibilité,
50:42les prix vont monter.
50:43Les prix de l'alimentaire
50:44vont monter.
50:45S'il n'y a pas d'engrais
50:46pour faire pousser
50:47le soja
50:48et le maïs,
50:49les prix alimentaires
50:51vont grimper.
50:52Donc,
50:52il va y avoir
50:53de l'inflation
50:54fatalement.
50:56Donc,
50:56il ne faut pas
50:57que les Américains
50:58se disent
50:58on est complètement
51:00immunisés
51:00contre tous
51:01les effets secondaires
51:03de la guerre
51:05et ils ne le sont
51:06évidemment pas.
51:07Et puis,
51:08en interne,
51:09il y a cette bombe
51:10à retardement,
51:10je le répète,
51:11du crédit privé.
51:13C'est quelque chose
51:14dont on parle très très peu.
51:15Comme les subprimes,
51:17vous verrez,
51:17le jour où on sera
51:17en parler,
51:18c'est qu'on aura pris conscience
51:19que le problème,
51:20il est vraiment très sérieux.
51:21Et là,
51:21c'est un problème
51:22vraiment américano-américain.
51:25– Merci à vous,
51:26Philippe Béchade,
51:27d'avoir accepté
51:28notre invitation.
51:29Pas de chronique
51:31économique et financière
51:33avec vous après l'émission
51:34puisque vous étiez
51:36notre invité.
51:37Merci encore à vous
51:38de nous avoir suivis
51:40et on se retrouve
51:41comme d'habitude
51:41la semaine prochaine.
51:42À bientôt.
51:43Salut.
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