- il y a 10 heures
Après 29 jours de guerre contre l’Iran, Donald Trump semble chercher une porte de sortie. Ultimatum sur Ormuz, recul de 5 jours, plan de paix en 15 points… mais Téhéran dément toute négociation et maintient sa pression militaire et économique.
Dans ce nouveau numéro du Samedi Politique, Hervé Carresse (ancien colonel de la BSPP et de l’État-major de l’Armée de Terre, diplômé de l’École de Guerre) analyse sans langue de bois la situation explosive au Moyen-Orient.
Au programme :
• Trump a-t-il un vrai plan ou navigue-t-il à vue ?
• L’Iran est-il vraiment affaibli ou en position de force ?
• Quel est l’état réel des stocks de munitions des deux camps ?
• Netanyahou poursuit-il la guerre au Liban pour survivre au pouvoir ?
• L’OTAN lâche-t-elle Trump ?
• Conséquences économiques mondiales et risque d’extension du conflit
• Quel impact sur la guerre en Ukraine ?
Dans ce nouveau numéro du Samedi Politique, Hervé Carresse (ancien colonel de la BSPP et de l’État-major de l’Armée de Terre, diplômé de l’École de Guerre) analyse sans langue de bois la situation explosive au Moyen-Orient.
Au programme :
• Trump a-t-il un vrai plan ou navigue-t-il à vue ?
• L’Iran est-il vraiment affaibli ou en position de force ?
• Quel est l’état réel des stocks de munitions des deux camps ?
• Netanyahou poursuit-il la guerre au Liban pour survivre au pouvoir ?
• L’OTAN lâche-t-elle Trump ?
• Conséquences économiques mondiales et risque d’extension du conflit
• Quel impact sur la guerre en Ukraine ?
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:05Générique
00:14Bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouveau numéro du Samedi Politique.
00:19Une fois encore cette semaine, nous allons essayer de comprendre ce monde qui change à vitesse grand V.
00:24Alors au programme, bien sûr, nous revenons sur la guerre en Iran déclenchée par les Etats-Unis et Israël.
00:30Un mois après le début des opérations, Donald Trump évoque des négociations.
00:35Mais Téhéran, pour le moment, dément.
00:38Alors qu'en penser ? Les Etats-Unis sont-ils déjà en difficulté ?
00:41Une opération au sol est-elle imminente ?
00:43Qu'en est-il de Tel Aviv ?
00:45Quelles sont les conséquences de ce conflit sur le monde ?
00:48Eh bien nous allons voir toutes ces questions dans un instant.
00:50Mais avant, n'oubliez pas le petit coup de pouce.
00:53A tout de suite.
01:05Et à mes côtés pour cette émission, Hervé Caresse.
01:07Bonjour Monsieur.
01:08Bonjour Élise.
01:09Merci beaucoup d'être avec nous.
01:10Vous êtes ancien colonel de la BSPP et de l'état-major de l'armée de terre,
01:14diplômé de l'école de guerre.
01:15Vous êtes aussi spécialiste de la gestion de crise.
01:18Et je note aussi que nos téléspectateurs peuvent revoir sur Youtube, bien sûr sur la chaîne de TVL,
01:23l'interview que vous avez donnée à Édouard Chanot dans Choc du Monde,
01:26qui a dépassé tous les records, plus de 300 000 vues.
01:29Donc si vous voulez reprendre des infos sur cette interview, allez-y, c'est juste à côté.
01:33Alors Hervé Caresse, samedi dernier, Donald Trump lançait un ultimatum.
01:37Les Iraniens devaient rouvrir le détroit d'Hormuz en 48 heures.
01:42Sinon, les États-Unis bombardaient les centrales électriques du pays.
01:46Mardi, Donald Trump repoussait cet ultimatum de 5 jours.
01:50Il évoquait un plan de paix en 15 points.
01:52Et désormais, la nouvelle date butoir, c'est désormais le 6 avril.
01:56Est-ce que vous avez le sentiment que Donald Trump navigue à vue,
01:59ou au contraire qu'il maintient un cap, mais qu'il est le seul à le connaître ?
02:02En fait, on est face à une situation d'impasse stratégique.
02:06Impasse stratégique pour les États-Unis, et dans une moine mesure pour Israël.
02:12Pourquoi ? Parce qu'Israël, dans ce conflit, poursuit un objectif stratégique qui est clair.
02:17C'est la neutralisation d'un adversaire géopolitique assez agressif vis-à-vis de l'État hébreu.
02:24Alors que les États-Unis, on peut s'interroger sur leur entrée en guerre dans ce conflit.
02:30La motivation de cette entrée en guerre, de la manière dont ils ont pu être manipulés
02:36par des agents d'influence israéliens,
02:39à commencer peut-être par les deux négociateurs, Kouchner et Wittkopf,
02:45qui sont très très proches en fait de Netanyahou,
02:49et qui ont sans doute influencé fortement la décision un petit peu précipitée du président Trump
02:55de lancer cette Troisième Guerre du Golfe,
02:58puisqu'on peut l'appeler comme cela, c'est la Troisième Guerre du Golfe,
03:02puisqu'elle a un impact sur toute la zone.
03:07Alors, sur un plan de la planification militaire,
03:11les militaires américains, depuis les années 80,
03:14planifient très certainement des opérations dans cette zone-là et contre l'Iran.
03:19Ce sont des plans qui sont remis à jour régulièrement
03:23et qui peuvent être activés sur décisions politiques urgentes ou pas.
03:30Je pense qu'ils ont été très très réticents et ont averti de nombreuses fois
03:35et de nombreuses manières le président Trump sur les risques d'une telle opération,
03:41et notamment sur les risques que ça pouvait laisser augurer sur le détroit d'Hormuz.
03:47Il faut bien comprendre que le détroit d'Hormuz, en fait,
03:49c'est vraiment le centre de gravité d'intérêt mondial de cette guerre,
03:53depuis le début, et il est partagé pour différentes raisons,
03:57par les Iraniens, qui le contrôlent et le maîtrisent et le filtrent,
04:01et par les Américains, parce que ça a une influence sur l'économie mondiale
04:05et sur le marché de l'énergie au plan mondial.
04:08Donc, ce centre de gravité, pour l'instant, c'est les Iraniens qui le maîtrisent.
04:14Cela veut dire qu'en l'état des forces,
04:16en l'état de la position des pièces sur l'échec qui est de cette guerre,
04:20c'est eux qui ont l'avantage stratégique,
04:23et plus le conflit dure, puisqu'ils sont dans cette volonté
04:28de faire durer le conflit, les Iraniens, de différentes manières,
04:32en utilisant les armes qu'ils ont développées,
04:36eh bien, plus la victoire de la coalition sera difficile à atteindre.
04:42C'est presque une victoire impossible,
04:45et une défaite impossible, victoire impossible pour la coalition,
04:48et une défaite impossible pour les Iraniens.
04:51– Alors, pourtant, on a l'impression que ce sont deux leviers différents,
04:54quelque part, puisque le contrôle du détroit d'Hormuz par les Iraniens,
04:57ça a une action très claire et très nette,
04:59que tout le monde comprend, sur le côté économique du monde entier,
05:03d'ailleurs, on le voit actuellement, avec le pétrole qui s'envole,
05:06une économie qui se tend, et des marchés qui s'inquiètent,
05:09en toute logique, mais d'un autre côté,
05:12le conflit militaire, lui, n'a pas forcément de lien
05:15avec le détroit d'Hormuz ?
05:18– Ah, si, en fait, il faut distinguer,
05:21en fait, c'est vrai que c'est un conflit où on parle sans arrêt de frappe,
05:24c'est le mot qui, en fait, qualifie ce conflit depuis le début,
05:29frappe de part et d'autre,
05:32mais les frappes, en fait, sont des actions militaires
05:35qui, en fait, dont le but est d'atteindre d'autres centres de gravité
05:40de chaque belligérant.
05:43Les frappes américaines et puis israéliennes ont pour but
05:47de démanteler les systèmes de commandement politique et militaire iranien,
05:53avec le succès que l'on a pu remarquer,
05:55puisqu'ils s'étaient préparés, en fait, à une déconcentration,
05:58une décentralisation de leurs organes de commandement politique et militaire.
06:02Ensuite, bien sûr, tous les moyens militaires,
06:09que ce soit balistique et de tout autre type maritime,
06:14également terrestre, des forces iraniennes.
06:18Et de l'autre côté, les Iraniens agressent très clairement
06:22un des centres de gravité qui est certainement le maillon le plus faible
06:25pour la coalition, même s'ils sont un petit peu les otages de cette guerre,
06:29ce sont les pays du Golfe.
06:31Parce que, pour différentes raisons,
06:33ils sont tout de suite, en fait, en première ligne dans ce conflit.
06:37Et à partir du moment où les Américains ont lancé des attaques
06:41à partir de ces territoires, à partir des bases qu'ils ont implantées,
06:46eh bien, les Iraniens considèrent que ce sont des objectifs légitimes.
06:50– Et d'ailleurs, je me permets de vous interrompre,
06:52mais vous aviez fait un tweet, parce que vous communiquez beaucoup sur X,
06:55disons, où vous expliquez que finalement, les bases américaines
06:58sur ces territoires pouvaient naguère être prises comme une garantie de sécurité,
07:02alors qu'en réalité, c'était devenu des boucliers précisément
07:05parce qu'ils hébergeaient les bases américaines.
07:07– En fait, c'est devenu… – C'est des cibles.
07:09– C'est devenu un gage d'insécurité, en fait.
07:11Dans ce conflit-là, ça ne garantit en rien la sécurité des États du Golfe.
07:16Au contraire, ça attire les frappes iraniennes.
07:19Et puis, deuxième objectif, évidemment, pour les Iraniens,
07:24c'est en fait frapper Israël sur des infrastructures vitales
07:29et évidemment cibler d'une certaine manière la résilience du peuple israélien,
07:36du peuple hébreu, par rapport à un conflit qui dure maintenant depuis 27 jours,
07:42on est au 27ème jour.
07:43Et en cela, il faut se rappeler que lors du conflit de juin 2025,
07:47qui avait duré 12 jours, il est communément admis
07:51qu'Israël avait été en très grande difficulté
07:54et que l'intervention américaine avait permis de faire cesser le conflit
08:00et d'arrêter une situation militaire qui était en train de se dégrader
08:04pour l'État d'Israël.
08:05– Vous dites communément admis, ce n'est pas ce qui a été raconté
08:08dans les médias occidentaux et particulièrement français.
08:10– Oui, alors dans les grands médias, ça n'a pas été relaté de cette manière,
08:16mais ailleurs… – Partout ailleurs.
08:19– Partout ailleurs, de nombreux analystes ont noté
08:24qu'Israël était en difficulté à la fin de ce conflit de 12 jours.
08:29– Quelle est la situation aujourd'hui dans le détroit d'Hormuz ?
08:32Est-ce qu'il est complètement fermé ?
08:34Il semblerait que non.
08:35Est-ce que certains navires ont le droit de passer ?
08:37Est-ce que seuls les navires américains et les navires israéliens sont bloqués ?
08:40Leurs alliés ? Comment ça se passe ?
08:42– Alors depuis le 28 février, c'est tout le paradoxe de cette guerre
08:45et de ce contrôle du détroit d'Hormuz par les Iraniens,
08:49c'est que les exportations de pétrole à destination de la Chine n'ont pas cessé.
08:56Donc en l'État, pour la Chine, il n'y a pas d'effet direct
09:00sur leurs besoins pétroliers provenant d'Iran.
09:06De mémoire, je crois que c'est 80-90% des exportations iraniennes
09:10qui sont faites de pétrole iranien, qui sont faites à destination de la Chine.
09:16Alors de fait, les Iraniens filtrent le passage des bateaux
09:20en interdisant le passage des navires qui sont considérés
09:25comme des navires de nations hostiles à l'Iran.
09:29– Donc les États-Unis, Israël, évidemment.
09:32– Et les pays européens, d'une certaine manière,
09:35même s'ils sont restés en retrait de ce conflit.
09:36– Donc les Européens, là encore, ont tout à perdre ?
09:40– Alors le problème des Européens, c'est qu'ils n'ont pas été traités
09:45de manière très très fair-play par les Américains
09:48lorsqu'ils ont déclenché ce conflit, puisqu'ils n'ont pas été consultés.
09:53Il faut quand même se rappeler que lors de la Deuxième Guerre en Irak,
09:56en 2003, les Américains avaient consulté tous leurs alliés,
10:00d'où d'ailleurs la réaction française.
10:03Donc là, ils se sont bien gardés de consulter leurs alliés
10:07qu'ils considèrent quasiment comme une quantité négligeable.
10:10Ce qui fait que, par contre, les Européens subissent les conséquences
10:15de cette guerre avec la fermeture du détroit d'Hormuz
10:18et des conséquences gravissimes, bien sûr, sur le pétrole et le cours du pétrole,
10:23mais surtout sur l'approvisionnement en gaz.
10:25Et ça, c'est certainement le point le plus névralgique pour l'Europe,
10:30cet approvisionnement en gaz.
10:31– Quand Donald Trump décide d'entrer en Iran le 28 février,
10:36enfin d'entrer en Iran, de frapper l'Iran le 28 février,
10:38aux côtés d'Israël, affiche-t-il ses buts de guerre ?
10:42Donne-t-il ses objectifs réels ?
10:44On sait que très rapidement, on va parler de changement de régime
10:47avec l'assassinat d'Ali Khamenei
10:51et puis d'autres dirigeants après du pouvoir iranien.
10:54Comment voyez-vous ça ?
10:56Est-ce qu'il y a ce qui est dit, ce qui n'est pas dit,
10:58ce qui est poursuivi réellement ?
10:59– Partons de l'hypothèse que, pour différentes raisons,
11:03les Israéliens, très sincèrement,
11:05et les Américains renseignés en cela par les Israéliens,
11:09pensaient que le régime allait s'effondrer.
11:11D'après les renseignements que le Mossad avait transmis.
11:14– Ça c'est possible.
11:16– Je pense certainement qu'il le pensait.
11:19Donc ils se sont lancés dans une politique de frappe
11:23qui a dû être assez intense pendant 2 à 4 jours
11:27et au cours de laquelle ils ont éliminé
11:30certaines des têtes du régime iranien
11:32et notamment le guide suprême et son entourage.
11:34Ne pas oublier que son entourage également
11:36a subi les conséquences de cette élimination.
11:40Et chemin faisant, ils se sont aperçus
11:43que la structure politico-militaire du régime iranien tenait.
11:48Alors, en cela, les Israéliens poursuivent un objectif
11:54qui est clair, c'est le démantèlement de cet État,
11:58soit en créant le chaos,
12:01soit en mettant en place des gouvernants
12:05qui seraient moins hostiles à Israël.
12:08Les Américains sont plutôt sur une posture
12:11de changement dans le régime
12:13que plutôt de changement de régime.
12:15C'est que, un petit peu à l'instar
12:18de ce qu'ils ont fait au Venezuela,
12:21eux, ils pensent que ce qui est souhaitable,
12:23c'est que les dirigeants actuels
12:26du système politique iranien
12:30soient remplacés par des dirigeants comparables
12:32et ayant la même idéologie,
12:34mais qu'ils soient plus favorables
12:35et moins hostiles aux intérêts américains.
12:37Ils sont tout à fait dans un schéma
12:39qui est comparable à celui du Venezuela.
12:42Et c'est en cela également, je pense,
12:44que le président Trump s'est précipité
12:46dans cette opération
12:48parce qu'il a pensé refaire le même coup,
12:50entre guillemets, qu'au Venezuela.
12:52Parce qu'il faut bien comprendre,
12:54le président Trump, quand même,
12:55c'est une personnalité qui est assez intéressante,
12:57quand même, je trouve,
12:59et assez originale.
13:01Quand on regarde son parcours
13:02comme promoteur immobilier,
13:04il a eu successivement des succès et des faillites
13:08et souvent, il a pris des risques
13:10qui étaient énormes.
13:11Et je pense qu'il est dans cette optique-là,
13:14lorsqu'il a pris cette décision-là,
13:15il s'est dit, après tout,
13:17on est peut-être en mesure de faire la même chose
13:19que ce que l'on a fait au Venezuela.
13:20Alors, le Venezuela, c'est quand même un succès.
13:22Évidemment, ce n'est pas moral,
13:23ce n'est pas légal,
13:24mais c'est un succès.
13:26Ce que je vous propose, justement,
13:27c'est de regarder Donald Trump,
13:29dont on parlait à l'instant
13:30lors de la convention républicaine jeudi soir,
13:32où il a expliqué, ni plus ni moins,
13:34que c'était une grande victoire sur l'Iran
13:36à laquelle on assistait.
13:42Nous allons en gagner une autre,
13:43je vous le dis.
13:44Nous gagnons tellement,
13:45personne n'a rien vu de tel.
13:47Regardez ce que nous faisons
13:48au Moyen-Orient avec l'Iran.
13:49Ils négocient d'ailleurs,
13:50ils veulent tellement conclure un accord.
13:52Mais ils ont peur de le dire,
13:54parce qu'ils pensent
13:55qu'ils seront tués par leur propre peuple.
13:57Ils ont aussi peur d'être tués par nous.
13:59Il n'y a jamais eu un chef de pays
14:01qui voulait moins ce poste
14:02que celui de dirigeant de l'Iran.
14:04Moi, je n'en voudrais pas.
14:07– Je ne veux pas.
14:14– Alors, comment vous interprétez ces déclarations ?
14:17Parce qu'elles s'enchaînent,
14:18ces déclarations de Donald Trump.
14:20À chaque fois, c'est une victoire encore plus écrasante
14:23que dans les déclarations précédentes.
14:24Et on voit que l'Iran tient toujours.
14:27– Alors, on en revient à ce que je vous disais
14:29sur le parcours de Donald Trump.
14:31C'est que, dans son parcours,
14:33il a eu un mentor, c'est Roy Cohn,
14:34qui était un avocat d'affaires assez connu
14:37et qui avait assisté d'ailleurs à McCarthy
14:39dans les années 50,
14:40lorsqu'il y a eu les procès
14:42contre les communistes avérés ou pas, d'ailleurs.
14:45Et ce personnage lui a toujours dit
14:47que ce n'est pas parce que tu as tort
14:49que tu dois reconnaître que tu as tort.
14:51Et à la limite, plus tu as tort,
14:53plus tu dois montrer le contraire.
14:55Donc, il est tout à fait dans ce type de communication
15:00assez extravagante,
15:02mais qui masque en fait une impasse stratégique
15:06et un errement stratégique.
15:09Comme je vous l'ai dit, au bout de quatre jours,
15:11ils se sont aperçus que les Iraniens allaient résister
15:13et que ça allait durer.
15:14Et que surtout, le régime s'était organisé
15:17pour résister au type de guerre
15:20qu'ils étaient en train de conduire.
15:21Un type de guerre où le but, c'est de neutraliser
15:25et d'éliminer toutes les têtes politiques et militaires
15:29d'un système étatique pour qu'ils s'effondrent.
15:32C'est ce qu'ils avaient fait en 2003 en Irak.
15:35Donc, ça a échoué.
15:37Donc, ils sont rentrés dans une politique de frappe
15:40systématique de tous les objectifs
15:41qui leur paraissaient stratégiques ou apportés.
15:44Parce que le problème des frappes,
15:46c'est qu'au bout d'un certain temps,
15:47tout ce qui est stratégique, en fait,
15:49a été touché ou est difficilement atteignable
15:52pour différentes raisons, notamment en raison
15:55de la géographie du pays, qui est un pays montagneux
15:58et qui offre de nombreuses possibilités
16:02de mise en place d'infrastructures enterrées
16:04et protégées justement par la roche,
16:07avec parfois 500 mètres de roches
16:10qui sont au-dessus des infrastructures,
16:12notamment des infrastructures qui abritent
16:13les usines de production et de lancement
16:16des missiles balistiques.
16:17Donc, ils sont aperçus qu'ils étaient en difficulté
16:20et que les cibles commençaient à manquer.
16:24Donc, c'est là, à ce moment-là,
16:26où, en fait, les intérêts américains et israéliens
16:29ont commencé à diverger.
16:30Parce que les Américains ont commencé
16:32à chercher une porte de sortie
16:34et une porte de sortie négociée.
16:36Le problème, c'est que pour négocier,
16:37il faut avoir des dirigeants en face
16:40pour négocier.
16:41Et c'est là où les Israéliens se sont ingénieux
16:44à éliminer la plupart des dirigeants iraniens
16:48qui étaient en mesure de négocier avec les Américains.
16:50Le dernier étant Larry Jani.
16:54Donc, il y a cette divergence profonde maintenant
16:57dans la conduite de la guerre
16:59et surtout dans la sortie de la guerre.
17:00Parce que les Américains cherchent à sortir de la guerre.
17:01– Pardon, mais si je reprends ce que vous me dites,
17:06concrètement, les États-Unis se sont enferrés
17:09dans une guerre où ils avaient mal évalué
17:11potentiellement les difficultés.
17:13Ils voudraient en sortir.
17:15Et les Israéliens, qui sont pourtant les alliés
17:17des États-Unis dans ce conflit,
17:19eux, ont tenté d'éliminer les têtes pensantes
17:21avec qui les États-Unis auraient pu négocier
17:23pour qu'on ne puisse pas avoir de sortie de crise.
17:25– C'est un vrai problème maintenant.
17:27C'est un vrai problème puisque les Américains,
17:30on voit très clairement qu'ils veulent sortir du conflit,
17:35négocier, les Israéliens, on le voit dans les déclarations
17:37de Netanyahou, n'y sont pas favorables.
17:39Et surtout, troisième élément, c'est que eux,
17:43les Iraniens, ne sont pas pressés de sortir du conflit,
17:45du moins en déclaration.
17:46En fait, ce que veulent les Iraniens,
17:48c'est avoir des garanties de sécurité
17:49parce que, entre guillemets, ça fait deux fois
17:51qu'on leur fait le coup.
17:52Ça fait deux fois qu'ils rentrent en négociation
17:54et deux fois, alors qu'ils sont en négociation,
17:57il y a un conflit armé qui est déclenché
17:59par les gens avec qui ils sont en train de négocier.
18:02– Gagbo parlait de militarisation, d'ailleurs,
18:04des négociations de paix.
18:05– Oui, oui, c'est vrai que ça pose un vrai problème
18:08sur le plan de la confiance au moment des négociations.
18:11Et c'est d'ailleurs pour cela que,
18:13dans cette stratégie de sortie de guerre,
18:17là où il y a eu un manque de cohérence
18:19dans la conduite de la guerre,
18:20puisqu'ils ont été surpris de la résistance iranienne
18:23et surtout de la capacité de frappe
18:26en riposte des Iraniens,
18:29les Américains, surtout le président Trump,
18:31est en train de sortir le joker de sa manche.
18:35C'est-à-dire un petit peu, vous êtes sur une table de poker,
18:38ça ne se passe pas très bien,
18:39mais vous avez une…
18:41– Dernier coup de bluff.
18:42– Une carte majeure dans votre manche
18:45et c'est le vice-président J. Devance
18:48qui semble être le seul du personnel politique américain actuel
18:53à avoir la confiance des Iraniens.
18:57Donc, il faut quand même retenir que les Iraniens
18:59ont décidé de choisir avec qui ils allaient négocier.
19:01Ce qui tente à prouver qu'ils ne sont pas,
19:03tant que ceux-là, en situation de difficulté dans ce conflit.
19:07Comme je vous l'ai dit, tant qu'ils tiennent le détroit d'Hormuz,
19:09de toute façon, ils ont l'avantage stratégique.
19:10Et ça, ils le savent très bien.
19:12Donc, J. Devance est poussé en avant,
19:16il a la confiance des Iraniens,
19:18et maintenant, dans quelle mesure des négociations directes
19:24peuvent être organisées entre des potentats iraniens,
19:29quels qu'ils soient, et représentatifs.
19:32Et J. Devance, sachant que ces potentats iraniens,
19:36bien sûr, il ne faudra pas qu'ils soient éliminés par les Israéliens.
19:38– Bien sûr.
19:39On a le sentiment quand même que J. Devance,
19:41il n'est pas forcément ravi d'avoir à endosser ce rôle-là ?
19:44– Ah, je ne suis pas certain, puisque, en fait,
19:48alors là, on va être un petit peu dans la spéculation,
19:50il est clair que depuis le 28 février,
19:52lui, qui était plutôt un adepte de X,
19:54et il tweetait énormément,
19:56entre le 28 février et maintenant,
19:58je crois qu'il a tweeté huit fois,
19:59donc c'est très très faible,
20:01et je pense qu'au contraire,
20:02il reste quand même solidaire du président Trump,
20:05et qu'il a conscience qu'il est une des cartes majeures
20:08du président Trump pour aider les États-Unis
20:11à sortir d'une aventure militaire,
20:13qui, honnêtement, est plutôt mal engagée.
20:15– Publiquement, lors du Conseil des ministres,
20:18il n'y avait pas un coin entre lui et le président Trump,
20:21en tous les cas.
20:22– Oui, oui, non, mais de toute façon,
20:25c'est quelqu'un qui est foncièrement loyal,
20:27donc il restera proche du président Trump.
20:30Je pense que, en fait, cette équipe de gouvernement
20:33qu'il y a à la Maison-Blanche,
20:35c'est un peu comme une bande de copains,
20:36ils fonctionnent un petit peu comme ça,
20:38entre les…
20:39– Certains disent mafieux, même.
20:40– Oui, de copains, on va dire,
20:44avec les blagues habituelles du président Trump.
20:48Or, quand ça se passe bien, évidemment,
20:50il n'y a pas trop de…
20:50– On dit que c'est une bande de copains.
20:52– Il n'y a pas trop de tensions,
20:53et je pense que là, il y a quand même eu
20:54quelques tensions au sein de la bande de copains,
20:57et je pense que là, J.D. Vance s'est mis en retrait,
21:00et le président Trump, quand même,
21:03beaucoup d'analystes le prennent pour quelqu'un
21:08qui n'est pas très, très futé, ou pas très sérieux.
21:12Je pense que c'est quelqu'un qui joue un personnage,
21:15un personnage un petit peu erratique,
21:18mais que derrière, il a…
21:20Vous savez, on ne peut pas être pendant des années
21:22dans l'immobilier, la promotion immobilière aux États-Unis
21:25en construisant des immeubles, et surtout des casinos.
21:29Construire des casinos, ça veut dire que très directement,
21:31on est en relation avec le milieu, le milieu américain,
21:35c'est-à-dire la mafia, pour construire des casinos,
21:38sans que vous ayez toujours une porte de sortie
21:40que vous avez préparée.
21:41Et c'est pour cela que J.D. Vance,
21:43c'est vraiment la porte de sortie possible des Américains,
21:46et de la manière la plus honorable possible.
21:48C'est ce qu'ils sont en train de chercher.
21:50– J'aimerais qu'on réécoute aussi les propos de Donald Trump
21:53au sein de ce Conseil des ministres,
21:54lors de la conférence de presse,
21:56où là encore, il criait victoire.
21:57– Depuis trois semaines, nous avons frappé
22:01les capacités militaires de l'Iran,
22:03à un niveau encore jamais vu auparavant.
22:06Je pense que personne ne se doutait
22:07que nous disposions des capacités de cette nature.
22:10Nous avons l'armée la plus puissante du monde.
22:12Je l'ai construite durant mon premier mandat,
22:14et je l'utilise lors de mon second mandat.
22:17Malheureusement, car je préférais ne pas avoir à le faire.
22:20C'est une démonstration de force, de précision et de compétence,
22:24d'un niveau que le monde n'a jamais vu.
22:26Nous détruisons leur base industrielle de défense,
22:29leur stock de missiles et de drones.
22:31Nous avons anéanti complètement leurs marines,
22:33leurs forces aériennes.
22:36Nous avons éliminé un très grand nombre
22:39de leurs lanceurs de missiles.
22:40Les lanceurs sont importants,
22:41puisque sans lanceur,
22:42les missiles ne leur servent à rien.
22:45Nous avons éliminé près de 90% de leurs lanceurs,
22:50sans doute plus de 90% de leurs missiles eux-mêmes.
23:01On a bien vu les numérations.
23:02Est-ce qu'on a une idée encore des stocks restants des belligérants ?
23:05Alors, c'est quand même assez frappant, ce type de déclaration.
23:09Enfin, on retrouve les mêmes d'ailleurs du côté israélien.
23:11Et ça me remémore la déclaration du président Obama en 2014
23:16devant les cadets de West Point, lors d'une conférence.
23:19Il leur avait dit, c'est pas parce qu'on a le meilleur marteau
23:22que l'on doit voir chaque problème comme un clou.
23:25C'est exactement ça, en fait.
23:27Les Américains, qui ont une puissance aérienne inégalée au monde,
23:32qui en sont en plus en coalition avec Israël,
23:35qui a également une force aérienne très très importante.
23:37En fait, c'est ça, c'est qu'ils utilisent le marteau,
23:40ils sont en train de taper sur des clous,
23:42mais est-ce que ces clous-là sont majeurs
23:45vis-à-vis de l'ennemi auquel ils s'attaquent ?
23:50Ils ont peut-être touché quelques clous majeurs au départ,
23:52notamment lorsqu'ils ont éliminé quelques têtes de l'État iranien,
23:56mais en ce moment, ils sont vraiment en train de chercher
24:00des clous qui ont du sens.
24:02Et c'est un petit peu la limite de cette stratégie
24:05où on compte, en fait, on compte les destructions,
24:08on énumère les pertes ennemies,
24:12combien de dirigeants iraniens ont été éliminés.
24:14Alors ça, ça a quand même des conséquences
24:15sur le fonctionnement de l'État iranien, ça c'est clair.
24:17Mais ça aura surtout des conséquences
24:19sur les possibilités de négociation pour la sortie de guerre.
24:23Et donc, moi, je suis toujours un petit peu circonspect
24:26et étonné de cette manière de voir la guerre.
24:28– Et côté iranien, est-ce qu'on a une idée, justement, des stocks ?
24:32Puisqu'on nous expliquait globalement
24:35qu'ils allaient se battre avec des fourches,
24:38j'exagère, mais voilà, et on se rend compte
24:41qu'on est un mois plus tard, il y a toujours des missiles,
24:45des missiles qui frappent.
24:46Certains nous disent même qu'ils auraient atteint
24:48cette fameuse base, vous allez nous en dire un mot,
24:50de Diego Garcia dans les îles britanniques,
24:53c'est-à-dire à plus de 3 800 mètres du territoire iranien.
24:55Vous allez nous dire encore une fois ce qu'ils font penser ?
24:58– Oui, pardon, kilomètres.
25:01Bon, on n'est pas face à une armée de déclassés.
25:05– Alors là, le problème, c'est que toutes ces données-là,
25:07que ce soit du côté de la coalition ou du côté des Iraniens,
25:11c'est du domaine du secret défense.
25:12Alors, on ne peut que spéculer.
25:14Ce que l'on peut remarquer, c'est que les frappes iraniennes continuent.
25:16Alors, il y a eu des hauts et des bas,
25:18en termes de nombre de projectiles qui ont été envoyés sur les pays du Golfe
25:23et sur Israël.
25:24Mais pour l'instant, cela continue.
25:27Donc, c'est d'ailleurs un vrai problème pour la coalition,
25:31et surtout pour Israël.
25:32– Parce que c'est elle qui est à portée de tir.
25:34– Et puis, c'est un tout petit territoire,
25:36parce que frapper un territoire montagneux comme l'Iran,
25:41qui a une taille qui fait trois fois la France,
25:43où il y a d'énormes possibilités de disperser les moyens militaires
25:48et de les enterrer, tout simplement, sous les montagnes,
25:52c'est très compliqué, alors que le territoire israélien, il est tout petit.
25:56Et au bout d'un certain temps, forcément,
26:01il y a un épuisement des défenses anti-aériennes,
26:04et que tant que les Iraniens ont des moyens pour aller frapper
26:08le territoire israélien, ça va commencer à passer
26:11de manière beaucoup plus facile qu'au début du conflit.
26:17– Un commentaire peut-être sur ces frappes prétendues,
26:19sur Diego Garcia, justement ?
26:21– Alors, c'est toujours intéressant de voir
26:25quand les événements arrivent et dans quel tempo.
26:29Ces frappes sont arrivées…
26:31Ah, ces frappes !
26:32Ces deux missiles qui ont été lancés sur Diego Garcia
26:36et qui ont été interceptés, donc on n'a aucune trace,
26:38puisqu'ils se sont abîmés en mer,
26:41cette information, sa source unique, ce sont les Américains.
26:47C'est une frappe qui arrivait de manière très intéressante
26:51juste après les déclarations du président Trump
26:54demandant très clairement aux alliés de l'OTAN de s'engager dans la guerre
26:58pour libérer justement le passage du détroit d'Hormuz.
27:03Et que maintenant, si on s'intéresse au plan stratégique
27:07de manière très, très rationnelle à la stratégie iranienne,
27:11on se demande pourquoi ils auraient été d'abord frappés,
27:15pourquoi ils auraient cherché à frapper Diego Garcia,
27:17alors que ce n'est pas du tout dans leurs objectifs stratégiques.
27:20Leurs objectifs stratégiques, c'est de circonscrire le conflit direct
27:25à la coalition et puis aux parties prenantes, on va dire,
27:32otages de la coalition, c'est-à-dire les pays du Golfe,
27:35qui sont très clairement les cibles qu'ils visent,
27:38et surtout pas commencer à inquiéter les Européens
27:42qui pourraient avoir une velléité de s'engager dans cette guerre.
27:46Sachant qu'historiquement, lorsque l'Iran a voulu agir
27:49sur le territoire européen, elle n'a pas eu besoin de lancer des missiles,
27:52puisque ça a été les vagues d'attentats terroristes des années 80.
27:55– Donc concrètement, si je résume votre pensée,
27:58pour vous, les missiles qui sont arrivés sur Diego Garcia,
28:01ce n'était pas des missiles iraniens ?
28:02Ou alors il n'y avait pas de missiles ?
28:03– Oui, je pense qu'il faut rester très prudent sur cette information.
28:08– Alors justement, vous le dites, dans le cadre de la réouverture
28:11du détroit d'Hormuz, un peu forcé que voulait obtenir Donald Trump,
28:15effectivement, il a fait appel aux pays membres de l'OTAN pour venir l'aider,
28:20l'essentiel a refusé, et il n'était pas très content, le président américain.
28:24– Je vais vous donner une liste.
28:26Certains sont très enthousiastes, d'autres le sont moins,
28:29et je suppose que certains refuseront de le faire.
28:31Je pense qu'il y en a un ou deux qui refuseront,
28:34alors que nous les protégeons depuis environ 40 ans,
28:37pour un coût de plusieurs dizaines de milliards de dollars.
28:40Nous n'avons besoin de personne.
28:42Nous sommes la nation la plus puissante du monde.
28:44Nous disposons de loin de l'armée la plus puissante au monde.
28:47Nous n'avons pas besoin d'eux.
28:49Mais c'est intéressant.
28:50Dans certains cas, je le fais presque,
28:52non pas parce que nous avons besoin d'eux,
28:54mais parce que je veux voir comment ils réagissent.
28:57Parce que je répète depuis des années que si jamais nous avons besoin d'eux,
29:01ils ne seraient pas là.
29:08– Alors je ne sais pas s'il a toujours préparé l'issue militaire,
29:12mais il a toujours préparé l'issue rhétorique, en tous les cas.
29:14– Oui, oui, et puis on en revient à ce que je disais sur ces déclarations.
29:18Lorsqu'on est en difficulté, il faut montrer qu'on est en situation de supériorité,
29:24qu'on est en train de gagner.
29:25Et puis, lorsqu'on est en difficulté, l'intérêt, c'est de commencer à impliquer
29:30d'autres acteurs qui sont réticents à rentrer dans une affaire
29:34qui est plutôt moins engagée.
29:35Bon, il ne manque pas de culot quand même,
29:37puisqu'à partir du moment où il a déclenché cette guerre,
29:41cette aventure militaire, sans avoir daigné en avertir ses alliés de l'OTAN,
29:46je comprends très bien que, même s'il subit ses conséquences de cette guerre,
29:50très directement, il soit réticent à s'y engager.
29:54– Bien sûr.
29:55Du côté iranien, quels sont les soutiens au régime sur le plan militaire ?
30:01On sait qu'hier, il y a eu la remarquable interview de Léa Salamé
30:06et de Sergei Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russe.
30:09Elle lui a posé la question, justement,
30:11est-ce que la Russie soutient l'Iran sur le plan militaire, etc.
30:14Sergei Lavrov a d'ailleurs voté en touche,
30:18en expliquant que la Russie défendait le droit international.
30:22On n'a pas eu d'autres réponses.
30:24Qu'en est-il ? Est-ce qu'on sait ?
30:26Effectivement, on a parlé beaucoup des drones,
30:28drones qui se sont retrouvés sur le front ukrainien
30:30et qui venaient de l'Iran.
30:31Est-ce qu'il y a un échange de bons procédés ?
30:35– Alors, de toute manière, la Chine et la Russie
30:39sont des partenaires stratégiques de l'Iran.
30:41Ce ne sont pas des alliés, ce sont des partenaires stratégiques.
30:45De manière très discrète, il n'est plus que probable,
30:48parce qu'on a quand même plus que des indices,
30:51notamment sur des drones qui ont été abattus par les Israéliens.
30:54Il y a des composants russes à l'intérieur.
30:57qui ont un appui logistique et technologique par la Russie et par la Chine,
31:02par la Russie, par la Caspienne.
31:03Et par la Chine, ça peut se faire également par voie ferrée,
31:06puisqu'il y avait une voie ferrée qui avait été ouverte
31:08dans le cadre des routes de la soie.
31:11Et qui est également un appui renseignement.
31:13Ce qui expliquerait d'ailleurs en partie
31:16la plus grande précision des frappes iraniennes
31:21en comparaison avec celles qui avaient été faites
31:23durant la guerre des 12 jours.
31:25Alors, il ne faut pas oublier quand même une chose,
31:27c'est que l'Iran, c'est également une puissance aérospatiale.
31:30Et qu'en 2020, ils ont lancé leurs premiers satellites
31:34d'observation et de renseignement.
31:36Donc, ils ont également, eux, des moyens de renseignement.
31:40Mais qui ne sont certainement pas à la hauteur
31:41de ceux des Russes et des Chinois.
31:43Vous expliquez là justement que les frappes
31:45sont peut-être plus précises qu'auparavant
31:47et peut-être même plus précises que lors de la guerre des 12 jours.
31:52J'aimerais peut-être faire référence rapidement
31:54aux premières frappes américano-israéliennes lors de cette guerre.
31:58On a vu évidemment ces ravages en Iran
32:03avec cette école ciblée de petites filles
32:05où je crois que plus de 180 personnes ont perdu la vie.
32:09On a récemment vu des informations selon lesquelles
32:12il se serait agi de frappes qui avaient été conçues
32:15par l'intelligence artificielle.
32:16Tout à fait, oui.
32:17En fait, maintenant, dans le processus de planification des frappes,
32:22les États-majors israéliens et puis américains
32:25utilisent en fait de l'intelligence artificielle.
32:27C'est l'intelligence artificielle qui détermine les cibles
32:31et qui, en fait, planifie l'ensemble des frappes.
32:36Alors, ce n'est pas la première fois puisque déjà sur Gaza,
32:39c'est ce que faisaient les Israéliens.
32:40Le problème, c'est que derrière, il y a un danger
32:42lorsque les informations qui sont injectées dans les algorithmes
32:48ne sont pas à jour.
32:49– Là, en l'occurrence, ces informations sont celles de Palantir,
32:52donc la firme de Peter Thiel et de Alex Karp.
32:55– Justement, sur cette affaire malheureuse de la frappe
32:58sur l'école de jeunes filles, il y avait une installation militaire
33:03des gardiens de la Révolution qui était à côté, il me semble,
33:05une caserne et puis en fait, elle avait été démantelée.
33:07Il y a eu une confusion entre l'école et puis la caserne.
33:10– Et il y a eu deux frappes, rappelons-le.
33:12Une première frappe sur les enfants, une deuxième frappe sur les secours.
33:15– Oui, mais ça, ça peut être, en fait,
33:18comme ce sont des machines qui planifient, de toute manière,
33:21il y a peut-être le fait que sur un ciblage,
33:28ils cherchent à doubler le coup, en fait, sur un ciblage,
33:31quel que soit le type de ciblage.
33:32Bon, là, malheureusement, on l'a noté parce qu'il y avait des secours.
33:34– Bien sûr, bien sûr.
33:36Alors vous, d'ailleurs, puisqu'on en a déjà parlé
33:38sur le cadre du théâtre ukrainien,
33:40vous avez plutôt une explication systématique
33:43qui consiste à dire que frapper les civils,
33:45ça n'a pas de sens stratégique et encore moins économique.
33:48– Surtout avec des missiles comme les Tomahawk,
33:50qui sont des missiles à plusieurs millions de dollars.
33:54Non, de toute manière, à partir du moment où vous utilisez
33:57des missiles qui sont onéreux et qui sont très, très chers,
34:02vous les utilisez pour frapper votre adversaire
34:06sur des points qui sont considérés comme vitaux
34:09ou stratégiques ou névralgiques, mais en tout cas importants.
34:14Vous n'allez pas gaspiller des munitions.
34:16Lorsqu'il y a des frappes qui, malheureusement,
34:18touchent de manière indiscriminée la population,
34:20je dis bien de manière indiscriminée,
34:22c'est soit une erreur de guidage,
34:24donc ce qui s'est passé sur l'école en Iran,
34:29soit une munition qui est détournée ou partiellement détruite
34:32par la Défense anti-aérienne,
34:34donc après elle part complètement au hasard
34:35et forcément elle va tomber quelque part,
34:39ou alors également une munition anti-aérienne
34:42qui ne s'est pas auto-détruite et qui retombe au hasard.
34:47– Alors on a beaucoup parlé de Donald Trump,
34:50on a beaucoup parlé de l'Iran,
34:51mais en ce qui concerne Israël, il y a d'autres fronts
34:54puisque Gaza n'est pas terminé
34:57et qu'un front particulièrement tendu
35:02s'est ouvert aussi sur le sud Liban,
35:05jusqu'au fleuve Litanie, mais aussi à Beyrouth.
35:08Comment voyez-vous cela aujourd'hui
35:10et dans quelle situation selon vous se trouvent les forces israéliennes ?
35:13– Alors, depuis le départ de la fondation de l'État d'Israël,
35:18l'État d'Israël a trois objectifs stratégiques.
35:20La profondeur stratégique, la continuité territoriale,
35:24le continuum territorial et la sécurité.
35:26La sécurité, eh bien c'est tous ces conflits
35:29qui ont été déclenchés pour lutter contre les proxys iraniens,
35:35dernièrement suite aux événements du 7 octobre contre Gaza
35:41et puis le conflit actuel contre l'Iran.
35:44Ensuite, la profondeur stratégique, c'est l'annexion du Golan,
35:50les contreforts du Golan, donc les villages druses,
35:53et puis maintenant, cette recherche de zones tampons au sud Liban
35:59et le continuum territorial, c'est l'annexion de la Cisjordanie
36:07de manière illégale, mais par la voie de la colonisation.
36:12Alors, pour en revenir, en fait, à cette zone du fleuve Litani,
36:17historiquement, Israël l'a déjà occupée, cette zone-là.
36:20C'est pour ça, d'ailleurs, qu'il y a la finule qui s'est installée
36:23pour créer cette zone, pour occuper cette zone tampon
36:27et éviter que le Hezbollah l'utilise pour frapper Israël.
36:29Le problème, c'est que la finule n'avait pas de mandat
36:32pour désarmer le Hezbollah et c'était l'armée libanaise
36:36qui devait désarmer le Hezbollah.
36:38Or, l'armée libanaise, elle est également constituée de chiites
36:42et de manière pas anodine en termes de pourcentage de militaires,
36:48donc elle est dans l'incapacité de réaliser cette mission.
36:51– Parce qu'elle a des proximités avec le Hezbollah.
36:53– Exactement.
36:54– Comment voyez-vous la suite sur ce territoire-là ?
36:57Est-ce que vous pensez qu'à la fin, on va aboutir
36:59à une annexion pure et simple du Sud-Liban,
37:03comme on y assiste en Cisjordanie progressivement,
37:08où de plus en plus de villages sont conquis par les colons,
37:10y compris des villages chrétiens, d'ailleurs, rappelons-le,
37:14d'ailleurs, villages chrétiens qui sont aussi conquis au Sud-Liban ?
37:17– Il y a un risque d'annexion, puisque historiquement,
37:22c'est ce que fait l'État d'Israël depuis 1967,
37:24s'arroger des territoires qui sont illégaux au plan du droit international,
37:29à commencer par la Cisjordanie, mais qui ne lâchent pas après.
37:33Donc le Golan, je pense qu'ils ne le lâcheront pas,
37:35puisque c'est en fait un point stratégique qui leur permet de surveiller,
37:38justement, le Sud-Liban et de voir ce qui se passe également en Syrie.
37:43Là, il y a un risque réel.
37:47Si les troupes israéliennes arrivent à conquérir cette zone et à s'y maintenir,
37:52parce qu'après, une fois qu'avoir conquis, il faut s'y maintenir,
37:55et que, comme l'on assiste à un déplacement quand même important de population,
37:59on peut s'interroger, si jamais il reste,
38:02sur la suite des événements en termes de colonisation éventuelle.
38:05Mais je ne sais pas si, dans la vision des ministres les plus radicaux
38:10du gouvernement Netanyahou,
38:13cela fait partie d'un plan d'extension du territoire d'Israël,
38:18puisque je pense que, historiquement,
38:21leur objectif majeur, dans ce cadre-là, c'est la Cisjordanie.
38:25En tous les cas, dans l'opposition à Benjamin Netanyahou,
38:28on n'est pas forcément d'accord avec ces projets.
38:29Je vous propose d'écouter Yair Lapide.
38:33Le chef d'état-major a exposé au Conseil des ministres
38:36toute une série de menaces,
38:37dont la plupart ne peuvent être détaillées devant les caméras.
38:40Mais en résumé, le gouvernement envoie l'armée dans une guerre
38:43sur plusieurs fronts, sans stratégie, sans les moyens nécessaires,
38:46et avec beaucoup trop peu de soldats.
38:48Cette fois-ci, le gouvernement ne pourra pas prétendre
38:50qu'il n'était pas au courant.
38:51– Alors, en Israël aussi, Benjamin Netanyahou est relativement contesté,
39:02aussi bien par la population que par son opposition.
39:04Bon, ça, c'est bien normal.
39:05La situation est difficile aussi pour lui.
39:07– Oui, alors, c'est un petit peu surprenant,
39:13puisque jusqu'à présent, la stratégie qu'il a conduite
39:16depuis le 7 octobre, globalement, c'était plutôt une stratégie gagnante,
39:20puisque, bon, les opérations sur Gaza continuent,
39:26avec pour but in fine quand même d'aboutir à un déplacement de population.
39:32Ils ont conquis le Golan.
39:37Et en juin 2025, ils ont lancé une première guerre directe contre l'Iran,
39:42qui ne s'est plutôt pas très bien passée,
39:44et qui a été arrêtée grâce aux États-Unis.
39:47Et là, ils se lancent dans une deuxième aventure,
39:50contre un adversaire dont il savait pertinemment
39:53qu'il était en capacité de frapper durement le territoire israélien.
39:56Comme je vous l'ai dit, c'est un petit territoire.
39:58Donc, les questions qui se posent maintenant au sein de la population,
40:02c'est est-ce que ce qui est en train de se passer,
40:05c'est un gage de sécurité ou un gage d'insécurité ?
40:09Et en fait, le débat politique actuellement d'Israël, il est là-dessus.
40:12C'est en fait, ce qu'ils craignent, c'est qu'à l'issue de cette guerre,
40:18alors que les Iraniens étaient plutôt quand même contraints,
40:20puisque le Hezbollah avait été durement touché,
40:24les outils s'étaient plutôt calmés,
40:26on n'est pas en train de créer une situation d'insécurité
40:30qui pourrait, à terme, fragiliser Israël.
40:33– Et mettre largement en péril l'existence et la survie de l'État.
40:39– Exactement, même si quand même c'est un État qui est bien implanté,
40:42mais en tout cas, qui irait à l'encontre des objectifs qui sont poursuivis.
40:45– Alors, on sait que les États-Unis, évidemment, ont la bombe.
40:48On sait également qu'Israël dispose de l'arme nucléaire,
40:52même si elles n'ont pas signé le traité de non-prolifération.
40:55Aujourd'hui, que pensez-vous du risque nucléaire dont certains parlent ?
41:00– Alors, on va…
41:03se référer au dernier conflit en Asie entre deux puissances nucléaires.
41:09Ça a été le conflit entre l'Inde et puis le Pakistan,
41:14deux puissances dotées,
41:15qui ont les moyens, les vecteurs qui permettent d'utiliser
41:20les armes nucléaires qu'ils ont.
41:22Il n'y a pas eu de déclenchement de feu nucléaire.
41:25Là, il y a une puissance nucléaire dotée,
41:30mais en fait de manière, entre guillemets, illégale,
41:35puisque c'est grâce aux Français d'ailleurs
41:38qu'Israël a pu développer son armement nucléaire.
41:43imaginer qu'Israël, en difficulté, en très grande difficulté,
41:50bombarde l'Iran avec une arme nucléaire,
41:54je pense quand même que ça mettrait les Américains en très grande difficulté
42:00et que surtout, il y aura un risque derrière de riposte.
42:04Pas de l'Iran, mais peut-être du Pakistan,
42:07qui a déclaré il y a quelques mois
42:09qu'il assurait la dissuasion nucléaire de l'Iran.
42:14Donc je pense qu'il y a…
42:15En fait, d'une certaine manière, la dissuasion nucléaire,
42:17c'est une arme de non-emploi.
42:19C'est que frapper l'Iran en pensant qu'il n'y aura pas de riposte,
42:25pourquoi pas ?
42:26Mais frapper l'Iran avec une déclaration d'un pays doté
42:31selon laquelle il riposterait,
42:33là où on est très clairement dans le jeu de la dissuasion nucléaire.
42:36– Quand on voit des pays comme le Pakistan,
42:38justement, ouvrir leur parapluie nucléaire jusque l'Iran,
42:41finalement, on se dit, là encore,
42:43que les pays du sud global, comme certains disent,
42:46sont quand même nettement plus raisonnables aujourd'hui
42:48que les pays occidentaux, non ?
42:50– Quels pays occidentaux ?
42:52– Ceux qui se lancent dans des aventures hasardeuses.
42:56– Oui, donc on va parler des États-Unis.
42:58– Notamment ?
42:58– Les États-Unis.
42:59Alors, Israël, comme je vous dis,
43:01il y a une cohérence stratégique dans ce qui se passe.
43:03Alors, c'est peut-être la guerre de trop, ça c'est clair,
43:06mais il y a une cohérence stratégique.
43:08Là, les Américains, oui, on peut s'interroger
43:12sur le sérieux de cette entrée en guerre
43:15qui a été faite un petit peu décidée à la légère.
43:20Oui, oui, tout à fait.
43:21– Mais, pour en revenir à ce que vous dites, c'est que les Iraniens,
43:27quel que soit le fonctionnement du régime,
43:31on ne va pas gloser ni discuter sur le caractère totalitaire du régime,
43:36c'est que ce que l'on peut remarquer, c'est qu'ils sont quand même mesurés
43:40dans l'utilisation de leurs armes, de leurs armes balistiques
43:43et de leur capacité de frappe, puisqu'en général,
43:45ils ne frappent un objectif non militaire
43:49qu'après que la coalition ait frappé un objectif non militaire
43:54sur leur territoire, que ce soit un objectif énergétique,
43:57un objectif, une infrastructure vitale,
44:00comme une usine de désalinisation,
44:03ils le frappent en riposte ce type d'objectif.
44:07– Ils n'ont pas frappé d'école.
44:09– Non, pour l'instant, non, ils n'ont pas frappé d'école.
44:11Oui, mais je pense que des erreurs comme ça, malheureusement,
44:16ça pourrait quand même arriver.
44:17Alors, la différence également, c'est que sur le territoire d'Israël,
44:21il y a une organisation de défense civile qui est très, très développée,
44:26notamment en termes d'abri.
44:28C'est pour ça d'ailleurs qu'en grande partie,
44:30les pertes civiles en Israël sont très, très faibles.
44:32– Alors, on parlait tout à l'heure de Netanyahou,
44:36qui certes se maintient au pouvoir depuis le 7 octobre.
44:40On a le sentiment finalement que pour sa survie politique,
44:43il est aussi important de maintenir un certain état de tension
44:46de sa nation à l'égard des autres.
44:49– Oui, très probablement qu'il a cet objectif-là,
44:53mais je pense qu'il a un objectif également,
44:55c'est d'être un petit peu, malgré ses difficultés juridiques,
45:01d'être un petit peu le sauveur de la nation, de l'État d'Israël
45:09et de sortir comme, oui, une forme de sauveur de l'État d'Israël
45:17et celui qui a mené la sécurité quasiment définitive à Israël
45:21et ce qui pourrait d'une certaine manière faire oublier ses difficultés juridiques.
45:26– Alors, cette guerre pour la continuité politique,
45:29évidemment, elle fait penser à une autre personnalité de premier plan,
45:33cette fois-ci plutôt à l'Est, c'est évidemment Volodymyr Zelensky
45:36qui est toujours président de l'Ukraine, malgré le fait que son mandat soit terminé
45:41et qu'il n'y ait pas eu d'autres élections.
45:43Ce que je vous propose, c'est d'écouter l'ambassadeur ukrainien aux Nations Unies
45:46et il évoquait justement les conséquences de ce conflit oriental sur l'Ukraine.
45:49– En réalité, la Russie est le premier bénéficiaire de la nouvelle vague d'instabilité au Moyen-Orient.
45:56Premièrement, elle détourne automatiquement l'attention de la communauté internationale
46:03et la détourne de l'Ukraine.
46:06Ensuite, cela entraîne une pénurie sur le marché international
46:10et cela entraîne une augmentation du coût de gaz et de l'énergie
46:15et ce qui entraîne vraiment une aubaine de revenus pour la Russie
46:19et des revenus inattendus, 10 millions de dollars d'exportation énergétique.
46:25– Alors c'est vrai que les États-Unis l'avaient prévu ou pas,
46:33mais ce conflit au Moyen-Orient a un gros avantage pour la Russie sur la question énergétique.
46:40– Ah oui, c'est clair que ce conflit-là, c'est presque une aubaine inespérante
46:46pour la Russie en termes d'opportunités d'exportation d'hydrocarbures
46:52et peut-être même d'un retour et d'une réouverture du dernier gazoduc Nord Stream
47:01qui pourrait encore être ouvert,
47:03puisqu'il y a une vraie pression sur les Européens actuellement sur le plan énergétique,
47:08une vraie anxiété, que ce soit sur les produits pétroliers, notamment le gasoil,
47:13et bien sûr et surtout le gaz.
47:17– Comment voyez-vous cela justement ?
47:20Est-ce que vous pensez que l'Europe peut rétro-pédaler
47:23après toutes ces déclarations belliqueuses, ces politiques de sanctions,
47:27cette décision prise par Ursula von der Leyen
47:30de cesser les importations de pétrole russe, de gaz russe, etc.
47:33Est-ce que même Vladimir Poutine va accepter de reprendre les exportations
47:38en destination de l'Europe ?
47:40Et s'il le fait, est-ce que ce sera au même prix qu'avant ?
47:42– Alors d'abord, actuellement en Europe, il y a quand même un débat
47:46entre les idéologues et les réalistes.
47:49Les réalistes, bien sûr, Victor Orban, le Premier ministre slovaque,
47:55l'Italie également qui est très très mesurée sur ce sujet-là,
47:59et dernièrement le Premier ministre belge.
48:02Donc il y a un vrai débat entre les réalistes et les idéologues.
48:06Les idéologues, c'est ceux qui veulent s'en tenir à une ligne dure
48:09vis-à-vis des hydrocarbures russes.
48:11Alors c'est quand même très très déclaratoire tout ça,
48:13parce que le GNL russe, il continue à arriver en Europe,
48:18et le premier hub d'importation du GNL russe, c'est la France.
48:25Ensuite, les produits raffinés qui arrivent d'Inde,
48:28les produits pétroliers raffinés, notamment le gasoil,
48:30puisqu'on n'a aucune raffinerie qui raffine du gasoil sur le territoire français,
48:35c'est du pétrole russe, puisque l'Inde ne produit pas de pétrole.
48:39Donc il raffine du pétrole, mais le pétrole c'est du pétrole russe.
48:42Qu'il y a toujours du gaz russe qui arrive par gazoduc,
48:45ne serait-ce que par Turkish Stream,
48:46et que d'ailleurs ça arrive dans les pays du centre d'Europe,
48:52comme la Hongrie et puis la Slovaquie, mais également la Grèce et l'Italie.
48:55Donc derrière les déclarations, il y a une situation de fait.
49:00Alors l'objectif européen, c'est de mémoire, en janvier 2027,
49:03ne plus importer d'hydrocarbures et de gaz russe.
49:06Je pense que c'est un objectif qui va être extrêmement difficile,
49:10dans la mesure où les prix sur les produits pétroliers,
49:16et notamment, surtout sur le gaz, vont être tirés vers le haut.
49:20Et on le voit d'ailleurs actuellement,
49:21puisqu'il y a beaucoup de navires qui transportent du GNL,
49:27qui sont détournés en direction de l'Asie,
49:29parce que le prix de vente en Asie est très supérieur
49:32à ce qui est offert en Europe.
49:34– Double peine comme ça.
49:36Pour conclure cette émission, Hervé Caress,
49:39finalement on a vu qu'il y avait un conflit ouvert en Iran,
49:41dont Trump aimerait bien sortir.
49:43On a vu que quand Trump a été élu,
49:46il avait promis la fin de la guerre en Ukraine.
49:49Bon, on ne peut pas dire que pour le moment,
49:50ses promesses de paix soient honorées.
49:53On a le sentiment finalement que les Américains
49:55ont toujours envie de sortir des guerres,
49:56en oubliant qu'ils les ont fabriquées eux-mêmes.
49:58– Alors le plus paradoxal, c'est qu'en novembre 2025,
50:02ils sortent un document de national stratégique,
50:05qui est très probablement rédigé par J. De Vance,
50:09qui est très intéressant, puisqu'en fait,
50:12il décrit un monde, un environnement international
50:15plutôt pacifié, avec des zones d'influence,
50:18et plutôt une recherche de coopération,
50:21en évitant les confrontations le plus possible.
50:25Et, 2026, il se lance dans cette aventure militaire.
50:30C'est pour cela que, je vous dis que J. De Vance
50:36est vraiment l'atout dans la manche de Trump
50:42pour sortir de la manière la plus honorable possible
50:46d'une guerre qui, en fait, va à l'encontre
50:49de toutes les doctrines MAGA qui avaient été développées
50:52au cours de la campagne présidentielle américaine.
50:55– Et les conséquences devraient se voir aux élections de mi-mandat ?
50:58– Oui, puisque je crois qu'actuellement,
51:00il y a 30% d'opinions favorables aux États-Unis,
51:04il me semble, donc c'est très très faible.
51:06– Pour vous, cette guerre contre l'Iran,
51:09il faut s'habituer à la voir,
51:12ou elle va se terminer rapidement
51:13et ils vont trouver un terrain d'entente,
51:15allez-je dire, autour de ces 15 points de plan de paix ?
51:19– Alors, très modestement, quand j'avais commencé
51:21à m'intéresser à cette guerre au bout d'un jour,
51:24j'avais, comme d'habitude, très rapidement cherché
51:27à identifier les centres de gravité,
51:28ensuite les objectifs stratégiques de chaque miligérant,
51:32et pour les Iraniens, il y a un des objectifs stratégiques
51:34qui est majeur, c'est durer.
51:35C'est faire durer le conflit pour montrer
51:38qu'en fait, ils ne perdent pas la guerre.
51:40Ils savent très bien qu'ils ne peuvent pas la gagner,
51:41mais ils montrent qu'ils ne la perdent pas.
51:44Et un des premiers objectifs que j'avais imaginé,
51:47puisque je ne suis pas dans le secret
51:49du cerveau des dirigeants iraniens,
51:54c'est qu'ils arrivent à tenir 4 semaines déjà.
51:56Ce qui est déjà un exploit par rapport à la puissance
51:59des adversaires auxquels les Iraniens sont confrontés.
52:03Donc on est en passe d'atteindre ce premier objectif.
52:07Et donc, 4 semaines de résistance et de riposte,
52:11avec une possible sortie négociée,
52:13mais qui sera difficile,
52:13qui sera difficile parce que, quoi qu'on en dise,
52:16tant que le détroit d'Hormuz est contrôlé par les Iraniens,
52:21de facto, ça crée un vrai sujet pour les Américains.
52:25Est-ce qu'ils sont en mesure de réouvrir par la force ce détroit ?
52:32Ça, c'est une vraie question pour eux.
52:35Soit on arrive à le faire par la négociation,
52:37soit on le fait par la pression militaire
52:39ou par l'action militaire.
52:42Donc peut-être…
52:43– Une action militaire qui se matérialiserait comment alors ?
52:46Avec des plongeurs ?
52:47– Non, non, c'est tout à fait les fuites qu'il y a eues
52:50dans la presse américaine.
52:52Je suis toujours interrogatif quand je vois des fuites
52:54sur des opérations militaires.
52:56Mais il y a plusieurs objectifs qui sont décrits
52:58dans la presse américaine.
53:00Et notamment, il y en a deux qui paraissent,
53:02entre guillemets, atteignables et raisonnables.
53:04C'est la saisie d'îlots qui sont au large des Émirats arabes unis
53:09et qui, en fait, sont revendiqués par les Émirats arabes unis.
53:12Donc on pourrait imaginer que, dans le cadre d'une opération combinée,
53:15les Émirats arabes unis, peut-être l'Arabie saoudite,
53:17pourraient y participer.
53:19Donc ça pourrait mettre en difficulté les Iraniens
53:22et avoir une solution militaire pour contrebalancer le contrôle actuel
53:30qui est opéré par les Iraniens sur le détroit d'Hormuz,
53:32sachant qu'une grande partie des couloirs maritimes du détroit d'Hormuz
53:36passe dans les eaux territoriales iraniennes.
53:38– Bien sûr.
53:40Donc on est amené à se reparler de la guerre en Iran, je crois.
53:43– Je pense surtout qu'il va falloir bien observer ce que fait J.D. Vence.
53:50– Ce sera le mot de la fin, on va observer J.D. Vence.
53:52Merci beaucoup Hervé Caresse d'être venu nous voir.
53:54Merci à tous de nous avoir suivis.
53:56N'oubliez pas, si ce n'est pas déjà fait,
53:57pensez aux petits coups de pouce, ça aide l'algorithme.
53:59Pensez bien sûr à mettre vos commentaires juste en dessous,
54:01vous savez que je vous lis et que je vous réponds chaque semaine.
54:04Rendez-vous dans une semaine.
54:06À bientôt.
54:07– Sous-titrage ST' 501
54:13– Sous-titrage ST' 501
54:17– Sous-titrage ST' 501
54:18– Sous-titrage ST' 501
54:24– Sous-titrage ST' 501
Commentaires