- il y a 16 heures
Quel est le véritable bilan de la présidence d’Emmanuel Macron entre 2017 et 2026 ? Dans son ouvrage "L’ampleur des dégâts", le journaliste Marc Eynaud dresse un constat implacable : explosion de la dette, désindustrialisation persistante, crise migratoire, affaiblissement diplomatique… Derrière les promesses de “réinvention” du modèle français, que reste-t-il vraiment ?
📊 Déficit, dette, faillites d’entreprises
🏭 Réindustrialisation : mythe ou réalité ?
🌍 Diplomatie et guerre en Ukraine
🚜 Agriculture et accords internationaux
⚖️ Immigration et impuissance politique
Marc Eynaud revient également sur les grandes séquences du macronisme : débat de 2017, crise du Covid, réforme des retraites… et livre une lecture globale de ce qu’il appelle une transformation profonde du pays. Un entretien sans concession.
📊 Déficit, dette, faillites d’entreprises
🏭 Réindustrialisation : mythe ou réalité ?
🌍 Diplomatie et guerre en Ukraine
🚜 Agriculture et accords internationaux
⚖️ Immigration et impuissance politique
Marc Eynaud revient également sur les grandes séquences du macronisme : débat de 2017, crise du Covid, réforme des retraites… et livre une lecture globale de ce qu’il appelle une transformation profonde du pays. Un entretien sans concession.
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00:01Générique
00:05Bonjour à tous, bienvenue dans notre Zoom, aujourd'hui en compagnie de Marc Henault.
00:10Bonjour.
00:11Bonjour.
00:11Bonjour Marc Henault, vous êtes journaliste et vous publiez cet ouvrage chez l'artilleur
00:17« L'ampleur des dégâts 2017-2026, le vrai bilan d'une présidence »
00:24et votre ouvrage à retrouver sur la boutique de TV Liberté, Marc Henault.
00:28Alors en lisant votre ouvrage, Marc Henault, il m'est revenu cette sortie du président Emmanuel Macron.
00:35Il dit ceci, « On est en train de réinventer un modèle, c'est plus dur de le réinventer
00:41quand tout n'a pas été détruit. »
00:43Alors qu'est-ce que cela vous évoque, cette sortie, sur l'état de la Ve République
00:48et puis aussi sur l'état du clivage droite-gauche qui, là, il est vrai, pulvérisé
00:54et qui, peut-être, semble-t-il, aujourd'hui est en train de se reconstituer.
00:59Absolument. Alors Emmanuel Macron fait allusion à un concept qu'il affectionne énormément
01:02qui s'appelle la destruction créatrice, qu'il aurait presque emprunté à Jean-Luc Mélenchon,
01:07qui lui-même l'a emprunté Trotsky d'ailleurs, puisque c'était la vision de la Révolution
01:10qu'on avait le chef de l'armée rouge à l'époque.
01:14Sur la Ve République, force est de constater qu'Emmanuel Macron l'a énormément abîmé.
01:18Et c'est tout le paradoxe d'un homme qui s'est fait connaître, qui s'est fait lire en
01:222017
01:22avec un petit peu cette espèce d'esprit gaullien d'un homme politique sorti, en tout cas,
01:27de l'extérieur des partis politiques, qui arriva à rassembler les Français au-delà
01:30d'un clivage gauche-droite et d'un clivage partisan.
01:32C'était un petit peu ça, Emmanuel Macron, au départ.
01:34Sauf que ce clivage gauche-droite, au lieu de l'abolir, bon déjà, on est en train de voir
01:38effectivement qu'il est en train de revenir en force avec la destruction progressive du macronisme.
01:42Mais surtout, ce qu'on s'est aperçu, ce dont on s'est aperçu, ça s'est vu surtout
01:46pendant le premier quinquennat d'Emmanuel Macron, qu'en réalité, ce clivage gauche-droite,
01:48il ne l'avait pas détruit, il l'a recréé au sein de son propre camp.
01:52Puisqu'on rappelle que les gens l'ont peut-être oublié, mais entre 2017 et 2022,
01:56Emmanuel Macron avait une majorité absolue extrêmement large.
01:59Il avait un coussin très confortable, une cinquantaine de députés,
02:02donc il avait plus qu'une majorité absolue.
02:03Mais au sein de ce groupe, il y avait, pour faire courte,
02:06un tiers d'anciens socialistes, un tiers d'anciens les républicains
02:09et un tiers de gens issus de la société civile.
02:11Alors avec la société civile, évidemment, on peut dire tout et n'importe quoi.
02:14Qu'est-ce que c'est vraiment la société civile ?
02:16Mais en tout cas, c'est des gens qui ne se sont pas engagés chez Emmanuel Macron
02:19pour être confrontés, par exemple, à des textes sur l'immigration,
02:22qui est quand même un marqueur plutôt à droite.
02:24Et parmi la société civile, vous aviez des gens qui, en réalité,
02:26se sont découverts plutôt de gauche et des gens qui se sont découverts plutôt de droite
02:28en fonction des propositions de loi.
02:30Ce qui fait qu'en réalité, ça explique aussi l'épuisement progressif d'Emmanuel Macron
02:34et l'essoufflement de son élan, de son élan en marche, entre guillemets,
02:38c'est qu'il a toujours été torturé entre son côté gauche et son côté droit.
02:44Et à force de rouler au milieu, c'est la phrase de Margaret Thatcher,
02:46à force de rouler au milieu, on finit toujours par basculer d'un côté ou de l'autre.
02:50Et Emmanuel Macron a louvoyé comme ça, de droite à gauche.
02:53– Le fait en même temps.
02:55– Exactement.
02:56– Alors, vous dites que sa victoire en 2017 n'était pas celle de l'adhésion,
03:00mais celle de la dépossession.
03:02Qu'est-ce que vous entendez par là ?
03:03– Parce que cela a reposé, en réalité, sur l'élection d'Emmanuel Macron,
03:08sa rencontre avec les Français a reposé sur un énorme malentendu.
03:12On l'a vu que cette élection a été aussi due au front républicain contre Marine Le Pen.
03:18On a vu aussi qu'Emmanuel Macron devait rendre aux Français une forme de grandeur.
03:23En tout cas, il y avait vraiment ce côté, le président des actifs,
03:26le président des jeunes, le président qui avait compris les erreurs de ses prédécesseurs.
03:30On rappelle quand même, et pour le dédouaner un tout petit peu,
03:32qu'on sortait d'un quinquennat de Nicolas Sarkozy qui était catastrophique pour la France,
03:36suivi d'un mandat de François Hollande qui l'a été tout autant.
03:39Emmanuel Macron était arrivé quand même avec une promesse,
03:41avec une promesse autour de ce fameux projet, on y reviendra peut-être.
03:45Mais Emmanuel Macron, en tout cas, on a cru qu'il allait rendre à la France sa souveraineté et sa
03:49grandeur.
03:50En réalité, il l'a dépossédé progressivement.
03:52Il l'a dépossédé de sa force économique.
03:54Il l'a dépossédé de sa voie diplomatique.
03:58Il l'a dépossédé de ses grands principes.
04:02Puisque comment assurer la liberté lorsqu'on est incapable d'assurer la sécurité de ses concitoyens ?
04:06Il les a dépossédés de la justice, de l'espoir en l'éducation.
04:09Et puis peut-être aussi de la démocratie, puisque aucun référendum en 10 ans.
04:12Et aucun référendum en 10 ans.
04:14Et surtout, et c'est peut-être cela qui frappe et qui est peut-être une des grandes différences,
04:17il y en a beaucoup entre Emmanuel Macron et le général de Gaulle,
04:19c'est qu'au contraire au général de Gaulle, Emmanuel Macron, si vous voulez,
04:21n'a jamais eu le souci de sa propre légitimité.
04:24Il a toujours considéré qu'à partir du moment où il avait été élu président de la République,
04:27eh bien, il n'avait aucun contrat à rendre pendant les 5 ans.
04:30Et c'est d'ailleurs ce qu'on a vu ces derniers mois,
04:32lorsque le sujet de sa démission était sur la table.
04:35En fait, il ne comprenait pas en disant, mais les Français m'ont élu jusqu'en 2027
04:37et je compte bien rester jusqu'au bout.
04:39Alors que le général de Gaulle, on l'a vu, lui avait quitté le pouvoir
04:43après avoir perdu un référendum.
04:46– Se cantonne comme d'autres à la lettre et non à l'esprit de la lettre.
04:49– Exactement. Et paradoxalement, en respectant la Constitution,
04:52en réalité, il en a été un des principaux faux soyeurs.
04:54Sa décision de nommer Amélie Monchalin à la présidence de la Cour des comptes,
04:57sur le plan constitutionnel, c'est tout à fait correct.
05:00Enfin, je veux dire, il n'y a pas d'entorse à la loi.
05:02En revanche, il y a effectivement une énorme entorse à l'esprit de la loi,
05:05puisque traditionnellement, on donne ce poste à quelqu'un
05:07qui n'appartient pas à votre famille politique.
05:09Et lui, faisant fi de tout cela, a nommé Amélie Monchalin.
05:11Il en a le droit, effectivement.
05:12Mais il nomme une de ses fidèles parmi les fidèles à ce poste,
05:15une fidèle extrêmement jeune, qui est donc partie légalement
05:18pour siéger encore pendant plus de 40 ans.
05:21– Jusqu'en 2050. – Absolument.
05:23– Ai-je cru voir.
05:24Alors, vous revenez aussi dans votre ouvrage, Marc Eno,
05:26sur le débat d'entre-deux-tours de 2017,
05:29avec Marine Le Pen, Emmanuel Macron l'avait toisé avec cette sortie.
05:35Vous allez creuser le déficit ou la dette,
05:37et ce sont nos enfants qui paieront, je ne veux, aucune de ces solutions.
05:42Alors, après le Covid et la crise énergétique,
05:45évidemment, ces deux indicateurs sont dans le rouge.
05:49Comment ça se passe chez nos voisins européens, en fait ?
05:52– Eh bien, nos voisins européens ont justement réussi, quant à eux,
05:56à sortir de cette crise du Covid.
05:58Nous, on y est…
05:59Alors, juste, pardon, sur cette phrase, déjà, d'Emmanuel Macron face à Marine Le Pen,
06:02ce qui est terrible, c'est que cette prophétie s'est réalisée,
06:04sauf que par lui, entre guillemets.
06:07Donc, déjà, ça pose un petit peu problème, bien évidemment, quant au bilan.
06:10Ensuite, sur le Covid, il suffit de regarder certains indicateurs.
06:13Nous, je pense que tout le monde s'en rappelle,
06:15on a eu droit au quoi qu'il en coûte,
06:16c'est-à-dire des centaines, des dizaines, en tout cas, de milliards d'euros
06:21investis comme ça dans l'économie pour sauver les entreprises.
06:23Sauf qu'on a vu qu'in fine, quand on regarde le chiffre de fermeture d'entreprises,
06:29il a été exceptionnellement bas après le Covid,
06:32c'est-à-dire qu'ils ont maintenu artificiellement en vie les entreprises
06:35et on a vu, deux ans, trois ans après le Covid,
06:37après la fin de ces aides, eh bien, le nombre de fins d'entreprises
06:41explosait par deux ou trois, c'est-à-dire compensé, compensé.
06:44C'est 66 000 en 2024, 70 000 en 2025,
06:47avec ces entreprises qui étaient incapables de rembourser
06:50les fameux PGE, les prêts garantis par l'État.
06:53Et c'est ça qui est terrible chez Emmanuel Macron,
06:54c'est qu'on nous l'a vendu comme un Mozart de l'économie,
06:56mais pour des raisons bêtement électoralistes,
06:57tragiquement électoralistes.
06:58Il a préféré mettre notre économie à genoux
07:00pour sauver artificiellement quelques entreprises,
07:03de toute façon destinées à très court terme
07:07ou à court terme à mettre la clé sous la porte.
07:09Et pour sauver son bilan à court terme
07:12en fonction d'échéances électorales,
07:13eh bien, il a préféré sacrifier l'économie pour cela.
07:15Et c'est ça qui est terrifiant.
07:18Et alors, peut-être pour rappeler les chiffres,
07:20le déficit public de la France en 2017 était à 3,4.
07:23En 2025, il est à 5,7.
07:25Et puis la dette, on est passé de 88,2% du PIB en 2016
07:32à 117% au troisième trimestre 2025.
07:35Donc, tout a explosé.
07:36C'est terrifiant.
07:38Et je pense qu'on se demande toujours
07:41quelle sera la première chose à laquelle on pensera
07:43lorsqu'on évoquera ce président de la République
07:45après qu'il ait quitté le pouvoir.
07:47Eh bien, tout le monde a pensé, je pense,
07:48tout le monde a pensé que M. 1 000 milliards de dettes,
07:51c'était le surnom de Bruno Le Maire.
07:52En réalité, ce sera celui d'Emmanuel Macron.
07:54Parce qu'il faut vraiment le répéter.
07:56En fait, il a ruiné le pays.
07:57Et qu'on ne nous dise pas,
07:59oui, mais depuis 2022, il n'a plus vraiment de majorité.
08:01Elle est tout à fait, aujourd'hui, elle est relative.
08:03Le socle commun est réduit à sa portion congrue.
08:06C'est vrai, il a eu, sauf qu'entre 2017 et 2022,
08:10il avait l'intégralité des pouvoirs à disposition.
08:12L'intégralité.
08:13Il a ruiné le pays.
08:14Et en plus, il a vendu les bijoux de famille.
08:18Puisque c'est le cas avec l'affaire Alstom.
08:21Il avait été interrogé pendant ce fameux débat.
08:24Et alors, il avait dit qu'il avait garanti
08:26la totale indépendance de la France.
08:28Qu'est-ce qu'on sait, aujourd'hui, de ce possible pacte de corruption
08:33qu'avait dénoncé feu Olivier Marlex,
08:35que j'avais, moi-même, interviewé sur ce plateau,
08:39et qui a disparu ?
08:41Que s'est-il passé ?
08:42Eh bien, c'est très simple.
08:44Alstom prévoit de vendre la filière en charge des turbines nucléaires.
08:52Évidemment, le secrétariat général de l'Élysée est prévenu,
08:56comme c'est le cas légalement.
08:57Donc, Emmanuel Macron, qui est secrétaire général adjoint de l'Élysée,
09:00est au courant de cette information.
09:01Il demande à des cabinets de conseil et d'audit
09:05de faire une étude sur ce sujet.
09:07Et sauf que là, à ce moment-là,
09:09ça doit normalement être transmis à Bercy.
09:11Parce que Bercy, évidemment, a droit de regard
09:13sur les ventes d'entreprises stratégiques.
09:15Or, Arnaud Montebourg, en commission parlementaire,
09:17dit que je n'ai jamais été mis au courant de cette vente.
09:20Et ce qui voudrait dire que le secrétaire général adjoint de l'Élysée
09:24a bloqué l'information, n'en a pas informé Bercy,
09:26et deux ans plus tard, Emmanuel Macron est nommé à Bercy
09:29à la place d'Arnaud Montebourg et autorise la vente d'Alstom.
09:32Le problème, c'est que derrière, ça a généré des dividendes
09:34absolument spectaculaires.
09:36On parle de centaines de millions d'euros,
09:37de la bouche même de ceux qui en ont été témoins.
09:41Et que parmi tous ceux qui ont profité, si vous voulez...
09:43– Tous les intermédiaires.
09:44– Et tous ces intermédiaires, donc parmi tous ceux qui ont profité
09:46de ces montants, on en retrouve énormément dans les comités de soutien
09:49et dans les financeurs de la campagne d'Emmanuel Macron en 2017.
09:52Et c'est là où Olivier Marlex parle de possible pacte de corruption,
09:56c'est qu'on n'a jamais eu le fin mot de cette histoire.
09:59On sait que la justice continue d'avancer sur ce dossier,
10:01qu'évidemment, Emmanuel Macron bénéficie de l'immunité du fait de sa fonction.
10:06– Mais cette affaire Alstom, d'ailleurs, cette filiale d'Alstom
10:09qu'on a finie il y a deux ans, il y a un an, par racheter aux Américains
10:13pour une somme largement supérieure à celle à laquelle on l'a vendue
10:17pour récupérer cet outil fondamental dans notre souveraineté.
10:21Et on a racheté une fortune avec évidemment entre-temps
10:23tous les brevets qui sont partis dans la nature.
10:25Et vraiment, cette affaire Alstom, non seulement elle a coûté un argent,
10:28un pognon de dingue, comme il dit, à la France,
10:30et qu'en plus, des personnes tierces, des personnes intermédiaires
10:33se sont enrichies et auraient du coup donc favorisé
10:37l'élection d'Emmanuel Macron en 2017.
10:39Enfin, moi, j'avoue que journalistiquement, cette affaire Alstom,
10:43étant journaliste politique et très peu portée sur les questions économiques
10:45à la base, je l'avais un peu regardé ça loin en disant
10:47« Ah oui, ça a l'air technique, etc. »
10:48mais en me penchant dessus, en écrivant ce livre,
10:52j'ai vraiment pris conscience de l'ampleur de la chose,
10:54de l'ampleur de ce scandale en me disant
10:55« Mais ce n'est pas possible que cette affaire soit autant passée sous les radars. »
10:59– Plus c'est gros, plus ça passe, comme disait l'autre.
11:01Et alors justement, la réindustrialisation, Emmanuel Macron se gargarise,
11:06il dit qu'il est le chef en la matière,
11:10il a soi-disant ouvert 85 usines en 2025,
11:15mais le nombre de fermetures de l'autre côté, il est à combien ?
11:20– Eh bien, en 2025, on a eu 23 fermetures nettes d'usines,
11:23c'est-à-dire qu'on a eu plus de fermetures d'usines que de créations.
11:26Emmanuel Macron, d'ailleurs les macronistes s'en sont donnés à cœur joie
11:30pendant des mois où Anne nous avait annoncé
11:31« 15% du PIB de la France en 2035 sera industriel ».
11:36De l'aveu même des députés Alexandre Loubet et Charles Rodouel,
11:38auteurs d'un rapport parlementaire sur la question,
11:41ils disent eux-mêmes que cela tient de la communication politique
11:44et que c'est évidemment totalement irréalisable.
11:46On rappelle que les macronistes avaient, pendant les travaux parlementaires,
11:50aggraver, par exemple, les règles du ZAN, du zéro artificialisation nette,
11:55pardon, ce n'est pas facile à dire, qui limitent considérablement,
11:58pour des raisons écologiques, l'installation d'usines et d'infrastructures
12:03dans les zones rurales.
12:04Si vous voulez, tout cela, c'est vraiment la grosse incohérence macroniste,
12:07c'est qu'il y a un message, il y a une volonté, il y a un slogan,
12:12et derrière il n'y a rien, il y a un mur où il n'y a rien.
12:15Et c'est toute l'arnaque, entre guillemets, de ce système,
12:18et finalement c'est ce qu'on est en train de voir ces derniers mois,
12:20avec l'absence totale de marge de manœuvre politique d'Emmanuel Macron,
12:24c'est que comme il ne se passe plus rien aujourd'hui,
12:26on regarde ce qui s'est fait avant, à l'époque où il avait une majorité absolue
12:29et donc tous les moyens d'agir, on s'aperçoit que même là,
12:31en réalité, strictement rien n'a été fait.
12:33– Et alors, il nous a été présenté comme le Mozart de la finance,
12:38comme un grand libéral, justement sur la crise du Covid,
12:41est-ce que sa gestion a été celle d'un bon libéral ?
12:44– Absolument pas, c'est un espèce de keynésianisme d'urgence en réalité.
12:48Il y a eu deux phases en fait dans ce revirement idéologique,
12:51alors on peut être libéral ou anti-libéral,
12:53ce qui est important c'est d'avoir un cap, une constance et de s'y tenir.
12:58Le problème c'est qu'en 2017, on a vu effectivement les débuts du Macron libéral,
13:01d'ailleurs il avait été élu en grande partie par les actifs
13:03et par des gens plutôt d'idéologie libérale,
13:07il a réformé l'assurance chômage,
13:09il a incité les gens à retrouver l'emploi,
13:11parce qu'ils ont des mesures, on peut être pour ou contre,
13:12mais ce sont des mesures libérales.
13:13Alors, est arrivée la crise des gilets jaunes,
13:16qui commence d'ailleurs avec une taxe,
13:17vous voyez on en revient un petit peu à cette espèce de réflexe socialiste,
13:20on instaure une taxe, les gilets jaunes, politique du chèque,
13:23le Covid arrive, politique de la subvention,
13:25on arrose à fond, on injecte à fond pour s'assurer
13:30que les entreprises tiennent,
13:32alors qu'un libéral se dirait, écoutez,
13:34par essence, il faut laisser se faire les choses,
13:37il y a des entreprises qui vont mourir, d'autres qui vont renaître,
13:39c'est bon, on laisse faire, et Emmanuel Macron, en réalité,
13:41a toujours fonctionné comme cela,
13:43une impulsion libérale, mais dans l'effet, une politique socialiste.
13:46– Et un président des Français de plus de 65 ans,
13:51c'est en tout cas ce qui est ressorti,
13:53au moment de la crise du Covid,
13:55qu'il a voulu ses populations protéger,
13:57vous dites qu'il s'agit d'un sacrifice pour l'avenir.
14:00– Absolument, et encore une fois,
14:02c'est une autre trahison d'Emmanuel Macron vis-à-vis de lui-même,
14:05entre guillemets, c'est qu'en 2017, les gens l'oublient,
14:07parce qu'on a effectivement cette image d'Emmanuel Macron,
14:09le président des retraités.
14:10Or, en 2017, Emmanuel Macron, je le répète,
14:12il a été élu par les actifs en grande partie, les retraités.
14:14Si François Fillon a eu un aussi gros score au premier tour,
14:17malgré les affaires, c'est parce que c'est lui
14:18qui capitalisait à fond sur les retraités,
14:21qui ont voté très massivement pour lui.
14:23D'ailleurs, on se rappelle qu'à l'époque,
14:25les Républicains, pour essayer de sauver les meubles
14:27pendant les élections législatives, qui ont été catastrophiques pour eux,
14:29leur seul axe de campagne, c'était
14:31« mais nous, on est contre la hausse de la CSG pour les seniors ».
14:33– Oui, il avait augmenté ça dès le début.
14:35– Exactement.
14:36– Et donc, Emmanuel Macron, au début, il y avait le côté
14:38« il faut que les seniors payent davantage pour les actifs »
14:40et les Républicains disaient l'inverse.
14:41Sauf qu'on a vu échéance après échéance,
14:43mauvais résultat après mauvais résultat,
14:45eh bien, Emmanuel Macron, de fait, capitalisait
14:47de plus en plus sur cet électorat,
14:49et avec cette crise du Covid, avec le fait, finalement,
14:51d'enfermer totalement un pays
14:53pour sauver nos retraités,
14:55c'est très bien de sauver les personnes âgées,
14:57je ne dis pas du tout qu'il fallait toutes les laisser mourir
14:58dans notre souffrance, mais derrière,
15:00on a fait, de fait, un choix stratégique,
15:02un choix qui a été de dire, on privilégie
15:04les personnes âgées au détriment des jeunes,
15:06et ce qui est difficile d'appréhender aujourd'hui,
15:09mais les premières estimations sont absolument catastrophiques,
15:11par exemple, ça va être l'effet de déconfinement
15:13sur les jeunes générations qui, dans quelques années,
15:15vont retrouver le marché de l'emploi.
15:17Enfin, tous les indices de santé mentale
15:20chez les jeunes sont au point noir,
15:23alors que, par exemple, le pouvoir d'achat des retraités
15:25n'a jamais cessé d'augmenter.
15:27Enfin, si vous voulez, il y a vraiment eu un choix stratégique,
15:29un choix économique,
15:30qui n'a jamais été assumé d'ailleurs,
15:32mais qui est réel, c'est qu'Emmanuel Macron
15:35et son gouvernement, et son ex-majorité,
15:37ont toujours privilégié les retraités
15:39sur les jeunes, pour des raisons évidemment électoralistes,
15:41parce que déjà, c'est un électorat qui vote plus,
15:43mais surtout, c'est un électorat qui ne sera jamais porté
15:44vers le changement.
15:45C'est ça le problème.
15:47Donc, Emmanuel Macron, lui qui avait été élu
15:48avec la promesse du changement, de la pensée printemps
15:51et de tout ce que vous voulez,
15:52a été contraint finalement de faire de la vieille politique,
15:55de faire de la vieille politique de boutiquier, de rentier.
15:58On a vu pendant les débats sur le budget,
16:01le député, d'ailleurs le député Renaissance,
16:03Guillaume Casbarian, qui pour le coup est un vrai libéral,
16:06lui avait milité pour qu'on supprime, par exemple,
16:09les 10% d'abattement chez les retraités,
16:11et les levées de boucliers chez les macronistes,
16:14en disant parce qu'il touchait au sacro-saint électorat,
16:16au sacro-saint hors-gris,
16:17qui a été jusqu'à maintenant l'assurance-vie de la Macronie.
16:21– On a vu cet accord du Mercosur être validé finalement,
16:27et puis suspendu, on en est où aujourd'hui avec le Mercosur ?
16:30Est-ce qu'Emmanuel Macron avait vraiment les armes pour s'y opposer,
16:34puisque c'est in fine Ursula von der Leyen qui l'a imposé ?
16:38– Oui, mais la France disposait d'outils au niveau européen
16:41pour actionner un levier de blocage,
16:45mais Emmanuel Macron ne l'a pas fait.
16:46Alors après le Mercosur, c'est quand même quelque chose
16:48qui date de bien avant Emmanuel Macron,
16:50c'est des négociations qui ont duré pendant des années.
16:52Moi quand je vois les socialistes aujourd'hui, par exemple,
16:54reprocher à Emmanuel Macron d'avoir signé le Mercosur,
16:55ces mêmes socialistes qui avaient validé les traités du TAFTA à l'époque,
16:59qui sont globalement les mêmes traités libéraux.
17:01Le problème d'Emmanuel Macron sur l'agriculture,
17:03c'est pas tant au fond de voter des traités de libre-échange,
17:05à la limite, encore une fois, si vraiment il s'assume comme libéral,
17:10à la limite un traité de libre-échange c'est bien.
17:11Le seul problème c'est qu'il est à la fois,
17:14il se veut à la fois être libéral sur ces sujets
17:16et être en même temps un ayatollah de l'écologie.
17:19Le problème du coup, c'est que vous avez l'agriculture française
17:22qui, enfin c'est pas sur ce plateau que je vais le rappeler,
17:24qui a été quand même une filière d'excellence pendant des siècles,
17:27qui a été vraiment, enfin le laborage et pâturage
17:29sont les deux mamelles de la France, on va parvenir dessus,
17:30mais le problème c'est que cette agriculture a été subordonnée à l'écologie,
17:34qu'aujourd'hui nos agriculteurs subissent des normes
17:38que ne subiront jamais leurs concurrents,
17:40et donc c'est ça tout le paradoxe d'Emmanuel Macron,
17:42c'est qu'on est socialiste avec les nôtres et libéraux avec les autres,
17:45c'est-à-dire qu'on ouvre le marché en disant égalité pour tous,
17:49tout en donnant à ses propres agriculteurs des handicaps incroyables,
17:54c'est ce que le haut fonctionnaire Christophe Eaujuval
17:56appelait dans un essai absolument brillant l'inflation des normes,
17:59il faut dire que les normes, qu'elles soient écologiques ou bureaucratiques en France,
18:02ce sont de l'ordre de plusieurs dizaines de milliards d'euros par an.
18:05– Et sur la stratégie ukrainienne d'Emmanuel Macron,
18:08vous dites qu'elle se caractérise par une gesticulation prudente,
18:13calculée et médiatique, alors après quatre ans de guerre,
18:16dans quel état est la diplomatie française ?
18:19– Eh bien déjà, officiellement elle n'existe plus,
18:22puisqu'Emmanuel Macron, on le rappelle, a supprimé à dissous le corps diplomatique,
18:25on rappelle que la langue diplomatique est le français,
18:28que la France était connue pour ses ambassadeurs brillants,
18:31et bien Emmanuel Macron, d'un trait de plume, a rayé tout cela,
18:33ça c'est le premier point.
18:35Le deuxième point, je rappelle que les Ukrainiens ont inventé le verbe macroner,
18:38il y a quelques années, qui est en gros de promettre des choses qu'on ne tiendra pas.
18:43– Oui, les Libanais aussi en savent quelque chose.
18:45– Voilà, les Libanais en savent quelque chose, mais tout le monde en sait quelque chose,
18:47c'est un peu ça le problème.
18:48Le problème c'est qu'Emmanuel Macron, si vous voulez, c'est un homme de spectacle,
18:52il y a une théâtralisation qui réussit sur le plan de la communication,
18:55je pense à cette scène de la Marseillaise devant un sous-marin
18:58qui était quand même plutôt réussi, je pense, voilà,
19:01c'était se théâtraliser par exemple le nom du nouveau porte-avions,
19:03enfin, il y a quelque chose qui réussit dans cette communication-là.
19:06Le seul problème derrière, c'est qu'effectivement, les actes ne suivent pas.
19:08Par exemple, par rapport à l'Afrique par exemple,
19:11Emmanuel Macron rompant totalement avec tout ce qui a,
19:13peut-être les rares choses bien qu'avait fait son prédécesseur,
19:16a totalement renoncé à la politique africaine,
19:18c'est-à-dire on se retire économiquement et militairement,
19:20tout en continuant de donner du son.
19:21– Enfin, on se retire, on est viré à coup de pied dans le derrière.
19:24– On est viré à coup de pied, mais parce qu'on n'a pas réussi,
19:28juste parce qu'il n'a jamais réussi,
19:29il n'a jamais voulu maintenir justement cette présence française.
19:31Je rappelle cet épisode absolument incroyable
19:33où Jean-Noël Barraud se rend chez nos vieux alliés tchadiens
19:37pour donner des leçons sur la tenue des élections démocratiques dans leur pays.
19:41Jean-Noël Barraud monte dans l'avion,
19:42communiquez de la présence tchadienne,
19:43nous demandons aux troupes françaises de quitter le pays définitivement.
19:46C'est ça la diplomatie macroniste.
19:48On avait justement, et quand je parle de gesticulation ukrainienne,
19:51il y a eu une guerre de mots tout le temps avec la Russie,
19:53où en même temps, on dit on va mener une guerre économique à la Russie
19:56et puis on s'acharne à avoir Vladimir Poutine tous les deux jours au téléphone
19:59pour montrer qu'on pèse.
20:00Et surtout derrière, en Afrique,
20:02on a vu qu'on était remplacé par les Russes de Wagner.
20:04À aucun moment, Emmanuel Macron s'est dit,
20:06mais justement, s'il y a bien un endroit où on peut montrer notre force à la Russie,
20:11où on peut montrer justement notre volonté, notre mobilisation,
20:14c'est justement de ne pas abandonner l'Afrique aux mains de Wagner.
20:17Et même cet affrontement-là,
20:19alors qu'il aurait été, je pense, purement diplomatique en plus,
20:22puisqu'il n'y aurait pas forcément eu de guerre ouverte,
20:24mais même cela, on ne l'a pas fait.
20:26Ce qui nous aurait permis est de maintenir notre présence en Afrique
20:28et démontrer à nos alliés ou ex-alliés africains
20:31que la France était encore présente,
20:32et surtout de montrer aux Russes qu'en fait, on ne rigolait pas.
20:34Et à partir du moment où vous ne faites pas étalage de force,
20:36où vous ne montrez pas votre détermination,
20:38eh bien, vous n'êtes pas pris au sérieux.
20:39– Il faut être fort, il faut être fort pour être craint.
20:43C'est ce que nous a sorti Emmanuel Macron il y a quelques temps,
20:45mais bon, on ne sait pas s'il a vraiment compris ce qu'il prononçait là.
20:50Et alors, en matière migratoire, vous reprenez cette citation du Président,
20:56août 2023,
20:57la situation n'est pas tenable
21:00et nous devons significativement réduire l'immigration,
21:03en commençant par l'immigration illégale.
21:06Et pour 2025, le ministère de l'Intérieur parle de 376 000 entrées légales,
21:13soit plus que la ville de Nice.
21:15On rappelle que les Français, selon un sondage Ipsos,
21:19sont à 64% pour une fin de l'immigration.
21:25Vous vous rappelez aussi qu'il y a 22 lois sur le sujet.
21:29Pourquoi la question n'est toujours pas réglée, in fine ?
21:32– C'était Benoît Hamon qui avait posé cette question, d'ailleurs,
21:34en disant, on a eu 22 lois sur l'immigration,
21:37est-ce que vous avez l'impression que le problème a été réglé ?
21:39Alors, Benoît Hamon, indique-leur deux fois par jour.
21:41En tout cas, là, et de fait, il n'avait pas tort.
21:43Ce qui est fou, c'est que cette immigration,
21:45ça a été en réalité la première désillusion vis-à-vis du macronisme.
21:49On se rappelle de cette loi immigration portée par Gérard Collomb à l'époque,
21:52qui devait être défendue par le groupe La République en Marche à l'Assemblée nationale.
21:55Et ça a été la première déchirure du groupe LREM à l'Assemblée nationale.
21:58C'est cette loi immigration, où finalement,
22:00où des anciens socialistes se sont retrouvés à devoir voter une loi
22:03qui était peut-être l'une des lois les plus à droite votée sur le sujet.
22:06La société civile complètement perdue,
22:08qui en tout cas ne s'est pas engagée chez Emmanuel Macron pour parler d'immigration,
22:11et la droite ravie.
22:12En fait, si vous voulez, la déchirure, ça commence avec cela.
22:15Parce que le problème d'Emmanuel Macron, en réalité,
22:17c'est que sous ses atours de jeune homme, c'est quelqu'un de très vieux sur le sujet.
22:21Il a encore ses vieilles références politiques de la mondialisation heureuse,
22:26de la mixité sociale, de la grande ronde ravie.
22:32Très giscardien, quoi.
22:33Oui, très giscardien, exactement.
22:34Et le problème, c'est que, premièrement,
22:36ce n'est pas du tout corrélé à la réalité,
22:38c'est que, par exemple, contrairement à un Jean...
22:39Quand Emmanuel Macron dit, il n'y a pas de culture française,
22:43et je vois des Maliens, des Sénégalais, des Algériens, des Marocains.
22:46Et en fait, qu'est-ce qu'il dit de différent en 2017
22:49par rapport à Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui ?
22:51Eh bien, justement, Mélenchon, vous dites qu'il est la forme aboutie,
22:56radicalisée, épurée du macronisme.
22:58Alors, pourquoi vous pensez que les deux hommes
23:00entrevoient le même avenir français ?
23:03Et lequel, d'ailleurs ?
23:04Parce que, là où Emmanuel Macron a dû mettre de l'eau dans son vin sur l'immigration,
23:09c'est qu'il a été pris par quelque chose qui s'appelle la réalité du pouvoir.
23:13Si vous voulez, Emmanuel Macron doit gouverner,
23:15il doit gérer des questions très bêtes.
23:16L'insécurité, par exemple,
23:18même si pour son ancien ministre, c'est atteindre un sentiment qui était une réalité,
23:22il ne peut pas nier indéfiniment la corrélation évidente
23:25entre immigration et insécurité.
23:26Et il a face à lui un Jean-Luc Mélenchon,
23:28qui, au fond, lorsqu'il parle de créolisation,
23:30lorsqu'il parle de la Nouvelle-France,
23:31eh bien, il a un champ lexical plutôt positif, optimiste.
23:34Là où Emmanuel Macron, il voit un obstacle pour continuer de gouverner,
23:39Jean-Luc Mélenchon, il voit en fait un avenir radieux, si vous voulez.
23:41Et c'est tout le drame de cette Macronie
23:43qui a été un petit peu embarquée dans cette vision passéiste,
23:46si vous voulez, de l'immigration,
23:47et qui, finalement, à l'aube du deuxième quinquennat,
23:50a été vraiment condamnée à mettre un coup de frein à main dans la pente,
23:53à bien en péter le moteur,
23:55pour essayer, justement, pris par la réalité.
23:57Et face à lui, vous avez une France insoumise
23:59qui, au fond, ne fait que prolonger le discours initial d'Emmanuel Macron en 2017,
24:02sauf qu'encore une fois,
24:03Jean-Luc Mélenchon, lui, le présente de manière, après tout, extrêmement positive.
24:06Et c'est là où Jean-Luc Mélenchon, au fond, n'est que l'aboutissement d'Emmanuel Macron là-dessus.
24:11Ils croient tous les deux en la destruction créatrice,
24:13sauf que Emmanuel Macron appelle ça la destruction créatrice,
24:17et Jean-Luc Mélenchon appelle ça le trotskisme, tout simplement.
24:19– Vous avez cette formule,
24:20la destruction créatrice de Macron n'est rien de moins que la révolution trotskiste.
24:25– Voilà.
24:25– Merci à vous, Marc Hainaut.
24:27Je rappelle à nos téléspectateurs,
24:28le livre, le titre de votre ouvrage, excusez-moi,
24:32« L'ampleur des dégâts 2017-2026 »,
24:35le vrai bilan d'une présidence.
24:38Merci à vous.
24:39– Merci à vous.
24:39– Sous-titrage Société Radio-Canada
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