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  • il y a 9 heures
Ce mardi 31 mars, Julien Marcilly, président de Fives AddUp, s'est penché sur les activités de son entreprise, leader français et spécialiste de l'impression 3D métallique, les ruptures technologiques en matière de 3D métal, "Massif", le projet colossal d'AddUp, ainsi que l'outil AddUp qui arrive jusque dans l'ISS, dans l'émission Tech&Co Business présentée par Frédéric Simottel. Tech&Co Business est à voir ou écouter le mardi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Tech & Co-Business, l'invité.
00:04Allez, on poursuit notre émission Tech & Co-Business au salon Global Industrie, ici à Paris Nord-Villepin.
00:10On est dans le nord de Paris et on va parler de fabrication additive, d'impression 3D, avec l'un
00:14des spécialistes dans ce domaine, Julien Marcilli. Bonjour.
00:17Bonjour Frédéric.
00:18Julien, merci d'être avec nous. Vous êtes président de FIV ADUP, filiale du groupe FIV.
00:23Et vous êtes, alors, en fait c'est vous qui fabriquez ces machines, ces imprimantes 3D, c'est ça ?
00:30Racontez-nous.
00:31Tout à fait. Alors FIV ADUP, on est le leader français de l'impression 3D métallique.
00:35Et donc on conçoit des imprimantes, des machines qui fabriquent des pièces en métal.
00:39On est environ 150 personnes. On est basé à Clermont-Ferrand. On a également un site aux Etats-Unis et
00:44deux sites dans le lot.
00:45Et alors, qu'est-ce qui change de faire de la fabrication métal, de la fabrication 3D plus classique, avec
00:51de la résine, du plastique, d'autres matières ?
00:54Alors si vous voulez, quand on produit en 3D de manière classique, quand on produit de manière classique une pièce
00:59métal, on prend un morceau de métal et on vient couper, percer, retirer de la matière.
01:04Ici, cette technologie qui est complètement révolutionnaire, elle permet d'étaler de la poudre avec des grains de poudre qui
01:10peuvent être très petits, qui peuvent faire 5 microns.
01:12Et on vient laser avec des lasers pour construire la pièce couche par couche.
01:16Ce qui permet de faire des formes qui sont absolument infaisables en fabrication traditionnelle, en usinage, en perçage.
01:23Alors vous parlez de ça parce que je crois qu'il y a deux technologies.
01:26Il y a celle dont vous venez de parler qui est la fusion sur lit de poudre et puis il
01:29y a une autre qui est déposition d'énergie dirigée, c'est ça ?
01:32Tout à fait. Alors celle dont je viens de vous parler, c'est le lit de poudre. C'est celle
01:34qui présente à peu près 80% du marché.
01:37Donc là on comprend, couche par couche, on arrive à créer cet objet.
01:39Tout à fait. Et l'autre qui s'appelle le DED, on vient propulser de la matière en fusion sur
01:45une pièce.
01:45C'est généralement pour faire de la réparation ou de l'ajout de fonctions.
01:49Alors quelles sont les principales ruptures technologiques aujourd'hui justement dans cette impression 3D ?
01:54Alors nous on fait des machines qui sont faites par des industriels pour des industriels.
02:00Donc c'est des machines qui sont utilisées pour produire des pièces qui sont utilisées dans des avions par exemple,
02:06qui sont utilisées dans des sous-marins, qui sont utilisées dans le médical aussi.
02:10On fait des implants médicaux ou également dans l'automobile.
02:13Et donc si vous voulez, la pression 3D métallique a plusieurs avantages.
02:17C'est d'abord, ici j'ai un échangeur thermique.
02:19D'accord.
02:20Échangeur thermique.
02:21Je vous donnez quelques exemples.
02:22Cette pièce en impression 3D, on met deux jours à la fabriquer.
02:26Si on devait la fabriquer de manière classique, on viendrait acheter des pièces, on viendrait souder, on viendrait visser.
02:33Il faudrait probablement plus de deux semaines pour la fabriquer.
02:35D'accord.
02:36Deuxième avantage, vous l'avez touché tout à l'heure, elle est extrêmement légère.
02:39Si on met cette pièce sur un satellite, le coût...
02:42Oui, on rappelle, il y a une impression, une imprimante 3D métal de chez vous qui est en ce moment
02:47qui tourne autour de nos têtes dans l'ISS, c'est ça ?
02:50Tout à fait, je peux y revenir un petit peu après.
02:52Mais du coup, le premier avantage dont je vous ai parlé, c'est le fait qu'on fabrique très vite.
02:59Donc on fabrique très vite et on n'est pas dépendant de fournisseurs, puisque cette pièce est faite en un
03:04seul morceau.
03:05La non-dépendance de fournisseurs, c'est très important.
03:07Oui, parce qu'il y a un supply chain, s'il faut la revenir...
03:09Oui, exactement, on sécurise la supply chain.
03:12Deuxièmement, elle est très légère.
03:14Envoyée dans l'espace, si c'est très léger, ça coûte moins cher.
03:20Troisième avantage, c'est qu'on fait des formes qui sont infaisables autrement et donc on gagne également en performance.
03:25Donc on gagne à peu près 10 fois en lead time, en temps de fabrication.
03:29On gagne 30% en poids, on gagne 20% en performance.
03:33Et on est certain que derrière, en termes de qualité, on en revient...
03:37Enfin, j'imagine que ça répond aux mêmes normes qu'une machine si elle avait été usinée plus traditionnellement.
03:43Tout à fait, ça répond. Et même parfois, on a des meilleurs résultats.
03:47Il y a une étude qui montre que la machine adopte, en termes de tests de fatigue,
03:51est meilleure que quand on le fabrique en fabrication classique.
03:55Alors ça va être quoi la limite technologique de ces sujets ?
03:57Est-ce que c'est la taille des objets ?
03:58Est-ce que c'est la vitesse, vous ne l'avez pas dit ?
04:01Est-ce qu'en termes de coût aussi, on est plus avantageux ?
04:04Alors, il y a des business models qui marchent très très bien.
04:07Par exemple, Michelin aujourd'hui fait tous ses moules de pneus en 3D.
04:10Là, je vous ai amené des implants.
04:12Ça, c'est un implant d'épaule.
04:13D'accord.
04:14Ça, c'est un implant de genoux.
04:17Aujourd'hui, l'ensemble des implants médicaux,
04:19toute nouvelle implant médical qui est développée, il est fabriqué en 3D.
04:21Parce que le modèle économique fait que l'implant est moins cher.
04:25Et deuxième avantage, ces implants sont faits sur mesure.
04:28Quand vous les fabriquez de manière classique,
04:30vous avez une gamme d'implants, et vous n'avez pas forcément l'implant qui vous correspond.
04:33Et en plus, et ça c'est également très important...
04:35Donc il y a un jumeau numérique de l'implant ?
04:37Comme pour vos dents, aujourd'hui pour vos dents, on vient les scanner, on les fabrique.
04:41Aujourd'hui, grâce à l'impression 3D métallique,
04:43on peut venir scanner votre épaule et fabriquer l'implant qui correspond exactement.
04:46Je voulais juste, parce qu'on va parler du projet massif que vous annoncez ici,
04:50mais juste un moment, on parlait de l'ISS.
04:52Donc à bord, les astronautes ont une imprimante 3D métal,
04:56donc de ADOP, pour des pièces qui pourraient manquer.
04:59Tout à fait, donc c'est un projet qu'on a fait avec le CNES et Airbus Defence & Space,
05:04et l'idée était qu'au lieu de mettre des outils, par exemple des marteaux, des tournevis, etc.,
05:09dans une fusée pour les monter dans l'ISS,
05:11on y monte une machine et on les fabrique dans l'ISS.
05:14Et donc on a fabriqué une première pièce, et ça a très bien fonctionné,
05:17on en est très fiers et très contents.
05:19Et ça montre encore un autre avantage de l'impression 3D,
05:22qui est extrêmement important,
05:22c'est qu'on peut fabriquer une pièce en un seul morceau,
05:25à l'endroit où on a besoin.
05:27Et dans un environnement extrême.
05:28Dans un environnement de microgravité extrême.
05:31Mais du coup, on pense à la défense,
05:32on pense aux forces armées,
05:34venir fabriquer une pièce de rechange sur un site de guerre.
05:38On pense également aux plateformes pétrolières,
05:40venir fabriquer une pièce de rechange sur une plateforme pétrolière,
05:43au lieu de venir l'amener de métropole, par exemple,
05:47avec du transport, l'impact sur l'environnement.
05:50Oui, parce que ça paraît fou, depuis tout à l'heure,
05:52on a parlé d'aérospatial, de médical,
05:56l'outillage pour la fabrication des moules,
05:58vous parliez de Michelin, de la défense.
06:00Vous êtes présent dans tous les secteurs avec ces imprimantes ?
06:02Alors, on est présent dans tous les secteurs,
06:04mais essentiellement dans le spatial et la défense.
06:06Je peux citer Thales, je peux citer Sirius,
06:09les boîtes du New Space,
06:11qui fabriquent des moteurs de fusée.
06:13On est présent dans le médical,
06:15beaucoup de start-up américaines,
06:16aussi quelques grands groupes pour les implants.
06:18On est aussi présent dans l'automobile,
06:19je vous ai parlé de Michelin.
06:20Les Formules 1, également une Formule 1
06:22avec des pièces moins lourdes,
06:24ça va plus vite.
06:27Alors, actualité ici,
06:29c'est le projet Massif,
06:30alors c'est quoi ?
06:31C'est pour construire des encore plus grosses pièces, c'est ça ?
06:34Tout à fait, parce qu'aujourd'hui,
06:35une pièce 3D métal,
06:37les pièces que j'ai amenées sont relativement petites.
06:39Aujourd'hui, une machine de taille moyenne,
06:42ça permet de faire des pièces de 35 cm
06:44par 35 cm par 35 cm.
06:46Et donc, tous ces industriels,
06:48en particulier ceux de la Défense,
06:49qui ont compris tout ce que leur apportait la 3D,
06:52ils ont été nous dire,
06:53ils ont été dire aussi à la DGA,
06:54la Direction Générale de l'Armement,
06:56nous, ce qu'on aurait besoin,
06:57c'est d'une machine plus grande.
06:58C'est d'une machine pour faire des pièces de structure,
07:00c'est une machine pour faire des moteurs d'avion en un morceau,
07:03c'est une machine pour faire des blocs hydrauliques
07:04dans un sous-marin.
07:05Donc là, on est vraiment dans des engins,
07:08des constructions qui font plusieurs dizaines de centimètres.
07:11C'est ça, là, on parle de machines
07:13qui font 750 mm par 750 mm,
07:16donc 75 cm par 75 cm par 1 mètre,
07:18et on parle même d'une machine d'1,50 m par 1,50 m par 1,50 m.
07:22Et donc, on développe ces deux machines,
07:24une première qui sera la Formeup 750,
07:26qui sera disponible tout début 2027,
07:28donc on est à la toute fin de ce développement,
07:30et c'est un développement 100% français,
07:33avec des partenaires français et des sociétés françaises
07:36comme le CETIM, IPS, K-Labs ou Dassault Systèmes,
07:41et Vistory, qui permet la blockchain,
07:43c'est-à-dire la sécurité des données,
07:45parce que notre machine est extrêmement digitalisée,
07:47donc on a aussi un sujet,
07:48surtout pour la défense de cybersécurité.
07:51Et donc, on a été financé par France 2030,
07:55par la BPI, en partie,
07:56pour le développement de cette machine.
07:58Et là, même dans ces grandes machines,
08:00on est toujours avec ces technologies,
08:01lits de poudre,
08:03des positions d'énergie dirigées, c'est ça ?
08:05Oui, c'est exactement.
08:06Ça sera une première mondiale, d'ailleurs.
08:07C'est-à-dire qu'une machine d'un mètre 50,
08:09par un mètre 50, par un mètre 50,
08:10en lits de poudre,
08:11avec les niveaux de productivité,
08:13les niveaux de qualité de pièce,
08:14ça sera une première mondiale.
08:15Oui, donc c'est carrément incroyable.
08:16C'est incroyable, c'est une révolution.
08:19Et l'idée étant de pouvoir produire,
08:21parfois, des pièces extrêmement complexes.
08:22Imaginez un moteur d'avion,
08:24en un seul morceau.
08:25Donc là, vous êtes en train de révolutionner complètement
08:30l'usinage un peu de ces pièces.
08:32C'est une révolution industrielle.
08:35Encore une fois, un moteur d'avion
08:37ou une grosse pièce de structure
08:38fait en un seul morceau,
08:40avec aucune dépendance,
08:41à aucun fournisseur,
08:42avec un lead time extrêmement court
08:44et des pièces plus légères,
08:46c'est une révolution.
08:47Et aujourd'hui, ce qui est compliqué,
08:48après derrière,
08:49c'est le passage à l'échelle industrielle.
08:51Aujourd'hui, parce que j'imagine,
08:53pour construire ces grandes pièces,
08:54alors je parle du projet massif,
08:55mais voilà, il va falloir plusieurs imprimantes
08:57pour fournir en temps, en heure,
08:59tous ces industriels.
09:01Ça, c'est l'étape d'après encore.
09:03Non, il y a des industriels qui se sont lancés.
09:05Après, il y a un temps long,
09:06parce que, comme vous l'avez dit,
09:07c'est des pièces de sécurité,
09:09c'est des pièces qui vont dans des avions,
09:10c'est des pièces qui vont dans le corps humain.
09:12Il y a des temps de qualification.
09:14Adop accompagne,
09:14c'est-à-dire que nous,
09:15on ne fait pas que des machines.
09:16On a aussi,
09:17c'est dans l'ADN de FIV,
09:19de notre actionnaire FIV,
09:20qui a 200 ans et qui a fait les ascenseurs de la Tour Eiffel,
09:23et qui aujourd'hui fait les machines d'impression 3D,
09:26c'est d'accompagner les clients.
09:27Donc aujourd'hui, on a une vraie offre.
09:28La moitié de notre chiffre d'affaires,
09:29elle est dans une offre d'accompagnement
09:31de nos clients à la sélection des pièces,
09:34au montage du business model,
09:36au développement.
09:37Et donc, les industriels qui ont envie d'y aller,
09:39ça prend du temps,
09:40ils y vont avec nous,
09:41on est en partenariat
09:42et on fait des choses magnifiques.
09:43Et puis, rappelons une chose
09:44qui est importante ici sur ce salon,
09:46c'est la production locale.
09:47Quand on parle de relocalisation de l'industrie,
09:50là, voilà,
09:50alors on peut avoir sa petite imprimante
09:52dans sa station spatiale,
09:53mais justement,
09:54ce que vous dites,
09:55c'est qu'on peut l'avoir,
09:56vous parliez de défense,
09:57sur une base militaire,
09:59on imagine ce genre de choses,
10:00on n'est plus obligé de dépendre d'un site
10:02avec toute la supply chain derrière.
10:04Exactement,
10:04il n'y a aucune dépendance
10:05à une supply chain,
10:06on a sa machine,
10:06on a les paramètres dans un ordinateur,
10:08on appuie sur les boutons,
10:09on imprime la pièce.
10:10Et on n'a même pas de pièces de rechange.
10:11Les pièces de rechange,
10:12on peut les imprimer au besoin.
10:13On n'a plus de stock,
10:14on ne fait plus venir les pièces
10:16de l'hexagone,
10:17impact positif sur l'environnement,
10:21production de la pièce très rapide,
10:23une révolution.
10:24Merci, Julien,
10:25merci d'être venu nous parler de tout ça.
10:26Donc,
10:26président de FIV,
10:27Adobe,
10:28c'est la filiale du groupe FIV Technologie,
10:30que l'on connaît bien évidemment
10:30chez BFM Business,
10:31mais dédiée à cette impression 3D métal,
10:34ces imprimantes 3D impressionnantes.
10:36et justement,
10:37on attend de voir
10:38cette immense machine
10:40pour la pression de la vie.
10:42On est vraiment
10:42quelque chose de révolutionnaire.
10:44Il faut bien comprendre tout ça.
10:45Merci d'avoir été avec nous.
10:46Allez,
10:46on marque une fois.
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