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Mardi 31 mars 2026, retrouvez Julien Millet (président, Game Only), Julien Tellouck (journaliste, Tant qu'il y aura du wifi), Julie Groffe-Charrier (maître de conférence HDR, Université Paris Saclay) et Laure Valée (journaliste et animatrice e-esport) dans PLAY SMART, une émission présentée par Nicolas Jucha.
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00:08Bonjour à tous, vous regardez PlaySmart, votre rendez-vous pour décrypter l'industrie du jeu vidéo en français dans le
00:13monde.
00:14Peggy a annoncé des nouvelles classifications en mars, prise d'effet en juin.
00:18On va faire un point avec Julie Grove-Charrier, maître de conférence à l'université Paris-Saclay, spécialiste du droit
00:24du numérique.
00:24Elle va nous dire ce que ça change vraiment et aussi ce que ça change pas tant que ça.
00:28En deuxième partie d'émission, la partie multijoueur, on va parler du marché des médias de jeux vidéo en France.
00:35Deux personnes au cœur du réacteur vont répondre à mes questions.
00:38Laure Vallée, présentatrice et animatrice e-sport.
00:41Et Julien Tellouk, la figure historique de Game One, la chaîne qui a cessé d'émettre en fin d'année
00:462025 et qui essaye de se reconstruire.
00:48Ils vont m'expliquer quelle est leur vie de journaliste de jeux vidéo et aussi comment ils voient les années
00:53à venir.
00:53Et enfin, dans Level Up, en toute fin d'émission, on va s'intéresser à l'association Game Only avec
00:59son président et cofondateur Julien Millet.
01:01Une association qui soutient les studios de jeux vidéo en région Auvergne-Rhône-Alpes.
01:06Voilà pour le menu PlaySmart, nouvelle partie.
01:13Les jeunes joueurs de jeux vidéo sont-ils assez protégés ?
01:16Surtout, est-ce que les critères PEGI prennent assez en compte, d'une part, les contenus addictifs, les contenus payants,
01:23potentiellement payants,
01:24et aussi les messageries intégrées dans les jeux vidéo ?
01:27Des annonces ont été faites en mars sur des nouveaux critères, des nouvelles classifications.
01:31Elles prendront effet en juin.
01:32Est-ce une révolution ou simplement un ajustement ?
01:35Et surtout, qui va vraiment être concerné ?
01:38Quels jeux vont être réellement concernés par ces changements ?
01:40On fait le point avec Julie Groff-Charrier.
01:42Bonjour.
01:43Bonjour.
01:43Maître de conférence à l'Université Paris-Saclay, spécialiste du droit du numérique.
01:47On vous avait accueilli l'an dernier sur la première saison de PlaySmart sur un sujet sur l'IA avec
01:52Com de Marigny.
01:53J'ai envie de vous demander, ces annonces sont-elles surprenantes ?
01:57Ou est-ce que c'était dans l'air du temps, c'est-à-dire un petit peu un resserrage
02:02de vis, notamment autour des achats intégrés dans les jeux ?
02:05Oui.
02:05Alors, c'est relativement prévisible.
02:08C'est-à-dire qu'on sent une tendance ces derniers temps, dans les discours présidentiels, une espèce de petite
02:13musique comme ça,
02:14de volonté d'accroissement de la protection des mineurs en ligne.
02:18Et naturellement, les jeux vidéo étant concernés au premier titre, ça se joue sur des critères qui sont, cette fois
02:25-ci, effectivement relatifs à une mise en œuvre du numérique et de l'interactivité en ligne.
02:30Et donc là, si on résumait la philosophie de ces changements, on pourrait dire qu'il y a deux grands
02:34axes.
02:36Achats intégrés, donc tout ce qui est commercial dans le jeu, et tout ce qui est messagerie, donc tout ce
02:40qui est échange entre joueurs,
02:42ce qui ne concerne que les jeux en ligne d'ailleurs, puisqu'il y a beaucoup de jeux, on le
02:44rappellera, qui n'utilisent pas de fonctionnalités en ligne.
02:47Mais globalement, dans toutes ces annonces, qu'est-ce qu'il faudrait retenir ? Quels seraient les trois points clés,
02:52les trois gros changements ?
02:53Alors, sur les changements, au cas par cas, on va dire que ça va toucher les jeux qui intègrent des
02:59NFT ou de la blockchain,
03:00ça va toucher des jeux qui intègrent des lootboxes qui sont, depuis un moment, un enjeu de premier plan.
03:06Le Royaume-Uni s'y était déjà intéressé.
03:08Et puis, effectivement, les jeux où les méthodes de communication ne sont pas suffisamment encadrées.
03:13Et en fait, on se rend compte que ça génère une nouvelle problématique,
03:16c'est-à-dire que jusque-là, on avait Peggy qui était plutôt à s'intéresser sur le contenu du
03:21jeu.
03:21Un jeu violent, un jeu avec du contenu sexuel, du langage grossier, etc.
03:25Claire Obscure, Expédition 33 et Peggy 18.
03:28Voilà, exactement.
03:28Mais peut-être pas forcément dangereux dans ces usages au-delà du contenu.
03:33Exactement.
03:34Qui est violent.
03:34Et cette fois-ci, justement, effectivement, c'est tout à fait ça.
03:36On intègre maintenant une classification qui ne repose pas tant sur le contenu du jeu lui-même
03:42que sur les méthodes d'interactivité.
03:44Ça veut dire que si Animal Crossing, par exemple, qui est Peggy 3,
03:47avait une messagerie intégrée qui était non filtrée avec des gens très toxiques dedans
03:51ou des gens qui voulaient, par exemple, proposer de la drogue via la messagerie,
03:55là, il basculerait en 18, en fait, dans la logique.
03:58Tout à fait.
03:58Ou si on peut même aller plus loin.
04:00On sait que là, il y a une double classification qui va s'opérer selon qu'on récompense le retour,
04:05et là, on va passer Peggy 7, ou on sanctionne l'absence, et là, c'est Peggy 12, en fait.
04:09Justement, Animal Crossing avait un système d'achat de radis le dimanche matin.
04:13Et ça, en fait, c'est très important parce que c'est un système, en fait, un peu de manipulation
04:17mentale
04:18dans les cas extrêmes.
04:19C'est le FOMO, c'est ça, le Fear of Missing Out.
04:21Exactement.
04:22Et ça, ça peut être problématique pour les migrants.
04:23Voilà.
04:23C'est ce qu'on classifie.
04:25Vous savez que l'approche par les risques a aujourd'hui vraiment le vent en poupe.
04:29Et c'est ce qu'on qualifie de dark patterns, c'est-à-dire des problèmes d'addiction, etc.,
04:33avec une volonté très claire de faire revenir les joueurs.
04:37Et quand ils sont jeunes et qu'il y a une vulnérabilité liée à la jeunesse,
04:40on prête une attention particulière.
04:42Là, les nouveaux critères sont un peu plus sévères qu'avant.
04:45Le monde du jeu vidéo, notamment les éditeurs, le CEL, ont accueilli ça plutôt favorablement.
04:50Il y a certaines raisons, notamment le fait que les jeux déjà existants,
04:53s'ils ne changent pas, ne seront pas impactés.
04:55C'est-à-dire qu'un jeu existant, par exemple Fortnite,
04:58à moins d'inclure de nouvelles fonctionnalités, n'a pas besoin de changer quoi que ce soit.
05:02Il reste avec le même classement Peggy, parce qu'il existe avant l'adaptation.
05:08Exactement.
05:09Il ne va pas y avoir un bouleversement de l'intégralité des titres qu'on connaît.
05:12La nouvelle classification, elle interviendra pour les jeux qui vont soumettre une demande Peggy
05:17à partir de juin 2026.
05:19Donc c'est le futur du paysage du jeu vidéo.
05:22Pas tant son passé ou son actualité.
05:24Il y a certaines classifications qui font encore débat,
05:27parce que des achats intégrés, qui seraient encore sous le Peggy 18,
05:31on pourrait se demander si c'est bien raisonnable.
05:34Ça veut dire quoi ?
05:35Ça veut dire que malgré ce resserrage de vis Peggy,
05:39les parents ont tout intérêt à bien regarder ce que font leurs enfants sur les jeux vidéo,
05:45et notamment quand il y a des fonctionnalités en ligne.
05:47En fait, le classement Peggy a clairement dit que les parents restent responsables, au final.
05:53Et c'est sans doute de bonne logique en réalité.
05:56Alors là, on a des approches différentes.
05:57Moi, je ne suis pas très favorable à des interdictions massives.
06:01C'est-à-dire que, de la même manière qu'on n'apprendrait pas à un enfant à traverser la
06:06route
06:06en attendant qu'il ait 15 ans et en le portant avec les yeux bandés jusqu'à ce qu'il
06:09atteigne cet âge-là,
06:11moi j'ai le sentiment que l'interdiction, elle est contre-productive par essence,
06:14parce que les jeunes contournent et là-dessus...
06:17Oui, il y a toujours moyen de contourner.
06:18Et je pense que, de toute façon, c'est préférable.
06:20Donc oui, moi, quoi qu'il en soit, je suis extrêmement favorable à ce qu'on accompagne les parents,
06:24si besoin est, parce qu'il y a plein de parents qui découvrent et qui connaissent beaucoup moins que leurs
06:27enfants.
06:28Mais je crois que la pédagogie est toujours préférable à l'interdit.
06:32Oui, d'ailleurs, la philosophie de Peggy, ce n'est pas d'interdire,
06:34mais de donner, en fait, une certification pour recommander, finalement, le jeu à...
06:39Tout à fait. Et d'ailleurs, si on repart, l'origine de Peggy, c'est Mortal Kombat, en réalité, dans
06:43les années 90.
06:44Avec des moments très violents.
06:46Exactement, c'est les fatalities qui ont abouti à un classement américain et on a suivi.
06:52Donc, historiquement, ce n'est même pas contraignant, en réalité.
06:54Chez nous, ça l'est depuis 2015.
06:56Il y a un décret d'octobre 2015 qui rend ça contraignant juridiquement,
07:00mais avant, c'est juste, effectivement, un élément d'identification et d'information.
07:05Julie Grofcharié, merci beaucoup pour l'éclairage.
07:07Et je pense qu'on regardera ce qui se passera à partir de juin,
07:10si ça change beaucoup la vie des studios et surtout des éditeurs.
07:13On va se demander aussi, parce que les jeunes aiment jouer aux jeux vidéo,
07:16est-ce que les jeunes aimeraient aussi travailler dans l'industrie du jeu vidéo
07:19et pourquoi pas comme journalistes ?
07:20C'est la question que je vais poser à mes prochains invités,
07:23suite à la fermeture de Game One.
07:24Julien Telliouk va être en plateau avec moi, Laure Vallée également.
07:27Et on va se demander quel est le marché des médias de jeux vidéo en France en 2026.
07:37Journalistes de jeux vidéo, c'est une bonne situation, ça.
07:39Visiblement, les propriétaires de Game One se sont dit que non.
07:42Ils ont décidé de fermer, après 27 ans de bons et loyaux services, leur chaîne.
07:46Et on se demande aujourd'hui si elle pourra être rachetée et pourra être relancée.
07:50Et question sous-jacente, c'est quel est le marché du journalisme de jeux vidéo en France en 2026 ?
07:56Est-ce qu'on a vraiment la possibilité de créer des médias par entière ?
07:59Est-ce qu'on a la possibilité d'avoir des sujets jeux vidéo dans les médias les plus mainstream ?
08:04On va en parler avec deux personnes qui sont au cœur du réacteur.
08:08Julien Telliouk, bonjour.
08:09Bonjour.
08:10Alors, je parlais de cœur du réacteur.
08:11Vous, pour le coup, vous étiez l'une des figures clés de Game One.
08:14On va revenir là-dessus parce que, peut-être des choses qui vont changer courant en 2026.
08:19Et on est accompagnés aujourd'hui par Laure Vallée.
08:22Bonjour.
08:23Bonjour Nicolas, bonjour Julien.
08:25Depuis Berlin, j'ai envie de vous poser la première question.
08:28Laure, alors déjà, vous allez me dire si je vous présente bien.
08:32Journaliste et animatrice spécialisée e-sport, est-ce que j'ai raté quelque chose ou pas ?
08:37Non, c'est tout bon.
08:39Il y a beaucoup de casquettes, mais on va dire que c'est les principales.
08:41C'est les deux principales.
08:42Et Laure, je vous pose la première question.
08:44Game One, ça représentait quoi pour vous ?
08:48J'étais très, très triste d'apprendre la fermeture de la chaîne.
08:53Julien et tous ses collègues, évidemment, c'est des personnes qui m'inspirent énormément, m'ont énormément inspirée, m'ont
08:59tout simplement montré que, quand j'ai commencé mes études de journalisme, faire une carrière en tant que journaliste de
09:05jeux vidéo, c'était possible parce que j'ai grandi en les regardant.
09:08Donc, Game One, c'était une chaîne qui représente énormément pour moi, effectivement.
09:12Surtout que vous, là, pour parler du sujet spécifiquement, vous n'aviez pas forcément imaginé au début de vos études
09:17que vous pourriez faire journalisme jeux vidéo.
09:19Je crois qu'au départ, vous étiez plutôt partie sur des sujets culturels, voire gastronomiques, c'est ça ?
09:23Oui.
09:24Oui, moi, j'étais...
09:25Alors, je voulais être commissaire-priseur, donc rien à voir, en fait, à la base.
09:28Et c'est en me réorientant vraiment vers le journalisme que je me suis rendue compte du jeu vidéo qui
09:33était une passion, que c'était justement possible d'en faire une vocation,
09:36justement grâce à des personnes comme Julien, Genius, Kayane, Marcus, Anthony Morel, et aussi, qui avaient ses chroniques fréquemment sur
09:46BFM.
09:47Mais c'est vrai que c'était assez niche à l'époque, et on parle de jeux vidéo ici, c
09:51'est vrai que l'e-sport, il n'y avait vraiment pas de terrain pour ça, en tout cas dans
09:54les médias généralistes.
09:55Julien Teluk, Game One, donc, s'est arrêté d'émettre, mais la marque existe toujours, elle est toujours propriété de
10:03Paramount Skydance,
10:04et il y a des rumeurs comme quoi elle pourrait être relancée, des investisseurs potentiels qui doivent négocier pour racheter
10:10la chaîne et ses canaux.
10:12Vous savez où on en est ou pas ?
10:14Alors déjà, petite précision quand même, si Paramount Skydance, qui va devenir Paramount Skydance Warner, parce qu'il y a
10:21une fusion en cours,
10:24ils n'ont pas fermé que Game One, parce qu'ils n'y croyaient pas aux jeux vidéo, ils ne
10:28croyaient pas à un média de jeux vidéo, ils ont fermé des chaînes dans le monde entier.
10:31C'est une question plus stratégique pour le groupe, parce qu'à un moment donné, ils disaient que la télé
10:36linéaire, celle qui était le modèle économique de Game One,
10:39n'était pas viable dans quelques années, pas tout de suite, parce que Game One était rentable, mais dans quelques
10:44années,
10:44ça sera le cas pour les chaînes musicales d'MTV et compagnie, ils ont fermé plusieurs chaînes dans le monde, et
10:49du coup, ils ont une stratégie qui va miser sur le streaming.
10:53Concernant le retour de Game One, ça a été public, il y a un investisseur qui s'appelle David Nechel,
10:59qui est un investisseur qu'on connaît bien dans le monde du jeu vidéo,
11:02il a été patron du SEL, qui organise notamment la Paris Games Week, il a été chez Activision Blizzard, il
11:07a travaillé aussi chez Canal+,
11:08et lui s'intéresse, et aujourd'hui, il travaille pour ESL, qui parle d'e-sport, donc il connaît très
11:14bien le sujet, il connaît très bien Game One,
11:16je le connais depuis de longues années, et oui, il veut relancer la chaîne, il veut racheter la marque, et
11:21relancer Game One telle qu'elle était,
11:22avec peut-être un côté plus moderne, aller sur Twitch, aller sur YouTube.
11:27Oui, investir quand même les nouveaux médias, les réseaux sociaux, parce qu'on ne peut plus faire une chaîne linéaire
11:31sans avoir un parallèle sur les réseaux sociaux.
11:33Exactement, à Game One, il y avait une sorte de barrière, à un moment donné, qu'il ne fallait pas,
11:37c'était un peu la télé traditionnelle,
11:38alors qu'on avait un public qui est féru quand même de Twitch et de YouTube, on l'a vu
11:41en relançant notre émission qui s'appelle La Team,
11:44on a un public qui est fidèle et qui a été là dès le premier jour, et qui reste au
11:47fil des émissions,
11:48donc oui, il y a quelqu'un qui essaye, qui s'appelle David, qu'on a rencontré, qui essaye de
11:52relancer la chaîne,
11:53qui veut racheter la marque à Paramount.
11:56Et là, qu'est-ce qui pourrait l'empêcher d'y arriver ?
11:59Que Paramount dise non, je pense, mais...
12:02Et qu'est-ce qui pourrait les pousser, eux, à dire non, puisque vendre un outil qu'ils n'utilisent
12:06plus, ça paraît tellement logique ?
12:07Je ne sais pas, c'est des questions qu'il faut poser à Paramount,
12:09mais je pense qu'à un moment donné, toute société qui, à un moment donné, a des actifs ou des
12:13marques,
12:13veut gagner de l'argent, c'est le but quand même d'une société,
12:16ce n'est pas sur Bismarck qu'on va la prendre,
12:18à mon avis, il y aura une transaction qui va sûrement se faire pour gagner de l'argent.
12:22Ils ont déjà, le groupe Paramount, vendu des chaînes dans le monde entier,
12:25en préparation de ce nouveau modèle économique qui va être 100% streaming.
12:30Ça a été le cas notamment en Amérique du Sud, où ils ont vendu des actifs et des chaînes.
12:33Donc je pense que c'est quelque chose qui va arriver.
12:35En revanche, je ne suis pas dans les petits papiers, je ne pourrais pas savoir.
12:37Je sais juste qu'aujourd'hui, ça a été mis dans sa téléfact.
12:40Une relance est possible, et même pas probable,
12:44mais en tout cas, il y a de vraies bonnes chances pour que ça se fasse.
12:46Il y a vraiment une volonté.
12:47En attendant, Julien, il y a beaucoup de travail de votre côté,
12:51le podcast, tant qu'il y aura du Wi-Fi.
12:53Il y a un podcast vidéo, on le voit sur YouTube notamment.
12:56Alors, vidéo, mais aussi sur les plateformes de streaming audio.
12:59Et j'invite Laure, parce que là, je viens d'apprendre que Laure,
13:02elle voulait travailler dans les critiques culinaires et compagnie.
13:05Et ça, ça m'intéresse.
13:06J'aime bien savoir, justement, ce genre de personnages.
13:10J'invite Julien, et il me pique mes sujets.
13:12Julien, il y a aussi l'émission La Team Le Respond,
13:15qui tourne sur le modèle des émissions de talk de Game One.
13:19Combien de temps vous pouvez faire ça avant un éventuel rachat ?
13:23Parce qu'on imagine que pour faire venir tous ces gens,
13:25les faire travailler, il y a le coup du studio, il y a le coup des gens.
13:28Combien de temps vous avez sous le coude pour faire ça ?
13:31Alors, je vais être honnête.
13:32On est parti en foule indépendant.
13:34Et on est parti avec une volonté qui était de payer les équipes.
13:39Les techniciens notamment.
13:40Les techniciens, les animateurs aussi.
13:41Tout le monde est payé dans cette aventure.
13:44On a voulu faire la même qualité qu'on faisait auparavant sur Game One,
13:47voire faire même mieux.
13:48C'est beau plateau d'ailleurs.
13:48Merci. Le plateau est beau aussi ici.
13:51On aurait pu tourner l'émission aussi ici.
13:53Ça aurait pu être sympa.
13:56Donc, clairement, ça nous coûte de l'argent.
13:58On est capable de tenir normalement 4 à 5 émissions.
14:01Donc, il y a une recherche de sponsors avec des gens qui sont dédiés à ça.
14:04On travaille avec des agences de régie publicitaire.
14:07Normalement, vu les chiffres, on va trouver des sponsors
14:09et on va pouvoir continuer quelques semaines.
14:12Au moins amortir et peut-être durer plus longtemps.
14:14L'objectif est de durer au moins jusqu'à juin,
14:15ce qui était une période télé traditionnelle sur Game One.
14:18On commençait en septembre, on terminait en juin avec le Summer Game Fest,
14:21qui était le big événement où il y avait toutes les annonces.
14:23Laure, je me tourne vers vous parce qu'en sous-jacent de ce que dit Julien,
14:29il y a des choses qui sont dites.
14:30C'est qu'être journaliste de jeux vidéo, être un média de jeux vidéo,
14:33sur un plan de visibilité, ça marche plutôt bien.
14:37Il y a un vrai public, il y a beaucoup de joueurs, beaucoup de gens passionnés.
14:40Par contre, sur un plan économique, ce n'est pas si simple de vivre de ça.
14:44Et vous, par exemple, vous êtes un très bon exemple parce qu'au-delà de la journaliste,
14:48vous avez su créer aussi une personnalité sur les réseaux sociaux.
14:52Par exemple, Laure Vallée, c'est presque un personnage qui incarne le e-sport français.
14:57Et ça, quand est-ce que vous avez intégré dans votre réflexion professionnelle
15:01qu'il allait falloir être peut-être un peu plus qu'une journaliste de jeux vidéo et de e-sport
15:06?
15:07Tout d'abord, merci beaucoup.
15:09Et c'est vrai que c'est quelque chose dont je me suis rendu compte assez rapidement.
15:13Mais pour moi, c'était quelque chose qui était intrinsèque avec le fait d'être journaliste tout simplement
15:16puisque au travers de mes études, de mes expériences, des différentes piges
15:20que j'avais commencé à entreprendre durant mes études,
15:23je me suis rapidement rendu compte que je n'allais pas réussir à travailler au sein d'un seul et
15:30même média.
15:31Du coup, ce que j'ai essayé de faire en réfléchissant à un petit peu mon modèle économique,
15:35entre guillemets, ce que je voulais devenir dans cette industrie,
15:38je me suis dit pourquoi pas travailler via différents médiums, différents médias,
15:43mais aussi essayer de rassembler des gens autour de ce que moi j'aime.
15:48Donc, comme Julien le disait, c'est vrai que les plateformes Internet sont assez bien faites pour ça,
15:54s'armer d'un Twitch, d'une plateforme YouTube,
15:56justement pour que les gens qui me retrouvent à travers différents médias
15:59puissent aussi me retrouver à travers des réseaux qui sont les miens
16:01pour parler des choses qui me passionnent et qui sont les miennes aussi.
16:05Donc, pour moi, ça va avec le fait d'être freelance, d'être pigiste.
16:09Je pense que c'est quelque chose que beaucoup de journalistes font également.
16:11Mais c'est vrai que le jeu vidéo, et notamment l'e-sport, est relativement propice à ce genre de
16:17terrain
16:17puisque, comme on l'a dit, ce n'est pas quelque chose de forcément très stable aujourd'hui.
16:22J'ai eu la chance de travailler pour différents médias et différents médias généralistes notamment,
16:27mais on se rend bien compte que c'est quelque chose qui ne dure pas forcément à travers le temps.
16:31Mais ce qui dure à travers le temps, c'est ce qu'on arrive à construire,
16:34soit en tant que marque et en tant que personnalité.
16:37Et aujourd'hui, j'ai la chance de pouvoir le faire.
16:39Mais c'est vrai que ça a été un long travail.
16:42C'est, comment dire, cultiver ces réseaux sociaux,
16:47faire de chaque apparition dans un média ou dans une compétition
16:51quelque chose qui peut être redistribué ailleurs via une vidéo YouTube, via des podcasts.
16:55Vraiment, raconter ma vie et inviter les gens à me suivre dans cette aventure qu'est l'e-sport.
17:01Et je constate qu'aujourd'hui, beaucoup de personnes le font aussi.
17:04Ça va un petit peu aussi avec le métier de YouTuber.
17:07Je pense que beaucoup de YouTubers organisent leur carrière et leur contenu autour de ça.
17:11Et c'est quelque chose, forcément, qui correspond à l'e-sport et aux jeux vidéo aussi.
17:16Moi, pour donner un exemple, j'imaginerais très bien Julien nous emmener à travers sa semaine,
17:22nous montrer ce qu'il fait pendant une semaine,
17:24nous montrer comment se passent les coulisses d'une émission Game One,
17:27comment se passent les coulisses d'une construction de podcast.
17:29Et je pense qu'à partir du moment où on est quelqu'un comme lui,
17:31ou potentiellement comme moi, qui fait assez de choses dans la vie de tous les jours,
17:35les gens ont envie de savoir, les gens ont envie de voir ça.
17:38Et les emmener justement dans cette aventure, je pense que c'est très intéressant.
17:41Vous devenez vous-même en fait un média à part entière.
17:44Julien, ça pose une question intéressante,
17:46parce que lors, vous avez évoqué les créateurs de contenu, les YouTubers,
17:49et en fait, quand on est journaliste jeux vidéo,
17:52qu'on a des créateurs de contenu, des YouTubers,
17:54qui sont entre guillemets sur le même terrain de compétition,
17:58mais il y a une grande différence,
17:59c'est qu'ils n'ont pas forcément la même déontologie à respecter.
18:02Par exemple, le journaliste, il doit vérifier ses sources, vérifier ses infos.
18:06Ce n'est pas forcément le cas d'un créateur de contenu,
18:08qui peut créer un contenu sponsorisé,
18:11et donc parler en bien d'un jeu.
18:12Comment on vit avec ça ?
18:14Comment on arrive à vivre avec cette concurrence
18:17qui n'est pas déloyale, mais qui n'a pas les mêmes règles ?
18:19Ce n'est pas vraiment de la concurrence.
18:20Après, c'est le public qui fait la différence,
18:22parce que nous, sur Game One, par exemple,
18:24pendant des années, on était contre les fake news.
18:27Là où chaque YouTuber tombe sur une fake news,
18:30je vous prends, ne serait-ce l'annonce
18:32comme quoi il y aurait David Nechel
18:34qui va travailler sur un retour potentiel de Game One,
18:36regardez tous les réseaux sociaux et tous les sites Internet,
18:39ça s'est transformé en Game One revient en septembre.
18:42Ce n'est pas du tout le cas.
18:42C'était déjà fait, alors que ça n'a signé.
18:43Voilà, Game One ne revient pas en septembre.
18:45Il y a quelqu'un qui va essayer,
18:46mais on n'est pas sûr que ça va arriver.
18:48Donc il y a des gens qui sont sérieux.
18:49C'est vrai qu'Internet, comme l'a dit Laure,
18:51c'est très important aujourd'hui,
18:52mais pour n'importe quel journaliste,
18:53dans n'importe quel domaine,
18:54il faut le personal branding.
18:55Aujourd'hui, il faut pouvoir utiliser ses réseaux sociaux
18:58pour parler et faire du bruit.
19:00Plus que sur les autres thématiques ?
19:02Non, non, sur toutes les thématiques,
19:03c'est comme ça aujourd'hui.
19:05Mais c'est vrai qu'il y a des gens,
19:06des YouTubers, qui vont être des influenceurs
19:08et qui vont utiliser des fake news.
19:09Il y a des gens comme Laure,
19:11qui sont des personnes...
19:14Formées en école de journalisme déjà.
19:16Moi, je suis Laure depuis le début,
19:18et en fait, Laure a dit,
19:18oui, ça a été un long chemin et tout ça,
19:20pas du tout.
19:20Dès le début, Laure, elle a été carrée,
19:22elle a été sérieuse dans son contenu.
19:24Elle s'est montrée comme une experte.
19:26Elle a montré qu'elle faisait des recherches,
19:29qu'elle avait une expertise,
19:30qu'elle cherchait ses sources.
19:32C'est un vrai travail journalistique
19:33et le public la suit
19:34parce qu'aujourd'hui,
19:35c'est quelqu'un de crédible.
19:36Quand vous avez un YouTuber
19:37qui, chaque année, dit
19:38« Mes infos sur la PlayStation 6,
19:40elle va sortir l'année prochaine »
19:41et c'est sa vidéo la plus vue de sa chaîne,
19:43à un moment donné,
19:43oui, il aura raison,
19:44mais pendant 7 ans,
19:46il a eu tort.
19:46Mais il aura fait beaucoup de vues aussi
19:48et peut-être capté de l'attention
19:50qui ne sera pas donnée à de vrais journalistes.
19:52Il aura gagné de l'argent
19:52et c'est très bien pour lui.
19:53Mais à un moment donné,
19:54le public, je pense,
19:54n'est pas dupe.
19:56Lors, une dernière question pour vous
19:57puisque le temps file très vite.
19:59C'est une question par rapport
20:00à la place que le jeu vidéo a
20:02dans les médias mainstream.
20:03On va parler d'un succès récent
20:05du jeu vidéo français
20:06Claire Obscur
20:06qui a eu pour conséquence
20:08de voir certains des artistes
20:09qui ont travaillé sur le jeu,
20:10des gens qui ont travaillé
20:11sur la bande originale,
20:12la chanteuse
20:13ou même des créatifs
20:14qui sont apparus
20:15dans des émissions grand public
20:17comme Click, par exemple,
20:18pour un site Excel-là
20:19ou dans des émissions de radio
20:20sur France Inter.
20:22Comment vous le voyez,
20:23cette ouverture ?
20:24Est-ce que le jeu vidéo
20:24va devenir progressivement
20:27une thématique mainstream
20:28comme peut l'être
20:29le cinéma ou la musique ?
20:33Alors, pour répondre
20:34à cette question,
20:35on en parlait au début
20:36de mes inspirations
20:38et la raison pour laquelle
20:39je voulais devenir journaliste.
20:40Oui, je voulais être journaliste
20:41en presse culturelle
20:42mais parce que moi,
20:43je mets la gastronomie,
20:45le voyage,
20:45le cinéma,
20:46la culture.
20:47en fait,
20:48le jeu vidéo
20:49fait vraiment partie
20:50intégrante
20:51de toutes ces thématiques
20:52et je suis ravie aujourd'hui
20:53de voir qu'il est reconnu
20:54en tant que tel,
20:54que Claire Obscur
20:55a évidemment contribué
20:56à ce succès
20:57mais on a vu évidemment
20:58beaucoup d'autres exemples avant.
21:01Je pense que ça va être
21:02un exemple
21:02qui va servir
21:03à ouvrir la voie,
21:05à faire en sorte
21:06que le jeu vidéo
21:07soit considéré
21:08en tant qu'aspect culturel
21:09et on a de la chance
21:10en France,
21:11on a énormément de studios
21:12qui font rayonner
21:13le pays
21:14et le jeu vidéo
21:14sur la scène internationale.
21:17Donc,
21:18ouvrir la porte
21:19mainstream,
21:19oui,
21:20mais selon moi,
21:21c'est absolument mérité
21:22puisque le jeu vidéo,
21:23c'est un art
21:24comme un autre
21:25et je suis ravie
21:26de voir aujourd'hui
21:26qu'il est représenté
21:27en tant que tel
21:27sur les médias généralistes
21:28et non plus moqué.
21:29C'est un très beau mot
21:30de la fin,
21:31Laure Vallée,
21:31merci beaucoup.
21:32Vous venez comme vous voulez
21:33en plateau
21:34quand vous êtes de passage
21:35sur Paris.
21:35Avec plaisir.
21:36On vous donne les clés
21:37du studio.
21:38Avec grand plaisir,
21:39Julien,
21:40pareil,
21:40quand vous voulez revenir
21:41sur toutes les thématiques
21:42liées à l'actualité
21:43du jeu vidéo,
21:44c'était vraiment un plaisir
21:44de vous avoir tous les deux.
21:45On va parler
21:46d'une association
21:47que vous devez connaître
21:48qui va vous intéresser,
21:49Game Only,
21:50qui contribue
21:51à soutenir les studios
21:52en région Auvergne-Rhône-Alpes.
21:59Aider les studios
22:00de jeux vidéo
22:00à prospérer
22:01dans la région
22:02Auvergne-Rhône-Alpes,
22:03c'est la mission
22:03de Game Only,
22:04association cofondée
22:06et présidée aujourd'hui
22:07par Julien Millet.
22:07Bonjour.
22:08Bonjour.
22:08En quelques mots,
22:10cette association,
22:12en quoi elle consiste
22:13et surtout,
22:14elle aide
22:15combien de studios,
22:17combien d'entreprises
22:18et surtout,
22:18combien de salariés
22:19ou professionnels
22:20de l'industrie ?
22:22Game Only,
22:22c'est une association
22:23qui va regrouper
22:24130 studios environ
22:26sur la région
22:27Auvergne-Rhône-Alpes.
22:29Essentiellement,
22:30des petites structures ?
22:31On a toutes les tailles
22:32de structures.
22:32On a des petits,
22:33des moyens,
22:33des gros studios.
22:34On a la chance
22:34d'avoir un écosystème
22:35très varié dans la région.
22:37On a aussi bien
22:37des studios AAA
22:38comme Ubisoft,
22:39Arkane,
22:39des studios mid-size
22:40comme Old Skull
22:42ou Artifact
22:42et beaucoup de petits studios
22:44qui sont sur à peu près
22:45tous les formats possibles.
22:47Ce type d'association,
22:48il n'y a pas que vous
22:49parce que Paris,
22:50par exemple,
22:51on a Capital Games
22:52mais pourquoi c'est important
22:54qu'il y ait des associations
22:55qui viennent soutenir
22:56ces petits studios
22:57et surtout,
22:58quel est l'accueil
22:59réservé par les pouvoirs publics
23:01parce qu'on imagine bien
23:02que depuis 5 à 10 ans,
23:05il y a de plus en plus
23:05de structures de ce type
23:07qui voient le jour
23:08pour dynamiser
23:09les écosystèmes jeux vidéo
23:10au niveau régional.
23:11Il y a un intérêt
23:12qui est très fort
23:12parce qu'on est locaux
23:14donc ça permet
23:15de regrouper les studios,
23:16ça les permet aussi
23:17d'avoir un point de rencontre,
23:18de mutualiser des besoins
23:21typiquement sur les problématiques
23:22d'export.
23:23On peut récupérer
23:23grâce au soutien de la région
23:24une certaine quantité
23:25de fonds
23:26qui nous permettent
23:27après de faciliter
23:28l'envoi
23:28sur des grands salons.
23:30Par exemple,
23:31vous,
23:31ce que vous pouvez faire
23:32c'est accompagner
23:32une petite structure
23:33sur la création,
23:34la rédaction
23:35de son dossier
23:36pour un crédit d'impôt
23:36jeux vidéo par exemple.
23:37Ça fait partie des choses
23:38sur lesquelles on aide.
23:40On a aussi un incubateur
23:41qui s'appelle Let's Go
23:42dont le but est vraiment
23:43d'aider les studios
23:44à se structurer
23:44pour passer de 0 à 300 000 euros
23:46de chiffre d'affaires
23:47donc vraiment structurer
23:48une entreprise.
23:49Ce qu'on le rappelle,
23:49il y a beaucoup de petits studios
23:50qui se lancent
23:51et qui ne génèrent pas forcément
23:52beaucoup d'argent
23:53sur les premières années
23:54parce que c'est très compliqué
23:56de faire de l'argent,
23:57de gagner de l'argent
23:58dans le marché actuel
24:00qui est très concurrentiel.
24:01C'est un marché très...
24:02Effectivement.
24:03Nous, ce qu'on essaie de faire
24:04en fait,
24:04c'est de comprendre
24:05ce que c'est qu'entreprendre
24:07parce que clairement,
24:08souvent,
24:08ce sont des créatifs
24:08et pas des entrepreneurs.
24:10Exactement.
24:10La partie entrepreneuriale
24:12nécessite aussi
24:13d'acquérir un certain nombre
24:13de compétences
24:14et comme en général,
24:15ce sont des gens
24:16qui sont créatifs,
24:16ils n'ont pas le background
24:17nécessaire,
24:18business,
24:19comprendre ne serait-ce
24:20que les enjeux économiques,
24:21lire un bilan comptable.
24:21Donc en gros,
24:22tous ceux qui ont des bonnes idées
24:23d'histoire,
24:24de jeux,
24:25de gameplay
24:25mais qui ne savent pas
24:26comment créer l'entreprise
24:27autour,
24:29comment générer
24:29un business model
24:31pertinent autour.
24:32Tout ce qui est peut-être
24:33moins intéressant
24:34pour ces créatifs,
24:35c'est là où vous allez
24:36les accompagner en fait.
24:37Exactement.
24:38Nous, on vient là vraiment
24:38en support sur tous ces sujets-là.
24:40On a sur les dimensions
24:41ressources humaines aussi,
24:42aussi pour servir,
24:44on va dire,
24:44tout l'écosystème
24:45parce qu'on a aussi
24:45des gros studios
24:46qui ont aussi leurs problématiques.
24:47C'est une industrie globalement
24:48qui a besoin de se structurer
24:50avec le temps.
24:50Donc on essaie
24:51de l'accompagner un peu
24:52sur toutes ces sujets.
24:53Et la région,
24:54à laquelle lien avec vous,
24:56est-ce qu'elle vous a ouvert
24:57grand les portes ?
24:58Est-ce qu'elle vous soutient ?
24:58Est-ce qu'elle vous finance
25:00aussi partiellement ?
25:01Parce qu'on imagine bien
25:02que c'est tout bénéfice
25:04pour une région
25:05d'avoir une industrie créative
25:07qui monte.
25:08Qui vit à l'exportation.
25:09En fait,
25:09c'est aussi une des grandes forces
25:10du jeu vidéo,
25:11c'est que l'essentiel
25:11du chiffre d'affaires est...
25:1280% je crois
25:13pour le jeu vidéo français.
25:14Effectivement.
25:15Si on prend juste
25:15le niveau régional,
25:16on est à plus de 95%
25:17qui va se passer
25:18en dehors de la région.
25:19Donc forcément,
25:20c'est très intéressant
25:20pour eux d'avoir des entreprises
25:21qui soient technologiques,
25:22qui font travailler
25:23beaucoup de monde
25:24et qui puissent...
25:26Attirer d'autres économies.
25:28Exactement.
25:29Donc pour eux,
25:29il y a à la fois
25:30en termes d'image,
25:31un intérêt.
25:31Il y a aussi en termes
25:33de dynamisation.
25:34De dynamisation de petits territoires
25:35aussi, j'imagine ?
25:36Parce qu'on est aussi présent.
25:38La chance du jeu vidéo,
25:39c'est de pouvoir être développé
25:40un petit peu n'importe où.
25:41Donc on a aussi bien
25:42un bassin qui va être
25:43sur les grandes villes
25:44comme Lyon
25:45ou Villeurbanne.
25:46Pour les petites structures,
25:46ça peut être intéressant
25:47d'être dans des plus petites villes
25:48et sur des territoires
25:49entre guillemets plus reculés.
25:50Même si au Villeurne-Rhône-Alpes,
25:51on ne parle pas de la région
25:53la moins densément peuplée
25:54de la France.
25:55En termes de...
25:56Là, on parle de développement
25:57de l'économie,
25:58mais j'imagine qu'en termes
25:59de soft power,
26:01si on peut parler comme ça
26:01pour la région,
26:03on l'a vu avec un jeu
26:04comme Dordogne,
26:04alors pas en Ovalne-Rhône-Alpes,
26:05mais ce n'est pas forcément
26:07un jeu qui a vocation
26:08à être un succès commercial,
26:09mais il fait parler d'une région,
26:10il montre un imaginaire
26:11d'une région.
26:12Ça, par exemple,
26:13ça peut être des projets
26:14que la région puisse demander,
26:15soutenir,
26:16c'est-à-dire des jeux
26:17qui n'ont pas forcément vocation
26:18à faire 33 millions de ventes,
26:20mais à faire parler
26:21et à montrer un imaginaire
26:23de la région.
26:24On a aussi, par exemple,
26:25ce type qui était
26:26en grande partie développé
26:27à Ubisoft Nancy,
26:28donc forcément,
26:28ils sont au milieu de...
26:29Enfin, comme c'est un jeu
26:30sur les sports extrêmes,
26:31forcément, il y a tout
26:31ce qui était glisse,
26:32etc., qui était là.
26:34Donc, ça crée de la visibilité
26:35pour tout l'écosystème
26:36des sports extrêmes.
26:37Voilà, exactement.
26:38Après, les jeux de voiture,
26:40la région Auverne-Rhône-Alpes
26:41appartenaient le plus grand nombre
26:42de voitures de sport
26:43au mètre carré.
26:45Oui, donc, en fait,
26:45on voit que c'est, en fait,
26:46une industrie extrêmement transversale
26:48et donc, c'est pour ça
26:49que les régions voient
26:50d'un bon oeil
26:50ce type d'implantation.
26:52Oui, et puis aussi,
26:53en termes d'images,
26:54par rapport à tout ce qui est e-sport,
26:56enfin, disons,
26:56toute la partie gaming,
26:57c'est quelque chose
26:58qui les touche,
26:58pas forcément eux directement,
26:59mais aussi leurs enfants.
27:00Donc, ils sont très investis
27:01sur ces sujets
27:02pour pouvoir exister
27:03auprès d'un public jeune.
27:04C'est passionnant.
27:05Il y a plein de tiroirs
27:06à ouvrir sur cette thématique.
27:07Merci beaucoup, Julien Millet,
27:09je le rappelle,
27:09président cofondateur
27:10de Game Only,
27:12donc une association
27:13qui aide au développement
27:14des studios en région
27:15Verne-Rhône-Alpes
27:15et vous êtes aussi un expert
27:16de l'intelligence artificielle,
27:18autre sujet qu'on fait souvent
27:20sur ce plateau.
27:21Merci beaucoup
27:22d'avoir regardé PlaySmart.
27:23Je remercie surtout
27:24Sybille qui était en régie,
27:26Cem Algoul
27:26qui m'a aidé
27:27à préparer l'émission,
27:28Pierre-Louis Bergogné
27:29qui était au son
27:30et Loïc Allègre,
27:31grand fan de jeux vidéo
27:32qui assurait la réalisation.
27:33On se retrouve dans une semaine.
27:35D'ici là, n'oubliez pas
27:36jouer c'est bien,
27:37jouer intelligemment
27:38c'est mieux.
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