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  • il y a 21 heures
Ce mardi 10 mars, les réactions des marchés et les conséquences en Asie suite au blocage des exportations de pétrole ont été abordées par Jacques Lemoisson, fondateur de GATE Capital Management, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Il y aura encore beaucoup de résultats à suivre cette semaine du côté de Francfort avec notamment Rheinmetall qui va
00:06publier ses résultats demain.
00:08Juste avant on va parler de l'Asie comme chaque mardi à 9h30 et ce matin c'est Jacques Lemoisson
00:12qui nous accompagne, fondateur de Gay Capital Management.
00:14Bonjour Jacques. Bonjour Etienne. Dans un instant on reparlera de la réaction de marché, très forte volatilité sur les cours
00:19du pétrole et puis surtout les indices actions qui se font un petit peu balottés dans tous les sens.
00:23Comment vous regardez là ce qui se passe sur le Brent ? On était hier matin à 119 dollars et
00:28là on a perdu 30% quasiment. C'est historique.
00:31Merci Trump. L'oracle des marchés est le plus grand trader du monde parce qu'il finit les fondamentaux n
00:37'ont pas changé.
00:38Simplement c'est déjà le G7 avait commencé à laisser fuiter qu'on pourrait avoir des réserves stratégiques utilisées pour
00:50réduire la pression sur les prix du baril.
00:52Trump a ajouté une couche en disant que la guerre ne serait qu'une question d'heures ou de minutes
00:57ou de jours, on ne sait pas encore.
01:00Et ça suffit pour que les algorithmes sautent dessus et après fassent vendre le marché.
01:06Il y a eu des prises de bénéfices aussi.
01:08Maintenant ce qui compte pour nous c'est le régime et le régime iranien n'a pas changé.
01:12Le régime de Hormuz n'a pas changé et les stocks des différents pays du Golfe sont pleins.
01:22Ce qui veut dire que là il y a des annonces depuis ce matin qui coupent les productions.
01:27Et ça, couper une production, ça se fait assez rapidement.
01:29La relancer, ça met plus de temps.
01:31Donc c'est assez maîtris temporel et pas du tout prise en compte par le marché.
01:36Donc pour l'instant, on va dire qu'on reste prudent.
01:39Et pourtant le marché se fait un peu baloté dans tous les sens.
01:43Tout a changé, rien n'a changé.
01:44C'est-à-dire qu'en fait hier Donald Trump, ce n'est pas des annonces concrètes, c'est des
01:48intentions.
01:49On va peut-être mettre en place des escortes, mais ça il l'avait déjà dit il y a une
01:52dizaine de jours.
01:53C'est pourquoi pas mettre fin à des embargos.
01:56Mais ça aussi le secrétaire au Trésor américain avait émis cette piste la semaine dernière.
02:00Qu'est-ce qu'il y a d'un seul coup comme ça propulsé hier les indices américains et fait
02:04dégonfler les cordes du pétrole ?
02:06C'est la spéculation ? C'est des investisseurs qui se sont pris les pieds dans le tapis ?
02:09Non, il y a déjà eu des prises de bénéfices sur le baril.
02:11La hausse, nous on était rentrés à 63 au baril.
02:15Bon, qu'on le vendre à 190 ou 80, on gagne 20 dollars sur le baril.
02:20Donc c'est bien de prendre des bénéfices, petit un.
02:23Petit deux, vous avez beaucoup de produits hybrides maintenant qui commencent à fleurir partout dans le marché.
02:27C'est des produits structurés qui jouent deux classes d'actifs à la fois.
02:31Et donc ils ne font qu'augmenter en fait les variations entre deux actifs sur la corrélation et décorrélation de
02:37ces actifs-là.
02:38C'est un peu technique mais de plus en plus les flux sont complètement déconnectés d'un certain fondamental jusqu
02:44'à ce que le fondamental...
02:45J'aime toujours dire aux investisseurs et ce que j'écris dans ma lettre matinale, c'est quand le prix
02:53du pétrole parle, même si on a des hommes politiques qui ont une grosse voix, c'est pas forcément eux
02:59qui ont le mot de la fin.
03:01Oui, il a fait baisser de 115 à 85 dollars le baril.
03:05Maintenant, le mini-choc d'inflation commence à se faire sentir et certains pays, notamment asiatiques, peuvent être aussi très
03:12sensibles à un régime du prix du baril plus élevé que lorsqu'il était à 65 dollars il y a
03:19quelques semaines.
03:19Depuis une semaine, on le voit, les marchés européens, les marchés asiatiques sont des cibles.
03:24En tout cas, on a quand même une très belle surperformance de Wall Street et puis à l'inverse des
03:27prises de bénéfices marquées du côté de l'Asie, du côté de l'Europe.
03:31Europe avec le marché qui pense en fait que la cible, c'est l'Asie, c'est l'Europe dans
03:36le sens où c'est deux continents qui seront pénalisés par cette guerre, par la remontée des matières premières.
03:42C'est vrai que quand on regarde les flux énergétiques, notamment du côté du Japon, du côté de la Corée
03:46dans une moindre mesure, du côté de la Chine, on a une dépendance extrême du pétrole du Moyen-Orient.
03:52Hormuz, et on revient toujours au même problème, Trump peut dire ce qu'il veut, pour l'instant Hormuz est
03:56bloqué, à 90% bloqué on va dire.
03:59Donc s'il est bloqué, on a toujours ce goût d'étranglement.
04:02Et une grosse partie du pétrole va en effet en Asie.
04:07Maintenant en effet, les pays asiatiques consomment globalement 40% de la production mondiale et produisent zéro.
04:13Ce que les gens oublient, c'est que la Chine représente 20% du raffinage mondial, numéro un.
04:20Or, le mix énergétique du pétrole et du gaz en Chine, c'est 4%.
04:26Et c'est quasiment 60% au Japon, en Corée et en Thaïlande.
04:32Ce qui veut dire que lorsque vous avez un choc de prix du baril de 20 dollars, et je ne
04:37parle pas des 119 dollars, là je mets juste 20 dollars.
04:39La Chine, elle, c'est charbon, green energy et nucléaire.
04:454% seulement pétrole-gaz.
04:47Par contre, le Japon, la Thaïlande et la Corée, ça c'est autre chose.
04:51C'est pour ça que vous avez une énorme variation sur les indices coréens et japonais, parce que très clairement
04:55vous avez des problèmes.
04:56Et si vous mettez en corollaire en même temps la politique monétaire un peu hasardeuse de Takashi au Japon,
05:01qui veut baisser les taux malgré les choses d'inflation, là vous avez de l'inflation à porter dans ces
05:06pays-là.
05:07Et que le baril soit à 110 ou à 90 dollars ou à 85 dollars, entre guillemets, ce n'est
05:12pas le problème.
05:13C'est s'il reste là, à ce niveau-là, là c'est un problème pour ces pays-là.
05:16Et pourtant, c'est des pays qui achètent du pétrole en dehors du marché, notamment du côté de la Russie.
05:23Donc il y a des voies quand même de contournement.
05:25Non mais là, on parle toujours, on est obligé de simplifier les choses.
05:29Donc évidemment, il y a des voies de contournement.
05:31Maintenant, si on parle d'un point de vue volatilité, pourquoi certains pays asiatiques comme le Japon ou la Corée
05:39notamment, ont été très volatiles ?
05:41C'est en raison justement de l'impact du baril dessus.
05:44Pourquoi la Chine a été stable par rapport à ces marchés-là ?
05:47C'est que la Chine ne dépend pas, ça je tiens à répéter, du pétrole et du gaz pour son
05:52mix énergétique.
05:53Sachant qu'elle achète énormément de pétrole, oui, mais c'est pour le raffiner et le revendre.
05:58A tel point que justement, si la Chine commençait à dire, nous on stoppe toutes les exportations pour les raffiner,
06:04je pense qu'il y a un petit problème.
06:06En tout cas, ça a pesé sur les indices asiatiques.
06:09La Chine continentale a plutôt bien résisté, mais on a eu des prises de bénéfices marquées du côté de Hong
06:13Kong, du côté de Tokyo et surtout du côté de Séoul.
06:16Encore cette nuit, les coupes-circuits se sont mis en place parce qu'il y a beaucoup de volatilité tirée
06:20notamment par SKNX et par Samsung.
06:23Est-ce qu'aujourd'hui, ce nouveau conflit géopolitique remet en cause cet thème d'investissement sur l'Asie ?
06:30Alors, de mon humble avis, ce qui se passe en Iran, on verra la finalité, parce que ce n'est
06:39pas encore très clair, peut être par la même magnitude que la chute du mur de Berlin.
06:45Vraiment.
06:46Donc, ce n'est vraiment pas anodin.
06:49Maintenant, quel va être l'outcome pour parler en bon français ?
06:52Ça, on ne sait pas encore.
06:53Maintenant, après, pour l'Asie, très clairement, on voit encore, et je suis désolé de le répéter et de le
06:59redire,
07:00la Chine, grâce à sa décarbonation et grâce à son indépendance de plus en plus forte sur la technologie, l
07:06'éotechnologie et sa planification,
07:08reste la vraie diversification.
07:10Elle n'a vraiment pas subi, hier, quand les bourses étaient négatives à l'ouverture,
07:14il y avait deux ETF qui étaient en hausse à New York, c'était le K-Web et le CQQ,
07:19qui sont deux ETF sur la tech chinoise.
07:22Ils étaient dans le vert, et tous les indices étaient dans le rouge.
07:26Donc, on voit bien qu'il y a un énorme flux en ce moment qui arrive, et on voit bien
07:31la monnaie, le CNH et le CNY, ils tiennent très très bien.
07:35Contrairement à l'euro, qui est l'une des pires monnaies depuis le début de la guerre, moins 2%
07:40quand même, sur l'euro.
07:41Donc, globalement, oui, ça va redistribuer les cartes, géopolitiquement, la place de la Chine va devenir de plus en plus
07:48importante,
07:48et oui, c'est une grande diversification, parce que, je vous le dis, la Chine n'est pas du tout
07:53dépendante du pétrole dans son mix énergétique.
07:57Elle a installé en 5 ans l'équivalent de la production d'électricité de l'Europe, en éolien et en
08:04solaire.
08:05Et sur le Japon, un dernier mot quand même, parce que c'est un marché qui a très bien performé
08:08en début d'année,
08:09avec notamment la première ministre, Sanae Takachi, qui a gagné des élections législatives,
08:15qui est en train de mettre en place son plan de relance.
08:17Là, il y a eu des prises de bénéfices qui étaient sûrement, là aussi, légitimes.
08:21Néanmoins, il y a un marché qui est un petit peu prudent, là, depuis quelques jours sur ce marché japonais,
08:26car il craint l'inflation.
08:28On en revient, 60% du mix énergétique japonais dépend du gaz et du pétrole.
08:33Ils ont très peu de stock, et si on a, encore une fois, un régime de prix du baril
08:38qui est largement au-dessus des 65 dollars que nous avions avant, il y a un problème d'inflation.
08:44Takachi a promis des baisses de taux et baisses de taxes.
08:47Il y a un petit problème budgétaire non négligeable, ça, on est habitué au Japon.
08:50Mais, in fine, on a un problème de politique monétaire et de politique fiscale qui peut arriver,
08:58d'où la prudence.
08:58Sous-titrage Société Radio-Canada
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