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  • il y a 11 heures
22 jours après le lancement de l’offensive américano-israélienne contre l’Iran, Téhéran n’est pas tombée et poursuit ses ripostes sur les bases américaines du Golfe et sur Israël.
Donald Trump oscille entre déclarations triomphales et appels à l’aide désespérés envers ses alliés, qui pour l’heure font la sourde oreille.
Pendant ce temps, le détroit d’Ormuz est bloqué, le prix du pétrole explose avec un baril à plus de 115 dollars, l’USS Gerald R. Ford est en feu et Joe Kent, ancien directeur du contre-terrorisme, a démissionné en accusant Israël d’avoir forcé la main de Donald Trump pour entrer en guerre.
Dans ce numéro du Samedi Politique, le colonel Jacques Hogard (ancien officier Légion étrangère, auteur de "L’Europe est morte à Pristina" et "La guerre en Ukraine") analyse sans langue de bois cette guerre qui s’enlise :

• Trump est-il vraiment maître du jeu ou navigue-t-il à vue ?

• L’Iran représentait-il une menace imminente pour les États-Unis ? (Écoutez Joe Kent chez Tucker Carlson)

• Quels sont les buts de guerre de l’opération de Donald Trump ?

• Pourquoi Netanyahou aurait-il poussé Trump à la guerre ?

• L’OTAN est-elle en train de mourir définitivement ?

• Position de la France : pourquoi le Charles-De-Gaulle a-t-il été déployé en Méditerranée ?

• Risque nucléaire, escalade au Liban, Syrie… où va cette guerre hybride ?

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Transcription
00:04Générique
00:15Bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouveau numéro du samedi politique.
00:20Voilà déjà trois semaines que Donald Trump et Benjamin Netanyahou ont lancé l'offensive contre l'Iran.
00:2522 jours plus tard, Téhéran tient toujours et le président américain oscille entre déclarations de toute puissance
00:32mais aussi demande d'intervention à ses alliés et en attendant, la crise énergétique et donc économique
00:38est en train de devenir une réalité pour le monde entier.
00:42Alors peut-on encore sortir de la spirale ? C'est ce que nous allons voir tout de suite.
00:46Mais avant toute chose, n'oubliez pas les petits coups de pouce et puis bien sûr, écrivez-moi juste en
00:50bas dans les commentaires.
00:51A tout de suite.
01:04Et à mes côtés pour cette émission, le colonel Jacques Augard. Jacques Augard, bonjour.
01:08Bonjour chère Élise.
01:10Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes ancien officier de la Légion étrangère.
01:13Vous avez servi notamment lors de l'opération turquoise au Rwanda en 1994, au Kosovo en 1999.
01:19Vous avez publié plusieurs ouvrages, notamment L'Europe est morte à Pristina, chez Hugo Doc et également chez le même
01:26éditeur,
01:27La guerre en Ukraine, regard critique sur les causes d'une tragédie.
01:31Évidemment, ces ouvrages sont disponibles sur la boutique de TVL sur TVL.fr.
01:35Alors pour commencer cette émission, colonel Augard, nous sommes donc trois semaines, comme je l'ai dit,
01:40après le début des frappes lancées par Trump et Netanyahou sur l'Iran.
01:43Quel regard portez-vous sur cette opération ? Et puis surtout, considérez-vous aujourd'hui que Washington est toujours à
01:50la manœuvre ?
01:51Alors, bonne question, parce que je ne sais pas si Washington n'a jamais été à la manœuvre dans cette
01:57affaire.
01:58Je pense même qu'elle a suivi, j'allais dire un mot fort, servilement Israël dans cette guerre,
02:06qui a été déclenchée par Netanyahou et que Trump a suivi très rapidement en fait.
02:12Alors, je pense que c'est d'ailleurs le point de départ qui lui vaut aujourd'hui à Donald Trump
02:19d'être fortement contesté aux États-Unis et d'être fortement contesté jusque dans son camp initial.
02:28On voit un journaliste comme Tucker Carlson, qui est un de ses proches défenseurs et promoteurs
02:35pendant la campagne présidentielle, qui est aujourd'hui en rupture de banc avec Donald Trump.
02:40On le voit aussi avec cette femme qui est ancienne députée, Carrie Préjean-Boller,
02:47qui dit qu'en restant amie de Trump, elle ne comprend plus et qu'elle ne le suit plus
02:54et qu'elle dit même que le mouvement MAGA qui a porté Trump quand même au pouvoir est mort.
03:01Donc on voit que ça ne va pas être sans conséquences.
03:05Vous avez parlé, vous avez évoqué dans votre introduction les conséquences économiques pour le monde
03:11qui sont réelles.
03:13La crise énergétique arrive de plein fouet avec derrière la crise financière, etc.
03:18Mais pour Trump, en tout cas, je pense que c'est une erreur stratégique qu'il a faite
03:23en se lançant dans cette guerre, qui est en train de se retourner contre lui.
03:28Les Américains, alors indépendamment de la guerre de propagande qui fait rage,
03:33tous les jours on entend des cris de victoire de Trump et de Netanyahou,
03:38mais en réalité, je pense que loin des médias occidentaux qui sont un peu aveugles
03:47sur cette guerre et sur la réalité qui est celle au quotidien d'Israël
03:54et de l'Iran aussi bien sûr, mais d'Israël et des bases américaines de la région
04:00et des pays de la région, c'est une très mauvaise affaire en fait, je pense.
04:07Seul Netanyahou, dans une espèce de fuite en avant, avec une espèce d'inspiration messianique,
04:18peut espérer tirer quelques avantages de cette guerre, mais c'est le seul aujourd'hui.
04:23Et encore, je ne suis même pas sûr que cette volonté d'aller si loin et si brutalement
04:30avec tant de violence et tant d'effets collatéraux immenses n'amène pas même l'existence d'Israël
04:40à être en jeu à un moment donné.
04:43Donc voilà, mon avis sur ces trois semaines de guerre qui ne se passent pas en réalité sur le terrain
04:48comme on veut bien le dire dans nos médias principaux.
04:51Alors justement, vous avez parlé des cris de victoire.
04:54Tout à l'heure, ce que je vous propose, c'est d'écouter celui de Donald Trump assez récent.
04:57Je tiens simplement à dire que la guerre se déroule de façon très, très favorable.
05:02Nous nous en sortons très bien.
05:04L'Iran, on est en train de les démolir et il faut le faire.
05:07Nous ne pouvons pas les laisser avoir une arme nucléaire.
05:10Ils étaient à deux semaines, à mon avis, à deux semaines d'une arme nucléaire.
05:21– Bon alors, au-delà d'un très net satisfait site, on est en train de les démolir, dit-il.
05:26Il revient sur cette affaire de la menace nucléaire et donc du développement du nucléaire militaire de la part de
05:33l'Iran.
05:33Qu'est-ce que vous en pensez ?
05:34– Alors moi, d'abord, je regarde ce qui se dit chez les Américains à ce sujet.
05:40Joey Kent, qui était le directeur du Centre National de Contre-Terrorisme Américain, a démissionné avec fracas.
05:49Sa lettre est publiée, on la trouve sur YouTube facilement.
05:52et il dit très clairement qu'il n'y avait aucune menace nucléaire, militaire nucléaire et aucune menace pour les
06:03États-Unis d'Amérique.
06:06Alors, je pense que son avis est à prendre en compte.
06:09Il n'est pas le seul à le dire aux États-Unis.
06:12Moi, je connais un peu l'Iran pour m'y être rendu un certain nombre de fois pendant toute la
06:20période.
06:20D'ailleurs, entourant l'accord nucléaire de 2015 et sa dénonciation par les États-Unis en 2018,
06:28qui avait fait un peu l'effet d'un séisme en Iran,
06:32où les gens pensaient qu'on allait enfin sortir de la période des sanctions,
06:36que l'Iran allait pouvoir rejoindre, je dirais, les nations…
06:44– Presque la normalité.
06:45– La normalité, voilà, exactement.
06:47– À cette période, j'ai beaucoup fréquenté l'Iran, jusqu'en 2020.
06:54Le Covid m'a un petit peu amené à m'éloigner ensuite.
06:57Mais j'ai rencontré des dirigeants iraniens, j'ai rencontré des intellectuels iraniens,
07:01j'ai rencontré des journalistes iraniens.
07:04– Et on m'a rappelé en fait, parce que je n'ai pas forcément toutes ces connaissances,
07:11mais on m'a rappelé que le fait nucléaire en Iran, c'était l'inspiration du chat
07:22qui avait lancé le nucléaire en Iran, que ce nucléaire en Iran avait été stoppé
07:30brutalement par l'ayatollah Khomeini en 1979, au moment de la révolution islamique,
07:34tout simplement pour des raisons religieuses et morales, pas de nucléaire militaire, fatwa.
07:43Et que l'ayatollah Khomeini, son successeur, avait renouvelé cette fatwa.
07:49Donc, je me souviens, nous y étions allés avec un petit groupe plus ou moins proche
07:57de l'institut Charles de Gaulle à l'époque, ce qui nous donnait une couverture très intéressante
08:01vis-à-vis des iraniens, parce que la personnalité de Charles de Gaulle était très appréciée
08:07en Iran, en tout cas à l'époque.
08:09Et nous avions abordé cette question, en particulier lors d'une réunion, on a été
08:17quelques personnes, avec un personnage très décrié en Occident, qui est l'ex-président
08:23Ahmadinejad.
08:24Et Ahmadinejad, qui n'était pas un religieux, qui était un politique, nous disant, mais
08:30il est hors de question que nous nous lancions sur la piste de l'arme nucléaire.
08:35Alors, était-ce réel, était-ce de la dissimulation, était-ce un discours, on peut en discuter,
08:43mais moi, personnellement, ma conviction est que l'Iran voulait absolument le nucléaire
08:50civil pour développer ce pays qui est, je rappelle, quand même immense, 90 millions
08:56d'habitants, une population très éduquée, un centre de recherche à une quarantaine de
09:03kilomètres de Téhéran, qui s'appelle Pardis, qui est un peu la Silicon Valley de l'Iran,
09:10une industrie qui, malgré les sanctions, a toujours survécu à tout, et des capacités
09:17de recherche évidentes, une population encore une fois très éduquée, et on le voit avec
09:21les universités qui sont pleines, et notamment de jeunes filles ou de jeunes femmes, plus
09:27de 60% des étudiants sont des femmes, en fait, des dirigeants d'entreprises, etc.
09:32On a des idées fausses, en fait, sur l'Iran, beaucoup d'idées fausses, et moi, j'étais
09:38assez enclin à penser que, tout au moins jusqu'à maintenant, l'Iran ne voulait pas
09:43aller sur cette voie.
09:46Peut-être que les événements actuels font évoluer les esprits, chez eux.
09:50– A pas des autres raisons qu'on sait qu'Ali Khemenei a été tué au début des frappes,
09:54et qu'il n'est pas obligatoire que son fils souhaite reconduire cette fatwa.
09:57– Bien sûr, mais bien sûr, et on va voir les choses évoluer.
10:02Et moi, je crois que la responsabilité de l'Occident est quand même très lourde dans
10:06l'évolution de ce pays, et dans sa radicalisation, si je puis dire, et dans sa volonté, qui
10:12est à mon avis très forte, de se défendre jusqu'au bout, de ne pas se plier au diktat
10:19américain ou a fortiori israélien.
10:21– Alors, pour rappel, bien sûr, cette offensive américano-israélienne est arrivée alors
10:26que des négociations étaient encore en cours, sur cette question du nucléaire notamment,
10:30et beaucoup de commentateurs estiment que, côté américain, les émissaires de Donald
10:34Trump, à savoir Wittkopf et Kushner, qui est son gendre, ne souhaitaient pas arriver
10:39à un accord.
10:40– Vous savez, moi je pense que l'histoire ne cesse de se répéter, donc les Iraniens
10:47sont ulcérés, parce que ce n'est pas la première fois qu'au cours des négociations,
10:54tout d'un coup, rupture des négociations et attaque, et attaque violente et brutale.
11:00Donc ça s'est passé l'an dernier, en juin dernier, il y a eu la guerre des 12 jours,
11:04qui n'a pas été sans effet d'ailleurs en termes de destruction dans tous les domaines
11:09sur Israël, et qui a amené à un moment donné la partie américano-israélienne
11:15à lever les pouces et à dire on stoppe, on arrête.
11:18Bon, un an après, il recommence, et c'était le même schéma, avec des négociations
11:22qui étaient en cours en Oman.
11:26Alors, on voit les réactions aujourd'hui du ministre des Affaires étrangères d'Oman
11:30et du sultan d'Oman, qui commencent à en avoir assez d'être pris un peu pour des figurants.
11:35Ils veulent bien faire des efforts en…
11:37– Des figurements qui font office de dommages collatéraux aussi.
11:39– Mais bien sûr, parce qu'en plus, ils sont réprimés à leur tour par l'Iran,
11:45alors que ce sont au départ, je dirais, c'est la position la plus intermédiaire
11:52entre les américano-israéliens et l'Iran, c'est les diplomates nés.
11:59– Ils n'ont pas trop le choix d'ailleurs, géographiquement.
12:00– Non, ils n'ont pas le choix, bien sûr, ils n'ont pas le choix.
12:03Ils ont une position géographique à la fois stratégique
12:08et qui les met en position de faiblesse, et contraignante, bien sûr.
12:11Mais voilà, donc, je pense, et si vous voulez,
12:15si on reprend d'autres conflits, c'est l'habitude un peu des Américains,
12:20regardez ce qui s'est passé en 1999 avec les négociations de Rambouillet
12:26pour la survie, pour le Kosovo, on utilise une phase de négociation
12:32comme prétexte, et on la rend brutalement sous un nouveau prétexte imaginé,
12:38là c'était la menace militaire nucléaire imminente, qui est faux,
12:43et dont tout le monde convient aujourd'hui qu'elle est fausse,
12:45mais c'est comme la petite fiole du général Powell pour l'Irak à une époque.
12:52Les Américains sont coutumiers de ce genre de procédés,
12:56et ça ne donne pas vraiment envie de les avoir pour alliés,
13:01pour ne pas reprendre la fameuse citation de, je ne sais plus quel penseur américain,
13:08ils vont mieux être carrément un ennemi des Américains qu'un ami,
13:13on sait à quoi s'en tenir si on est un ami des Américains,
13:16ça vous retombe toujours dessus.
13:17Donc voilà, franchement, je pense qu'il faut remettre les choses à leur place.
13:22– Alors justement, remettre les choses à leur place,
13:25éventuellement penser à un accord, à de nouvelles négociations,
13:28comme ça avait été le cas après la guerre des 12 jours, vous l'avez rappelé,
13:31on voit quand même qu'Ali Khamenei a été tué,
13:34une bonne partie de sa famille, donc une bonne partie de celui qui a pris sa suite,
13:38Mosh Taba Khamenei,
13:40on voit que le patron des gardiens de la révolution,
13:43Harry Larijani, est mort.
13:45– Secrétaire du conseil de sécurité, ce qui est encore plus important.
13:50– Oui, il était incontournable, il travaillait au concert tout le temps avec Khamenei,
13:54le patron du renseignement iranien, là, est récemment aussi déclaré mort.
13:58– Du renseignement gouvernemental, pas du renseignement des gardiens,
14:01parce que c'est très complexe.
14:03– Heureusement que vous êtes là pour purifier.
14:04– Non, non, non, mais c'est important parce que…
14:06– C'est très complexe précisément, et c'est ma question,
14:08et malgré toutes ces disparitions, on voit que le pouvoir iranien
14:13poursuit sa route, poursuit ses ripostes,
14:16et montre une organisation extrêmement résiliente,
14:19notamment parce qu'elle est régionalisée, sauf erreur de ma part.
14:21– Oui.
14:22– Comment expliquez-vous ça sur le pouvoir iranien ?
14:23– Elle est à la fois régionalisée et centralisée,
14:25mais ils ont bâti un système, ils appellent ça une constitution,
14:30c'est plus qu'une constitution, c'est un système en fait,
14:33qui est à mon avis extrêmement sophistiqué,
14:36et qui permet de démultiplier les centres de pouvoir,
14:40et l'exercice du pouvoir, de manière très efficace et opérationnelle.
14:44Donc je pense que quand Netanyahou ou Trump poussent des cris de victoire,
14:49parce qu'ils ont assassiné quelques personnalités importantes,
14:52très importantes, de l'ensemble de commandements iraniens,
14:58aux commandements civils et militaires,
15:02et bien en fait, ils ne touchent pas le cœur du fonctionnement du système iranien.
15:07Ce système, il y a quelques sept organismes principaux
15:13qui détiennent une fraction du pouvoir iranien.
15:16– Ça peut penser un peu à la blockchain, quelque part ?
15:18– Oui, oui, tout à fait, exactement, l'image est bonne.
15:21En réalité, avant de détruire cet appareil,
15:25qui est extrêmement…
15:26Si vous voulez, il ne faut pas prendre les…
15:29Je vais être brutal, il ne faut pas prendre les Iraniens
15:32pour de vulgaires Bédouins du désert d'Arabie.
15:36Ce sont des Perses, avec une antique civilisation derrière eux,
15:41avec une érudition, une culture générale,
15:46et des connaissances en particulier scientifiques très poussées.
15:51– On l'a vu avec Harry Larijani, qui était un spécialiste d'Emmanuel Kant.
15:55– Oui, trois livres sur Emmanuel Kant.
15:57Je n'ai pas lu les œuvres de Netanyahou ou de Trump en contrepartie,
16:03mais il ne faut pas les lire.
16:04– On se l'a dit, pardon le colonel de vous interrompre,
16:06mais l'érudition n'empêche pas la dictature, l'autoritarisme, etc.
16:11– Non, non, là n'est pas la question.
16:12– Non, non, là n'est pas la question.
16:14C'est sûr que le régime iranien est dur,
16:18on vient de le voir avec l'apport des ondes
16:20de ces trois jeunes gens qui viennent d'être convaincus d'illimiter avec Dieu.
16:27Et c'est un régime théocratique,
16:29et ça aussi c'est une des raisons pour lesquelles je pense l'Occident les hétant aujourd'hui.
16:34C'est qu'ils ont un positionnement qui n'est pas du tout le nôtre aujourd'hui.
16:41Nous, c'est le suffrage universel, c'est éventuellement le wokisme un peu,
16:46parce que ça fait encore plus progressiste, etc.
16:49Une des raisons pour lesquelles Poutine aujourd'hui est braqué contre l'Occident,
16:53c'est notre gauchisme en fait, notre progressisme aujourd'hui.
16:56Mais il faut voir les choses.
16:57Alors ne parlons pas des Iraniens,
16:59parce qu'eux s'appuient en plus sur une structure qui est extrêmement religieuse.
17:03Alors je ne dis pas que le régime n'est pas dur,
17:06et je pense que tout ce qui se passe l'encourage à devenir de plus en plus dur.
17:10Alors qu'il y a eu des occasions manquées, si vous voulez.
17:14Je pense à 2018, quand Trump, premier mandat,
17:18rompt l'accord nucléaire, au grand détriment d'ailleurs de tout le monde,
17:23mais les Iraniens les premiers,
17:25c'est parce qu'il y avait une véritable ouverture.
17:27Et ce pays pouvait rejoindre le concert des nations,
17:30de manière paisible et assumée.
17:34Eh bien on a cassé cet élan, volontairement.
17:37Donc je ne gère pas à défendre, évidemment.
17:41Mais moi je dis que l'Iran a le droit de vivre en paix
17:46et de choisir ses institutions.
17:50Et qui sont les Américains et les Israéliens
17:53pour imposer à l'Iran un régime dont ils ne veulent pas ?
17:58On a parlé de l'impopularité de ce régime,
18:01mais il faut voir les foules immenses et monstrueuses,
18:06d'une certaine manière,
18:08qui ont manifesté après la mort de l'Ayatollah Raména, etc.
18:13Donc ce n'est pas si simple.
18:15– Soit dit en passant, une offensive telle que celle qui est menée aujourd'hui,
18:18c'est aussi le meilleur moyen de rendre plus patriote,
18:21et donc de fait…
18:22– Mais moi je pense que ça consolide,
18:24en fait je pense qu'au lieu de fragiliser le régime,
18:27ça le consolide.
18:30Il y a un fort nationalisme iranien qui existe.
18:34Moi j'ai rencontré en Iran des chrétiens iraniens,
18:36des juifs iraniens,
18:38qui ont le droit de citer,
18:39qui ont leurs églises, leurs synagogues,
18:40et qui m'ont dit,
18:42mais nous nous sommes iraniens,
18:43et si on touche à l'Iran,
18:45on nous touche à nous,
18:46et nous mourrons pour l'Iran.
18:48Des juifs et des chrétiens.
18:49– Donc si on n'est pas capable de comprendre ça,
18:52et je pense que c'est le gros défaut de l'administration américaine,
18:58y compris de Trump,
18:59ce qui est pour moi une grosse déception,
19:00parce que j'espérais qu'avec Donald Trump,
19:04on aurait quelque chose de plus étayé,
19:06de plus solide,
19:07de plus réfléchi que Joe Biden,
19:09et ses prédécesseurs.
19:10Mais en fait, grosse déception,
19:12parce qu'en réalité l'administration américaine
19:14n'a absolument aucune idée de ce qu'est l'Iran de l'intérieur.
19:18C'est quand même bien dommage.
19:20Quand vous voyez cette excité qui est pite,
19:24excède le secrétaire d'État à la Défense,
19:28il y a de quoi être inquiet, si vous voulez.
19:29Quelle est l'analyse qui a été faite ?
19:32Alors on voit bien que Trump d'ailleurs,
19:34maintenant, commence à dire,
19:34« Ah oui, c'est eux qui m'ont conseillé d'aller faire la guerre. »
19:37Mais enfin, c'est quand même dramatique.
19:39– C'est lui qui décide, bien sûr.
19:40– Quand on se prétend être la première nation au monde,
19:44en tout cas du monde occidental,
19:46d'agir sur aussi peu de réflexion stratégique,
19:51de vision que celle-là.
19:53Là, on est en train de provoquer peut-être une guerre mondiale.
19:59Pourquoi, finalement ?
20:01– On est revenu tout à l'heure, justement,
20:03sur cette notion de menace imminente
20:05vis-à-vis de cette bombe atomique,
20:08concrètement, que les Iraniens ont été en train de façonner.
20:12Ce que je vous propose, c'est de regarder une audition
20:13des patrons du renseignement, notamment de Tulsi Gabbard,
20:16qu'on va entendre par le Sénat américain.
20:18Elle a été interrogée par un démocrate,
20:19élu en Géorgie, John Ossoff.
20:21– Vous êtes ici pour représenter l'évaluation des menaces
20:25par la communauté du renseignement.
20:27C'est une citation de votre propre déclaration d'ouverture.
20:30Et ma question est donc alors que vous êtes ici
20:33pour présenter l'évaluation des menaces
20:36par la communauté du renseignement.
20:38Était-ce l'évaluation de la communauté du renseignement
20:41que, comme l'a affirmé la Maison-Blanche le 1er mars,
20:44il y avait une citation « menace nucléaire imminente »
20:48posée par le régime iranien ?
20:50Oui ou non ?
20:51– Encore une fois, sénateur, la communauté du renseignement
20:53a fourni les éléments qui composent
20:55cette évaluation annuelle des menaces.
20:57C'est sur la nature de la menace imminente
20:59que le président doit prendre cette décision
21:01en se basant sur une collecte et un volume d'informations
21:04et de renseignements qui lui sont fournis.
21:06– Vous êtes ici pour être opportun, objectif
21:09et indépendant des considérations politiques.
21:12– C'est exactement ce que je fais.
21:13– Non, vous évitez une question
21:15car fournir une réponse franche au comité
21:18contredirait une déclaration de la Maison-Blanche.
21:27– Bon, soit dit en passant, on a quand même une impression,
21:30c'est qu'aux États-Unis, il y a quand même un débat contradictoire
21:33qui est possible.
21:34Ce n'est pas forcément toujours la même chose en France,
21:36soit dit en passant.
21:36– Non, vous avez raison, vous avez raison de le souligner.
21:38Et y compris dans le camp présidentiel,
21:42nous, on est un petit peu, j'irais, stérilisés.
21:44Notre pensée stratégique est stérilisée.
21:48On est complètement alignés aujourd'hui.
21:50Alors, on voit bien que la France est malade
21:55au niveau le plus élevé.
21:58N'en parlons pas de l'Europe.
22:00Mais on voit que les choses bougent.
22:01Vous voyez, par exemple, j'ai vu que le gouvernement suédois
22:08prenait des distances très claires et très nettes
22:11vis-à-vis d'Israël pour la première fois.
22:15Alors, nous, on est toujours un petit peu en même temps
22:18entre deux eaux, c'est la méthode Macron.
22:22Je pense que ce n'est pas la bonne méthode.
22:24Je pense que, pourquoi a-t-on été déployer
22:29notre porte-avions Charles de Gaulle
22:31au large des côtes du Poche-Orient
22:35il y a quelques jours ?
22:38Juste avant la mort de cet adjudant-chef Arnaud Frion.
22:44Moi, quand un soldat français meurt,
22:49tué, non pas au combat, car il n'était pas au combat,
22:51mais en mission, pour moi, c'est toujours
22:53une grande source d'émotion.
22:55En plus, c'était, je crois, un type vraiment très bien,
22:58un sous-officier d'élite.
23:01Vous savez, nous, on a nos codes,
23:04la croix à la valeur militaire avec quatre citations,
23:06ça veut dire quelque chose.
23:07Et ce garçon a été tué
23:09par un groupe chiite irakien,
23:15donc un féodé plus ou moins,
23:19mais plutôt plus que moins, à l'Iran.
23:23et je pense sans consigne de l'Iran.
23:26C'est des réactions locales
23:28de gens qui ont réagi à ce déploiement
23:31qui a servi à quoi, mon Dieu ?
23:34Vous voyez ce que je veux dire ?
23:36– Ce que vous voulez dire, c'est que vous pensez
23:37que c'était ostensiblement la France
23:40qui était visée, non pas…
23:41– Oui, je pense que, oui,
23:42parce que c'est une base de formation.
23:45Alors, le pire, c'est que
23:48cet adjudant-chef et ses camarades
23:50sont impliqués dans une mission de formation
23:56anti-Daesh.
23:57Bon, et que font les groupes chiites irakiens
24:01si ce n'est de combattre Daesh ?
24:03Là aussi, il y a tellement d'idées fausses.
24:05Moi, j'ai visité à Téhéran, il y a quelques années,
24:09un cimetière militaire à la sortie de Téhéran
24:11où il y a quelque chose comme 8 000 à 10 000 tombes
24:15de jeunes Iraniens tombés au combat
24:18les années précédentes contre Daesh.
24:20en Syrie.
24:21On mélange tout et on oublie ça.
24:24Donc, nos positions sont, nous aussi,
24:27manque de réflexion stratégique et de vision globale,
24:30honnête.
24:31La géopolitique, c'est une science
24:33qui est réaliste.
24:38Je voyais ce matin encore une réaction à propos de l'Arménie,
24:42mais quel est le meilleur soutien de l'Arménie aujourd'hui,
24:45le meilleur allié militaire de l'Arménie ?
24:48C'est l'Iran, l'Iran des fameux mollas, des ayatollahs.
24:53Non mais, il faut le dire parce que le meilleur ami et allié de l'ennemi de l'Arménie,
25:00qui est l'Azerbaïdjan,
25:01eh bien, c'est Israël.
25:03Et quand le Haut-Karabakh a été épuré ethniquement,
25:07il y a maintenant trois ans ou deux ans,
25:14le président Aliyev a remercié publiquement Netanyahou,
25:21Tsaal et le Mossad d'avoir permis, par leur action décisive,
25:26l'épuration du Haut-Karabakh.
25:28Alors, je pense qu'il faut rappeler ça aux gens,
25:31parce que nos vues simplistes et nos amalgames un peu hasardeux,
25:36vus de loin, me choquent profondément.
25:38– J'aimerais qu'on continue sur cette affaire de menace
25:42et qu'on en termine, colonel Augard.
25:46On l'a vu, effectivement, on a du mal à savoir
25:48si effectivement les Iraniens voulaient, ne voulaient pas.
25:52En tous les cas, il est fort peu probable
25:53qu'il soit à deux semaines de développer l'arme nucléaire.
25:57Toujours est-il que, quand bien même, allais-je dire,
25:59pour les États-Unis, le risque était plutôt modéré,
26:02au vu, là encore, de la géographie.
26:04Il n'en reste pas moins qu'on ne peut pas nier
26:06que ces deux pays adversaires, que sont l'Iran et Israël,
26:10représentent une menace respective.
26:12– Non, non, mais si vous voulez,
26:17il y a eu une époque où l'Iran des ayatollahs
26:21était assez active à l'extérieur.
26:24Elle l'a été de moins en moins.
26:27Si vous voulez, finalement, les attentats en Europe,
26:33ne serait-ce qu'en Europe, du clan iranien remontent maintenant
26:37à quelques décennies.
26:40Et depuis, finalement, ils se sont imposés en tant que puissance régionale.
26:46Alors, bien sûr, il y a l'axe chiite, l'axe de la résistance chiite,
26:50en particulier, qui s'est établi et qui allait du Liban à Oman,
26:54en passant, bien sûr, par la Syrie alliée de Bachar el-Assad.
27:00Et puis, on voit ce qu'il en est aujourd'hui.
27:05Alors, c'est intéressant aussi parce que, bien sûr qu'il y a une menace.
27:10Mais la menace israélienne me paraît plus évidente aujourd'hui
27:13que la menace iranienne.
27:15Qui attaque, si ce n'est Israël ?
27:18Il y a un an, c'est Israël qui a attaqué.
27:21Et maintenant, c'est Israël qui attaque.
27:24Donc, l'Iran…
27:25Alors, Israël considère que l'Iran était…
27:28Oui, une menace, une menace immédiate.
27:30Mais au-delà de ça, était aussi un peu commanditaire
27:32de certaines milices qui ont agi lors du 7 octobre.
27:36Oui, alors l'Iran a toujours soutenu le Hamas.
27:40Le Hamas et les Palestiniens, de manière générale.
27:43Et ça, c'est un vrai sujet aussi,
27:45parce que, qui a créé le Hamas ?
27:48Qui a encouragé la création du Hamas ?
27:50Si ce n'est Netanyahou.
27:52Pour contrebalancer l'autorité palestinienne…
27:55Le FATA.
27:56Le FATA, bon.
27:58Donc, le Hamas, c'est une création israélienne.
28:01Je pense qu'il faut rappeler des choses aussi
28:03qui sont politiquement incorrectes, qui font mal.
28:06Mais qu'aucun service de renseignement ne démentira.
28:09Rappelons à nos téléspectateurs qu'il y a des déclarations publiques,
28:11y compris de Netanyahou, qui le disent.
28:13Qui le disent, oui.
28:15Vous voyez, il y a autre chose qui me frappe dans la région.
28:19Alors, bien sûr que l'Iran reste une puissance.
28:22On dit que l'Iran est derrière le Hezbollah.
28:23Bien sûr qu'il y a des liens entre l'Iran et le Hezbollah.
28:26Ça faisait partie de cet arc chiite que j'évoquais à l'instant.
28:29Et qui incarne ce qui reste de l'axe de la résistance,
28:32pour reprendre leur terminologie.
28:34Bien sûr.
28:35Mais tout ça, il y a des raisons, il y a des causes profondes.
28:39On voit les effets, on ne voit jamais les causes.
28:40Et moi, je prétends qu'en matière géopolitique,
28:44et politique tout court, et diplomatique, il faut aller aux causes.
28:49Il ne faut pas se limiter aux effets.
28:50Les effets peuvent être dramatiques,
28:52mais pourquoi ne s'intéressons-nous pas aux causes des choses ?
28:57Quand vous voyez aujourd'hui le président de la Nouvelle-Syrie,
29:03ce terroriste issu des rentes de Daesh,
29:08que nous avons aidé avec le groupe Al-Nosra,
29:11quand M. Fabius disait qu'il faisait du bon travail en Syrie,
29:16cet homme qui a les mains couvertes de sang,
29:18qui est un pur islamiste, un pur djihadiste,
29:24aujourd'hui, qui lui déroule le tapis rouge ?
29:28Trump, Netanyahou, au point que certains disent
29:30que c'est un agent du Mossad.
29:31Est-ce que c'est vrai ? Est-ce que c'est faux ?
29:33Je ne sais pas.
29:34On a tout entendu.
29:35On a aussi entendu que Donald Trump était agent du KGB.
29:38Donc on n'est plus à ça près.
29:39Oui, c'est vrai.
29:40C'est vrai, mais ce n'est pas les mêmes qui disent l'un et l'autre.
29:42Certement, enfin bon.
29:43Mais c'est vrai qu'on entend tout et son contraire aujourd'hui.
29:47On est dans une guerre de propagande.
29:51Propagande avec un S.
29:52Propagande avec un S qui se combatte et on le voit bien tous les jours en ce moment
29:56avec cette guerre en Iran.
29:59Mais si vous voulez faire d'Al-Joulani un président démocrate fréquentable
30:06en complais veston, la barbe est bien taillée, etc.
30:09Je pense que c'est une fiction.
30:13C'est encore une imposture.
30:15Une imposture qui est validée par les mêmes.
30:18Par les Américains, par les Israéliens.
30:19Et même derrière à la traîne par nos pauvres Européens
30:23et notre pauvre président Macron
30:25qui le reçoit avec un tapis rouge à l'Elysée.
30:28C'est pitoyable tout ça.
30:29C'est pitoyable.
30:32Où est passée la France ?
30:34Où est passé mon pays ?
30:36On ne juge pas ces événements à l'aune de nos intérêts nationaux
30:42qui devraient être notre seule règle,
30:44notre seule balance de justice ou notre seule boussole.
30:49On la juge avec de l'émotion, du renversement de veste,
30:57de l'incohérence totale, etc.
30:59C'est ça qui est dramatique à mon avis.
31:01On a évoqué tout à l'heure ce fameux journaliste Tucker Carson
31:04qui soutenait Donald Trump pendant la campagne.
31:06On a évoqué également ce patron du contre-terrorisme américain,
31:10Joseph Kent, qui a donné sa démission à cause de cette intervention.
31:13Je vous propose d'écouter un extrait de leur interview.
31:16Les Israéliens ont été à l'origine de la décision d'attaquer l'Iran.
31:19Et nous savions qu'elle entraînerait une série d'événements impliquant
31:22que les Iraniens riposteraient.
31:24Je pense qu'à ce moment, nous aurions pu faire plusieurs choses.
31:27Nous aurions pu simplement dire aux Israéliens,
31:29« Non, ne le faites pas.
31:31Et si vous le faites quand même, nous vous reprendrons quelque chose. »
31:34Je pense que c'est bien d'avoir offert de défendre Israël.
31:36Mais si nous leur fournissons les moyens de leur défense,
31:39alors il faut que nous puissions imposer les conditions de leurs offensives,
31:43sans quoi ils perdent cette relation.
31:45Et les Israéliens se sont sentis en position de force.
31:48Peu importe ce qu'ils ont fait,
31:50peu importe la situation dans laquelle ils nous ont mis.
31:53Ils ont pensé qu'ils pouvaient juste débuter cette action
31:56et que nous aurions juste à réagir.
31:59Cela montre qu'il y avait un lobby qui poussait pour nous mener à la guerre.
32:10Alors ce que je vous propose, c'est de ne pas revenir sur ce dont on a déjà parlé,
32:14qui voulait essentiellement entrer en guerre contre l'Iran,
32:18mais plutôt d'aller sur cette question du faire,
32:22de comment cette guerre s'était organisée.
32:25Parce qu'on a le sentiment quand même petit à petit
32:27que ce n'a pas été très bien organisé.
32:32Comment vous voyez les choses, vous, colonel Oga ?
32:35Vous avez déjà participé à des conflits.
32:37Est-ce que quand une guerre est lancée,
32:39on prévoit non pas seulement le mode opératoire pour attaquer,
32:42mais aussi la réponse ?
32:46Pour répondre à votre question, il faut une vision stratégique.
32:48Or je pense que, comme c'est suggéré par ce qu'on vient d'entendre à l'instant,
32:54je pense que Netanyahou a une vision stratégique.
32:59C'est la grande différence entre les Israéliens et les Américains.
33:02Et Trump n'a pas de vision stratégique.
33:04On le voit bien, d'ailleurs, il est perdu depuis quelques jours.
33:06Il dit tout à son contraire en fonction des moments et des impressions,
33:10des émotions qu'il peut ressentir, etc.
33:14Ça, ce n'est pas conforme avec la planification d'une véritable stratégie
33:21qui a un but derrière.
33:25C'est une vieille histoire, mais il n'y a pas d'opération militaire
33:29qui ne réussisse sans but stratégique supérieur,
33:32sans but même politique supérieur.
33:35Or, quel est là l'objet ?
33:38Il a évolué, il a oscillé côté américain.
33:42Rappelez-vous, au début, c'était « on va faire tomber ce régime Oni ».
33:46Bon, alors ça, c'est certainement le but de notre ami Netanyahou.
33:52Certainement son but, fragmenter l'Iran.
33:57Il existe des communautés qui sont très différentes.
34:00On a vu qu'ils essayaient, le Mossad essayait de soulever les Kurdes iraniens.
34:06Il y a les Azéries iraniens, il y a un certain nombre de minorités
34:10qui peuvent être des espèces de leviers.
34:13On voit que ça, c'est la stratégie israélienne,
34:17c'est exploser l'Iran et exploser ce régime.
34:20En face, je pense que Trump a réagi simplement
34:25par les liens qu'il a privilégiés avec l'État d'Israël
34:29et avec Netanyahou,
34:33sans l'ombre d'une réflexion stratégique.
34:36Et il s'est lancé dans cette guerre
34:37et il voit maintenant quelles vont en être les conséquences
34:42qui peuvent être…
34:43C'est pour ça qu'il demande à Netanyahou d'arrêter de frapper
34:47les complexes énergétiques iraniens,
34:50comme ils l'ont fait à Saos Pars récemment,
34:54qui est une hérésie absolue.
34:57La riposte n'a pas tardé côté Qatar, des Iraniens, bien sûr,
35:01créant une crise énergétique qui va amplifier, à mon avis,
35:05le pétrole et le gaz.
35:07Et Trump maintenant le comprend, mais à retardement,
35:10je suis désolé, un État-major qui travaille sérieusement
35:15ne se limite pas à la partie purement militaire, des opérations.
35:18Et encore, il y aurait beaucoup à dire,
35:20parce que je pense que les stocks de munitions,
35:22et en particulier de munitions défensives,
35:24les munitions qui permettent d'intercepter les missiles sont un petit peu…
35:30– La défense antiaérienne.
35:31– La défense antiaérienne est un petit peu maintenant à court de munitions.
35:35Il s'est fait détruire des radars qui coûtent chacun…
35:404 radars qui coûtent chacun 1 milliard de dollars,
35:43qui permettaient d'avoir une vision exacte et permanente sur la région, etc.
35:51Et puis c'est une guerre asymétrique.
35:54– Pardon de vous interrompre, mais est-ce qu'on n'a pas aussi le sentiment
35:58qu'encore une fois, l'Occident tout-puissant a sous-estimé l'ennemi ?
36:02– Mais bien sûr, c'est du mépris.
36:05Certains diraient même du racisme.
36:07J'emploie le mot fort, mais oui, mais il y a du mépris là-dedans.
36:10Et le mépris ne permet pas une juste évaluation de l'adversaire.
36:15C'est une erreur colossale, mais c'est vrai depuis la nuit des temps,
36:19depuis tous les conflits les plus anciens de l'Antiquité.
36:22On ne sous-estime pas son adversaire.
36:24Si on sous-estime, on s'expose à de graves désillusions.
36:29Or je pense que Trump en est aujourd'hui au stade des désillusions,
36:32indépendamment de ses cris de victoire répétés chaque jour,
36:37comme pour s'auto-persuader qu'il ne s'est pas trompé.
36:41Mais je pense qu'il sait déjà, en son fort intérieur, qu'il s'est trompé.
36:45La conséquence pour lui, à mon avis, elle est grave.
36:51Il va perdre ses mille termes en novembre.
36:52J'en suis à peu près persuadé.
36:54J'en prends le risque de le parier à l'avance.
36:58Et il risque peut-être même une destitution.
37:00Parce qu'il s'est affranchi d'un certain nombre de règles
37:03de la démocratie américaine, pour en arriver là.
37:07Donc je pense que c'est sérieux.
37:11Il n'a pas de vision stratégique.
37:13Son état-major n'a pas travaillé.
37:16J'ai vu quelque part que son chef d'état-major des armées,
37:20du comité interarmée, le général Dan Cain,
37:24l'avait mis en garde en lui disant
37:26« Attention, nous n'avons pas les moyens d'abattre l'Iran.
37:29Nous n'avons pas les ressources en munitions,
37:32en particulier pour nos alliés, les Patriotes
37:35et autres systèmes de défense anti-aérienne.
37:39Et puis quand on a des systèmes anti-missiles
37:43qui valent quelques millions de dollars
37:45et qu'en face vous avez des…
37:48– Aux déchets d'à 25 000 ?
37:49– Aux déchets d'à 25 000, la disproportionale totale.
37:53Donc ça, ça lui a été dit quand même par son chef d'état-major.
37:55Mais je pense que son chef d'état-major, j'espère,
37:59ne s'est pas livré à de simples constats comme celui-là.
38:04Parce que c'est très grave quand même.
38:06Moi je pense qu'il n'y a eu aucune stratégie,
38:09aucune anticipation, aucune prévision.
38:13Or c'est pourtant élémentaire dans ce genre de choses.
38:16– Alors outre les frappes de riposte iranienne,
38:18évidemment l'une des premières conséquences
38:20de cette offensive américano-israélienne,
38:23c'est bien sûr la fermeture du détroit d'Hormuz par les Iraniens.
38:25– Oui, ça aussi ça aurait dû être prévu.
38:27– On s'étonne de voir que quelque part
38:30l'administration américaine a découvert ce point de pression,
38:35ce centre de gravité.
38:37– Oui, ce point stratégique.
38:39Parce que c'est stratégique.
38:40– Bien sûr.
38:41– Et ça rejoint exactement ce qu'on vient de dire.
38:44mais comment se fait-il que les états-majors américains,
38:51qui sont d'habitude les rois de la planification,
38:55de l'anticipation, parfois un point d'ailleurs
38:57qui nous, Français, nous surprend dans le souci du détail,
39:02comment se fait-il qu'il n'ait pas pointé tout de suite,
39:06en lançant cette guerre, la question du détroit d'Hormuz ?
39:09– Bien sûr.
39:09C'est évident.
39:11Donc les Israels, les Iraniens ont beau jeu maintenant.
39:16Et puis alors, utilisant aussi nos faiblesses propres,
39:19parce que finalement, les compagnies d'assurance,
39:23et l'Aloïd en particulier, jouent autant un rôle de fermeture
39:28du détroit d'Hormuz que les Iraniens eux-mêmes, militairement.
39:31– C'est important, on l'aura plus, oui.
39:32– Parce que les gens ont peur.
39:36Donc les compagnies d'assurance jouent aussi leurs cartes,
39:41mais elles ont peur.
39:42Et donc elles transmettent la peur aux compagnies maritimes.
39:46– Et à cela s'ajoute le fait que toutes les décisions
39:49qui ont été prises à l'encontre de la Russie sur leur énergie
39:53multiplient les répercussions, bien sûr,
39:55de la fermeture du détroit d'Hormuz,
39:57puisqu'on est autant plus dépendants d'alternatifs à la Russie.
40:00– Et comme tout est lié, bénéficie particulièrement
40:04à la Russie aujourd'hui.
40:05– Qui permet de financer plus facilement sa guerre.
40:07– Et qui lui permet, à mon avis,
40:12de remonter ses finances à un niveau très acceptable
40:15et très insuffisant,
40:17et de lui permettre de terminer sa guerre en Ukraine.
40:19Je le pense aussi, oui, bien sûr.
40:22Parce que toutes les interactions sont évidentes.
40:27– Alors justement, on a vu que face à cette grosse
40:30difficulté, big problem, disent certains, de Donald Trump.
40:34Il a appelé à l'aide les alliés de l'OTAN,
40:37et évidemment, la majorité a répondu qu'il n'était pas du tout partant
40:40pour s'immiscer dans ce conflit.
40:42On va écouter ce que leur a répondu Donald Trump.
40:44– Je vais vous donner une liste.
40:47– Certains sont très enthousiastes,
40:49d'autres le sont moins,
40:50et je suppose que certains refuseront de le faire.
40:53Je pense qu'il y en a un ou deux qui refuseront,
40:55alors que nous les protégeons depuis environ 40 ans,
40:58pour un coût de plusieurs dizaines de milliards de dollars.
41:01Nous n'avons besoin de personne.
41:03Nous sommes la nation la plus puissante du monde.
41:05Nous disposons de loin de l'armée la plus puissante au monde.
41:08Nous n'avons pas besoin d'eux.
41:10Mais c'est intéressant.
41:11Dans certains cas, je le fais presque,
41:13non pas parce que nous avons besoin d'eux,
41:15mais parce que je veux voir comment ils réagissent.
41:18Parce que je répète depuis des années
41:20que si jamais nous avons besoin d'eux,
41:22ils ne seraient pas là.
41:24– Bon, c'est un beau numéro de claquette.
41:31– Vous voulez un commentaire ?
41:33– Oui.
41:33– Moi, j'ai dit que c'est pitoyablement enfantin.
41:36C'est la réaction d'un garçon,
41:38d'un petit garçon auquel vous retirez son jouet
41:41et qui dit gna gna gna.
41:42– J'en voulais plus.
41:43– J'en veux plus, voilà.
41:45Vous voyez ce que je veux dire ?
41:46Donc l'OTAN, organisation du traité de l'Atlantique Nord,
41:50n'a rien à voir, organisation défensive,
41:54dont je rappelle qu'elle est défensive,
41:56n'a rien à voir avec les aventures militaires
42:00lointaines, orientales de M. Trump.
42:04L'OTAN s'y est déjà essayé en Afghanistan.
42:07On a vu le résultat, pitoyable,
42:10du retrait américain d'Afghanistan, battu.
42:13Et finalement, je ne sais plus,
42:1620 ans de guerre en Afghanistan,
42:18des milliards de dollars consentis,
42:21un certain nombre de vies,
42:23en particulier de soldats américains,
42:26sacrifiées,
42:27pour remettre les talibans au pouvoir,
42:30finalement.
42:31C'est ce qui s'est passé.
42:32Alors, je pense que la réaction des États membres de l'OTAN
42:38est une réaction sage, pour une fois.
42:40D'ailleurs, ils sont largement mouillés
42:42dans l'affaire ukrainienne
42:44pour avoir à éviter de se lancer
42:47dans une deuxième erreur stratégique.
42:49Je le pense.
42:50Donc, voilà.
42:52Et puis si l'OTAN...
42:54Vous savez, moi, je pense que
42:57mais ça, c'est un avis personnel.
42:58Je pense que l'OTAN ne survivra pas à tout ça.
43:01Et je pense que c'est une bonne chose.
43:03L'OTAN n'avait de raison d'être
43:04que par rapport au pacte de Varsovie,
43:09qui a été dissous maintenant,
43:10il y a pas mal d'années.
43:12Et l'OTAN a survécu.
43:14Et l'OTAN s'est muée, à l'époque,
43:17d'organisations défensives, purement défensives,
43:20en organisations offensives.
43:22C'est cette organisation offensive
43:24qui a provoqué la guerre en Ukraine.
43:25Donc, je pense que, finalement,
43:28il y aura peut-être du bon à sortir
43:31de toutes ces épreuves
43:32et de tous ces drames consécutifs
43:34qui font quand même le malheur
43:35des populations civiles
43:36qui, elles, n'ont rien demandé.
43:38Bien sûr.
43:39Alors, exceptionnellement,
43:40nos téléspectateurs, à chaque fois,
43:41ne sont pas contents,
43:42mais il faut quand même qu'on écoute
43:43de temps en temps le président français.
43:45Je vous propose de l'entendre, justement.
43:47Il évoque notamment le déploiement
43:49du Charles de Gaulle en Méditerranée
43:50et les requêtes de Donald Trump.
43:52Nous ne sommes pas partie prenante au conflit.
43:55Et donc, jamais la France ne prendra part
43:57à des opérations d'ouverture
43:59ou de libération du détroit d'Ormousse
44:01dans le contexte actuel.
44:02Une fois la situation plus calme,
44:04c'est-à-dire une fois que le cœur
44:05des bombardements aura cessé.
44:09Nous sommes prêts, avec d'autres nations,
44:11à prendre la responsabilité
44:13du système d'escorte.
44:21Alors, c'est un peu comme la force
44:22de réassurance en Ukraine, quoi.
44:24Si on vient faire le ménage après...
44:26Une fois que la guerre sera terminée,
44:27on est prêts à participer, quoi.
44:29Mais bon, alors,
44:30en même temps, il faut être juste.
44:33Je préfère cette attitude-là.
44:35Évidemment, j'aurais aimé
44:37qu'il ait cette attitude-là
44:38à propos de l'Ukraine, par exemple.
44:39Au lieu de soutenir
44:41le régime corrompu de M. Zelensky,
44:44d'encourager les tueries
44:47et toutes les destructions
44:50qui vont avec, etc.,
44:51j'aurais préféré.
44:53Bon, il vaut mieux tard que jamais,
44:55en tout cas sur le Moyen-Orient.
44:57Mais c'est quand même un peu pathétique
44:59de dire qu'on va aller sillonner
45:02le détroit d'Hormuz
45:03et le golfe Persique
45:06avec nos bâtiments
45:07une fois que tout sera rilé.
45:09– Alors, cela dit,
45:10il avait envoyé le Charles de Gaulle
45:11en Méditerranée
45:12vers le détroit d'Hormuz.
45:13Je crois qu'il a été détourné.
45:15Maintenant, il revient ?
45:15– Oui, parce que...
45:19Alors, d'abord, on m'a dit qu'il avait...
45:20– Quelle était l'idée
45:21du déploiement initial ?
45:22– Eh bien, je ne sais pas.
45:24Je suis incapable de vous le dire.
45:25– Quelqu'un me s'est dit.
45:26– Malheureusement.
45:27Non, mais je pense
45:29qu'il aurait été très intéressant
45:30d'avoir une oreille
45:32qui traîne dans les couloirs
45:35du centre de préparation
45:36et de conduite des opérations
45:38à Ballard.
45:39Mais je ne suis pas dans le secret
45:41des dieux, je ne sais pas.
45:42Mais qu'elle était
45:44montrer notre force,
45:45déployer
45:50le seul porte-avions
45:52que nous ayons
45:52et qui a quand même aussi
45:54ses problèmes,
45:57moins que les deux monstres américains
45:59qui ont bien pâti
46:02de ce déploiement aussi.
46:04Alors, ça amène
46:05une autre réflexion stratégique.
46:06C'est sur l'avenir
46:07des porte-avions.
46:08Je pense que l'ère
46:09des porte-avions
46:10est peut-être passée.
46:12– Là, ça tombe bien
46:12parce qu'on va en avoir
46:13un nouveau.
46:13– Voilà, mais ça,
46:14c'est un vrai sujet.
46:15Mais c'est un sujet
46:16qui intéresse la défense,
46:17la France libre.
46:18Je préfère ce nom-là
46:20à Bernard-Henri Lévy,
46:23ou Bernard Kouchner,
46:24ou François Mitterrand.
46:26C'est clair.
46:28Mais ça me paraît quand même
46:30un petit peu hasardeux.
46:31Mais ça, c'est autre chose.
46:32Ça intéresse notre défense
46:34à terme,
46:36à 10 ou 20 ans
46:37ou 30 ans d'échéance.
46:38mais je pense que le temps
46:41des porte-avions,
46:41on le voit
46:42avec ce qui se passe.
46:44Avec la guerre des drones
46:46qui a démarré,
46:47la guerre des drones
46:48qui recouvre aussi
46:50les réalités
46:51des missiles divers et variés
46:54jusqu'aux missiles hypersoniques
46:56invraisemblables
46:57qui n'existaient pas.
46:59Jusqu'à présent,
47:00c'est une révolution
47:02dans l'art de la guerre,
47:03en fait.
47:04Et donc, je pense
47:05que le porte-avions
47:07n'est pas forcément
47:07aujourd'hui
47:09le meilleur vecteur.
47:10Alors, il y a un côté symbolique.
47:13Le porte-avions,
47:14c'est la projection
47:15de puissance,
47:17entre guillemets.
47:18Et nous,
47:18il faut quand même rappeler
47:19que la France,
47:20c'est le deuxième
47:22ou premier,
47:23d'ailleurs,
47:24selon la manière
47:24de voir les choses,
47:26domaine maritime
47:27au monde.
47:28Bien sûr.
47:28Et notre flotte
47:30est notoirement insuffisante
47:32par rapport aux besoins
47:35pour assurer
47:36la souveraineté
47:37de ce domaine maritime.
47:40On ne parle pas
47:41de Nouvelle-Calédonie
47:42ou de Polynésie
47:43aujourd'hui
47:43ou d'autres
47:46terres lointaines,
47:46mais qui sont françaises.
47:48Et pour lesquelles,
47:49on peut avoir des inquiétudes.
47:50Ça, c'est un autre sujet.
47:52– Comment voyez-vous
47:53la suite de cette guerre ?
47:55Est-ce que vous avez
47:55le sentiment…
47:56Parce qu'on sait
47:56que Donald Trump
47:57ne peut pas non plus
47:57la faire durer éternellement
47:59sans demander
47:59l'avis du Congrès,
48:00en théorie.
48:02Comment voyez-vous cela ?
48:03Est-ce que vous pensez
48:04qu'on va finir
48:05par arriver
48:06à un accord
48:07qui, certes,
48:07aurait sans doute
48:08pu être trouvé
48:09sans tout cela
48:10dès les négociations ?
48:12Est-ce qu'au contraire,
48:13on est parti
48:13sur un conflit long ?
48:15On sait que Pitex-7,
48:16dont vous avez parlé
48:17tout à l'heure,
48:18d'ailleurs,
48:18on va le regarder,
48:19qui demande une rallonge
48:19au Congrès.
48:20En ce qui concerne
48:22les 200 milliards de dollars,
48:23je pense que ce chiffre
48:24pourrait évoluer.
48:26Il est évident
48:26qu'il faut de l'argent
48:27pour tuer les méchants.
48:28Nous allons donc
48:29retourner voir le Congrès
48:31et ses membres
48:32pour nous assurer
48:33que nous bénéficions
48:34des fonds nécessaires
48:35pour ce qui a été fait,
48:36pour ce que nous pourrions
48:37avoir à faire à l'avenir
48:38et pour veiller
48:39à ce que nos stocks
48:40de munitions
48:41soient non seulement
48:42réapprovisionnés,
48:43mais qu'ils dépassent
48:44largement nos besoins.
48:45C'est au Président
48:46qu'il reviendra
48:47en fin de compte
48:48de décider
48:49quand nous dirons
48:50que nous avons atteint
48:51nos objectifs
48:51pour garantir
48:52la sécurité
48:53du peuple américain.
48:54Il n'y a donc
48:55pas de délai fixé,
48:56mais nous sommes
48:57tout à fait dans les temps.
49:05– Alors là, justement,
49:07on voit bien que c'est une guerre
49:08aussi qui va coûter
49:09très cher aux États-Unis.
49:10– C'est une guerre
49:11qui coûte très cher,
49:12qui coûte déjà très cher
49:13aux États-Unis.
49:14Et puis, il y a des problèmes
49:15techniques qui ne sont pas
49:16abordés par M. Exset,
49:18mais si la capacité
49:21de production
49:22d'armes offensives,
49:24entre guillemets,
49:24de missiles, etc.,
49:26est réelle,
49:27et on peut relancer
49:28les chaînes, etc.,
49:29c'est beaucoup plus compliqué
49:31dès lors qu'il s'agit
49:32de l'armement anti-missile,
49:36de l'armement anti-aérien, etc.
49:38– Pourquoi ?
49:39– C'est beaucoup plus complexe
49:41et beaucoup plus cher.
49:43Et sans évoquer la partie radar
49:46qui est complexe et très chère.
49:49Les quatre radars
49:51qui ont été détruits
49:53par les Iraniens
49:54qui sont des radars AN-TPY2,
49:56je préfère regarder
49:57pour ne pas me tromper,
49:59c'est chacun
50:01un ou un milliard et demi
50:03de dollars
50:05et c'est un système
50:07de défense complexe.
50:09vous ne le reconstruisez pas
50:11comme ça
50:11du jour au lendemain
50:13et ça coûte très cher.
50:15Donc tout ça
50:15n'est pas vraiment
50:17pris en compte.
50:18Alors pour revenir
50:19à votre question initiale,
50:20comment ça va évoluer ?
50:21Moi je ne suis pas prophète
50:23et c'est toujours très difficile
50:24ce genre de question
50:25parce que vous êtes…
50:26vous pouvez vous tromper
50:27et puis je peux me tromper,
50:28il faut être très…
50:29avoir beaucoup d'humilité
50:31dans ce genre de choses
50:32mais je pense que,
50:36vous savez,
50:36à un moment donné,
50:36la guerre cesse faute de combattants,
50:39ce n'est pas forcément le cas
50:42côté américain
50:43parce qu'ils ont de la ressource
50:44mais c'est le cas
50:46côté israélien.
50:48Israël a pris le risque
50:49d'ouvrir un autre front
50:51au Liban,
50:52au sud Liban.
50:53Ça ne s'est jamais bien terminé
50:55pour Israël
50:55au sud Liban.
50:57Ce n'est pas la guerre du Sinaï,
50:59c'est autre chose.
51:01Le Hezbollah
51:03s'est lancé dans la guerre
51:06et c'est une armée,
51:07le Hezbollah.
51:08On dit qu'elle a été décapitée
51:10par la mort de Hassan Nasrallah.
51:12Ce n'est pas vrai.
51:13C'est comme les Iraniens.
51:15C'est un système complexe
51:16qui se régénère très vite
51:19et qui se…
51:20voilà.
51:21Et on a aujourd'hui
51:24Israël
51:25qui est un petit pays,
51:26une petite population
51:27au milieu d'une masse
51:30humaine énorme
51:32qui n'est pas forcément
51:33totalement hostile.
51:34Il y a des gens
51:35qui composent,
51:35on le voit bien
51:36avec les états du Golfe
51:37et les monarchies, etc.
51:38Enfin, on est loin
51:39des accords d'Abraham
51:40aujourd'hui.
51:41Et donc,
51:41on a une situation
51:43qui est,
51:44à mon avis,
51:46très, très, très dangereuse
51:47pour Israël.
51:48Donc,
51:50alors,
51:51en même temps,
51:52il y a un facteur
51:52qui est déterminant,
51:54c'est
51:55les dirigeants.
51:57si vous écoutez
52:00Netanyahouz,
52:01Mautriche
52:01ou Ben Gvir
52:02qui, à mon avis,
52:04sont des fous furieux,
52:06ils sont capables
52:06d'entraîner leur pays
52:08dans une situation
52:09de détresse totale,
52:11voire de disparition
52:12avec cette espèce
52:14de côté messianiste.
52:16Le Messie reviendra,
52:18ce n'est pas le nôtre.
52:20Le nôtre était
52:21un Messie de paix.
52:22J'ai l'impression
52:23que leur Messie
52:24est un Messie de guerre.
52:25C'est la raison,
52:25d'ailleurs,
52:26pour laquelle je ne supporte
52:27plus cette expression
52:28de judéo-christianisme
52:30qui, à mon avis,
52:30est totalement dénuée
52:33de fondements.
52:33Mais pour revenir
52:34à cette guerre,
52:36le seul qui est capable
52:37de calmer Netanyahou,
52:40c'est Trump,
52:41aujourd'hui.
52:42C'est le seul
52:42qui soit capable
52:43de le faire,
52:44de lui donner
52:45un coup de règle
52:45sur les doigts
52:46en lui disant
52:46ça suffit.
52:47Alors,
52:48ça va peut-être
52:48se terminer
52:48comme la guerre
52:49des douze jours,
52:51mais la guerre
52:52des douze jours,
52:53qui avait fait des ravages
52:54en Iran,
52:55mais qui avait fait
52:55des ravages aussi
52:56en Israël.
52:57Tout le monde
52:58était très content
53:00qu'elle se termine
53:01de cette manière-là.
53:03Aujourd'hui,
53:04les Iraniens
53:05ont une position
53:06extrêmement radicalisée.
53:08Il n'y aura plus
53:08de négociation.
53:09Parce qu'à chaque négociation,
53:11vous nous prenez
53:12par surprise,
53:13vous nous faites
53:13le coup de perle-arbour,
53:14comme l'a dit
53:15intelligemment Trump
53:16à l'ambassadrice
53:17japonaise
53:18ou à la première
53:19ministre japonaise
53:20il y a deux jours,
53:21ce qui témoigne
53:22d'une pertinence
53:24de pensée remarquable.
53:25Mais on ne nous refera
53:28plus le coup,
53:29vous voyez,
53:30disent les Iraniens.
53:31Donc,
53:32que va-t-il se passer ?
53:33Moi,
53:33je pense que
53:35Netanyahou,
53:36Exed,
53:37disent que la guerre
53:38est gagnée,
53:38que les Iraniens
53:40sont par terre.
53:41Moi,
53:41je pense que les Iraniens
53:42sont soutenus
53:43par les Russes,
53:44en matière de renseignement
53:45en particulier,
53:46sont soutenus
53:47par les Chinois,
53:48en matière de technologie.
53:50On vient de signaler
53:52que des vols
53:53de Mahaner,
53:54qui est la compagnie
53:54aérienne iranienne,
53:56avaient fait le trajet
53:58Pékin-Téhéran,
54:00là,
54:01il y a moins de 24 heures,
54:04plusieurs vols commerciaux,
54:06on va dire.
54:07Moi,
54:08je pense que
54:08tous ces vols
54:09sont des vols
54:10intéressés
54:11à la défense
54:12de l'Iran,
54:13que la Chine
54:14ne laissera pas tomber.
54:15Donc,
54:16on a
54:16un risque,
54:17c'est
54:18l'embrasement
54:18général.
54:21Il y a toujours
54:22cette menace,
54:23l'attente diffuse
54:24de l'arme
54:25nucléaire
54:26dont dispose
54:28Israël,
54:29même s'il n'est pas
54:30reconnu en tant que tel,
54:32qui peut,
54:33à un moment donné,
54:34par la folie
54:34des dirigeants,
54:35être amené
54:35à vouloir l'utiliser
54:37ou un coup de semence.
54:39Je pense que
54:41l'Iran n'a pas
54:42cette arme nucléaire,
54:43mais je me réfère
54:45aux déclarations
54:45des dirigeants
54:46pakistanais
54:47qui ont dit
54:48que si Israël
54:49utilisait l'arme
54:50nucléaire
54:51contre l'Iran,
54:52le Pakistan
54:52utiliserait
54:54sa bombe nucléaire
54:55contre l'Israël.
54:57Donc,
54:57on est dans…
54:58Alors,
54:58bien sûr,
54:59tout ça,
55:00c'est plutôt
55:00des éléments rassurants
55:01d'une certaine manière
55:02parce que c'est
55:02la dissuasion
55:04réciproque,
55:05mais
55:07ça traduit aussi
55:08quand même
55:08un certain état d'esprit
55:11et…
55:11– Il y a un certain niveau
55:11de tension,
55:12c'est le moins qu'on puisse dire.
55:13– Bien sûr,
55:14bien entendu.
55:15Et moi,
55:15je pense qu'aujourd'hui,
55:16on est encore loin
55:19du moment
55:19où les Iraniens
55:20vont dire
55:20bon, écoutez,
55:21on veut bien
55:24discuter.
55:25Pour ça,
55:26je pense qu'ils veulent
55:26vraiment,
55:27vraiment
55:28en mettre un coup,
55:29si je puis dire vulgairement
55:31et amener Israël
55:33à supplier
55:34son parrain américain
55:36d'obtenir
55:36des négociations.
55:37C'était le cas
55:38il y a quelques jours
55:39les Iraniens ont refusé.
55:40Alors du coup,
55:41Trump a repris
55:42l'affaire
55:42comme avec ce côté
55:45enfantin
55:46un peu pathétique
55:47qui est le sien
55:49vis-à-vis de l'OTAN.
55:50Et bah non,
55:50dans ce cas-là,
55:51il n'y a pas de négociation,
55:52on ira jusqu'au bout,
55:53etc.
55:53Mais je pense
55:54qu'ils sont à court
55:55d'arguments
55:57et à court de moyens
55:58d'une certaine manière.
56:00– Eh bien,
56:01je vous remercie beaucoup
56:01colonel Augard
56:02d'être venu jusque nous.
56:03Je rappelle à nos téléspectateurs
56:04s'ils veulent vous lire
56:05sur d'autres conflits,
56:07sur le Kosovo
56:07et sur l'Ukraine,
56:08c'est bien sûr possible
56:09sur la boutique de TVL.
56:10J'espère que cette émission
56:12vous a plu.
56:13J'espère que vous avez déjà
56:14cliqué sur le petit pouce
56:15pour nous aider
56:15pour l'algorithme.
56:16Et puis bien sûr,
56:17n'oubliez pas que je vous lis
56:18dans les commentaires.
56:19À la semaine prochaine
56:20en attendant,
56:20portez-vous bien.
56:23– Sous-titrage Société Radio-Canada
56:38– Sous-titrage Société Radio-Canada
56:39– Sous-titrage Société Radio-Canada
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