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  • il y a 7 semaines
Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.

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00:00Business et la Tribune présente
00:04Le 18-19 d'Edwis Chevrillon
00:09Bonsoir à tous, bienvenue dans le 18-19.
00:12Mon invité ce soir c'est Olivier Sichel, c'est le patron de la Caisse des dépôts.
00:16Beaucoup de questions à avoir avec lui évidemment.
00:18Il vient de publier ses résultats 2025, des performances solides
00:22avec un très très gros chèque pour l'État.
00:24Est-ce qu'il est trop gros ? Justement, il y a tellement de choses à faire
00:26en termes de souveraineté économique ou encore de souveraineté numérique.
00:30On parlera bien sûr de la décollecte du livret A,
00:32avec quel impact ça peut avoir sur les logements sociaux,
00:35mais aussi sur le financement du nucléaire.
00:37Et après c'est Mathieu Courtecuisse qui est président fondateur du cabinet SIA
00:41qui sera avec nous, on parlera des États-Unis.
00:43Il arrive des États-Unis, un peu comment les Américains voient cette guerre,
00:48quelle perception.
00:49Et puis bien sûr on parlera de Dubaï, Bahreïn,
00:51qui sont peut-être devenus des paradis perdus.
00:54Mais tout de suite le journal de l'écho avec Stéphanie Collot.
00:58Le journal.
01:00Il est pile 18h, bonsoir Stéphanie.
01:02Bonsoir Edwéjou.
01:03Et donc presque un mois après le début du conflit au Moyen-Orient,
01:06les premières répercussions sur l'économie mondiale se font sentir.
01:09Oui, l'OCDE revoit ses prévisions.
01:12Et c'est la zone euro qui l'étire vers le bas,
01:14avec une croissance abaissée de 1,2% à 0,8%.
01:19L'inflation devrait atteindre les 2%.
01:21Pour les États-Unis, l'OCDE table sur une hausse des prix
01:24de plus de 4% cette année,
01:26la plus élevée des pays membres du G7.
01:28La croissance américaine est toutefois relevée à 2% cette année.
01:32L'Iran relâche un peu la pression sur le détroit d'Hormuz.
01:35Téhéran autorise désormais les pétroliers malaisiens à franchir le passage.
01:39Dix navires sont passés au total selon Donald Trump.
01:42Un cadeau dans le cadre de discussions indirectes menées avec les États-Unis,
01:46selon le président américain,
01:48qui ne s'interdit pas de prendre aussi le contrôle du pétrole iranien.
01:52Une option à sa disposition, a dit Donald Trump lors d'une conférence de presse.
01:56Il assure par ailleurs que c'est l'Iran qui le supplie de trouver un accord
02:00pour mettre fin à la guerre,
02:01et que l'opération militaire est extrêmement en avance sur le calendrier.
02:05C'est dans ce contexte que le groupe de défense MBDA a publié ses résultats.
02:10En deux ans, il a doublé sa production de missiles
02:12utilisés en Ukraine et au Moyen-Orient,
02:14mais le groupe juge que cette montée en puissance ne suffit pas.
02:17En conséquence, il double ses investissements
02:19pour les porter à 5 milliards d'euros sur les cinq prochaines années.
02:23De son côté, Porsche, la holding qui possède la majorité des parts de Volkswagen,
02:27investit 100 millions d'euros dans un fonds d'investissement consacré à la défense
02:31où elle voit un fort potentiel de croissance.
02:33En bref, le Parlement européen adopte l'accord commercial entre l'UE et les Etats-Unis.
02:38Feu vert sous condition après les dernières menaces de Donald Trump
02:42sur de nouvelles hausses de droits de douane.
02:44Les eurodéputés ont ajouté des garde-fous
02:46comme la possibilité de réintégrer immédiatement les taxes européennes
02:50en cas de menace pour la sécurité des pays de l'Union.
02:54Et puis un gros contrat pour Boeing.
02:55Korean Airlines passe une commande de 103 appareils
02:59pour 36 milliards de dollars au prix catalogue.
03:0318h01 sur BFM Business, les marchés.
03:05Audi Business vous accompagne pendant votre rendez-vous
03:08avec l'Audi A5 à 20, disponible en hybride rechargeable.
03:15Les marchés avec Antoine Larigauderie.
03:17Bonsoir Antoine.
03:18Bonsoir Stéphanie, bonsoir Edwige.
03:19Bonsoir Antoine.
03:20Et le CAC termine en net baisse ce soir ?
03:21Oui, puis vraiment un sentiment de grincheux sur les marchés.
03:25Il n'y a pas d'autre mot.
03:25Moins 0,98%.
03:26On termine quasiment au plus bas de la séance, 7769 points.
03:31On est au plus bas, on est encore plus bas depuis les plus bas de septembre dernier.
03:36Donc voilà, un sentiment très négatif sur les marchés.
03:38Moins 2% pour l'Eurostox, pour l'Euronext Tech Leaders.
03:41L'Eurostox, 58,5%.
03:43Et même score d'ailleurs pour le DAX à Francfort.
03:46Plus forte baisse du CAC 40, alors elle est étonnante,
03:49c'est Pernod Ricard, moins 5,73% à 59,94€.
03:53Et d'ailleurs, la courbe en intraday est assez étonnante.
03:55Ça s'est mis à chuter en toute fin de séance.
03:58Pourquoi ?
03:58Parce qu'on a appris une dépêche de presse
04:01qui prête l'intention à Pernod Ricard d'avoir voulu racheter Brandt Forman,
04:06le groupe de vins et spiritueux américain.
04:10Pas plus de précision sur le destin de cette offre.
04:13Mais enfin, du coup, Pernod Ricard a terminé en très forte baisse.
04:16A noter que Legrand a terminé en repli de 4,5% à 132,60€.
04:20Schneider Electric, moins 3,93€, 238,20€.
04:23La plus forte hausse du CAC 40, évidemment, elle est pour Total Energy,
04:26qui gagne 2,9%, 79,09€.
04:29Le Brent de Mer du Nord est remonté au-delà des 102$.
04:32En revanche, une très forte baisse à signaler, c'est Eden Red.
04:35C'est un vrai chemin de croix en ce moment,
04:36dans ce secteur des titres de paiement,
04:39avec un raidissement réglementaire du côté de l'Italie.
04:42Ce n'est pas le premier marché sur lequel Eden Red
04:45se casse les dents sur ses considérations.
04:47Et le titre termine en baisse de 17,2% à 15,39€.
04:51Le CAC 40, moins 0,98, 7769 points.
04:55Merci beaucoup, Antoine.
04:56Merci, Stéphanie.
04:57Rendez-vous donc 19h, 19h30, comme tous les soirs.
04:59Tout de suite, Olivier Sichel, directeur général de la quête des dépôts.
05:02Le thème business et la tribune présente
05:07Le 18-19 d'Edwish Chevrillon.
05:12Vous êtes bien dans le 18-19.
05:14Mon invité, ce soir, c'est Olivier Sichel,
05:16directeur général de la caisse des dépôts.
05:17Bonsoir, Olivier Sichel.
05:20Merci d'être là.
05:21Ça fait quoi, maintenant ?
05:22Un peu plus d'un an que vous êtes patron de la caisse des dépôts ?
05:24Un peu plus d'un an.
05:25Quand Eric Lombard a été nommé ministre de l'économie et des finances,
05:28c'était en décembre 2024.
05:30Et puis, j'ai été nommé officiellement en juin 2025.
05:33Voilà, comme ça, vous fêtez presque un an.
05:37Beaucoup de questions à vous poser.
05:38Évidemment, vous avez publié vos résultats hier soir.
05:41Des bons résultats.
05:42On va revenir là-dessus.
05:43Mais en même temps, il y a tellement de questions à vous poser, Olivier Sichel,
05:48étant donné la puissance et la force de la caisse des dépôts.
05:50Moi, je voudrais commencer quand même par ce choc économique qu'on approche.
05:54Vous avez entendu les prévisions de l'OCDE qui revoient à la baisse
05:58celle de la croissance, notamment en France, et les questions d'inflation.
06:02Et puis aussi la Banque de France.
06:04Comment est-ce que vous, donc à la tête de la caisse des dépôts,
06:07comment est-ce que vous, vous voyez 2026 ?
06:11Écoutez, on est clairement en présence d'un choc inflationniste.
06:14C'est les mécanismes classiques qu'on connaît.
06:17Le détroit d'Ormus est bloqué.
06:19À partir de là, il y a moins de pétrole.
06:21Donc, il y a un effet offre-demande.
06:23Le prix du pétrole augmente.
06:24Et ça, c'est inflationniste.
06:25Et avec l'inflation, ça provoque la hausse des taux.
06:27Avec la hausse des taux, on a un problème sur l'immobilier.
06:30On a un problème sur l'investissement des entreprises.
06:31Et ça provoque la chute du CAC 40 et des actions
06:34qu'a montré Antoine Larigauderie juste il y a quelques minutes.
06:38Alors, face à ça, moi, je pense que le pays, la France, est plutôt bien protégée.
06:43On est moins dépendants du pétrole que les autres.
06:46On a la chance d'avoir une énergie qui s'appelle le nucléaire.
06:48Et on a des finances publiques qui s'appellent catastrophe.
06:51C'est vrai, mais on a aussi une épargne très très longue.
06:54Et puis, la caisse des dépôts, elle va jouer son rôle contracyclique,
06:58comme elle l'a fait dans toutes les crises.
06:59Vous l'avez souligné, on a la chance d'avoir une institution solide,
07:03puissante, je ne sais pas si c'est beau, mais en tout cas solide.
07:05Si on essaie de voir concrètement, comment vous pouvez jouer ce rôle
07:08contracyclique pour essayer de limiter les effets sur l'économie française ?
07:13Qu'est-ce que vous pouvez faire ?
07:14En finançant massivement l'économie, cette année,
07:17BPI a fait une année record en injectant 72 milliards dans l'économie
07:21auprès des entreprises.
07:23Et nous-mêmes, côté Banque des Territoires,
07:24on a fait une année record avec 42 milliards de prêts.
07:27Donc, on soutient l'économie réelle, on soutient le logement,
07:30en investissement dans le logement social et dans le logement intermédiaire.
07:33On soutient les collectivités locales qui ont fait des investissements colossaux,
07:37par exemple, dans la rénovation des écoles.
07:39Et ça, ça participe aussi à la rénovation des écoles.
07:41Mais est-ce que vous soutenez l'économie à bout de bras ?
07:43Non, je ne dirais pas qu'on la soutient à bout de bras.
07:45On a un rôle contracyclique.
07:47C'est-à-dire que quand l'économie baisse,
07:49le groupe Caisse des dépôts est là pour apporter les financements
07:52quand il y a un peu moins de financements.
07:54Et puis, quand l'économie repart, à ce moment-là,
07:55les mécanismes de marché reprennent,
07:57l'argent n'est plus disponible,
07:59et à ce moment-là, on n'a pas forcément besoin d'investir.
08:01Mais je ne dirais pas du tout qu'on soutient les entreprises à bout de bras.
08:04Elles n'ont pas besoin tout le temps de nous.
08:06Mais on est capables.
08:07Par exemple, quand il y a une crise immobilière,
08:09l'an dernier, je pense qu'on a financé la construction
08:11d'un logement sur deux.
08:12Et c'est important, on est en crise du logement,
08:14donc là, on doit être très très très présent.
08:16Sur la rénovation thermique et la transformation écologique,
08:19c'est des sujets sur lesquels on est présent.
08:21Sur la souveraineté, là aussi, on est présent.
08:23On n'est pas présent sur tout le spectre de l'économie.
08:25Je veux dire.
08:26Qu'est-ce qui vous inquiète le plus, là, encore une fois ?
08:27Est-ce que c'est l'inflation avec l'impact, notamment sur le financement de l'immobilier ?
08:33Ou est-ce que c'est au contraire le choc énergétique,
08:35même si c'est vrai qu'on a maintenant des centrales nucléaires qui fonctionnent,
08:38donc on a de l'électricité sans problème, sans doute la chance de la France ?
08:42Mais enfin, on voit bien, et les Français subissent ce choc pétrolier
08:46qui n'est plus un choc, si j'en crois le ministre de l'Économie.
08:48Alors, je ne dirais pas que c'est ce qui m'inquiète.
08:50Ce à quoi il faut être vigilant, surtout quand on a la responsabilité de la Caisse des dépôts,
08:55un bilan de 1 400 milliards, et puis l'épargne des Françaises et des Français,
08:58là où il faut être très vigilant, c'est l'ampleur du choc inflationniste.
09:01C'est le scénario, vraiment, d'une explosion de l'inflation,
09:04d'une remontée des taux violentes, qui ferait que l'économie serait un risque.
09:10Donc c'est à nous, évidemment, de nous protéger,
09:12et puis de protéger l'institution de la Caisse des dépôts,
09:15et d'avoir ce rôle contracyclique très, très important.
09:18Mais là, on va regarder, dans les semaines qui viennent,
09:21si la crise devient de plus en plus forte,
09:23avec une explosion du prix du pétrole qui nous mettrait véritablement à risque,
09:27ou si c'est un épisode qui va être, finalement, d'assez court terme.
09:32Et c'est ça qui est difficile à voir en ce moment,
09:34c'est est-ce qu'on a une succession de petites crises de court terme,
09:36ou est-ce qu'on est dans des véritables chocs structurels
09:39qui donnent une nouvelle trajectoire à l'économie ?
09:42Et là, vous êtes prêts à activer, justement, le poids de la Caisse des dépôts ?
09:47Activer le poids de la Caisse des dépôts.
09:49Vous avez 10 400 milliards d'actifs, donc ça joue pas ?
09:521 400 milliards d'actifs, on a surtout des fonds propres qui se sont renforcés,
09:56et les fonds propres, c'est extrêmement important pour l'établissement financier,
09:59c'est ce qui lui permet d'agir et de déployer de l'argent au service de l'économie.
10:02Alors justement, ça fait le lien, vous avez publié hier vos résultats pour 2025,
10:06on peut dire que c'est des performances solides,
10:08vous avez un résultat stable, un peu comme l'année dernière, du reste à 5 milliards d'euros,
10:13vous avez dit des bilans et des fonds propres solides,
10:17c'est ce qui fait votre force,
10:20est-ce que ça vous inquiète un peu pour 2026, en revanche ?
10:23Alors, vous avez raison, on ne sait pas très bien comment va être 2026,
10:27et ça m'incite à être extrêmement prudent,
10:32et 5 milliards, c'est vraiment un très bon résultat,
10:35il y a 2018, on était plutôt ce résultat à 2 milliards, 2 milliards 5,
10:39donc en l'espace d'une demi-douzaine d'années,
10:42la caisse a été capable de multiplier son résultat par deux,
10:45mais bon, la caisse n'a pas d'actionnaire,
10:46elle est placée sous la protection du Parlement,
10:48on ne fait pas ça pour dégager du résultat,
10:50on fait ça pour servir l'économie.
10:52Et donc nous, sur 2026, on va être très vigilants à savoir
10:55comment va tourner l'économie, quel secteur aura besoin de nous,
10:58on sait que le secteur du logement, ça reste une priorité absolue,
11:02on est encore dans une crise du logement,
11:03la préoccupation numéro 1 des Français, c'est le logement,
11:06la préoccupation numéro 2, c'est tout ce qui tourne autour de la santé,
11:09et puis il y a la transformation écologique,
11:11où on a rehaussé notre engagement sur le financement de la transformation écologique,
11:14ça c'est des choses très concrètes,
11:16c'est la rénovation des écoles, c'est le plan eau,
11:19c'est les énergies nouvelles renouvelables,
11:22et on va continuer à travailler dans ce domaine-là,
11:24et puis il y a la cohésion territoriale,
11:27c'est toujours mon dada, vous le savez,
11:28le programme actif de l'heure de ville.
11:29On va rappeler que j'étais justement le patron de la Banque des Territoires.
11:32Absolument, et qu'on sort des élections municipales
11:34qui ont été un moment très important de démocratie locale
11:38et dans lequel nous on est là pour accompagner aussi les élus.
11:40Et il y a un enjeu très très important,
11:40on l'a vu aussi dans le résultat des élections municipales.
11:44Juste une question un peu naïve, pardonnez-moi,
11:47mais vous publiez un résultat de 5 milliards d'euros,
11:51est-ce que c'est le rôle de la Caisse des dépôts ?
11:52Je comprends si vous étiez Veolia, si vous étiez une entreprise privée du CAC 40,
11:58est-ce que c'est finalement, est-ce que c'est le rôle de la Caisse des dépôts
12:01de sortir un bénéfice, comme vous dites, de 5 milliards d'euros ?
12:04On se pose toujours la question de savoir
12:07est-ce qu'on est trop rentable ou pas assez rentable ?
12:09Alors la Caisse des dépôts, elle a cette particularité
12:12qu'elle n'a pas d'actionnaire, c'est un établissement public,
12:14donc il faut qu'elle reste solide, parce qu'en cas de problème, il va y avoir.
12:18Et ces 5 milliards, ils servent chaque fois à renforcer les fonds propres
12:22pour nous permettre d'en faire plus.
12:24En faire plus, c'est quoi ?
12:25C'est prêter plus pour le logement social, pour les collectivités locales,
12:29et puis c'est nous permettre de déployer de l'argent sur des nouveaux projets
12:32qui sont clés pour le pays.
12:33Par exemple le nucléaire, par exemple la souveraineté numérique.
12:36Et donc là, ces 5 milliards, c'est une vraie fierté.
12:40Moi je veux remercier tous les personnels de la Caisse des dépôts
12:42qui sont très engagés, ça ne se fait pas tout seul,
12:44et ce n'est pas que moi,
12:45mais chaque fois on essaye d'avoir une rentabilité d'intérêt général
12:49par rapport à l'argent qu'on nous confie.
12:51Oui, alors à propos d'argent, je disais 5 milliards,
12:54c'est la question qu'on peut se poser,
12:56donc vous avez des résultats très solides pour 2025,
13:00mais il y a un mais quand même, Olivier Sichel,
13:02c'est que vous versez, je crois que c'est la contribution,
13:06une contribution historique la plus élevée,
13:08la plus forte depuis 20 ans,
13:10vous allez verser un petit chèque de 3,3 milliards,
13:15300 millions à l'État.
13:19On a envie de dire, je sais bien que les finances publiques
13:21sont dans un état catastrophique,
13:23mais bon, est-ce que ces 3 milliards, 300 millions,
13:26est-ce qu'il ne faudrait pas les investir justement
13:28dans des HLM, dans la rénovation, etc. ?
13:31Alors l'un n'empêche pas l'autre,
13:32d'abord, on est très content de payer 3,3 milliards d'impôts à l'État,
13:37ça fait partie de notre contribution au redressement des finances publiques,
13:41et ces 3,3 milliards, en fait,
13:43ils répondent à des règles extrêmement précises
13:45qui ont été fixées par la commission de surveillance avec l'État,
13:50c'est 50% de notre résultat net,
13:52et puis il y a une partie d'impôts,
13:53et comme toutes les sociétés,
13:55alors nous on est un établissement public,
13:56c'est un peu particulier,
13:57mais on est assujettis aussi à l'impôt,
13:59il y a la surtaxe qu'on a payée,
14:01comme les grandes entreprises,
14:02qui fait qu'on fait un chèque assez exceptionnel à l'État.
14:07Oui, mais on vous a forcé la main ?
14:11Absolument pas, absolument pas,
14:13c'est lié, c'est 50% de notre résultat net,
14:15donc notre résultat net est élevé,
14:17on le paye,
14:18et sur l'impôt sur les sociétés,
14:20on applique exactement les mêmes règles
14:22que si on était sur une société,
14:24donc ça, on a la chance,
14:26vous savez,
14:27et c'est très important pour la Caisse des dépôts,
14:29d'être placé sous cette protection du Parlement,
14:32donc il y a une certaine autonomie,
14:33qui fait qu'effectivement,
14:36on paye une contribution,
14:38mais qu'on veille à garder des fonds propres,
14:40pour notre mission principale,
14:41développement économique.
14:43Développement économique,
14:43souveraineté économique,
14:44c'est un point important,
14:46en tous les cas pour vous,
14:47vous dites que c'est vraiment un des objectifs
14:49de la Caisse des dépôts,
14:50qui est actionnaire des principales sociétés,
14:53mais ça se traduit comment,
14:54en fait, la souveraineté économique pour vous ?
14:56En ce moment, vous vous dites,
14:57parce qu'on vous suit depuis longtemps,
14:59aujourd'hui, c'est plus les industries de défense,
15:02elle est où, c'est la souveraineté économique ?
15:03Ne me dites pas, elle est partout, s'il vous plaît.
15:05Mais par contre,
15:06j'aimerais bien que vous me disiez,
15:07les trois priorités,
15:08mes trois priorités.
15:09Alors, en souveraineté,
15:10on va commencer par le cœur de la souveraineté,
15:11il y a la défense.
15:13L'an dernier,
15:14on a publié une doctrine qui est très claire,
15:16en disant,
15:16la Caisse des dépôts en matière de défense,
15:18pour tout le groupe,
15:19de la banque postale à la CNP,
15:20en partant de la PPI,
15:21en défense,
15:22on finance tout,
15:23tout,
15:24sauf ce qui est interdit par les traités,
15:25donc les mines antipersonnelles,
15:27le nucléaire,
15:27le bactériologique,
15:28mais le reste,
15:29il n'y a pas de distinction,
15:29l'État.
15:30Et donc, on a investi dans des fonds.
15:32Premier sujet,
15:32souveraineté,
15:33c'est le financement de l'industrie de défense.
15:35Deuxième élément,
15:35la souveraineté énergétique.
15:37Combien ?
15:37On a une exposition de 50 milliards.
15:3950 milliards,
15:40c'est dans les Thalès ?
15:41C'est dans quoi ?
15:43Non, les Thalès,
15:44les grands groupes de défense,
15:46c'est l'APE qui est actionnaire.
15:49L'agence de participation d'État.
15:50Donc, nous, on va être dans
15:51ce qu'on appelle
15:52la base industrielle
15:53et technologique de défense,
15:54tout un tissu de PME,
15:55de start-up,
15:56dans lesquels BPI investit.
15:57Donc, vous avez investi
15:5850 milliards
15:59dans l'industrie de défense ?
16:00Non, ce n'est pas de l'investissement,
16:01il y a aussi du financement.
16:02Le financement de l'export.
16:04Donc, on a une société
16:06qui s'appelle la Sfil,
16:07qui est une filiale à 100%
16:08de la Caisse des dépôts,
16:10qui fait du refinancement
16:11de l'export de défense.
16:12Et puis, on a la garantie
16:15export de défense
16:16que fait BPI France.
16:17Et aujourd'hui,
16:19tous les pays se réarment
16:20et on a la chance
16:21d'avoir une industrie de défense,
16:22mais il y a un financement
16:23de l'export à assurer.
16:24Et ça, c'est une grosse partie
16:25de l'exposition de BPI France.
16:26Les fonds défense,
16:27parce que Nicolas Dufour,
16:28qui était le patron de la BPI,
16:30était venu ici le lancer,
16:31en disant, voilà,
16:32il faut que les Français
16:32investissent dedans.
16:34Est-ce qu'ils ont répondu
16:35à l'appel ?
16:35Parce que, pour l'instant,
16:36je crois que c'est à peu près
16:3640 millions, 50 millions.
16:38Ça marche.
16:38On est en campagne
16:39de communication.
16:40C'est petit quand même, non ?
16:41Oui, mais d'un autre côté,
16:43là, on est en phase
16:44de communication.
16:45Et puis ça, c'est un fonds
16:46qui était très spécifique.
16:47C'est un fonds à l'appel
16:48de la BPI, pardon.
16:49Mais en réalité,
16:50nous, on a investi
16:51dans d'autres fonds,
16:52par exemple,
16:52le fonds de Serge Winberg
16:53ou le fonds de dette
16:54de Siena et Faïstos.
16:56Et donc là,
16:56c'est des levées
16:57de plusieurs centaines de millions
16:57qui ont été faites.
16:59Tiens, puisqu'on parlait
17:00de la BPI à l'instant,
17:02la BPI,
17:04et ce qui impacte
17:05sur vos résultats,
17:05elle a des résultats
17:06qui sont bien moins bons
17:08parce qu'elle est
17:08très, très exposée
17:11aux sémiconducteurs
17:12et à l'automobile
17:13avec sa participation
17:14dans Stellantis.
17:16Est-ce que ça vous inquiète,
17:18vous,
17:18parce que vous avez
17:1850% de la BPI quand même ?
17:20Est-ce que vous dites,
17:21là, sur Stellantis,
17:23on n'a pas bien joué,
17:24on n'a pas bien anticipé
17:25sur rester ?
17:26Vous avez raison,
17:27il y avait eu
17:27de très, très bonnes années
17:28avec un dividende
17:29de 300 millions
17:30qu'on allait toucher
17:30de la barre de Stellantis
17:31et aujourd'hui,
17:32Stellantis est en difficulté
17:33à passer 22 milliards
17:35de provisions.
17:36Alors, ça ne nous inquiète pas
17:37sur BPI France parce que...
17:38Vous étiez au courant ?
17:40Ah ben oui,
17:41on est au conseil
17:41d'administration de BPI France
17:43donc on était au courant,
17:44c'est ce qui a provoqué
17:45le départ de Carlos Tavares
17:47quand même.
17:47Donc oui,
17:48on était absolument au courant
17:50comme on est au courant
17:51des difficultés
17:51de STMicro
17:52ou de Soltech.
17:53Dans le président Nicolas Dufour
17:54qui est président
17:55de STMicro.
17:56Absolument, absolument.
17:57Et donc,
17:58alors après,
17:59pour revenir à BPI France,
18:00ça ne l'empêche pas
18:02d'être en soutien de l'économie
18:03parce qu'il y a des aspects comptables
18:05mais il y a une grosse création
18:06de valeur dans tout le reste
18:07du portefeuille de BPI France.
18:08Oui, mais qu'est-ce que vous en tirez
18:09comme leçon,
18:11Olivier Sichel,
18:12je vais dire Nicolas Sichel,
18:13qu'est-ce que vous en retenez
18:14comme leçon
18:15par rapport à BPI ?
18:16Est-ce qu'il faut
18:17qu'elle soit moins engagée
18:18dans des dossiers
18:19comme Stellantis,
18:20dans les microprocesseurs
18:22ou les semi-conducteurs ?
18:24Est-ce qu'il faut
18:24qu'il y ait une autre stratégie ?
18:26Je veux dire,
18:26il y a quand même
18:27de quoi être interpellé,
18:28non ?
18:29Exactement.
18:30La leçon que j'en tire,
18:31c'est que quand on soutient
18:32l'industrie,
18:33il faut avoir la capacité
18:35d'encaisser des risques
18:36et des chocs.
18:37L'industrie,
18:38c'est risqué,
18:39donc on ne peut pas
18:39gagner à tous les coups.
18:41Si on veut le faire,
18:42et moi je soutiens
18:43pleinement Nicolas Dufour
18:44et je soutiens pleinement
18:45BPI France
18:46dans le soutien
18:46à la réindustrialisation,
18:47il faut accepter
18:48à un moment
18:49d'avoir des crises.
18:50C'est un milieu
18:50extrêmement concurrentiel
18:52et donc à un moment,
18:53il peut y avoir
18:54de très bonnes années
18:54et on a eu
18:55de très bonnes années
18:56avec Stellantis.
18:57Mais là,
18:57il n'y a pas d'inquiétude
18:58sur BPI,
18:58c'est ça que vous nous dites ?
18:59Je n'ai aucune inquiétude
19:01sur BPI,
19:01c'est une banque
19:02qui est régulée
19:03par la BCE
19:04et je pense que
19:05ne regarder juste
19:06son résultat
19:06est une façon limitée
19:09de voir son action.
19:09C'est basique,
19:11excusez-moi,
19:12c'est normal,
19:13il y a les comptes d'exploitation.
19:15On soutient 72 milliards
19:17d'injectés dans l'économie,
19:18c'est important.
19:18La création de valeur,
19:19c'est aussi important.
19:20BPI est en train
19:21de faire un tour énorme
19:23de toutes les entreprises
19:23et de toutes les PME
19:24pour l'intelligence artificielle,
19:26ça a beaucoup
19:27pour nous.
19:27Vous voyez,
19:28ça revient exactement
19:29à la question que vous posiez,
19:30est-ce que ça vaut la peine
19:30de faire 5 milliards ?
19:31Moi, je ne regarde pas
19:32le résultat des années
19:33de 5 milliards.
19:34Est-ce que ça vaut le coup
19:34de continuer à investir
19:36autant dans l'industrie
19:37et peut-être qu'il faut aller
19:39plus vers les nouvelles industries,
19:41l'IA numérique, etc.
19:42On le fait aussi,
19:43on le fait aussi
19:44et BPI est vraiment
19:45à la pointe de l'innovation.
19:46BPI est actionnaire de Mistral
19:47qu'on soutient
19:48et donc ça,
19:49si ce n'est pas vraiment
19:49de la nouvelle industrie,
19:50est-ce que c'est ?
19:51Non, mais oui,
19:52bien sûr, il y a Mistral,
19:53il y a les semi-conducteurs aussi.
19:55Les semi-conducteurs
19:56et donc on est présent
19:57au Stémicro
19:58qui est l'un des joyaux
19:59de notre industrie
20:00de semi-conducteurs.
20:01Bon, d'accord,
20:02pas vraiment convaincu
20:02mais bon.
20:03On va parler du livret A
20:05quand même
20:05parce que là,
20:06c'est intéressant
20:06de voir ce qui s'est passé.
20:07C'est-à-dire qu'il y a eu,
20:08comme l'inflation
20:09a été moins élevée,
20:11donc le côté,
20:12alors c'est très bien
20:13mais c'est moins bon
20:14pour le taux du livret A
20:15qui dépend justement
20:16du niveau d'inflation.
20:17Donc il y a une décollecte
20:18historique au mois de janvier,
20:20même encore une décollecte
20:23je crois que c'était 1,3 milliard, 1,9 milliard
20:25et puis là,
20:26c'est un peu plus de 740 millions.
20:29Est-ce que ça va continuer
20:30à votre avis cette décollecte ?
20:31Je pense que ça va continuer.
20:33Alors ça dépend
20:33de ce qui se passe de nouveau
20:34dans le détroit d'Ormus
20:35parce que comme vous l'avez souligné,
20:36le taux du livret A,
20:37il est lié à l'inflation.
20:38Si l'inflation augmente,
20:39le taux du livret A va augmenter
20:41et vraisemblablement
20:42les Français vont revenir.
20:44Aujourd'hui,
20:44les Françaises et les Français
20:45ils sont assez rationnels.
20:46Ils voient un taux à 1,5%
20:48qui est assez bas.
20:49Ils voient de l'assurance-vie
20:50au-delà de 3,5%
20:52et ils arbitrent.
20:53Alors ils arbitrent quand même
20:54de façon différente
20:56parce que le livret A,
20:57c'est sûr,
20:58c'est garanti,
20:59c'est mon rôle
21:00en tant que directeur général
21:01de la Caisse des dépôts
21:01de s'assurer véritablement
21:03que cette épargne
21:04est en sécurité,
21:05c'est défiscalisé
21:06et puis c'est totalement liquide.
21:08L'assurance-vie
21:09est beaucoup moins liquide.
21:111,5%
21:12c'est insuffisant,
21:14non ?
21:15Est-ce qu'il ne faudrait pas
21:16un seuil minimal en fait ?
21:18Écoutez,
21:19on a une formule
21:19qui correspond à
21:21la moitié de l'inflation
21:23et la moitié des taux courts
21:24et puis ça bouge.
21:26Il y a deux ans,
21:27c'était à 3,5%.
21:28Alors ce qui faisait
21:29le bonheur des épargnants
21:30faisait le problème
21:31des emprunteurs
21:32parce qu'il faut voir
21:32que le livret A,
21:33c'est un pivot.
21:34Vous, en tant qu'épargnante,
21:35je vous dis,
21:36c'est pas assez,
21:37mais moi je prête
21:38aux bailleurs sociaux
21:38et aux collectivités locales
21:39qui me disent...
21:40Les dizaines de Français
21:40qui ont retiré
21:42l'argent de leur livret A,
21:44c'est que vous pourriez dire
21:45qu'il faudrait quand même
21:46qu'il y a un taux plancher,
21:48non ?
21:48Non, vraiment,
21:49je trouve que la formule
21:50fonctionne bien
21:50et puis il ne faut pas
21:51oublier que ce livret A,
21:52il permet de prêter
21:54à bon marché
21:54pour des emplois importants,
21:56pour notamment
21:57les bailleurs sociaux
21:58qui construisent
21:58des logements sociaux
21:59et on en a besoin,
22:00pour les collectivités locales
22:02qui financent
22:02l'investissement public
22:03et pour des emplois
22:04comme le nucléaire.
22:05Donc on va financer
22:06une partie
22:07des nouveaux EPR
22:09et là,
22:10plus le taux est bas,
22:11plus c'est intéressant
22:12pour l'électricité future
22:13qu'on aura.
22:14Alors justement,
22:14sur le nucléaire,
22:15moi j'ai besoin
22:15de quelques précisements
22:17sur le financement
22:18du nucléaire.
22:19Le premier,
22:19en avoir parlé,
22:20à dire que le livret A
22:21pouvait servir à ça,
22:22on avait des réactions
22:23un peu violentes,
22:25on va dire,
22:26de la peur de téteurs
22:27et de téléspectateurs,
22:28c'était Éric Lombard,
22:28votre prédécesseur,
22:30ici même.
22:32Il disait que
22:33la Caisse des dépôts
22:34allait financer
22:35un tiers du total
22:37de ces fameuses EPR
22:39dont on dit
22:40que c'est à peu près
22:4170 milliards
22:42l'addition à la facture.
22:44Ursula von der Leyen,
22:45la Commission européenne,
22:46a dit que l'État
22:47peut financer
22:48à hauteur de 60%,
22:49pas plus.
22:50Donc ça veut dire
22:51qu'il faudra
22:51des financements privés.
22:52Mais la Caisse des dépôts,
22:54elle va financer
22:54combien sur ces 60% ?
22:56On a dit 60%
22:58et ça représenterait
22:59à peu près,
22:59dis-je,
23:004 milliards par an
23:01sur une douzaine d'années
23:03parce que ça ne va pas
23:04se faire...
23:04Donc ça fait 50,
23:05vous allez financer
23:0650 milliards ?
23:07À peu près,
23:07oui, à peu près,
23:08c'est l'ordre de grandeur,
23:09selon qu'on compte en euros.
23:11Alors, vous allez me dire
23:12combien ça représente,
23:13l'an dernier,
23:14la Banque des Territoires,
23:14sans commencer le nucléaire,
23:15elle a prêté 40 milliards.
23:17Vous voyez, ça passe.
23:18Ce qui est important,
23:19c'est qu'il y aura toujours,
23:20toujours de l'argent
23:21en priorité
23:22pour le logement social
23:23et pour les projets
23:24des collectivités locales.
23:25Vous avez souligné
23:26qu'il y avait une décollecte
23:28de l'ordre de 1,3 milliard
23:29et puis 700 millions.
23:31Je rappelle,
23:31le total bilan
23:32du Fonds d'épargne,
23:33c'est 450 milliards.
23:35Dans les années 22,
23:3723, 24,
23:38c'était en moyenne
23:3820 milliards de surcollectes
23:40qu'on avait fait
23:40parce que dans la période Covid,
23:42les Français épargnaient beaucoup.
23:43Donc, on a tout à fait
23:45la capacité
23:46à financer ces EPR,
23:48cette énergie nucléaire.
23:49Et j'ai envie de vous dire,
23:50c'est véritablement
23:52à ça que sert,
23:52la Caisse des dépôts.
23:53C'est du financement long
23:54d'infrastructures
23:55qui vont durer 40, 50 ans
23:57et qui vont nous permettre
23:58d'avoir une énergie
23:59décarbonée.
24:00Vous allez quasiment
24:01payer la facture de...
24:03Quand on dit que l'État
24:04va payer à hauteur de 60%,
24:05si vous allez en financer
24:0750 milliards,
24:08c'est vous qui allez
24:09financer l'ensemble
24:10de la part de l'État
24:11sur l'addition du nucléaire.
24:13Alors, le montage
24:13est un peu plus compliqué.
24:14On va prêter une ESPV.
24:16C'est quoi une ESPV ?
24:17C'est l'État qui va...
24:18Société publique ?
24:19Une special purpose véhicule
24:21qui va être en charge
24:22de la construction.
24:23Et pour voir
24:24quelle est la partie
24:25de l'aide d'État,
24:26il y a encore quand même
24:26deux étapes importantes
24:28à franchir
24:29qui sont un peu techniques.
24:29ce BFA,
24:30on peut le dire.
24:31Il y a l'autorisation
24:31de la Commission européenne.
24:32C'est la vende de la
24:33une pause des crétons.
24:35Une pause des conditions
24:36qui sont
24:36quelle est la part
24:37de l'aide d'État
24:38acceptable ?
24:3960%.
24:39Il y a des précédents.
24:40Oui, mais à quelles conditions ?
24:42C'est regardé un petit peu plus
24:43de façon approfondie.
24:45On fait confiance
24:45à la Commission européenne.
24:47Il y a des précédents
24:49qui ont lieu
24:49en République tchèque.
24:50Et puis,
24:51il y a la garantie
24:52que l'État doit nous donner.
24:53Ça, ça passe par une loi de finances
24:55sur ses prêts.
24:56En aucun cas,
24:57l'argent des Françaises
24:58et des Français
24:58devra être mis à risque.
24:59On sait que c'est des projets
25:00quand même risqués.
25:01Il y aura une garantie
25:02de l'État.
25:03Il y aura le financement
25:05du livret A
25:06sur le nucléaire.
25:07Absolument.
25:08Ça, c'est quand même
25:08un point important.
25:10Sur les logements sociaux,
25:12ça n'aura pas d'impact ?
25:13Ah non, ça n'aura aucun impact.
25:14Alors, poser la question,
25:15on a fait une très bonne année
25:16sur les logements sociaux,
25:17plus de 100 000 logements sociaux.
25:19On a financé aussi
25:19les logements intermédiaires.
25:21Là aussi,
25:21les équipes de la Caisse des dépôts
25:23se sont données
25:23véritablement à fond.
25:24C'est notre première mission.
25:26On fait à la fois
25:26de la construction
25:27et il n'y en a pas assez.
25:29Il y a encore toujours
25:29une liste d'attentes
25:31qui s'accumulent.
25:32Il y a une pression
25:33très très forte
25:33sur le logement.
25:34On a vu aux élections municipales,
25:36c'est un enjeu très important.
25:37Dans les métropoles,
25:38il y a une grosse pression.
25:39Donc nous,
25:40on ne lâche rien
25:40sur le logement social.
25:41On est allé
25:42sur le logement intermédiaire.
25:43Et puis, vous vous souvenez,
25:44j'étais venu vous annoncer,
25:45Edwige Chevrillon,
25:46qu'on lançait un grand plan
25:47sur le logement étudiant
25:48avec 75 000 logements étudiants
25:50en 5 ans.
25:51L'an dernier,
25:51on a fait 26 000 logements étudiants.
25:53Donc on va très très vite
25:54sur le logement étudiant.
25:55C'est aussi une grosse demande
25:57de la part de nos concitoyens.
25:59On a beaucoup d'étudiants en France.
26:01Il faut les loger.
26:02Ils sont souvent
26:02très très mal logés.
26:03Donc là, on a fait
26:04un gros effort
26:05qui est très très payant aujourd'hui.
26:06Ça me fait penser
26:06à Collectivité locale.
26:07Ça me fait penser à Suez.
26:09Pardonnez-moi,
26:10c'est le cheminement
26:11de mon esprit.
26:14Est-ce que Suez,
26:15vous avez 20% dans Suez,
26:17est-ce que je recevais
26:18le patron de Transdev
26:18dont l'actionnaire
26:19est maintenant allemand ?
26:21Enfin, vous êtes toujours
26:21actionnaire de Transdev.
26:23Mais maintenant,
26:24l'actionnaire majoritaire
26:24c'est le groupe allemand
26:25Rettmann.
26:26Et il disait,
26:27oui, ça a une logique
26:28que Suez passe aussi
26:30sous le contrôle de Rettmann
26:32parce que c'est des services
26:33de collectivité locale.
26:35Vous dites quoi, vous ?
26:36Pour l'instant,
26:37il n'y a pas de discussion
26:38sur l'évolution
26:39du capital de Suez.
26:40Donc on a 20%
26:41aux côtés de nos co-actionnaires
26:42Meridiam et puis le fonds...
26:45Et ça peut rester seul
26:46comme ça, Suez,
26:46vous pensez ?
26:47Ah oui, franchement,
26:48Suez a une belle taille critique.
26:50C'est quand même
26:50une très très belle entreprise
26:51qui se développe
26:52à l'international.
26:54On travaille très très bien
26:55en France
26:56avec la Banque des Territoires.
26:57Maintenant,
26:58comme vous l'avez dit,
26:59on a fait évoluer
27:00le capital de Transdev
27:01parce que Transdev,
27:02100 000 personnes,
27:0375 000 à l'étranger,
27:0510 milliards de dollars
27:07parce que vous savez
27:08que le deuxième pays
27:08après la France,
27:10pour Transdev,
27:10c'est les États-Unis.
27:11Et donc c'est maintenant
27:13Rettmann
27:13qui est l'actionnaire majoritaire.
27:14Mais nous restons au capital
27:15à 34%.
27:16Et Transdev
27:18se développe en France
27:19par exemple
27:20et ouvre la voie
27:21à la concurrence.
27:22Le train Marseille-Nice,
27:23c'est un train...
27:24Il y en a d'autres
27:25sur le Grand Paris.
27:26Il est dans les starting blocks
27:27en tous les cas.
27:29Encore deux questions
27:30à vous poser.
27:31D'abord,
27:31parce qu'on va rappeler
27:32que la Poste,
27:33on n'a pas le temps
27:34de parler de tout
27:35pour la Caisse des dépôts.
27:36Mais c'est aussi
27:36la Poste maintenant,
27:38c'est la CNP.
27:39Enfin,
27:40vous avez...
27:41C'est tentaculaire
27:42le groupe
27:43Caisse des dépôts.
27:44Sur la Poste,
27:44il y a une nouvelle présidente
27:45qui s'appelle
27:46Marie-Ange Debon,
27:46qu'on connaît bien ici,
27:48qui a donné une interview
27:50notamment à nos amis des Echos
27:51et qui a eu cette phrase
27:52en disant
27:52il y a 25%
27:54des boîtes aux lettres
27:55jaunes
27:56qu'on connaît tous,
27:56qu'on voit dans les rues,
27:59qui ne servent à rien.
28:00En fait,
28:00il n'y a plus de courrier dedans.
28:02Donc,
28:02moi,
28:02je réfléchis,
28:03je me dis
28:03s'il y a 25%
28:05qui ne servent à rien,
28:06ça veut dire
28:07qu'il y a 20 et 25%
28:08des postiers
28:09qui ne servent à rien.
28:10Est-ce qu'il faut s'attendre ?
28:12Non,
28:13c'est un peu logique.
28:14Est-ce qu'il faut s'attendre ?
28:16Parce que c'est vrai
28:16que les meurs s'évoluent.
28:18Est-ce qu'il faut s'attendre
28:19quand même
28:20à un plan social
28:20du côté de la Poste ?
28:21Alors,
28:22certainement pas.
28:22Donc,
28:23d'abord,
28:24moi,
28:24je veux vraiment redire
28:25combien je suis heureux
28:26que Marie-Ange Debon
28:27ait pris cette fonction.
28:28Ça n'est pas.
28:29Remonner toute ma confiance
28:30en tant qu'actionnaire
28:31d'un 66%.
28:33Saluer les postières
28:34et les postiers
28:35qui font un travail
28:35de transformation importante.
28:38Mais ils ont envie
28:39de savoir
28:40c'est de savoir
28:40lesquels ces boîtes aux lettres.
28:42C'est une statistique.
28:43Mais alors,
28:44quelles boîtes aux lettres
28:45on enlève ?
28:46Parce que ce n'est pas
28:47toujours la même.
28:48De la même façon,
28:49Marie-Ange Debon
28:49a souligné
28:50qu'il y avait,
28:51je crois,
28:5117% des bureaux de poste
28:53qui voyaient
28:53deux personnes par jour.
28:54Oui,
28:55mais lesquels ?
28:55À quel moment ?
28:56Donc,
28:57la Poste,
28:57elle est en permanence
28:58en transformation.
28:59Pourquoi ?
29:00Parce que le courrier baisse.
29:01Chaque année,
29:02la Poste part
29:02avec 500 millions en moins.
29:04vous la soutenez
29:04dans ce plan
29:05de réduction,
29:06je dirais,
29:06de l'emprise postière.
29:08de transformation.
29:10La Poste est une entreprise
29:11qui est en pleine transformation,
29:13qui n'a pas cessé
29:13de transformer
29:14déjà à l'époque
29:15du président Val
29:16en se développant
29:17sur la logistique,
29:18en se développant
29:19sur les services financiers.
29:20C'est pour ça
29:21qu'on leur a apporté
29:21la CNP
29:22et c'est une magnifique opération
29:23qu'on a faite
29:23de rapprocher la CNP
29:24et la Banque Postale
29:25et on va continuer
29:27de la soutenir
29:28en tant que principal actionnaire.
29:29C'est sportif,
29:30quand même en tous les cas.
29:31Les nominations,
29:32la gouvernance,
29:32soit à la Banque Postale
29:34ou alors à la Poste.
29:37Une dernière question,
29:38je voulais finir par ça
29:38parce que c'est important,
29:39surtout ici,
29:40on en parle beaucoup
29:40sur BFM Business,
29:41la souveraineté numérique.
29:43On sait que vous,
29:44c'est votre dadar,
29:45ça a toujours été,
29:46même dans vos océans postes,
29:47c'est aussi pour ça
29:48qu'Éric Lombard,
29:49vous avez fait venir
29:49à la Caisse des dépôts,
29:51c'est que le numérique,
29:52le digital,
29:52c'est quelque chose
29:53que vous connaissez bien.
29:54Qu'est-ce que vous pouvez faire,
29:55vous, la Caisse des dépôts,
29:56sur la souveraineté numérique ?
29:57Qu'est-ce qu'il y a à faire ?
29:58Alors, c'est évidemment...
30:00Et vous avez deux minutes.
30:02On a lancé un grand plan
30:03d'horizon numérique 2030
30:05qui couvre tout le groupe
30:06et je voudrais juste,
30:08en deux minutes,
30:09vous parler du lancement
30:10de l'indice de résilience numérique.
30:12Vous connaissez l'indice
30:13d'égalité homme-femme ?
30:14La résilience numérique,
30:15l'indice là,
30:16c'est à faire plus que nous.
30:17Vous connaissez l'indice
30:17d'égalité homme-femme ?
30:18Ça vous parle ?
30:19Le bilan carbone,
30:20c'est des choses
30:20qui sont rentrées dans les mœurs.
30:21Ça ne sert pas grand-chose,
30:22mais bon.
30:22Je veux faire entrer
30:24dans les mœurs
30:25cet indice de résilience numérique
30:26qui permet à chaque entreprise
30:27de calculer sa dépendance numérique,
30:30sa vulnérabilité technologique.
30:31En réalité, aujourd'hui,
30:33la plupart des patrons
30:34que je côtoie,
30:34ils sentent bien
30:35qu'ils sont en dépendance technologique
30:36et qu'ils sont fragiles
30:38vis-à-vis de ce qu'on appelle
30:40le kill switch,
30:40c'est-à-dire que Trump...
30:41Eh bien, on va déployer
30:43cet indice de résilience numérique
30:44qui permettra à chacun
30:45d'avoir un indice
30:46et de se dire
30:47je suis à 54,
30:48je vais aller à 74
30:49en enlevant les parties
30:50sur lesquelles je suis dépendant
30:52et on a un plein soutien
30:53vraiment de toute l'industrie
30:54qui disent
30:54ça c'est une initiative intéressante
30:56qui permet de mesurer
30:57ma vulnérabilité technologique
30:59et de la régulier.
30:59Et comment ?
30:59C'est compliqué à mesurer.
31:01Oui, c'est très compliqué.
31:03Très compliqué en fait.
31:04Vous rentrez dans les grands processus
31:05Parce que si vous prenez votre téléphone,
31:07là vous avez une dépendance énorme.
31:08Oui, et vous êtes sur Microsoft,
31:09vous avez une dépendance énorme.
31:10Mais moi je l'ai calculé
31:11par exemple pour la caisse.
31:13Pour la caisse,
31:13le système bancaire
31:14c'est du Soprasteria.
31:16Le système de la place de marché
31:18et de toutes les opérations de marché
31:19c'est du Murex.
31:20Et après on a pas mal d'open source.
31:21On n'est pas trop sur le cloud,
31:22on est on-premises.
31:23Je rentre un peu dans la technique
31:25pour vous dire
31:25et bien finalement
31:26je m'en tire pas si mal.
31:28Sauf peut-être sur la partie paiement.
31:29Ce qui explique qu'on est soutenu
31:30Worldline
31:31si vous avez vu cette opération-là.
31:32Oui, on a vu.
31:34C'est difficile de passer à côté.
31:35Quand je disais juste
31:36l'indice d'égalité
31:38ça sert pas à grand-chose.
31:39C'est juste qu'on voit toujours
31:40qu'il y a un problème d'égalité
31:41homme-femme.
31:41C'était pour ça que je disais ça.
31:43Mais c'est important.
31:44Nous on est en un peu au ratio
31:44d'indégalité homme-femme.
31:45Absolument.
31:46Si vous regardez le comité exécutif
31:48de la caisse
31:48je le salue
31:49il y a 4 hommes
31:50et 7 femmes.
31:51Absolument.
31:52Oui, c'est dans l'autre sens.
31:53Marie-Ange Debon
31:54a été la première PDG
31:56de la Poste.
31:57Oui, donc c'est un point.
31:58Juste comment éviter
31:59que des sociétés
32:00type Ledger ou autre
32:02aillent se faire côté
32:03à New York
32:03plutôt qu'à Paris ?
32:05Alors, vous savez
32:06je suis administrateur
32:06d'Euronext
32:08la caisse est actionnaire
32:09d'Euronext
32:09et dans le plan
32:11Horizon Numérique
32:11on a pris l'engagement
32:13de permettre
32:14à des champions numériques
32:15de lever 5 à 10 milliards
32:16sur la bourse
32:17à Horizon 2030
32:18en étant ce qu'il s'appelle
32:19Cornerstone Investor
32:20avec la caisse
32:21pour favoriser
32:22l'introduction en bourse.
32:23Mais espérons que ça marche.
32:24Merci beaucoup
32:24en tous les cas
32:25d'être venu ici.
32:27C'est vrai qu'il a fait
32:28un tour d'horizon
32:28assez complet avec vous.
32:29C'est normal
32:29vous êtes le bâton
32:30de la caisse des dépôts.
32:31Merci beaucoup Olivier Sichel.
32:32Merci beaucoup.
32:33Dans un instant
32:34c'est donc Mathieu Courtecuisse
32:35lui il est président fondateur
32:36du cabinet CIA.
32:37Il rentre des Etats-Unis
32:38intéressant de voir un peu
32:39comment le moral des Américains
32:41face notamment aux déclarations
32:42parfois un peu intempestives
32:44de leur président
32:44et puis surtout de cette guerre
32:45qu'il a lancée au Moyen-Orient
32:47et ses conséquences.
32:48A tout de suite.
32:49BFM Business et la Tribune
32:50présente
32:53Le 18-19
32:54d'Edwige Chevrillon
32:58Le 18-19
33:00se poursuit
33:01avec mon invité
33:02Mathieu Courtecuisse
33:03qui est le président fondateur
33:04du cabinet CIA.
33:05Bonsoir Mathieu Courtecuisse.
33:07Bonsoir Edwige.
33:07Merci d'être avec nous.
33:09Alors c'est un cabinet
33:10de stratégie
33:12vous conseillez
33:14des dirigeants d'entreprise
33:16et en fait
33:16si je vous ai demandé
33:17d'être là
33:17c'est que vous habitez
33:19les Etats-Unis
33:19vous avez développé
33:20CIA aux Etats-Unis
33:22qui a pris
33:23une très très grosse
33:25emprise
33:26et moi ce qui m'intéressait
33:28c'est de voir
33:28un tout petit peu
33:29comment justement
33:29quel était un peu
33:30le climat
33:31le climat des affaires
33:32comment les Américains
33:33et notamment
33:34les chefs d'entreprise
33:35américains
33:35avec qui vous travaillez
33:37percevaient ce qui se passe
33:38les déclarations
33:39parfois un peu
33:40intempestives
33:40de Donald Trump
33:41qui tout à l'heure
33:42est passé de la guerre
33:43à la décoration
33:45de la salle de balle
33:47à Washington
33:48à la Maison Blanche
33:49donc c'est vrai
33:50qu'on est toujours
33:50un peu surpris
33:52peut-être avec notre vision
33:53comment c'est perçu
33:54et puis les inquiétudes
33:55que ça a
33:56parce qu'elle a un impact
33:57sur les taux d'intérêt
33:58sur la stratégie de la Fed
34:00et puis évidemment
34:00elle est mid-term
34:01en perspective
34:03Oui alors ça fait
34:03beaucoup de sujets
34:04Oui mais c'est la même
34:05c'est un peu le moral
34:06des troupes américaines
34:07Oui oui alors
34:08moi je suis plus spécialiste
34:09des affaires
34:10que de l'opinion publique
34:11alors dans l'opinion publique
34:12on voit qu'aujourd'hui
34:12il n'y a pas tellement
34:14de changements
34:15dans son niveau d'approbation
34:16qui est assez bas
34:17par rapport à la moyenne
34:18des présidents américains
34:19mais ça reste
34:20c'est quand même passé
34:2160% à 40%
34:22Oui mais ça reste
34:23sur un étiage
34:24très
34:26pas dingue
34:27mais qui reste correct
34:28et puis sa base électorale
34:30reste assez soudée
34:31d'ailleurs
34:32sur les démocrates
34:33il y a aussi pas mal
34:34de soucis
34:34dans un certain nombre
34:35d'états fédérés
34:36parce qu'il y a
34:36beaucoup de problèmes
34:37de finances publiques locales
34:38et qui commencent
34:39à se traduire
34:39pas mal aussi
34:40dans l'opinion
34:40mais par rapport
34:41à votre question
34:42je pense que le climat
34:43des affaires
34:43reste assez positif
34:46il y a des schémas
34:47de dérégulation
34:47qui continuent
34:48à être mis en place
34:50notamment dans le secteur bancaire
34:51vous avez probablement vu
34:53que c'est moins puissant
34:55que ce qui était prévu
34:57il y a quelques mois
34:58Donc il faut expliquer
34:58j'en avais parlé justement
35:00avec Jean-Claude Trichet
35:01qui lui évidemment
35:01a été un peu contre
35:02en disant
35:03c'est dangereux aujourd'hui
35:04dans le climat actuel
35:05c'est de dire
35:06que les banques américaines
35:08pourraient avoir
35:08un niveau de fonds propres
35:09qui soit moins élevé
35:10En gros c'est de l'ordre de 15%
35:12Voilà
35:12une manière de verser
35:14plus de dividendes
35:15et de séduire Wall Street
35:16Bah si
35:17Ah bah si
35:18Je pense que
35:19on l'a déjà vu
35:20en fait
35:20la machine à crédit bancaire
35:22est déjà repartie
35:22même en anticipation
35:23de cette réglementation
35:24donc les banques américaines
35:26il faut le savoir
35:26quand on est en Europe
35:27prêtent beaucoup moins
35:28aux entreprises
35:28que ce qui se passe
35:30traditionnellement en Europe
35:30et notamment
35:31depuis la crise financière
35:32de 2008-2009
35:33et là ça a amené
35:35un petit peu
35:35les banques traditionnelles
35:37à prêter davantage
35:38et on l'a déjà vu
35:39alors je ne pense pas
35:39qu'il y ait de données publiques
35:40qui étaient pour l'instant partagées
35:42mais je le sais
35:43par mes capteurs
35:44que la production
35:46de crédit bancaire
35:48est pas mal remontée
35:49et là donc
35:50c'est en anticipation
35:51par contre le deal
35:52c'est pas tellement
35:53de
35:54je dirais
35:55de verser plus de dividendes
35:57le deal
35:58il est plutôt
35:58de demander aux banques
36:00d'acheter
36:01des fonds
36:02enfin des bons du trésor
36:03américain
36:03à 10 ans
36:03pour créer
36:04un déséquilibre
36:05offre-demande
36:06et faire baisser
36:07les taux à 10 ans
36:08c'est ça le vrai deal
36:09c'est pas du tout
36:09de verser
36:10c'est ce que j'ai lu
36:12c'est un deal
36:14implicite
36:14c'est pas écrit
36:15dans la loi
36:16ou quoi que ce soit
36:17mais l'obsession
36:18il y a l'ombre
36:19de Donald Trump
36:20un peu derrière
36:21vous êtes d'accord
36:21mais aussi
36:22ce que tout le monde
36:22a compris
36:23c'est que
36:24si quelque part
36:25on ne respectait pas
36:25les deals implicites
36:26on pouvait se prendre
36:27un petit exécutive order
36:30sur un autre sujet
36:31ça a été le cas
36:32toujours sur le système
36:33bancaire
36:33en début d'année
36:34avec la réflexion
36:36sur les taux de crédit
36:38sur les cartes bancaires
36:40donc vous voyez
36:41tout le monde
36:42a bien compris ça
36:43et c'est vraiment l'idée
36:43parce qu'il y a une étape
36:45très importante
36:46en mai, juin
36:47et au milieu de l'année
36:49c'est l'enclenchement
36:50des renégociations
36:52des crédits immobiliers
36:53pour les particuliers américains
36:54en fait
36:55ce qui se passe
36:56c'est que beaucoup
36:56de ménages
36:57ont emprunté
36:58il y a 5, 6, 7 ans
36:59en fait le système
37:00de crédit immobilier
37:02aux Etats-Unis
37:02est basé sur des crédits
37:04qu'on appelle
37:05in fine
37:05donc vous ne payez
37:06que des intérêts
37:07tous les mois
37:07et en gros
37:08si les taux d'intérêt
37:09à disant
37:10restent là où
37:10ils sont aujourd'hui
37:11vous allez avoir
37:1210, 15, 20%
37:14des ménages
37:14qui vont voir
37:16le service de leurs dettes
37:17doubler quasiment
37:18et donc ça
37:19c'est absolument
37:20inacceptable
37:20d'un point de vue
37:21de l'opinion publique
37:22donc ça fait partie
37:22de tout le schéma
37:24qui est en cours
37:25au travers de l'administration
37:26le changement
37:27de présidence
37:28et de gouvernance
37:29à la tête de la Fed
37:30mais aussi
37:31cette réforme bancaire
37:32c'est un des objets
37:34D'accord
37:35donc pour vous
37:36c'est plutôt positif
37:38disons que c'est orchestré
37:39c'est-à-dire que
37:40du d'ici
37:40parfois on a l'impression
37:41que c'est un peu chaotique
37:44mais c'est orchestré
37:45il y a une forme
37:46de logique
37:47et de cohérence
37:47dans ce qui est fait
37:48alors est-ce que ça va fonctionner
37:49ça je ne sais pas
37:49mais en tout cas
37:51il y a une forme
37:52d'intention
37:52qui est assez claire
37:55donc ça
37:56de ce point de vue-là
37:57Wall Street
37:58est plutôt
38:00favorable
38:00parce que
38:01Wall Street
38:01était plutôt
38:02démocrate traditionnellement
38:03donc pas vraiment
38:04favorable
38:05à Auré Puguin
38:06et surtout
38:06à Donald Trump
38:07
38:07c'est quand même
38:08maintenant
38:09c'est un jeu
38:09oui là je pense
38:10que quand même
38:11à Wall Street
38:13il y a quand même
38:14ça dépend des positions
38:15dans la mesure
38:16voilà
38:16mais il y a quand même
38:17plutôt un avis
38:18assez favorable
38:19sur la politique
38:21de Trump
38:21depuis un an et demi
38:22c'est assez clair
38:24alors Mathieu Courtecuisse
38:25vous avez dit
38:25le mot peut-être clé
38:27en tous les cas
38:28pour le climat des affaires
38:30aux Etats-Unis
38:31c'est le mot
38:31dérégulation
38:32c'est ce qu'a voulu faire
38:34c'est ce que veut faire
38:35c'est ce que
38:36a fait Donald Trump
38:38est-ce que
38:39qu'est-ce qu'il a
38:40exactement dérégulé
38:41et est-ce que
38:42du coup
38:42c'est vrai que
38:43le milieu des affaires
38:44est plutôt favorable
38:45à Donald Trump
38:46même encore aujourd'hui
38:48alors c'est vrai
38:49que le gros morceau
38:50c'est
38:50c'est ce sujet
38:51en réalité
38:52parce que c'est celui
38:52qui a le plus d'impact
38:53il a pas mal dérégulé
38:55aussi l'écosystème
38:56IA et spatial
38:57c'est-à-dire que
38:59maintenant
39:00moi en vacances
39:01j'ai pu observer
39:01depuis la Floride
39:02l'envoi de satellites
39:04à gogo
39:04c'est-à-dire que
39:04maintenant il y a
39:05une dérégulation
39:06qui permet d'envoyer
39:06autant de satellites
39:07qu'on veut
39:08dans l'espace
39:08aujourd'hui
39:09alors qu'avant
39:09c'était régulé
39:10il y avait
39:11des temps minimum
39:12entre deux lancements
39:14spatiaux
39:16il a mis en place
39:17un cadre de réglementation
39:18de l'IA
39:19au niveau national
39:19interdisant
39:20la réglementation
39:22au niveau
39:22des états fédérés
39:23qui était un vrai problème
39:25par exemple
39:25pour le déploiement
39:26des voitures autonomes
39:27vous aviez
39:28n'importe quel responsable
39:29de comté
39:30qui pouvait empêcher
39:31la circulation
39:32de voitures autonomes
39:33en disant que
39:33ça ne respectait pas
39:34ces règles de circulation
39:35ou ces règles de cybersécurité
39:37à la maille
39:38d'un comté
39:38c'est pour ça qu'avant
39:39à San Francisco
39:40vous ne pouviez pas
39:42aller à Palo Alto
39:43en voiture autonome
39:44maintenant c'est possible
39:44et donc ça
39:46c'est des éléments
39:47de dérégulation
39:47aussi autour de l'IA
39:49il y a évidemment
39:50aussi des choses
39:51en matière énergétique
39:52donc
39:53alors avec
39:54l'état fédéral
39:56n'a la main
39:56que sur
39:57le maritime
39:58en fait
39:58le côtier
39:59en fait
40:00d'où la remise en cause
40:01des projets
40:02d'éoliens offshore
40:03mais en parallèle
40:04de ça
40:04la libération
40:05de la possibilité
40:06et pendant
40:07quel est le rapport
40:07en fait
40:08parce que
40:08quel est le rapport
40:10avec les projets
40:10d'éoliens
40:11cotiers
40:12notamment
40:12ce qui s'est passé
40:13avec Total d'énergie
40:14qui a donc reçu
40:15un chèque des milliards
40:15pour renoncer
40:16à ces produits
40:17c'est quoi le
40:18c'est pas de la dérégulation
40:19pour le coup
40:19c'est une régulation
40:20puisque c'est une forme
40:21d'interdiction
40:22de le faire
40:23c'est à dire
40:23je ne veux pas
40:24d'éoliens offshore
40:25voilà exactement
40:27mais en parallèle
40:28c'est le rétablissement
40:29d'un cadre réglementaire
40:31plus favorable
40:31aux hydrocarbures
40:32donc ça
40:33ça fait partie
40:33des choses
40:34qui ont déjà été faites
40:35puis après
40:35il y a toute une série
40:36d'autres mesures
40:37qui ont été prises
40:38dans le domaine
40:39pharmaceutique également
40:39là c'est plutôt
40:40des mesures
40:41de régulation
40:41plutôt que de dérégulation
40:43là justement
40:44sur le domaine
40:44pharmaceutique
40:47il a dit
40:47que les prix
40:48des médicaments
40:49aux Etats-Unis
40:49étaient 50% plus chers
40:51qu'ils n'étaient en Europe
40:52et donc
40:52il exigeait
40:53de la part des laboratoires
40:54même il avait accusé
40:57la France
40:58Emmanuel Macron
40:58justement
40:59d'influer là-dessus
41:00sur les prix
41:01ce qui était quand même
41:01un peu bizarre
41:02mais enfin bon
41:02il l'a fait
41:03et là il a dit
41:04il faut que ça change
41:05tout de suite
41:05etc
41:05c'est quoi l'enjeu ?
41:07en fait le constat
41:09d'administration américaine
41:10c'est de dire
41:1075% des profils
41:12d'industrie pharmaceutique
41:13sont réalisés
41:14sur le territoire américain
41:15donc ça c'est le premier constat
41:17le deuxième constat
41:18c'est que
41:20les fonds publics
41:21et parapublics américains
41:22financent quasiment
41:23l'intégralité
41:23de l'innovation de rupture
41:25à l'échelle mondiale
41:26d'accord ?
41:27donc partant de ce constat-là
41:28il considère
41:29que c'est pas normal
41:30qu'à partir du moment
41:31où ces contribuables américains
41:33qui financent
41:33les nouvelles molécules
41:35c'est que ce soit eux
41:35qui payent le plus
41:37par rapport
41:38au prix d'accès
41:39aux médicaments
41:40et ils trouvent
41:40qu'il doit y avoir
41:41une repère équation
41:43entre ce que payent
41:44les américains
41:45et ce que payent
41:46les autres pays
41:47parce que de fait
41:48il y a des écarts
41:48alors c'est pas 50%
41:49il a tendance à arrondir
41:51un petit peu
41:52légèrement
41:53légèrement
41:53les données
41:54mais ce que je viens
41:55de vous dire
41:56c'est tout à fait exact
41:57donc ce qu'il veut
41:57c'est qu'il veut
41:58un rééquilibrage
41:59d'accord
42:00là il y a un enjeu important
42:02on voit bien
42:02parce qu'à chaque fois
42:03qu'il fait un discours
42:04notamment vis-à-vis
42:05de par essayer de dire
42:07que la guerre est finie
42:09encore tout à l'heure
42:09qu'il allait porter
42:10un coup fatal
42:12et en même temps
42:13il envoie des troupes
42:13donc on se dit toujours
42:15qu'en fait en background
42:16derrière
42:16c'est plutôt un discours
42:18de politique intérieure
42:19parce que les mid-termes
42:20elles vont commencer
42:21en juin
42:21donc c'est demain
42:23après c'est en novembre
42:26évidemment début novembre
42:28c'est un enjeu
42:29qui est essentiel
42:30les mid-termes
42:32oui
42:32mais il n'a pas encore démarré
42:33en fait
42:34c'est à dire
42:36les élections sont en novembre
42:38oui j'ai ça
42:38mais l'opinion publique
42:40commence à cranter
42:41en été en juin
42:42juillet
42:43et pas tellement avant
42:44donc tout ce qui se passe
42:44avant
42:44on va considérer
42:46que l'électeur
42:46a une mémoire de poisson
42:47c'est un peu
42:49voilà
42:49il faut se rappeler
42:49qu'en 2024
42:50il était lui-même
42:51en retard
42:52par rapport à Biden
42:53donc
42:53et ça a commencé à bouger
42:55à partir du moment
42:55il y a eu le premier débat
42:56puis après
42:57tout ce qui s'est passé
42:58donc
42:59et c'est pour ça
43:00que c'est aussi ça
43:01qui donne peut-être
43:01un cadre
43:04temporel
43:04pour dire
43:05jusque quand
43:06l'intervention américaine
43:07peut avoir lieu
43:08et notamment
43:09après
43:09sujet majeur
43:10dans l'opinion publique
43:11au-delà
43:12des problèmes
43:13avec les boys
43:13qui sont envoyés
43:14sur le terrain
43:16c'est aussi
43:16le prix de l'essence
43:17et c'est ça
43:18qui touche le plus
43:19les gens
43:19oui
43:20c'est la fameuse règle
43:22des quatre
43:22effectivement
43:23c'est de savoir
43:23si plus de 4%
43:25d'inflation
43:25il y a plus de 4 dollars
43:28le galon
43:29mais la réalité
43:30c'est que d'abord
43:30aux Etats-Unis
43:31la boucle inflation-salaire
43:32qui a vraiment existé
43:33en 2022-2023
43:36elle n'existe plus
43:37ça nous on le voit
43:38et notamment
43:38c'est aussi favorisé
43:39par le vrai gros problème
43:41auquel est confronté
43:42aujourd'hui Donald Trump
43:43c'est la montée du chômage
43:44je vais vous donner
43:45un exemple
43:47vous avez 25%
43:48de la promotion
43:49de Stanford
43:50de l'année dernière
43:51qui n'a toujours
43:51pas de boulot
43:52donc c'est comme si
43:53vous disiez
43:54que vous avez
43:5425% des IEC
43:56qui n'ont toujours
43:57pas de boulot
43:57cela dit
43:58on n'en est pas loin
43:58c'est pas 25%
43:59plus difficile
44:00et là on est vraiment
44:01au début
44:02d'une crise
44:03d'école blanc
44:04qui est réelle
44:05que moi je constate
44:06sur le terrain
44:06et ce qui fait que
44:07alors ça fait une pression
44:08à la baisse
44:09sur les salaires
44:09très honnêtement
44:10sur les écoles blanc
44:12et aujourd'hui
44:13on voit
44:13je veux dire
44:14quotidiennement
44:15où de façon
44:16hebdomadaire
44:16des annonces
44:17de suppression
44:18d'emplois
44:18dans plusieurs industries
44:19par paquet
44:20de 5, 10, 15 000 personnes
44:23et c'est nous
44:24quelque chose
44:24qu'on voit vraiment
44:25sur le terrain
44:26et c'est assez massif
44:27et d'ailleurs
44:28ça touche beaucoup plus
44:29l'électorat démocrate
44:31cette crise
44:31d'école blanc
44:32parce que c'est beaucoup
44:33dans les grandes agglomérations
44:34qui sont principalement
44:36quand même démocrates
44:37et là
44:39je dirais
44:40le tsunami
44:40est en route
44:43son ami est en route
44:44mais vous expliquez
44:45comment en fait
44:46parce qu'autant
44:47on voit pour les jeunes
44:48avec l'introduction
44:49de l'IA
44:50on en parle
44:50tout le temps
44:51ici sur BFM Business
44:52en disant
44:53attention
44:53ça calmite
44:54les entreprises
44:55elles n'ont plus
44:56tellement besoin
44:56de jeunes
44:57de moins de 30 ans
44:57puis après
44:58il en faudra bien
44:59si elles ne les embauchent
45:00pas avant
45:01ça sera difficile
45:02de les embaucher
45:02après
45:02mais les codes blancs
45:03comment vous expliquez
45:04ça aux Etats-Unis
45:05alors il y a une recherche
45:07quand même très très forte
45:08des gains de productivité
45:08donc ça c'est une réalité
45:10il y a plusieurs choses
45:11qui se sont passées
45:11c'est que
45:12d'un avis à peu près commun
45:13dans beaucoup d'industries
45:15après la crise Covid
45:16il y a eu
45:17du sur-recrutement
45:18dans un certain nombre
45:19d'entreprises
45:19donc il y a eu
45:20trop de recrutement
45:21donc il y a un ajustement
45:21qui se fait
45:22de façon je dirais
45:24classique, cyclique
45:26en revanche
45:26c'est très concrètement
45:29accéléré
45:30par le déploiement
45:31de l'IA à l'échelle
45:32et là
45:33moi je constate
45:33un écart absolument énorme
45:35entre ce qui se passe
45:36aux Etats-Unis
45:37et sur l'Europe
45:38et pas que la France
45:39vraiment l'Europe en général
45:40incluant le Royaume-Uni
45:42où il y a une agilité
45:44transformationnelle
45:44qui est beaucoup plus forte
45:45sur l'IA
45:47et on a des chiffres
45:48en fait
45:48on le voit
45:50alors là
45:51ça se passe beaucoup
45:52dans les métiers
45:53de l'informatique
45:54ou de la TEC
45:55à proprement parler
45:56vous savez
45:57en trois semaines
45:58Anthropique a augmenté
45:59son revenu
46:00de 5 milliards
46:08Anthropique
46:08il se retrouve bien
46:09quelque part
46:10dans la productivité
46:12aujourd'hui
46:12dans les couches tech
46:14donc on est au début
46:15d'un cycle
46:15qui va être assez violent
46:17et donc le débat
46:18aux Etats-Unis
46:18c'est de savoir
46:19est-ce qu'on est
46:19sur un cycle
46:20de destruction créatrice
46:22ou est-ce qu'on est
46:23sur un jeu
46:23à somme nulle
46:24et si c'est un jeu
46:25à somme nulle
46:26c'est-à-dire
46:26qu'on déplace la valeur
46:27vers ceux
46:28qui maîtrisent l'IA
46:29qui produisent l'IA
46:30au détriment
46:30de ceux
46:31qui finalement
46:33la subissent
46:35et vu la rapidité
46:37qu'on constate
46:38sur le terrain
46:39c'est vraiment assez
46:41enfin moi je pense
46:42plus sur cette thèse-là
46:44aujourd'hui
46:45qu'une autre
46:45et ça touche
46:46plusieurs entreprises
46:47vous voyez
46:47UPS a annoncé
46:4820 000 départs
46:50Citigroup 25 000
46:52il n'y a pas que
46:53les boîtes
46:53c'est des départs massifs
46:53oui
46:54c'est massif
46:55est-ce que vous voyez ça
46:56arriver en Europe
46:57pour l'instant
46:58honnêtement
46:59on ne le voit pas trop
46:59non
47:00non mais voilà
47:01comme vous
47:02votre job
47:03c'est de prévoir
47:04c'est d'anticiper
47:05de prévoir l'avenir
47:05c'est la discussion
47:06qu'on a avec les dirigeants
47:07dans les plans
47:07qu'on voit
47:08il y a des écarts
47:08de capex
47:09d'investissement
47:10en IA
47:11qui sont assez massifs
47:13vous n'avez pas
47:13une banque américaine
47:14une grande banque américaine
47:15aujourd'hui
47:16qui dépense
47:16moins de 1 milliard
47:17de capex
47:17en IA
47:18par an
47:19il n'y a aucune banque
47:20européenne
47:22qui dépasse
47:23les 500 millions
47:24et donc
47:25vous avez un écart
47:27de 1 pour 4
47:28en fonction de la taille
47:29donc c'est assez massif
47:31alors je ne dis pas
47:31que celui qui dépense
47:32le plus
47:32est le plus efficace
47:33mais il y a quand même
47:34à un moment donné
47:35une clause de rendez-vous
47:37la clause de rendez-vous
47:38pour nous
47:39pour nous européens
47:40et notamment la France
47:42sur la question
47:43de l'intelligence artificielle
47:44pour vous le bilan
47:45que vous faites
47:45c'est quoi ?
47:45c'est intéressant
47:46quand vous comparez
47:46les banques américaines
47:47vous nous dites
47:48elles investissent
47:49minimum 1 milliard
47:50dans l'intelligence artificielle
47:51en Europe
47:52les banques européennes
47:53c'est grosso modo
47:54500 millions
47:54donc 200 fois moins
47:56est-ce que vous observez ça
47:58dans d'autres secteurs
47:59c'est le même différentiel ?
48:02oui alors
48:03les secteurs
48:04qui investissent
48:04beaucoup
48:05en matière d'IA
48:06aujourd'hui
48:06aux Etats-Unis
48:07il y en a beaucoup
48:07dans la pharmacie
48:08là je suis en France
48:10et c'est vrai
48:12que les entreprises
48:14pharmaceutiques européennes
48:16notamment
48:17l'IA
48:18dans la pharmacie
48:19c'est beaucoup
48:19de R&D
48:20et la vérité
48:21c'est que beaucoup
48:22de R&D
48:22de comptes pharmaceutiques
48:24européens
48:24aujourd'hui
48:25est délocalisé
48:26aux Etats-Unis
48:26et ça fait partie
48:27des demandes
48:28justement
48:28de l'administration Trump
48:29donc ces entreprises
48:30ne sont pas forcément
48:31en retard
48:31mais c'est parce qu'elles
48:33ont localisé
48:33vous êtes donc en train
48:34de dire que la recherche
48:35dans la pharmacie
48:37elle a traversé
48:39l'Atlantique
48:40je ne sais pas
48:40parce qu'on écoute
48:41Sanofi
48:41ils nous expliquent
48:42le contraire
48:42donc c'est pour ça
48:44il y a quand même
48:45un mouvement assez net
48:46ça fait partie
48:47des demandes
48:48j'évoquais tout à l'heure
48:48le fait que l'innovation
48:49de rupture
48:50était principalement financée
48:51par les pouvoirs publics
48:52américains
48:52ils demandent des contreparties
48:55Mathieu Contocuise
48:55vous êtes aussi
48:56je disais avec SIA
48:57vous êtes aussi
48:58beaucoup investi
49:00en stratégie
49:01enfin en conseil
49:03dans les Émirats
49:04à Dubaï
49:05Bahreïn
49:05etc
49:05est-ce que pour vous
49:06c'est des paradis
49:08perdus
49:10définitivement
49:10enfin
49:10quand je dis définitivement
49:13par rapport à ce qu'ils étaient
49:14quoi
49:15je pense que
49:17en fait
49:17vous avez combien de collaborateurs
49:18là-bas ?
49:18on a un peu plus de 150
49:20qui sont à la fois
49:21aux Émirats
49:22au Qatar
49:23et en Arabie
49:25c'est dit
49:25ce qu'on voit déjà
49:26sur la situation
49:26il y a un pays
49:27qui est vraiment en difficulté
49:28déjà
49:28c'est le Koweït
49:29où il y a vraiment
49:30des choses qui se sont
49:31vraiment arrêtées
49:34après je pense
49:35qu'au-delà de l'analyse
49:35des pays
49:36pourquoi plus le Koweït
49:37que les autres ?
49:38ils sont plus exposés
49:39politiquement
49:39dans la nature
49:40de ces populations
49:42vous savez
49:42le mix chiite-sunnite
49:43n'est pas exactement
49:44le même
49:45que ce qu'on peut constater
49:45dans les autres pays
49:46qui sont
49:46une immense majorité
49:49sunnite
49:49et puis
49:52nous on a beaucoup travaillé
49:54sur la diversification
49:57sectorielle de ces pays
49:58c'est-à-dire
49:58la sortie du pétrole
49:59et le développement
50:00de nouvelles activités
50:01donc c'est beaucoup
50:02de logistique
50:02c'est beaucoup
50:03d'immobilier
50:04et c'est beaucoup
50:05de tourisme
50:06et puis les principaux
50:07actionnaires
50:07de tas de boîtes
50:08notamment françaises
50:09donc il paraît évident
50:10que sur ces métiers-là
50:11par exemple
50:12qui sont devenus
50:12très importants
50:13pour être PIB
50:14localement
50:15la nature
50:16du scénario
50:17de sortie
50:17du conflit
50:18dans cette réalité
50:19aura un impact
50:20majeur
50:21sur la façon
50:22dont ça va se faire
50:22je rappelle
50:23que la prochaine
50:23coupe du monde
50:24par exemple
50:24de football
50:25après celle
50:26des Etats-Unis
50:26et du Mexique
50:27et du Canada
50:27aura lieu
50:28en Arabie Saoudite
50:28ce soir le match
50:29je vous signale
50:30ce soir le match
50:30donc ça sera
50:32en Arabie Saoudite
50:34le fonds souverain
50:36saoudien
50:36le PIF
50:37est massivement
50:38impliqué
50:39dans le développement
50:39d'une stratégie
50:40autour du sport
50:41du tourisme
50:42de l'entertainment
50:43et ça
50:43ça va rester
50:45malgré la guerre
50:47je pense que
50:47ça devrait être
50:50bien ancré
50:50à long terme
50:51c'est vrai que
50:51sur les Émirats
50:52il y a un certain nombre
50:53de questions
50:53qui peuvent être posées
50:55mais ça va vraiment
50:56dépendre du scénario
50:56de sortie
50:57très honnêtement
50:57donc là
50:58je pense qu'à part
50:59avoir une boule de cristal
51:00et savoir quel sera
51:00le scénario de sortie
51:01on ne le connait pas
51:02mais je pense que
51:04ces pays sont quand même
51:05financièrement armés
51:06pour supporter une crise
51:08temporaire
51:09et pour pouvoir
51:10l'enjamber
51:10mais encore une fois
51:11ça va dépendre
51:12du scénario de sortie
51:13mais nous ce qu'on voit
51:13en tout cas
51:13c'est que
51:14tous les projets
51:15sur lesquels on travaille
51:16aucun n'a été suspendu
51:18et il y a bien
51:19des sujets de sécurité
51:20des personnes
51:21etc
51:22mais je dirais
51:24les autorités
51:24font en sorte que
51:25tout continue
51:26comme avant
51:27alors on sort aussi
51:28d'une période un peu
51:29particulière
51:29c'était le ramadan
51:30jusqu'à la fin de la
51:31semaine dernière
51:31donc c'est une période
51:32un peu plus calme
51:33d'un point de vue
51:34d'activité
51:35il y a une semaine
51:36de vacances
51:36en général
51:37après le ramadan
51:38qu'on est toujours
51:38encore un petit peu
51:39dans cette période là
51:40je pense que
51:40voilà
51:41on va commencer à voir
51:42se décanter les choses
51:42dans le mois qui vient
51:44et puis encore une fois
51:45ça va dépendre du théâtre
51:46d'opération
51:46tel qu'il évolue
51:47et comment est-ce que
51:48vous voyez très rapidement
51:49mais c'est vrai que vous êtes
51:50présent un peu partout
51:50plus ou moins
51:51parce que maintenant
51:51vous étiez en France
51:53et en Europe
51:54et puis vous êtes donc
51:54parti aux Etats-Unis
51:55et que les Etats-Unis
51:56devient votre principale
51:58source de revenus
51:59enfin marché
52:00vous êtes un peu présent
52:02en Inde
52:02un petit peu en Chine
52:04est-ce qu'en même temps
52:05le coup d'après
52:05c'est pas l'Inde
52:07Mathieu Courtecuisse
52:07justement pour apporter
52:08votre expérience
52:10si si tout à fait
52:11parce qu'on peut anticiper
52:12nous on est spécialisé
52:13pour accompagner
52:14les grands groupes
52:14du Fortune 500
52:15et en fait c'est vrai
52:16que l'Inde
52:17dans 10 ans
52:18aura 15-20%
52:20de parts de marché
52:21dans les grands groupes
52:22du Fortune 500
52:23et donc c'est vrai
52:24que nous on anticipe
52:25ça un petit peu
52:26donc on a développé
52:26nos premières implantations
52:27sur place
52:28pour l'instant
52:29c'est aussi pour bâtir
52:31une usine d'IA
52:32aussi qui est là-bas
52:34pour nous servir
52:35et évidemment
52:36une usine d'IA
52:36qui vous appartient ?
52:37oui oui tout à fait
52:38ah d'accord
52:38donc vous allez construire
52:39une usine
52:40c'est pas vraiment une usine
52:41oui alors c'est une AI
52:42c'est une AI
52:43d'un matériel artificiel
52:44oui oui exactement
52:45expliquez-nous pourquoi
52:46c'est intéressant
52:47parce qu'en fait
52:49l'Inde a un savoir-faire
52:50très fort
52:51oui mais vous
52:52quand on est un cabinet de conseil
52:53pourquoi avoir sa propre
52:53parce qu'on l'avait historiquement
52:55en France uniquement
52:56donc nous on a 300 collaborateurs
52:57à Paris
52:58qui travaillent là-dessus
52:58pour exporter
52:59la façon d'adopter l'IA
53:01à l'échelle
53:02et on a décidé
53:02de le compléter
53:03par une équipe indienne
53:04il y a un an et demi
53:06d'accord ok
53:06et juste
53:07il nous reste 40 secondes
53:09en l'Inde
53:10les secteurs
53:10ça sera
53:11ça va être quoi ?
53:12ça sera intéressant
53:13de voir la transformation
53:14de l'Inde
53:15c'est absolument spectaculaire
53:16ça sera Tata
53:18mais Tata
53:18n'est plus Tata quoi
53:19je veux dire
53:20non et puis
53:21ils auront une petite crise
53:22à gérer dans l'informatique
53:22quand même
53:24donc une petite grosse crise
53:26mais typiquement
53:27l'Inde deviendra probablement
53:28un gros acteur de l'automobile
53:30comme la Chine
53:31comme la Chine
53:32ça ne sera pas
53:33qu'une économie de service
53:35merci beaucoup
53:36Mathieu Cortocuiz
53:37d'avoir fait un stop
53:39ici à Paris
53:40dans les studios
53:40de BFM Business
53:41merci beaucoup
53:42Mathieu Cortocuiz
53:43donc le patron de SIA
53:44a été notre invité
53:45voilà c'est la fin
53:46de ce 18-19
53:47tout de suite
53:47vous retrouvez
53:48Stéphane Nicolo
53:48le grand journal de l'écho
53:50et moi je vous souhaite
53:51une très bonne soirée
53:54le 18-19
53:56d'Edwish Chevrillon
53:57sur BFM Business
53:58Sous-titrage Société Radio-Canada
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