00:00Good morning business, paroles de patron.
00:03Avec Dominique Arlac, comme tous les mardis, vice-présidente d'Abgy France en charge des relations institutionnelles et du développement.
00:09Bonjour Dominique.
00:10Avie de vous avoir ce matin dans l'émission.
00:12On parle bien sûr de ce que cette situation soudaine, malgré tout, a déclenché pour les entreprises françaises.
00:20Cette situation d'instabilité, ce côté imprévisible de la géopolitique.
00:24Déjà, quel signal global ça envoie à notre économie ?
00:26Alors, le signal global, vous l'avez rappelé, c'est un signal d'instabilité.
00:30Et en fait, on est dans une période à la fois qui entrevoit un risque d'embrasement régional,
00:38avec malheureusement la perspective de nouveaux drames humains.
00:41Donc c'est quelque chose qui a des conséquences sur le fonctionnement des échanges, de l'économie, des entreprises.
00:48Et ça nous rappelle aussi peut-être quelque chose qu'on ne dit pas assez.
00:51C'est que plus on est dans l'instabilité mondiale, plus on a besoin de stabilité dans notre pays,
00:58plus on a besoin de solidité, plus on a besoin de débats, je dirais, apaisés et non éruptifs,
01:05qui sont finalement proches des préoccupations des Français.
01:09Alors, si on va un peu plus précisément sur les conséquences économiques de cette instabilité,
01:16de ces déséquilibres, il y a deux choses à prendre en compte.
01:19La première chose à prendre en compte, c'est les secteurs qui sont impactés
01:23et qui peuvent impacter la vie de nos concitoyens.
01:28Évidemment, quand on parle du golfe arabo-persique,
01:32quand on parle du détroit d'Hormuz, quand on parle de l'Iran et de ce qui se passe là
01:36-bas,
01:36la première chose qui vient aux plus anciens d'entre nous,
01:39c'est le choc pétrolier d'il y a un peu plus de 50 ans, 73-74,
01:43et de se dire quel impact finalement cette zone qui est le pays ou la zone de l'or noir,
01:50ça peut avoir sur nous.
01:52Alors, paradoxalement, même si hier, les cours du pétrole ont augmenté d'une quinzaine de pourcents
01:57et du gaz de presque 50% avec les attaques sur le Qatar,
02:02paradoxalement, en fait, les hydrocarbures aujourd'hui pèsent beaucoup moins dans le mix énergétique
02:06il y a 50 ans.
02:07Il y a 50 ans, c'était presque 60%.
02:09Aujourd'hui, en 24, il y a deux ans, on est passé à moins de 30% de dépendance aux
02:14hydrocarbures.
02:16Donc ça, c'est quelque chose qui minore et pondère un petit peu le risque de choc pétrolier.
02:21La deuxième chose, c'est qu'aujourd'hui, tous les États ont des stocks de sécurité.
02:25En 74, il y avait une poignée d'États qui avaient des stocks de sécurité.
02:28Aujourd'hui, tous les États ont des stocks de sécurité.
02:30Et puis surtout, ce qu'il faut dire, c'est que ce fameux détroit d'Hormuz dont on entend parler
02:34depuis quelques jours,
02:35les trois quarts des transferts pétroliers, c'est pour l'Asie, en réalité.
02:40Oui, exactement.
02:41Et l'Europe, c'est deux fois moins de transiteurs.
02:45Donc voilà, il y a quand même une chose à signaler,
02:48c'est qu'il y a quand même une soixantaine de navires français qui sont bloqués.
02:51Et hier, le délégué général d'Armateur de France nous le signalait en disant
02:55« Bon voilà, on est dans une situation d'extrême prudence, on ne bouge pas, ça concerne les entreprises. »
03:01Donc ça, c'est le premier secteur.
03:02Le deuxième secteur, c'est la téléphonie.
03:05En fait, vous avez cité dans votre journal qu'aujourd'hui,
03:08ou hier, s'est ouvert le grand salon mondial de la téléphonie.
03:13En fait, c'est un secteur qui est complètement le miroir économique des tensions géopolitiques aujourd'hui.
03:20C'est-à-dire qu'aujourd'hui, que vous soyez opérateur téléphonique,
03:23ou fabricant d'équipements ou de logiciels,
03:26quelque part, les préoccupations croissantes,
03:29quand vous êtes fabricant, une entreprise dans ce domaine-là,
03:31ça n'est plus forcément exclusivement la performance ou l'innovation technologique,
03:38c'est avant tout la nationalité.
03:40C'est la nationalité, c'est d'où viennent mes équipements et mes logiciels.
03:45Et que ça soit pour les réseaux de 5G,
03:49pour l'intelligence artificielle, pour les centres de données,
03:51en gros, aujourd'hui, le problème, c'est la dépendance qu'on peut avoir vis-à-vis de l'extérieur.
03:57Et d'ailleurs, nos entreprises dans ce secteur,
04:00et en premier lieu, Orange, avec Christelle Edman,
04:02qui, fin 2025, avec son homologue allemand,
04:05disait, nous, maintenant, il faut qu'on ait la taille critique.
04:08Il faut qu'on devienne des mastodontes pour assumer ces souverainetés.
04:12Parce que si on veut avoir des solutions chez nous,
04:14de téléphonie, avec tout ce que ça implique à travers...
04:17On voit bien que la guerre et les réseaux sociaux,
04:18ce n'est pas complètement éloigné.
04:20En fait, il faut qu'on ait une taille critique.
04:22Et ça, ça veut dire quoi ?
04:23Ça veut dire qu'il faut, un, des possibilités de consolidation à échelle européenne.
04:27Et deux, c'est-à-dire 3-4 milliards par an, en plus,
04:30pour pouvoir être souverain dans ces secteurs-là.
04:33Alors, le troisième secteur qui est impacté, là, assez naturellement,
04:37c'est le secteur de la défense.
04:38Vous avez cité les indices du cours de la bourse.
04:41Bon, évidemment, des acteurs comme Thalès, en France,
04:44ou Leonardo, en Italie.
04:47Là, pour l'instant, on est bien comptable d'avoir des entreprises
04:50qui peuvent assurer, si vous voulez, une dissuasion élargie,
04:54ou en tout cas, une industrie de défense qui va bien.
04:57Alors, pour terminer, peut-être,
05:00comment les entreprises, aujourd'hui,
05:02au-delà des impacts sectoriels, s'organisent ?
05:06Il y a deux choses.
05:08Donc, il y a évidemment l'extrême prudence et l'extrême précaution.
05:11On a un certain nombre d'entreprises qui sont sur place,
05:14à la fois en Iran et à la fois dans le golfe à Robo-Persique.
05:18Donc, elles maintiennent pour l'instant leur présence.
05:23Évidemment, elles sont toutes entrées dans des gestions,
05:27des protocoles de gestion de crise,
05:30avec la suspension de tous déplacements.
05:32Et puis, nous, en France, avec Bercy.
05:36Bercy a ouvert une cellule de crise quotidienne.
05:39Donc, il y a eu une première réunion hier,
05:40il y en aura une autre cet après-midi,
05:42où elle convie les organisations d'employeurs,
05:44donc le MEDEF, la CPME,
05:47pour avoir un retour sur qu'est-ce qui se passe dans la zone
05:50avec nos entreprises.
05:52Et il y a évidemment trois secteurs absolument clés
05:55où on va regarder ça attentivement
05:57sur ce qui se passe avec les représentants de ces filières.
06:00C'est bien sûr l'énergie, mais aussi l'assurance et les banques,
06:03puisque nous avons une forte présence là-bas
06:05et puis ça va avoir des conséquences.
06:07Donc voilà, en gros, on essaye de se prémunir
06:09de touristes sur le terrain
06:11avec deuxième réunion cet après-midi.
06:13Oui, et c'est exactement ce que disait
06:14comme illustration Valourec hier,
06:16qui disait qu'il avait passé le week-end
06:19à gérer ses équipes, la sécurité,
06:21avant de penser au business à court terme,
06:24c'est là-dessus qu'on est.
06:25Là, actuellement, on se souvient tous
06:26de ce qui s'est passé il y a quelques années
06:28avec la pandémie, on est dans la protection avant tout.
06:32Quand on dit protection des salariés,
06:34de l'économie, en fait, des entreprises,
06:35en fait, on est dans la protection des salariés
06:37qui la composent.
06:38Oui, exactement.
06:39Merci beaucoup Dominique Pécarlac
06:41d'être venue ce matin,
06:42vice-présidente d'Abgy France,
06:43en charge des relations institutionnelles
06:45et du développement.
06:47Sous-titrage
06:47de la communique
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