00:01Dans quelques minutes, ce sera l'heure du face-à-face avec Jean-Marc Daniel et Jean-Pierre Petit.
00:05Mais juste avant, à 9h34, nous allons faire un point sur le marché obligataire,
00:09notamment sur les taux souverains qui continuent de se détendre.
00:12Bonjour Adam Curpiel, merci d'être avec nous ce matin.
00:15Vous êtes responsable de la recherche taux chez Société Générale CIB.
00:19L'ensemble des taux, que ce soit en Europe, au Japon, mais aussi aux États-Unis,
00:22notamment sur la partie longue, sur les 10 ans et plus, c'est notement détendu ces derniers mois.
00:26Typiquement le 10 ans français et sur des plus bas du mois d'août.
00:31Oui, bonjour. Effectivement, les rendements obligataires ont baissé depuis mi-fin janvier.
00:38Je dirais qu'il y a trois raisons pour ça.
00:39La première raison, c'est la fragilité du marché d'action,
00:43une certaine fragilité des sentiments des investisseurs autour des valeurs technologiques en particulier.
00:49Tout cela fait que l'obligataire a recommencé à jouer son rôle habituel de valeur refuge dans le portefeuille diversifié.
00:56C'est ce qu'on appelle généralement la fuite vers la qualité.
00:58On voit clairement une corrélation avec la baisse des marchés d'action ou la hausse de volatilité des actions ces
01:05derniers temps
01:06et la baisse des taux de rendement des obligations, c'est-à-dire la hausse de leurs prix.
01:11Deuxième raison, c'est que dans ce contexte un peu d'incertitude, de fragilité des marchés d'action,
01:17les marchés ont tendance à voir les indicateurs économiques plutôt comme s'ils voyaient un verre à moitié vide,
01:23plutôt qu'un verre à moitié plein.
01:24Pourtant, les chiffres ne sont pas si mauvais que ça.
01:27La semaine dernière, on a eu un très bon rapport sur le froid américain,
01:31qui a dépassé de deux fois les attentes du consensus, les taux du chômage en baisse.
01:36Mais l'inflation est également un peu plus basse que prévu,
01:40et tout cela a suffi à pousser le marché à renforcer ses attentes de baisse des taux de la part
01:46de la réserve américaine.
01:47Le marché hésite aujourd'hui entre deux et trois baisses des taux cette année.
01:52En ce qui concerne la Banque centrale européenne, le marché a commencé également à envisager une possibilité d'une baisse
01:58des taux,
01:59pousser les attentes jusqu'à 40% des chances pour une baisse des taux de la BCE avant la fin
02:04de l'année.
02:04Et finalement, la troisième raison, c'était les élections au Japon du 8 février,
02:10avec une victoire écrasante de Takahishi,
02:13qui a eu finalement comme effet une baisse des craintes et des dérapages budgétés au Japon.
02:19Auparavant, ces craintes-là ont clairement contribué à des pressions à l'os de rendements longs de manière globale.
02:26– Après cette détente, notamment sur les dix ans américains, dix ans français, dix ans japonais,
02:31quel potentiel vous voyez aujourd'hui sur le marché des souverains d'âme-curpiel ?
02:36– Les potentiels me semblent relativement limités, là encore une fois pour trois raisons.
02:43Tout d'abord, la barre est très haute pour une baisse des taux de la BCE en Europe.
02:49La BCE nous répète qu'elle a une bonne place sur les taux.
02:52Sa priorité est plutôt de continuer à normaliser son bilan.
02:57Elle ne veut pas griller l'arme des taux de manière trop rapide et préemptive.
03:03Concernant la réserve américaine, le marché anticipe plus qu'assez de baisse des taux déjà.
03:10La Fed nous indique, selon ses prévisions médianes de ses propres membres,
03:14une baisse seulement cette année, une autre l'année prochaine.
03:18Deuxième raison, c'est que les économies se portent plutôt bien
03:21des deux côtés de l'Atlantique, soutenues par des politiques budgétaires
03:25accommodantes également, soutenues par l'investissement dans les nouvelles technologies
03:30qui contribuent de manière positive aux perspectives économiques.
03:34Même en Europe, Christine Lagarde y a fait référence lors des derniers meetings de la BCE.
03:40Lors du prochain meeting du 19 mars, la BCE devrait réviser alors
03:44ses projections de croissance de la zone euro.
03:46Et finalement, la troisième raison, c'est qu'il ne faut pas oublier les émissions de papier
03:50qui restent très fortes de la part du secteur public, mais également privé.
03:53Donc, effectivement, cette année, l'attention se porte fortement sur le besoin de financement
03:59de tous les projets d'investissement liés à l'essor de l'intelligence artificielle,
04:03des data centers, des nouvelles technologies.
04:06Mais également, côté souverain, l'offre des papiers reste très soutenue.
04:10En Europe, par exemple, les investisseurs devront absorber cette année
04:13à peu près un trillion de papiers nets de remboursement
04:18et nets d'effectivement l'absence de demande de la BCE.
04:21de la centrale européenne.
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