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  • il y a 15 minutes
Ce mercredi 18 février, la tendance à la détente des taux souverains a été abordée par Adam Kurpiel, responsable de la Recherche Taux chez Société Générale CIB, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Dans quelques minutes, ce sera l'heure du face-à-face avec Jean-Marc Daniel et Jean-Pierre Petit.
00:05Mais juste avant, à 9h34, nous allons faire un point sur le marché obligataire,
00:09notamment sur les taux souverains qui continuent de se détendre.
00:12Bonjour Adam Curpiel, merci d'être avec nous ce matin.
00:15Vous êtes responsable de la recherche taux chez Société Générale CIB.
00:19L'ensemble des taux, que ce soit en Europe, au Japon, mais aussi aux États-Unis,
00:22notamment sur la partie longue, sur les 10 ans et plus, c'est notement détendu ces derniers mois.
00:26Typiquement le 10 ans français et sur des plus bas du mois d'août.
00:31Oui, bonjour. Effectivement, les rendements obligataires ont baissé depuis mi-fin janvier.
00:38Je dirais qu'il y a trois raisons pour ça.
00:39La première raison, c'est la fragilité du marché d'action,
00:43une certaine fragilité des sentiments des investisseurs autour des valeurs technologiques en particulier.
00:49Tout cela fait que l'obligataire a recommencé à jouer son rôle habituel de valeur refuge dans le portefeuille diversifié.
00:56C'est ce qu'on appelle généralement la fuite vers la qualité.
00:58On voit clairement une corrélation avec la baisse des marchés d'action ou la hausse de volatilité des actions ces
01:05derniers temps
01:06et la baisse des taux de rendement des obligations, c'est-à-dire la hausse de leurs prix.
01:11Deuxième raison, c'est que dans ce contexte un peu d'incertitude, de fragilité des marchés d'action,
01:17les marchés ont tendance à voir les indicateurs économiques plutôt comme s'ils voyaient un verre à moitié vide,
01:23plutôt qu'un verre à moitié plein.
01:24Pourtant, les chiffres ne sont pas si mauvais que ça.
01:27La semaine dernière, on a eu un très bon rapport sur le froid américain,
01:31qui a dépassé de deux fois les attentes du consensus, les taux du chômage en baisse.
01:36Mais l'inflation est également un peu plus basse que prévu,
01:40et tout cela a suffi à pousser le marché à renforcer ses attentes de baisse des taux de la part
01:46de la réserve américaine.
01:47Le marché hésite aujourd'hui entre deux et trois baisses des taux cette année.
01:52En ce qui concerne la Banque centrale européenne, le marché a commencé également à envisager une possibilité d'une baisse
01:58des taux,
01:59pousser les attentes jusqu'à 40% des chances pour une baisse des taux de la BCE avant la fin
02:04de l'année.
02:04Et finalement, la troisième raison, c'était les élections au Japon du 8 février,
02:10avec une victoire écrasante de Takahishi,
02:13qui a eu finalement comme effet une baisse des craintes et des dérapages budgétés au Japon.
02:19Auparavant, ces craintes-là ont clairement contribué à des pressions à l'os de rendements longs de manière globale.
02:26– Après cette détente, notamment sur les dix ans américains, dix ans français, dix ans japonais,
02:31quel potentiel vous voyez aujourd'hui sur le marché des souverains d'âme-curpiel ?
02:36– Les potentiels me semblent relativement limités, là encore une fois pour trois raisons.
02:43Tout d'abord, la barre est très haute pour une baisse des taux de la BCE en Europe.
02:49La BCE nous répète qu'elle a une bonne place sur les taux.
02:52Sa priorité est plutôt de continuer à normaliser son bilan.
02:57Elle ne veut pas griller l'arme des taux de manière trop rapide et préemptive.
03:03Concernant la réserve américaine, le marché anticipe plus qu'assez de baisse des taux déjà.
03:10La Fed nous indique, selon ses prévisions médianes de ses propres membres,
03:14une baisse seulement cette année, une autre l'année prochaine.
03:18Deuxième raison, c'est que les économies se portent plutôt bien
03:21des deux côtés de l'Atlantique, soutenues par des politiques budgétaires
03:25accommodantes également, soutenues par l'investissement dans les nouvelles technologies
03:30qui contribuent de manière positive aux perspectives économiques.
03:34Même en Europe, Christine Lagarde y a fait référence lors des derniers meetings de la BCE.
03:40Lors du prochain meeting du 19 mars, la BCE devrait réviser alors
03:44ses projections de croissance de la zone euro.
03:46Et finalement, la troisième raison, c'est qu'il ne faut pas oublier les émissions de papier
03:50qui restent très fortes de la part du secteur public, mais également privé.
03:53Donc, effectivement, cette année, l'attention se porte fortement sur le besoin de financement
03:59de tous les projets d'investissement liés à l'essor de l'intelligence artificielle,
04:03des data centers, des nouvelles technologies.
04:06Mais également, côté souverain, l'offre des papiers reste très soutenue.
04:10En Europe, par exemple, les investisseurs devront absorber cette année
04:13à peu près un trillion de papiers nets de remboursement
04:18et nets d'effectivement l'absence de demande de la BCE.
04:21de la centrale européenne.
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