- il y a 11 minutes
Retrouvez le replay de Fauvelle Week-end sur BFMTV.
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00:00Bonsoir Alexis Corbière.
00:01Merci beaucoup.
00:02Vous allez bien ?
00:02Très bien.
00:03Excusez-moi, j'étais là.
00:04Je vous en prie, vous avez peut-être entendu nos débats depuis quelques minutes.
00:07On rappelait les chiffres de cette semaine de mobilisation et de violence également
00:11autour des lycées, autour des universités, des chiffres qui sont assez impressionnants.
00:155 000 interpellations d'un côté, 500 blessés, plus de 500 blessés,
00:20un peu plus de la moitié de ce chiffre parmi les forces de l'ordre.
00:23J'ai une question très simple, est-ce que vous serez dans la rue mardi prochain ?
00:26Oui.
00:26Et j'invite largement tous ceux qui ont à cœur la défense de l'école publique,
00:30d'abord les enseignants, les personnels, les organisations syndicales et appels aussi,
00:34à être présents.
00:35Et je fais même une proposition, elle est déjà dans l'air,
00:38elle a été faite notamment par d'autres organisations,
00:40que tous les gens, comme moi j'ai envie de dire un peu les darons et les daronnes,
00:43ils disent comme ça les jeunes, qu'on soit aussi présents.
00:46Pourquoi pas avec un signe distinctif ?
00:47La CGT propose que ce soit des chasubles rouges, certains disent des casques ou des brassards blancs.
00:52Et Jean-Luc Mélenchon dit un casque blanc.
00:53Oui, mais l'initiative c'est pour Yamir Chahy, qui est un de mes collègues députés,
00:56vous savez qui a été président de l'UNEF, le syndicat étudiant,
00:58qui a proposé ça, c'est repris par d'autres personnes.
01:00Et c'est très bien, c'est une bonne idée.
01:02Pour que nous soyons présents, avec quelle idée ?
01:03D'abord pas de violence, pas de violence, je vais en dire de mots.
01:06Et évidemment aussi avoir une capacité aussi de, pourquoi pas,
01:09je ne dirais pas nous interposer, mais être présent lorsqu'on a le sentiment
01:12que le mouvement est en train d'être peut-être récupéré, détourné.
01:18Moi j'invite les jeunes.
01:18Ça veut dire que mettre un casque blanc,
01:20ça veut dire que vous ne faites pas confiance à la police pour protéger le cortège.
01:24Ou réciproquement, ça peut aussi permettre, si la police nous aide,
01:27à ce qu'il y ait un regard, comment dirais-je, un peu extérieur sur ce qui se passe,
01:31et pourquoi pas peut-être aussi, en direction de certains jeunes, les aider,
01:35pourquoi pas leur donner un petit coup de main pour ce qui est des organisations syndicales.
01:37J'essaie de comprendre, c'est un service d'ordre pour protéger les policiers
01:40ou pour protéger ceux qui veulent casser ou les manifestants ?
01:43Nous n'aurons pas les moyens de protéger qui que ce soit.
01:46Vous voyez ce que je veux dire ?
01:46Par contre, on peut s'interposer, peut-être à certain moment,
01:48se mettre au milieu de quelque chose qui a lieu,
01:50pour peut-être, par notre corps, notre présence, notre regard,
01:53créer les conditions d'un refroidissement.
01:55Qu'est-ce que je suis en train de dire ?
01:56Il y a une légitimité puissante à manifester aujourd'hui pour la défense de l'école publique.
02:01Les lycéens ont raison.
02:02Je vous le dis comme enseignant depuis 1994, prof de lycée professionnel.
02:06Comme aujourd'hui élu, l'école a été abîmée, en particulier par Emmanuel Macron.
02:104000 postes encore supprimés.
02:12Je suis dans un département le plus jeune et le plus pauvre de France.
02:1538% de la jeunesse de Seine-Saint-Denis vit sous le seuil de pauvreté.
02:18Et dans ce département, on a encore supprimé 131 classes.
02:23Les lycéens de Terminal, ceux de Jean Jaurès, de Montreuil, ailleurs, sont 35 par classe.
02:27Ça n'est pas possible.
02:28Il n'y a pas d'infirmière scolaire, il n'y a pas d'AESH.
02:31C'est les personnels qui sont là pour aider les gamins qui sont repérés comme ayant des difficultés.
02:34Je peux continuer la liste pendant des heures.
02:36Et quand on a fait une réunion avec M. le recteur, vendredi dernier, à la préfecture de Bobigny,
02:40on nous a dit, cette rentrée se passe très bien.
02:42Et nous lui avons dit, tous les députés, M. le recteur, M. le préfet,
02:45cette rentrée ne se passe pas bien.
02:46Donc il y a une absence de lucidité par des pouvoirs publics.
02:49Vous allez peut-être me trouver cynique, Alexis Gombier,
02:51mais est-ce que ça vaut vraiment le coup d'aller manifester six mois avant une élection présidentielle
02:55ou celui qui sera élu ou celle qui sera élu dans quelques mois pourra tout changer ?
02:59Qu'est-ce que vous allez décrocher en manifestant ?
03:01Pour dire une chose, ce budget qui arrive,
03:03qui est encore un budget qui porte des coups contre le service public et l'éducation nationale,
03:07ne doit pas être retenu.
03:09Il faut un autre budget.
03:10Et ce mouvement peut arracher ça.
03:12Déjà, si j'étais ministre de l'éducation nationale,
03:14fin des suppressions des 4000 postes.
03:16Immédiatement, réembauche de 4000 enseignants pour faire baisser le niveau d'élèves en classe.
03:20Réembauche aussi et donnez les moyens d'infirmières scolaires,
03:23de ces AESH avec un vrai statut dont nos jeunes qui souffrent de difficultés.
03:26On peut continuer la liste de données des moyens significatifs pour l'éducation nationale.
03:30La jeunesse a raison de se mobiliser.
03:33Les enseignants les plus mal payés d'Europe doivent être à leur côté.
03:37Je sais qu'ils le sont.
03:38Alors une fois qu'on a dit ça, je peux continuer à en parler.
03:41À la place qui est la mienne, chacun écoutera ou ne m'écoutera pas.
03:44Ne laissons pas ce mouvement se faire invisibiliser
03:48et des manœuvres de diversion qui sont en cours,
03:50notamment en raison de cette violence inacceptable.
03:52Est-ce que ce n'est pas déjà trop tard ?
03:53Ça n'est pas trop tard.
03:54500 blessés.
03:55Vous avez vu les images de ce policier lynchées à Belfort.
03:58Vous avez vu ces jeunes aussi qui racontent ce qu'ils ont vécu.
04:04Vous avez vu cet enseignant à la Ciotat asperger des sens par l'un de ses élèves.
04:10Et j'ai vu un policier qui mettait un coup de lance-grenade dans le visage.
04:13Toute une série de choses.
04:14Je condamne les violences.
04:16D'abord la violence, il ne faut pas, ça finit toujours mal pour nous, les gens du peuple.
04:19Donc pas de violence.
04:20Deuxièmement, je le répète, ça invisibilise le mouvement.
04:24C'est une manœuvre.
04:25Je vais le dire clairement, c'est une manœuvre politique.
04:28Votre message au casseur, c'est ne pourrissez pas notre mouvement.
04:31Restez à la maison.
04:32Alors je lance un autre appel à tous les maires de France.
04:36Ouvrez des salles pour que les jeunes se réunissent.
04:38A tous les chefs d'État-luissance, ça fait partie du code de l'éducation dans le cadre de la
04:41démocratie lycéenne.
04:43Permettez aux lycéens de se réunir.
04:44Les jeunes, si vous m'écoutez, je vais faire le vieux con,
04:47faites des assemblées générales.
04:49Organisez-vous.
04:49Un mouvement ne peut pas être seulement un blocus et après on erre dans les rues,
04:53je ne sais trop où, parce que ça amène à ce que souvent, après, c'est ces images-là.
04:57Et ce ne sont pas ces images-là que nous avons à montrer.
04:59Nous avons à montrer cette jeunesse intelligente à qui nous parlons à la sortie des lycées.
05:05S'organiser, faire des banderoles, trouver les mots d'ordre, désigner des représentants.
05:08Il faut que le mouvement s'organise, s'auto-organise.
05:12C'est des jeunes qui doivent parler, pas des faux jeunes comme j'en ai vu sur certains plateaux télé.
05:16C'est à eux de le faire.
05:16Et ça, je pense que quand on est maire d'une commune, je sais que dans mon département, ça va
05:19commencer.
05:20Proposer des salles, faire que les gens discutent entre eux, s'écoutent, votent, décident, s'organisent,
05:25pour que ce mouvement soit véritablement l'expression de cette jeunesse générosée.
05:30J'entends ce que vous dites, Alexis Cordière. J'entends ce que dit Bali Bagayoko.
05:34Par exemple aussi, des propos qui ont été extrêmement commentés,
05:37qui ont pu être choqués quand il dit, qui est un insoumis,
05:41le recours à la violence peut être légitime.
05:45Peut-être légitime. Est-ce que vous comprenez que ça puisse semer le trouble ?
05:48J'ai trop de respect pour vous. Vous ne m'invitez pas sur un plateau télé
05:51pour me faire sauter à la corde et en permanence commenter quelque chose que j'ai déjà fait trois fois
05:54chez vous.
05:54C'est-à-dire ce que dit Bali Bagayoko-Cochonné n'est pas un appel à la violence.
05:58C'est une erreur si au bout d'un moment, cette phrase devient le seul sujet de conversation sur les
06:02plateaux de télévision.
06:03Lui-même, je connais Bali pour le coup, ça n'est vraiment pas un violent.
06:06Et ce qu'il dit, c'est qu'on le fait réagir à des images de violence contre un jeune
06:09homme.
06:10Et après d'autres images de lycéens qui ont pris la défense du jeune homme.
06:12Et il dit par moments, cette réaction peut être légitime.
06:15Mais Bali Bagayoko, quand il va devant les lycées, et j'ai regardé toutes les vidéos,
06:19quand il va auprès d'une poubelle en feu, c'est pour la retirer, pour que le feu de poubelle
06:23n'abîme pas.
06:23Mais il a tenu ces propos-là.
06:25Bon, mais quoi qu'il en soit, je suis sûr que Bali Bagayoko sera d'accord avec moi.
06:28Le message qu'on doit faire passer, pour que le mouvement triomphe, pour qu'il s'élargisse,
06:33pour qu'il soit en phase avec la majorité de la population,
06:35c'est un mouvement qui exprime ce que tout le monde voit.
06:37L'école publique, M. Fauvel, ne va pas bien.
06:40Nous vivons actuellement un séparatisme scolaire.
06:43Ce que ça veut dire, c'est que selon le quartier où vous habitez,
06:46vous n'allez pas dans le même établissement public.
06:48Vous savez-vous que le meilleur établissement de Seine-Saint-Denis
06:51est moins bien pourvu financièrement et de moyens
06:53que le pire établissement de Paris, par exemple.
06:56Ce n'est pas normal.
06:57Selon le quartier, vous avez une accumulation,
06:59une concentration de jeunes en difficulté.
07:01C'est souvent les établissements où le taux de remplacement des enseignants est le plus faible.
07:05C'est là où les enseignants sont les plus jeunes, les plus précaires,
07:08alors que c'est dans les établissements de centre-ville
07:10que vous aurez les collègues en fin de carrière, agrégés, etc.
07:13Tout ça doit être repensé.
07:15Et il y a une terrible concurrence dans ce séparatisme, l'école privée.
07:18L'école privée qui aujourd'hui, toutes les études nous le démontrent.
07:2020% des élèves aujourd'hui.
07:2120% et les indices de positionnement social.
07:24Je ne veux pas être un peu pédant,
07:26mais l'IPS nous montre, année après année,
07:28que les familles les plus privilégiées se concentrent de plus en plus dans le privé
07:32et que souvent l'école publique, elle, concentre les élèves en difficulté.
07:35Et donc vous dites quoi ?
07:36Il faut arrêter l'école privée ?
07:38Je dis qu'il y a un paradoxe, c'est que c'est avec de l'argent public.
07:40Vous savez que l'école privée est financée par de l'argent public.
07:41Les enseignants sont payés par l'argent public.
07:43D'ailleurs, on finance nous-mêmes un système de concurrence
07:44où progressivement il n'y a plus de mixité sociale.
07:46Ce qui veut dire quoi, si vous allez au bout de votre réflexion ?
07:48Ce qui veut dire, c'est que si vous voulez faire une politique de reconquête républicaine,
07:51de donner confiance aux familles,
07:52ce n'est pas en les engueulant.
07:53Parce que je connais beaucoup de gens qui mettent leur main dans le privé.
07:55C'est en leur disant aussi dans le public,
07:56il y aura des profs remplacés.
07:57Aussi dans le public, il y aura des moyens de surveillance.
07:59Aussi dans le public, il y aura des AVSH, il y aura des infirmières.
08:02Si évidemment, vous savez, vous et moi on peut tout encaisser
08:04sauf une chose, vous n'accepterez pas quelque chose de mauvais pour vos enfants.
08:08Et les gens sont pareils.
08:09Ils acceptent beaucoup de choses, des humiliations,
08:11mais ils veulent le meilleur pour leurs enfants.
08:12Et quand ils voient la dégradation souvent de l'école publique,
08:15qui est le fruit de politique,
08:16ce n'est pas le problème des enseignants.
08:17Nos enseignants sont, y compris les moins absentistes.
08:20Savez-vous que dans le public, ils sont moins absentistes que dans le privé,
08:22contrairement à ce qu'on dit ?
08:22Mais ils sont fort mal payés.
08:24Ils ont perdu du pouvoir d'achat.
08:25Ils ont moins de formation.
08:26Vous voulez que je vous dise, j'ai été prof en 1994.
08:28Quand je suis devenu prof, j'ai eu droit à une année entière de formation
08:31après l'obtention de mon concours.
08:33Aujourd'hui, un jeune collègue, il est immédiatement balancé devant des classes.
08:36Bref.
08:36Donc, le mouvement, il est légitime.
08:38Mais je m'emballe pour dire une chose, les amis.
08:40Les jeunes, prenez votre mouvement en main.
08:44Démocratie, organisez-vous.
08:44Je répète, les maires, ouvrez des salles pour que les jeunes puissent y aller.
08:48Les proviseurs, ouvrez les préos des lycées pour que la jeunesse puisse s'auto-organiser.
08:53Et la violence, dehors, pas de violence.
08:56Mais ce message, je le dis aussi avec gravité, aux forces de l'ordre qui font le sale boulot.
09:01Je vais vous dire ce que je pense, Marc Pauvel.
09:02Dont 300 d'entre eux ont été blessés.
09:04Très bien.
09:05Il est hors de question de frapper un policier.
09:08Les images que je vois me choquent.
09:09Mais je vais vous dire une chose.
09:10Je prends les paris.
09:11Et si je délire, on en reparlera.
09:13Enfin, le gouvernement joue la stratégie du chaos.
09:16Je fiche mon billet.
09:17Je souhaite que mon mardi soit le plus fort possible.
09:19Que peut-être que Macron va dissoudre dans ces conditions.
09:21Et va amener à dire, c'est le désordre.
09:23Je dissous.
09:24Et ils vont chauffer.
09:26Vous pensez qu'Emmanuel Macron...
09:27Oui.
09:27Je pense que le gouvernement...
09:28Vous pensez qu'Emmanuel Macron, dans son bureau,
09:31est en train d'essayer de laisser pourrir la situation pour dissoudre l'Assemblée nationale.
09:35Oui, M. Pauvel.
09:35C'est un scénario auquel je pense, si je me trompe, très bien.
09:38Vous avez des éléments là-dessus ?
09:39Ce que je vois, la manière provocatrice dans le gouvernement,
09:42y compris le ministre Nunes, qui est un homme raisonnable, se comporte.
09:44Il y a dix jours, le mouvement n'avait pas commencé,
09:46et que déjà, il traite tout ça d'émote urbaine.
09:48Les forces de l'ordre, immédiatement devant les lycées,
09:50et on sait très bien que ça participe, non pas à l'apaisement, mais à l'attention.
09:54Ce sont des accusations assez graves, Alexis Corbière.
09:55Non, c'est de la politique.
09:56Si effectivement, Emmanuel Macron et Laurent Nunes jouent avec l'avis des forces de l'ordre
10:01et avec l'avis des lycéens, en laissant pourrir la situation...
10:04Mais pardon, on va découvrir une chose.
10:06Pendant le mouvement sur les retraites, ils ont fait pareil.
10:08Dur de dur, ne lâchez rien, jamais l'attention.
10:10Durant le mouvement des Gilets jaunes, ils ont fait pareil.
10:13Je suis complotiste.
10:14Je vous dis que ce gouvernement...
10:16C'est vous qui le dites.
10:16Non, non, mais j'entends bien.
10:17C'est vous qui le dites, mais j'allais vous poser la question.
10:19Non, ce que je dis, c'est une stratégie politique qui leur permet...
10:22Ils sont bloqués, leur budget est minoritaire.
10:24Pardon, quel serait l'intérêt de dissoudre l'Assemblée nationale pour Emmanuel Macron ?
10:26Il s'en va dans six mois.
10:27Ça s'appelle, en juin 68, une stratégie à la De Gaulle.
10:32Le chaos, je laisse pourrir.
10:33Et au bout d'un moment, je fais un retour en disant, c'est le chaos dans le pays.
10:36Regardez les légendes de gauche.
10:37Mais Emmanuel Macron ne peut plus être président.
10:38Oui, mais son camp, son camp.
10:40Ne vous inquiétez pas.
10:41Ça va au-delà d'Emmanuel Macron, pour vous ?
10:43Je pense qu'il y a des gens...
10:45C'était un coup monté avec Édouard Philippe, avec Gabriel Attal, avec...
10:49Non, mais là, vous me provoquez.
10:52Mais vous pensez qu'Emmanuel Macron est un homme qui n'agit pas politiquement,
10:55qui voit arriver à la fin de son mandat et qui dit, je n'agis pas ?
10:58Vous pensez que c'est un homme qui ne veut pas intervenir ?
11:00Vous pensez que c'est un homme qui ne souhaite pas que,
11:02en quelque sorte, un successeur politique puisse s'asseoir à sa place la prochaine fois ?
11:06Vous pensez que c'est un homme qui se désintéresse du scénario ?
11:09Politiquement, ils sont battus, aujourd'hui.
11:11Donc, ils vont avoir...
11:12C'est pour ça que je fais un scénario qui est ouvert, si j'étends...
11:18Si Emmanuel Macron devait dissoudre une nouvelle fois l'Assemblée nationale,
11:22est-ce que ce ne serait pas le RN qui arriverait ?
11:24Alors, je reprends la main, c'est pour ça.
11:25Dès demain, à Matignon, quel intérêt ?
11:28Vous me connaissez, Marc Ovel, c'est pour ça que ce que je pense,
11:30c'est aussi la gauche divisée, c'est du beurre pour Macron.
11:34Moi, je suis un unitaire.
11:35Si notre camp, notre camp social,
11:37ceux qui pensent qu'il faut un partage des richesses,
11:39ceux qui pensent qu'il faut la démocratie, défendre les services publics,
11:42nous sommes divisés, effectivement, c'est la porte ouverte au RN.
11:46Donc, j'invite les forces, moi, je parle quand même de gauche,
11:48à comprendre le moment politique.
11:50Si le scénario que je vous ai présenté n'existe pas,
11:52j'aurais eu tort, mais à se dire que...
11:54On aura sans doute l'occasion d'en reparler une semaine.
11:56Oui, mais ce que je vous dis, c'est que je ne crois pas
11:58que ce qui se passe, je pense que le gouvernement,
12:00Emmanuel Macron est un homme intelligent,
12:02c'est un homme d'opportunité, il a l'opportunisme politique intelligent,
12:05ils vont faire quelque chose de ça.
12:06Là, c'est Machiavel que vous êtes en train de décrire.
12:08Non, ce n'est pas Machiavel, mais ne soyez pas naïf,
12:11vous croyez qu'en 68, le général de Gaulle,
12:13à mon nez, a joué, la vacance du pouvoir a fait peur
12:16pour revenir, tous les gouvernants le font,
12:18ce qu'ils font à l'heure actuelle.
12:20C'est une stratégie, c'est pour ça que ceux qui brûlent
12:21et ceux qui cassent, c'est ceux qui violentent.
12:23Là, du fait qu'ils blessent des hommes, des fonctionnaires de police
12:25qui sont des salariés, des travailleurs comme les autres,
12:27ils alimentent le scénario de ceux qui vont dire
12:30qu'il faut le retour de l'ordre face à la possibilité,
12:33à l'espoir de la jeunesse, que ce soit un gouvernement,
12:35une politique de justice sociale et donc un gouvernement de gauche.
12:38Donc, on dit dans un moment, c'est passionnant,
12:39très politique. Je reprends mon propos.
12:42Mardi, il faut être nombreux dans la rue.
12:44Démonstration de force dans toute la France.
12:46Les darons et les daronnes, et pourquoi pas,
12:48aux côtés de notre jeunesse, veillez à ce que ça se passe bien.
12:51Je dis aux jeunes, pas de violence.
12:53Non seulement c'est dégueulasse, mais ça blesse
12:55et vous serez blessés vous-même.
12:56Je dis aux forces de l'ordre, ne soyez pas l'instrument aussi
12:58d'une stratégie politique qui vise à aller à la confrontation
13:01avec la jeunesse. Vous aussi, vous êtes des travailleurs
13:03et vous avez sans doute intérêt à ce que
13:05le service public et pourquoi pas le service public de la police
13:07soit défendu. Et ensemble, comme journalistes aussi,
13:09nous avons à veiller à vérifier
13:11que, par moment, il n'y ait pas des provocations inutiles.
13:14Et qu'on ne soit pas seulement,
13:15quand on invite des jeunes à parler sur les plateaux de télé
13:17ou des types comme moi à dire,
13:18est-ce que vous condamnez la violence ?
13:19Parce que je proclame devant tous ceux qui nous regardent
13:21que je condamne la violence
13:23parce que la violence est une impasse.
13:25Mais je souhaite une solution majoritaire à notre pays.
13:27C'est parti.
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