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Albert Salon, ancien ambassadeur, président de l'association Avenir de la langue française, et cofondateur du Haut Conseil international de la Langue française et de la Francophonie, dénonce un effacement de la langue française. Une déconstruction due à la fois à la volonté de l'Union européenne et à la faiblesse coupable de nos dirigeants. Pour lui, la langue française et la francophonie doivent être un enjeu de l'élection présidentielle de 2027.
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00:00– Chers téléspectateurs, bonjour.
00:07Nous allons parler dans notre Zoom du jour d'un enjeu de civilisation,
00:11la langue française, un sujet dont on sait à quel point il est cher à nos dirigeants.
00:16Pour en parler, nous recevons Albert Salon. Bonjour, monsieur.
00:19– Bonjour, monsieur.
00:20– Alors, Albert Salon, vous avez eu un parcours particulièrement chargé.
00:24Vous avez été instituteur.
00:26Après avoir été instituteur, vous êtes passé par l'École nationale d'administration, l'ENA.
00:31Vous avez eu plusieurs charges dans le corps diplomatique et dans plusieurs ministères.
00:36Vous avez été ambassadeur.
00:38Et vous êtes aujourd'hui à l'origine du Haut Conseil international de la langue française et de la francophonie,
00:45un collectif qui regroupe plusieurs associations, dont Avenir de la langue française.
00:49Alors, pour vous, l'enjeu, c'est de faire de la langue française
00:53un véritable sujet de préoccupation nationale.
00:57Et dites-nous, en quoi c'est un enjeu de civilisation ?
01:02– Écoutez, la langue française, d'abord, elle n'est pas comme dans beaucoup d'autres pays
01:10qui ont une langue très dominante.
01:12Je ne parle pas de ceux qui ont plusieurs langues officielles, etc.
01:15Je parle de ceux qui ont une langue qui les représente.
01:19La langue française a été longtemps une langue qui ne représentait pas la France et toute la France.
01:25La France était un pays pluriel en matière de langue et en matière de culture locale, etc.
01:31C'est bien connu.
01:33Les Bretons n'avaient pas la langue française alors qu'ils étaient bien français,
01:37de cœur et d'armes lorsqu'ils se battaient pour le roi de France.
01:41C'est évident.
01:43Donc, la situation de la France, c'était qu'elle n'était pas un pays uni par la langue
01:52ou uni grâce à la langue ou uni avec.
01:55Il y a des nuances là-dedans, dans tout ça, pour certains de pays.
01:59La langue française a été conçue comme une langue d'unification par nos rois.
02:07Langue d'unification.
02:09Donc, il a fallu la promouvoir partout dans la France.
02:12Il y a eu une politique de langue française pour que le pays soit mieux uni
02:17et puisse communiquer, etc.
02:19Et ça, sous tous les régimes, y compris, et je dirais presque surtout, sous la Révolution.
02:25La Révolution, il fallait communiquer des choses et des journaux, etc.
02:30Dans toute la France, pour faire penser aux gens, si possible,
02:33c'était difficile, mais enfin, quand même, la même chose.
02:36Donc, la langue française, c'était l'outil qu'il fallait absolument, absolument promouvoir
02:41pour l'unité de la France.
02:43Donc, c'est une langue politique qui a servi sur le plan intérieur,
02:48qui a été à la tête des priorités de nos gouvernements
02:52sur le plan de la politique intérieure.
02:54Et puis, elle l'a été, alors c'est déjà très important, bien sûr,
02:58pendant des siècles, depuis l'ordonnance de 1539 de François 1er à Villers-Cotterêts,
03:05dont on parlera peut-être à un moment, tout à l'heure.
03:09Et donc, langue politique d'unification du pays,
03:13donc, de haute politique intérieure, c'est central, ça.
03:19Et puis, de politique extérieure aussi.
03:23Politique extérieure aussi, pourquoi ?
03:25Parce que d'abord, il y avait déjà, à l'époque,
03:27un pays en dehors de la France qui parlait le français,
03:30bon, très bien, il fallait entretenir ça,
03:32enfin, parce qu'on avait une politique d'entretien et d'amitié le plus possible,
03:39avec toutes les facilités linguistiques nécessaires, offertes.
03:44Bon, et puis, surtout, qu'est-ce qui s'était passé ?
03:48Au moment de François 1er même,
03:50François 1er a signé un traité avec Soliman le Magnifique,
03:56avec la sublime porte, donc, avec la Turquie d'aujourd'hui,
03:59avec l'Empire Ottoman énorme d'alors, l'énorme Empire Ottoman,
04:04un traité qui s'appelait les capitulations.
04:06Il ne s'agissait pas du tout, ni pour l'un, ni pour l'autre, de capituler,
04:10après une bataille ou je ne sais quoi.
04:12Non, non, pas du tout.
04:13Dans un très excellent esprit mutuel.
04:18Et ce traité donnait à la France l'exclusivité
04:24de la protection des chrétiens d'Orient.
04:27On parle du Liban en ce moment.
04:30Eh bien, ça remonte à ça aussi, la protection française au Liban, etc.,
04:34parce qu'il y a les chrétiens au Liban.
04:36C'est même plus ancienne, elle remontait à Saint-Louis,
04:37la protection des chrétiens d'Orient.
04:39Non, non, le traité, le traité...
04:41Ah oui, ce traité-là vient de François 1er.
04:43...clusivité à la France, bien sûr.
04:44Saint-Louis a aussi...
04:46Enfin, ce n'était pas la même chose.
04:47Il n'avait pas la même moyenne, il n'avait pas le même siècle.
04:50C'était le XIIIe siècle, Saint-Louis.
04:52Bon, alors...
04:55Tandis que là, nous sommes au XVIe.
04:58Il y a eu beaucoup de choses qui ont changé.
05:00La renaissance, les relations entre...
05:03Les relations entre l'Occident et l'Orient, bien sûr.
05:05Donc, le traité des capitulations, capitulation entre guillemets, je vous l'ai expliqué,
05:15avec une clause importante, c'était de donner à la France l'exclusivité donnée par l'Empire ottoman,
05:22dans tout l'Empire ottoman qui allait, n'oubliez pas, jusqu'aux frontières du Maroc,
05:27ou qui allait en Iran, etc., un peu partout, en Arabie, enfin, tous les coins, presque.
05:34C'était énorme, l'Empire ottoman d'alors.
05:37Énorme.
05:38Énorme.
05:38C'était le grand empire de l'époque.
05:40– Eh bien, le traité, donc, disait que c'était la France qui devait protéger,
05:50qui pouvait, qui devait, enfin, elle pensait qu'il devait,
05:53mais qu'elle pouvait, elle avait l'autorisation du sultan,
05:59l'autorisation du sultan Soliman le Magnifique,
06:03pour agir en protection des Français de l'Empire ottoman.
06:09Et quels Français de l'Empire ottoman ?
06:12Eh bien, c'était des chrétiens, bien sûr, et puis les étrangers,
06:16mais des chrétiens, des chrétiens, donc, qu'il fallait protéger,
06:20et des chrétiens qui, pour une part, aussi, parlaient le français,
06:25et où on a envoyé, et où la France a été, pendant des siècles,
06:32jusqu'à très récemment, jusqu'au XIXe siècle inclue,
06:35une très grande pourvoyeuse de missionnaires.
06:40catholique, depuis l'époque de François Ier,
06:43envoyée, notamment dans l'Empire ottoman,
06:45parce qu'il y en avait, les chrétiens, là, à entretenir,
06:49et puis, à faire des écoles pour leurs enfants, etc.
06:52Vous voyez ? C'était énorme.
06:54Donc, préoccupation politique du gouvernement français,
07:00de soutenir les chrétiens d'Orient,
07:03et de les soutenir, notamment, avec la diffusion de la langue française,
07:09diffusion du catholicisme, bien sûr, enfin, soutien du catholicisme, naturellement.
07:13Après, les protestants s'y sont mis, à partir de 1822 seulement,
07:18mais les catholiques, bien sûr.
07:22Alors, il y a eu même, ensuite, à la fin du XIXe siècle, notamment,
07:30les laïcs s'y sont mis, voilà, dans ces régions protégées par la France,
07:35enfin, dont les chrétiens étaient protégés.
07:37Donc, une préoccupation de politique extérieure,
07:42majeure, pour le français, majeure, comme sur le plan intérieur,
07:46c'était le soutien de notre politique étrangère, en fait.
07:50Donc, on a oublié ça,
07:52et on a essayé de nous faire oublier cela,
07:56à partir de 1974.
08:00Alors, c'est ça, c'est donc, en fait,
08:02de François 1er à Emmanuel Macron et son forceur,
08:05quel est le tournant, ce serait donc,
08:071974, avec Valéry Giscard d'Estaing ?
08:09– Il y a eu beaucoup de tournants, à l'époque, dans les années 70,
08:12et on en voit, c'était le début de la fin de,
08:18comment dirais-je, de l'omniprésence, en tout cas,
08:22sinon l'omnipuissance, de l'Occident dans le monde.
08:27Fin qui commençait, c'est surtout maintenant que ça se passe,
08:30mais la fin aussi de l'ordre fait par les États-Unis en 1945,
08:40l'ONU, etc., enfin, tout ce que vous savez,
08:42qui a été établi en 1945.
08:46Tout cela, si vous voulez, s'effaçait,
08:51de même que la puissance américaine commençait à faiblir,
08:54déjà, à ce moment-là, mais surtout maintenant.
08:57Donc, on arrive dans la période d'aujourd'hui
09:00à voir que les États-Unis vont se préoccuper essentiellement
09:06du continent américain, ils vont garder un empire,
09:09mais le continent américain seulement,
09:11ils abandonnent l'Europe, la protection de l'Europe,
09:13donc ça veut dire abandonner en bonne partie l'Europe,
09:16ça veut dire que nous avons beaucoup plus de liberté
09:18pour travailler pour nous,
09:20et ne plus être vassaux des États-Unis directement,
09:23parce que là aussi, il y a une fin de la vassalisation française
09:27qui se dessine.
09:29La vassalisation avait été enlevée par le général de Gaulle
09:33à partir de 1958, ça avait été très net,
09:36ça a duré jusqu'en 1974, à la fin de Pompidou,
09:40et à l'arrivée de Giscard.
09:42Et à l'arrivée de Giscard, il s'est présenté
09:44cette rupture complète avec tout un passé
09:49que je viens de vous décrire, qui était encore lourd à l'époque,
09:53important, très important à l'époque.
09:55De Gaulle a eu une politique étrangère,
09:57notamment de coopération dans les pays africains, etc.,
10:01remarquable, et remarquable aussi pour la diffusion du français.
10:06Ça a été remarquable, en tout point d'ailleurs.
10:09Le général de Gaulle et le Pompidou qui ont suivi après.
10:13Donc, en 1974, arrive Giscard.
10:17Première conférence de presse, moitié en anglais.
10:21C'était dire aux Français, ça y est,
10:23le Français n'est plus sur son trône.
10:27Moitié de la conférence de presse en anglais.
10:30Et évidemment, à toute bonne conscience, bien sûr.
10:34Ça n'a pas frappé les gens à l'époque, pas trop.
10:36On en a très peu parlé, les médias n'ont très peu parlé.
10:39– On sait que Valéry Giscard d'Estaing était un amoureux fou des États-Unis.
10:44– Évidemment.
10:45– En tant que secrétaire d'État à l'économie,
10:47ou ministre de l'économie peut-être,
10:49il s'était rendu à Washington,
10:51où il avait rencontré le président John Fitzgerald Kennedy.
10:54Et on dit souvent, ses biographes disent souvent,
10:56son rêve était d'être le Kennedy français.
10:58– Le Kennedy, mais le Kennedy français, sinon européen.
11:02– Il l'aura fait lors du débat avec Mitterrand,
11:04où il aura transformé Mitterrand en Nixon.
11:07Enfin bon, ça c'était la comparaison qui était faite à l'époque.
11:08– Oui, oui, oui.
11:10– Mais ceci dit, on s'emmène du sujet.
11:12C'est vrai qu'avec Valéry Giscard d'Estaing,
11:14on a une sorte d'américanisation de la scène politique.
11:20– Mais c'est le début d'une ère d'un demi-siècle,
11:23le demi-siècle dans lequel nous sommes encore,
11:251974 à 2026, nous sommes encore dans ce demi-siècle
11:31où il y a eu le règne institué déjà par Giscard d'Estaing
11:35de revassalisation, revassalisation, puisque Dugault l'avait fait sauter avant,
11:42revassalisation de la France à l'Empire américain,
11:45il faut bien le dire, il l'appelait comme ça.
11:46Bon, et puis, et puis, c'est plus grave encore, c'est plus fondamental,
11:55une époque de règne du matérialisme mondialiste,
12:00c'est-à-dire l'économie d'abord, etc.
12:03Il y a tout un changement important là, sur le plan politique,
12:06et toute l'Europe a marché dans le même sens.
12:08– Parce que nous sommes aussi, sous Giscard,
12:10nous sommes aussi à l'époque de la construction européenne à marche forcée.
12:14– Oui, à marche forcée, bien sûr.
12:16– Et c'est d'ailleurs, c'est un point que dénonce
12:18votre Haut Conseil international de la langue française,
12:20c'est la prépondérance de l'anglais dans les instances de l'Union européenne,
12:23alors qu'il n'y a à l'heure actuelle que deux États membres,
12:27dont l'anglais est la langue officielle, l'Irlande et Malte,
12:30qui ne sont pas les États les plus peuplés,
12:335 millions d'Irlandais et 500 000, il me semble, 500 000 maltais.
12:36– Oui, alors…
12:37– Comment expliquer que l'anglais soit une langue aussi importante
12:39dans les instances de l'Union européenne,
12:40alors qu'elle n'est pas représentative de la population anglaine ?
12:43– Le système, le système, entre guillemets, l'a voulu,
12:47parce que les Américains l'ont voulu,
12:50les Anglo-Américains, d'une manière large,
12:52les Anglo-Saxons ont voulu cela,
12:55profiter de tout cela, toutes ces situations de pays,
12:58et puis de la défaite, lors de la défaite française,
13:01allemande, etc., lors de la Deuxième Guerre mondiale,
13:04enfin la défaite, défaite, on a gagné,
13:06mais c'est parce que les Américains,
13:07et surtout les Russes, ont gagné.
13:08Bon, mais autrement, c'est une défaite.
13:11Eh bien, enfin, en tout cas, un affaiblissement fort.
13:14Eh bien, tout cela, tout cela, il fallait donc y remédier,
13:21mais jusqu'à retomber là-dedans, dans cette période,
13:26et instituer ce que je viens de vous expliquer.
13:30Voilà.
13:30Donc, on a endormi les Français,
13:33il y a eu une sorte d'engourdissement qui s'est produit
13:35pendant ce demi-siècle que nous vivons encore,
13:37où on a tenté de faire oublier aux Français
13:40leurs fondamentaux culturels,
13:43que chacun connaît, quand même, hein, bon, encore,
13:45et puis, et puis, la langue française.
13:50Voilà.
13:51Non, il fallait se mettre à l'anglais, c'était, voilà,
13:53vous savez le contexte, très bien.
13:55Voilà.
13:55Et les gens ont suivi, largement, et surtout,
13:59par le peuple, dans sa profondeur, bien sûr, heureusement encore,
14:02mais toutes nos élites et les médias, médias aux ordres.
14:08Ils le sont encore, malgré la chute de, la chute méritée,
14:13bien sûr, depuis longtemps d'ailleurs, de Macron.
14:20Alors, parlons-en, en jugeant de nos dirigeants français
14:23qui accompagnent cette américanisation, cette anglicisation qui…
14:27– Alors, non seulement, dans ce demi-siècle,
14:30non seulement tous, y compris Chirac, y compris Chirac,
14:36moins que les autres, mais enfin, y compris Chirac,
14:40donc tous ceux, jusqu'en 2017, c'est-à-dire jusqu'à l'avènement,
14:43l'élection, pardon, de Macron, ont fait la même chose.
14:48Ils ont entretenu, soutenu, consenti, laissé faire, si vous voulez.
14:54– Même François Mitterrand, qui était pourtant un peu plus
14:56de la vieille école, qui était plus ancien que Giscard.
14:59– Même François Mitterrand, il l'a regretté d'ailleurs à la fin de sa vie.
15:03Il a écrit, j'ai eu tort de faire ça et ça,
15:06d'avoir laissé faire ce genre de choses,
15:08de considérer qu'il fallait laisser filer.
15:11Il a laissé filer Mitterrand.
15:13Il n'a pas encouragé, mais il a laissé filer.
15:16– Alors, tous ceux qui sont venus là comme président de la République
15:22jusqu'en 2017, ont travaillé de cette manière-là.
15:27Et en 2017, arrive Macron, avec ses idées nouvelles.
15:31Avec ses idées nouvelles, la France, c'est trop petit,
15:33c'est trop petit pour moi notamment, l'Europe, ça serait mieux pour moi.
15:37Il y a les États-Unis, nous sommes avec les États-Unis,
15:40nous travaillons en frères avec les États-Unis.
15:43C'est ça la démarche Macron.
15:46Et alors, il est allé plus loin, parce qu'il s'est mis,
15:49et c'est très grave, très grave justement dans notre sujet de langue française,
15:53parce qu'il s'est mis à partir de 2020 à démolir, démanteler la langue française.
16:01Démanteler. Comment ?
16:03Je vais vous dire, il y a des exemples très concrets, dont je parle d'ailleurs dans mes articles.
16:08Ça m'a d'ailleurs valu des, comment dirais-je, des rebuffades fortes de l'Élysée.
16:16On a même écrit au nom du Conseil, bien sûr, que j'ai créé en 2020.
16:19On a écrit au président Macron en lui disant, en termes très polis,
16:26je suis diplomate, on est très très polis, mais il y avait les mots dedans d'accusation,
16:31de forfaiture et de trahison.
16:34Donc, ils ont essayé de me taper sur les doigts et ils ne sont pas arrivés.
16:38Bien, je n'ai pas de casserole, il se trouve que je n'ai pas de casserole.
16:43Vous savez, quand on descend quelqu'un, on trouve…
16:45– Oui, il y a un compte caché.
16:47– Bon, voilà. Alors, en tout cas, Macron, qu'a-t-il fait ?
16:49C'est ça le problème intéressant.
16:52– En 2020, le Brexit. Le Brexit, les gens se disent,
16:56y compris nos élites françaises anglicisées qui parlent anglais à Bruxelles,
17:00on ne va tout de même pas, alors que les Anglais partent,
17:03on ne va tout de même pas abandonner l'Anglais avec.
17:07Alors, ils ont joué sur le fait qu'effectivement,
17:10il y a les deux pays qui restaient, l'Irlande et Malte, etc.
17:12– L'Irlande, Malte, mais qui…
17:14– Pour dire, mais on ne peut pas… Enfin, c'est une plaisanterie.
17:16– Ils sont tout petits en termes de population,
17:18ça ne représente pas la population européenne.
17:20– Chez eux, la langue officielle n'est que partiellement l'anglais.
17:26– Oui, s'agissant de Malte…
17:27– Il y a l'Irlandais.
17:28– Il y a le gaélique, oui, tout à fait.
17:29– Il y a le gaélique. Bon, très bien, vous voyez, vous savez ça.
17:32Bon, alors, mais ils ont joué là-dessus, il fallait…
17:36Donc, Ursula von der Leyen, impératrice comme d'habitude,
17:41mais surtout comme la Suisse l'a confirmée,
17:45parce qu'elle a fait plein de coups d'État comme ça,
17:47sans décision du seul organisme compétent pour parler un genre de choses,
17:54c'est-à-dire le Conseil des chefs d'État et de gouvernement,
17:58le Conseil européen, le Conseil européen des chefs d'État et de gouvernement.
18:03Elle n'a pas consulté, ou alors elle a consulté comme ça, etc.
18:08Et elle a décrété toute seule qu'il n'y aurait plus de langue de travail,
18:15mais elle ne l'a pas dit comme ça.
18:16On fait tout simplement une langue commune.
18:19Ah, voilà, on installe une langue commune.
18:21Une illégalité totale, illégalité au regard du droit européen,
18:26pas au regard du droit français ou des autres,
18:28au regard du droit européen, ni le traité de mars 1957,
18:33ni la charte des droits fondamentaux,
18:35ni surtout, ça s'appelait, comment, sur les langues,
18:43c'était un, bon, juste, il y avait un nom, mais pas...
18:46– C'est pas la charte des langues ?
18:49– Non, c'est pas une charte, ça s'appelait autrement,
18:51mais le, enfin bref, c'était un texte important
18:53réglant le statut des langues en Europe.
18:58C'était dès 1958 qu'on avait créé ce texte-là,
19:02comme la charte des droits fondamentaux.
19:08Le règlement, voilà, c'est un règlement.
19:10Règlement numéro un.
19:12Bon, les langues, les langues officielles, toutes,
19:14et puis des langues de travail.
19:16Alors, on ne l'a pas dit aussi vertement,
19:18mais il y avait trois langues de travail.
19:20À cette époque, en 1958, l'anglais restait bien la première,
19:24le français, pardon, restait bien la première et de loin.
19:27Bon, mais l'anglais ensuite, et puis l'allemand, trois.
19:30Bon, Ursula von der Leyen, en 2020,
19:34allez, hop, on balaye tous ces trois textes-là,
19:37et on met une langue commune.
19:38Et ça veut dire, en clair, l'anglais, naturellement,
19:40et tout le monde se met à parler l'anglais,
19:42et on oublie, on n'oublie pas complètement, bien sûr,
19:45parce qu'il y a des exceptions,
19:46des gens qui continuent un peu à parler anglais ou allemand
19:49dans leurs interventions de travail, mais c'est rare.
19:52Et en tout cas, les textes n'en parlent guère.
19:55Les textes et la traduction n'en parlent guère.
19:57– Et ça ne se fait pas à l'avantage de nos dirigeants français,
20:00puisque Ursula…
20:01– C'est pour ça que je dis, il s'agit des crimes de M. Macron,
20:05des crimes contre la France, contre le français, contre la France.
20:09Ce n'est pas tout.
20:10Voilà ce qui s'est passé pour le Brexit.
20:11Nous lui avons écrit, bien sûr, en sentant que ça allait se faire,
20:15dès 2020, en lui disant, ils vont nous faire ça.
20:18Évidemment que le système va agir comme ça.
20:22On connaît bien.
20:24J'ai travaillé en Allemagne, j'ai travaillé dans d'autres pays.
20:28Je connais.
20:31Donc, attention, il faut faire attention à ce qui pourrait se produire.
20:37Ursula von der Leyen a agi, nous écrivons de nouveau à Macron,
20:40et lui disant, vous voyez ce qui se passe.
20:42Il faut tout de suite arrêter ça.
20:44Il faut tout de suite arrêter ça.
20:47Silence total.
20:48Non.
20:49Puis après, on a fini par me répondre.
20:50Un secrétaire d'État chargé des affaires européennes nous a écrit,
20:54il a écrit au Conseil, donc à moi, en disant,
21:00mais ne vous inquiétez pas, on est en train de travailler là-dessus.
21:03Et lorsque le Président présidera le Conseil européen,
21:07lorsque ce sera son tour, le tour de la France, pendant six mois,
21:10donc au début 2022, vous verrez, tout ça, ça aura changé.
21:15Mais ils laissaient faire dans l'intervalle.
21:17Ils n'ont pas voulu agir tout de suite.
21:18Alors, ils auraient pu, très bien, Macron aurait pu crier un peu.
21:22– Précisément.
21:23– Certainement pas.
21:23– À partir de 2022, il ne se passe pas.
21:24– Est venu donc le fameux semestre de présidence de la France,
21:28par la France du Conseil européen, rien du tout, malgré nos…
21:36On assistait pour que ça se passe, mais attendez, on est dans les six mois,
21:39là, il faut agir.
21:41Rien du tout, rien du tout.
21:43Nous avons donc écrit après, en septembre 2024, une lettre incendiaire au Président
21:49de la République, dans très bons termes diplomatiques, mais alors avec les mots de forfaiture
21:55et de trahison.
21:56C'en était.
21:57Et personne n'a pu contester ça.
21:59Voilà.
22:00Donc, il y a eu ça.
22:01Il y a eu ensuite quoi ?
22:032024, l'IGO, l'IGO à Paris, en France.
22:07– Ah voilà, c'est justement…
22:08– Le français, l'angolimpique.
22:10– C'est là où votre Conseil international était très actif pour dénoncer,
22:12l'appeler une trahison.
22:14– Et là, ça ne concernait pas l'Europe ou etc.
22:15Il n'y avait personne d'autre qui intervenait que la France, le gouvernement français.
22:20– Et ça se passait en France, tous les IGO se passaient en France.
22:22– Et ça se passait à Paris.
22:24À Paris.
22:25Alors que la délégation générale à la langue française et aux langues de France,
22:28qui dépend donc du ministère de la Culture, mais donc du Président de la République,
22:33avait au printemps, les IGO, ça tel été, au printemps, fait paraître dans la presse
22:39des articles, pour nous, pour nous, comment dirais-je, pas consoler,
22:45mais rassurer, rassurer sur ce qui allait se passer, vous inquiétez pas,
22:49vous allez voir, le français va briller, comme il le doit,
22:53comme langue olympique et comme langue du Pays Haute.
22:56Il y avait deux raisons, deux raisons face à l'anglais qui dominait avant
23:01dans les faits, mais pas complètement.
23:03Bon, mais deux raisons, vous allez voir, l'anglais, le français va briller
23:07dans les Jeux olympiques, vous allez le voir, arrivent les Jeux olympiques.
23:11Il y avait certes un milliard de téléspectateurs.
23:17Le premier défilé qui se passe sur la Seine pour ouvrir l'un,
23:23il y avait des bateaux pour chaque délégation,
23:27et chaque bateau avait deux pancartes à bâbord et à tribord.
23:31Les pancartes en anglais étaient uniquement pour les télévisions,
23:38les télévisions ne voyaient, étaient sur la rive de la Seine,
23:43qui ne prenaient que les tableaux, les écriteaux, les pancartes, pardon,
23:50désignant en anglais les bateaux qui circulaient.
23:55Mais ça, à la limite, ça peut être un détail compréhensible,
23:59on n'a pas fait attention, etc.
24:01Mais après, tout ce qui était écrit, alors non pas tout ce qui était oral,
24:04bien sûr, parce qu'on entendait un peu de français,
24:08le milliard de téléspectateurs, mais tout ce qui était écrit,
24:11c'est-à-dire les annonces écrites, c'est-à-dire les panneaux,
24:18c'est-à-dire les résultats des épreuves, la désignation des épreuves en anglais,
24:28le résultat des épreuves sur l'écran, en anglais uniquement,
24:33non traduit en français, même pas traduit, vous voyez ?
24:37Non, enfin, troisième point, Villers-Cotterêts, le truc que nous avons fait…
24:41– Ah voilà, oui, la fameuse cité internationale de langue française,
24:43dont vous êtes à l'origine.
24:45– Eh oui, nous, l'association, nous sommes à l'origine de ça.
24:492001, on fait le projet, brillant, etc., très bien,
24:53et puis pendant 16 ans, on l'a présenté successivement au président de la République.
24:59– Trois présidents successifs ont fait la sourde oreille.
25:01– Tous les gens capables de décider de faire ça, si vous voulez,
25:06il ne s'est rien passé, on comprenait, il n'y avait pas d'argent,
25:09pas d'argent pour ça en tout cas.
25:11Arrive Macron, arrive, pardon, le couple Macron.
25:14– Avec Mme Macron, prof de français.
25:16– Avec Mme Macron, prof de français, très sensible,
25:18on lui avait écrit directement à elle, en plus, naturellement,
25:21que d'écrire à son…
25:23mais on était déjà fixé sur l'attitude de son mari depuis longtemps.
25:27Bon, bref, enfin, on a écrit, bien sûr, au mari, c'est lui le président,
25:30mais on a écrit aussi à Macron pour lui faire comprendre,
25:32avec des termes, il se trouve que mes petits-enfants
25:35avaient été ses élèves en plus, vous voyez ?
25:37Enfin, il y a des choses comme ça,
25:38mais des choses beaucoup plus importantes dans la lettre
25:41pour la séduire, elle, c'est elle.
25:44– Je ne suis pas sûr, je n'étais pas témoin,
25:45mais forcément, c'est elle qui a dû dire,
25:48ben, regarde, portons en même temps,
25:50on va t'accuser de faire continuer à t'accuser,
25:54même accentuer les critiques par ton emploi de l'anglais,
25:58l'anglais partout, etc.
25:59Donc, il faut que tu puisses dire que tu fais quelque chose aussi
26:02pour la langue française.
26:03Mais, fais-vie l'arc-auterai !
26:06Fais-vie l'arc-auterai !
26:07– Ce projet a abouti, donc ?
26:09– Il l'a fait, et ce projet a merveilleusement abouti
26:12sur le plan technique, sur le plan physique,
26:16c'est très beau,
26:18mais au lieu de reprendre notre projet qu'il annonçait en 2017
26:24et en 2018, dans une conférence, le jour mondial,
26:28la journée mondiale de la francophonie,
26:30le 20 mars 2018,
26:33il fait une conférence de presse, Macron,
26:36à l'Académie française,
26:39crottra lala, crottra lala,
26:43en disant que, ça y est, on va faire Villers-Cotterais,
26:46et il reprend nos têtes de chapitre de notre projet
26:50dans son discours.
26:53Ça veut dire que, non seulement,
26:55comme il nous l'avait dit l'année d'avant,
26:56on reprend vos trucs, c'est bien,
26:59j'y croyais pas du tout, évidemment,
27:02mais il le redit là,
27:06très officiellement,
27:07enfin, on ne peut plus officiellement,
27:09dans une conférence de presse,
27:10à l'Académie française.
27:12Bon, eh bien, très bien,
27:15il y a eu Villers-Cotterais,
27:16mais on l'a réduit à un simple musée
27:19sur 2500 mètres carrés,
27:21alors qu'il y en a 23 000 de suffrages utiles
27:23pour lesquels nous avions l'emploi, évidemment.
27:27Bon, mais un musée très beau,
27:28très bien, d'ailleurs,
27:30un petit musée,
27:31une sorte de mausolée,
27:34mausolée presque de tombe
27:35de la langue française.
27:37Enfin, un musée de la langue.
27:39Très bien, c'est tout, ça se réduisait à ça.
27:41Et puis, encore, dernier point,
27:46dernier point,
27:48arrive,
27:50ah oui,
27:51c'était vide,
27:52donc le reste était vide,
27:53sur les 23 000 mètres carrés,
27:54il n'y en avait que 2000 et quelques
27:55qui étaient employés au musée.
27:59Comment est-ce qu'on remplit ça ?
28:00Ah, mais tenez,
28:01on n'avait aucune idée, bien sûr,
28:03Macron et les autres,
28:04il s'agissait simplement
28:05d'avoir fait le château
28:06pour avoir sa partie positive
28:08dure en même temps, c'est tout.
28:09Regardez, j'ai fait Villers-Cotterais,
28:11les gars.
28:11Bon.
28:15Donc,
28:19je n'aurais pas dû avoir de gestes,
28:22ça m'attrouve.
28:23De toute façon,
28:24le mandat arrive à sa fin.
28:25Oui,
28:27très bien,
28:27mais vous savez,
28:28alors on trouve quelque chose
28:30présenté par la Commission européenne,
28:32par Ursula von der Leyen,
28:34Amine Macron,
28:36elle dit,
28:36vous pouvez mettre quelque chose
28:37dans votre truc là ?
28:38On a, nous,
28:39à vous faire mettre
28:41l'alliance pour la technologie des langues.
28:44Ah, ben,
28:44ça tombe bien,
28:45mais oui.
28:46Alors,
28:46Macron a dit oui,
28:47bien sûr.
28:47Et quelques temps après,
28:49très peu de temps après,
28:49on voit apparaître dans la presse
28:51un appel d'offre
28:52pour le directeur,
28:53pour le recrutement du directeur,
28:55qui précise que,
28:57ah ben oui,
28:57mais la langue de travail sera ?
28:59L'anglais.
29:00Ben,
29:01voyons.
29:02Ben,
29:02voyons.
29:04Et pour finir,
29:06le projet d'élection présidentielle
29:08est dans à peine un an,
29:09espérons que ce soit,
29:10et vous l'espérez,
29:11c'est ce projet que vous portez
29:12au Conseil international
29:13de la langue française.
29:14Si vous cherchons auprès des candidats,
29:15à ce qu'ils s'engagent,
29:16à ce qu'ils soient un sujet,
29:18à ce qu'ils soient un sujet,
29:19à ce qu'ils soient un sujet,
29:19à une fois élus,
29:20s'ils sont élus,
29:21bien sûr,
29:21et nous y travaillons beaucoup
29:22en ce moment,
29:23et nous avons quelques encouragements forts,
29:26si vous voulez,
29:26mais très peu,
29:27bon,
29:28ils ont tous baigné
29:29dans l'atmosphère
29:30d'engourdissement
29:31dont je vous parlais tout à l'heure,
29:33tous là-dedans,
29:34les gens de cet âge.
29:36– Écoutez.
29:36– Il y en a très peu
29:37qui savent
29:38la réelle importance du français.
29:40Je crois l'avoir dit,
29:41l'avoir dite,
29:43cette importance,
29:44là,
29:44au cours de notre entretien.
29:46Mais voilà,
29:46il faut sans cesse rappeler
29:48à tout le monde
29:49que nous faisons,
29:51enfin,
29:51je fais des lettres
29:52à chacun,
29:54à tout,
29:54donc à chacun,
29:55d'une manière ciblée sur lui,
29:57chaque candidat
29:59à la présidentielle,
30:00avec tout ce qu'il peut rattacher,
30:02lui,
30:03à cette affaire-là.
30:06Et voilà,
30:07et je dis,
30:07il faut sans cesse rappeler
30:09que la Constitution,
30:10c'est nous qui avons fait
30:11introduire ça
30:12dans la Constitution
30:12en 1992,
30:14avec nos alliés parlementaires,
30:16bien sûr,
30:16c'est la langue,
30:17l'article 2
30:18de la Constitution,
30:19la langue de la République
30:21et le français.
30:22Point.
30:22Voilà.
30:23– Bon,
30:23espérons que lors
30:24de la prochaine campagne présidentielle,
30:26nos candidats s'en souviennent.
30:28Merci beaucoup,
30:28M. Albert Salon,
30:30chers téléspectateurs,
30:31nous espérons que ce zoom
30:33vous a intéressé
30:35et je vous dis
30:36à très bientôt
30:37et comme dirait
30:38notre cher président,
30:39dans un bon français,
30:40fort sûr.
30:42– Sous-titrage Société Radio-Canada
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