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  • il y a 2 jours
Service public dévoyé, écoles de journalisme formatées, propagande... Cette semaine dans "I-Média", Floriane Jeannin et Jean-Yves Le Gallou reçoivent Edouard Chanot, directeur de l'Observatoire du journalisme et auteur de "Brèche dans le mainstream". Il nous raconte comment les grands médias sont devenus des rouages du système macroniste ! Alors que la défiance des Français augmente crescendo, elle ne risque pas de redescendre avec le rapport Alloncle adopté de façon rocambolesque et révélant des dérives budgétaires inouïes et un manque criant de pluralisme à France Télévisions, Radio France et France Médias Monde.

Portrait piquant : Daphné Deschamps, la militante à gauche de l'info !

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00:22Bonjour à tous, je suis très heureuse de vous retrouver pour ce nouveau numéro d'e-médiat.
00:27Et cette semaine, on m'accompagne Jean-Yves Le Gallou, bien évidemment.
00:31Bonjour, Florent.
00:31Bonjour, Jean-Yves.
00:32Mais également, Édouard Châneau.
00:34Édouard, les téléspectateurs vous connaissent bien parce que vous animez le magazine Choc du Monde sur TV Liberté.
00:41On peut vous retrouver tous les mardis.
00:43Mais vous êtes aussi récemment devenu le directeur de l'Observatoire du Journalisme,
00:48avec qui les médias travaillent régulièrement en partenariat.
00:51Vous savez, ce sont les fameux, par exemple, portraits piquants réalisés par l'Ogime.
00:58Édouard, avec plaisir, on est très heureux de vous recevoir sur le plateau d'e-médiat.
01:02Édouard, on va faire ce numéro d'e-médiat un peu sur votre livre.
01:07Vous avez écrit « Brèche dans le mainstream, l'âge des alternatives médiatiques ».
01:12Ça a été préfacé d'ailleurs par Claude Cholet.
01:15C'est bien sûr disponible aux éditions de la nouvelle librairie.
01:19C'est un petit opus, vous savez, dans les petites collections Ogime, collection Désintox,
01:25même pour être tout à fait précise, à 9 euros.
01:27Donc ça ne coûte rien et c'est très utile.
01:29Vous allez le voir.
01:30On va bien sûr revenir sur les médias mainstream,
01:33mais également sur les médias du service public,
01:36qui récemment ont occupé l'actualité avec le rapport adopté, ça y est,
01:41de la commission d'enquête parlementaire sur les médias du service public,
01:45mené par Charles Lalongue d'une main de maître.
01:48Revenons tout de suite sur le titre de votre livre.
01:51Vous vous annoncez une brèche.
01:52Quelle est cette brèche ?
01:54Et est-ce que c'est quelque chose de particulièrement historique ?
01:58Alors historique, ça dépend à quelle échelle bien sûr.
02:01Mais brèche, brèche dans le mainstream, dans les médias dominants,
02:05l'âge des alternatives médiatiques,
02:06parce que rétrospectivement, ça fait une petite quinzaine d'années que je suis journaliste,
02:11et je me suis rendu compte de l'évolution entre mes débuts, il y a donc 15 ans,
02:15et aujourd'hui, des évolutions que certains de mes aînés d'ailleurs
02:20ont vues avec encore plus d'acuité, ont encore plus de recul,
02:23puisqu'on s'est rendu compte que dans la foulée du tournant des 2010,
02:29petit à petit, et puis encore plus à partir de, disons, 2018,
02:32et l'apparition d'un média que tout le monde connaît qui s'appelle CNews,
02:35le mainstream, les médias dominants, ont peu à peu cédé du terrain.
02:39Les médias alternatifs l'ont fait d'abord, certains étaient plus anciens que cela,
02:43mais en tout cas, des médias comme TVL ont pu apparaître en 2013 en l'occurrence,
02:50grâce à deux effets, deux leviers majeurs, d'abord la technologie,
02:54la technologie évidemment, je n'invente rien, vous le savez tous,
02:56vous le savez Florian, on peut filmer une émission maintenant avec un iPhone,
03:00et on pouvait déjà le faire il y a 15 ans, alors qu'il fallait trois caméras, etc. pour cela.
03:04Et puis ensuite, le deuxième, qui date d'un peu avant, c'est évidemment le levier de l'indépendance financière,
03:10concrètement vous avez sans doute beaucoup de téléspectateurs qui vous soutiennent,
03:14grâce à leurs dons, et bien ça, c'est quelque chose qui a permis de rompre
03:17avec le modèle dit des grandes fortunes, ou le modèle de l'État, j'ai envie de dire,
03:21providence, mais en tout cas de l'État public, de la puissance publique,
03:23qui étaient les deux grands tenants, enfin deux propriétaires, j'ai envie de dire,
03:29de la parole médiatique.
03:30– Exactement, alors, d'ailleurs on invite nos téléspectateurs à soutenir évidemment l'Ogime,
03:35vous le savez.
03:36Alors aujourd'hui, les Français n'ont quand même plus du tout confiance en la presse, en les médias,
03:42est-ce que ce serait plutôt, selon vous, une crise de confiance,
03:45ou alors une crise de ce qu'on pourrait appeler la légitimité de ces médias-là,
03:51dans la mesure où ils sont, ou non, contre-pouvoir en revanche ?
03:53– Les chiffres, vous les connaissez Floriane, les deux tiers de l'opinion,
03:56aujourd'hui vous prenez toutes les études, en France, aux États-Unis,
03:58un peu plus par exemple en Suisse, j'ai appris récemment qu'ils ont un peu plus confiance
04:01dans les médias à 40%, mais 30% de l'opinion seulement font confiance
04:05aux grands médias dominants, et en même temps, la même proportion dit,
04:10enfin 60 en tout cas, dit suivre, vouloir suivre toujours l'actualité.
04:14Alors si on écoute les sociologues sur les plateaux télévision,
04:17ils se disent que c'est un paradoxe de l'opinion, qu'en réalité,
04:20l'opinion ne se connaît pas elle-même, et en fait, tout irait au mieux dans le meilleur de monde.
04:24En réalité, en creux, quand on voit ces chiffres,
04:26on comprend que c'est le procès caché des médias dominants
04:28qui ont prospéré sur une promesse, à savoir qu'ils seraient un contre-pouvoir
04:32et qui en réalité se sont avérés être les serviteurs dociles du pouvoir en place.
04:36– Jean-Yves, vous avez peut-être des précisions à apporter justement
04:39sur cette question de la confiance dans les médias,
04:41qu'on évoque régulièrement dans les médias d'ailleurs.
04:43– Oui, je crois qu'on ne peut pas avoir confiance dans les médias pour deux raisons.
04:47– D'abord pour ce qu'ils disent et qui est parfois mensonger,
04:50mais ce n'est presque pas le plus grave, mais surtout parce qu'ils ne disent pas.
04:55Le principal pouvoir des médias dominants, ce n'est pas ce qu'ils disent,
05:00c'est ce qu'ils taisent.
05:01Et il y a des sujets qu'ils continuent de taire.
05:04Je vais vous donner un exemple.
05:06Il y a encore dix ans, les médias dominants du service public
05:11ou en dehors du service public, y compris le Figaro,
05:15ne parlaient finalement jamais des problèmes que pouvait poser l'immigration
05:21en termes d'insécurité, en termes d'emploi, en termes de coût social.
05:27Aujourd'hui, ils en parlent.
05:28Mais ils continuent de taire les vraies causes de l'immigration,
05:33ils continuent de vraitaire les réponses qui pourraient être apportées.
05:38et le sujet, par exemple, de la remigration,
05:41qui se pose maintenant dans les réseaux sociaux et les médias alternatifs,
05:45les médias mainstream continuent de l'ignorer.
05:48Je ne suis pas très inquiet, ils en parleront dans dix ans.
05:51Ce sera peut-être un peu tard.
05:52Justement, c'est évoqué dans le livre Brèges dans le mainstream
05:56par Claude Cholet, ce discours sur l'immigration,
05:59parce qu'il est même un peu normé, j'allais dire,
06:02par tous ceux qui ont signé la charte de Marseille,
06:07qui, globalement, consiste en une forme d'auto-censure sur l'immigration,
06:10et notamment sur l'origine des auteurs de faits problématiques,
06:15pour le dire très gentiment, et c'était presque de la novlangue,
06:18vous allez me taper sur les doigts, Jean-Yves.
06:20Mais il y a aussi, comme genre de charte signée par les journaux,
06:24les journalistes et aussi par les écoles de journalisme,
06:26la charte pour un journalisme à la hauteur de l'urgence écologique.
06:30Alors, ma question est la suivante, Édouard, Jean-Yves,
06:32on verra qui prendra la parole en premier,
06:34mais est-ce qu'on peut encore parler de journalisme
06:37quand il y a des médias, quand même,
06:39qui signent des engagements militants, finalement ?
06:43Allez-y.
06:45Je crois que ce sont des militants, effectivement.
06:50Alors, il y a deux choses, d'ailleurs.
06:52Être militant, ça veut dire traiter les choses sous un certain angle.
06:56Voilà. Mais être militant, ça peut être aussi déformer la réalité
07:03et ça peut être occulter une autre partie de la réalité.
07:06Je crois que traiter sous un certain angle, c'est normal.
07:09On ne peut pas traiter un sujet sans l'anglais.
07:12Et par conséquent, simplement, l'honnêteté consiste à dire
07:15comment on angle. Voilà.
07:17Et la malhonnêteté consiste à dire
07:19on fait de l'information, les autres font de l'opinion.
07:23Mais non, tout le monde, de fait, fait de l'opinion
07:25à partir du moment où on angle un sujet.
07:28Ça n'interdit pas, par ailleurs, une fois qu'on l'a anglais,
07:31de le traiter, objectivement et factuellement.
07:34– Édouard Châneau, je ne sais pas si vous voulez rebondir
07:37sur la présente question, mais je voudrais vous demander
07:40comment est-ce que, justement, ces médias se sont mis au service
07:43de, justement, de ce système macroniste, un peu libertaire
07:48qui est dénoncé régulièrement ?
07:50– Alors, pour ce qui est de la charte, parce que c'était assez intéressant,
07:53vous avez parlé de la charte sur l'immigration.
07:55Moi, je vais rebondir sur celle sur le climat,
07:56qui date de 2022, de mémoire.
07:59Il y avait quand même des points qui étaient assez intéressants.
08:01C'était la charte sur le climat, mais en réalité,
08:02c'est la charte de l'angoisse, parce qu'il y avait quand même
08:08des demandes très, très précises, des exigences très, très précises
08:10à l'égard des journalistes, un point qui demandait aux journalistes
08:13de révéler, je cite, les stratégies qui sèment le doute.
08:15Donc là, en effet, il n'y a plus du tout la possibilité du pluralisme,
08:19la possibilité de questionner même l'alarmisme climatique
08:21était totalement écartée.
08:23Il n'y avait plus aucune possibilité pour les journalistes de suivre,
08:26ou en tout cas même de questionner leur propre approche.
08:29Donc, on était dans une démarche totalement dogmatique.
08:31et j'espère que ces chartes ne vont pas se multiplier régulièrement,
08:34même si, évidemment, c'est une tendance au sein des écoles de journalisme.
08:37Bon, on pourra en parler après, bien sûr.
08:39– On reviendrait sur les écoles, justement.
08:41– Le monopole idéologique commence à se fissurer
08:42au sein des écoles de journalisme, donc j'espère que ça évoluera.
08:45Pour ce qui est d'Emmanuel Macron, de l'élection d'Emmanuel Macron.
08:49– Oui, comment est-ce que les médias se sont mis finalement au service
08:51de cet homme de pouvoir ? Parce qu'on l'a constaté, on se souvient tous
08:55des nombreuses unes qui étaient au service de l'élection d'Emmanuel Macron.
08:59– Bien sûr.
08:59– Comment est-ce que vous expliquez cette tendance ?
09:01– Pour ce qui est de ces unes, etc., dans mon petit essai, j'évoque justement,
09:06avec des sources au sein même de certains cabinets de conseil,
09:09les réunions de coalition qui ont été menées par d'anciens ministres,
09:12Hubert Védine par exemple, qu'on peut croire d'ailleurs très objectifs,
09:15peut-être a-t-il été un très bon ministre des Affaires étrangères français,
09:18mais lui-même a participé à organiser avec son cabinet de conseil des réunions.
09:22Et d'autres ont eu lieu, je n'ai pas eu accès à toutes les réunions,
09:25mais parmi ces réunions-là, on trouvait des pontes des médias audiovisuels,
09:30des plus grands médias, que ce soit Christophe Barbier, Patrick Cohen,
09:34pas dans celle-ci mais dans d'autres, Rutel Kreef, etc., etc.
09:36Et leur but était d'imposer un narratif,
09:38le narratif que vous avez tous vu, dont vous avez subi le matraquage permanent,
09:42à savoir Macron, le candidat qui transformera la France en start-up nation.
09:47Évidemment, quelques années plus tard, le bilan est un peu plus mitigé.
09:51– Contrasté.
09:52– C'est la start-down nation, voilà.
09:54– Oui, start-down, oui.
09:55– Down, voilà. En anglais dans le texte.
09:58– En anglais dans le texte, exactement.
09:59On va encore avoir des commentaires à cause de vous, Jean-Yves.
10:01Qu'est-ce que c'est que cette affaire ?
10:03Alors, un petit point sur le rapport à l'oncle que j'évoquais en introduction,
10:09de cette émission d'immédiat, il vient donc d'être adopté par les parlementaires.
10:15D'ailleurs, un petit point justement sur ce vote.
10:18On a constaté que globalement, une majorité de députés UDR, LR et RN ont voté pour.
10:26Le bloc central s'est un peu abstenu et la gauche a voté contre, s'est passé donc de justesse
10:33à deux voix près.
10:35Est-ce que ce n'est pas une preuve justement d'impartialité, d'une certaine façon, de ce rapport à
10:39l'oncle ?
10:39Ma question est volontairement un peu orientée.
10:43– En tout cas, évidemment, le rapport à l'oncle est passé grâce à l'abstention du bloc central,
10:50ou en tout cas du vote du président, Pertuel le tuy,
10:55qui aurait pu tout à fait à minima s'abstenir au pire voter contre.
10:58Il a beau avoir critiqué pendant des semaines, des mois, les propos de Charles à l'oncle,
11:05il a fait pencher la balance.
11:06Donc le bloc central a son rôle, je tends à penser qu'il pourrait y avoir quelques initiatives
11:12de la part du bloc central, plus modérées, bien sûr, et malheureusement que celles de Charles à l'oncle,
11:17mais qui iraient dans un sens d'une refonte de l'audiovisuel public à la suite de cette énorme affaire
11:23qui est objectivement l'une des plus grandes victoires de Charles à l'oncle, bien sûr,
11:28mais aussi de la mouvance médiatique alternative qui a porté un certain nombre de messages analogues depuis 15 ans.
11:35– Oui, mais bien évidemment.
11:38Jean-Yves, peut-être un commentaire rapide sur le vote, ou je continue d'élaborer ?
11:42– Non, moi j'ai une grande admiration pour ce qu'a fait à l'oncle,
11:45parce que jusqu'ici, les hommes politiques étaient soumis aux médias,
11:49ils avaient peur des médias, et ils se gardaient bien de les critiquer un temps soit peu.
11:54Lui, il y est allé à fond.
11:57Il va sûrement avoir des difficultés pour être invité sur un certain nombre de médias.
12:02Alors pourquoi il a fait ça ?
12:03Pourquoi il a fait ça ? Pour deux raisons.
12:04La première, c'est qu'il y a aujourd'hui la possibilité de s'exprimer autrement.
12:10Il s'est exprimé sur les réseaux sociaux, sur les médias alternatifs,
12:13sur ce qu'on appelle ici les médias de transition, c'est-à-dire qu'ils sont mi-chèvre, mi
12:17-chou,
12:18mais qui étant mi-chèvre, mi-chou, sont quand même aussi un peu chèvre, voilà.
12:22Et puis, il a eu du courage, voilà.
12:24Il a eu du courage, ce qui est une vertu assez rare dans la société actuelle,
12:29et qui mérite d'être tout à fait saluée.
12:32Je pense d'ailleurs, je vais faire un peu de mauvais esprit,
12:35que s'il n'avait pas été à l'UDR, mais au Rassemblement national,
12:41il aurait été davantage retenu et bridé.
12:45Là, on a l'impression qu'il a pu s'exprimer avec une assez grande liberté.
12:49Bravo à lui, en tout cas.
12:50– Alors, peut-être, Edouard, revenons justement sur les conditions un peu rocambolesques
12:55qui ont entouré cette adoption de ce rapport.
12:59Maintenant, bon, voilà, il va falloir passer à l'analyse de tout ça
13:04et on verra comment tout cela se transformera ensuite.
13:07Est-ce que vous pouvez revenir un petit peu pour nous et pour les téléspectateurs
13:10sur toutes ces conditions et tous ces coulisses ?
13:15– Alors, notamment, il y a moi un point qui m'a particulièrement interloqué,
13:18c'était la déclaration de M. Gabriel Attal,
13:22qui a dit que ce serait bizarre si ce n'était pas adopté.
13:25– C'est bizarre, en effet, ce serait bizarre.
13:26Bon, encore une fois, ils se sont abstenus.
13:28On sait que vous évoquez les conditions rocambolesques,
13:31l'oncle en a parlé lui-même, que ça avait été très difficile pour lui
13:34d'obtenir des sources, mais il les a obtenues
13:36dans des conditions qu'il jugeait lui-même absolument lunaires,
13:40puisque les sources au sein même de l'audiovisuel public
13:43venaient lui apporter des dossiers dans des endroits totalement incongrus,
13:46on s'imagine des parkings, les interlocuteurs d'un oncle
13:49lui demandaient de rester anonyme, de passer par des messageries cryptées, etc.
13:52Donc, on comprend.
13:53Bon, aujourd'hui, on comprend que la peur a changé de camp.
13:55Ça, d'après toutes les enquêtes au sein de l'audiovisuel public,
13:58on comprend bien que l'atmosphère est différente,
14:01beaucoup plus anxiogène au sein de l'audiovisuel public
14:05et qu'en effet, Charles Aloncle, encore une fois,
14:07a permis à la peur, au moins pour quelques semaines, de changer de camp.
14:10Mais cela au prix de, oui, au prix de certaines révélations
14:14qui étaient difficiles à obtenir.
14:16Delphine Ernotte, depuis 11 ans qu'elle est au pouvoir,
14:18s'est évidemment fait beaucoup d'ennemis.
14:20Elle a coupé, je ne sais pas, une dizaine, une vingtaine de têtes
14:23depuis qu'elle est PDG de France Télévisions.
14:25Elle s'est fait des ennemis.
14:28Semblerait-il même, d'ailleurs, la personne présidentielle d'Emmanuel Macron,
14:32qui ne l'apprécierait pas.
14:34Elle l'appréciait pendant longtemps, en tout cas.
14:36Oui, oui, oui, mais ils se sont fâchés
14:38parce qu'elle avait publié, je crois, un âge un peu trop précis
14:42de Mme Brigitte Macron.
14:45Et ça avait fait des…
14:47Je voudrais ajouter un point sur le rapport Aloncle.
14:51La critique de la partialité des médias,
14:53elle a été faite depuis longtemps,
14:56par tous les travaux des médias alternatifs,
14:58par la cérémonie des Bob Rador, etc.
15:00Et donc, Aloncle a repris cela, mais ce n'est pas nouveau.
15:03Ce qui est nouveau, c'est qu'on a vu que derrière cet engagement idéologique,
15:08cet engagement militant, cette malhonnêteté journalistique,
15:12il y avait de fantastiques intérêts.
15:14De fantastiques intérêts.
15:16Des gens qui vivaient comme des nababs.
15:19À minima, 850 millions d'euros de contrat avec les bonnes maisons de production.
15:23Et une sorte de privatisation à l'intérieur même du service public, quoi.
15:27Et ça, c'est ce que la commission Aloncle a révélé.
15:32C'est-à-dire que derrière, au fond, le camp du bien,
15:36eh bien, il y a le camp des grands intérêts, des gros intérêts, des gros argents.
15:40D'autant plus ironique que le camp du bien du bien,
15:43c'est-à-dire le gauche de gauche,
15:44s'est retrouvé à défendre, en effet, le camp des grands intérêts.
15:48Contre qui, d'habitude, ils ont beaucoup de choses à dire.
15:51J'allais y venir, justement.
15:53Effectivement, cette commission, comme vous le soulevez,
15:55elle a soulevé beaucoup de dérives budgétaires
15:59qu'on a pu voir, notamment lors du festival de Cannes,
16:01mais aussi, surtout, un vrai manque de pluralisme
16:05qui a été mis en avant.
16:07On rappelle quand même que le service public,
16:09c'est 4 milliards d'euros par an
16:11qui sont prélevés aux Français
16:13via la redevance et l'impôt.
16:16Enfin, en maintenant, c'est plus la redevance,
16:18mais c'était le cas.
16:20Et Charles Aloncle, en fait,
16:23il part du fait que le service public,
16:25ça coûte trop cher aujourd'hui
16:26par rapport à ce qu'il rend.
16:28Est-ce que vous partagez ce constat ?
16:31Et surtout, qu'est-ce qu'on pourrait faire de ce modèle ?
16:34Est-ce qu'il faut réduire cet argent ?
16:37Est-ce qu'il faut le supprimer ?
16:38Est-ce qu'il faut les laisser se financer seuls ?
16:40Il y a diverses possibilités qui sont étudiées.
16:43Qu'est-ce que vous en pensez, vous, Édouard Chano ?
16:45Écoutez, ça coûte 130 euros par foyer en France.
16:47Je pense que tous les foyers français qui sont concernés,
16:51même si c'est prélevé par la TVA,
16:53seraient plutôt partisans de diminuer cette somme-là.
16:55Garder cet argent à la fin des mois.
16:57Visiblement, d'après certaines fuites,
16:58vraies, fausses, sans doute assez vraies.
17:00On verra à la publication du rapport dans quelques jours.
17:03Mais Charles Aloncle proposerait de couper un milliard d'euros,
17:07soit un quart de la dotation générale.
17:10Si c'est possible,
17:12ce serait en effet une très, très belle avancée.
17:16– Globalement, qu'on soit bien clair pour nos téléspectateurs,
17:22ce rapport, il va avoir ensuite effectivement des conséquences parlementaires.
17:26Mais en fait, il faudra que ces lois proposées par Charles Aloncle
17:30soient ensuite votées.
17:31Donc tout ça, c'est quand même très…
17:33On n'y est pas encore, quoi, sur ces grandes économies potentielles.
17:37– Non, il faut que les députés soient en mesure de proposer un projet de loi stricto sur-dessus.
17:43Bon là, évidemment, il y a une euphorie pendant quelques jours
17:46à la suite de cette victoire de Charles Aloncle.
17:49Évidemment, on n'est pas du tout encore au niveau légal.
17:53Est-ce que le groupe UDR sera en mesure d'en reprendre certaines ?
17:58Est-ce que le bloc central voudra en récupérer ?
18:01Puisque ça fait quand même quelques années que Rachida Letty au gouvernement,
18:04le bloc central, etc., voulaient espérer réformer d'une certaine manière
18:08l'audiovisuel public.
18:09Ça n'a jamais été fait parce qu'ils n'en avaient jamais les moyens.
18:12Sans doute sont-ils beaucoup trop soumis, d'une certaine manière,
18:15à l'état profond médiatique qui les tenait par les chevilles.
18:21– Oui, c'est ça.
18:22On avait évoqué déjà dans les médias une espèce de BBC à la française
18:26qui était souhaitée effectivement par notre ancienne ministre de la Culture,
18:30Rachida Letty, notamment.
18:32Ça a mis, j'imagine, un gros coup à ce projet qu'on n'est pas près de voir arriver.
18:38Est-ce que, revenons à des médias de façon plus généraliste,
18:43aujourd'hui, il y a une forme de contre-pouvoir médiatique,
18:48enfin de contre-pouvoir du contre-pouvoir médiatique, c'est l'ARCOM.
18:51Je voudrais qu'on parle de l'ARCOM qui verrouille le système médiatique français,
18:58enfin du moins certains systèmes médiatiques.
19:01Est-ce que cette instance permet réellement de lutter contre la désinformation ?
19:09Et est-ce que cette instance est suffisamment honnête aussi
19:13pour permettre un véritable pluralisme sur les médias ?
19:17Et là, c'est peut-être plus Jean-Yves vers qui je vais me tourner
19:19pour répondre à cette question.
19:20– Je pense que l'ARCOM devrait s'appeler France Censure,
19:24parce que c'est exactement leur métier,
19:27et ils exercent la censure sur des sujets bien précis.
19:30Ce qu'on a évoqué d'ailleurs tout à l'heure dans les chartes de journalistes,
19:34c'est-à-dire sur l'écologie et sur l'immigration.
19:37C'est les deux domaines où il faut rester dans les clous,
19:41sinon l'ARCOM censure, on l'a vu, on avait évoqué ici l'affaire Erlin,
19:48où il a été censuré pour avoir évoqué une autre hypothèse
19:53que l'origine anthropique du réchauffement,
19:56dans un débat qui était contradictoire,
20:00et l'ARCOM a condamné en l'occurrence CNews en disant qu'il n'y a pas eu de contradiction.
20:04Ce qui est exactement contraire à ce qu'on voit dans les images,
20:08et qui donne une idée, ces gens-là, quand ils parlent pluralisme,
20:13c'est comme d'ailleurs pour l'affaire Grasset,
20:14quand ils parlent de pluralisme éditorial ou de pluralisme médiatique,
20:19c'est quand il y a seulement l'opinion conforme qui est émise,
20:22le simple fait que même en mineur, même à 5% ou 10%,
20:27une opinion contraire à la doxa soit émise,
20:29c'est ce qu'ils interprètent comme contraire au pluralisme,
20:33on vit dans un monde orwellien.
20:35– Il y a une véritable guerre des amendes d'ailleurs,
20:38si je puis me permettre cette expression,
20:39parce que CNews est très régulièrement amendé
20:42et doit payer des sommes folles,
20:45quand des médias plus à gauche ont des rappels à l'ordre.
20:51Bon, ce n'est pas très rationnel.
20:53– C'est d'une partialité absolue.
20:54Rappelons, parce qu'il faut quand même rappeler les choses,
20:56que le directeur général de l'ARCOM, M. De Nervaux,
21:01est marié à la femme qui dirige une association de Soros,
21:09dont l'activité principale consiste à implanter
21:12des foyers de migrants dans les provinces.
21:15Alors, Madame implante des foyers de migrants en province
21:17et M. censure ceux qui sont contre l'implantation
21:20de foyers de migrants en province.
21:22C'est un couple uniste admirable.
21:24– Ça fonctionne bien.
21:25Alors, Édouard Channot, dans votre livre,
21:28vous faites une vraie distinction entre les médias de transition
21:32et les médias alternatifs.
21:33Les médias de transition, c'est ce que vous évoquiez tout à l'heure,
21:35c'est plus CNews, le JDD européen,
21:39toute la bolosphère, comme on dit maintenant.
21:41Et il y a les médias plus alternatifs,
21:44ce serait plus TVL ou Omerta, par exemple.
21:47Quelle est la différence, finalement ?
21:49Qu'est-ce qui distingue les deux ?
21:51Et qu'est-ce qui est le plus menaçant pour l'ordre établi ?
21:54– Ah, ça c'est une bonne question, je ne suis pas sûr d'avoir une réponse
21:56parfaitement tranchée sur votre deuxième question, Florine.
21:58Bon, les médias de transition, la formule d'ailleurs n'est pas de moi,
22:01on va encore citer Martial Bill,
22:02mais le média de transition, c'est un média qui permet une évolution positive
22:06du climat médiatique et donc politique actuelle,
22:10qui élargit la fenêtre d'Overton,
22:12qui élargit le pluralisme, objectivement, médiatique en France,
22:15mais qui conserve des codes, voire même des outils indispensables du mainstream,
22:20typiquement, le levier financier, le modèle d'idée des grandes fortunes,
22:24vous évoquez la Bollosphère, bon, tout le monde sait que, évidemment,
22:27CNews est détenu par Vincent Bolloré.
22:30Donc, il y a du positif et peut-être quelque chose qui peut être un peu moins,
22:36en tout cas provoqué de la part de certaines personnes,
22:40une certaine méfiance à l'égard de ce pouvoir financier.
22:44Alors, pour ce qui est de trancher, qui est le plus dangereux ?
22:46Bon, c'est évident que CNews, depuis 2018,
22:49et on le voit depuis quelques jours, encore plus,
22:51concentre les tirs médiatiques,
22:53parce que c'est évidemment un colosse,
22:57au vu de certains autres médias,
22:59qui sont plus modestes, mais aussi plus indépendants.
23:03Donc, est-ce qu'ils sont plus dangereux ?
23:06C'est sûr qu'ils ont réussi à faire venir, dans le débat médiatique,
23:09les questions migratoires, fiscales, sécuritaires, etc.,
23:12depuis six ans.
23:14Est-ce que tous les sujets sont traités ?
23:16Non, je ne pense pas.
23:17Je pense qu'en effet, et ça, c'est quelque chose de très positif,
23:21CNews et les autres médias de ce type-là
23:23n'épuisent pas le besoin d'information.
23:25On se rend bien compte que sur les crises internationales,
23:27au hasard,
23:29le besoin du public
23:31l'a orienté vers d'autres médias,
23:33mainstream ou alternatifs, etc.
23:35– Ce qui a provoqué, d'ailleurs…
23:36– Ici, à TVL, on s'en rend bien compte aussi.
23:37– Oui, ce qui a provoqué, d'ailleurs, en ce moment,
23:39une véritable baisse des audiences chez CNews,
23:42notamment suite à toutes ces crises internationales
23:45qui frappent le monde.
23:46– Moins 50% pour certaines émissions nationales en un an,
23:50c'est énorme.
23:51– C'est tout à fait significatif, en effet.
23:54Jean-Yves, je vais me tourner vers vous,
23:56puisqu'on a parlé des médias
23:58qui s'appelaient auparavant de réinformation.
24:01Est-ce que vous pensez que la transition
24:03a été plutôt réussie vers l'information ?
24:06Et surtout, est-ce que pensez-vous
24:08que la presse alternative
24:10est restée une presse
24:13avec des militants armés par la caméra
24:16ou alors qui ont réussi à, justement,
24:18transformer un peu le but ?
24:20Si je puis dire.
24:21– Oui, alors, il y a une évolution progressive
24:23qui va dans le bon sens.
24:24Je pense qu'il y a encore du retard
24:28en matière d'enquête,
24:30si on parle dans le domaine écrit,
24:33ou dans le domaine documentaire,
24:36si on parle des formats audiovisuels, télévisuels,
24:41qui peut s'expliquer assez largement
24:44par le fait que ça nécessite des moyens importants
24:50et que les levées de fonds par l'appel au don,
24:54même si elles existent, même si elles permettent de vivre,
24:57elles ne permettent pas toujours de faire autant
24:59que ce que peuvent faire les autres
25:01avec d'autres sources de financement.
25:03Donc, je pense qu'il y a encore ce handicap,
25:07manque de documentaires,
25:09peut-être manque d'enquête de terrain,
25:13mais voilà, ça s'explique.
25:15– Oui, il est vrai que le modèle du don
25:16est d'une certaine façon un peu plus vertueux,
25:19mais ça devient aussi très dépendant des appels au don
25:23et c'est assez complexe à gérer.
25:25– Et puis, la nappe phréatique n'est pas infinie,
25:28malgré tout le monde.
25:28– Tout à fait.
25:29J'avais promis aux téléspectateurs,
25:32parce qu'on l'a évoqué tout à l'heure, Édouard,
25:34de parler des écoles de journalisme.
25:36Donc, il y a les grandes écoles comme l'ESJ, le CFJ,
25:41il y a Sciences Po aussi qui forment bien évidemment des journalistes.
25:44Il y en a tout un tas qui sont interchangeables,
25:46comme ça qu'on connaît un petit peu,
25:48qu'on a pu évoquer un peu dans les médias.
25:50Mais récemment, il y a l'ESJ qui a un petit peu évolué
25:55puisqu'elle a été reprise à l'école par des actionnaires de droite,
25:58notamment il y a M. Vincent Bolloré,
26:01mais également M. Saladé et M. Sterrin qui ont participé.
26:05Pensez-vous que ces nouveaux actionnaires
26:08peuvent un peu casser le moule idéologique
26:11de ces grandes écoles de journalistes
26:13qui forment quand même l'avenir de ce que sera le journalisme ?
26:17– En tout cas, c'est leur ambition.
26:17C'est leur ambition, c'est de remettre un peu,
26:23pas d'ordre, mais en tout cas de perturber le classement
26:25de ces grandes écoles qui, depuis 50 ans,
26:27ont formaté les journalistes
26:30et qui sont, c'est certain, très responsables
26:33du climat pesant pour nous,
26:35mais en tout cas uniforme au sein de la profession.
26:39Ils ont des initiatives assez intéressantes,
26:41c'est-à-dire qu'ils vont d'abord apprendre aussi
26:43l'entrepreneuriat aux jeunes journalistes.
26:45Je pense que c'est une petite idée qui est tout en plus importante
26:49aujourd'hui qu'il va falloir trouver des nouvelles sources
26:52de financement, etc. pour les médias
26:54qui sont tous en train de péricliter.
26:55Je rappelle d'ailleurs au passage que la presse écrite
26:58depuis 15 ans perd 1000 salariés par an.
27:01Là, nous en sommes depuis le début de l'année
27:02encore à 1000 emplois supprimés dans la presse écrite.
27:06Bon, eh bien, il va falloir trouver des alternatives,
27:08encore une fois, si les journalistes veulent continuer
27:11à enquêter, à écrire, etc.
27:14Donc, leur apprendre l'entrepreneuriat, c'est une bonne chose.
27:16Leur apprendre la culture générale, c'est facile à dire comme ça,
27:19mais en tout cas, c'est l'ambition de cette nouvelle zone,
27:22en tout cas de la nouvelle direction,
27:24qui permettrait peut-être un peu d'oxygéner l'esprit
27:26de ces aspirants en devenir.
27:30– On approche à la fin de cet entretien.
27:32Est-ce que vous avez un commentaire, Jean-Yves ?
27:34– La culture générale, c'est un élément clé pour l'information,
27:39pour remettre les événements ou les faits
27:41dans une perspective plus large.
27:43Or, évidemment, ça va être difficile pour l'école de journalisme
27:46de refaire en un an ce que l'éducation nationale
27:49n'a pas fait en 15 ans.
27:50Mais c'est une belle entreprise.
27:52On ne peut qu'encourager.
27:53– Finalement, j'ai peut-être une dernière question à vous poser,
27:57c'est comment s'informer aujourd'hui
27:59à l'ère de la multiplication des sources ?
28:03Vaut-il mieux continuer à essayer de lire
28:07ce qu'on appelait le journal de référence Le Monde à l'époque ?
28:12Ou vaut-il mieux ne s'informer que via YouTube
28:16et aller voir des…
28:18Je ne sais pas, maintenant, les jeunes regardent Hugo Décrypte
28:23ou encore…
28:24Enfin, il y a des tas d'autres médias comme ceux-là.
28:27Qu'est-ce qui ferait le sel d'une information de qualité
28:32et qui permettent d'être informés sur le plus généralistement possible ?
28:38– Je vais vous répondre sur le terrain de la tech.
28:40J'avais écrit un petit bouquin sur Netflix juste avant.
28:42– Exactement.
28:44Mais bon, vous savez, on s'adonne très facilement à ces nouvelles technologies.
28:50On parle de doomscrolling, comme on dit,
28:52c'est-à-dire qu'on consulte de manière compulsive les plateformes,
28:57que ce soit TikTok ou Instagram, etc.
29:00Et on est hypnotisé par le contenu que l'on voit.
29:03Ça a clairement un impact très fort sur le stress,
29:06surtout chez les jeunes personnes, etc.
29:07Et aussi, on regarde excessivement les séries sur petit écran.
29:13Et donc, on est d'ailleurs très vulnérable aux messages idéologiques
29:15qui nous sont transmis, puisqu'on les regarde tard le soir,
29:18sur notre canapé ou dans notre lit, etc.,
29:21quand nous sommes très vulnérables.
29:22Inversement, pour construire une véritable pensée critique,
29:28il faut soit une écoute, soit une lecture attentive.
29:31Bref, il faut une attention profonde,
29:32ce qui est aujourd'hui totalement, quasiment impossible sur ces réseaux sociaux.
29:36Donc, si j'ai un conseil à dire, c'est sélectionner vos contenus
29:40pour qu'ils vous permettent une lecture,
29:42ou en tout cas une réflexion attentive,
29:44et donc qu'ils exigent de vous un effort.
29:46– J'arrive peut-être…
29:48– Je ne peux confirmer.
29:49– Quelque chose pour compléter.
29:51– Je confirme.
29:52– Et un dernier petit conseil à un jeune
29:55qui malgré tout passerait du temps sur les réseaux sociaux.
29:59– Garder du temps pour lire des livres de fond.
30:02– Oui, absolument.
30:04– Et se former.
30:05– Et se former.
30:06– Se former, il y a pas mal d'instituts de formation.
30:08Il y a l'IFP, il y a l'Iliade, il y a l'ICEP.
30:12Voilà, se former, se former, se former.
30:14– Se former, s'informer et garder son esprit critique.
30:18Merci à vous deux pour ce petit entretien un peu original dans les médias.
30:23J'espère, chers téléspectateurs, que cela vous aura plu.
30:26N'hésitez pas à nous le faire savoir,
30:27ça se passe juste en dessous dans les commentaires sur YouTube,
30:30qui vous le savez sont essentiels,
30:31parce qu'ils nous permettent de flatter un peu l'algorithme de YouTube,
30:35qui ne nous est pas très favorable.
30:37Et puis, bien sûr, n'oubliez pas de cliquer sur le petit pouce en l'air,
30:40qui fait aussi beaucoup de bien à l'algorithme de YouTube.
30:43Quant à nous, écoutez, on se dit à très vite sur TV Liberté.
30:46On vous laisse avec le portrait piquant,
30:48tout de même, d'une journaliste alternative de gauche.
30:52Vous allez voir Daphné Deschamps,
30:55qui a vraiment le nez pour se mettre dans le pétrin.
31:00On vous laisse avec ce portrait piquant.
31:04Le journalisme de Grand Chemin,
31:06comme il y a des bandits de Grand Chemin,
31:07prend parfois un visage féminin,
31:10comme avec Daphné Deschamps,
31:13pseudo-journaliste indépendante
31:16et vraie militante gauchiste.
31:18Après des études à Grenoble, Sciences Po,
31:20et un master à l'école de journalisme de la ville,
31:23tous deux terminés en 2021,
31:26la jeune Daphné Deschamps,
31:27que j'appellerais familièrement Dédée,
31:30commence sa carrière à Politis.
31:33Vous ne connaissez pas Politis.
31:34Politis est un hebdomadaire fondé en 1988
31:38avec les fonds de Pierre Berger.
31:40En 2021, l'année où Dédée y démarre,
31:43le rédacteur en chef est Gilles Woulous,
31:46qui travaille en tandem avec son mari,
31:49Adzédine Jamal.
31:51Vous mettez des guillemets où vous voulez.
31:52Adzédine se présente comme avocat,
31:55un titre usurpé.
31:57Avec Gilles Woulous,
31:58ils ont confondé des sociétés aux Etats-Unis
32:01et en France.
32:02Pour quelles activités ?
32:04Escroquer les clandestins
32:05en leur proposant de leur faire obtenir
32:08leur régularisation en préfecture.
32:11Des clandestins capables de payer
32:13de 4 000 à 9 000 euros par dossier.
32:16En liquide, bien entendu.
32:18Pour cela, on recrute des immigrés,
32:21apporteurs d'affaires,
32:22en leur promettant un pourcentage
32:24qui ne sera jamais payé
32:26ou seulement partiellement.
32:28C'est le système de la pompe à finances
32:31du père Ubu.
32:33Côté cours, côté politique,
32:35j'encourage l'immigration
32:37et le grand remplacement.
32:38Côté ville, côté financier,
32:40je vis en escroquant les clandestins
32:42que j'ai contribué à faire venir.
32:45Pas de doute, pour un début de carrière,
32:48Daphné Deschamps a choisi le bon média.
32:52La suite est bien aussi.
32:53Dédé écrit successivement pour l'Humanité,
32:56Rue 89,
32:57Basta Media,
32:59Mediapart,
33:00Libération.
33:01Mais son principal employeur
33:03est le site de délation Street Press
33:05qui joue le rôle
33:06d'un simple auxiliaire de police.
33:08Dédé connaîtra son heure de gloire
33:10le 15 janvier 2022
33:12avec un tweet repris
33:14par Gérald Darmanin,
33:16alors ministre de l'Intérieur.
33:17Lors d'une manifestation
33:19anti-passe sanitaire,
33:20elle voit des hommes,
33:22blancs,
33:22le visage couvert
33:23pour nombre d'entre eux
33:24et la main levée
33:25à 70 degrés
33:27vers le ciel,
33:28bras tendus.
33:29Immédiatement,
33:30Dédé s'empresse de tweeter,
33:31je cite,
33:32« Environ 200 néo-nazis
33:33bras tendus en pleine rue
33:35au cœur de la manif passe.
33:38Tout va bien ! »
33:39Fin de citation.
33:40Et là, c'est là,
33:41c'était une fake news.
33:43Dédé avait vu des salu-nazis
33:45alors que les manifestants
33:46tapaient simplement
33:47en rythme dans leurs mains.
33:49Le visage de Dédé
33:50n'est pas étranger
33:52aux équipes
33:52du boulevard Voltaire.
33:54Le journaliste-reporteur
33:56Jordan Florentin
33:57a eu affaire à elle
33:58sur le terrain.
33:59Le 31 janvier 2023,
34:02il couvrait une manifestation
34:04contre la réforme
34:05des retraites à Paris.
34:07Je le cite,
34:08« Elle nous a repérés
34:09dès le début de la manifestation.
34:11Puis elle est passée à côté
34:12en donnant un coup de pied
34:14dans notre trépied,
34:15faisant tomber au sol
34:17tous les matériels.
34:18Ça ne lui plaisait pas
34:20que des journalistes
34:22de droite
34:22puissent être présents
34:24à cette manifestation. »
34:26Fin de citation.
34:27« Aucun média
34:28de grand chemin
34:29ne consacra
34:30une ligne,
34:31une seule ligne
34:32à cette agression.
34:33Mieux,
34:34le 29 novembre 2023,
34:36dans l'émission
34:37première édition
34:39de BFM TV,
34:41Marc-Olivier Fogiel
34:42lui-même,
34:43recevait Dédé
34:44en tant que,
34:44vous allez rire,
34:46journaliste indépendante
34:48spécialisée
34:49dans le suivi
34:50des extrêmes droites. »
34:51La boucle est bouclée.
34:52Du modeste street press
34:54au puissant BFM
34:55avec Daphné Desjeans,
34:57le journalisme
34:58de grand chemin
34:59se porte
35:00toujours aussi bien.
35:02...
35:02...
35:02...
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