- il y a 10 heures
Ils interviennent dans les situations les plus extrêmes : prises d’otages, attentats, détournements d’avion. Depuis plus de 50 ans, le GIGN est devenu l’une des unités d’élite les plus connues au monde. Pourtant, à l’origine, rien n’était écrit.
Au début des années 1970, la France découvre un nouveau type de violence : terrorisme international, forcenés retranchés, détournements d’avions. Les forces de sécurité traditionnelles ne sont pas préparées à ces crises inédites. Le drame des Jeux olympiques de Munich en 1972 marque une prise de conscience. Partout en Europe, les Etats décident de créer des unités spécialisées capables d’intervenir rapidement dans des situations où chaque minute peut coûter des vies. En France, cette mission va être confiée à une poignée de gendarmes. Sous l’impulsion de Christian Prouteau, ils vont inventer de nouvelles méthodes : négociation de crise, tir de précision, interventions coordonnées.
Peu à peu, cette petite unité va devenir une référence internationale. Des opérations spectaculaires, parfois suivies en direct par des millions de téléspectateurs, vont contribuer à forger sa réputation. Mais derrière l’image des hommes en noir, il y a aussi une histoire plus profonde : celle d’une doctrine, d’un esprit de corps et d’une unité qui a profondément transformé la manière de gérer les crises les plus graves. C’est cette histoire que "Passé-Présent" vous propose de découvrir aujourd’hui avec Jean-Philippe et Emmanuel Samson, auteurs de "GIGN, la grande histoire", paru aux éditions Pierre de Taillac.
Au début des années 1970, la France découvre un nouveau type de violence : terrorisme international, forcenés retranchés, détournements d’avions. Les forces de sécurité traditionnelles ne sont pas préparées à ces crises inédites. Le drame des Jeux olympiques de Munich en 1972 marque une prise de conscience. Partout en Europe, les Etats décident de créer des unités spécialisées capables d’intervenir rapidement dans des situations où chaque minute peut coûter des vies. En France, cette mission va être confiée à une poignée de gendarmes. Sous l’impulsion de Christian Prouteau, ils vont inventer de nouvelles méthodes : négociation de crise, tir de précision, interventions coordonnées.
Peu à peu, cette petite unité va devenir une référence internationale. Des opérations spectaculaires, parfois suivies en direct par des millions de téléspectateurs, vont contribuer à forger sa réputation. Mais derrière l’image des hommes en noir, il y a aussi une histoire plus profonde : celle d’une doctrine, d’un esprit de corps et d’une unité qui a profondément transformé la manière de gérer les crises les plus graves. C’est cette histoire que "Passé-Présent" vous propose de découvrir aujourd’hui avec Jean-Philippe et Emmanuel Samson, auteurs de "GIGN, la grande histoire", paru aux éditions Pierre de Taillac.
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00:02Générique
00:14Générique
00:20Bonjour à tous.
00:21Ils interviennent dans les situations les plus extrêmes.
00:23Prise otage, attentat, détournement d'avions.
00:26Depuis plus de 50 ans, le GIGN est devenu l'une des unités d'élite les plus connues au monde.
00:31Pourtant, à l'origine, rien n'était écrit.
00:33Au début des années 1970, la France découvre un nouveau type de violence.
00:38Terrorisme international, forcené, retranché, détournement d'avions.
00:42Les forces de sécurité traditionnelles ne sont pas préparées à ces crises inédites.
00:46Le drame des Jeux olympiques de Munich, en 1972, marque une prise de conscience.
00:50Partout en Europe, les États décident de créer des unités spécialisées capables d'intervenir rapidement
00:56dans des situations où chaque minute peut coûter des vies.
00:59En France, cette mission va être confiée à une poignée de gendarmes.
01:02Sous l'impulsion de Christian Proutot, ils vont inventer de nouvelles méthodes.
01:06Négociation de crise, tir de précision, intervention coordonnée.
01:09Peu à peu, cette petite unité va devenir une référence internationale.
01:13Des opérations spectaculaires, parfois suivies en direct par des millions de téléspectateurs,
01:17vont contribuer à forger sa réputation.
01:19Mais derrière l'image des hommes en noir, il y a aussi une histoire plus profonde.
01:23Celle d'une doctrine, d'un esprit de corps et d'une unité qui a profondément transformé
01:28la manière de gérer les crises les plus graves.
01:30C'est cette histoire que je vous propose de découvrir aujourd'hui
01:33avec Jean-Philippe et Emmanuel Sanson.
01:36Messieurs, bonjour.
01:38Merci d'être parmi nous aujourd'hui.
01:41Alors, vous publiez aux éditions Pierre de Taillac, GIGN, la grande histoire.
01:47La grande histoire, c'est un gros livre, un ouvrage monumental, consacré à plus d'un
01:51demi-siècle d'histoire de cette unité d'élite de la gendarmerie française.
01:55Alors, c'est un livre que vous avez écrit à quatre mains.
01:58Et vous êtes tous les deux, depuis l'enfance, passionnés par le GIGN.
02:04Vous avez mené pendant plusieurs années un travail considérable.
02:07Il y a cinq ans de boulot, un travail d'archives, de témoignages, avec plus d'une soixantaine
02:12d'entretiens, et pour retracer, comme je le disais, la naissance, l'évolution et les
02:16grandes opérations de cette unité, devenues une référence mondiale.
02:21Alors déjà, première question, comment avez-vous travaillé tous les deux ?
02:25Alors, notre méthode, initialement, sur cette période de temps qu'on a voulu étudier,
02:30qui à la base était d'étudier GIGN sur les années depuis sa création jusqu'à
02:35la réforme de 2007, on le voit in fine, cette période a évolué, a été de se dire
02:40on va temporaliser avec les différents commandants d'unités qui se sont succédés.
02:45Et donc, on s'était partagé, voilà, toute cette chronologie en fonction des chefs.
02:49Ça a été le premier point de départ.
02:50– Et après, vous avez contacté les chefs qui étaient encore là ?
02:55– Le point de départ, ça a été assez évident, c'est de rencontrer Christian Proutot,
03:00que nous ne connaissions pas personnellement à ce moment-là, qu'on a pu contacter,
03:05et qui a été vraiment très, très ouvert pour notre projet, et qui nous a directement
03:12dit que tout ce qui pouvait se ramener au GIGN et continuer à faire prospérer cette image,
03:19et bien, il le soutiendrait, et puis après, la toile d'araignée, le réseau s'est tissé,
03:24on avait déjà quelques contacts au GIGN et puis…
03:26– Il nous a fait confiance et il nous a ouvert son réseau.
03:29– Et donc, ça donne un livre impressionnant, plus de 50 ans d'histoire du GIGN,
03:34des archives inédites, des dizaines de témoignages,
03:37mais finalement, tout commence par une fascination d'enfants devant la télévision.
03:44– Alors, comment est née cette passion, si je puis dire, pour le GIGN ?
03:48– Le point de départ, comme beaucoup de personnes de notre génération,
03:53ça a été l'assaut de Marignane, ce 26 décembre 1994,
03:57où on est resté fasciné devant cet assaut mené par le GIGN,
04:01qui a libéré plus de 170 passagers et les membres d'équipage,
04:05et cet assaut avait créé une première passion chez notre grand frère,
04:08qui initialement avait pris comme objectif de rentrer en Jean-Ramerie
04:12pour passer les tests du GIGN. Et donc, toute notre adolescence
04:16s'est passée avec cette idée en tête, et tout a contribué à forger en nous
04:21le mythe de cette unité.
04:23– Mais alors, d'ailleurs, cet assaut de Marignane, je m'en souviens également,
04:27il a marqué toute une génération. Qu'est-ce qu'il y avait d'extraordinaire
04:30dans cet assaut ?
04:31– Alors, déjà, c'était le début des chaînes d'info.
04:34C'est la première fois qu'on pouvait voir en direct,
04:37en direct différé, un tel assaut.
04:40Et je pense que ça a vraiment subjugué beaucoup de gens
04:44de voir ce type d'assaut.
04:45Alors, c'est un assaut qui est très particulier,
04:47un assaut sur Aéronef à l'époque,
04:49et surtout qui se termine par une victoire,
04:51une victoire du GIGN.
04:53Et donc, ça a amplifié le phénomène,
04:56et ça ferait vraiment asseoir le mythe du GIGN
04:58juste après cet assaut.
05:00– C'est bien celui où on voit le copilote sauter par la fenêtre du copilote.
05:03– Oui, c'est exact, tout à fait.
05:05– Et bon, j'imagine que vous n'aviez pas dit,
05:08vous aviez, je ne sais pas, 8-10 ans,
05:09vous n'avez pas dit, on va écrire un bouquin sur le GIGN à ce moment-là.
05:12C'est venu plus tard, cette histoire ?
05:13– En fait, c'est venu petit à petit.
05:15Une fois de plus, notre grand frère nous a un peu amenés là-dedans.
05:19Il a, lui, plus tard participé sur cette époque
05:23des premiers sites Internet.
05:24Il y avait un site très connu qui s'appelait gIGN.org.
05:28Il m'a fait rentrer dans ce projet, dans l'animation du site,
05:32dès mes 16 ans.
05:34Et quelques années plus tard, en fait, j'ai lancé le site GIGN Historique,
05:38qui est aujourd'hui très étoffé,
05:41et qui finalement a permis de poser ses premiers jalons bibliographiques
05:46de recherche documentaire, cette notion d'écrire des articles.
05:50Et après, tout s'est fait à un certain Noël 2019.
05:55– En fait, on avait pour habitude de s'offrir les derniers livres
05:58sur le GIGN, ou en tout cas sur les unités d'intervention.
06:01Et puis, après, on avait un peu grandi, c'était en 2019.
06:05Et donc, on s'est dit, mais en fait,
06:09la référence historique du GIGN, le livre, n'existe pas.
06:12Moi, je sortais ma thèse en médecine,
06:14j'étais un petit peu dans la recherche,
06:17et je me suis dit, pourquoi on ne le ferait pas, en fait ?
06:21On n'est pas historien, mais malgré tout,
06:23c'est quand même un travail qui est fascinant.
06:25Et on s'est lancé sans savoir que ça allait donner ce type de projet,
06:28mais on a trinqué, on s'est dit, allons-y.
06:31– Et donc, ce n'est pas un serment d'ivrogne, vous l'avez…
06:32– Non, non, non, c'était avant.
06:34Et pour l'anecdote, en fait, le point de départ,
06:36c'est qu'à l'époque, à ce moment-là,
06:38il y avait Aton, qui venait de sortir un livre,
06:40Confessions d'un Ops, qui cartonnait.
06:43Et il était présent à Gennevilliers pour des dédicaces,
06:45et ma femme m'a dit, c'est sûrement un point d'entrée, on y va.
06:48Et ce jour-là, il y avait l'éditeur d'Aton qui était présent,
06:52et qui m'a donné le numéro personnel de Christian Proutot,
06:54qu'on recherchait à tout prix, et voilà.
06:57Après, c'était parti.
06:58– Vous êtes lancé là-dedans.
06:58Alors, ce n'est pas un livre héroïque de plus,
07:02mais c'est vraiment aussi un travail de mémoire.
07:03C'est vraiment un ouvrage qui, je pense, fera vraiment date.
07:08Il mettra des illustrations pour nos téléspectateurs.
07:11Il est parfaitement bien illustré.
07:13Vous avez combien de photos ?
07:15– 500.
07:15– 500 photos. Beaucoup sont inédites.
07:18– Il y a effectivement beaucoup de photos inédites,
07:21et on remercie le nombre incroyable de contributeurs
07:24qui ont participé à cela.
07:27Ce qui fait qu'aujourd'hui…
07:28– En fait, le constat à ce moment-là,
07:30c'est qu'il y avait déjà quelques livres qui étaient très connus.
07:34Il y a « Mission très spéciale » de Paul Baril, etc.
07:37Et puis par la suite, c'était quand même plutôt des sous-officiers
07:39qui faisaient le récit de leurs 10 ans ou de leurs 15 ans en GIGN.
07:42Ça restait des récits qui étaient très subjectifs sur une période donnée.
07:45Et puis il y avait aussi des livres plutôt photographiques,
07:47un peu généralistes sur le GIGN d'aujourd'hui, etc.
07:50Mais l'association temporelle historique
07:54avec un petit peu d'infographie, d'images, etc. n'existait pas.
07:58Et donc c'était aussi cette envie de créer cet ouvrage,
08:01de faire quelque chose d'un peu nouveau.
08:02– Et de très complet.
08:04Donc vous avez mené, je crois, plus d'une soixantaine d'entretiens
08:07pour ce livre.
08:09Certains parlaient pour la première fois ?
08:13– Oui, beaucoup d'entre eux.
08:14– Beaucoup d'entre eux, parce qu'en fait,
08:16ce n'est pas dans la culture de la maison que de s'afficher.
08:21C'est peu dire.
08:23Et donc du coup, c'était une aubaine pour certains
08:26de pouvoir communiquer ce qu'eux avaient vécu
08:29dans les interventions qu'ils ont menées.
08:31Et il y en a eu beaucoup des interventions.
08:33Et donc on a énormément de récits qui sont inédits,
08:37qui nous ont permis d'avoir une vision objective
08:40de certaines missions, ce qui n'était pas forcément le cas avant,
08:43parce qu'on voit tout à la première personne
08:45quand on a vécu un assaut.
08:47Et c'est ça qui a fait l'intérêt de ces interviews.
08:50– Et on a réussi à gagner la confiance de certains d'entre eux,
08:53qui étaient souvent parfois des chefs de groupe au GIGN,
08:55qui avaient une certaine aura,
08:56et qui nous ont accompagnés sur tout le projet d'écriture.
09:00Et donc il y avait un lien, mais je ne dirais pas quotidien,
09:03mais presque avec ces gens-là.
09:05Donc c'était une belle relation.
09:06– Et il y a des choses qui vous ont surpris ?
09:08Qu'est-ce qui vous a le plus surpris dans ces témoignages ?
09:10J'imagine qu'il y a une forme de pudeur chez ces gens-là ?
09:13– En pratique, ce qui ressort le plus,
09:16c'est l'humilité de ces gens-là.
09:19Ils ne parlent jamais à la première période d'une opération,
09:22à la première personne de cette opération.
09:25Et donc en fait, ce qui ressort, c'est tout le temps la même chose,
09:27c'est le groupe.
09:28Le groupe d'abord.
09:30Et ça, c'était vraiment une constante dans toutes les interviews,
09:34la conscience que le groupe existe,
09:36puisqu'il y a une véritable fraternité d'armes au sein de l'unité,
09:41et qui est aujourd'hui la tradition même du GIGN.
09:45– Et en fait, ils nous ont aussi,
09:47ce qui était surprenant, livré parfois à leurs doutes.
09:49C'est-à-dire qu'il y a le mythe de l'homme cagoulé
09:53qui, plein d'adrénaline, va à l'assaut sans peur.
09:57Et en fait, on s'est rendu compte que ce n'était pas du tout le cas,
09:59et que ces hommes-là, ils cachaient cette part de doute.
10:03Et il y a eu beaucoup de blessés en intervention,
10:05de blessés à l'entraînement.
10:06Et donc, ça a permis de gratter un peu ce côté,
10:09d'aller chercher l'humain derrière l'unité.
10:12C'est ça qu'on voulait faire ressortir.
10:13– Alors, quand on relit l'histoire des années 60-70,
10:16on comprend que la France n'était absolument pas préparée,
10:19enfin, quasiment aucun pays,
10:21pas préparée aux prises d'otages ou aux terroristes modernes.
10:24Très rapidement, ça ressemblait à quoi,
10:26les forces de police et de gendarmerie face à ces menaces à l'époque ?
10:30– Alors, dans les années 70, la police était un peu avant-gardiste,
10:33puisqu'elle avait déjà créé des brigades des gaz,
10:35il y avait déjà l'anti-gang.
10:37Mais côté gendarmerie, c'était un peu plus le vide.
10:40C'est-à-dire que la gendarmerie avait commencé à étudier,
10:43au début des années 70, des équipes commandos de choc.
10:49Et après, ils se sont rendus compte que ça ne fonctionnait pas complètement.
10:52Mais tout ça s'est capitalisé sur les échecs de certaines interventions.
10:56– Alors, il y a Sestas et Clairvaux, qui sont des électrochocs.
11:00Très rapidement, vous pouvez nous expliquer en quoi ça faisait affaire ?
11:05– En fait, la gendarmerie était persuadée qu'un père de famille
11:11ou un mutin en prison ne tuerait pas sa famille ou la personne prise en otage.
11:17Et donc, les modes d'action qui étaient employés étaient plutôt très militaires,
11:22très caquis, et ont mené en fait à des échecs totaux.
11:26Donc, il a fallu faire le constat de ça.
11:30– Ça s'est terminé dans le sang.
11:31– Ça s'est terminé dans des bains de sang.
11:32Et donc, il a fallu revoir ces erreurs d'appréciation
11:37pour trouver des nouvelles solutions.
11:39Ce qu'a fait Christian Couteau.
11:40– Après, il y a eu, je le disais dans mon introduction, Munich en 72.
11:44Là, ça a vraiment changé la perception du terrorisme.
11:47On s'est retrouvé face à une situation…
11:49– En fait, ça c'est vraiment l'électrochoc.
11:51Il y avait eu ces deux affaires gendarmiques précédemment,
11:53et Munich a vraiment déclenché la nécessité de créer des unités
11:57qui soient capables de répondre à ce type d'intervention.
12:00Parce qu'à Munich, ils se retrouvaient complètement démunis,
12:04désorganisés et pas entraînés.
12:05Donc, en fait, c'est à ce moment-là que s'est façonnée cette idée
12:10qu'il fallait créer une unité d'intervention.
12:12Le mot n'existait pas à l'époque en gendarmerie.
12:14Et c'est avec la personnalité très spéciale de Christian Couteau,
12:18qui était alors jeune officier en gendarmerie mobile.
12:22– Oui, de tout jeunes lieutenants.
12:25– Il avait déjà perçu, en fait, quelles solutions il fallait apporter.
12:28Voilà, dans le constat d'échec sur la formation, l'armement,
12:33les transmissions, la coordination qui ont mené à cet échec final.
12:36Et donc, il avait déjà, voilà, en lui, toutes les idées
12:39pour construire une unité capable de répondre à cela.
12:41– Et pour construire cette unité, il faut une volonté politique, d'ailleurs.
12:44Quelqu'un, il y a un ministre, à l'époque, on lui a dit,
12:48vas-y, ou c'est lui qui a proposé la…
12:49– En fait, les forces de police, en général,
12:52avaient une liberté d'action sur ça,
12:53mais la prise de conscience interne était déjà en train de s'immiscer
12:58avec les affaires précédentes.
12:59Et ils se sont dit, bon, la gendarmerie s'est impulsée d'elle-même,
13:02s'est dit, on va créer cette unité d'intervention
13:04qui s'appelait, à la base, pas le GIGN,
13:06concernant Christian Couteau,
13:07mais l'équipe commando régionale d'intervention.
13:10Voilà, qui, quelques mois plus tard,
13:14gagnera ses premiers galons sur l'intervention avec Queville.
13:18– Alors, donc, on confie la mission à Proutot
13:22parce que c'est lui qui va au-devant ?
13:24– Christian Proutot,
13:27qui est quelqu'un qui est déjà détecté
13:30comme un chef de guerre,
13:32exemplaire, avec un charisme incroyable,
13:34et surtout des idées nouvelles.
13:35Il a été détecté dans ses stages commando
13:38où il était formateur.
13:41Et donc, c'est le capitaine qui le commandait,
13:43qui a proposé son nom,
13:45au général, comme dans la région d'Union de France,
13:47pour créer cette unité.
13:49Donc, il a été choisi pour ça.
13:50– Alors, quelles sont les idées nouvelles
13:51qu'il apporte, vraiment ?
13:54– Il y en a énormément, énormément.
13:56Et d'ailleurs, c'est ça qui est très impressionnant.
13:58C'est qu'il arrive avec une idée précise
14:01de ce qu'il veut faire.
14:03Et donc, il va commencer par recruter des hommes
14:05déjà, c'est créer une unité, à part entière,
14:08en recrutant donc 17 premiers gendarmes
14:11qui vont être le noyau du GIGN,
14:14avec l'idée multiple,
14:17c'est-à-dire de faire une évolution dans les méthodes,
14:19donc les méthodes d'assaut.
14:20Il fait entrer un principe fondamental
14:23qui est donc la négociation dans toute prise d'otage.
14:26Il va y avoir l'aspect matériel.
14:28Il est conscient que pour créer une unité antiterroriste,
14:30il faut du matériel adapté,
14:32des fusils de précision.
14:33qui les fusils de précision dit entraînement intensif,
14:37matériel performant, etc.
14:39Il va introduire énormément de notions
14:41qui, aujourd'hui, nous paraissent absolument communes,
14:43mais qui n'existaient pas à l'époque.
14:44L'emploi des explosifs,
14:45les chiens d'assaut,
14:47l'assaut par hélicoptère,
14:49les gaz incapacitants.
14:50Enfin, c'est phénoménal,
14:50tout ce qu'il a pu mettre en œuvre.
14:52– Et alors, on peut vraiment parler d'une nouvelle doctrine ?
14:56– Ah oui, tout est nouveau.
14:57– Il a construit la doctrine qui, finalement, est restée.
15:02Donc, il est parti de zéro.
15:05– D'ailleurs, pourquoi est-ce qu'il insiste autant
15:06sur la négociation dans la prise d'otage ?
15:09C'est vraiment le point clé ?
15:10– En fait, Christian Prousseau, il a inversé le paradigme.
15:14En fait, il a voulu imposer la négociation
15:17comme un point clé, déjà,
15:19pour répondre à la philosophie du respect de la vie.
15:22C'est-à-dire, on ne part pas à l'assaut
15:23et après, on va au résultat.
15:24D'abord, on négocie,
15:26on essaye d'avoir une réédition, par exemple,
15:28sur les prises d'otages, les forcenés.
15:30Si ça ne marche pas,
15:32alors on va passer sur une phase d'assaut.
15:33Et l'usage des armes sera donc le dernier recours.
15:37Il dit souvent, ça ne doit pas être
15:38le prolongement d'un manque de courage.
15:41Il faut utiliser son arme en responsabilité
15:43avec le respect de la vie.
15:44Et donc, on est vraiment dans cette logique
15:46qui a un peu bouleversé les codes d'un gendarmerie.
15:48Donc, le principe fondamental,
15:50c'est sa négociation et respect de la vie même,
15:52même celle de l'ennemi.
15:54De l'adversaire.
15:55On parle d'adversaire en gendarmerie.
15:56Oui, puisqu'il considère,
15:58comme tout policier ou gendarme,
16:00que ce n'est pas à lui de juger.
16:01C'est au magistrat.
16:03Bien.
16:04Alors, je disais,
16:07le GIGN naît presque sans moyen.
16:09Comment sont sélectionnés
16:11ces premiers membres du GIGN ?
16:13Il va voir ses copains ?
16:15À l'époque,
16:16il était en escadron sur Paris.
16:19Donc, il connaissait quand même déjà
16:21un petit peu l'environnement.
16:22Ils vont faire un appel à volontaires.
16:25Donc, fin 73.
16:2750 candidats, à peu près,
16:29vont postuler.
16:32Et ils vont faire
16:33les premiers tests de sélection,
16:34qui seront des tests
16:35qui seront inventés par lui.
16:36Alors, il y a la marche commando
16:398 km,
16:40piste de risque,
16:41parcours du combattant,
16:42natation
16:43et des épreuves de tir.
16:45Et au final,
16:46il retient 15 militaires,
16:4815 gendarmes,
16:49qui ont comme particularité
16:51de tous être un peu
16:53en marge de l'institution.
16:55Voilà, des profils atypiques.
16:56C'est-à-dire des fortes têtes ?
16:58Des fortes têtes.
16:59Il voyait leur avancement
17:00un peu bloqué par...
17:02En fait, il a conscience,
17:03Christian Proutot,
17:03à ce moment-là,
17:04que pour être efficace
17:07dans ce type d'unité,
17:09il faut avoir du caractère,
17:10mais il faut surtout
17:11avoir un esprit d'initiative.
17:12Ce qui n'est pas forcément
17:13ce qu'on demande
17:14aux gendarmes basiques.
17:18Et donc, c'est pour ça
17:19qu'il va s'intéresser
17:19à ce type de profil.
17:20Des gens qui vont pouvoir travailler
17:21et avoir un esprit autonome
17:24sur des interventions.
17:26Ce n'est pas quand même
17:27des 17 salopards.
17:28On n'est pas dans le film...
17:31On peut s'en rapprocher.
17:33Ils avaient quand même
17:34une réputation très particulière
17:36puisqu'ils avaient autodécrété
17:39que leur tenue de service,
17:40c'était le jogging bleu
17:41avec bande tricolore,
17:43avec ceinturon et manurin.
17:45Donc, ils étaient quand même
17:46surnommés les cow-boys.
17:47Donc, il y avait une image
17:48déjà qui était créée autour de...
17:50Et Christian Proutot
17:51était dans cette mode-là ?
17:53Bien sûr.
17:53Il a été toujours le premier
17:54à défendre ses gars,
17:55ses garçons,
17:56comme il les appelait.
17:57Et à leur donner
17:59cette distinction.
18:00Ils étaient vraiment en marge.
18:01En fait, il y avait
18:02une telle différence
18:03entre les moyens
18:03qui leur étaient alloués
18:05et les objectifs
18:06qu'ils avaient pour leur mission
18:07qu'ils ont été obligés
18:08de faire tout, tout seuls.
18:09Ils ont fabriqué
18:10de façon illégale
18:11un stand de tir
18:12dans les douves
18:13du fort de Charenton.
18:15Ils faisaient de la récup
18:16pour faire fondre les douilles
18:18pour pouvoir acheter
18:19des munitions.
18:20Enfin, c'était...
18:21Et il a passé son temps
18:22à enfoncer des portes
18:23pour obtenir du matériel,
18:25obtenir des moyens
18:27de transmission,
18:28les véhicules, etc.
18:29Donc, en fait,
18:30c'était vraiment...
18:31Tout s'est fait au forceps.
18:34Ce sont des garçons
18:34qui sont jeunes à l'époque ?
18:36Ils ont quoi ?
18:37Une trentaine d'années ?
18:38Un peu plus ?
18:39Oui, ils ont tous
18:39autour de 25 ans, en fait.
18:42Et au niveau grade,
18:43Proutot est le seul officier ?
18:46La pyramide n'était pas celle
18:47de ce qu'elle est aujourd'hui.
18:48C'était principalement
18:49des gendarmes.
18:50Christian Proutot,
18:50c'était le seul officier.
18:51Son adjoint,
18:51c'était l'adjudant-chef
18:52qui passait à l'adjudant-chef,
18:54qui est chef, le Pouset.
18:56Et après, ça s'est étoffé.
18:58Mais c'était que des gendarmes.
19:01Alors maintenant,
19:01on va parler quand même
19:03des opérations.
19:07Quelle est la grande
19:08première opération
19:09qui a fait rentrer
19:09le GIGN dans l'histoire ?
19:12La première grosse opération,
19:14ça va être Djibouti.
19:15Oui.
19:16En février 1976.
19:17Djibouti, c'est donc
19:18la prise d'otage
19:20d'un quart scolaire
19:21avec des enfants militaires
19:22à la frontière somalienne.
19:26Et là, ça va être
19:27une vraie bascule pour le GIGN
19:28puisqu'à ce moment-là,
19:30des unités capables
19:31d'intervenir,
19:32ou en tout cas des tireurs d'élite
19:33qu'on va pouvoir projeter
19:35en Afrique
19:36et essayer de résoudre
19:37ce genre de mission,
19:37il n'y en avait pas
19:38au sein de l'armée française.
19:39C'était très compliqué.
19:40On décide d'envoyer
19:41ce qui était à l'époque
19:42le GIGN 1,
19:44le GIGN de Maison-Alfort.
19:45Et donc,
19:46ils partent avec une petite bande
19:47de neuf gendarmes
19:48pour aller résoudre
19:49cette prise d'otage.
19:50Alors la prise d'otage,
19:51rappelez-nous rapidement,
19:52c'est à la frontière somalienne ?
19:54– Voilà, en fait, c'est un car
19:55avec une trentaine d'enfants
19:57qui a été pris en otage
19:58par des indépendantistes
20:01à la frontière somalienne.
20:04C'était des gens qui luttaient
20:05pour l'indépendance
20:06des côtes somaliennes.
20:08Et à ce moment-là,
20:09ils se retrouvent dans une impasse
20:10avec un car à quelques mètres
20:11de la frontière somalienne.
20:14Initialement,
20:14on lui annonce
20:15une poignée de preneurs d'otages,
20:17ils n'étaient censés être que quatre.
20:19Finalement,
20:19ils seront beaucoup plus nombreux.
20:21Et cette situation
20:23va se résoudre
20:26par un tir simultané
20:29qui va permettre
20:29de mettre fin
20:30à cette prise d'otage
20:31et qui est aujourd'hui
20:31encore reconnue.
20:32– Et l'anecdote
20:34qui est intéressante,
20:34c'est qu'il peut mettre
20:35en avant les valeurs du GIGN,
20:37c'est que quand Christian Proutot
20:38reçoit l'ordre de mission,
20:39on lui dit qu'il y a
20:40quatre preneurs d'otages.
20:41Et donc lui,
20:42il décide de prendre
20:42six tireurs de précision
20:44avec six fusils.
20:46Sauf que, in fine,
20:47quand il se retrouve sur site,
20:50il y a huit terroristes
20:52dans ou à côté du CAR,
20:54ce qui va provoquer…
20:55– Plus des soldats somaliens.
20:57– Oui, derrière la frontière.
20:59Et donc, pour choisir,
21:00ce qui est intéressant,
21:01c'est que pour choisir
21:01ces militaires-là,
21:03le critère, c'était
21:03quels sont les résultats
21:05au tir,
21:06le dernier tir effectué.
21:08Et donc,
21:08il a pris les meilleurs tireurs
21:09au moment
21:10où l'intervention
21:11est commandée.
21:12– On va reparler,
21:12effectivement,
21:13du tir simultané.
21:15Mais ce qui m'a frappé,
21:17c'est l'accueil.
21:18parce qu'il y a aussi
21:19des légionnaires
21:20qui sont là,
21:20il y a un général…
21:22Je ne sais pas ce que c'est,
21:23comme les gens,
21:23c'est la…
21:24– C'est la 13e DBLE.
21:27– Et donc,
21:29le général voit arriver
21:29ces types en jean.
21:32– C'est presque pas croyable
21:33parce qu'en fait,
21:33ils sont projetés là-bas
21:36en jean,
21:37t-shirt
21:37et avec leur fusil.
21:39– Ils arrivent sur place,
21:41ils n'ont vraiment
21:42que ça comme moyen.
21:43Donc,
21:44on leur donne des treillis.
21:45Et d'ailleurs,
21:45ce qui est vrai,
21:46ce qu'on voit dans le film
21:47L'Intervention,
21:47c'est qu'une partie
21:49des gendarmes
21:49est habillée
21:50avec un mix de treillis
21:52et de tenues civiles.
21:53C'est quand même
21:53assez incroyable,
21:54c'est complètement improbable.
21:55Et donc,
21:56ils partent quand même
21:57en région désertique,
21:57ils n'ont aucun moyen spécifique.
21:59Ils n'ont pas de tenue adaptée,
22:00ils n'ont pas de gourde.
22:03C'est quelque chose.
22:04Et ils partent
22:04et ils se mettent en place
22:05en plein cagnard
22:06pour venir résoudre cette mission.
22:09– Et le général de Légion
22:10voit un type arriver,
22:11il porte des lunettes,
22:12il est quoi ?
22:12– Oui, c'est ce qu'il lui dit,
22:14il lui répond,
22:14moi d'habitude,
22:15les types comme ça,
22:15je les mets au secrétariat.
22:17– D'accord.
22:18Bon, mais après,
22:19j'imagine que le général
22:20s'est rendu compte
22:20de la valeur des…
22:21– Il s'est ravisé.
22:22– Il s'est ravisé.
22:23Parlez-moi du…
22:24On en parlait
22:25préparant l'émission,
22:26cette histoire de tir simultané,
22:27c'est vraiment
22:28une invention de Prouto ?
22:29– Totalement.
22:30– Comment ça fonctionne ?
22:31– On revient sur
22:33le retour d'expérience
22:34de Munich,
22:35il constate que
22:36pour faire face
22:37à de multiples adversaires
22:40dans le cadre
22:40de prise d'otage,
22:41il faut pouvoir
22:42faire feu de manière
22:43simultanée
22:44pour neutraliser
22:45l'adversaire
22:47sans qu'il puisse
22:48réagir au premier tir.
22:50Et donc,
22:51il décide de mettre
22:52en place
22:53un protocole de tir
22:55très rigoureux
22:56sur lequel
22:57les militaires
22:57s'entraînent
22:59en fait en permanence
23:00et qui est encore…
23:01– Ça, c'était
23:02vraiment une nouveauté ?
23:03– C'était
23:04une totale nouveauté.
23:05– Donc,
23:06ils s'entraînent ?
23:07Non, mais
23:07dites-nous
23:08comment ça se passe ?
23:09Faites-moi
23:10un tir simultané.
23:11– Oui,
23:11alors le principe
23:12du tir simultané,
23:13en fait,
23:13c'est qu'il faut
23:14une synchronisation
23:15parfaite
23:15entre les tireurs.
23:16Donc,
23:17il y a un code de tir
23:17qui est passé,
23:18chaque tireur
23:18va donc annoncer
23:20à chaque fois
23:21s'il a donc la cible
23:23qui est bien
23:25opportune pour lui.
23:25une fois qu'il y a une fois
23:26qu'on a pu constater
23:28que tout le monde
23:29était OK,
23:30Christian Proutot
23:31a créé son code de tir
23:33où il annonce
23:34alors 3, 2, 1, 0
23:39et au moment du 0,
23:41chaque tireur
23:42va compter 3 secondes
23:44en faisant 333 dans sa tête.
23:46333, 333, 333
23:49qui correspond au temps
23:50d'une seconde
23:51et à la fin du 3e 333,
23:53on tire.
23:53– On tire.
23:54Et donc là,
23:54on entend presque
23:55une seule détonation.
23:57Donc,
23:58c'est ce qu'ils vont appliquer
23:59à Djibouti
24:00dans le car ?
24:01– Alors,
24:02ce qui s'est passé,
24:02c'est que…
24:03c'était une mission
24:05extrêmement complexe.
24:06On lui avait donné
24:07l'ordre
24:09de pouvoir tirer
24:10uniquement
24:11s'il y avait
24:12un seul preneur d'otage
24:13dans le car.
24:14Ça ne s'est jamais produit.
24:15– Oui,
24:15ils sont 5 quand ils tirent.
24:16– Ça ne s'est jamais produit.
24:17Et donc,
24:17Christian Proutot,
24:18il est bien conscient
24:19que si on attend,
24:20ça va devenir très compliqué.
24:21Il y avait
24:22un compte à rebours
24:23qui était lancé
24:23puisqu'ils avaient dit
24:25à partir de 17h,
24:26on tue un otage
24:27toutes les heures.
24:28Et donc,
24:28en fait,
24:29Christian Proutot,
24:30il va prendre
24:30l'initiative du tir,
24:31ce qui est quand même
24:31assez incroyable.
24:33Au moment où
24:34il passe son code de tir,
24:35tout le monde
24:36est prêt à tirer,
24:38il annonce
24:39zéro,
24:40il y a une seule détonation,
24:425 preneurs d'otage
24:44sont neutralisés.
24:45– Il y en a même un
24:45qu'on ne voit pas.
24:46Il y a juste ces gens
24:46qui sont à travers
24:49la carrosserie du…
24:50– C'était le seul
24:50qui a eu un tir doublé d'ailleurs.
24:53Une fois que le tir est fait,
24:55et là,
24:55ils sont pris
24:56sous un feu nourri
24:57des forces somaliennes
24:57et des quelques terroristes
24:58qui étaient de l'autre côté.
24:59Et donc,
25:00à ce moment-là,
25:01c'est là où il y a eu
25:01un petit décalage
25:02dans l'intervention,
25:03c'est que les renforts
25:04de la division blindée
25:06et des légionnaires
25:06devaient donner l'assaut
25:08immédiatement
25:08par les deux côtés
25:09et le GIGN
25:10devait se rapprocher du car.
25:11Sauf qu'en fait,
25:12ils étaient sous le feu
25:12d'une MG42,
25:13là une mitrailleuse,
25:15et ils n'ont pas pu,
25:15évidemment,
25:17partir tout de suite
25:17à l'assaut
25:18sans aucune protection.
25:19Et donc,
25:20il y a eu
25:20un petit temps de latence
25:21pour pouvoir atteindre le car,
25:23sauf qu'entre-temps,
25:25un des terroristes
25:25a pu rejoindre le car,
25:28rentrer à l'intérieur,
25:28et au moment
25:29où ils donnent l'assaut,
25:30il y a un coup de feu
25:31qui est,
25:31une rafale qui est partie
25:33et qui a tubé
25:35une jeune fille
25:35blessée gravement
25:36une autre
25:36qui descendra plus tard.
25:38Alors,
25:38donc,
25:38c'est une intervention
25:39qui est devenue mythique,
25:40il y en a d'autres.
25:41Il y a Marignane,
25:42on en a parlé au début,
25:44donc,
25:44est-ce que Marignane,
25:45donc,
25:46c'est un assaut,
25:46je rappelle,
25:47c'est un avion
25:47qui est pris,
25:49enfin,
25:50qui est détourné
25:51par des terroristes,
25:51je ne sais plus
25:52de quelle...
25:53Tout se passe à Alger,
25:54en fait.
25:54À Alger,
25:55ils vont atterrir ensuite
25:56à Marignane.
25:58Est-ce que c'est vraiment
25:59en 1994,
25:59un tournant
26:00dans l'histoire
26:00de l'unité ?
26:03En fait,
26:03pas vraiment.
26:05Ça n'a pas fait changer...
26:06C'est un tournant
26:06dans votre vie,
26:07mais pas dans...
26:07Oui,
26:08c'est ça.
26:08C'est un moment
26:09qui va faire rentrer
26:10le GIGN
26:11comme une unité
26:12de légende.
26:13Ça ne va pas changer
26:14la doctrine.
26:15Mais,
26:15vis-à-vis des unités
26:17d'intervention étrangères,
26:19constater qu'un assaut
26:20aussi difficile techniquement,
26:23tactiquement,
26:24dans un milieu tubulaire,
26:26a été réussi
26:27en sauvant
26:28les 170 otages
26:29qui sont encore
26:30à l'intérieur.
26:31Il y a eu
26:31quelques blessés
26:32et même
26:33les membres
26:34d'équipage.
26:35Le tout
26:36sous cette pression
26:38médiatique
26:38à faire entrer
26:40GIGN dans la légende
26:40et derrière,
26:43en fait,
26:43les plus grandes unités
26:45étrangères,
26:46le SAS,
26:46etc.,
26:47ont demandé
26:49à être reçus
26:50par le GIGN
26:51pour qu'ils participent
26:53à ce retour d'expérience
26:53et qu'eux aussi,
26:54si ça venait à se produire
26:56sur leur territoire,
26:57puissent reproduire
26:58ce qui a été fait.
26:59– Parce que la difficulté
27:00d'intervenir dans un avion,
27:01donc déjà,
27:01c'est qu'il est en hauteur.
27:02Donc, il faut…
27:03Comment,
27:04rapidement,
27:05comment s'est passé cette…
27:06– En fait,
27:06le GIGN était déjà entraîné.
27:08Ils avaient déjà,
27:09par le passé,
27:10accompli plusieurs missions
27:12de contre-terrorisme aérien.
27:13Par le passé,
27:14c'était quasiment
27:14systématiquement
27:15un seul preneur d'otages.
27:17Donc,
27:17pas du tout
27:18la même difficulté.
27:18Là,
27:19ils étaient quatre,
27:19lourdement armés.
27:21Et donc,
27:22le GIGN était préparé
27:23à ce genre de mission.
27:25Et effectivement,
27:26il a fallu…
27:26Au moment…
27:27Ça a été un assaut d'urgence,
27:28en fait.
27:28Là,
27:29ils étaient entraînés
27:30sur un sister ship.
27:31Il y avait…
27:31Le GIGN s'est même
27:34rapatrié sur Marignane
27:35avec un avion similaire
27:36à celui qui était
27:36sur le tarmac,
27:37déjà.
27:37Donc,
27:37ils connaissaient très,
27:38très bien l'avion.
27:39Ça,
27:39ils le connaissaient déjà avant.
27:40Mais effectivement,
27:41la difficulté,
27:42ça a été de faire
27:43cet assaut simultané
27:44sur différentes ouvertures
27:47pour se donner
27:47toutes les chances
27:48de pouvoir neutraliser
27:49au plus vite
27:49les quatre terroristes.
27:50Et on en parlait
27:51tout à l'heure,
27:52la force du GIGN,
27:54c'est l'initiative
27:55des militaires
27:55qui sont recrutés
27:57sur l'assaut.
27:58Ce qu'ils n'avaient pas
27:58anticipé,
27:59c'est que l'avion
27:59est en plein.
28:01La hauteur n'était pas
28:02la même sur l'avion
28:03de l'assaut
28:03que sur celui
28:04de l'entraînement.
28:05Et donc,
28:06la passerelle avant droite,
28:07quand ils ouvrent la porte,
28:09elle ne s'ouvre pas
28:09puisque la passerelle
28:10la bloque,
28:10parce qu'elle n'avait pas
28:11été positionnée
28:11à la bonne hauteur.
28:12Et donc,
28:13le conducteur
28:13de la passerelle,
28:14tout seul,
28:15décide de faire
28:15cette petite marche arrière.
28:17S'il ne le fait pas,
28:18le bilan n'est pas le meuble.
28:20Donc,
28:20c'est assez impressionnant.
28:22Qu'est-ce qu'il y a d'autre,
28:24j'imagine,
28:25enfin,
28:25oui,
28:26on a encore un peu le temps,
28:28ces interventions mythiques,
28:29qu'est-ce que vous en avez,
28:30qu'elles sont vos préférées,
28:31chacun à votre,
28:33outre Marignane
28:34et le Djibouti ?
28:37Franchement,
28:38il y en a beaucoup.
28:40Moi,
28:41je parlerais de la mission
28:42Azalée
28:42qui est très peu connue.
28:43L'opération Azalée
28:44qui a été menée
28:45en 1995
28:45pour aller
28:47se projeter
28:48à l'époque
28:49donc
28:50à Mayotte
28:51pour Bob,
28:51pour les Comores,
28:53pour Bob Denard,
28:54le fameux mercenaire.
28:55Et c'est
28:56une des premières fois
28:57où le GIGN
28:58est associé
28:58au COS,
28:59qui était quand même
29:00tout récent,
29:01le COS
29:01qui était créé
29:02en 1992
29:02et qui a su
29:05par son autonomie,
29:06ses moyens,
29:08avec un petit groupe
29:09qui a impressionné
29:10ses camarades militaires.
29:13Donc,
29:13c'est une mission
29:14qui se termine bien,
29:16il n'y a pas
29:16une arrestation,
29:17etc.
29:17Mais qui a montré
29:19que le GIGN
29:20était à la hauteur
29:22pour des missions
29:23déjà quasiment
29:24à l'autre bout
29:24de la planète,
29:25se projeter,
29:26être équipé
29:26et intervenir
29:28au profit
29:30du commandant
29:30des opérations spéciales.
29:32Et vous,
29:32Jean-Philippe ?
29:33– On peut parler
29:34effectivement
29:34de beaucoup de missions
29:35et moi,
29:36j'ai étudié
29:38beaucoup de missions
29:38dans lesquelles
29:39le gendarme Alain Pustini
29:41qui était présent
29:41et qui est un véritable héros
29:42et qui,
29:43pendant un temps,
29:44était le gendarme
29:45le plus décoré de France.
29:47Et il avait notamment
29:49participé à l'assaut
29:50au Boucaud
29:51pour arrêter
29:52le terroriste
29:53de l'ETA,
29:54Philippe Bidard,
29:56qui était recherché
29:58pour avoir tué
29:58plusieurs gendarmes.
30:01Et donc,
30:02c'est un assaut
30:03qui se fait
30:04un peu d'opportunité
30:05sur un renseignement
30:05de dernière minute
30:06et les militaires
30:08du GIGN,
30:09accompagnés
30:10d'autres gendarmes,
30:12décident dans l'urgence
30:13de lancer
30:14un assaut de nuit
30:16alors que les adversaires
30:17sont armés
30:18et se retranchent
30:18et ils arrivent
30:19à les capturer
30:20tous vivants.
30:21Et donc,
30:22c'est une mission
30:22incroyable,
30:23une fois de plus
30:24qui a été menée
30:25dans des conditions
30:26très dégradées.
30:27– Et alors,
30:29là où on est face
30:30à des menaces
30:31anti-terroristes,
30:32j'imagine qu'ils interviennent
30:34souvent aussi
30:34face à ce qu'on appelle
30:35des forcenés.
30:37Est-ce que c'est même
30:38la majorité
30:38des interventions ?
30:39– Oui,
30:40c'est la grande majorité
30:41des interventions.
30:41D'ailleurs,
30:42les forcenés,
30:43ils en font des dizaines
30:44par an.
30:45– En commun,
30:46c'est pas vraiment…
30:47En fait,
30:47on parle des grosses missions
30:48tout le temps.
30:49On parle de Marignane,
30:50etc.
30:50Le quotidien du GIGN,
30:52c'est plutôt
30:53ce genre de mission,
30:53des missions de police
30:54judiciaire,
30:55des missions d'arrestation
30:55de forcenés
30:56et qui se révèlent
30:57être dans l'histoire
30:58des missions
30:59les plus dangereuses
30:59puisqu'au final,
31:01le GIGN a perdu
31:03deux de ses opérationnels
31:04sur ce type de mission.
31:06– Parce qu'on se trouve
31:07face à des adversaires
31:08qui sont en panique totale,
31:10j'imagine.
31:10Ça doit être dur,
31:11humainement,
31:11ce genre de mission ?
31:13Parce qu'ils font face…
31:14Autant face à des terroristes,
31:15vous dites,
31:16je n'en aimerai,
31:17on ne parle pas d'adversaires.
31:18Face à des terroristes,
31:18on peut parler d'ennemis.
31:20Mais,
31:21effectivement,
31:22le pauvre gars
31:22qui est retranché
31:23parce qu'il a pété les plombs,
31:24c'est…
31:25– Eh bien,
31:26j'imagine que là…
31:26– Face à ces gens-là,
31:28leur première arme
31:28qui est la négociation
31:29ne fonctionne pas.
31:31Et donc,
31:31on arrive toujours
31:32à des situations
31:33où parfois,
31:35il faut déclencher l'assaut
31:36et l'assaut face à un forcené,
31:38c'est prendre des risques énormes.
31:39Et il y a eu des précédents
31:41avant que des morts
31:42arrivent en service.
31:43Il y a eu une intervention
31:43qu'on raconte à Dévilleur
31:44en 80…
31:46– 82.
31:47– 82,
31:48où le GIGN avait déjà
31:49mis en place des chiens d'assaut
31:50et perdent deux chiens d'assaut
31:53blessés par…
31:54par tir de fusil d'un forcené.
31:57Et quand l'équipe d'assaut intervient,
32:01c'est Thierry Prugnot
32:02qui est très connu
32:02qui neutralise au dernier moment
32:04le forcené
32:05tandis que l'équipe d'assaut
32:07était à moins d'un mètre de lui
32:08et il allait certainement
32:10faire usage des armes.
32:11Et donc,
32:12on voit bien,
32:12face au forcené,
32:13c'est…
32:14– C'est plus compliqué ?
32:15– C'est le plus dangereux.
32:16– Parce qu'il est imprévisible ?
32:18– Totalement imprévisible,
32:20inarrêtable.
32:20ils sont dans un schéma
32:22qui est complexe.
32:24– Et humainement parlant,
32:27pour ces sommes du GIGN,
32:29une fois que l'affaire est terminée,
32:32comment ça se passe
32:33si le forcené est tué ?
32:35Il y a des debriefings
32:36derrière ?
32:38– Au GIGN,
32:40depuis les débuts,
32:41il y a la culture du rétex.
32:45donc on échange avec son chef
32:48entre gendarmes
32:48sur les faits,
32:50ce qui s'est passé,
32:50etc.
32:51Et puis,
32:51avec le temps,
32:52il y a eu la mise en place
32:53de la cellule de négociation,
32:54il y a eu des gens
32:55qui sont en capacité
32:56de faire du diffusing,
32:57c'est-à-dire à chaud,
32:58on va pouvoir échanger.
32:59Et puis de toute façon,
33:00en gendarmerie,
33:00comme partout ailleurs,
33:01maintenant,
33:02il y a des psychologues
33:03qui rentrent dans le jeu
33:04et qui peuvent intervenir
33:06pour les situations
33:06les plus complexes.
33:08– Alors,
33:08ce que vous montrez bien
33:09dans le livre,
33:10c'est que finalement,
33:11ça raconte,
33:11bon,
33:12des opérations spectaculaires
33:13que vous décrivez bien,
33:14d'autres moins spectaculaires,
33:16effectivement,
33:17le commun,
33:18mais ça raconte surtout
33:19une histoire humaine.
33:21Alors,
33:22qu'est-ce qui fait
33:22la cohésion de ces hommes ?
33:23Parce qu'on est parti
33:24des 17 premiers,
33:26on en est à combien
33:27aujourd'hui d'opérateurs ?
33:29– Aujourd'hui,
33:31GIGN a donc vécu
33:32plusieurs réformes,
33:35structurelles et capacitaires,
33:36et ils ont même intégré
33:38les antennes,
33:39et aujourd'hui,
33:40c'est 1 000 gendarmes
33:42qui font partie
33:43du GIGN.
33:44Alors,
33:44sur ces 1 000 gendarmes,
33:45ils ne sont pas tous
33:46opérationnels,
33:47mais voilà,
33:48c'est devenu
33:48une boutique énorme.
33:50– Alors,
33:51qu'est-ce qui fait,
33:51donc,
33:52quand on passe
33:53de 17 à 1 000,
33:54qu'est-ce qui fait
33:55toujours cette cohésion ?
33:56Comment cette cohésion
33:57et,
33:58j'allais dire,
33:58comment les travailler ?
33:59– Ça,
34:00on en revient encore
34:01au tout début,
34:01c'est-à-dire que
34:04il y a un processus
34:05d'intégration
34:06et de formation
34:06qui est très spécifique
34:08au GIGN,
34:10avec un symbole
34:11qui est très très fort
34:12à la fin de la formation,
34:14c'est la fameuse
34:15remise du brevet.
34:16Ça,
34:17c'est un moment
34:17qui est assez unique
34:19pour chaque gendarme
34:20qui va rentrer
34:20à l'unité,
34:21puisqu'en fait,
34:22ils sont sélectionnés
34:23très durement
34:23et pas que sur
34:24des critères physiques,
34:25loin de là,
34:26la stabilité émotionnelle,
34:28etc.,
34:28il y a beaucoup de critères
34:29qui vont rentrer
34:30en ligne de compte.
34:31– C'est assez unique,
34:32ils ont un peu pris
34:33ce qui se faisait
34:33chez les SLS,
34:34c'est une semaine
34:35de tests physiques,
34:37ensuite,
34:37c'est huit semaines
34:38de prestages
34:39où on ne dort pas,
34:42les épreuves s'enchaînent,
34:43les missions,
34:44etc.
34:45S'ils réussissent ça,
34:46ils sont pris
34:47sur une année
34:48de formation complète
34:48et s'ils terminent
34:50l'année de formation,
34:51il y a cette fameuse
34:52remise du brevet
34:52et le fameux
34:53tir de confiance.
34:54– C'est quoi le tir de confiance ?
34:56– Le tir de confiance,
34:57c'est devenu
34:57une des traditions,
34:58dans les multiples traditions
34:59du GIGN,
35:00parce qu'elle en compte
35:01énormément maintenant.
35:02ça a été instauré
35:03un peu par hasard,
35:05c'était à l'époque
35:06où Paul Baril,
35:07qui était un grand amateur
35:09d'armes
35:10et dans la technicité
35:12et les nouvelles technologies,
35:14il a voulu déployer
35:16les premiers gilets par mal
35:17avec du Kevlar.
35:18– Je vois où on va en venir.
35:21– Ils ont fait des tests
35:21et à un moment donné,
35:22ils se sont dit
35:23pourquoi on ne se tirerait pas dessus
35:24pour faire une démonstration ?
35:26Ils ont commencé comme ça,
35:26ils se sont tirés dessus entre eux
35:27juste pour voir,
35:28pour faire des essais
35:28et puis ça impressionnait.
35:30et donc un jour
35:31à une démonstration,
35:32ils ont dit
35:32on va le faire,
35:33on va faire un petit truc.
35:35Ça a tellement marqué les esprits
35:37que c'est devenu
35:38une des références maintenant
35:41quand on rentre au GIGN
35:42avec un autre opérationnel,
35:46on se tire l'un et l'autre dessus
35:47et ce qui marque
35:48la confiance ultime
35:49entre deux opérationnels du GIGN.
35:51– D'accord.
35:52Mais quand on se tire dessus
35:53avec un gilet pare-balles,
35:54j'imagine que ça doit quand même
35:56casser quelques côtes,
35:57ça doit faire des gros bleus,
35:58non, c'est…
36:00– Non, mais il y a plusieurs couches.
36:01– Il se tire avec un petit calibre
36:02et…
36:02– Non, non, non,
36:03le petit calibre c'est 357 MAKNUM,
36:05c'est initiatique,
36:06ça fait partie du parcours
36:07d'intégration,
36:09c'est…
36:10– Je sais qu'on va se prendre
36:11un bon moment.
36:11– Je donne ma vie,
36:12je donne ma vie pour mon camarade
36:14et c'est là que se forge
36:16la confiance.
36:17– Oui.
36:18– Parce que finalement
36:18l'esprit groupe
36:19dans ce genre de situation,
36:20c'est quand même
36:21ce qui est essentiel,
36:23j'imagine.
36:24– Comme l'évoquait le créateur,
36:27personne ne peut savoir
36:28ce que c'est vraiment
36:28la confiance
36:29quand on n'a pas vécu
36:32ce que c'est que rentrer
36:33dans une pièce
36:33face à un forcené
36:35tout en remettant
36:36entre les mains
36:36de notre binôme
36:38l'appui
36:38dans une progression.
36:40Et donc,
36:41voilà,
36:41c'est cette confiance
36:46énorme
36:46qu'ils ont les uns
36:47envers les autres.
36:48– On peut parler
36:48d'une vraie fraternité
36:50des IGN ?
36:51– C'est ça,
36:52c'est…
36:54c'est au-delà
36:56du sentiment
36:57entre deux personnes,
36:58c'est une vertu
36:58collective dans l'unité,
36:59ils s'appellent entre eux,
37:00c'est le groupe.
37:02– Ça fonctionne aussi
37:03au niveau des familles ?
37:04Parce que j'imagine
37:05que beaucoup sont mariés,
37:06ont des enfants,
37:06comment ça se passe ?
37:07– Oui,
37:08il y a une très grande
37:08solidarité,
37:09heureusement,
37:09entre eux,
37:10aujourd'hui c'est majoritairement
37:11des épouses,
37:12mais du IGN,
37:14qui sans ça,
37:16je pense que les absences
37:18et les risques pris
37:18par les opérationnels
37:21seraient durs à vivre.
37:22– D'ailleurs,
37:23il y a des femmes
37:23au IGN aujourd'hui ou pas ?
37:25– Oui,
37:25aujourd'hui il y a des femmes
37:26qui servent principalement
37:27au sein de la force
37:28observation-recherche
37:31et qui a des missions
37:33très particulières,
37:34notamment dans l'appui judiciaire,
37:35la recherche du renseignement,
37:36la traque des criminels,
37:37etc.
37:37– Justement,
37:38c'est ça,
37:39ce n'est pas qu'une force
37:40d'intervention,
37:41c'est-à-dire vous parlez
37:42d'observation-recherche,
37:44c'est quoi cette pratique ?
37:44– Alors en fait,
37:45c'est qu'aujourd'hui,
37:45le IGN s'articule autour
37:46de trois missions principales
37:48qui vont être l'intervention,
37:49c'était le métier,
37:52ce pour quoi il a été fondé,
37:54il y a ce qu'on appelle
37:55la sécurité-protection,
37:56donc il y a une force
37:56sécurité-protection,
37:57notamment ce sont les gendarmes
37:58qui vont être déployés
37:59à l'étranger,
38:00dans les sites,
38:01dans les emprises françaises
38:02à l'étranger,
38:03les ambassades,
38:03l'héritage de l'escadron
38:05parachutiste,
38:05l'épicienne,
38:08et il va y avoir
38:09la troisième force
38:10qui est la force
38:11observation-recherche
38:12qui va être le pendant
38:13donc plutôt judiciaire
38:15et d'enquête
38:18qui va être menée du coup
38:19par des gens
38:19qui sont vraiment
38:20spécifiquement formés
38:21pour cette mission
38:22où sont intégrées les femmes.
38:24– Non mais ces missions-là,
38:25donc là on est
38:27avant l'intervention,
38:28c'est prophylactique ?
38:30– Avant et pendant.
38:32– Ce qu'il faut reprendre
38:32c'est que dans l'historique
38:33du groupe,
38:34rien ne s'est fait comme ça
38:35du jour au lendemain.
38:36En fait à l'époque
38:36il y avait ce qu'on appelait
38:37le groupe d'observation-recherche
38:38qui était au sein
38:39de l'escadron parachutiste
38:40de la gendarmerie
38:42qui faisait ce genre de plan
38:43que mission semi-militaire,
38:45semi-judiciaire
38:46et le GIGN lui-même
38:49dans les années 90
38:50avait mis en place
38:51une première cellule
38:52pour justement
38:55aller voir sur site
38:57quand on leur proposait
38:58des opérations
38:58pour voir si c'était
39:00de leur niveau ou pas
39:01et ce qu'il fallait mettre
39:02en place
39:03en termes de projet,
39:05de prospectif,
39:06d'intervention.
39:06Et en fait c'est un peu
39:08le cumul de ces expériences
39:09qui a fait que
39:10quand ils ont fait
39:11le rassemblement en 2007
39:12ils ont créé
39:13cette force spécifique
39:14pour des missions spécifiques.
39:17Alors on parlait
39:18donc 50 ans après
39:19sa création,
39:21le GIGN reste
39:22une référence mondiale.
39:24Qu'est-ce qu'elle
39:25a pu se changer
39:25dans l'unité
39:26depuis sa création ?
39:30On l'a vu
39:31si on regarde les chiffres
39:32on part d'une unité
39:33à 17 aujourd'hui
39:35et donc l'unité
39:37a toujours à chercher
39:38à évoluer
39:38en fonction de la menace
39:40à laquelle elle est confrontée
39:41ou en termes
39:42d'anticipation prospective
39:43de la menace
39:44qu'elle est susceptible
39:45de rencontrer prochainement.
39:47Et donc
39:49on regarde
39:49ce qui a pu changer
39:50en tout cas
39:50ce qui a été immuable
39:51c'était toujours
39:51ce principe d'anticipation.
39:53Donc aujourd'hui
39:55ce qui a changé
39:56c'est que le GIGN
39:57est présent
39:57dans une dizaine
39:58de pays étrangers
39:59sur des missions
40:01de protection d'ambassade
40:02ou autres
40:04elle a diversifié
40:05ses missions
40:06avec l'observation recherche
40:08elle a continué
40:10à développer
40:11sa polyvalence
40:13avec aujourd'hui
40:14la mise en place
40:14d'une division technique
40:15qui va apporter
40:17un réel soutien
40:18aux opérationnels
40:19alors ça peut être
40:20vous savez
40:21il y a une
40:22donc la division technique
40:23les géos trouvent tout
40:24il y a les moyens spéciaux
40:26il y a la CTAO
40:27la cellule d'appui opérationnel
40:28qui va
40:28vous savez
40:29dissimuler une caméra
40:30dans un faux caillou
40:31dans un faux rocher
40:32ce genre de choses
40:33où ces gens
40:34vont concourir
40:35à la réussite
40:35de la mission
40:36qui va être menée
40:37par les opérationnels
40:39il y a tout ça
40:40et ensuite
40:41et bien
40:42le matériel
40:43a continué
40:43de se développer
40:44aujourd'hui
40:45le GIGN
40:47participe
40:47à de nombreuses innovations
40:49ils ont même testé
40:50des exosquelettes
40:52vous savez
40:52la fameuse
40:53nacelle escape
40:54qui a été mise en place
40:56ça c'était un projet
40:57qui date déjà
40:58des années 90
41:00c'était l'idée
41:00de mettre en place
41:01une nacelle
41:02qui puisse se déployer
41:04sous un hélicoptère
41:05pour aller faire
41:05de la récupération
41:07de militaires
41:07ou de ressortissants
41:08pour faire des extractions
41:09d'urgence
41:10et qui aujourd'hui
41:12aujourd'hui est utilisé
41:13par le GIGN
41:14et aussi par la sécurité civile
41:15notamment
41:17d'ailleurs à propos
41:17d'hélicoptère
41:19très vite fait
41:20c'est quoi cette histoire
41:21de cordelisse
41:21je reviens un petit peu
41:22en arrière
41:23mais la descente
41:24en cordelisse
41:24quand on se fait glisser
41:25le long de la corde
41:26ça c'est pareil
41:26c'était une des grandes nouveautés
41:28instaurées par Christian Proutot
41:29c'est à dire
41:29il s'est rendu compte
41:30que pour certains assauts
41:32l'assaut vertical
41:34pouvait donner
41:35un avantage sérieux
41:36aux équipes
41:37et donc à ce moment
41:38ils ont commencé
41:39à travailler
41:39sur des descentes
41:40en cordelisse
41:42avec les moyens
41:43de l'époque
41:44c'est à dire
41:44qu'ils ont pris
41:45des risques
41:45mais insensés
41:46sur des exercices
41:49et ils ont développé
41:50ces techniques
41:50donc ils ont aussi
41:51dû développer
41:52du matériel spécifique
41:53parce qu'en fait
41:54on sent 20 mètres secondes
41:56de la descente
41:56et c'est ça
41:56on se laisse glisser
41:57il faut des bons gants
41:58j'imagine
41:59des gants
41:59ils ont renforcé
42:01avec des plaques
42:01de Kevlar
42:02pour ne pas se brûler
42:05enfin bon
42:05bref
42:05ils ont aménagé
42:06leurs moyens
42:07à cette technique
42:08et aujourd'hui
42:10on voit ça partout
42:10on voit ça partout
42:11on descend dans un hélicoptère
42:13mais bon
42:14à l'époque
42:14ça n'existait pas
42:15bon je quitte
42:16la cordelisse
42:17on va revenir à aujourd'hui
42:18techniquement parlant
42:19donc vous parliez
42:20de cette équipe technique
42:22et vraiment
42:23des choses
42:24très novatrices
42:25est-ce qu'aussi
42:26au niveau informatique
42:29il y a des avancées ?
42:31oui enfin
42:32avant de parler informatique
42:33on peut parler
42:34Emmanuel a eu
42:36beaucoup de relations
42:36avec
42:37Denis
42:38avec Denis Marshall
42:38sur la technique
42:41le GIGN cherche toujours
42:43à avoir un temps d'avance
42:44c'est très difficile
42:45d'avoir un temps d'avance
42:46il faut vraiment
42:46c'est un travail
42:47de tous les jours
42:48travail de recherche
42:49développement
42:50et donc technologique
42:52et dès le départ
42:53ils ont voulu créer
42:55une cellule
42:56de moyens spéciaux
42:57dès les années 90
42:59et qui c'est
43:00aujourd'hui
43:00c'est vraiment
43:01c'est vraiment
43:02pas une petite équipe
43:03c'est des gens
43:03très très performants
43:04on va parler
43:06d'une adaptation
43:07on va parler aujourd'hui
43:08des drones
43:08on va aussi parler
43:09de la cybercriminalité
43:11donc réponse
43:12à cette menace
43:13qui aujourd'hui
43:14devient
43:15coeur de la priorité
43:17et puis
43:18on aura
43:19toute la partie
43:19technique
43:20matérielle
43:21armement
43:21qui fait partie
43:22de cette division
43:23il y a un exemple
43:24concret
43:24c'est que
43:26quand
43:28les terroristes
43:29se mettent
43:30à se procurer
43:31des kalachnikov
43:32en 762
43:34à être équipés
43:35de gilets lourds
43:36avec plaques
43:37et bien
43:38le GIGN
43:38par exemple
43:39s'est adapté
43:40en changeant
43:41aussi
43:41ses armements
43:42ses munitions
43:43ses moyens de protection
43:44etc
43:44donc en permanence
43:47dès que la menace
43:47évolue
43:48le GIGN
43:49essaye de parer
43:51parer tout ça
43:52alors
43:54tous ces changements
43:55mais qu'est-ce qui
43:55n'a jamais changé
43:56au GIGN
43:57depuis le
43:58on en revient
43:59aux fondamentaux
44:00c'est-à-dire
44:00les traditions initiales
44:02aujourd'hui
44:03on parlait
44:03des traditions
44:04on parlait
44:04donc du tir
44:04aujourd'hui
44:05il y a des choses
44:06qui sont perpétuelles
44:07comme tradition
44:09pittoresque
44:10la remise
44:11du manurin
44:12en fait
44:12pour les stagiaires
44:13qui est un moment
44:14très fort
44:15où en cours de formation
44:16ils se voient remettre
44:17le fameux
44:18SICU
44:20historique
44:20ainsi que
44:22l'écusson
44:23qui marque
44:24la première entrée
44:26dans le corps
44:28des opérationnels
44:29il y a la remise
44:31de brevets
44:31qui a été créée
44:35après que l'unité
44:37ait pu décrocher
44:38sa capacité
44:38aéroportée
44:39en 1976
44:41qui était
44:42une avancée majeure
44:43et il faut le dire
44:45qu'il y avait aussi
44:46une volonté
44:46de pouvoir récompenser
44:47de manière pécuniaire
44:48les risques
44:49qui étaient pris
44:49par les militaires
44:50par la prime à l'air
44:53et dans les traditions
44:55le tir de confiance
44:56etc
44:57mais si on doit revenir
44:58sur quelque chose
44:58qui n'a pas changé
44:59c'est la philosophie
45:00du GIGN
45:01qui aujourd'hui
45:02se retrouve
45:03dans la devise
45:03de l'unité
45:04qui est
45:04s'engager pour la vie
45:06et donc on reste
45:07dans cette lignée
45:07du respect de la vie
45:09Est-ce qu'aujourd'hui
45:10c'est un modèle
45:11international
45:11ou il y a meilleur
45:13que le GIGN
45:13dans le monde entier
45:15vous allez me dire
45:15que non
45:15le GIGN
45:16les gens du GIGN
45:17rigoleraient
45:18et vous diraient
45:19toujours imité
45:20jamais égalé
45:22on n'est pas
45:23dans ces points
45:24de comparaison
45:24parce qu'on n'a pas
45:25étudié les autres unités
45:26mais aujourd'hui
45:27le GIGN a tissé
45:28un réseau
45:30à l'international
45:30et des relations
45:32pour se renforcer
45:33et pour partager
45:34le savoir
45:35sur un triptyque
45:37où la première chose
45:37c'est des relations
45:39c'est des relations
45:40des partenariats
45:41gagnants-gagnants
45:42qui peut y avoir
45:43avec le GSG9 allemand
45:44qui peut y avoir
45:45avec le DSU belge
45:47qui d'ailleurs
45:48avait fait appel
45:49au GIGN en 2015
45:50lors des attentats
45:51à Verviers
45:52pour utiliser
45:53certains types
45:54d'armements
45:54ou explosifs
45:55ou avec les unités
45:56espagnoles
45:57italiennes
45:58le GIGN fait aussi
45:59beaucoup de coopération
46:00technique
46:01notamment en Afrique
46:02au Moyen-Orient
46:02mais aussi dans d'autres pays
46:03où on va partager
46:04le savoir-faire
46:04et enfin
46:05il y a des échanges
46:07qui sont multilatéraux
46:09avec d'autres pays
46:10européens
46:11et il y a
46:13le fameux réseau
46:14Atlas
46:14des forces d'intervention
46:15de différents pays
46:17qui de manière
46:19régulière
46:20s'entraînent ensemble
46:21pour partager
46:23des savoir-faire
46:23et pourquoi pas
46:24peut-être un jour
46:24être en mesure
46:26de travailler
46:27en coopération
46:27Donc après
46:295 années de travail
46:30le résultat
46:31c'est ce beau livre
46:32on a quoi
46:32on a
46:33combien de pages
46:34500
46:35500
46:35600
46:36plus près de 500 pages
46:38qu'est-ce qui vous a
46:38le plus marqué
46:39finalement
46:40dans l'histoire du GIGN
46:41et si vous deviez
46:43résumer
46:44l'esprit
46:45en une seule phrase
46:45alors l'esprit
46:46on l'a dit
46:47il y a la devise
46:48mais
46:49qu'est-ce qui vous a
46:50le plus marqué
46:50vous ?
46:52probablement
46:53ce qui nous a le plus marqué
46:53c'est justement
46:54des rencontres
46:55qu'on a pu faire
46:55mais l'humilité
46:57l'humilité
46:58et l'engagement
46:59de ces gens
47:00pour une unité
47:01voilà
47:01ça c'est
47:02quelque chose
47:03d'assez incroyable
47:05Philippe la même chose
47:06c'est vraiment ça
47:07ça a été très enrichissant
47:09humainement
47:09de rencontrer
47:10et d'échanger
47:11avec tous ces gens
47:12et puis
47:12pas que des militaires
47:14du GIGN
47:14aussi des journalistes
47:16ou des gens
47:17qui travaillaient un peu
47:18à côté
47:18ou qui ont pu connaître
47:19le GIGN
47:19donc c'était
47:20une formidable aventure
47:23formidable aventure
47:24et formidable
47:25formidable ouvrage
47:26donc je le disais
47:27très très illustré
47:28une belle maquette
47:29très claire
47:29on est obligé
47:30de lire tout d'un coup
47:31on picore
47:32éventuellement
47:34voilà
47:34c'est un livre
47:35ça se lit pas
47:36comme un roman
47:37on peut choisir
47:38ce que l'on veut
47:38de belles infographies
47:40belles photos
47:40vraiment un bel ouvrage
47:42qui fera date
47:44dans l'histoire du GIGN
47:45j'imagine
47:46qu'il a été bien accueilli
47:47dans les unités
47:48des grands anciens
47:49nous ont dit
47:50que pour eux
47:51il s'agissait
47:51du livre de référence
47:52aujourd'hui
47:53sur l'unité
47:54ce qui nous a pas rendu
47:56peu fiers
47:56bien donc GIGN
47:57la grande histoire
47:58parue aux éditions
48:00Pierre de Taillac
48:01Jean-Philippe
48:02et Emmanuel Samson
48:03merci infiniment
48:05c'était passé présent
48:07l'émission historique
48:08de TVL
48:08réalisée en partenariat
48:10avec la revue
48:10d'histoire européenne
48:12alors avant de nous quitter
48:13vous n'oubliez pas
48:13bien sûr de cliquer
48:14sur le pouce levé
48:15sous la vidéo
48:15et de vous abonner
48:17à notre chaîne YouTube
48:18merci et à bientôt
48:19– Sous-titrage ST' 501
48:25– Sous-titrage FR 2021
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