- il y a 1 jour
Dans le cadre d’un partenariat, TVLibertés a le plaisir de vous proposer quelques programmes d’OPEN Box TV, la chaîne d’Alain Juillet, ancien patron du renseignement à la DGSE.
Dans cette émission spéciale, en contrepoint du procès du président Nicolas Sarkozy sur le financement supposé de sa campagne présidentielle de 2007 par des fonds libyens, Alain Juillet livre son analyse sur ce dossier qu'il maîtrise parfaitement en tant qu'ancien directeur du renseignement de la DGSE et responsable de l'intelligence économique auprès du premier ministre. Suite à ses interventions lors du procès qui a donné lieu à l'incarcération du président Sarkozy. Cette émission vous apporte un nouvel éclairage de ce dossier tentaculaire des relations entre la Libye et la France
- Bir Hakeim
- Que devient la Libye après la guerre ?
- Kadhafi prend de l'ampleur
- L'intervention de Nicolas Sarkozy et de la France
- Alain Juillet dans le procès Sarkozy
- Les relations entre la France et Kadhafi
- L'après Kadhafi
- Les problèmes engendrés par la mort de Kadhafi
- Le déclenchement de la guerre Sahélienne
- Discussion de fin
Dans cette émission spéciale, en contrepoint du procès du président Nicolas Sarkozy sur le financement supposé de sa campagne présidentielle de 2007 par des fonds libyens, Alain Juillet livre son analyse sur ce dossier qu'il maîtrise parfaitement en tant qu'ancien directeur du renseignement de la DGSE et responsable de l'intelligence économique auprès du premier ministre. Suite à ses interventions lors du procès qui a donné lieu à l'incarcération du président Sarkozy. Cette émission vous apporte un nouvel éclairage de ce dossier tentaculaire des relations entre la Libye et la France
- Bir Hakeim
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- Kadhafi prend de l'ampleur
- L'intervention de Nicolas Sarkozy et de la France
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- L'après Kadhafi
- Les problèmes engendrés par la mort de Kadhafi
- Le déclenchement de la guerre Sahélienne
- Discussion de fin
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00:06Vous êtes intervenu lors du procès du président Sarkozy sur les soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle en
00:142007.
00:15Quand on réfléchit à toutes les conséquences de cette affaire libyenne, mais on a fait la guerre qu'il ne
00:22fallait pas faire.
00:28Bonjour, bienvenue sur Openbox TV, l'émission de Géopolitique d'Alain Juillet.
00:32Et merci de nous soutenir sur Tipeee pour maintenir cette ligne éditoriale indépendante.
00:36Vous pouvez aussi devenir membre de notre chaîne et avoir accès à du contenu exclusif.
00:40Et par là même, ne plus avoir supporté les coupures intempestives de la publicité sur YouTube.
00:46Alain Juillet, bonjour.
00:47Bonjour Claude.
00:48Une émission particulière, on pourrait appeler ça une émission dossier spécial.
00:56Depuis plusieurs semaines, on nous parle du président Sarkozy qui, suite à ce procès sur un financement possible,
01:05le président Sarkozy s'est retrouvé en prison, il en est sorti.
01:08Et ça nous a donné l'idée de parler quand même de la Libye.
01:12Parce que dans ce dossier, il y a Sarkozy, mais il y a la Libye.
01:15Il y a la Libye, oui. Il ne faut pas l'oublier quand même. C'est l'autre côté.
01:17Et nous avons pensé que c'était intéressant et important de parler à nos auditeurs de ce pays,
01:23historiquement très important pour la France, en tout cas côté Méditerranée, et sur le plan géopolitique.
01:29Et qui joue un rôle aujourd'hui.
01:30Et qui joue un rôle.
01:32Sur les migrants, sur le pétrole, sur beaucoup de choses.
01:34Avec deux armées qui s'affrontent.
01:35Il y a un vrai rôle actuellement dans le Moyen-Orient et le Proche-Orient, enfin le Maghreb et le
01:41Machrec, comme on dit.
01:43La Libye, effectivement, est un pion important.
01:46Il faut regarder très attentivement.
01:47Et les grandes nations, les grandes puissances qui sont derrière, comme toujours.
01:50Comme toujours.
01:52Alors, quand même, nous avons bien parlé aussi de l'histoire.
01:56Et il se trouve qu'en Libye, pendant la Seconde Guerre mondiale,
02:00c'est là où la jeune armée française de libération a signé ses premières lettres héroïques.
02:09Quand les Allemands, les Allemands de Rommel, du général Rommel, avec la fameuse Afrique à Corse,
02:15ont débarqué en Afrique du Nord, ensuite elles sont parties vers l'Égypte,
02:20qui était contrôlée par les Anglais.
02:22Il ne faut pas oublier que l'Égypte, à l'époque, était un protectorat anglais.
02:24Et donc, ils ont foncé depuis les zones françaises, la Tunisie et l'Algérie.
02:31Ils sont partis pour conquérir l'Égypte.
02:35La guerre entre les Anglais et les Allemands a été extrêmement forte dans toute cette zone.
02:41Une guerre tout à fait nouvelle, parce que c'était la guerre dans le désert,
02:44qui n'avait rien à voir avec une guerre classique, comme on connaissait en Europe,
02:48qui fait qu'il a fallu adapter les matériels et les hommes.
02:52Et il voulait une nouvelle technique.
02:55Et dans cette guerre, il y a un élément que tout le monde connaît plus ou moins.
03:01Mais enfin, je pense que les Français, en tout cas, j'espère, la plupart se souviennent,
03:06jeunes ou moins jeunes, c'est l'affaire de Birakem,
03:08à savoir que l'armée anglaise était en train de se replier,
03:12l'armée alliée était en train de se replier.
03:14Mais il fallait lui donner du temps pour construire une nouvelle ligne de bataille.
03:18Et il fallait donc qu'on laisse en arrière un point d'appui,
03:23bloquer la progression des troupes allemandes, le temps de se reconstruire derrière.
03:29Le point d'appui choisi, c'était Birakem.
03:31Et qui a été chargé de tenir ce point d'appui ?
03:34Les Français de la 13e demi-brigade de Légion étrangère,
03:38qui se sont couverts de gloire, il faut bien le dire,
03:41puisqu'ils ont réussi à bloquer l'armée de Rommel.
03:44Et c'est ce qui a permis ensuite,
03:46elle à la main, elle reste, c'est-à-dire que ça a permis aux Anglais,
03:49ensuite, avec le maréchal Montgomery,
03:51de gagner la guerre contre l'Afrique à Corse.
03:54D'ailleurs, Rommel, constatant que son armée n'était pas en déroute,
03:59mais enfin, c'était fini.
04:01La grande espérance de conquête des territoires vers l'Égypte était finie.
04:07Rommel a été rappelé par Hitler et est devenu le général commandant,
04:11on l'oublie toujours, le front atlantique,
04:14là où allait se produire un peu plus tard le débarquement.
04:16Vous avez parlé d'Elle à la main.
04:19C'est là où le colonel Leclerc...
04:22Vous avez tout à fait raison, il y a eu...
04:24Parce que pendant que les Anglais, et avec des éléments français,
04:29se battaient dans le désert de ce qu'on appelle la Syrénaïque,
04:33donc Bagasi, maintenant on appelle ça Bagasi,
04:36dans toute cette zone-là.
04:39Leclerc, qui était à l'époque, il n'était pas encore le général Leclerc,
04:42mais qui est devenu le général Leclerc,
04:43avec la deuxième DB,
04:46qui avait été constituée en Afrique,
04:48en Côte d'Ivoire, au Sénégal,
04:51dans toute cette zone,
04:52et a remonté par le Niger,
04:56ce qu'on appelle le Niger et le Mali,
04:57enfin par toute cette zone-là.
04:59Ils ont remonté, avec les troupes françaises,
05:02qui sont remontés par le désert,
05:04pour aller combattre et prendre de revers l'Afrique à Corse,
05:09puisqu'il y avait d'un côté,
05:11depuis la Tunisie, les Allemands allaient vers l'Égypte,
05:13du côté des Anglais de l'Égypte,
05:16ils venaient contre les Allemands vers la Tunisie,
05:18tout ça sur le territoire libyen,
05:20et par le sud, le général Leclerc remontait,
05:24et alors il est remonté,
05:25et à Koufra, qui est une petite oasis,
05:30ils ont fait le fameux serment,
05:33tous les Français,
05:34car c'était une unité complètement constituée
05:37de Français volontaires,
05:39alors ceux qui s'étaient évadés de France,
05:41mais aussi, et il ne faut pas l'oublier,
05:44beaucoup de volontaires qui venaient
05:46de tous les pays francophones d'Afrique,
05:50de notre ancienne colonie,
05:52les tirailleurs sénégalais,
05:54les achats de l'homien, camerounais,
05:55et qui étaient, il faut le rappeler,
05:57tous volontaires,
05:58parce que maintenant on a tendance à oublier tout ça,
06:00non, non, là c'était sur la base du volontariat,
06:03et à Koufra,
06:04ils ont juré de continuer le combat,
06:07non pas jusqu'à la fin de la guerre en Afrique,
06:10mais de continuer le combat
06:11jusqu'à la fin de la guerre en France,
06:14donc aller ensuite en France et continuer la guerre,
06:17et ce serment, il a été concrétisé
06:19quand Leclerc et la Deuxième Débée
06:21sont rentrés à Strasbourg.
06:23Exactement.
06:24Le serment de Koufra, c'est Leclerc qui dit
06:28« Jurez de ne déposer les armes
06:30que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs,
06:32flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. »
06:35Et ils sont arrivés.
06:37Ensuite, Birakem,
06:39alors Birakem c'est plutôt en Égypte,
06:41mais bon, c'est dans la continuité,
06:42bien évidemment, deux personnages aussi
06:45se sont illustrés,
06:46le général Koenig,
06:48mais surtout le capitaine Pierre Mesmer,
06:51qui a ensuite...
06:53Légionnaire.
06:53Légionnaire.
06:54Légionnaire du ministre du général de Gaulle,
06:57ministre de la Défense,
06:58premier ministre,
06:59et quand même était candidat
07:00à la présidente de la République.
07:01Et alors, Birakem,
07:02c'est arrivé à peu près en même temps
07:04que Stalingrad.
07:05Oui.
07:06Et Winston Churchill,
07:08à l'époque, disait sur Birakem
07:10« Ce n'est pas la fin,
07:13ni même le commencement de la fin,
07:15mais c'est peut-être la fin du commencement. »
07:17Voilà, une phrase de la typique
07:18de Stalingrad Churchill, oui.
07:20Mais c'est vrai que ça a été
07:21la première fois,
07:23et ça a été un signe très intéressant,
07:25c'était la première fois
07:26où l'Afrique à Corse,
07:27qui avait jusque-là progressé tout le temps,
07:29et qui bousculait
07:31l'armée anglaise,
07:33c'est la première fois
07:34où, en face d'eux,
07:36ils ont eu quelque chose
07:38qui tenait et qui n'a pas lâché.
07:40Donc, fin de la Seconde Guerre mondiale,
07:43que devient la Libye ?
07:45D'abord, la Libye,
07:46ce sont des tribus,
07:47des tribus nomades,
07:49et comme toutes les tribus nomades,
07:50elles se sont toujours faites
07:51la guerre les unes contre les autres.
07:53Il y avait un roi,
07:54et le roi arrivait à fédérer
07:56les tribus,
07:57exactement comme au Moyen-Âge,
07:59en France,
08:01on fédérait les grands féodaux.
08:03Parce que c'était ça,
08:04c'est la même chose.
08:05Le roi avait une cour,
08:06qu'on appelle le majlis,
08:07en arabe,
08:08et il arrivait à maintenir
08:09un semblant d'union,
08:10mais avec,
08:12c'est important pour la suite
08:13de l'histoire,
08:14régulièrement,
08:15il y avait quand même
08:16des tensions,
08:17et ça éclatait
08:18dans un point ou un autre,
08:19mais ça s'arrangeait très vite.
08:21À un moment,
08:23l'élite, je dirais,
08:25locale,
08:25en a eu assez du roi,
08:27et les militaires
08:29se sont ligués
08:30et ont renversé,
08:31ont renversé le roi.
08:34Et ils ont mis à la place
08:36Kadhafi.
08:37Alors,
08:37on a présenté Kadhafi,
08:39c'est vrai,
08:39on l'a comme souvent,
08:41on l'a présenté un peu
08:42comme un dictateur d'opérettes.
08:44Ce n'était pas du tout
08:45un dictateur d'opérettes,
08:46c'est le moins qu'on puisse dire.
08:47Il avait certes
08:48des pratiques assez étonnantes,
08:50des réactions assez étonnantes,
08:52mais il a véritablement
08:53relancé son pays.
08:55C'est indiscutable.
08:56Il a relancé son pays
08:58économiquement,
09:00il a bénéficié,
09:01bien sûr,
09:02des retombées du pétrole
09:03qu'il a distribuées,
09:05ce qui fait que la Libye
09:06était un pays
09:07qui ne vivait pas mal
09:08et où le niveau de vie
09:09n'était pas si mauvais que ça,
09:10en tout cas pour les zones côtières
09:12et pour Tripoli.
09:14Et avec l'argent,
09:16tout ce qu'ils avaient
09:17et qu'ils ont gagné,
09:19en plus,
09:20ils s'est...
09:20Alors, comme ils étaient
09:21d'origine militaire,
09:22ils se sont constitués
09:23une armée qui n'est...
09:25Alors, une armée
09:26qui était bien équipée,
09:28mais dans laquelle,
09:29pour la suite,
09:30c'est important,
09:32il n'avait pas
09:33une totale confiance,
09:34Kadhafi,
09:34parce qu'il savait très bien
09:37qu'elle était constituée
09:38de gens de chacune
09:40de ses tribus,
09:41même si la sienne
09:42était plus importante
09:43que les autres dans l'armée,
09:44et que tous les gens
09:46de ses tribus,
09:46on n'était pas sûr d'eux,
09:48ils pouvaient se révolter
09:48à un moment ou à un autre.
09:50Alors, qu'est-ce qu'il a fait ?
09:51Il avait une armée
09:53avec les gens,
09:54avec des Libyens,
09:56mais il avait une garde
09:58présidentielle ou personnelle
09:59qui allait décomposer
10:00de gens qui venaient
10:02du Niger ou du Mali,
10:04les Touaregs,
10:05c'est-à-dire des guerriers.
10:06Si vous voulez,
10:07les Toubous,
10:08bon, il y a les Toubous,
10:09il y en a d'autres,
10:10mais enfin bon,
10:11mais là, il y avait
10:11les Toubous du Tchad,
10:13il y avait des Touaregs
10:14du Niger,
10:15il y avait des Touaregs
10:15du Mali,
10:16tous ces gens-là
10:17qui sont des guerriers,
10:19qui crevaient la faim
10:20plus au Sud
10:21et qui, évidemment,
10:22attirés par la seule,
10:23sont venus comme mercenaires
10:26s'occuper du président
10:28et protéger le président Gaddafi.
10:30Donc ça, c'était au tout début
10:32des années 70.
10:34Ça se passe bien.
10:35Alors ensuite, Gaddafi,
10:36lui, il a pris de l'ampleur
10:38parce que son pays marchait bien,
10:39il était bien géré.
10:41Il avait de l'argent
10:42avec le pétrole.
10:44Il se débrouillait bien.
10:45Donc qu'est-ce qu'il a fait ?
10:46Il a commencé à avoir
10:48une vision internationale
10:50où là, par contre,
10:52il s'est créé plein de problèmes.
10:54Il a fait deux choix,
10:56trois choix,
10:56dont deux totalement erronés,
10:58je dirais.
11:00Le premier, d'abord,
11:01ça a été de dire
11:03« Je suis le meilleur
11:04dans toute la région. »
11:06Là, l'hubris,
11:07vous savez,
11:08qui frappe souvent
11:09les chefs d'État,
11:10a fait qu'il s'est cru
11:11plus supérieur à tout le monde
11:13et qu'il a commencé à dire
11:14que le roi d'Arabie saoudite
11:16était un minable
11:17et qu'il fallait le renverser.
11:20Il s'en est fait
11:21un ennemi mortel.
11:23Très important pour la suite,
11:25c'est-à-dire que,
11:25si vous voulez,
11:26il a pris des positions
11:27qu'ils lui ont mis
11:29contre lui
11:30la plupart des pays
11:33du monde arabe.
11:34En tout cas,
11:34les royaumes
11:35ne l'aimaient pas du tout
11:36parce qu'on le considérait
11:37qu'il était ingérable,
11:39insupportable et autres.
11:39Il était très proche de Nasser,
11:41mais quand Nasser a disparu...
11:43Et que Nasser était militaire,
11:44comme l'hubris.
11:45Donc, si vous voulez,
11:45Nasser, lui,
11:47défendait une certaine vision,
11:49mais derrière Nasser,
11:50les autres n'avaient plus
11:50la même vision.
11:51Quand il n'y a plus Nasser,
11:53il n'y avait plus de...
11:53Donc, il s'opposait,
11:55mais pas trop violent.
11:57Comme l'Égypte,
11:58c'était des militaires,
11:59c'est toujours resté...
12:01Je dirais,
12:02ils ne s'entendaient pas,
12:03mais ils supportaient.
12:05Par contre,
12:05avec l'Arabie Saoudite,
12:07alors là,
12:07c'était le clash absolu,
12:09mais ça va très loin,
12:10parce que là,
12:10on ne s'insulte pas
12:11dans les pays arabes,
12:12comme ça,
12:13mais il faut le payer ensuite.
12:15Donc,
12:16il s'était fait
12:16des ennemis mortels.
12:17C'était la première erreur.
12:18La deuxième,
12:19c'est qu'à un moment,
12:22il s'est voulu l'apôtre
12:23du pan-arabisme
12:25en disant
12:26Nasser voulait
12:27s'associer
12:28d'autres pays arabes.
12:29Nasser est mort,
12:30les successeurs
12:31sont des nuls,
12:32mais moi,
12:33je vais le faire.
12:34Et en particulier,
12:35il a fait un accord
12:36avec la Syrie.
12:37À un moment,
12:39il y a eu
12:40une unité arabe
12:41entre l'Égypte.
12:42Ça ne pouvait pas tenir
12:43avec deux pays
12:44à grande distance,
12:45mais enfin,
12:45quand même,
12:46il avait ses velléités,
12:47si vous voulez,
12:49de réunir tout le monde.
12:50Là aussi,
12:52il a eu des problèmes,
12:54mais parce que les autres
12:55n'étaient pas très contents
12:56de le voir se mêler de tout.
13:00Pour y arriver,
13:02il s'est mis aussi
13:03à utiliser
13:03les réseaux terroristes.
13:05Et là,
13:05ça a été,
13:06c'est pour l'instant,
13:06sa plus grande erreur.
13:08Il s'est mis
13:09à accueillir
13:10en Libye
13:11les réseaux terroristes,
13:13Abou Nidal en particulier,
13:14qui était un des plus méchants,
13:16un des plus mauvais,
13:17un des plus hargneux,
13:18si vous voulez,
13:18il a accueilli
13:21chez lui,
13:22à Tripoli,
13:24et ça a été la base
13:25donc de départ
13:26des actions terroristes
13:27d'Abou Nidal.
13:28Abou Nidal,
13:29qui était au départ
13:30un palestinien
13:31et qui avait monté
13:33un réseau
13:33extrêmement agressif,
13:35un des plus durs
13:36de tous ceux
13:37qui ont existé.
13:39Bon,
13:39évidemment,
13:40ça n'a plu à personne.
13:41Il y a eu des tensions
13:42de plus en plus fortes
13:44contre Kadhafi,
13:45avec des attentats
13:47perpétrés
13:49contre un avion
13:50du TA
13:51en particulier.
13:52Vous avez tout à fait raison.
13:53Il y a eu,
13:54ils ont fait tomber
13:55un avion
13:56du TA
13:57qui est tombé
13:58donc en Afrique,
14:00tiré par des missiles
14:03manœuvrés
14:03par des Libyens.
14:05Ils ont fait sauter
14:07un avion
14:08en mettant une charge
14:09dans la soute.
14:10À Lockerbie ?
14:10Oui, à Lockerbie.
14:13Évidemment,
14:14c'est pour ça
14:15que ça n'a pas
14:15déclenché l'enthousiasme
14:16pour les pays
14:17comme la France,
14:18l'Angleterre
14:19ou les États-Unis
14:19qui ont été concernés.
14:21Donc,
14:22de ce côté-là,
14:23il est devenu
14:24très rapidement
14:25totalement impopulaire
14:27avec,
14:28non seulement
14:29pour le monde arabe
14:30avec ce qu'il faisait,
14:30mais par le fait
14:31qu'en soutenant
14:31les mouvements terroristes
14:32et en laissant faire
14:34des actions
14:35ou en faisant
14:35des actions
14:36dans d'autres pays,
14:37ça ne pouvait pas coller.
14:38Et puis,
14:39il y a eu encore
14:40un autre volet avec lui,
14:41c'est qu'à un moment,
14:42il s'est dit
14:43le Pakistan
14:44a la bombe nucléaire,
14:46l'Irak est en train
14:48d'y penser.
14:49À l'époque,
14:49l'Iran,
14:50ce n'était pas vraiment
14:50encore son...
14:51Il commençait,
14:52mais ce n'était pas...
14:52Et il a dit
14:53mais pourquoi
14:53je ne l'aurais pas non plus ?
14:55Donc,
14:55il a fait venir
14:57le père
14:58de la bombe atomique
15:00pakistanaise
15:00qui est le père
15:01de toutes les bombes atomiques
15:02illégales
15:03à part l'israélienne,
15:04puisque l'israélienne,
15:05c'est les Français
15:06qui ont aidé,
15:06et pour les autres,
15:08ça a été le Pakistanais
15:09en Corée du Nord,
15:10c'est le Pakistanais.
15:12Donc,
15:12ils l'ont fait venir
15:13et ils voulaient faire la bombe.
15:14À ce moment-là,
15:15tout le monde a dit
15:15maintenant,
15:16il faut que ça s'arrête.
15:16Et c'est là
15:17où les choses sérieuses
15:18ont commencé.
15:19Parce qu'on trouvait
15:20que ça faisait
15:20vraiment trop.
15:21C'est là où il y a eu
15:22le bombardement
15:23par l'armée américaine
15:24de son palais ?
15:25Alors,
15:26exactement.
15:26Il a eu
15:27les Américains,
15:28première mesure
15:29de rétorsion,
15:30ils ont fait
15:31un bombardement
15:32de son palais
15:32et il a eu
15:33une de ses filles
15:34qui a été tuée.
15:35Alors,
15:35ça lui a quand même
15:36fait peur
15:36parce qu'il s'est dit
15:37là,
15:38je ne suis pas si puissant
15:39que ça,
15:40les autres pommes
15:41me tapaient dessus,
15:42évidemment,
15:42ça calme.
15:44Et puis,
15:44il y a eu
15:45des pressions terribles
15:46dans tous les sens
15:46et il s'est trouvé
15:48dans une situation
15:48difficile.
15:49Alors,
15:50j'aurais pu dire aussi
15:50que pendant toute cette période-là,
15:52toujours dans cette volonté
15:53expansionniste,
15:54il voulait fédérer
15:55les pays arabes
15:56mais aussi,
15:57il s'intéressait
15:57aussi à l'Afrique.
15:58Donc,
15:59il a été au Tchad
16:00et ils ont envahi
16:01une partie du Tchad,
16:02la fameuse bande d'Aouzou
16:04et il a voulu jouer
16:06un rôle
16:06où on voyait
16:07des émissaires libyens
16:09au Mali,
16:11au Tchad,
16:12au sud du Tchad,
16:14au Niger,
16:14dans toute la zone.
16:16Il voulait devenir,
16:17alors il disait
16:18j'ai de l'argent,
16:18je peux vous aider
16:19et il voulait financer
16:21des mouvements
16:21qui soient
16:23indépendantistes
16:23ou autonomistes
16:24ou en tout cas
16:25pro-libyens.
16:26Donc,
16:27il nous a tout fait.
16:29au Tchad,
16:30il voulait renverser
16:32le président
16:32Issa Nabré
16:33et la France
16:34à l'époque
16:34était intervenue.
16:35Issa Nabré
16:36était un chef
16:37du nord,
16:38du fameux Toubou,
16:39mais qui avait pris
16:40le pouvoir
16:41contre,
16:41il faut le savoir,
16:43contre les chefs
16:44traditionnels
16:45Toubou.
16:45Les principaux chefs
16:46traditionnels
16:47Toubou,
16:47ils étaient,
16:49ils avaient été,
16:50le chef,
16:50le grand chef
16:51avait été éliminé
16:52par l'équipe
16:53d'Issa Nabré
16:54et donc
16:57Kadhafi
16:57s'en était servi
16:58pour dire
17:00ce type
17:01n'a pas respecté
17:02les règles
17:02et tout ça
17:02donc il en avait
17:03profité
17:04pour envahir
17:04une partie
17:05du Tchad.
17:05À la demande
17:06du président
17:07tchadien,
17:07on est intervenu
17:08pour défendre
17:09le territoire
17:10tchadien
17:11et on est resté
17:12très longtemps
17:13en définitive.
17:14Ensuite,
17:15Kadhafi
17:16a changé
17:17de stratégie,
17:19il a décidé
17:20d'arrêter
17:20de faire
17:21la bombe atomique
17:22et il a dit
17:23à tout le monde
17:24je suis,
17:25moi je suis
17:26maintenant gentil,
17:27je regardais,
17:29je suis prêt
17:31à revenir
17:31dans le concert
17:32international.
17:33Alors,
17:34il a chassé
17:35aussi les terroristes,
17:36Abou Nidal
17:36et son équipe
17:37on leur a demandé
17:38de quitter
17:38le territoire.
17:39Donc,
17:40si vous voulez,
17:41il a,
17:41donc il disait
17:42regardez,
17:42je suis devenu
17:43quelqu'un de bien.
17:44Bon,
17:45personne n'en était
17:46convaincu quand même.
17:47Sur l'affaire
17:48de l'affaire
17:49du TA
17:50où quand même
17:51il avait fait
17:52tomber un avion
17:53de l'île français
17:54avec les gens
17:54et les passagers
17:55qui étaient dedans.
17:56Bon,
17:57le juge Brouillère
17:58avait été,
17:58je me souviens à l'époque,
18:00avait été en Libye
18:00pour enquêter
18:01et était revenu
18:02en disant
18:03ouais,
18:03ben pas de problème,
18:04c'est les Libyens.
18:05Bon,
18:06il y avait l'affaire
18:06de Lockerbie
18:07où là,
18:08il y a eu aussi
18:09une enquête
18:09et là,
18:10on a carrément
18:11indiqué les noms
18:12des gens
18:13qui étaient
18:13les deux agents
18:14secrets
18:15libyens
18:16qui avaient mis
18:17la bombe
18:17dans la soute.
18:19Donc,
18:20on avait plein...
18:22Et là,
18:24eh ben,
18:24il a été très loin
18:25puisqu'il a fait
18:26un truc
18:26que Normand
18:27en fait pas.
18:28Il a livré
18:29ses deux agents
18:29secrets
18:30pour qu'ils aillent
18:31en prison
18:32à l'étranger.
18:35Ce qui est énorme
18:36si je voulais
18:37parce que Normand,
18:38les agents secrets,
18:38on les livre pas.
18:40Bon,
18:40alors je pense
18:40qu'on leur a dit
18:41c'est pour la gloire
18:42de la Libye
18:42et on sortira
18:44au bout de quelques temps.
18:45Ce qui est vrai,
18:45ils sont sortis
18:46quand même
18:46quelques temps
18:46après,
18:47enfin quand même.
18:49Et il a dédommagé...
18:50Il a dédommagé
18:52les vies.
18:52Alors,
18:52pour avoir la paix,
18:53il a dédommagé
18:54les victimes
18:54en quantité.
18:56Donc,
18:56si vous voulez,
18:57tout allait mieux.
18:59Tout allait mieux.
19:00Il redevenait
19:01un personnage
19:03acceptable
19:04par les Occidentaux
19:05mais toujours pas
19:06par l'Arabie Saoudite
19:07et les autres.
19:08Il ne faut pas l'oublier.
19:09Mais,
19:10ça allait mieux.
19:11Et qu'est-ce
19:12qui s'est passé ?
19:13Il y a eu...
19:13Alors là,
19:14il y a eu cette affaire
19:15des infirmières bulgares.
19:17C'était plus fort que lui.
19:18Il fallait qu'il fasse
19:19des bêtises
19:20ou qu'il fasse des trucs
19:21ou qu'il fasse des annonces.
19:22Il était...
19:23Il y avait quand même
19:24une hubris
19:25qui s'était beaucoup
19:26agrandie depuis le temps.
19:27Et puis,
19:28c'était un showman,
19:30si vous voulez.
19:30Par exemple,
19:31moi,
19:31ça m'avait frappé
19:32à l'époque.
19:33Par exemple,
19:34dans sa garde présidentielle,
19:36je disais qu'il avait
19:36une garde présidentielle
19:38qui était composée
19:38avec des mercenaires
19:39Touareg,
19:40mais sa garde personnelle
19:43qui l'accompagnait partout,
19:44c'était une garde de femmes.
19:46Des Amazones.
19:47Des Amazones.
19:48Et je peux vous dire
19:49qu'elles étaient redoutables.
19:52Parce qu'elles étaient...
19:53Elles se faisaient tuer
19:54pour lui.
19:54C'était absolument incroyable.
19:56C'était vraiment...
19:57Bon.
19:58Elles avaient été super entraînées.
19:59Elles étaient super entraînées.
20:01Et il a accusé...
20:03Alors,
20:03c'est là où il y a eu
20:04ce grand clash,
20:05si vous voulez.
20:06Il a accusé
20:07des infirmières bulgares
20:09qui étaient venues travailler
20:10avec un médecin bulgare,
20:11d'ailleurs,
20:12qui étaient venues travailler
20:13à l'hôpital de Tripoli,
20:15donc pour aider
20:17les gens du coin
20:18en leur amenant
20:18des technologies,
20:19des techniques meilleures.
20:21Il les a accusés
20:22d'avoir propagé
20:23le sida auprès
20:24d'enfants libyens.
20:27Alors,
20:27pourquoi a-t-il fait ça ?
20:29Personne n'a jamais compris.
20:31Parce qu'il n'y avait pas
20:32de raison qu'il se braque.
20:33La Bulgarie
20:34ne lui avait rien fait du tout.
20:36Pourquoi a-t-il fait ça ?
20:37Dans quel but interne
20:38a-t-il fait ça ?
20:40Parce qu'il y a certainement
20:41une raison
20:42de politique interne.
20:44Bon.
20:44Mais en fait,
20:45il aurait dit
20:45qu'il a fait ça.
20:46Puis alors,
20:46les malheureuses,
20:47il les a mis en prison
20:48et ils l'ont fait torturer.
20:50et les médecins aussi d'ailleurs
20:51et ils ont condamné à mort.
20:53évidemment,
20:54tous les grands pays mondiaux
20:57ont dit
20:57mais c'est pas possible.
20:58C'est scandaleux,
20:59c'est inacceptable.
21:00Mais toutes les tentatives
21:02qui ont été faites,
21:03il faut savoir,
21:04il y a eu des quantités
21:05de tentatives
21:06au niveau européen,
21:08au niveau des organisations
21:09qui sont habituées
21:11à faire des négociations
21:12secrètes,
21:13je dirais,
21:14de ce genre.
21:16tout le monde s'est planté.
21:18Personne n'est arrivé
21:19à trouver une solution
21:21et c'est malheureux.
21:22Tout ce qu'on a pu obtenir,
21:23c'est qu'elle ne soit pas
21:23condamnée à mort,
21:24qu'on arrête
21:26la condamnation à mort,
21:27mais être en prison à vie
21:30dans une prison libyenne,
21:31excusez-moi,
21:32il vaut mieux être condamné à mort.
21:34Donc,
21:35c'était affreux.
21:36Et c'est là
21:37où le président Sarkozy,
21:39parce qu'il faut le dire,
21:40c'est lui,
21:41le président Sarkozy
21:42a donné des instructions
21:44pour voir comment
21:45est-ce qu'on pouvait
21:46trouver une solution
21:46pour les sortir.
21:47Et que certains
21:48de ses collaborateurs
21:50ont été sur place
21:52pour négocier
21:55la sortie
21:56des infirmières bulgares.
21:58Et ils y sont arrivés.
22:00Mais ça a été très loin
22:01puisqu'on sait que
22:02Claude Guéant
22:03y a participé.
22:04Et même
22:04Mme Sarkozy
22:05de l'époque,
22:06Mme Sarkozy,
22:08a été voir le guide.
22:10Oui, c'était impressionnant.
22:10Alors, on dit que
22:11c'est parce que lui,
22:12il a exigé.
22:13Ça, c'est encore autre chose.
22:15Mais enfin,
22:16il y a été.
22:16Et il fallait y aller
22:19pour discuter
22:20avec le guide.
22:20Donc, les Français
22:21ont eu un rôle
22:22très important.
22:23Il y a une chose
22:23qui m'a beaucoup surprise
22:25dans le procès
22:26qui s'est passé,
22:26c'est qu'on a accusé
22:28de tous les maux
22:28Claude Guéant
22:29et les autres.
22:31On a oublié quand même
22:32qu'il avait été
22:33plusieurs fois en Libye,
22:34non pas pour,
22:34soi-disant,
22:35récupérer de l'argent,
22:37mais pour négocier
22:38avec les infirmières
22:38en Libye.
22:39Donc, si vous voulez,
22:40il avait un contact
22:41avec les Libyens
22:43qui n'avait rien à voir
22:44avec des questions
22:45d'intérêts financiers.
22:46Il avait un contact,
22:47à l'époque,
22:48c'était pour sortir
22:49ces fameuses infirmières.
22:50Et ça,
22:50les gens l'ont oublié.
22:51Et on continue encore
22:52l'histoire.
22:53Qui avait fait les attentats ?
22:55Qui avait commandé
22:56les attentats ?
22:56Les attentats avaient été
22:58faits, commandés
22:58par le chef
22:59des services secrets
23:01de l'époque,
23:02chez les Libyens,
23:03qui s'appelait
23:04Senoussi.
23:05Et Senoussi,
23:06lui,
23:07c'était un chef
23:07de tribu,
23:08d'une des tribus.
23:09On vient toujours
23:10à la même chose.
23:11Il avait été placé
23:12là par Kadhafi
23:13parce qu'en le mettant
23:15là avec lui,
23:16ça le sécurisait,
23:17si vous voulez,
23:17par rapport aux autres.
23:19Une fois qu'on a terminé
23:20avec les infirmières bulgares,
23:22à ce moment-là,
23:23c'est nous
23:23qui avions négocié.
23:25Donc,
23:25on était bien vus.
23:27Et on s'est dit,
23:29le pays est riche.
23:31Enfin, riche,
23:32il y a du pétrole,
23:32il y a plein de choses.
23:33On pourrait peut-être
23:34renégocier avec lui
23:35au niveau du pétrole,
23:36mais surtout aussi
23:37sur les infrastructures.
23:39Parce que c'est vrai
23:40que sur le plan militaire,
23:43déjà,
23:43la Libye nous avait acheté
23:45à l'époque des Mirages.
23:46Mais ils étaient
23:47mal entretenus,
23:48très fatigués,
23:49ils volaient pratiquement plus.
23:50Je crois qu'il en restait
23:51un qui volait ou deux.
23:53Bon,
23:53ils ne volaient plus.
23:54L'aéroport de Tripoli,
23:57les conditions de vol,
23:58enfin,
23:59l'équipement électronique
24:00de sécurité
24:01n'était pas terrible.
24:03les ports,
24:04il n'y avait pas de surveillance.
24:06Bon,
24:06on s'est dit,
24:07il y a un vrai marché pour nous.
24:08Donc,
24:09c'est vrai que les industriels
24:10français de défense,
24:12les industriels français
24:13d'infrastructures,
24:15les aéroports,
24:16les ports,
24:17les routes,
24:18bon,
24:19la surveillance côtière,
24:21tout le monde
24:21s'est précipité
24:22pour dire,
24:23on va faire des affaires
24:24avec la Libye
24:25maintenant qu'on est bien
24:26à faire des affaires.
24:27Et là,
24:28comme toujours dans ces cas-là,
24:29quand il s'agit d'affaires
24:30de défense,
24:31on a vu arriver
24:32les intermédiaires,
24:34dont deux qui ont été épinglés
24:36après dans le procès
24:37du Président Sarkozy,
24:39qui ont été
24:39Takédine,
24:41Ziad Takédine,
24:42qui est décédé
24:42il y a quelque temps,
24:43et
24:45Alexandre Djouri.
24:47Deux intermédiaires
24:48très connus
24:48puisqu'ils avaient déjà sévi
24:49au Liban,
24:51en Arabie Saoudite,
24:52enfin,
24:52dans tous les pays
24:53du Proche-Orient,
24:54pour nous.
24:55Et là,
24:55on les a vus revenir
24:58sur la Libye
25:00avec...
25:00Là,
25:01je peux le raconter
25:02parce que j'ai témoigné
25:03là-dessus au tribunal,
25:05donc,
25:06avec le fait
25:07qu'il fallait
25:09renouveler
25:10l'armée de l'air,
25:10enfin,
25:11il fallait restaurer
25:12les capacités
25:13de l'armée de l'air
25:14libyenne.
25:15Donc,
25:16il y avait
25:16une grande société
25:18française de défense
25:19qui proposait
25:20de remettre en état
25:21les migues
25:22et les mirages.
25:23Et puis,
25:24bien sûr,
25:24il y avait Dassault
25:25qui disait,
25:26mais on ne va pas
25:27retaper des migues
25:28et des mirages,
25:29ce n'est pas la peine,
25:30on va leur vendre
25:31des rafales.
25:32Et là,
25:33il y a eu un conflit
25:34entre les deux intermédiaires
25:35qui représentaient
25:37deux grandes sociétés
25:38françaises.
25:40Au détriment...
25:40Et là,
25:41pourquoi l'État
25:42est intervenu ?
25:43C'est parce qu'à un moment,
25:44on leur a dit,
25:45ça suffit,
25:46arrêter d'utiliser
25:48tous les moyens,
25:49l'influence,
25:49la contre-influence,
25:51les fake news,
25:51enfin,
25:52tout y est passé.
25:53Tout y passait.
25:54On leur a dit,
25:55il faut arrêter
25:55parce que l'intérêt,
25:56c'est quand même
25:57que la France
25:57signe un contrat.
25:59En définitive,
25:59on n'a signé
26:00aucun contrat.
26:01Donc oui,
26:02ça a été un échec.
26:03La sécurité,
26:04la sécurité des côtes,
26:06pareil.
26:07L'aéroport...
26:08En définitive,
26:08on s'est beaucoup agité,
26:11mais est-ce que c'est
26:12parce que les intermédiaires
26:13voulaient trop de commissions ?
26:15Je pense que c'est
26:16un des éléments du problème,
26:17mais pas le seul.
26:18Est-ce que c'est parce
26:19qu'on se faisait
26:19la guerre entre Français ?
26:21Ce qui est évidemment
26:22désastreux,
26:23mais notre plan d'action
26:26en Libye
26:27a été un échec total.
26:29Vous êtes intervenu
26:29lors du procès
26:30du président Sarkozy
26:31sur les soupçons
26:34de financement libyen
26:35de la campagne présidentielle
26:37en 2007.
26:38Pourquoi vous avez été cité ?
26:40Parce que vous étiez
26:41l'ancien directeur
26:42du renseignement
26:43de la DGSE.
26:44Oui, surtout,
26:45j'ai été cité
26:46comme...
26:46Et responsable
26:47de l'intelligence économique
26:48à Matignon.
26:49C'est ça.
26:49Qu'est-ce que vous avez
26:51ressenti, vous,
26:52de ce procès
26:55et, à votre avis,
26:58le dessous des cartes
26:59de cette affaire ?
27:01Sur le plan du procès,
27:02moi, ce qui m'a frappé,
27:03si vous voulez,
27:03c'est depuis le début,
27:05depuis le premier jour
27:06dans ce procès,
27:06c'est que pour avoir...
27:08Vous savez,
27:08quand vous êtes convoqué
27:09comme témoin,
27:09vous avez quand même
27:10un certain nombre
27:11de dossiers
27:11qu'on vous envoie.
27:12C'est normal.
27:13Bon, et puis j'ai suivi
27:15aussi tout ce qui a été
27:17raconté pendant,
27:18j'écoutais avant,
27:19j'ai essayé de comprendre
27:19quand même.
27:20Et moi, il y a une chose
27:21qui m'a frappé,
27:21c'est que sur le plan
27:23des preuves factuelles,
27:25il n'y avait rien,
27:26absolument rien,
27:28qui concernait
27:29Nicolas Sarkozy.
27:30Alors, il y avait
27:30les visites de ses ministres,
27:32il y avait plein de choses,
27:33il y avait les intermédiaires
27:34et tout ça,
27:34mais lui,
27:35il n'y avait nulle part.
27:37Donc, moi,
27:37c'est ça qui m'a frappé,
27:38si vous voulez,
27:38c'est qu'il n'y avait
27:41absolument rien,
27:42rien du tout.
27:43Par contre,
27:44c'est vrai qu'on peut
27:45se poser des questions,
27:46alors là,
27:46c'est autre chose,
27:47on peut se poser des questions
27:48sur le fait que
27:49pourquoi avoir fait,
27:50et moi,
27:50c'est ce qui m'a le plus choqué
27:51dans cette affaire,
27:53si vous voulez,
27:53c'est quand j'ai découvert
27:54au procès,
27:54parce que je l'ignorais,
27:56c'est que Claude Guéant
28:00et Hortefeu,
28:01l'ancien ministre de l'Intérieur,
28:02avaient été rencontrés,
28:03c'est nous aussi.
28:04Or, Abdallah,
28:04c'est nous aussi,
28:05chef des services secrets,
28:06poursuivi en France
28:07pour deux attentats
28:10terribles,
28:12enfin,
28:12du moins l'attentat
28:13de l'UTA,
28:13il était poursuivi
28:14pour d'autres ailleurs.
28:16Ce n'est pas le rôle
28:16d'un ministre de la République
28:18de rencontrer quelqu'un
28:19qui est un assassin
28:20de 200 Français,
28:22à mon avis.
28:23Moi, ça m'a choqué,
28:24je pense,
28:25et je l'ai dit d'ailleurs,
28:26c'est pourquoi je le dis
28:27parce que je l'ai dit,
28:28ça c'est le rôle
28:29des services de renseignement.
28:31Moi qui suis un ancien
28:32des services de renseignement,
28:33que le patron
28:33des services de renseignement
28:34ou un de ses collaborateurs
28:36rencontre un personnage
28:38comme c'est nous aussi
28:39pour négocier,
28:40discuter avec lui
28:41de tout ce qu'on veut,
28:42ça c'est leur métier.
28:44Mais qu'un ministre
28:45de la République
28:46rencontre effectivement
28:47quelqu'un
28:48qui est quand même
28:48accusé du meurtre,
28:50il n'y a pas d'autre terme,
28:51de l'assassinat
28:52de 200 Français,
28:53ça, ça m'a beaucoup
28:54choqué.
28:55Ça c'est vrai,
28:55je ne le cache pas,
28:57je le trouve toujours,
28:58aujourd'hui encore,
28:59je me dis que c'est incroyable.
29:00Comment se fait-il
29:01à votre avis aussi
29:02que,
29:03et pourquoi,
29:04Nicolas Sarkozy
29:05a-t-il accueilli
29:06à l'époque
29:07Kadhafi,
29:08qui a planté sa tente
29:10dans les jardins
29:11de l'Elysée,
29:12cette logique,
29:14quelle était la logique ?
29:15Parce que là,
29:15vraiment,
29:16on l'a accueilli.
29:17Mais c'est ce que
29:17je vous disais tout à l'heure,
29:19c'est que Kadhafi,
29:20il y avait beaucoup d'argent
29:21chez Kadhafi.
29:22Alors tout le monde
29:22se disait,
29:24il y a bon,
29:24on va en profiter,
29:25on va leur vendre
29:26plein de trucs.
29:27Moi,
29:27je ne suis pas Nicolas Sarkozy,
29:28mais je pense
29:29qu'il s'est dit,
29:31nous on a déjà,
29:32on a de très bonnes relations
29:33avec lui,
29:33on lui a arrangé le coup
29:34avec les infirmières bulgares,
29:36donc maintenant,
29:37il est reçu à l'extérieur,
29:39ce qui n'était pas le cas avant.
29:40Donc en contrepartie,
29:41on va dire,
29:41écoute,
29:42on a joué avec toi,
29:43on a rendu sérieux,
29:44c'est maintenant,
29:45toi,
29:45tu vas nous faire ce service,
29:46tu vas faire plein de contrats
29:47avec nous.
29:48Entre parenthèses,
29:49on ne l'a jamais dit,
29:49mais on ne l'a pas
29:50évidemment dit en France,
29:52avant de passer en France,
29:53il avait été en Italie,
29:55Kadhafi,
29:55et ils avaient reçu,
29:57alors pas,
29:57il n'avait pas mis sa tante,
29:58comme en France,
29:59mais il avait été reçu,
30:01et là aussi,
30:03les Italiens,
30:04lui disant,
30:05souvenez-vous quand même
30:06que l'Italie a été
30:07la grande amie
30:08de la Libye depuis toujours,
30:09il faut faire des affaires
30:10avec vous.
30:11Alors qu'est-ce qu'il sait ?
30:12Il a été aussi en Espagne,
30:13il a été partout.
30:15Bon, là où je pense
30:17que les Français
30:17sont de nouveau furieux,
30:19c'est que nous,
30:19on lui avait permis,
30:21sachez-vous que ça me laisse rêveur,
30:23de mettre sa tante,
30:24enfin,
30:24si on n'a jamais vu ça,
30:25ça c'est vrai,
30:27de monter sa tante,
30:28c'était pas sérieux,
30:29mais bon,
30:31il met sa tante,
30:32on dit,
30:33on fait tout,
30:34on déploie le tapis rouge,
30:35et qu'est-ce qu'on constate
30:36à l'arrivée,
30:36c'est que les autres
30:37ont eu des contrats
30:37et pas nous.
30:38Ah oui.
30:39Alors je vous disais tout à l'heure,
30:40une des raisons,
30:41c'est que nous,
30:42on a exagéré,
30:43et on s'est battus entre nous,
30:45il n'y a pas de doute,
30:46mais enfin quand même,
30:47on n'a rien récupéré,
30:49les Espagnols,
30:50l'Italien,
30:50n'ont plus de contrats que nous.
30:52Alors comment...
30:53Oui,
30:53donc c'est là,
30:54on se dit quand même,
30:56on s'est fait rouler
30:56dans la farine.
30:57Comme on passe
30:58d'un accueil chaleureux,
31:01la tante à la maison,
31:02et ainsi de suite,
31:04à tout d'un coup,
31:06on déclare la guerre
31:07à la Libye.
31:09Alors qu'est-ce qu'il...
31:09Oui,
31:10alors là,
31:11là il y a deux choses,
31:12si vous voulez,
31:13enfin il y a deux choses,
31:13il y a une chose,
31:14d'abord,
31:15personne,
31:16nous ne sommes pas
31:16dans la tête du président
31:17de la République,
31:18je suis incapable de vous dire
31:19ce qui est passé par sa tête,
31:20et on n'a pas encore,
31:22les historiens n'ont pas encore
31:23pu avoir les archives,
31:24puis s'il y aura,
31:25il faut 30 ans,
31:26vous savez,
31:26minimum,
31:27minimum,
31:28il faut 30 ans
31:29pour que les archives sortent.
31:30donc compte tenu de la date
31:32de la guerre en Libye,
31:33il faut encore attendre
31:34un petit peu de temps
31:35avant que les historiens
31:36puissent aller voir.
31:37Ce qui est sûr,
31:38c'est que le motif,
31:38par contre,
31:39choisi,
31:39était totalement bidon.
31:41Comme je vous ai dit
31:41tout à l'heure,
31:43les tribus,
31:44et surtout la tribu de Benghazi,
31:47a toujours été
31:48une tribu très remuante.
31:50Il n'y a pas qu'elle,
31:51il y en a d'autres,
31:52mais il y a été,
31:53une tribu très remuante
31:55dans le cadre
31:56de l'histoire de la Libye.
31:58Il suffit de regarder l'histoire
31:59pour le savoir,
32:01donc quand ça a bougé un peu,
32:04quand ça s'est mis à bouger,
32:07pour différents motifs,
32:09bon,
32:10il y a eu des réactions,
32:11je dirais,
32:12du gouvernement libyen,
32:14exactement les mêmes
32:15que vous avez,
32:16comme il y a eu à l'époque
32:17de Saddam Hussein
32:18ou de tous les dirigeants arabes.
32:20Dans le monde arabe,
32:22la langue arabe le facilite,
32:24on aime l'emphase.
32:26Une bataille,
32:27non,
32:28ce n'est pas une bataille simple,
32:29c'est la mère des batailles.
32:30Vous voyez,
32:31on met toujours
32:32beaucoup d'emphase.
32:33Et là donc,
32:34quand on vous dit
32:35celui en face,
32:37toi,
32:37fils de chien,
32:39je vais t'étriper au soleil
32:42en te coupant
32:42en mille morceaux,
32:43et autres,
32:44c'est des phrases.
32:45Alors là,
32:46qu'est-ce qui se passe ?
32:47Kadhafi menace.
32:48Bon.
32:50Nous,
32:50on prend fait
32:51et cause
32:51en disant
32:52l'armée de Kadhafi
32:54est en train
32:54de monter
32:55sur Benghazi.
32:56Alors,
32:56la vérité,
32:58vous pouvez vérifier
32:58ce que je vous dis,
32:59c'est factuel.
33:00Il y avait deux chars
33:02à 80 kilomètres.
33:03De qui se moque-t-on ?
33:05Est-ce que deux chars
33:06à 80 kilomètres,
33:08c'était l'écrasement
33:09de Benghazi ?
33:10Bien sûr que non.
33:11Par contre,
33:12ce qui était intéressant,
33:14c'est qu'à Benghazi,
33:17ceux qui ont été là-bas
33:18ont pu voir
33:19qu'il y avait
33:19des katibas djihadistes
33:22qui étaient arrivés
33:25et qui étaient installés
33:26à Benghazi.
33:27C'est-à-dire que,
33:28oui,
33:29on préparait
33:30quelque chose
33:31puisqu'il y avait
33:32des katibas djihadistes
33:33envoyés
33:35de la zone djihadiste
33:37Irak,
33:37Syrie
33:40et Qatar.
33:41Parce que le Qatar,
33:42il y en avait une
33:43dont les gens
33:43parlaient,
33:44enfin,
33:45venaient du Qatar.
33:47Donc,
33:47il y avait
33:48des katibas djihadistes
33:49qui étaient donc venus.
33:50Donc,
33:50oui,
33:51ils préparaient,
33:51mais ce n'était pas
33:52dans le sens
33:54Kadhafi-Verbe,
33:55c'était le contraire.
33:56Et comme on l'a su,
33:58c'est parce qu'il y a
33:58des observateurs français,
34:00entre autres,
34:01qui étaient sur place
34:02et qui l'ont dit,
34:03qui l'ont identifié
34:04et qui ont même alerté
34:06le gouvernement français
34:08en disant,
34:08attention,
34:09à Benghazi,
34:10il y a des katibas djihadistes.
34:13D'accord.
34:13Ce n'était pas,
34:15comme on l'a entendu,
34:17la continuité
34:18du printemps arabe.
34:19Alors,
34:19certains,
34:20effectivement,
34:20ont dit que,
34:21comme le président
34:22Sarkozy était vexé
34:23d'avoir loupé
34:24le printemps arabe,
34:26il n'avait pas été
34:26mêlé du tout
34:27au printemps arabe.
34:28C'est des Américains
34:29qui avaient tout organisé
34:31en Tunisie,
34:33en Égypte
34:34et en Syrie.
34:35après,
34:36j'ai été le début
34:37de la guerre en Syrie.
34:38Bon,
34:39il n'était pas content,
34:40donc il a dit,
34:41moi,
34:42je vais faire
34:42ma petite guerre
34:43du printemps arabe.
34:44Certains ont dit ça.
34:45Je ne crois pas
34:46que ce soit si vrai
34:47que ça,
34:47parce que,
34:48c'est moins clair,
34:50il y a beaucoup de choses
34:51derrière.
34:51On ne saura pas la vérité
34:53avant,
34:53je vous l'ai dit,
34:54avant la limite
34:55des 30 ans.
34:56Et vous savez
34:56qu'on a obtenu
34:57l'accord de l'ONU
34:58pour intervenir,
35:00mais on n'a pas
35:01respecté l'accord
35:02de l'ONU.
35:03Puisqu'on devait
35:04simplement déstabiliser
35:06le régime,
35:07enfin le punir
35:08parce qu'il avait
35:09cherché à déstabiliser
35:10Benghazi,
35:12et qu'en définitive,
35:13on a été nous
35:14jusqu'à tuer
35:15Kadhafi
35:16et le remplacer.
35:18Kadhafi disparaît,
35:19la Libye
35:20implose.
35:21Oui,
35:21parce que,
35:22comme je vous ai dit
35:23tout à l'heure,
35:24la Libye,
35:25toute l'histoire,
35:26on revient à l'histoire
35:27de la Libye du départ.
35:28C'est pour ça que
35:30tuer Kadhafi,
35:31et il ne fallait pas
35:32le faire.
35:33Parce que Kadhafi
35:35fédérait la Libye,
35:36on pouvait le coincer,
35:38on pouvait lui dire
35:39« Attends,
35:39tu as fauté,
35:41tu vas voir,
35:42mais il ne fallait
35:42surtout pas le tuer
35:43parce que c'est lui
35:44qui tenait tout le monde.
35:45Ou alors,
35:46il fallait remettre
35:46le roi,
35:47il fallait mettre
35:48un roi à la place,
35:49dire « Allez,
35:50on remplace,
35:51mais il fallait tout de suite
35:53faire quelque chose,
35:54vous voyez ? »
35:55Ou on mettait un roi
35:56ou on laissait Kadhafi,
35:57mais il ne fallait surtout
35:58pas laisser un autre système
35:59se développer.
36:00Parce que qu'est-ce
36:01qui s'est passé ?
36:02Chaque tribu a dit
36:03« Je reprends ma liberté. »
36:06Alors la tribu de Misrata,
36:07elle a dit
36:07« Hey,
36:09le port,
36:10c'est pour moi,
36:10la zone,
36:11c'est pour moi,
36:12moi l'économie. »
36:13À Tripoli,
36:14ils sont des djihadistes
36:15qui ont pris le pouvoir.
36:16À Zentan,
36:17ils étaient proches
36:18de Kadhafi,
36:19donc ils ont hébergé
36:20le fils Kadhafi
36:21sans le mettre en prison,
36:23en disant
36:23« Non, non, nous,
36:24on est fidèles,
36:25on le garde avec tout,
36:26mais vous ne rentrez pas
36:27chez nous,
36:27parce que sinon,
36:28on vous massacre. »
36:29Ça a été,
36:31chaque tribu
36:32a fait sa politique.
36:33Et alors,
36:34il s'est passé une chose,
36:35c'est qu'il y avait,
36:37il y a quand même
36:39deux blocs
36:39qui se sont constitués,
36:42je dirais,
36:43même trois,
36:43avec les indépendants,
36:45les autonomes,
36:46comme Zentan.
36:46Mais il y avait plutôt
36:48les djihadistes,
36:49soutenus par les Turcs,
36:51il ne faut pas l'oublier,
36:53par l'armée turque,
36:54qui s'est installée
36:55à Misrata
36:56en disant
36:57« Puisque je vous fournis
36:58du matériel,
36:59je vous fournis
36:59tout ce qu'il faut
37:01pour vous battre
37:01la contrepartie,
37:03vous me donnez en cadeau
37:04le port du Misrata,
37:05comme base militaire. »
37:07Donc il y a une vraie
37:07base militaire turque
37:08officielle en Libye.
37:10Absolument.
37:10Mais d'un autre côté,
37:11du côté de l'Égypte,
37:14ils détestent les djihadistes.
37:16C'est évident,
37:17les frères musulmans
37:18et autres,
37:18ils connaissent.
37:20Ils ont quand même eu
37:21sa date assassinée.
37:22Donc Sisi a dit
37:23« Je ne peux pas laisser
37:25la gangrène
37:26se mettre dans le pays
37:27qui est à la frontière
37:28du mien. »
37:30Puis il y a une longue frontière
37:31comme on l'a rappelé
37:32tout à l'heure
37:33entre l'Égypte
37:34et la Libye.
37:35Il a dit
37:35« Je ne peux pas.
37:36Donc il faut que j'intervienne. »
37:37Et qu'est-ce qu'il a fait ?
37:38Il a dit
37:39« Moi, je vais fédérer
37:40»
37:40« Pas idiot.
37:42La zone qui est proche
37:43de la frontière égyptienne
37:45ou entre parenthèses
37:46il y a les puits de pétrole.
37:47Ce n'est pas forcément mauvais.
37:49Il veut fédérer ça.
37:51Et qui il a pris
37:52pour fédérer ça ?
37:53Il a pris
37:53un général
37:54de l'armée,
37:55un maréchal,
37:56de l'armée de Kadhafi
37:58qui s'appelle
37:58le maréchal Haftar.
38:00Et Haftar,
38:01donc,
38:01est devenu le chef
38:03appuyé par
38:04l'Égypte,
38:05l'Arabie saoudite
38:06qui détestait Kadhafi,
38:07les Émirats,
38:08enfin,
38:08tous les pays
38:09qui étaient
38:10contre Kadhafi
38:11ont dit
38:11« Arabe,
38:12on va soutenir Haftar.
38:14Il est légitime,
38:15il est bien,
38:15c'est un militaire,
38:16il est sérieux et tout. »
38:18Et il va fédérer
38:19cette partie-là.
38:20Et de l'autre côté,
38:21vous avez les djihadistes
38:22qui ont mis la main
38:22sur Tripoli.
38:23Et la France
38:24se situe où ?
38:25Et alors,
38:25la France,
38:26elle était très mal
38:27parce que Tripoli,
38:29les djihadistes,
38:29c'est quand même
38:30un peu ennuyeux.
38:31Tout d'où
38:32est-ce qu'il s'est passé
38:32chez nous
38:33et les troubles
38:34qu'il y avait chez nous ?
38:36De l'autre côté...
38:37Mais c'était même fantastique
38:39parce que vous avez eu,
38:41au début de l'histoire,
38:42vous avez eu
38:43un gouvernement élu
38:45qui était djihadiste,
38:46mais le Parlement
38:48qui représentait
38:49toutes les tribus,
38:50le Parlement
38:51représentait toutes les tribus,
38:53lui,
38:53il n'était pas djihadiste
38:54du tout.
38:55Donc quand ils se sont rendus
38:56compte que le gouvernement
38:57était trop djihadiste,
38:59qu'est-ce qu'il a fait,
38:59le Parlement ?
39:00Il est allé s'installer
39:01à Bagazi
39:01de l'autre côté.
39:02Ce qui fait qu'aujourd'hui,
39:04Haftar vous dit
39:04« Je suis légitime
39:06parce que moi,
39:07je suis avec le Parlement. »
39:09Et le gouvernement dit
39:09« Je suis légitime
39:10puisque je suis à la capitale
39:11et c'est moi le gouvernement. »
39:13Qu'est-ce qui vient
39:13de se passer récemment ?
39:15Maintenant,
39:16quand même,
39:16avec le temps,
39:18les deux belligérants
39:19se sont battus.
39:20Très sévérant.
39:21On a pensé
39:22à un moment
39:22qu'Haftar allait arriver
39:23à prendre le pouvoir
39:24à Tripoli,
39:25mais les Turcs,
39:26avec les fameux drones,
39:28que maintenant
39:28on est habitué
39:29avec les drones en Ukraine,
39:30on sait ce que c'est,
39:31mais à l'époque,
39:32les Turcs ont amené
39:34leurs drones
39:35pour attaquer
39:36l'armée d'Haftar
39:37et là,
39:38les troupes d'Haftar
39:39se sont paniquées
39:40exactement comme en Arménie,
39:42les troupes arméniennes
39:43se sont paniquées
39:44quand les Azerbaïdjanais
39:45ont utilisé
39:46les drones turcs.
39:47Parce que,
39:48maintenant,
39:49on sait qu'un drone
39:50vous tombe sur la tête,
39:51vous balance une grenade
39:52et vous êtes mort.
39:53Mais à l'époque,
39:54on ne savait pas ça.
39:55On n'avait jamais imaginé ça.
39:57Donc,
39:58si vous voulez,
39:58quand les combattants,
39:59il faut se mettre
40:00dans la peau
40:00des combattants d'Haftar,
40:02c'est des gens sérieux,
40:03des solides.
40:05Bon,
40:05mais quand vous avez
40:06des drones
40:07qui vous arrivent dessus
40:08et qui vous tuent,
40:10ça,
40:10personne ne l'avait prévu.
40:12Il peut y avoir
40:12des bombes aériennes,
40:13il peut y avoir
40:14des tirs de canons,
40:15mais ça,
40:16des fusils,
40:17mais ça,
40:17ça n'existe pas.
40:18Donc,
40:18ça a été la débandade.
40:20Du coup,
40:21Haftar s'est replié
40:22et on est revenu
40:23à une espèce d'équilibre.
40:25Ce qui fait qu'aujourd'hui,
40:28tout le monde
40:29essaie de dire
40:30qu'il serait peut-être temps
40:31quand même
40:31qu'on réfléchisse
40:32à une solution
40:33un peu plus unifiée.
40:35Donc,
40:36il y a des discussions.
40:37Haftar a pris sa retraite
40:38et a nommé son fils
40:39à sa place.
40:40Les Égyptiens
40:41et les Saoudiens,
40:43ils sont avec les Américains,
40:44comme vous savez,
40:45pour Israël
40:46et dans le plan
40:4721 points
40:48pour Gaza.
40:49Donc,
40:50tous les pays
40:51qu'on retrouve
40:51sur le plan
40:5321 points
40:53pour Gaza,
40:54ils appuient
40:56Haftar
40:57et d'un autre côté,
40:58au niveau
41:00des djihadistes,
41:01c'est vrai
41:02qu'ils sont moins puissants
41:03parce que
41:04les Turcs
41:04qui les soutiennent
41:05aujourd'hui
41:06jouent un jeu
41:07quand même
41:07un peu plus équilibré
41:08pour des intérêts
41:10stratégiques turcs,
41:11géopolitiques turcs.
41:12Donc,
41:13on pourrait aller
41:14vers une approche.
41:15Et alors là,
41:16il y a quelqu'un
41:16qui est arrivé,
41:17alors que nous,
41:18là-dedans,
41:19on ne touche pas terre,
41:20il faut être clair,
41:21mais il y a quelqu'un
41:22qui a compris ça
41:22merveilleusement bien,
41:23c'est Mélanie,
41:24Jean-Jean Mélanie,
41:25la première ministre italienne.
41:27Vous savez qu'en Algérie,
41:29elle a raflé tout le pétrole d'Algérie
41:32qui restait à son profit,
41:34au détriment des Français.
41:36En Tunisie,
41:38elle est partout,
41:39en Tunisie,
41:40ils sont partout.
41:41Alors,
41:41la Libye,
41:42c'était,
41:42elle l'a dit d'ailleurs,
41:45avant d'être élue,
41:46elle disait,
41:47qu'est-ce que les Français
41:48ont été faire en Libye,
41:50alors que c'est un territoire
41:52traditionnellement
41:52qui est concerné par l'Italie.
41:54Alors,
41:55qu'est-ce qu'elle a fait ?
41:55Ben,
41:55il y a été,
41:56elle,
41:57elle a négocié avec tout le monde
41:58en disant,
41:59mais moi,
42:00résultat,
42:01tout le pétrole de Benghazi,
42:02elle vient de le rafler
42:03avec l'ENI,
42:05donc elle refait la politique
42:07de Mattei,
42:08qui était le patron de l'ENI
42:09il y a très longtemps
42:10et qui a été tué
42:11dans un accident d'avion suspect,
42:13c'est au moins qu'on puisse dire,
42:15mais qui était en train
42:16de développer la puissance
42:18de l'industrie pétrolière italienne.
42:21Donc,
42:22elle a repris pied là
42:23et comme elle a pris pied
42:24aussi en Égypte,
42:25parce qu'elle est au mieux
42:26avec le maréchal Sissi,
42:29si vous voulez,
42:30elle est en train
42:30de compléter la mainmise
42:32de l'Italie
42:32sur toute la zone.
42:35Et c'est une grande lueur
42:36d'espoir pour nous tous
42:37parce que
42:39Mélanie,
42:40quand elle négocie
42:41avec les chefs d'État,
42:42elle l'a fait avec la Tunisie,
42:43elle l'a fait avec la Libye
42:46et l'Égypte,
42:48elle dit,
42:49vous me stoppez l'immigration,
42:50vous me réduisez l'immigration,
42:52puisque,
42:53comme vous le savez,
42:55la Tunisie
42:55ou la Libye
42:57ont toujours été
42:58des points de passage
42:59importants
43:00vers l'Europe,
43:01et bien là,
43:02elle dit non,
43:03vous arrêtez.
43:03Et comme ils ne sont pas fous en face,
43:05ils ont des contreparties,
43:06du coup,
43:07effectivement,
43:08le nombre de passes
43:10de migrants
43:11venant de la Libye
43:12a considérablement réduit
43:13comme de la Tunisie.
43:15Et c'est vrai que
43:17avant du temps de Kadhafi,
43:18personne ne passait
43:19et donc ça protégeait
43:21des vagues...
43:22C'est là où on voit,
43:23c'est ce que je disais tout à l'heure,
43:25Kadhafi,
43:26il n'était pas...
43:27Eh bien, s'il fallait tuer
43:29tous les chefs d'État insupportables
43:31qu'il peut y avoir dans le monde,
43:33et donc,
43:33on n'arrêterait pas
43:34d'en tuer un tous les jours.
43:35Il faudrait une année entière
43:37pour les tuer tous.
43:38Alors, il faut arrêter.
43:40Il avait des défauts énormes,
43:43mais il empêchait
43:44les passages de migrants.
43:45Le pétrole fonctionnait bien,
43:48il n'y avait pas de problème avec lui.
43:50Son pays,
43:51les gens n'étaient pas si malheureux que ça.
43:53C'était une dictature,
43:55mais une dictature plutôt molle
43:56par rapport à d'autres.
43:59On a eu tout faux dans cette affaire.
44:01Je laissais bien des Libyens
44:03qui, après la chute du système,
44:06sont venus voir à Paris
44:08en me disant
44:09« Vous nous avez détruit notre pays,
44:11qu'est-ce que vous allez faire
44:12pour le reconstruire ? »
44:13Et là, vous savez que c'est gênant
44:14quand quelqu'un vous dit ça de face
44:16en vous disant
44:17« Vous avez complètement détruit mon pays,
44:19qu'est-ce qu'on va faire maintenant ? »
44:20Et qu'on est obligé de répondre
44:21« On ne peut rien faire
44:22parce qu'on n'a pas de moyens. »
44:24Un des inconvénients
44:25de la destruction de Kadhafi,
44:28qu'on n'en a pas assez parlé
44:30parce que avant, on n'en est pas fiers.
44:32C'est que quand
44:34les militaires,
44:35les armées alliées
44:37sont arrivées
44:38pour coincer Kadhafi,
44:41l'armée mercenaire,
44:42la garde présidentielle,
44:44les Touaregs,
44:45les Toubou,
44:46les Touaregs,
44:47les qui étaient dans la garde présidentielle,
44:49ils ont dit
44:50« C'est perdu.
44:51On ne peut pas le défendre,
44:53c'est perdu. »
44:54Donc, qu'est-ce qu'ils ont fait ?
44:56Ils ont ouvert les arsenaux,
44:58si bien qu'ils s'étaient surchargés d'armes
45:01parce qu'ils avaient acheté
45:02du matériel militaire en quantité,
45:04même s'ils ne l'utilisaient pas.
45:06Donc, ils ont chargé
45:07les camions militaires
45:09de matériel
45:13et les mercenaires
45:16tchadiens,
45:17nigériens,
45:18maliens,
45:19les du Nord,
45:21avec leurs camions
45:22chargés d'armes,
45:24ils sont redescendus
45:25vers le Niger,
45:27le Mali
45:27et le Tchad
45:28pour dire
45:28« Ça y est,
45:30maintenant on a les armes
45:31pour faire la guerre,
45:31pour obtenir l'indépendance
45:33de la partie nord
45:35du Mali,
45:36du Niger,
45:37surtout du Niger
45:38et du Tchad,
45:39à savoir
45:41ce qu'ils appellent
45:42l'Azawad. »
45:44Et je ne suis pas d'entendre
45:44pour vous dire ça,
45:45que le patron,
45:46un des patrons,
45:47un des commandants
45:47des gardes présidentielles
45:48s'appelait le shérif,
45:50qui est un type très bien,
45:53de mon point de vue
45:54quelqu'un de très bien,
45:55il a été,
45:56quand il est arrivé,
45:57il a fait alliance
45:59avec tous les autres
46:00qui étaient pour l'autonomie
46:02ou l'indépendance
46:02des pays de la zone nord,
46:04en disant
46:05« Moi j'arrive avec de l'armement,
46:07vous êtes tous les guerriers,
46:10je vous donnez l'armement,
46:11on va se battre
46:12pour l'indépendance
46:12de l'Azawad. »
46:13Ils ont trouvé
46:14un terrain d'entente
46:15à ce moment-là
46:15avec les djihadistes
46:17qui avaient été cachassés
46:19d'Algérie
46:22par les Algériens
46:23et qui avaient dit
46:24« On ne veut pas les garder
46:25en Kabylie ou ailleurs,
46:26on va les pousser vers le sud
46:28dans les zones désertiques,
46:29comme ça,
46:29ils ne nous en n'auront pas. »
46:31Donc les Algériens
46:31les avaient poussés
46:32dans le nord
46:33du Mali
46:34et du Niger,
46:36les fameux djihadistes
46:37sont descendus là
46:38et les Touaregs
46:40ont dit
46:41« Mais on va faire alliance
46:42à eux pour le moment. »
46:44Nous, on a de l'armement,
46:45on est disant
46:45« On va faire alliance. »
46:46Pourquoi ?
46:47Parce qu'on va faire
46:48la partie nord-indépendante,
46:49le fameux Azawad,
46:51qu'on aurait toujours
46:52dû nous donner
46:52parce qu'on n'a rien à voir
46:53avec les peuplades du sud.
46:55Mais ça,
46:55on en a déjà parlé
46:56dans une autre émission.
46:57Donc vous voyez,
46:58quand on réfléchit
46:59à toutes les conséquences
47:00de cette affaire libyenne,
47:02mais on a fait
47:04la guerre
47:05qu'il ne fallait pas faire.
47:06Le fait que le verrou
47:08Kadhafi
47:09ait une Libye unifiée,
47:11c'est aussi
47:12ce qui a déclenché
47:13l'instabilité
47:14de toute la plus saharienne.
47:17Voilà,
47:17de la plus saharienne.
47:18Et on en paie
47:19la conséquence aujourd'hui
47:20puisque
47:21au moment où on parle,
47:24Bamako
47:24pourrait être
47:26encerclé.
47:27Il ne faut jamais oublier
47:28quand on parle
47:28de la guerre au Sahel.
47:29Je viens d'expliquer
47:30les Tuaregs.
47:31Depuis toujours,
47:31ils se sont battus.
47:32À l'époque,
47:32il y avait...
47:33Il y a 30 ans.
47:34Oui, il y a 30 ans maintenant.
47:36Il y a 30 ans déjà,
47:37il y avait déjà
47:38au Niger.
47:39Il y avait déjà
47:40les Tuaregs du Niger
47:41qui se battaient
47:41pour être indépendants
47:44ou au minimum autonomes.
47:46Bon,
47:46le Mali, pareil.
47:47Donc les Tuaregs,
47:48ça a toujours été
47:48depuis très longtemps
47:49parce qu'ils disent
47:51que les coloniales
47:52et les coloniales
47:53et les français,
47:54ils n'ont pas tenu compte
47:55dans leur découpage
47:56de pays
47:56de la partie nord
47:58ou de la partie sud
47:59alors que c'est
48:00deux choses
48:00totalement différentes.
48:01Ça, c'était
48:02un premier élément.
48:04Mais quand on est arrivé
48:05avec nos armées
48:06pour chasser
48:07les djihadistes,
48:08les Tuaregs
48:09de l'Azawa
48:10disaient
48:10mais bien les français
48:12parce qu'ils disaient
48:13les français,
48:13mais on n'est pas contre vous,
48:14on est contre
48:15le gouvernement central
48:16qui ne nous donne rien,
48:18qui nous affame
48:19ou ne nous aide pas
48:20dans les parties nord
48:22des pays,
48:23mais on n'est pas contre vous.
48:26Les djihadistes,
48:26ils venaient d'Algérie,
48:27mais qu'est-ce qui s'est passé ?
48:28C'est quand on a commencé
48:29à coincer
48:30les points de passage
48:33des frontières
48:34au Niger,
48:35au Mali,
48:36ailleurs,
48:37qui en a gêné ?
48:38Les Peuls,
48:39qui sont l'autre population
48:41du coin,
48:42les Peuls,
48:42c'est des populations
48:44musulmanes
48:44qui datent d'il y a...
48:46Ils sont musulmans
48:46depuis le début.
48:47Les Touaregs n'ont jamais été...
48:48Ils ont été musulmans
48:49d'un côté,
48:52je dirais,
48:52parce qu'ils ne peuvent pas
48:54être totalement...
48:54Le Touareg peut être
48:55difficilement musulman
48:57puisque c'est un matriarcat.
48:58Ce sont les femmes
48:59qui commandent
49:00chez les Touaregs.
49:00C'est un des cas uniques
49:02et ça reste encore
49:03de la préhistoire.
49:04C'est les femmes
49:04qui commandent.
49:05Bon,
49:06chez les Peuls,
49:06ce n'est pas du tout ça.
49:07Les Peuls,
49:08c'est des nomades
49:08du Djezer.
49:09Chez eux,
49:10ils sont musulmans
49:11depuis le début
49:12et les Peuls,
49:13ils vivaient de contrebandes.
49:14Au Niger et au Mali,
49:15c'est des pauvres gens,
49:17ils vivaient de contrebandes.
49:18Nous,
49:18en mettant nos blocages
49:20pour bloquer les terroristes,
49:21on les a empêchés
49:22de faire la contrebande.
49:23Donc,
49:23on les a affamés.
49:24Qu'est-ce qu'ils ont fait ?
49:25Ils sont devenus djihadistes.
49:27C'est comme ça
49:28que vous avez eu Pouffa
49:29et les autres
49:29qui sont devenus djihadistes.
49:31Donc,
49:31si vous voulez,
49:31on a eu tout faux,
49:33en définitive,
49:33vous voyez,
49:34à tout point de vue.
49:35C'est une histoire.
49:36Quand les historiens
49:38raconteront
49:38cette affaire-là
49:39depuis la Libye
49:40et ce qui s'est passé en dessous,
49:42les Français,
49:42on a eu tout faux
49:44d'un bout à l'autre.
49:45C'est à pleurer.
49:46C'est un enchaînement
49:47de mauvais choix.
49:49Ah oui.
49:50Et c'est ça
49:51qui reste à écrire.
49:52Et c'est tout le problème,
49:53on en a parlé
49:54dans des émissions
49:55où les conseillers actuels,
49:57peut-être,
49:58ne sont pas au niveau
49:59pour aider les dirigeants
50:01à prendre les bonnes décisions.
50:03Un de nos amis,
50:05qu'on a été interviewés,
50:06disait que
50:07pour être efficace,
50:08il faut connaître l'histoire.
50:09Oui.
50:11Pour pouvoir être bon
50:12dans le présent
50:13et imaginer le futur,
50:14il faut connaître l'histoire.
50:15Bon, malheureusement,
50:16le moins qu'on puisse dire,
50:17c'est que la plupart...
50:18Je n'ai pas une critique,
50:19mais c'est un constat.
50:20La immense majorité
50:22des conseillers
50:23de nos ministères
50:24concernant l'Afrique
50:25ne connaissent pas l'Afrique.
50:27Ils ne connaissent pas
50:27l'histoire de l'Afrique,
50:28ne connaissent pas
50:29la culture de l'Afrique
50:30et après,
50:30ils vont vous expliquer
50:31comment ça marche.
50:32Ben non,
50:32ils ont tout faux.
50:33Ce qui explique
50:34beaucoup de bévues
50:35et récentes,
50:37qui montrent
50:38une méconnaissance totale
50:39de l'Afrique.
50:40Écoutez, Alain Juillet,
50:41comme toujours,
50:42une émission passionnante
50:43avec votre expérience,
50:45votre connaissance
50:47des cultures,
50:48de l'histoire.
50:49Et finalement,
50:50ce procès
50:52Sarkozy,
50:53Kadhafi,
50:53la Libye,
50:55on a développé
50:56un autre aspect,
50:57je pense,
50:57certainement plus intéressant
50:58que ce qu'on entend
50:59aujourd'hui dans les médias.
51:00Je pense.
51:01Je pense qu'il est
51:02beaucoup plus intéressant
51:03et il y a beaucoup plus
51:04à en tirer pour l'avenir
51:05qu'en enseignement.
51:06Et je vous en remercie.
51:08J'espère qu'effectivement,
51:10cette émission vous a plu.
51:11Je vous donne rendez-vous
51:12pour une prochaine émission
51:13tous les vendredis
51:14à 17h sur YouTube.
51:16Merci.
51:17Au revoir.
51:23Au revoir.
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