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Lundi 17 novembre 1986, 20h25, un homme est abattu boulevard Edgar Quinet dans le 14e arrondissement de Paris. La victime se prénomme Georges Besse, 58 ans et PDG du fleuron automobile Renault. Crime story raconte cette affaire dans un podcast en quatre parties.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Thibault Lambert, Anaïs Godard, Clara Garnier-Amouroux, Pénélope Gualchierotti - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network
Archives : INA. Documentation.
Cet épisode de Crime story a été écrit en puisant dans les archives du Parisien, avec l'aide de nos documentalistes. Nous avons aussi exploité des ressources provenant de La Croix, L’Argus, et Secours rouge.
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Lundi 17 novembre 1986, 20h25, un homme est abattu boulevard Edgar Quinet dans le 14e arrondissement de Paris. La victime se prénomme Georges Besse, 58 ans et PDG du fleuron automobile Renault. Crime story raconte cette affaire dans un podcast en quatre parties.
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NewsTranscription
00:00Vous écoutez Crime Story, l'assassinat du PDG de Renault, la sanglante épopée du groupe Action Direct, deuxième épisode sur
00:074.
00:10Le lundi 17 novembre 1986 au soir, peu avant 20h, un homme est abattu alors qu'il rentre chez lui
00:17boulevard Edgar Kiné,
00:18dans le 14e arrondissement de Paris, à quelques dizaines de mètres de la gare Montparnasse.
00:23Les témoins disent avoir vu au moins deux femmes lui tirer dessus, puis s'enfuir en voiture.
00:27La victime n'est pas n'importe qui et n'a sans doute pas été choisie au hasard.
00:32Il s'agit de Georges Besse, 58 ans, et PDG de Renault, fleuron de l'industrie automobile française, et entreprise
00:39alors en pleine restructuration.
00:41Le soir même, la police trouve sur les marches du métro Raspail un tract signé de l'organisation terroriste Action
00:48Direct et d'un mystérieux commando, Pierre Auvernay.
00:55Retour en arrière.
00:56Pierre Auvernay est un ancien ouvrier de chez Renault.
00:59Né en 1948 à Montcornet, au nord de Reims, Pierre Auvernay est le fils d'un ouvrier agricole handicapé et
01:06grandit dans un esprit de révolte.
01:08En mai 68, alors que la révolte gronde et que les étudiants de France se mobilisent,
01:13Pierre Auvernay croit que son rêve de changer le monde va enfin se réaliser.
01:16De cette mobilisation du printemps 1968 naît la gauche prolétarienne, appelée GP,
01:23un mouvement qui sera dissous deux ans plus tard par le président Pompidou et au sein duquel Pierre Auvernay milite.
01:29Embauché chez Renault comme ouvrier, il profite de sa position pour défendre les thèses maoïstes auprès de ses camarades.
01:35C'est un courant communiste révolutionnaire venu de Chine.
01:38Pierre Auvernay participe à diverses actions de la gauche prolétarienne,
01:42notamment à la sortie de l'usine de Renault à Bihancourt.
01:44La direction de Renault n'apprécie pas beaucoup les prises de positions politiques de leurs jeunes employés.
01:50Mais ce qui va tout faire basculer, c'est la distribution par Pierre Auvernay à d'autres employés
01:54d'un journal faisant l'apologie de la violence envers les contre-maîtres.
01:59Le jeune ouvrier est licencié, mais il continue à militer auprès des salariés de l'usine.
02:04Le mardi 25 février 1972, dans l'après-midi,
02:09Pierre Auvernay distribue donc des tracts devant l'entreprise Renault Port-Émile Zola au sud de Paris.
02:13Une bagarre éclate avec des vigiles.
02:16Certains militants sont armés de pioches.
02:18Des vitres éclatent, des bousculats donnent lieu, des coups sont donnés.
02:22Pierre Auvernay lance à un des vigiles, armé d'un pistolet,
02:26tire, si tu l'oses.
02:28Une balle de 7,65 l'atteint au cœur.
02:30Pour les maoïstes, il devient un martyr.
02:36Si nous voulons enfin nous débarrasser de cette pègre qui nous gouverne,
02:41il est maintenant parfaitement clair qu'il nous faut nous donner les moyens de nos luttes,
02:46qu'il nous faut protéger nos militants, nos organisations, nos manifestations.
02:54Damien Delsenis, l'homme qui a tiré, s'appelle Jean-Antoine Tramoni.
02:59Oui, il a 36 ans, elle va être arrêtée évidemment tout de suite,
03:02puis remis en liberté en attente de son procès,
03:04qui se tient à peu près un an après les faits, en janvier 1973.
03:09Alors l'hypothèse d'un acte de légitime défense est finalement écartée
03:13par la cour d'assises de Paris, qui est chargée de le juger,
03:16et qui va le condamner à 4 années de prison pour la mort de Pierre Auvernay.
03:20Mais en fait, il ne va faire que 20 mois de prison,
03:23puisqu'il va bénéficier d'une libération conditionnelle.
03:26Il va être remis en liberté en octobre 1974.
03:30On revient au mois de mars 1972,
03:33quelques jours après la mort de Pierre Auvernay,
03:36le militant est enterré le samedi 4 mars au cimetière du Père Lachaise.
03:41Oui, un enterrement avec une foule extrêmement dense.
03:45Pendant des heures, le cortège funéraire va traverser Paris,
03:47de la place Clichy jusqu'au cimetière du Père Lachaise.
03:51Ce sont des milliers de personnes qui vont accompagner
03:54la dépouille de Pierre Auvernay.
03:55La police parlera de 18 000, ce qui est déjà beaucoup.
03:58Mais les organisateurs, eux, donneront un chiffre
04:00évidemment encore beaucoup plus élevé.
04:02Ils parlent de 400 000 personnes.
04:04Parmi ces personnes, il y a aussi des intellectuels
04:06comme Jean-Paul Sartre ou Michel Foucault,
04:09qui vont défiler dans le cortège
04:10pour rendre hommage à ce jeune militant.
04:13Donc ça en dit quand même long sur l'importance
04:15et surtout sur l'impact de cet événement.
04:17Nous vengerons Pierre-Haut !
04:19Nous vengerons Pierre-Haut !
04:20Nous vengerons Pierre-Haut !
04:22Nous vengerons Pierre-Haut !
04:24On le précise, à ce moment-là, en 1972,
04:27Georges Bess n'est pas le PDG de Renault
04:29et il n'est pas destiné à le devenir.
04:31Oui, pas du tout.
04:32On imagine d'ailleurs assez mal
04:34quand on comprend que c'est un tract
04:36avec le commando Pierre Auvernay
04:38qui semble revendiquer l'assassinat
04:40plus de 15 ans après de Georges Bess.
04:42On comprend assez mal le lien.
04:44Mais ce n'est évidemment pas neutre non plus
04:46que ce commando porte le nom d'un ouvrier,
04:50ex-ouvrier de chez Renault,
04:51tué par un vigile de la régie.
04:53Et ça confirme aux policiers, si besoin,
04:56que Georges Bess est bien en tout cas
04:58directement ciblé par cet assassinat,
05:01que ce n'est pas une victime par erreur
05:03ou une victime collatérale,
05:04que c'est bien lui qu'on cherchait à tuer ce soir-là
05:06sur le boulevard Edgar Quinet
05:08et que cette opération était bien d'exécuter
05:11en plein Paris, le patron de Renault,
05:14l'une des entreprises françaises les plus connues
05:16et que derrière cet attentat,
05:18comme on peut le qualifier maintenant,
05:20se cache le spectre de l'ultra-gauche.
05:23Cependant, sur le tract,
05:24à aucun moment le nom du PDG de Renault n'est cité.
05:27Non, le texte ne mentionne jamais
05:29le nom de Georges Bess.
05:31Alors en plus, ce tract,
05:32il apparaît comme étant une photocopie,
05:34pas un original.
05:35Donc les experts qui vont s'en saisir
05:37pour le regarder,
05:38pour essayer de le disséquer un peu,
05:40ne peuvent pas, par exemple,
05:42déterminer l'origine de la machine à écrire
05:44qui a été utilisée pour taper le texte.
05:47Ça rend donc un certain nombre de conclusions.
05:50Cependant, en haut du tract,
05:52il y a une étoile noire,
05:54un logo,
05:55qui va mettre évidemment les enquêteurs
05:57sur la piste réelle
05:58de ce commando Pierre Auvergnet,
05:59cette piste,
06:00puisque cette étoile noire,
06:01c'est le logo d'Action Directe.
06:07Action Directe est un groupe terroriste
06:09d'extrême gauche,
06:10né dans le sillage de mai 68
06:12et de la dissolution
06:13de l'organisation gauche prolétarienne.
06:15Le mouvement maoïste,
06:16qui prônait un recours à la violence
06:18comme arme politique,
06:19a été dissous en 1974.
06:22Mais plusieurs mouvements anarchistes
06:24se reforment immédiatement
06:25et se coordonnent.
06:27Parmi eux, il y a le NAPAP,
06:29un sigle qui signifie
06:30« Noyau armé pour l'autonomie populaire
06:33Pierre Auvergnet ».
06:34Ce groupe se fait notamment connaître
06:36en 1977.
06:38Le soir du mercredi 23 mars,
06:40vers 19h,
06:41Jean-Antoine Tramony,
06:42l'ancien vigile de Renault
06:43qui avait tiré sur Pierre Auvergnet
06:45cinq ans plus tôt,
06:46est assassiné par deux tueurs à moto
06:48en région parisienne.
06:49Le NAPAP revendique cet assassinat,
06:51mais ses auteurs ne seront jamais retrouvés.
06:54Deux ans plus tard,
06:55en 1979,
06:57les membres de ces différents groupes
06:58révolutionnaires anarchistes
06:59se réunissent en une organisation
07:01de guérillas qui commencent à revendiquer
07:04des attaques sous le nom d'Action Directe,
07:06une expression empruntée au syndicalisme
07:08du début du XXe siècle
07:10et qui a été utilisée
07:11par de nombreux militants,
07:13y compris Martin Luther King.
07:14En août 1982,
07:17le groupe est dissous
07:17et Action Directe est interdit
07:19car faisant l'apologie de la lutte armée.
07:21A partir de ce moment-là,
07:23l'organisation est officiellement
07:24classée parmi les groupes terroristes.
07:26Mais en 1985,
07:28les méthodes de ces sympathisants
07:29vont devenir encore plus violentes.
07:31Au départ,
07:32le groupe ne fait que des dégâts matériels
07:34contre ce qu'il considère
07:35comme les symboles du capitalisme.
07:37Porté par un idéal révolutionnaire,
07:39Action Directe sombre
07:40dans l'ultra-violence.
07:43Le vendredi 25 janvier 1985,
07:46un an et demi
07:47avant l'assassinat de Georges Besse,
07:49le général René Audran,
07:50directeur des Affaires internationales
07:52au ministère de la Défense,
07:53est dans sa voiture.
07:55Sa R5 s'arrête
07:56devant le 35
07:57de l'avenue des Graissés
07:58à la Selle-Saint-Cloud,
07:59à l'ouest de Paris
08:00et le général amorce
08:02une marche arrière
08:02pour entrer dans la propriété.
08:05Deux silhouettes surgissent.
08:06Huit balles de calibre 11,43 sont tirées.
08:09À 21h15,
08:11une femme revendique
08:12l'assassinat du militaire
08:13au nom d'Action Directe.
08:15Comme pour sceller
08:16leur nouvelle union,
08:17la fraction armée rouge abat
08:18une semaine après,
08:20jour pour jour,
08:20le patron
08:21de l'industrie aéropostale allemande.
08:28Damien,
08:28le 26 juin 1985,
08:31une nouvelle attaque a lieu.
08:33Oui,
08:33et cette fois,
08:34la cible est un général,
08:35le général Henri Blandin
08:37qui est contrôleur général des armées.
08:39Il est lui à l'arrêt
08:40dans sa voiture
08:41à un feu rouge
08:41au niveau de la porte des Ternes
08:43dans le 17e arrondissement de Paris.
08:44Il y a ses enfants
08:45à l'arrière
08:46et son chauffeur
08:47qui conduit la voiture.
08:48et ce chauffeur,
08:49il aperçoit un homme
08:50qui arrive pistolet à la main
08:52et qui semble courir
08:53vers la voiture.
08:54Par réflexe,
08:55le chauffeur démarre à fond.
08:57Deux coups de feu éclatent.
08:58C'est encore du calibre 11,43,
09:01exactement comme pour
09:02le général Audran.
09:04Mais cette fois,
09:05ni le général,
09:06ni le chauffeur,
09:06ni les quatre enfants
09:07qui étaient dans la voiture
09:08ne sont touchés
09:09par ces balles.
09:10Action Directe
09:11va néanmoins
09:12revendiquer les faits,
09:13revendiquer cette tentative
09:14d'assassinat
09:15une semaine plus tard.
09:16Un an après,
09:18en avril 1986,
09:19nouvelle action violente,
09:21quelques mois donc
09:22avant l'assassinat
09:23de Georges Bess.
09:24Oui,
09:24cette fois,
09:25c'est Guy Brana
09:25qui est un des responsables
09:27du CNPF,
09:28le Conseil National
09:29du Patronat Français
09:30qui est l'ancêtre
09:31du MEDEF.
09:32Et c'est donc Guy Brana
09:33qui est visé,
09:34donc encore une personnalité
09:35quand même très importante.
09:36Il s'apprête, lui,
09:37à quitter sa maison
09:38du Véziné
09:39dans les Yvelines
09:39quand sa voiture
09:41est criblée de balles.
09:42Dans la voiture,
09:43il n'y a que son chauffeur
09:44à ce moment-là
09:45qui va être blessé
09:46mais qui va s'en sortir.
09:47L'opération est donc ratée
09:49mais elle est encore
09:50revendiquée
09:51par Action Directe.
09:55En 1986,
09:57le nom Action Directe
09:58est connu des Français.
09:59Leur menace
10:00n'est pas quotidienne
10:01mais elle est quand même
10:02permanente.
10:02Et il n'est pas absurde
10:04d'imaginer
10:05que ce groupe
10:06est bien derrière
10:07l'assassinat
10:07de Georges Bess.
10:09Le lendemain,
10:10le mardi 18 novembre,
10:11le Parisien titre
10:12« Encore les tueurs
10:13d'Action Directe ».
10:14Car pour les policiers
10:15de la brigade criminelle,
10:17cette hypothèse
10:17est très probable.
10:19En tout cas,
10:20la personnalité visée
10:21et le mode opératoire
10:22ressemblent tout à fait
10:24aux méthodes
10:24d'Action Directe.
10:26Un peu plus tard
10:26dans la journée,
10:27alors que l'enquête
10:28a commencé,
10:29le téléphone sonne
10:30à la brigade criminelle
10:31de Paris.
10:32Une voix,
10:33à l'autre bout du fil,
10:34dit « C'est nous,
10:35Action Directe »
10:36et indique
10:37que des tracts
10:38ont été laissés
10:39au métro Raspail.
10:40Presque plus de doute
10:41pour les enquêteurs.
10:42L'organisation terroriste
10:44est responsable
10:45de cet assassinat.
10:47La question dans les journaux
10:48est « À qui le tour ? »
10:50Au mois de septembre 1985,
10:52le journal Libération
10:53avait affirmé
10:54par la voix
10:54d'un repenti
10:55d'Action Directe
10:56qu'il existait
10:57une liste noire
10:58de personnalités européennes
10:59directement visée
11:00par le groupe terroriste
11:01et son cousin allemand,
11:03la fraction Armée Rouge.
11:04Selon ce repenti,
11:05les attentats
11:06contre ces personnalités
11:07seraient exécutés
11:08par ordre alphabétique
11:09A comme Audran,
11:11B comme Blandin,
11:12Branat ou Besse
11:14tous les cinq mois.
11:15Cette information
11:16du quotidien
11:17était controversée.
11:18D'ailleurs,
11:19il ne s'était pas passé
11:20cinq mois
11:20entre l'assassinat
11:21du général Audran
11:22et la tentative d'assassinat
11:24contre le général Blandin.
11:26Après celui
11:26de Georges Besse,
11:28Jacques Maison Rouge,
11:28le directeur général
11:29de l'industrie
11:30au ministère du même nom,
11:32déclare
11:32« Je suis d'autant plus
11:33choqué par ce meurtre
11:34que je suis sur la liste
11:36des personnes visées
11:36par ces terroristes.
11:37Par cette confidence,
11:39le haut fonctionnaire
11:40authentifie
11:41l'existence de la liste. »
11:46Damien,
11:46cette déclaration
11:47de Jacques Maison Rouge
11:48qui vient d'apprendre
11:49l'assassinat
11:50de Georges Besse
11:50en dit long
11:51sur le climat
11:52qui règne en France.
11:53Oui,
11:53parce qu'Action Directe
11:54renvoie directement
11:55à des organisations
11:56encore plus redoutables
11:58et sanguinaires
11:59qui ont semé la mort
12:00partout en Europe,
12:01notamment
12:01les Brigades Rouges
12:03en Italie
12:03et la fraction armée rouge
12:05en Allemagne de l'Ouest.
12:06Ces deux organisations
12:08terroristes,
12:09elles ont des liens
12:10entre elles,
12:10évidemment,
12:11mais elles en ont aussi
12:12avec Action Directe
12:13qui est en quelque sorte
12:14un cousinage français.
12:16Les Allemands,
12:16les Italiens,
12:17ce sont des dizaines
12:18et des dizaines
12:19de morts
12:19dans des attentats
12:20ciblés.
12:21Souvent d'ailleurs,
12:22les cibles,
12:23ce sont des chefs
12:24d'entreprise
12:24ou des responsables
12:25politiques.
12:26Ce qu'on a appelé
12:27les années de plomb,
12:28c'était plutôt
12:29dans les années 70,
12:31c'était beaucoup
12:31en Italie,
12:32mais il y a une crainte
12:34de voir Action Directe
12:35faire renaître
12:36cette période
12:37et surtout
12:38de la faire renaître
12:39cette fois en France.
12:40Il y a une particularité
12:42dans le groupe Action Directe
12:43et dans cet assassinat,
12:45c'est que les tueurs
12:46sont a priori
12:47des tueuses.
12:48En tout cas,
12:48les sept témoins
12:49de l'attentat
12:50qui sont entendus,
12:51qui habitent juste à côté,
12:52disent toute la même chose.
12:54Elles ont vu
12:55deux jeunes femmes
12:55âgées de 25 à 30 ans.
12:57Alors,
12:58en apparence,
12:59ça peut paraître
12:59assez inédit
13:01le fait de recruter
13:02ou d'utiliser
13:03deux femmes tueuses.
13:04Mais il faut savoir
13:05que dans les organisations
13:06terroristes d'ultra-gauche,
13:08les femmes ont toujours
13:09joué un rôle
13:10qui est très loin
13:11d'être secondaire.
13:12La fraction armée rouge,
13:13par exemple,
13:14comptait de nombreuses femmes
13:15dans ce qui pourrait être
13:16son état-major opérationnel.
13:18La plus célèbre d'entre elles,
13:20quasiment mythique,
13:21c'est Ulrike Meinhof
13:22qui était une des fondatrices
13:24du mouvement en Allemagne.
13:26Elle s'est d'ailleurs
13:26suicidé en prison
13:28en 1976.
13:29Sur les 18 personnes
13:31qui sont recherchées
13:32à l'époque en Allemagne
13:33comme faisant partie
13:34encore une fois
13:35de l'état-major
13:36des fractions armées rouges,
13:37il y a neuf femmes,
13:39donc la moitié
13:40sont des femmes.
13:41Le groupe Action Direct,
13:42lui,
13:42a comme cofondatrice
13:43une femme,
13:44Nathalie Ménigon,
13:46qui a lancé
13:46cette organisation
13:48avec son compagnon
13:49Jean-Marc Rouillant.
13:51Nathalie Ménigon
13:52a 29 ans
13:53et elle a déjà été arrêtée
13:54en septembre 1980.
13:56Oui,
13:57et lors de cette arrestation,
13:58qu'est-ce qu'elle a fait ?
13:58Elle a tiré sur des policiers
14:00mais elle a finalement
14:01été arrêtée
14:02mais amnistiée
14:04un an plus tard
14:04donc en réalité
14:05sa peine a été suspendue
14:07et elle a été libérée.
14:09Avec les témoignages
14:10dont disposent les policiers
14:12après l'assassinat
14:13de Georges Besse,
14:14ils sont à peu près
14:15certains
14:15que Ménigon
14:16fait partie
14:18du duo de femmes
14:19qui a tiré
14:20sur Georges Besse.
14:21Le jeudi 20 novembre 1986,
14:24la veille des obsèques
14:25de Georges Besse,
14:26la police décide
14:27de diffuser
14:28dans tous les lieux publics
14:29un appel à témoins.
14:30Une feuille de papier
14:31sur laquelle
14:32il est écrit
14:33« La police judiciaire recherche »
14:35avec en dessous
14:36les photos
14:37de Nathalie Ménigon
14:38et de Joël Aubron
14:40qui est l'autre
14:41tireuse présumée.
14:42Une récompense
14:43d'un million de francs
14:45est promise
14:45à toute personne
14:46qui permettra
14:47de mettre la main
14:48sur Ménigon
14:49et sur Aubron.
14:50Selon le ministère
14:51de l'Intérieur,
14:52il y a peu de femmes
14:53capables
14:54d'une telle action
14:55ou d'un tel assassinat.
14:56Ces deux-là le sont.
14:57Elles sont donc suspectées
14:58en priorité.
15:00De plus,
15:00elles sont déjà
15:01recherchées
15:02pour d'autres crimes.
15:03Mais c'est seulement
15:04la deuxième fois
15:05en France
15:06que la police
15:06va avoir recours
15:07à l'affichage public
15:09des suspects.
15:10D'habitude,
15:10on affiche ça
15:11dans des locaux de police,
15:12des gendarmeries,
15:12des commissariats,
15:13mais pas à la vue
15:14de tout le monde.
15:15Là,
15:15les visages
15:16de Aubron
15:16et de Ménigon
15:17s'affichent
15:18dans les rues
15:19partout
15:19avec une promesse
15:20de récompense
15:21en plus
15:21qui n'est effectivement
15:22pas très fréquent
15:23en France
15:24d'offrir des récompenses
15:25financières
15:26dans des enquêtes judiciaires.
15:27Mais néanmoins,
15:29malgré cet affichage public,
15:31cette promesse
15:31d'argent
15:32pour toute personne
15:33permettant d'identifier
15:34ou de retrouver
15:34Ménigon et Aubron,
15:36il va falloir attendre
15:37encore quelques mois
15:38avant que la stratégie
15:40porte ses fruits.
15:46Vous venez d'écouter
15:47le deuxième
15:48des quatre épisodes
15:49de Crime Story,
15:50le podcast
15:50fait divers du Parisien,
15:51consacré
15:52à l'assassinat
15:53du PDG de Renault
15:54et à la sanglante épopée
15:55du groupe Action Directe.
15:57Avec à la production
15:58Thibaut Lambert,
16:00Clara Garnier-Amourou,
16:01Anaïs Godard
16:02et Pénélope Gualquiroti,
16:03à la réalisation
16:04Julien Moncouquiol
16:05et à la rédaction
16:06en chef
16:07Jules Lavie.
16:08Ce récit était écrit
16:09par Claudia Prolongeau
16:10et raconté
16:11avec Damien Delsenis.
16:12Vous pouvez retrouver
16:13tous nos podcasts
16:14sur le site
16:15leparisien.fr
16:16et sur n'importe quelle
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