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Le département d’outre-mer a connu 42 homicides depuis le début de l’année. Une criminalité qui s’explique notamment par le trafic d’armes à feu. Récit.

Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Pénélope Gualchierotti, Clara Grouzis et Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network.

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#codesource #criminalité #guadeloupe

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News
Transcription
00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12La Guadeloupe est l'un des départements français les plus touchés par la criminalité,
00:17avec un homicide en moyenne par semaine depuis le début de l'année.
00:21Pour le Parisien, Christelle Brigodeau, reporter police-justice, s'est rendue dans les Antilles début octobre.
00:27Elle y a couvert le procès d'un meurtrier qu'elle nous avait déjà raconté dans un épisode de Codesources,
00:33puis elle a sillonné l'archipel rongé par le trafic d'armes à feu.
00:38Depuis quelques années, en effet, l'usage des armes s'est banalisé et devient de plus en plus incontrôlable.
00:45De retour de Guadeloupe, Christelle Brigodeau nous raconte son reportage aujourd'hui dans Codesources.
00:57Christelle Brigodeau, pendant votre reportage à travers la Guadeloupe,
01:01vous vous êtes retrouvée avec des policiers sur une scène de crime,
01:05juste après qu'une femme se soit prise une balle dans la jambe.
01:08Vous nous raconterez ça en fin d'épisode.
01:10Mais d'abord, pour celles et ceux qui ne sont jamais allés dans ce département d'outre-mer,
01:16dites-nous à quoi ressemble la Guadeloupe ?
01:18En fait, la Guadeloupe en elle-même est un archipel avec l'île principale qu'on nomme l'île Papillon
01:24en raison de sa forme, qui ressemble à celle d'un papillon.
01:27Il y a d'autres îles autour, par exemple Marie-Galante, les îles des Saintes,
01:30il y a Saint-Martin aussi juste à côté.
01:32Donc au total, c'est 700 kilomètres de côtes à surveiller,
01:36avec des frontières, des pays étrangers finalement qui sont tout autour,
01:40et 400 000 habitants dans un territoire qui est aussi souvent fréquenté par beaucoup de touristes
01:46pendant la saison en hiver.
01:48Et la Guadeloupe est l'un des départements les plus criminogènes de France.
01:53Qu'est-ce que ça veut dire ?
01:54Ça veut dire que c'est un territoire où on recense beaucoup de crimes,
01:57et notamment de tentatives d'homicide.
02:00En termes de nombre d'homicides et de tentatives,
02:02c'est le département le plus touché après la Guyane.
02:05Il y a eu depuis le début de l'année 43 homicides en Guadeloupe.
02:09C'est un chiffre énorme.
02:11À Marseille, en 2023, année de très fort règlement de compte
02:16entre bandes narcotrafiquants, il y avait eu 49 morts dans la cité phocéenne.
02:22C'est une ville qui est deux fois plus peuplée que ne l'est la Guadeloupe.
02:26Sur place, les autorités vous disent que les côtes de la Guadeloupe
02:29sont de véritables passoires.
02:31Je les cite, des passoires pour quoi ?
02:33Des passoires pour les trafics en tout genre.
02:35On sait qu'il y a une tradition de contrebande en Guadeloupe,
02:39comme il y en a dans toutes les îles des Caraïbes, depuis longtemps.
02:42Et aujourd'hui, ces trafics sont essentiellement liés soit à la drogue,
02:49soit aux armes ou à la prostitution.
02:51Donc, en fait, sur les côtes de Guadeloupe,
02:52que ce soit les policiers, les gendarmes et même la population,
02:55tout le monde dit que tous les jours,
02:58il y a au moins un débarquement illégal d'armes, de drogue, etc.
03:06Et quand ce sont des armes à feu,
03:08on parle de quel type d'armes à feu exactement ?
03:10Alors, essentiellement des pistolets.
03:13On parle de Taurus ou de Glock,
03:15qui sont des marques très courantes d'armes à feu.
03:18Et depuis quelques mois,
03:19la police judiciaire a remarqué
03:22une présence un peu plus importante
03:23d'armes de guerre,
03:26type Kalashnikov,
03:27des armes automatiques,
03:28donc susceptibles de faire encore plus de dégâts
03:31lors de règlements de comptes.
03:32D'où viennent ces armes
03:33et comment est-ce qu'elles arrivent en Guadeloupe, concrètement ?
03:36Les policiers expliquent qu'elles viennent en général
03:38plutôt des États-Unis ou du Brésil,
03:41mais qu'avant d'arriver en Guadeloupe,
03:44elles ont fait tout un périple.
03:46En fait, c'est des armes,
03:47même pas de deuxième main,
03:49mais de quatrième ou cinquième main,
03:50qui ont transité souvent par la Dominique,
03:53qui est une île très proche de la Guadeloupe,
03:55et où il y a une forte prolifération des armes.
03:59Et souvent, d'après ce qu'expliquent les forces de l'ordre,
04:03ces armes-là n'arrivent pas par conteneur entier,
04:05comme ça, en Guadeloupe.
04:06Elles arrivent avec autre chose,
04:09par exemple avec une cargaison de drogue,
04:11on va ajouter, selon la commande qui aura été faite,
04:14deux ou trois taurus ou glauques
04:16qui peuvent être cachés au fond d'un cajot de poisson
04:20ou de fruits et légumes.
04:21Est-ce que ce trafic d'armes,
04:22c'est un phénomène nouveau en Guadeloupe ?
04:25Ce qui est nouveau, c'est la prolifération des armes à feu.
04:27En Guadeloupe, il y a un niveau de violence
04:30qui a, d'après ce que disent les autorités,
04:32toujours été important.
04:34Il y a eu des pics de violence,
04:36notamment avant le Covid,
04:37qui étaient à peu près semblables à ce qu'on connaît aujourd'hui.
04:40Mais la différence, c'est qu'on n'utilisait pas d'armes à feu
04:43pour régler ses comptes.
04:44Il y avait plus de couteaux, par exemple.
04:46D'après les gendarmes,
04:47qui ont fait une estimation du nombre d'armes dans le territoire,
04:51en Guadeloupe, ils estiment qu'il y aurait environ 40 000 armes en circulation,
04:55dont 85 % qui seraient illégales.
04:58C'est un chiffre énorme.
04:59Ça fait une arme pour 10 habitants.
05:01C'est une estimation,
05:02donc on ne sait pas si c'est un chiffre exact,
05:04mais en tout cas, ça montre l'ampleur du problème.
05:07Ces armes, une fois qu'elles arrivent sur l'archipel,
05:10elles sont le plus souvent revendues à des particuliers.
05:13Et ça coûte combien ?
05:14C'est environ 3 000 euros pour un revolver type Taurus ou Glock.
05:19Et pour une arme automatique,
05:20comme une réplique de Kalachnikov,
05:22il faut compter 5 000 euros.
05:23Qui sont celles et ceux qui se les procurent aujourd'hui, ces armes ?
05:26Quel est leur profil ?
05:27Alors, c'est essentiellement des jeunes hommes,
05:30entre 16 et 25 ans,
05:32quelques fois plus jeunes.
05:33Il est arrivé que la police interpelle des auteurs de 13 ans, 14 ans, armés,
05:38parce qu'on dit que la Guadeloupe, c'est dangereux
05:41et qu'il faut être armés.
05:42Donc, c'est devenu un phénomène banal.
05:46Le vendredi 3 octobre, vous vous rendez à Port-Louis,
05:49une commune située sur la plus grande île de la Guadeloupe,
05:52dans une partie du territoire qu'on appelle Grande Terre.
05:55Et vous entrez dans un centre éducatif fermé pour mineurs.
05:59Qu'est-ce que c'est ?
06:00Alors, c'est un bâtiment de plein pied qui est nimbé de verdure,
06:04dans un coin assez sauvage et très joli de la Guadeloupe,
06:07juste à côté de l'une des plus belles plages de l'île.
06:10C'est un lieu qui a une capacité d'accueil de 12 places.
06:13Au moment où j'y vais, il est à peu près à moitié rempli,
06:15puisqu'il y a certains jeunes qui sont en stage.
06:18Il y a une ambiance plutôt apaisée.
06:19On sent une atmosphère presque familiale, disons,
06:22entre les jeunes qui sont suivis et les éducateurs.
06:25Il y a quand même des barreaux qui rappellent qu'ici,
06:28on n'est pas dans un lieu comme les autres.
06:31C'est un centre fermé, une alternative, en fait,
06:33à l'incarcération pour des jeunes mineurs
06:35qui ont été condamnés pour des faits relativement graves.
06:38Et vous avez la permission de discuter avec deux adolescents.
06:41Ils ont 16 et 17 ans.
06:43Eux, pourquoi ils sont là ?
06:44Alors, je rencontre Maïwen, qui a 16 ans
06:47et qui a été incarcéré après avoir commis un vol à main armée
06:53dans la boulangerie de son quartier.
06:54Et il est avec Yanlei, qui a un nom de plus,
06:57et qui, lui, a participé à une rixe mortelle
07:00dans laquelle un jeune est mort.
07:03Et tous les deux ont été jugés, disons,
07:05capables de pouvoir se réinsérer,
07:07d'avoir un parcours dans ce centre éducatif fermé
07:10qui pourrait leur faire changer de trajectoire
07:12et sortir de la délinquance.
07:14Vous, qu'est-ce qui vous frappe
07:15quand ces deux adolescents vous parlent de leur parcours ?
07:19C'est, quelque part, leur normalité,
07:22dans le sens où je suis en face d'adolescents
07:25qui rigolent, qui sont un peu timides,
07:27qui vont faire des blagues
07:28et qui semblent, finalement, assez loin
07:30de la gravité des faits pour lesquels
07:32ils sont dans ce centre éducatif fermé.
07:34Quand on parle notamment des armes à feu,
07:37ils expliquent que c'est quelque chose de normal d'en avoir
07:40et parlent de tout ça avec un certain détachement,
07:43un peu comme des jeunes pourraient parler
07:45de leur consommation de cannabis
07:47ou des joints qui fument de temps en temps
07:49avec leurs amis,
07:50comme quelque chose d'illégal,
07:52mais pas si grave que ça, au fond.
07:53Et ces deux jeunes à qui vous parlez
07:55vous expliquent comment on peut se procurer
07:58des armes à feu sur l'île ?
08:00Oui, et c'est, en fait, relativement facile
08:03d'après ce qu'ils disent,
08:04d'après ce que disent aussi les forces de l'ordre.
08:05En fait, il y a des boucles WhatsApp
08:06qui existent en Guadeloupe
08:08pour à peu près tout,
08:10et notamment pour ça.
08:12Donc, voilà, sur des boucles WhatsApp
08:13ou directement dans certains quartiers
08:16réputés sensibles des abîmes
08:18ou de pointe à pitre,
08:19on peut, par une connaissance
08:21ou parce qu'on est sur la bonne boucle WhatsApp,
08:23trouver assez facilement,
08:25si on a 3 000 euros de côté,
08:27une arme à feu.
08:30Et ces deux adolescents ne sont pas
08:32des cas isolés,
08:33si on en croit les éducateurs et éducatrices
08:35à qui vous parlez ?
08:36Oui, ils m'expliquent qu'ils sont assez frappés
08:38par une sorte de banalisation
08:41de la violence,
08:42voire de la mort,
08:43dans les discours de ces adolescents
08:45qu'ils reçoivent.
08:46Ils remarquent aussi, depuis quelques années,
08:48que les faits pour lesquels
08:50ces jeunes sont envoyés
08:51en centre éducatif fermé
08:52sont de plus en plus graves.
08:54Et puis, il y a cette idée
08:55que posséder une arme,
08:57voilà, c'est devenir quelqu'un,
08:59c'est être quelqu'un d'important.
09:00Et chez les jeunes,
09:01il y a aussi cette idée
09:02que finalement,
09:05tirer avec un revolver,
09:06c'est moins grave
09:07que de planter quelqu'un au couteau,
09:09comme ils disent.
09:10Ça rend peut-être le geste moins concret.
09:12C'est plus difficile, quelque part,
09:14de poignarder quelqu'un
09:16avec un couteau
09:16que de tirer avec un pistolet.
09:18Donc, on considère
09:19que c'est, oui,
09:20presque moins grave.
09:21Christelle Brigodeau,
09:22les armes à feu,
09:23elles ne sont donc pas seulement
09:24utilisées par les gangs
09:25qui trafiquent de la drogue,
09:27les narcotrafiquants,
09:28mais aussi dans le cas
09:29de n'importe quel vol
09:30à l'arraché, par exemple,
09:32ou pour régler des comptes.
09:33En fait, là où avant,
09:34on utilisait n'importe quelle arme
09:37qui passait sous la main,
09:38un couteau ou autre,
09:39maintenant,
09:40puisque les pistolets
09:42et les revolvers sont là,
09:43on les utilise.
09:44De ce qu'explique la police,
09:46ceux qui utilisent les armes
09:48sont quand même
09:48plutôt des jeunes,
09:49mais il arrive que
09:51dans des différents
09:52entre voisins
09:53ou que dans des vols,
09:55oui, pour un vol de bijoux
09:57ou un vol
09:57dans la supérette du quartier,
09:59on sort une arme.
10:02Dans votre reportage,
10:03Christelle Brigodeau,
10:04vous allez aussi
10:04à la rencontre
10:05de Cédric Perriac,
10:06un Guadeloupéen
10:07d'une quarantaine d'années
10:08qui a perdu son frère
10:10dans des circonstances dramatiques.
10:12Expliquez-nous ça.
10:13Oui, son frère s'appelait
10:14Davy,
10:15il avait 37 ans
10:16et le 19 avril dernier,
10:17il rentrait
10:18d'un festival de musique
10:19à moto
10:20et alors qu'il circulait
10:22en moto
10:22sur la nationale principale
10:24de Guadeloupe,
10:26des hommes
10:26sur un scooter T-Max
10:28l'ont pris en chasse
10:29et lui ont tiré
10:30cinq balles
10:31de 9 mm
10:31dans le dos.
10:33L'objectif,
10:33semble-t-il,
10:34c'était de lui voler
10:35sa moto.
10:35Il a évidemment chuté
10:37après avoir été
10:38visé par les tirs
10:39et les malfaiteurs
10:41se sont approchés de lui
10:42comme il ne pouvait pas
10:44finalement emporter
10:45la moto
10:45qui était brisée
10:46dans l'accident.
10:48Ils ont essayé
10:48de lui faire les poches,
10:50de voir s'il avait
10:50des bijoux,
10:51quelque chose de valeur
10:52sur lui
10:53et ils sont repartis.
10:54Cet homme qui travaillait
10:55comme infirmier,
10:56qui était quelqu'un
10:56de très apprécié
10:57à la fois de ses patients,
10:59de ses collègues infirmiers,
11:00était,
11:01comme le dit son frère,
11:02au mauvais endroit,
11:02au mauvais moment
11:03et sa mort a suscité
11:04un émoi très important
11:06en Guadeloupe
11:06parce qu'il devenait
11:08le symbole
11:09du citoyen lambda
11:10qui se retrouve
11:12confronté
11:13à une violence gratuite
11:14et complètement irraisonnée.
11:21Quand vous rencontrez Cédric,
11:23il est accompagné
11:24d'une membre de la famille
11:26qui s'appelle
11:26Betty Torrent
11:27et elle vous confie
11:28qu'elle prend
11:29beaucoup de précautions,
11:30elle,
11:30pour se rendre
11:31dans certains endroits
11:32quand elle se déplace
11:33en Guadeloupe.
11:34Oui,
11:34comme beaucoup
11:35d'autres personnes d'ailleurs,
11:37quand elle se rend
11:37à Pointe-à-Pitre,
11:38elle ne met rien
11:39de doré sur elle,
11:41donc pas de chaîne
11:41en or
11:42ou qui pourrait ressembler
11:43à de l'or
11:44parce qu'on sait
11:45à Pointe-à-Pitre
11:46et dans les quartiers
11:47environnants
11:48qu'il y a énormément
11:50de vols
11:51parce que l'or
11:52se revend
11:53relativement cher
11:54et donc on devient
11:55une proie
11:56en fait
11:56pour les voleurs
11:58et étant donné
11:59que ces voleurs
11:59peuvent être armés,
12:00ça devient extrêmement
12:01dangereux
12:02de se promener
12:02avec une chaîne en or
12:03autour du cou
12:04dans certains quartiers
12:05de Pointe-à-Pitre.
12:06Et elle a décidé
12:07de créer une association ?
12:08Son but,
12:09c'est de lutter
12:09contre toutes
12:10les formes de violence.
12:12L'association
12:13s'appelle
12:14Ensemble pour la Paix
12:15et comme son nom l'indique,
12:17elle prône
12:17une sorte de sursaut
12:18citoyen
12:19de la population.
12:20Son idée,
12:21c'est de dire
12:21que la police
12:23et les gendarmes
12:23ne peuvent pas tout.
12:24Il faut aussi
12:25que la société
12:26guadeloupaine
12:27dans son ensemble
12:28prenne à bras-le-corps
12:29ce problème
12:30de la violence
12:30et de banalisation
12:32de la violence.
12:33Cette violence
12:34qui a tué
12:35d'avis
12:3637 ans,
12:37infirmier
12:37qui n'avait rien demandé
12:38à personne.
12:39Vous la sentez comment
12:40quand elle vous raconte
12:41son parcours ?
12:42Est-ce qu'elle est
12:43combative
12:43ou au contraire
12:45exaspérée,
12:45désabusée ?
12:46Elle est surtout décidée,
12:47je dirais combative
12:48parce qu'elle se dit
12:49qu'il faut tout mettre en œuvre
12:51pour essayer
12:52d'enrayer
12:52ce cercle infernal
12:54de la violence.
12:55Après,
12:56beaucoup d'autres
12:57ouadeloupéens
12:58sont vraiment
12:59scandalisés
12:59par à la fois
13:01le niveau de violence
13:02et par une réaction
13:04des pouvoirs publics
13:05qu'ils jugent
13:06largement insuffisante.
13:07Que répondent
13:08les autorités
13:08justement face
13:09à la colère
13:10des habitants ?
13:11La réponse,
13:12c'est de dire que
13:12oui,
13:13il y a un problème
13:14qu'il ne s'agit pas
13:14de le minimiser.
13:15Il y a des annonces
13:16qui ont été faites
13:17récemment,
13:18il y a quelques mois,
13:18le ministre de l'Intérieur,
13:20c'était à l'époque
13:20Bruno Retailleau
13:21est venu sur place
13:22pour annoncer
13:23des moyens supplémentaires,
13:24des radars,
13:25il va bientôt y avoir
13:26un drone
13:26qui doit être livré
13:27aux gendarmes.
13:28Il y a des brigades
13:29maritimes supplémentaires
13:30qui vont être
13:31déployées également.
13:32On ne peut pas dire
13:33que rien n'est fait,
13:34mais pour l'instant,
13:35en tout cas,
13:36on n'a pas encore vu
13:37une inflexion
13:38du nombre
13:39d'homicides
13:39sur place.
13:41Pendant deux jours,
13:42vous suivez
13:43pour votre reportage
13:44des policiers
13:45de la BAC,
13:45la brigade anticriminalité
13:47et le 2 octobre,
13:49à la nuit tombée,
13:49vous arrivez
13:50avec eux
13:51dans une résidence
13:52dans le quartier
13:52des Abîmes
13:53au nord de Pointe-à-Pitre.
13:55Une femme est blessée.
13:56Elle a pris une balle
13:57dans la jambe.
13:57Quand on arrive
13:58sur place,
13:59elle est en haut
14:00d'un escalier
14:01qui monte
14:02vers différents logements.
14:04C'est une barre
14:05de logements sociaux
14:05d'environ 4 étages
14:07de haut.
14:08Elle crie,
14:09évidemment,
14:09elle a très mal,
14:10elle pleure.
14:10Il y a les policiers
14:12qui arrivent,
14:13certains qui ont
14:14des compétences
14:15en secourisme,
14:16donc ils commencent
14:17à prodiguer des soins
14:19en attendant
14:19que le SAMU
14:20qui est en chemin
14:21arrive.
14:22Il y a évidemment
14:23beaucoup de monde autour.
14:24Il y a un jeune homme
14:24qui se faufile
14:25au moment où
14:26les policiers arrivent
14:27pour s'extraire
14:28un peu de la scène
14:29mais qui vient de lui faire
14:29une sorte de garrot
14:30de fortune
14:31pour l'aider.
14:32Beaucoup de monde autour
14:33mais personne ne dit trop rien
14:35et on voit surtout
14:35cette femme qui crie
14:36qu'il y a mal.
14:37Est-ce que les policiers
14:38ou elle-même,
14:39la victime,
14:40ont une idée
14:41de qui a pu tirer sur elle ?
14:43Pas vraiment,
14:44d'autant que dans le quartier
14:45il y a beaucoup de monde,
14:46que ce soit la victime
14:47elle-même
14:47ou les témoins autour,
14:49personne ne dit
14:50ce qui s'est passé.
14:51D'ailleurs,
14:52on voit qu'il y a
14:52une douille au sol
14:53dans l'escalier
14:55donc on se doute
14:55que c'est à cet endroit-là
14:57en fait que la balle
14:58est partie
14:58mais la victime explique
15:00que ça s'est passé
15:01plus loin.
15:02On sent bien
15:02qu'il y a une volonté
15:03de ne pas trop expliquer
15:04ce qui s'est passé.
15:05Comment réagit
15:06le voisinage
15:06face à cette scène ?
15:08Manifeste
15:10un grand calme.
15:11Il y a de la curiosité
15:12comme quand il se passe
15:13quelque chose
15:14dans un quartier
15:14et que tout à coup
15:15arrive police,
15:16pompier,
15:17etc.
15:18On est en pleine nuit,
15:19il y a les gyrophares bleus
15:20qui éclairent tout le quartier
15:21donc évidemment
15:22les gens sont dehors
15:24et regardent
15:24mais d'une façon
15:25très calme
15:26et un peu détachée
15:27comme si c'était
15:28assez banal finalement
15:30et d'ailleurs ça l'est
15:31puisque des coups de feu
15:33il y en a
15:34j'allais dire
15:35presque quotidiennement
15:36en Guadeloupe
15:37en tout cas
15:37dans certains quartiers
15:38c'est quelque chose
15:39qui arrive peut-être
15:40chaque semaine.
15:41Moi j'aurais pu m'attendre
15:42en arrivant
15:43dans un quartier
15:43qui est réputé
15:45difficile,
15:45compliqué
15:46juste après
15:47une fusillade
15:48à ce qu'il y ait
15:49un climat de tension
15:50souvent on voit ça
15:51avec les jeunes
15:52qui pourraient être là
15:53vis-à-vis des forces
15:54de l'ordre
15:55une atmosphère
15:56de règlement de compte
15:56là c'est pas du tout
15:57le cas.
15:57On a l'impression
15:58d'une sorte d'accident
16:00domestique
16:00qui vient de se passer.
16:03Christelle Brigodeau
16:04est-ce qu'il y a
16:05encore espoir
16:06d'endiguer
16:07cette prolifération
16:08d'armes à feu
16:09en Guadeloupe ?
16:09Je pense que oui
16:10je l'espère en tout cas
16:11et je pense que
16:12beaucoup de Guadeloupéens
16:13l'espèrent
16:13de ce qu'expliquent
16:15les policiers
16:17et les gendarmes
16:17qui sont confrontés
16:18quand même au quotidien
16:19eux aussi
16:20à ces armes
16:21il est important
16:22de continuer
16:22à exercer
16:23beaucoup de contrôle
16:24donc il faut
16:24beaucoup de moyens
16:25pour à la fois
16:26contrôler les gens
16:27en Guadeloupe
16:28mais aussi pour essayer
16:29d'empêcher
16:29l'arrivée des armes
16:31donc mieux contrôler
16:32les côtes
16:34les 700 km de côte
16:35de la Guadeloupe
16:36dont on parlait tout à l'heure
16:37mieux coopérer aussi
16:38avec les îles voisines
16:39notamment la Dominique
16:40pour essayer de mettre
16:42des coups d'arrêt
16:42au trafic
16:44enquêter sur les filières
16:45donc c'est un travail
16:47titanesque
16:47qui requiert
16:48beaucoup de moyens
16:49encore faut-il
16:50que les moyens suivent
16:51du côté des forces de l'ordre
16:52comme du côté
16:53de la justice
16:53pour l'instant
16:54on sait que ce n'est pas le cas
16:55juste un chiffre parlant
16:57qui m'a été donné
16:58par Éric Morel
16:59le procureur général
17:00de Guadeloupe
17:01il y a actuellement
17:02850 dossiers de crimes
17:03instruits par
17:04les tribunaux de Guadeloupe
17:06pour une capacité
17:07d'en juger 50
17:16Merci à Christelle Brigodot
17:18Cet épisode de Code Source
17:19a été produit par
17:20Clara Grousis
17:21Pénélope Gualquierotti
17:23et Clara Garni-Amourou
17:24réalisation
17:25Julien Moncouquiole
17:27Vous pouvez soutenir
17:28ce podcast
17:29en nous laissant
17:30des pouces en l'air
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17:43par Claudia Prolongeau
17:44et le chef du service
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17:46du Parisien
17:47Damien Delseny
17:48Merci à mes Tipeurs
17:50Merci à mes Tipeurs
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