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Le 4 octobre 1994, dans le XIXe arrondissement de Paris, la préfourrière Pantin est braquée aux alentours de 21h. Audry Maupin, 22 ans, armé d’un fusil à pompe et Florence Rey, 19 ans, entrent par surprise dans la guérite réservée aux policiers de garde et prennent leurs revolvers. Ils s’enfuient puis interceptent un taxi en direction de la place de la Nation. C’est le début d’une cavale meurtrière dans les rues de Paris, dans laquelle cinq personnes trouveront la mort.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Clémentine Spiler, Clara Garnier-Amouroux et Pénélope Gualchierotti - Réalisation et mixage : Théo Albaric - Musiques : Audio Network

Archives : TF1, France 2, France 3 Paris.

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Transcription
00:05Vous écoutez Crime Story, affaire Rémopin, histoire d'une dérive meurtrière, deuxième et dernier épisode.
00:16Le soir du mardi 4 octobre 1994, deux étudiants de 19 et 22 ans font feu sur des policiers près
00:24de la place de la Nation, au cœur de l'Est parisien.
00:26Ils prennent ensuite la fuite à bord d'une voiture avec un otage et rencontrent un barrage de police dans
00:32le bois de Vincennes.
00:33Nouvel échange de tirs. Bilan, des blessés et trois policiers et un chauffeur de taxi, morts.
00:42Dans la soirée, Audrey Maupin meurt des suites de ses blessures. Pour comprendre ce qu'il s'est passé, il
00:47reste florenceré, mais elle refuse de répondre.
00:51Alors que ses proches la croient incapable d'une telle violence et l'imaginent forcément sous l'emprise d'Audrey
00:56Maupin, le témoignage d'un survivant vient mettre à mal cette version.
01:08Afin de mieux comprendre le déroulé des faits et le rôle que chacun a joué, les enquêteurs interrogent les quelques
01:13témoins.
01:14Parmi eux, il y a Jackie, un commerçant de 30 ans et le dernier otage du couple.
01:20C'est lui qui, alors que la voiture Renault Super 5 Noir était arrêtée face à un barrage de police
01:26dans le bois de Vincennes, était sorti en criant « Ne tirez pas, je suis un otage ».
01:31Tout le temps qu'a duré le trajet entre la place de la Nation et le bois de Vincennes, Jackie
01:35raconte qu'il était sous le contrôle de la fille, qui, selon son expression, lui chatouillait le dos avec son
01:42fusil à pompe.
01:43Qui est-ce qui venait la danse ?
01:45C'était la fille, parce qu'elle lui disait « Recherche des armes, tiens, fais ça ». C'est vraiment
01:50elle qui s'occupait de tout, quoi.
01:53Et à Vincennes, il y avait un motard qui nous suivait. Et la fille qui dit « Tiens, il y
01:56a le motard, tiens, prends le fusil et descends-le ».
02:01Pour Jackie, tout débute sur le cours de Vincennes, à 21h40. Il est assis à côté de son cousin David,
02:07dans sa voiture Renault Super 5 Noir.
02:10Ils sont à l'arrêt, derrière un taxi, quand une fusillade éclate.
02:15David et Jackie n'ont pas le temps de réagir. Florence Ray et Audrey Maupin sont déjà sur eux.
02:21David est éjecté de la voiture, Jackie forcé de conduire et de prendre la fuite avec les deux criminels à
02:26l'arrière.
02:28« Mes mains serrées sur le volant, je ne pensais à rien, sauf à la peur d'une balle dans
02:32le dos », témoigne-t-il.
02:34Florence Ray tient le fusil.
02:36C'est elle, encore, qui relance la fusillade contre le policier à moto qui les poursuit.
02:41Elle tirait dans le pare-brise et criait à l'autre « Vas-y, vas-y, il y a un
02:45flic à descendre », poursuit Jackie.
02:48Quand la Super 5 arrive devant le barrage des policiers venus du Val-de-Marne, Jackie pense qu'ils vont
02:53se faire cribler de balles.
02:54Florence Ray lui hurle de ne pas s'arrêter. Le commerçant panique et freine.
02:59La voiture arrêtée, il en sort, en se disant que tant pis, il lui arrivera ce qui lui arrivera.
03:08Damien, est-ce que le profil d'Audrey Maupin colle davantage avec ce qui s'est passé ?
03:13Pas à première vue. Audrey Maupin, il a 23 ans à l'époque. Il était en cours de réinscription pour
03:18sa deuxième année de DEUG.
03:19Son parcours universitaire, il a commencé en 1992, une première année tout à fait normale, validée par un examen réussi
03:26en juin 1993.
03:28Mais en deuxième année de fac de philo, c'est un peu différent. Il est de moins en moins assidu
03:34au cours. Il ne se présente d'ailleurs pas aux examens ni de juin ni de septembre.
03:38Clairement, on semble être sur deux jeunes qui sont un peu en perdition à ce moment-là.
03:44La perquisition de l'endroit où il vivait à Nanterre permet d'en découvrir davantage.
03:49À Nanterre, il squatte dans un pavillon de briques rouges, de meulières qui est entouré d'un grand jardin un
03:55peu dévoré par les herbes parce que le jardin n'est pas du tout entretenu.
03:58La maison fait face à la fratrie qui est une association d'aide aux toxicomanes.
04:03On pénètre dans ce pavillon par deux ouvertures qui ont été faites dans le grillage.
04:07C'est par là d'ailleurs que Florence Rey et Audrey Maupin entraient et sortaient de cette maison un peu
04:13abandonnée.
04:13La grille d'entre elles est fermée par une chaîne depuis le départ du locataire précédent qui était un retraité.
04:19Cette maison est assez grande. Il y a neuf pièces qui sont réparties sur trois étages.
04:23Mais le couple Rey-Maupin ne vit lui que dans une seule pièce qui fait à peu près 15 mètres
04:28carrés au premier étage
04:29et qui leur sert à la fois de chambre et de cuisine.
04:32Sur place pendant la perquisition, les policiers vont trouver de la décoration avec des guirlandes faites de papier crêpon.
04:39Il y a un matelas un peu crasseux, des assiettes sales et des sous-vêtements qui traînent.
04:43Mais à côté de ces objets, il y a aussi des douilles, de fusils de chasse, une échelle de cordes,
04:49des plans de Paris.
04:51Également des tracts, notamment un où il est écrit « Mort aux flics ».
04:56Dans l'appartement de la famille de Florence Rey, à Argenteuil dans le Val d'Oise, on trouve aussi des
05:02tracts.
05:02Qu'elle a rédigé, semble-t-il, elle-même, avec l'aide d'Audrey Maupin.
05:06On peut y lire « Mourir, c'est facile » ou encore « Citoyens, nous allons tous mourir ».
05:12Dans d'autres textes, ils expliquent que leur organisation de propagande révolutionnaire sera bientôt connue de tous.
05:19Apparemment, l'étudiante qui est titulaire d'un bac scientifique revendique son appartenance au mouvement anarchiste.
05:26Alors, une idéologie fondée sur la démocratie directe et ayant la liberté individuelle comme valeur fondamentale.
05:33Mais pour les enquêteurs, Florence Rey et Audrey Maupin ne sont en fait pas de vrais anarchistes.
05:39En tout cas, dans le sens où ils ne sont pas connus des services spécialisés dans la surveillance des groupuscules
05:45extrémistes.
05:45À l'époque, ce sont les RG, les renseignements généraux qui s'occupent du suivi de ce type de militants.
05:50Et ni Audrey Maupin, ni Florence Rey n'apparaissent dans leurs fichiers ou dans leurs viseurs.
05:55Audrey Maupin, on sait qu'il a juste des liens idéologiques avec la SCALP, qui est la section carrément anti
06:02-Le Pen.
06:02Ce groupe, à l'époque, il lutte contre le racisme et la xénophobie et évidemment le leader du Front National.
06:10Il regroupe au maximum une centaine de personnes en région parisienne avec une implantation assez poussée à la faculté de
06:18Nanterre,
06:18qui est une sorte de vivier pour cette SCALP, cette section carrément anti-Le Pen.
06:22Mais rien n'indique à ce stade que la SCALP est une quelconque responsabilité ou un quelconque lien avec les
06:28événements du 4 octobre.
06:29Ça donne en revanche une orientation vers l'idéologie évidemment qui séduit Florence Rey et Audrey Maupin à l'époque.
06:36Mais à Nanterre, personne en tout cas, lorsque les policiers vont y enquêter,
06:41ne semble avoir connaissance de cette organisation pour la propagande révolutionnaire
06:46dont se réclame le couple Rey Maupin dans ses tracts.
06:55Dans l'après-midi du jeudi 6 octobre, Florence Rey est conduite dans le bureau du juge d'instruction.
07:01Elle est accompagnée d'un avocat commis d'office.
07:04Le magistrat informe la jeune femme qu'elle est mise en examen pour meurtre, tentative de meurtre,
07:09vol à main armée, enlèvement et séquestration.
07:13Florence Rey ne bronche pas.
07:15Son compagnon mort, elle est désormais la seule à pouvoir expliquer sa folie meurtrière.
07:19Mais elle ne s'exprime toujours pas.
07:22Elle est régulièrement sortie de sa cellule de fleurie mérogis au cas où elle aurait des révélations à faire.
07:28En vain.
07:30Les psychiatres qui lui rendent visite évoquent une femme comme aimantée par son compagnon
07:34et trouvent une explication à son mutisme.
07:37Elle est, selon eux, en état de sidération.
07:41Florence Rey le restera des semaines.
07:45Mais le vendredi 25 novembre 1994, la situation change.
07:50Entendu une nouvelle fois par le juge d'instruction, Florence Rey parle enfin.
07:54Pour dire que le but de la soirée était de voler des armes et que c'était le plan d
07:59'Audrey Maupin.
08:00Elle l'a suivie parce qu'elle le trouvait beau et intelligent.
08:04Sa colère l'a séduisée.
08:07Lui ne peut plus se défendre.
08:10Le juge veut également entendre la jeune femme sur la possible participation d'un complice.
08:15Un témoin a en effet aperçu un homme faire le guet à Pantin pendant le braquage de la préfourrière
08:20et partir en courant avec Florence et Audrey juste après.
08:25Il s'agit d'un certain Abdelhakim Descartes.
08:29C'est lui qui a fourni le premier fusil à pompe au couple.
08:32Le deuxième a été acheté par Florence Rey elle-même le 30 septembre 1994 à la Samaritaine.
08:40Il suffisait alors de présenter des papiers d'identité.
08:42Ça tombe bien, elle avait ceux qu'une jeune femme avait égaré à l'université de Nanterre et qu'elle
08:48avait récupéré.
08:50Moyennant 2370 francs, elle acquiert donc un fusil à pompe de la marque Mossberg.
08:56Abdelhakim Descartes a lui directement présenté ses papiers.
09:00Il est arrêté quelques jours plus tard et également mis en examen.
09:04Il crie au complot, accusant les anarchistes de vouloir le faire tremper dans une affaire avec laquelle il n'aurait
09:10rien à voir.
09:15Huit mois après son arrestation, Florence Rey est placée à l'isolement, à la maison d'arrêt des femmes de
09:21Fleury-Mérogis.
09:22Les surveillants ont trouvé un plan des lieux, caché dans l'une de ses chaussures.
09:27Elle lit beaucoup, écrit souvent, reçoit des visites, ses parents, la mère de son compagnon décédé, ses avocats.
09:34Sortie de son mutisme, elle se confie à des experts psychiatres et à nouveau au magistrat instructeur.
09:42Elle revient sur le déroulement des faits et affirme notamment qu'Audrey Maupin a été tué par un policier
09:47alors qu'il sortait de la R5 en criant « on se rend ».
09:51Rien ne permet de confirmer cette accusation tardive.
09:58Damien, cette affaire provoque une réelle fascination.
10:02Oui, alors c'est toujours un peu étonnant parce qu'il y a quand même un bilan très lourd.
10:06Trois policiers morts dans une même séquence, c'est extrêmement rare.
10:10On rajoute le chauffeur de taxi, alors totalement innocent, qui est également tué ce soir-là.
10:14Mais effectivement, il y a une forme de fascination pour ce couple, cette femme avec cette gueule d'ange un
10:20peu,
10:20ce garçon aussi assez beau, ce couple d'étudiants qui vrille.
10:25Et effectivement, ça devient une sorte de couple un peu mythique,
10:28malgré évidemment l'extrême gravité et l'extraordinaire violence qu'ils ont déployée cette nuit-là.
10:34Les mois qui suivent la fusillade, on voit même des t-shirts à l'effigie de Florence Ray
10:39et elle apparaît dans certaines chansons de rap.
10:42Oui, notamment celle du ministère Amer avec sa chanson « Sacrifice de poulet »
10:46qui figure sur la bande originale du film « La haine » en 1995.
10:51MC Solar va la citer aussi dans une chanson qui s'appelle « Gangster moderne » en 1997.
10:57Même Booba la cite dans une de ses chansons en disant
10:59« Il devrait y avoir plus de filles comme Florence Ray ».
11:02Alors, il y a donc ce côté un peu fantasme, ce côté fascination pour Bonien-Kaï,
11:08mais c'est quand même une fascination, un culte qui crée un énorme malaise.
11:12On dit pendant un temps que Florence Ray et Audrey Maupin se sont inspirés du film d'Oliver Stone «
11:19Tueur né ».
11:19Oui, alors film qui mettait effectivement en scène un couple, un jeune couple
11:23qui traversait les Etats-Unis au rythme d'un certain nombre de tueries.
11:27Alors, on a fait ce rapprochement parce que c'est un couple criminel,
11:31parce que c'est contemporain aussi au fait,
11:33et puis parce qu'un poster du film avait été retrouvé placardé dans le squat
11:37où vivaient Florence Ray et Audrey Maupin.
11:40Les pièces à conviction saisies dans le squat de Nanterre
11:43servent à reconstituer l'itinéraire du couple.
11:46Des catalogues d'armes, des tracts signés
11:49« Organisation de propagande révolutionnaire »
11:51à un groupuscule inconnu, l'affiche du film « Tueur né ».
11:57Finalement, on s'apercevra que tout ça était une mise en scène
11:59puisque c'est un photographe qui était venu pour mettre en scène
12:03et mettre ce poster qui n'existait pas en fait à la base dans ce squat.
12:07C'est là qu'on voit toutes les tentatives, les manipulations
12:10et un peu les abus de cette affaire,
12:12où on essaie de romancer un peu cette affaire qui est tragique
12:16et dont on essaie de faire quelque chose d'un peu plus scénarisé,
12:20ce qui n'est pas forcément utile.
12:21Cette affaire, elle a quand même un impact fort aussi sur la société,
12:25avec des débats sur la violence véhiculée par un certain nombre de films ou de chansons,
12:29sur le fait que ça puisse ou pas influencer certains jeunes quand ils sont fragiles.
12:33C'est aussi le symbole Florence Ray et Audrey Maupin d'une jeunesse en panne d'avenir.
12:38Enfin voilà, c'est tous les débats qui s'ouvrent à ce moment-là.
12:41Christophe Deleu, qui est un universitaire qui travaille sur les médias,
12:44dit aussi que l'énigme Florence Ray, c'est aussi l'histoire d'une récupération médiatique,
12:49d'une réécriture aussi de l'histoire de ces deux jeunes gens.
12:58Quatre ans plus tard, le jeudi 17 septembre 1998,
13:03le procès de Florence Ray s'ouvre devant la cour d'assises de Paris.
13:06Elle doit répondre de vols à main armés, meurtres et tentatives de meurtre
13:10commis sur des personnes dépositaires de l'autorité publique,
13:13mais également d'enlèvements et séquestrations
13:16et de participation à une association de malfaiteurs.
13:20Elle encourt la perpétuité.
13:23Le second accusé, Abdelhakim Descartes,
13:26est poursuivi pour « Association de malfaiteurs et complicité de vols à main armée ».
13:31Avant de répondre aux questions du président de la cour,
13:33Florence Ray prononce des excuses.
13:36« Je voulais dire aux familles des victimes que j'étais désolée,
13:39que ça a été un enchaînement effroyable.
13:42Je comprends leur douleur.
13:44Je sais ce que c'est de perdre quelqu'un,
13:46de perdre un ami, un père, une mère.
13:49Enfin, l'arrachement que cela représente.
13:53J'aurais aimé que ça n'arrive pas. »
13:57Dans le box, Florence Ray a des airs de gamine,
14:00avec ses cheveux châtains, sagement attachés en queue de cheval,
14:03son polo vert, son pantalon en toile écrue et sa veste en jean.
14:08Florence Ray a longtemps hésité,
14:10mais pour offrir d'elle une nouvelle image,
14:12elle a accepté d'être filmée et photographiée dans le box des assises.
14:16« Dans la salle d'audience, la tension est extrême.
14:19Les familles des victimes déclarent à leur tour ce visage juvénile.
14:23Et au détour d'un plan, on aperçoit Florence Ray,
14:26essuyant avec ses manches, quelques larmes. »
14:30Elle pleure, jette des regards désespérés à sa famille et ses amis venus en masse.
14:34Sa voix se brise.
14:36Elle semble perdue, à garde.
14:40Tout au long du procès, les témoignages se succèdent.
14:43Ceux des 32 parties civiles qui ont perdu un père, un frère, un mari, un fils.
14:49Et puis il y a les proches de Florence.
14:51Ceux qui ne comprennent pas sont convaincus qu'elle s'est retrouvée dans cette affaire par erreur
14:55et presque par hasard.
14:57Les enquêteurs pensent que les proches de Florence Ray
14:59cherchent à minimiser sa responsabilité dans la tuerie.
15:02Elle se tait.
15:05On parle de son enfance modèle,
15:07malgré les crises récurrentes de son père,
15:09atteint de schizophrénie.
15:11Pour les avocats des parties civiles,
15:13Florence Ray n'a aucune circonstance atténuante.
15:16Les débats se terminent par la plaidoirie de l'avocat de Florence,
15:19le grand pénaliste Henri Leclerc.
15:22« Vous ne pouvez pas la faire payer pour Audrey.
15:24Florence est devant vous,
15:26désemparée, ne pouvant dire les remords qui la taraudent.
15:29Oui, elle s'en veut,
15:30de la mort de Laurent Gérard,
15:32Thierry Mémar,
15:33Amadou Diallo et Guy Jacob.
15:35Mais elle n'a tué ni les uns,
15:37ni les autres.
15:38Elle ne voulait pas leur mort.
15:40« Florence Ray est une très jeune adolescente,
15:44qu'elle a été entraînée dans un enchaînement qu'elle n'a pas maîtrisé,
15:48dans une atmosphère de panique, de peur,
15:51que la peine qu'on a demandée contre elle est une peine terrible,
15:56et qu'il est faux de croire que les gens ne font pas les peines qu'on leur inflige.
16:02Ils les font. »
16:03Après cinq heures et demie de délibérés,
16:06Florence Ray est condamnée le mercredi 30 septembre 1998 à 20 ans de réclusion criminelle.
16:12Abdelhakim Descartes est condamnée à quatre ans de prison pour association de malfaiteurs
16:17et acquittée pour le vol de la préfourière de Pantin.
16:22Damien, est-ce qu'on sait finalement si Florence Ray a tué elle-même des victimes ou non ?
16:28En 30 ans après, on n'a pas été capable d'établir avec la balistique
16:32si ou pas elle avait été une tueuse ou simplement la complice d'un tueur.
16:37Après, on peut s'accrocher quand même au témoignage des victimes directes,
16:41notamment de cette personne qu'ils avaient prise en otage dans la Super 5,
16:44qui lui a quand même toujours dit qu'elle avait eu un rôle moteur dans ce qui s'était produit.
16:48Est-ce qu'on connaît le projet initial de Florence Ray et Audrey Maupin ?
16:52Pareil, on est obligé de se tenir un peu aux explications assez évasives de Florence Ray
16:57et aux hypothèses des enquêteurs.
16:59Il semblerait que le projet, c'était au départ, pour sortir de leur précarité, de faire des braquages.
17:05Et donc, pour faire des braquages, il fallait voler des armes à la police.
17:09Voilà, c'est pour ça qu'ils seraient là la préfourière
17:11d'évaliser ces deux policiers de leur arme de service.
17:14C'est quand même une précarité toute relative,
17:16comme le soulignera l'avocate des partis civils,
17:18qui rappelle qu'ils viennent de familles qui ne sont pas aisées,
17:21mais qui sont des familles de classe moyenne,
17:23que tous les deux ont fait des études.
17:25Enfin, ce ne sont pas des marginaux et les familles ne sont pas des familles de marginaux.
17:28Donc, en réalité, on ne sait pas tellement ce qu'avaient en tête à ce moment-là
17:32Florence Ray et Audrey Maupin.
17:34Les familles sont déçues de la clémence du verdict ?
17:36C'est-à-dire que, de toute façon, les familles, elles sont déçues
17:38parce qu'elles n'ont jamais vraiment eu d'explication.
17:41Et puis surtout, il manquait, sur les deux acteurs de cette nuit,
17:43bien sûr, Audrey Maupin, on n'a eu que Florence Ray.
17:46Les familles sont évidemment frustrées,
17:48mais l'avocat de Florence Ray, Henri Leclerc,
17:51lui, il pense aussi que le verdict est, lui, de son côté, trop sévère.
17:55Il pense que c'est une peine lourde, très lourde,
17:57mais admet qu'elle laisse quand même de l'espoir à Florence Ray.
18:03En prison, Florence Ray est une détenue modèle
18:05et elle finit par être libérée le 2 mai 2009,
18:09après 15 ans de détention.
18:11Oui, lorsqu'elle quitte la prison, elle a 34 ans
18:14et depuis cette date, elle a toujours fait valoir son droit à l'oubli.
18:19Elle ne s'est jamais exprimée sur l'affaire.
18:22Son avocat avait fait savoir au moment de sa sortie de prison
18:24qu'elle allait mener une vie discrète, effacée.
18:27On sait simplement qu'elle s'est installée un temps dans le sud-ouest de la France,
18:31qu'elle a travaillé dans le cinéma,
18:33qu'elle a même fait de la figuration
18:35et qu'elle a été régisseuse sur un long métrage en 2012.
18:44En 2013, le nom de Florence Ray revient en force dans les médias.
18:49Le mercredi 20 novembre, son ancien complice, Abdelhakim Descartes, est arrêté.
18:54Deux jours plus tôt, il a fait irruption au siège du journal Libération,
18:58dans le 3e arrondissement de Paris.
19:01Armé d'un fusil à pompe, il a blessé un photographe.
19:04Pour la presse, c'est l'occasion de rappeler son rôle dans l'affaire Raymond Pain.
19:08Le suspect appréhendé hier soir n'est pas un inconnu.
19:11Il y a presque 20 ans, Abdelhakim Descartes avait été associé
19:14à un filiver sanglant qui avait fait la une des journaux.
19:17Il avait ensuite passé 4 ans derrière les barreaux.
19:20Dans un bref communiqué authentifié par son avocat, maître Henri Leclerc,
19:24Florence Ray s'exprime.
19:26Ayant payé ma dette à la société, je m'étonne que,
19:29pour illustrer les récents événements tragiques,
19:32ma photo se soit retrouvée aussitôt en bonne place dans les médias,
19:35avec les conséquences graves que ça représente forcément
19:38pour qui cherche à retrouver une vie normale.
19:47Vous venez d'écouter Crime Story, le podcast fait divers du Parisien,
19:51avec à la production Pénélope Gualquerotti,
19:54Raphaël Puyot et Clémentine Spiller,
19:57à la réalisation Julien Moncouquiole
19:59et à la rédaction en chef Jules Lavi.
20:02Un épisode que je vous raconte avec Damien Delsenis
20:05et un podcast à retrouver chaque samedi
20:07sur le site leparisien.fr
20:09et sur toutes les plateformes d'écoute.
20:11Si vous aimez Crime Story,
20:12vous pouvez nous le dire en nous laissant des commentaires
20:14ou des petites étoiles.
20:16Vous pouvez également écouter tous les jours Code Source,
20:18notre podcast d'actualité.
20:20Et pour ne rater aucun épisode,
20:22n'oubliez pas de vous abonner.
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