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Mehdi, 20 ans, petit frère d’Amine Kessaci, militant écologiste de 22 ans engagé dans la lutte contre le narcobanditisme, a été tué jeudi 13 novembre. D’après le ministre de l’Intérieur il s’agit d’un crime d’intimidation. Récit avec Jean-Michel Décugis, journaliste au service police justice du Parisien, et Damien Delseny, qui dirige ce service.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Anaïs Godard et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network
Archives : INA, France Inter, France Télévisions et La Provence.
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Mehdi, 20 ans, petit frère d’Amine Kessaci, militant écologiste de 22 ans engagé dans la lutte contre le narcobanditisme, a été tué jeudi 13 novembre. D’après le ministre de l’Intérieur il s’agit d’un crime d’intimidation. Récit avec Jean-Michel Décugis, journaliste au service police justice du Parisien, et Damien Delseny, qui dirige ce service.
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NewsTranscription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Une marche blanche ce samedi 22 novembre à Marseille, hommage à Mehdi Kessassi, 20 ans, tué par balle le 13
00:17novembre.
00:18D'après le ministre de l'Intérieur, il s'agit d'un crime d'intimidation pour chercher à faire taire
00:23son frère Amine Kessassi.
00:25Amine Kessassi est un militant écologiste marseillais âgé de 22 ans, devenu lanceur d'alerte sur les ravages du narcotrafic
00:33après un règlement de compte en 2020 dans lequel son grand frère avait été tué.
00:38Quel est le poids du trafic de drogue aujourd'hui en France ? Quelle est la réponse des autorités ?
00:43Et où en est l'enquête sur cet assassinat qui a ému le pays ?
00:46On fait le point aujourd'hui dans Codesources avec Jean-Michel Décugis, journaliste au service Police-Justice du Parisien, et
00:53avec Damien Delsenis qui dirige ce service.
01:06Damien Delsenis, le meurtre de Mehdi Kessassi, rappelle celui d'un juge qui a été assassiné à Marseille en 1981.
01:14C'était le 21 octobre 1981.
01:17Le juge Michel qui enquêtait sur un important réseau de trafic de drogue à l'époque.
01:22Un juge est mort ce midi à Marseille, assassiné dans la rue.
01:26Le juge Pierre Michel, 38 ans à l'époque, jeune juge d'instruction qui était le premier juge anti-drogue
01:32français en réalité.
01:33Il enquêtait sur tous les dossiers liés à la French Connection, qui était cette organisation qui produisait de l'héroïne
01:39dans des laboratoires clandestins basés notamment en France, et qui inondait le marché américain.
01:44Les policiers de la brigade des stupéfiants ont découvert dimanche matin ce laboratoire clandestin.
01:50Un laboratoire avec tout l'eau nécessaire à la transformation de la morphine en héroïne, bonbonne d'acide, ventilateur, pompe
01:57à vie.
01:58Son activité, sa suractivité sur le trafic de stupéfiants, on a fait une cible pour les trafiquants.
02:03A l'époque, le parrain marseillais, c'était Gaëtan Zampa.
02:06Là, il a été exécuté par deux tueurs qui étaient juchés sur une moto en plein jour, au moment où
02:10il rentrait d'ailleurs chez lui pour déjeuner.
02:12Et ça avait été une onde de chocs évidemment terrible à l'époque.
02:15Une chose est certaine, c'est un coup de professionnel parfaitement mis au point.
02:21On va raconter tout à l'heure où en est l'enquête sur la mort du jeune frère Damine Kessassi,
02:26ce militant écologiste.
02:27Mais d'abord, on fait le point sur ce que pèse aujourd'hui le trafic de drogue en France, le
02:33narcotrafic.
02:34La principale organisation connue de ce trafic, Jean-Michel Décugis, c'est la DZ Mafia.
02:39Rappelez-nous ce qu'est la DZ Mafia.
02:41La DZ Mafia, c'est un groupe criminel marseillais au pouvoir hégémonique et à la dérive mafieuse qui est né
02:49dans les années 2022 sur les cendres d'autres gangs.
02:53Après une lutte sanglante contre un autre gang qui s'appelait Yoda, pour s'approprier un quartier nord de Marseille,
03:01la Paternelle,
03:02ils ont mis la main sur la plupart des points de deal de Marseille.
03:06Puis ils se sont étendus ensuite dans des villes de Bouches-du-Rhône et puis dans d'autres départements.
03:12Et en fait, maintenant, il y a des connexions un peu partout en France et ils ont des ramifications en
03:18Europe, aux Pays-Bas, par exemple en Belgique.
03:21Cette mafia, elle est devenue vraiment très importante en France.
03:24La DZ Mafia, c'est devenu une franchise.
03:26Ils font des alliances un peu partout.
03:28On fait appel à eux pour un coup de main, pour un soutien logistique, pour des armes, pour de la
03:33main d'oeuvre.
03:33Et donc, du coup, à chaque fois, ils prennent des parts dans les quartiers où on les sollicite.
03:39Aujourd'hui, la DZ Mafia, en octobre dernier, on avait récupéré les chiffres.
03:41C'est 115 enquêtes sur ce groupe criminel, entre 600 et 700 interpellations,
03:48400 personnes présumées appartenant à ce groupe qui sont en détention.
03:53Et d'après le garde des Sceaux, Gérard Dramanin, 27 dirigeants de cette organisation sont actuellement en détention,
04:00la plupart avant d'un lever dans ce quartier de haute sécurité.
04:03Vendane Vieille dans le Pas-de-Calais.
04:05Est-ce qu'on sait s'il y a d'autres gangs comparables en France ?
04:08En France, il n'y a pas de gangs comparables.
04:11Il y en a aux Pays-Bas, notamment un modèle de la DZ Mafia.
04:14C'est la Mocro-Mafia qui se trouve aux Pays-Bas et qui est très puissante
04:19et qui, elle, a déjà enlevé et tué des journalistes, des juges,
04:24qui, elle, a tenté d'enlever un ministre en Belgique.
04:31Damien Delsony, est-ce qu'on sait financièrement ce que représente le trafic de drogue en France ?
04:36Est-ce qu'il y a des estimations ?
04:37Alors, l'estimation, elle a été donnée cette semaine par Gérald Darmanin,
04:40le ministre de la Justice, pendant son déplacement à Marseille.
04:42Lui, il parle d'un chiffre entre 5 et 6 milliards d'euros pour le trafic de stupes en France.
04:47Alors, évidemment, ce chiffre, il est variable puisque c'est, par définition,
04:51une économie qui est totalement clandestine, donc totalement opaque.
04:54Mais à partir d'un certain nombre de données,
04:56on peut estimer que ça pèse entre 5 et 6 milliards d'euros en France.
04:58Les barons de la drogue français tirent les ficelles,
05:01souvent depuis l'étranger, notamment de Dubaï.
05:04Expliquez-nous ça.
05:05Il y a plusieurs raisons.
05:06D'abord, pourquoi ils sont à l'étranger ?
05:08Parce que, pour des raisons quasiment de sécurité aussi,
05:10si vous vivez à Marseille et que vous êtes parrain,
05:12vous êtes exposé à des règlements de compte.
05:14Donc, pour des raisons de sécurité et de qualité de vie,
05:17j'allais presque dire, ils préfèrent aller à l'étranger.
05:19Alors, pourquoi ils choisissent Dubaï ?
05:21Pour pas mal de raisons, mais la principale,
05:23c'est que Dubaï leur offre, depuis un certain nombre d'années,
05:26non seulement des conditions de vie très confortables,
05:28mais surtout une forme d'impunité pénale
05:30et une impunité financière.
05:32On peut blanchir son argent à Dubaï,
05:34acheter des appartements avec l'argent de la drogue
05:37sans être forcément inquiété.
05:38Et si la justice française émet un mandat d'arrêt, par exemple,
05:42les accords d'extradition, vous savez,
05:44entre les pays sont souvent compliqués.
05:46Alors, avec Dubaï, c'est en train de se normaliser,
05:47mais depuis un certain nombre d'années,
05:49si vous êtes à Dubaï, vous êtes tranquille, pour faire simple.
05:52Vous êtes hors de portée de la justice française,
05:53vous êtes hors de portée de vos ennemis, des autres clans,
05:56et vous pouvez profiter de votre argent à votre guise.
06:01Jean-Michel Écugis, vous l'avez dit,
06:0327 chefs présumés de la DZ Mafia sont actuellement en détention,
06:07mais très souvent, les chefs de ces organisations criminelles
06:10opèrent depuis leur prison.
06:12Comment c'est possible ?
06:13Bien, parce qu'aujourd'hui, l'utilisation du portable en prison est généralisée.
06:18En 2023, plus de 50 000 portables et accessoires ont été saisis dans les prisons françaises.
06:25Portables et accessoires.
06:27Cela s'explique aussi parce qu'il y a eu, sans doute,
06:29on a fermé les yeux un peu sur cette utilisation pour acheter la paix sociale, sans doute.
06:33Et aujourd'hui, on se rend compte, c'est de l'effet boomerang,
06:37que les détenus utilisent ces portables pour continuer à gérer leurs affaires depuis la prison,
06:45commanditer des meurtres.
06:46En fait, la prison est devenue une espèce de plateforme de télétravail pour les détenus.
06:52Et ces réseaux ont recours à la corruption de certains fonctionnaires.
06:56On en parle de plus en plus régulièrement dans le Parisien.
06:59Damien Delceny, quel type de fonctionnaires peuvent aujourd'hui être achetés, utilisés par les trafiquants ?
07:03Quasiment tous.
07:04Les trafiquants, ils cherchent la faille qui va leur permettre d'obtenir des informations.
07:08Eux, ce qu'ils veulent, c'est des informations, c'est-à-dire, est-ce qu'ils sont cherchés par
07:11la police ?
07:12Sur quoi les juges enquêtent ?
07:13Toutes ces informations-là, ils peuvent se les procurer auprès d'un certain nombre de personnes.
07:17Alors, quand ils cherchent des informations, ils vont plutôt aller tamponner, comme on dit,
07:21soit des policiers, soit des magistrats, y compris des greffiers.
07:24Les greffiers, ce sont les assistants, en quelque sorte, des juges d'instruction,
07:27qui ont donc accès aux dossiers d'instruction, accès aux informations qui sont à l'intérieur de ces dossiers.
07:31Donc, ce sont des personnes qui peuvent être vulnérables et qui peuvent être corruptibles.
07:35Mais la corruption, elle va aller chercher d'autres fonctionnaires.
07:38Par exemple, vous êtes incarcéré, vous voulez faire rentrer un portable en prison.
07:42À qui vous allez essayer de vous adresser ?
07:44Au surveillant pénitentiaire, puisque c'est le seul qui peut éventuellement faire en sorte de fermer les yeux
07:49sur l'entrée d'un portable ou sur l'utilisation d'un portable en prison.
07:51Donc, encore une fois, on va aller tamponner un surveillant, essayer de voir s'il peut nous aider.
07:57Donc, en réalité, tous les fonctionnaires qui ont un lien avec la police, la justice, le monde judiciaire,
08:02sont des cibles potentielles pour être corrompus.
08:05Il y a de la corruption et il y a aussi souvent des coups de pression.
08:08Alors, ça, c'est l'autre versant qu'utilisent les trafiquants.
08:11Si la corruption ne marche pas ou si ça ne suffit pas, il y a la menace.
08:15C'est-à-dire qu'on va faire pression sur vous.
08:17On va aller dire à un surveillant pénitentiaire, je sais où tu habites, je sais où habite ta famille,
08:22je sais où tes enfants vont à l'école.
08:23Il y a déjà eu d'ailleurs des opérations d'intimidation où on incendie des véhicules de surveillants devant leur
08:29domicile privé
08:30où on prend des photos de leur boîte aux lettres pour leur dire on sait où tu es, on peut
08:33te toucher, on peut te faire du mal.
08:35Cette pression, elle est importante, elle est permanente.
08:37Elle compte aussi dans la démarche que font les trafiquants.
08:43Il faut aussi évoquer les shooters, ces jeunes tueurs à gage.
08:46On en a déjà parlé dans Côte-Source à l'occasion de la sortie de votre livre Jean-Michel Décugis
08:50que vous avez signé avec deux confrères, deux journalistes police-justice du Parisien,
08:54Jérémy Famelet, Vincent Gautrono.
08:57Ces tueurs 2.0, ces shooters, il s'agit de jeunes tueurs peu chers
09:01et considérés comme jetables par les barons de la drogue, c'est ça ?
09:05Oui, c'est des jeunes qui ont entre 14 et 17 ans, qui sont parfois inconnus de la police,
09:12qui sont très déstructurés.
09:13De plus en plus, maintenant, on voit des mineurs isolés,
09:16on voit des gamins qui viennent de l'aide sociale à l'enfance,
09:20des personnes qui sont très vulnérables et qui sont instrumentalisées par les caïds
09:25qui sont recrutés sur les réseaux sociaux.
09:28Il y a des petites annonces, comme les petites annonces de Pôle emploi.
09:32L'intérêt pour ces caïds, c'est évidemment qu'il n'y a pas de contact,
09:36c'est très difficile de remonter à eux,
09:39parce qu'il y a beaucoup d'intermédiaires entre le caïd et ce jeune
09:43qui est recruté sur les réseaux sociaux.
09:45À Marseille, des magistrats ont inventé le terme de narcomicide,
09:48narco qui vient du mot narcotique, un produit chimique qui endort en résumé.
09:52Ce nouveau mot a été inventé parce qu'on n'est plus forcément face à des règlements de compte, c
09:57'est ça ?
09:57Il y a beaucoup de victimes qui n'ont aucun lien avec le trafic,
10:00ou d'autres qui sont tués simplement pour faire peur, pour envoyer un message ?
10:04Ce terme, il a été inventé par l'ancienne procureure de Marseille.
10:08D'abord, ce terme, il donne l'importance du fléau.
10:11C'est-à-dire, quand on en est à trouver des noms pour déterminer un meurtre qui est lié au
10:16narcotrafic,
10:17ça donne l'ampleur du narcotrafic.
10:19Effectivement, le narcomicide, ça épouse un certain nombre d'assassinats qui sont d'abord ceux qui sont directement liés au
10:24trafic,
10:25c'est-à-dire les règlements de compte, pour le coup, entre gang-griveaux, entre équipes privales.
10:29Mais effectivement, on l'a étendu à des homicides qui concernent, alors soit ce qu'on appelle des victimes collatérales.
10:35Par exemple, on a eu le cas de Sokaina, c'est cette jeune étudiante de 24 ans qui était dans
10:40son appartement, dans sa chambre,
10:42en train de réviser ses cours et qui a été fauchée par une balle de Kalachnikov.
10:46Les trafiquants ont tiré en rafale devant l'immeuble, ont tiré sur la façade de l'immeuble pour intimider ceux
10:51qui géraient ce point de deal.
10:53Et elle a reçu une balle qui l'a tuée alors qu'elle était en train d'étudier.
10:57Elle n'avait strictement rien à voir avec le trafic de stupes.
11:00Il y a eu d'autres victimes collatérales.
11:02Un homme qui était dans un bar, qui joue aux cartes et qui, pareil, a été touché par une balle
11:07perdue et qui est mort également.
11:09Donc, on a créé ce vocabulaire de narcomicide pour déterminer à chaque fois ces homicides qui sont directement ou indirectement
11:17en lien avec le trafic de stupéfiants.
11:22L'année la plus meurtrière dans la région de Marseille a été 2023.
11:2749 narcomicides cette année-là, rien que dans cette région.
11:30En mai 2024, un rapport du Sénat a comparé la situation en France au cartel mexicain.
11:36Quand on parle de mexicanisation, ça veut dire quoi ?
11:39Alors, la mexicanisation, c'est effectivement un rapprochement qu'on fait avec la situation mexicaine.
11:44Mais il faut quand même garder un certain nombre de proportions.
11:46Le Mexique, c'est plusieurs centaines de narcomicides par an.
11:51Simplement, ce qu'on observe en France, la dérive qui est inquiétante et qui peut amener à parler de mexicanisation,
11:57elle est sur plusieurs plans.
11:58C'est d'abord, effectivement, le recours systématique à l'assassinat, à l'ultra-violence, le fait aussi de brûler
12:04les corps,
12:05de les mutiler, alors que ce n'est pas forcément obligatoire, mais c'est une forme de message qu'on
12:09envoie à l'équipe d'en face.
12:10Il y a aussi la technique de plus en plus répandue des enlèvements, c'est-à-dire qu'on va
12:15enlever un membre d'une équipe privale,
12:17on va le torturer, parce que c'est exactement ça qui se passe.
12:19On va le torturer dans une cave, on va le torturer dans un local.
12:22Encore une fois, la mexicanisation, c'est une forme de terreur qu'on impose d'abord à l'équipe rivale,
12:28d'abord aux gangs rivales,
12:29mais finalement qu'on impose au reste de la société.
12:32C'est ça la mexicanisation, c'est de dire, nous sommes les plus forts, nous sommes les plus violents,
12:37on vous le montre, on est presque fiers de vous montrer la violence qu'on exerce, on l'expose.
12:42C'est ça la mexicanisation.
12:43Le gouvernement a répondu à cette montée du trafic de drogue par une loi de lutte contre le narcotrafic,
12:48loi promulguée en juin 2025, elle prévoit la mise en place d'un pôle de justice spécifique,
12:55un parquet dédié à la lutte contre ce trafic, le PNACO, le parquet national anti-criminalité organisée.
13:02Ça veut dire quoi concrètement ?
13:03Ça veut dire qu'on considère que cette menace du narcotrafic, elle n'est plus seulement régionale,
13:08elle n'est plus seulement à Marseille, elle est tout à fait nationale, qu'elle a un impact sur la
13:12France entière.
13:14Pour information, il faut quand même se dire que le seul parquet national qui existait jusqu'à maintenant,
13:18c'était le PNAT, le parquet national anti-terroriste.
13:21Donc, on considère, l'État considère aujourd'hui que la menace du narcotrafic,
13:25elle est au même niveau que l'a été la menace terroriste il y a quelques années.
13:29Donc, il faut passer à la vitesse supérieure en quelque sorte.
13:32Ce PNACO, il aura pour vocation de gérer toutes les plus grosses enquêtes
13:37qui concernent ce qu'on appelle le haut du spectre du trafic de stupes en France.
13:41L'idée, c'est d'avoir des magistrats qui centralisent les plus grosses procédures,
13:46les plus grosses informations sur les plus gros trafiquants français.
13:50Et surtout, ce PNACO, il aura aussi une vocation à travailler à l'international.
13:54Ce sera le point de contact, en quelque sorte, des autorités judiciaires d'autres pays,
13:58que ce soit des pays d'Amérique du Sud, des pays européens,
14:01éventuellement même Dubaï, puisqu'on en a parlé sur le côté extradition
14:04et le côté gestion des caïds français installés là-bas.
14:08Donc, ce PNACO, il aura cette vocation à traiter vraiment le très très très haut du spectre du narcotrafic.
14:13Jean-Michel Décugis.
14:14Certains magistrats sont dubitatifs par rapport au PNACO.
14:17En tout cas, ils disent qu'il ne faut pas en attendre de miracles
14:20parce qu'il y a déjà des choses qui existent.
14:23Les GIRS, qui sont des juridictions interrégionales spécialisées,
14:27qui centralisent déjà les affaires de criminalité organisée,
14:31de trafic de drogue, dans les juridictions,
14:34mais aussi la Junalco, qui est à Paris,
14:38et qui est la Juridiction Nationale de Lutte contre la Criminalité Organisée,
14:42qui centralisent déjà beaucoup de choses.
14:45Donc là, on remet une couche supplémentaire, qui est le PNACO.
14:48Il va falloir relier tout ça.
14:50Et puis, sur le terrain, ce sont les policiers qui récupèrent les informations.
14:55Ce ne sont pas les magistrats.
14:57Et encore faut-il que les policiers communiquent entre eux ?
15:00On sait qu'il y a une réforme de la police.
15:02Et aujourd'hui, la police judiciaire, elle est départementalisée.
15:06Or, le trafic de drogue, il est international.
15:09Il y a aussi deux prisons de haute sécurité qui ont été ouvertes en 2025,
15:13à Vendin-le-Vieil dans le Pas-de-Calais, on l'a évoqué,
15:15et à Condé-sur-Sarthe dans l'Orne.
15:17Damien Delceni, quelle est l'idée de ces prisons de haute sécurité ?
15:20Alors, l'idée, c'est d'y concentrer les personnes les plus dangereuses
15:24impliquées dans la criminalité organisée.
15:25Alors, ce n'est pas seulement du trafic de stupéfiants,
15:27ça peut être du trafic d'êtres humains, ça peut être du proxénétisme,
15:30mais c'est quand même très majoritairement des trafiquants de stupes.
15:33L'idée, c'est de les rassembler dans ces prisons de haute sécurité.
15:36Il y en a deux qui sont ouvertes pour l'instant,
15:38celle de Vendin-le-Vieil dans le Pas-de-Calais,
15:39celle de Condé-sur-Sarthe dans l'Orne.
15:41Il y en aura bientôt d'autres.
15:42Il y en a une qui est prévue en région parisienne, à Réau.
15:45Il y en a une qui sera même en Guyane pour gérer les Dom-Toms et les Antilles,
15:48plus d'autres qui vont être trouvées en métropole.
15:50L'objectif du garde des Sceaux, Gérald Darmanin,
15:52qui est à l'origine de ce projet,
15:55c'est d'enfermer 700 personnes
15:57qui sont considérées comme les personnes les plus dangereuses
15:59en termes de narcotrafic.
16:01Pourquoi les enfermer tous au même endroit ?
16:03C'est pour avoir des infrastructures qui les isolent.
16:06C'est-à-dire que c'est des prisons où ils sont censés,
16:08en gros, vivre en groupes très réduits,
16:10ne pas avoir de contact entre eux à l'intérieur de la prison.
16:13Évidemment, de ne pas disposer de téléphones
16:16ou de choses qui leur permettraient d'être en contact avec l'extérieur.
16:19C'est des conditions de détention qui sont plus difficiles,
16:21plus dures que les conditions de détention traditionnelles.
16:23En tout cas, c'est l'objectif.
16:25C'est vraiment de les couper de l'extérieur
16:27et c'est aussi les couper quand ils sont en détention les uns les autres.
16:33Dans ce contexte, pendant l'été 2025,
16:35et là on en vient à l'actualité la plus récente,
16:37la justice reçoit un signalement inquiétant,
16:40Damien Delceni, des menaces planes sur un jeune militant écologiste marseillais,
16:44Amine Kessassi, 22 ans.
16:46Damien Delceni, qui est ce jeune militant ?
16:49Amine Kessassi, il est apparu dans le piste à marseillais d'abord,
16:53c'est quelqu'un qui a vécu, qui est né à Marseille.
16:55Et Amine Kessassi, il a un de ses demi-frères,
16:57qui s'appelait Brahim,
16:59qui lui était impliqué dans le trafic de stupéfiants,
17:01qui est mort dans un règlement de compte.
17:03Et à partir de l'assassinat de son frère,
17:05Amine, lui, qui n'était pas du tout impliqué dans le trafic de stup',
17:08a commencé à se mobiliser, à militer,
17:10et à devenir une figure de la lutte marseillaise anti-narcotrafique
17:14et de toutes les conséquences qu'il y avait derrière.
17:16Donc, il est devenu une forme d'activiste, de militant.
17:20Il y a peu de gens qui prennent la parole à Marseille
17:22contre le trafic de stup',
17:24et surtout peu de gens qui sont eux-mêmes issus de ces quartiers et de ces cités.
17:27Donc, il est devenu une forme de porte-parole, de porte-drapeau.
17:30Le demi-frère d'Amin Kessassi
17:32a été tué dans des circonstances particulièrement horribles.
17:36Le jour de Noël 2020, le 25 décembre,
17:38son corps a été découvert quatre jours après.
17:41On a retrouvé son corps le 29 décembre
17:44dans une Audi S3 incendiée.
17:47Il avait une balle dans la tête.
17:49On a retrouvé dans la même voiture un autre corps
17:52d'un de ses acolytes.
17:54Et puis, quelques jours plus tard,
17:57on a retrouvé aussi un troisième corps
17:59qui, lui, avait été torturé, démembré.
18:02On pense à la disqueuse.
18:04C'est trois camarades de quartier
18:06qui étaient devenus un peu des figures montantes
18:09du trafic dans le quartier de la Paternelle.
18:11et il faisait de l'ombre à un caïd
18:14qui s'appelle Karim Herat
18:16qui a demandé,
18:19en tout cas, c'est ce qu'induit le dossier d'instruction,
18:22a demandé à un de ses plus proches lieutenants
18:24d'aller les supprimer.
18:25Après la mort de son demi-frère,
18:27Amin Kessassi a fait de la lutte
18:29contre le narcotrafic, un combat personnel.
18:31Il a cherché à alerter sur le sujet.
18:34Les personnes qui préméditent ça
18:36à des milliers de kilomètres
18:38se fassent arrêter,
18:39qu'on confisque leur richesse,
18:40qu'on confisque tout ce qu'ils ont
18:42et que, justement,
18:43que toutes ces personnes
18:45qui sont à Dubaï,
18:46aux Etats-Unis,
18:47ou je ne sais où encore,
18:49que ces personnes-là comprennent
18:50qu'il y a une justice
18:52et que, sur Terre,
18:54ce ne sont pas eux qui font la loi
18:55et que, justement,
18:56enlever une vie,
18:57c'est complètement horrible.
19:01Pendant l'été,
19:01on a su qu'il préparait un livre
19:03sur la question
19:04et à cette période,
19:05Jean-Michel Décugis,
19:06la justice reçoit
19:08un renseignement important.
19:10important et très fiable.
19:12Les policiers apprennent
19:12qu'un contrat a été mis
19:14sur la tête
19:15d'Amin Kessassi
19:16de la part d'une figure
19:18de la DZ Mafia,
19:19figure qui a été
19:21déjà mis en examen
19:22pour le meurtre
19:24du demi-frère
19:25d'Amin Kessassi,
19:26Brahim.
19:27Quand on dit que ce renseignement
19:28est pris très au sérieux,
19:29ça veut dire quoi, concrètement ?
19:30La police judiciaire
19:32se rend au local associatif
19:34d'Amin Kessassi,
19:35lui demande de fermer
19:36son local
19:37et de quitter Marseille.
19:39Et là,
19:40Amin Kessassi est placé
19:41sous protection policière,
19:42c'est quel type de dispositif ?
19:44C'est un dispositif
19:45de trois policiers
19:46qui sont en permanence
19:48à ses côtés.
19:49Damien Delsenis,
19:50le jeudi 13 novembre
19:51à Marseille
19:52à 14h30 environ,
19:54un commando
19:55de tueurs à scooters
19:56est positionné
19:57dans le quatrième arrondissement
19:58de la ville,
19:59juste à côté du Dôme,
20:00la plus grande salle de concert
20:02de la cité phocéenne.
20:03Comme vous le dites,
20:04on est en pleine journée,
20:05en plein centre,
20:06dans un centre très animé
20:07de Marseille.
20:09Effectivement,
20:09on a ce scooter
20:10avec un pilote
20:11et un passager à l'arrière
20:13qui sont en quelque sorte
20:14en filature
20:15sur le véhicule
20:16qui est conduit
20:17par le frère d'Amin,
20:18par Mehdi,
20:19qui est avec sa maman
20:20à ce moment-là
20:20et qui l'emmène
20:22à la pharmacie.
20:23Donc,
20:23il va se garer
20:25au niveau d'un petit parking
20:26qui se trouve devant la pharmacie.
20:28Sa maman va sortir de la voiture
20:29pour rentrer dans la pharmacie.
20:31Donc,
20:31Mehdi reste seul
20:32au volant de la voiture
20:33et c'est à cet instant-là
20:35que les tueurs
20:36vont décider
20:36de passer à l'action.
20:37C'est-à-dire qu'ils ont probablement
20:38suivi leur cible au préalable
20:40et ils ont attendu
20:41que la maman de Mehdi
20:42ne soit plus dans le véhicule
20:43et ils vont s'approcher
20:44du véhicule
20:45à ce moment-là
20:45pour l'assassiner.
20:46Jean-Michel Décugis.
20:47Et c'est un travail de pro.
20:49C'est du calibre 9 mm
20:51à l'arme de poing.
20:53Ça ne va pas être
20:53une fusillade,
20:55une rafale.
20:56Les balles vont être logées
20:57dans le thorax
20:58et surtout,
20:59le tueur va descendre
21:00du scooter,
21:01va prendre le temps
21:02d'aller tuer
21:03Mehdi Kessassi
21:04avant de repartir
21:05sur la moto.
21:06Et comme l'a dit Damien,
21:08ils ont attendu
21:09que la maman
21:10entre dans la pharmacie
21:11pour passer à l'acte.
21:15La victime,
21:16Mehdi Kessassi,
21:16avait 20 ans.
21:17Il n'avait aucun lien
21:18avec le trafic de drogue.
21:19Au contraire,
21:20il espérait devenir policier.
21:22Il préparait le concours
21:23de gardien de la paix.
21:24Le suspect numéro 1
21:26de cet assassinat
21:27est donc l'un des cadres
21:28de la DZ Mafia.
21:30Le ministre de l'Intérieur,
21:31Laurent Nunez,
21:32a parlé d'un crime
21:32d'intimidation.
21:34Mais le mercredi,
21:3519 novembre,
21:36Amine Kessassi
21:37publie une tribune
21:38dans le journal Le Monde.
21:39En résumé,
21:40il dit qu'il ne se taira pas
21:41et que son petit frère
21:43est mort pour rien.
21:44Il le répète
21:45le lendemain
21:46dans la matinale
21:46de France Inter.
21:47Je ne peux pas me taire
21:48pour plusieurs raisons
21:49parce que mon petit frère
21:50est mort pour rien.
21:51Et ça,
21:52je n'arrêterai pas
21:52de le dire.
21:53Mehdi est mort pour rien.
21:54Peu importe ce que j'ai fait,
21:55peu importe si j'ai écrit
21:56des livres ou pas,
21:57on ne devrait pas
21:58tuer mon petit frère
21:59comme ça
21:59et on ne devrait tuer
22:00aucun petit frère
22:01pour rien.
22:02Et surtout aujourd'hui,
22:04si on veut garantir
22:05la sécurité
22:05de celles et ceux
22:06qui prennent la parole,
22:07si on veut,
22:08toutes les personnes
22:09qui ont été émues,
22:10toutes les personnalités politiques
22:11qui se sentent touchées
22:12par cette histoire,
22:13s'ils veulent aujourd'hui
22:14que des gens comme moi
22:15puissent vivre,
22:15que des gens comme moi
22:16puissent continuer leur combat,
22:18ils doivent parler.
22:19Damien Delceni,
22:20ce jeudi 20 novembre,
22:21vous avez été à Marseille
22:22suivre la visite
22:23sur place de Laurent Nunez
22:24et du ministre de la Justice
22:26Gérald Darmanin.
22:27Qu'est-ce qui vous a frappé,
22:29marqué pendant cette journée ?
22:30Ce qui est un peu frappant,
22:32c'était une visite
22:32qui était vraiment destinée
22:34à aller voir les opérationnels.
22:35C'était pas une déambulation
22:36dans Marseille
22:37à la rencontre des habitants,
22:38c'était pas le choix
22:39de ce déplacement-là.
22:40Le choix,
22:40c'était d'aller voir
22:42les gardiens de prison
22:43pour Gérald Darmanin,
22:44les magistrats,
22:45les policiers,
22:46ceux qui luttent tous les jours
22:47et les élus,
22:48ceux qui luttent tous les jours
22:49contre le trafic de stupes
22:50et contre le narcotrafic
22:51à Marseille.
22:52Ce qui est sans doute frappant,
22:53c'est la conscience
22:54chez les élus,
22:55notamment,
22:56qu'un pas a été franchi
22:57avec l'assassinat de Mehdi,
22:59qu'on n'est plus
23:00dans un système
23:01de règlement de contre
23:02entre équipes
23:03ou entre clans
23:03que cette fois-ci,
23:04on a visé un civil,
23:05en quelque sorte,
23:06puisque c'est un civil,
23:06lui, il n'est pas impliqué
23:07dans le trafic de stupes,
23:08donc c'est quelque chose
23:09qui change.
23:10L'autre chose qui sort aussi
23:11de tout ça,
23:12c'est la conscience de certains
23:14d'être menacés
23:15ouvertement maintenant.
23:16Moi, j'ai vu,
23:17on a entendu des magistrats
23:18dire hier
23:19qu'ils ne se sentaient
23:20plus en sécurité.
23:21Alors,
23:22ils ont l'habitude,
23:22les magistrats,
23:23entre guillemets,
23:23de recevoir un certain nombre
23:24de menaces et de pressions,
23:26mais là,
23:27il s'est passé quelque chose
23:28qui fait qu'ils savent
23:29maintenant que c'est possible.
23:30On peut être tué
23:31alors qu'on n'a rien à voir,
23:32on peut être tué juste
23:33parce qu'on prend une position
23:34ou parce qu'on lutte
23:35contre le narcotrafic.
23:38Qu'est-ce qui peut être efficace
23:39aujourd'hui
23:39pour faire reculer
23:40le trafic de drogue en France ?
23:42La réalité,
23:43elle est assez paradoxale.
23:44La police,
23:45la justice
23:45ont plutôt des bons résultats
23:47en matière statistique
23:48sur le trafic de stupes.
23:50Ils font des saisies,
23:51ils interpellent des personnes.
23:53Hier,
23:53le chiffre a été rappelé
23:54à Marseille,
23:54il y a 2000 personnes
23:55actuellement mises en examen
23:57pour des faits de narcotrafic.
23:58Donc,
23:58il n'y a pas d'inaction
23:59des services publics
24:01et des services de justice
24:02et de police
24:03dans la lutte
24:03contre le trafic de stupéfiants.
24:05La simple difficulté,
24:06c'est que ce trafic,
24:06il est tellement volumineux,
24:08il implique tellement de personnes,
24:10on a l'impression,
24:11effectivement,
24:11de vider la mer
24:12à la petite cuillère,
24:13c'est-à-dire,
24:13vous interpellez une équipe,
24:14il y en a une autre
24:15qui pousse derrière.
24:16Je vous donne un simple exemple.
24:17La mort de Médic Essassine,
24:19dans la même semaine,
24:20vous avez une saisie
24:22de presque 250 kg de coke
24:23dans le port de Marseille
24:25qui venait de Colombie
24:25avec une équipe marseillaise impliquée.
24:28Et le jour,
24:29le jour de l'hommage
24:30rendu à Médic Essassine,
24:31des policiers
24:32qui sont en patrouille,
24:34ils enquêtent pas spécialement,
24:35ils interceptent un véhicule
24:36qui leur paraît suspect.
24:37À l'intérieur,
24:37il y a deux personnes,
24:39il y a des cagoules
24:39et Yann Kalachnikov chargé.
24:41C'est des personnes
24:42qui montaient probablement
24:43sur un règlement de compte
24:43le jour où,
24:44en principe,
24:44la ville est en train
24:45de rendre hommage
24:46à Médic Essassine.
24:47Ça veut dire que le cancer,
24:49il est tellement métastasé
24:50à Marseille
24:51et dans d'autres villes,
24:52mais à Marseille notamment,
24:54qu'il y a une forme
24:55effectivement d'impuissance.
24:57Jean-Michel Décugis.
24:58Les policiers sont complètement
24:59submergés.
25:00Donc il y a un problème
25:01évidemment de police
25:02et de justice,
25:03il faut renforcer
25:04tous ces services,
25:05mais il y a aussi,
25:06et beaucoup le pensent,
25:08ça ne suffira pas
25:09de toute façon,
25:09il n'y a pas un pays
25:10qui a gagné la guerre
25:11contre la drogue.
25:12La réponse ne peut pas être
25:13que policière et judiciaire,
25:15elle passe aussi
25:16par l'éducation,
25:17par l'éducation nationale.
25:19Chaque année,
25:20il y a des milliers
25:20de gamins
25:21qui sortent
25:22du circuit scolaire.
25:23Ces gamins,
25:24avant qu'ils soient happés
25:26par cette économie souterraine,
25:27il faut les prendre en charge.
25:29Et pour ça,
25:30il faut renforcer
25:30tous les services
25:32qui s'occupent,
25:33donc c'est l'aide sociale
25:34à l'enfance,
25:34c'est la PJJ,
25:35la protection judiciaire
25:36de la jeunesse,
25:37parce que la solution
25:39police-justice,
25:40la répression,
25:40ne suffira pas
25:41pour endiguer
25:43le trafic de drogue.
25:52Merci Jean-Michel Décugis,
25:54Damien Delsenis,
25:55Damien Delsenis
25:55que l'on retrouve
25:56chaque semaine
25:57dans Crime Story,
25:58le podcast du Parisien
25:59consacré aux grandes affaires
26:00criminelles,
26:01un podcast présenté
26:02par Claudia Prolongeau.
26:04Code Source
26:05est le podcast quotidien
26:06d'actualité du Parisien
26:07et cet épisode
26:08de Code Source
26:09a été produit par
26:10Anaïs Godard
26:11et Thibault Lambert,
26:12réalisé par
26:13Pierre Chafongeon.
26:14et Danish
26:18parcelles
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