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En 1983, un ancien légionnaire attaque, avec un complice, la bijouterie Cartier de l’avenue Montaigne, à Paris. Jamais de sang sur les mains, le bandit fascine. Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Thibault Lambert, Anaïs Godard, Clara Grouzis, Pénélope Gualchierotti - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network -

Archives : INA.

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#brunosulak #braqueur #truecrimepodcast

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Transcription
00:01Bonjour, je suis Claudia Prolongeau et vous écoutez Crime Story, le podcast fait divers du Parisien.
00:07Des années à accumuler les haines.
00:09Un jeune garçon de 10 ans a été tué par le bal.
00:12Des aveux, 33 ans après.
00:14Son corps a été retrouvé un mois plus tard.
00:17Des hommes cagoulés ont tiré sur les mariés alors qu'il...
00:19Chaque semaine, je vous raconte une grande affaire criminelle avec le chef du service poli-justice du Parisien, Damien Delsenier.
00:32Bonjour Damien.
00:33Bonjour Claudia.
00:34Aujourd'hui dans Crime Story, Bruno Sulac, un braqueur pas comme les autres.
00:38Bruno Sulac, c'est une figure du grand banditisme français, un braqueur avec des principes, pourrait-on dire.
00:44Un roi de l'évasion aussi, bref, un personnage romanesque.
00:51Le jeudi 27 janvier 1983, en fin d'après-midi à Paris, il fait plutôt doux pour la saison.
00:5711 degrés.
00:59Ce jour-là, la mort d'une star de cinéma fait les gros titres de l'actualité.
01:03Louis de Funès, l'homme qui a fait rire toute la France dans l'aile où la cuisse,
01:06ou encore la grande vadrouille et rabis Jacob,
01:09vient d'être emporté par une crise cardiaque à l'âge de 68 ans.
01:13Quand la nuit commence à tomber, les lampadaires s'allument le long de l'avenue Montaigne.
01:17L'avenue Montaigne, ce sont 600 mètres de vitrines clinquantes et de boutiques de luxe
01:22situées entre le pont de l'Alma et les Champs-Elysées.
01:25Au numéro 12, on retrouve une bijouterie de la marque Cartier, numéro 1 mondial de la haute joaillerie.
01:31Le groupe Cartier compte 7 adresses à Paris, dont une avenue Montaigne,
01:35située juste en face d'un palace de renom, le Plaza Athénée.
01:40A 17h30, un client entre dans la boutique.
01:43L'homme est souriant, il demande à Daniel, la directrice du magasin,
01:47de lui présenter des colliers, des boucles d'oreilles et des bracelets.
01:51Il met du temps à les inspecter et semble indécis.
01:55Soudain, un autre homme fait irruption.
01:57Il a un pistolet dans la main.
01:59Le premier client, qui paraissait tout à fait inoffensif, sort à son tour une arme.
02:04Plus de doute pour la gérante.
02:06C'est un braquage.
02:08Daniel et les deux vendeuses présentes à ce moment-là dans le magasin
02:11sont amenées de force à la salle des coffres au sous-sol.
02:14Elles sont menottées.
02:16Après avoir retiré la bobine des caméras de surveillance,
02:19ils savent qu'ils ont 15 minutes pour agir.
02:21Un employé s'avance, un pistolet braqué sur la tempe.
02:25Il conduit sous la contrainte les deux malfaiteurs au coffre fort.
02:29Là, les hommes dérobent des montres, des pierres précieuses et des bijoux
02:33que des clients ont laissés pour réparation.
02:35Une fois le coffre complètement vide,
02:38il se précipite vers l'entrée pour voler les parures exposées dans les vitrines.
02:42La bouche collée à son Tokiwoki, un des deux hommes lance,
02:45amène la voiture, on va sortir.
02:48Un quart d'heure plus tard, il est 17h45
02:51et les cambrioleurs se sont évaporés
02:53avec 10 millions de francs de bijoux,
02:55soit l'équivalent de 3,5 millions d'euros.
02:59Entre-temps, une voisine a donné l'alerte.
03:02Peu avant 18h, la police arrive.
03:04Trop tard donc pour mettre la main sur les malfrats.
03:08Hold-up spectaculaire.
03:09Hier soir, chez Cartier à Paris,
03:10deux gangsters ont raflé pour 1 milliard de centimes de bijoux
03:14à visage découvert, sans un coup de feu,
03:16à une heure où il y a foule, avenue Montaigne à Paris.
03:18Ils ont depuis disparu sans laisser de traces.
03:20Sur place, le commissaire De Vos,
03:22patron de la brigade de répression du banditisme, la BRB, s'interroge.
03:26Ce braquage lui rappelle beaucoup un autre survenu la semaine précédente
03:31dans une bijouterie située à seulement 700 mètres de la boutique Cartier.
03:35Le mode opératoire est le même,
03:38les braqueurs sont entrés l'un après l'autre,
03:40ils ont utilisé des Tokiwoki et sont repartis avec 9 millions de francs.
03:44Le commissaire De Vos a bien une petite idée sur celui qui a pu faire le coup.
03:49Il tend une photo aux employés de la bijouterie Cartier
03:52et demande aux témoins s'ils reconnaissent un des deux braqueurs.
03:56C'est bien lui, confirme une des employés.
03:59Le commissaire De Vos le connaît, il s'appelle Bruno Sulac.
04:06Damien, Bruno Sulac n'est pas inconnu du monde du banditisme.
04:10Non, c'est d'ailleurs pour ça que sa photo est en possession des policiers
04:14et qu'on va donc le reconnaître assez facilement.
04:16Il est connu pour avoir effectué plusieurs hold-up de supermarchés précédemment.
04:20Il fait d'ailleurs toutes ses attaques, ses braquages,
04:23toujours à visage découvert, ce qui est assez surprenant.
04:26A ce moment-là, au moment du braquage de la bijouterie Cartier Avenue Montaigne,
04:30il est en cavale, donc il est recherché évidemment par de nombreux services de police.
04:35C'est pour ça que très vite, on va s'apercevoir que c'est bien lui
04:38qui est à l'origine de ce braquage, en tout cas qui a participé à ce braquage chez Cartier.
04:43On va expliquer comment Bruno Sulac en est arrivé là,
04:46mais d'abord, qu'est-ce qu'on sait de son enfance ?
04:48Alors, Bruno Sulac, il est né le 6 novembre 1955 à Sidi Belabès en Algérie.
04:54Sa famille a ensuite quitté l'Algérie, elle a déménagé pour s'installer dans le sud de la France, à
04:59Marseille.
04:59C'est là qu'il va commettre ses premières bêtises, en tout cas ses premiers petits délits d'adolescents,
05:05comme le vol notamment d'une mobilette quand il avait seulement 16 ans.
05:09Il a une autre activité, il n'est pas que voleur à l'époque, le jeune Bruno Sulac, il a
05:13une passion, c'est la magie.
05:16Il fait des tours et il a même un nom de scène, on l'appelle Lord John, donc il a
05:21déjà cette appétence pour la magie.
05:22Il a une famille qui est plutôt aimante, avec laquelle ça se passe bien, il adore d'ailleurs sa famille,
05:27il a deux sœurs et un frère.
05:28Lui, c'est l'aîné de la fratrie.
05:30Jeune adulte, il s'engage dans l'armée.
05:32Oui, pas complètement par hasard.
05:34Son papa est un ancien légionnaire qui a fait la guerre d'Indochine, qui est rentré en héros de cette
05:40guerre.
05:41Pourquoi ? Parce que là-bas, son père a perdu un bras lors de combats dans lesquels il a protégé
05:46sa brigade en sacrifiant son bras.
05:48Cette blessure, c'est donc comme une médaille un peu pour la famille.
05:52Il a d'ailleurs été décoré d'une vraie médaille, celle de chevalier de la Légion d'honneur à son
05:56retour d'Indochine.
05:57Donc Bruno, il va en quelque sorte suivre les pas de ce père qu'il considère comme un héros.
06:03Il va intégrer lui aussi la Légion étrangère quand il est âgé de 20 ans.
06:07Il va rejoindre la section des parachutistes en Corse, à la base de Calvi.
06:12Et c'est plutôt un très bon élément.
06:14Il va même être, pendant un moment, le détenteur du record du monde de sauts en chute depuis un avion.
06:21En mai 1978, sa vie bascule.
06:24Oui. Alors, en mai 1978, il a une permission, ce qui est tout à fait classique dans l'armée.
06:29La permission, en gros, c'est les vacances pour les militaires.
06:32C'est-à-dire qu'ils quittent leur régiment et ils retournent voir leur famille.
06:34Donc, lui, il va quitter la caserne de Calvi.
06:37Il va traverser la Méditerranée, prendre le bateau pour aller à Marseille voir sa famille.
06:42Donc, pendant plusieurs jours, il prend du bon temps.
06:44Il fait du patin à glace avec sa petite sœur.
06:46Il mange les tartes au citron de sa mère qui est sa spécialité.
06:49Bref, des vacances tout à fait classiques et assez heureuses.
06:51Tout se passe bien.
06:52Alors, ça se passe même presque trop bien puisqu'il va louper son bateau pour rentrer en Corse à temps
06:58pour la fin de sa permission et réintégrer sa caserne.
07:01Alors, pourquoi c'est un événement et un tournant dans sa vie ?
07:04Parce que, ce même jour, ce jour où il doit rentrer dans sa caserne le 18 mai 1978, toute sa
07:09brigade part d'école en opération d'urgence pour le Zahir en Afrique pour l'opération Léopard.
07:16Et donc, il rate ce départ puisque lui, il a raté son bateau pour rentrer.
07:20Et donc, il ressent une honte terrible non seulement d'avoir raté ce bateau mais surtout d'avoir en quelque
07:25sorte abandonné ses compagnons qui partaient en opération.
07:29Il se rend compte à ce moment-là que ça va faire une tâche sur sa carrière, qu'il ne
07:32pourra pas être le héros qu'a été son père et qu'il l'a guidé vers la Légion.
07:36Et il dira même d'ailleurs à son père plus tard, je ne pourrai plus jamais regarder mes collègues en
07:41face.
07:42Donc, il va prendre une décision un peu jusqu'au boutiste.
07:45Il va décider carrément de déserter, c'est-à-dire de ne plus jamais rentrer à la caserne.
07:49Alors, la désertion, il faut savoir que c'est un délit pour lequel on peut être poursuivi devant des tribunaux
07:54militaires.
07:54C'est un délit assez grave.
07:55Donc, en quelque sorte, c'est sa première cavale.
07:58C'est une cavale vis-à-vis de l'armée.
08:01Ses économies en poche, Bruno Sulac s'exile au large de l'Espagne, à Mallorque, sur une île paradisiaque.
08:08C'est un beau garçon, brun, grand et plutôt mince.
08:12Son visage arbore deux grains de beauté, un au-dessus de la lèvre et un autre sur la joue gauche.
08:17À Mallorque, il mène la grande vie, fréquente les boîtes de nuit.
08:21Un soir, une jeune femme prénommée Patricia lui tape dans l'œil.
08:24Ils terminent la soirée ensemble, commencent à se fréquenter régulièrement.
08:29Rapidement, Patricia tombe enceinte.
08:31Le couple décide de rentrer en France et s'installe à deux heures de Bordeaux, dans un village à côté
08:37de Périgueux qui s'appelle Boulazac.
08:39Patricia présente Bruno à sa famille.
08:41C'est là qu'il fait la rencontre du compagnon de sa sœur, Yves Carillo.
08:45Il a 21 ans, donc un an de moins que Bruno.
08:48Il est un peu plus grand que lui et a des cheveux blonds et des yeux clairs.
08:53Les deux hommes se lient d'amitié et se retrouvent dans leur ras-le-bol de manquer d'argent et
08:57de travailler pour un salaire de misère.
08:59Ils décident de commettre un braquage.
09:03Bruno et Yves passent à l'action le samedi 14 octobre 1978, dans le sud de la France, à Albi,
09:10une ville moyenne du Tarn, à moins d'une heure de Toulouse.
09:13Il est 9h25 précisément, quand les beaux-frères arrivent sur le parking du Mammouth, célèbre chaîne de supermarché implantée un
09:20peu partout en France,
09:21à bord d'une petite Simca 1100 verte que Bruno a volée la veille.
09:24Il se gare.
09:26Les deux hommes savent qu'un convoyeur de fond vient récupérer l'argent de la caisse du supermarché à 10h.
09:31Il va falloir agir vite.
09:33Comme si de rien n'était, ils entrent dans le supermarché.
09:37Yves se glisse dans la peau d'un client.
09:39Il consulte le rayon musique et choisit un 33 tours de Jacques Brel, les marquises.
09:44Il se dirige vers une caisse pour l'acheter.
09:46Il est alors 9h40.
09:49Pendant ce temps, Bruno Sulac surveille deux caissières qui s'apprêtent à entrer dans le bureau vitré de la caisse
09:54centrale.
09:54Elle passe la porte, il leur emboîte le pas.
09:58Le directeur du magasin qui est en train de compter l'argent sent tout à coup le bout du pistolet
10:02de Bruno braqué sur sa tempe.
10:04On est là juste pour l'argent.
10:06Ne vous inquiétez pas, rassure Sulac.
10:08Pendant ce temps-là, les deux caissières sont tenues en joue par rive.
10:11L'opération dure deux minutes.
10:14Les deux hommes repartent avec un sac mammouth qui contient leur butin.
10:18293 000 francs, soit, si on compte l'inflation, un peu moins de 200 000 euros.
10:22Et le 33 tours de Jacques Brel.
10:26De nouveau sur le parking, les braqueurs remontent dans la Simca et prennent la fuite pour rentrer chez eux à
10:31Périgueux.
10:32Mais sur la route, ils s'arrêtent pour jeter une grosse partie du magot, plus de 100 000 francs, sous
10:38la forme de chèques.
10:45Damien, pourquoi est-ce qu'ils se débarrassent de cette somme sur la route ?
10:49La première explication et la plus logique, c'est que ce sont des chèques qui sont attribués par des clients
10:55du magasin au magasin mammouth.
10:56Donc, ça ne leur sert pas à grand-chose.
10:58Ils ne pourront pas toucher le bénéfice de ces chèques.
11:01Mais le fait qu'ils les jettent, ça veut dire aussi que les clients ne seront jamais débités de leur
11:05course de ce jour-là dans le supermarché mammouth.
11:08Donc, ça va nourrir un petit peu ce début de côté Robin Desbois dans la légende de Bruno Sulac,
11:14c'est-à-dire d'avoir permis à tous les clients qui ont fait leur course ce jour-là au
11:17magasin mammouth de ne jamais finalement avoir réglé leur plan de course.
11:21Bruno Sulac va ensuite enchaîner les braquages de supermarché.
11:24Oui, il va s'en faire une sorte de spécialité.
11:27Ça va durer un peu plus de deux ans.
11:29Quand il fait ses braquages, il a évidemment une arme, on l'a dit, ils s'en sont servis d
11:32'ailleurs à Albi lors du braquage du mammouth.
11:34Mais dans cette arme, il a uniquement deux balles à blanc.
11:38Ce ne sont pas des vraies balles.
11:39Il expliquera plus tard pourquoi.
11:41C'est qu'au cas où, à cause du stress ou d'un événement particulier, il soit tenté d'appuyer
11:46sur la gâchette,
11:47eh bien de toute façon, ça ne fera aucune blessure, aucune lésion, puisque ça sera juste un bruit.
11:51Mais il n'y aura pas de cartouche ni de projectile qui sortira de son pistolet.
11:56Son objectif, c'est vraiment que personne ne soit blessé, qu'il n'y ait pas de sang versé.
12:00Alors évidemment, il y a toujours cette arme, mais qu'il n'y ait pas de sang versé.
12:03Et surtout, il essaye toujours d'avoir un discours, dans ces circonstances qui sont quand même très particulières,
12:09un peu rassurant pour ses victimes.
12:11Mais le mercredi 28 février 1979, la cavale de Bruno Sulac s'arrête.
12:16Oui, alors, pour un motif d'ailleurs, pour une raison un peu baroque.
12:21Sulac, il veut se marier sous sa vraie identité, Bruno Sulac, donc c'est quelque chose d'officiel, avec des
12:26papiers, une déclaration en mairie, etc.
12:28Et en fait, cette déclaration de mariage en mairie, elle va amener les gendarmes à se remettre sur sa piste.
12:34Alors, les gendarmes, quand ils cherchent Bruno Sulac, ils ne le cherchent pas pour ses braquages,
12:38ils le cherchent parce qu'il est déserteur et qu'il a été signalé par l'armée française comme étant
12:42un déserteur et qu'il peut être poursuivi pour ça.
12:45Donc, un jour, les gendarmes, ils se présentent au domicile de Bruno Sulac pour l'arrêter pour des faits de
12:50désertion.
12:51Il se trouve que ce jour-là, Bruno Sulac, il vient tout juste d'arriver chez lui.
12:55Il rentre d'un supermarché, non pas où il a fait ses courses, mais où il a commis un nouveau
12:58braquage à Montpellier avec son complice habituel Yves.
13:02Que tout le butin est rangé dans la voiture.
13:05Les gendarmes, donc, ils vont faire un coup énorme ce jour-là parce qu'eux, ils viennent récupérer un déserteur
13:10et en fait, ils vont mettre la main sur un braqueur qui revient d'un braquage et donc, en quelque
13:16sorte, en flagrant délit.
13:17Et donc, Bruno Sulac et son complice Yves sont arrêtés.
13:23Bruno Sulac et Yves Carillo sont d'abord envoyés à la prison de Montpellier, puis transférés à la prison d
13:28'Albi.
13:29Bruno Sulac ne supporte pas sa détention.
13:32Il veut fuir la prison et ne jamais y retourner.
13:35Le mardi 24 juin 1980, grâce à deux petites scies qu'on lui a fait parvenir depuis l'extérieur,
13:41il réussit à faire tomber les barreaux de sa cellule.
13:44Bruno Sulac s'évanouit dans la nature et les enquêteurs se lancent à ses trousses.
13:49Pendant des mois, les recherches ne donnent rien.
13:52La traque du fugitif est confiée à l'Office central pour la répression du banditisme, l'OCRB,
13:57dirigée par un certain Georges Moreas, un homme à la carrure impressionnante, surmonté d'une grosse tignasse brune.
14:04Le policier s'est beaucoup documenté sur le parcours du braqueur.
14:07Il connaît ses failles.
14:09Il sait notamment que Bruno Sulac est un homme proche de sa famille, qu'il aime plus que tout.
14:15Il décide alors de placer la ligne téléphonique de Pauline Sulac, la sœur de Bruno, sur écoute.
14:21Et ça paye.
14:22Un jour, Pauline reçoit l'appel d'un homme qui bégait légèrement au bout du fil.
14:28Exactement comme son frère Bruno.
14:30Georges Moreas, comprenant qu'il se trouve chez sa petite amie, se dit qu'il tient le fugitif.
14:37Le lundi 25 janvier 1982, à midi, Bruno Sulac est donc arrêté à Paris, chez sa compagne Thalie.
14:45À son domicile, les policiers de l'OCRB découvrent des armes, de l'argent et une petite balance de diamantère,
14:51un outil qui sert à estimer le poids, et donc le prix, des bijoux volés.
14:56Sulac est incarcéré à la prison de Lyon.
14:58Le mercredi 21 juillet 1982, il est transféré à Montpellier, où il doit être jugé pour une affaire ancienne.
15:06Avec un complice de l'époque, un certain Drago Rancic, il avait aidé l'un de ses amis à s
15:11'évader.
15:12Après le procès, Bruno et son complice, qui viennent décoper de trois ans de prison,
15:16reprennent le train pour Lyon, sous étroite surveillance, escortés par cinq gendarmes.
15:21Lorsque la locomotive passe au niveau de la ville de Valergue, à une heure de Nîmes,
15:26deux hommes font irruption dans le wagon.
15:28Ils sont lourdement armés et tirent en l'air.
15:31Très vite, ils neutralisent les gendarmes et récupèrent leurs revolvers.
15:35Le train est arrêté en urgence.
15:38Drago Rancic refuse de s'évader avec eux,
15:40mais Bruno Sulac et ses deux complices en profitent pour s'enfuir.
15:44À 26 ans, l'ancien militaire vient de se faire la belle pour la deuxième fois.
15:56Damien, après cette évasion spectaculaire, Bruno Sulac est introuvable pendant des mois.
16:02Pourtant, ce n'est pas faute de parler de lui,
16:03parce que la presse parle beaucoup de ce phénomène qu'est devenu Bruno Sulac.
16:08Plus on en lit sur cet homme, plus on a l'impression qu'il y a un côté un peu
16:12romanesque.
16:13Dans tout ça, un peu presque romantique.
16:14C'est-à-dire qu'on estime qu'il n'est pas guidé par le désir d'argent,
16:18mais que c'est l'adrénaline que lui procurent ses braquages
16:20et ses évasions qui sont un peu le moteur, le mobile de sa carrière.
16:25Alors, il va laisser pas mal de traces, comme précédemment dans sa cavale.
16:28Il prend contact avec ses proches.
16:30La presse va même publier une lettre qu'il a envoyée à sa maman,
16:34où il écrit
16:34« Je sais que j'y laisserai ma vie, je m'en moque,
16:37je suis heureux et je ne pourrai vivre autrement,
16:40mourir demain ou dans 50 ans.
16:42Quelle importance ? » questionne-t-il.
16:44Dans cette même lettre, on comprend en fait surtout
16:46son envie de ne jamais retourner en prison.
16:50Il écrit
16:50« La prison n'est que la destruction sans appel
16:53de l'être qui y est enfermé
16:55et qui par ricochet sera prête à tout
16:57pour ne pas y retourner. »
16:59Un conseil qui s'applique donc à lui-même.
17:02C'est donc quelques mois après cette évasion
17:04que Bruno Sulac braque la bijouterie Cartier,
17:06Avenue Montaigne à Paris, le jeudi 27 janvier 1983.
17:10Braquage qu'on racontait au tout début de cet épisode.
17:13Oui, c'est ça.
17:14C'est-à-dire que quand il commet ce braquage
17:16chez Cartier Avenue Montaigne,
17:17il est en pleine cavale
17:18après l'attaque du train qui a permis de le libérer.
17:21Alors, cette attaque du train,
17:22elle a non seulement permis de le libérer,
17:24mais elle l'a rapproché encore un peu plus
17:25du milieu du banditisme yougoslave,
17:28avec lequel il avait d'ailleurs quelques accroches déjà.
17:30D'ailleurs, dans les articles de presse de l'époque,
17:33on lui prête même, en raison de son nom de famille,
17:35un Sulac, des origines yougoslaves,
17:37alors qu'en réalité, son nom est d'origine polonaise.
17:40Dans ce milieu des Balkans,
17:42il va faire la rencontre de Novika Zivkovic,
17:45qu'on surnomme Steve.
17:47C'est un yougoslave, lui qui vit en banlieue parisienne
17:49depuis qu'il a environ l'âge de 11 ans.
17:52C'est un boxeur assez reconnu
17:54et qui avait été repéré par l'acteur Jean-Paul Belmondo,
17:57lui-même grand fan de boxe.
17:59Il est d'ailleurs parfois aperçu
18:01comme étant son garde du corps en quelques occasions.
18:04Et donc ce Steve, ce Zivkovic,
18:06il devient le bras droit de Bruno Sulac,
18:09son meilleur ami, son complice de toujours.
18:11Et c'est avec lui qu'il a fait le braquage
18:14chez Cartier Avenue Montaigne.
18:16À ce moment-là, donc, l'OCRB est à leur trousse.
18:18En tout cas, il les recherche.
18:20Ça fait, en gros, depuis l'évasion,
18:22depuis l'épisode du train,
18:23que les enquêteurs cherchent activement
18:25à remettre la main sur Bruno Sulac,
18:27c'est-à-dire depuis le mercredi 21 juillet 1982.
18:32Le braquage Cartier, c'est pas dans la cavale.
18:33Donc, évidemment, les enquêteurs,
18:35c'est même au-delà de la frustration,
18:37là, il y a un peu d'énervement,
18:38parce que non seulement ils sont à la recherche d'un fugitif,
18:40mais en plus, ce fugitif, il se cache pas,
18:42il va commettre un braquage,
18:43et pas n'importe où, dans l'avenue Montaigne,
18:45un des endroits les plus connus de Paris,
18:47de France et du monde,
18:48pour commettre un braquage culotté et spectaculaire.
18:51Donc là, il devient quand même une cible prioritaire
18:54pour toutes les polices françaises,
18:56mais il reste, pour l'instant, insaisissable.
18:59Et surtout, il ne va pas s'arrêter là,
19:02parce qu'il est en train, tout simplement,
19:04de préparer le plus gros coup de sa carrière.
19:22Vous venez d'écouter le premier épisode de Crime Story,
19:25Bruno Sulac, un braqueur pas comme les autres.
19:28Suite et fin de ce podcast dans le deuxième épisode,
19:31déjà disponible sur toutes les plateformes d'écoute
19:33et sur leparisien.fr.
19:35Crime Story est le podcast fait divers du Parisien.
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