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En 1983, un ancien légionnaire attaque, avec un complice, la bijouterie Cartier de l’avenue Montaigne, à Paris. Jamais de sang sur les mains, le bandit fascine. Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Thibault Lambert, Anaïs Godard, Clara Grouzis, Pénélope Gualchierotti - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network -
Archives : INA.
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00:00Vous écoutez Crime Story, Bruno Sulac, un braqueur pas comme les autres, deuxième et dernier épisode.
00:09A l'hiver 1983, les enquêteurs cherchent à mettre la main sur Bruno Sulac, un détenu de 26 ans en
00:15cavale qui s'est déjà échappé deux fois de prison.
00:18Il vient de réaliser le braquage d'une bijouterie de luxe à Paris.
00:21Avec un complice, ils ont dérobé pour 10 millions de francs de bijoux.
00:25C'est au moins la troisième fois qu'il s'en prend à une boutique de luxe.
00:28Avant ça, Bruno Sulac s'était fait la main en cambriolant des supermarchés, mais sans jamais blesser physiquement ses otages.
00:36Recherché par toutes les polices de France et l'OCRB, l'Office central pour la répression du banditisme, il vit
00:43dans la clandestinité.
00:44Et il prépare un coup encore plus spectaculaire.
00:50Vendredi 19 août 1983, le soleil est au Zénith à Cannes.
00:54Le thermomètre affiche 28 degrés sur la Croisette, cette longue promenade au bord de la plage où s'alignent les
01:00grands magasins et le palais des festivals.
01:03À midi et demi, deux hommes pénètrent dans la bijouterie quartier, au 57 boulevard de la Croisette.
01:09Ils sont habillés comme des gens aisés qui auraient leurs habitudes sur les cours de tennis les plus huppés de
01:13la Côte d'Azur.
01:14L'un est vêtu d'un pantalon léger et d'un t-shirt, l'autre d'un short et de
01:19basket.
01:20Ils ont un sac dont dépasse une raquette de tennis.
01:24L'un d'entre eux demande à voir des bracelets, l'autre regarde une montre.
01:28Le premier indique qu'il reviendra plus tard et se dirige vers la sortie.
01:33Soudain, il fait volte-face et braque un revolver sur une employée.
01:37L'autre homme qui regardait les montres est en fait son complice.
01:41Il sort à son tour une arme.
01:43Les quatre employés sont poussés vers l'arrière de la boutique.
01:46L'effet de surprise est réussi.
01:48Aucun des salariés n'a eu le temps de déclencher le système d'alarme.
01:52Dans le fond de la bijouterie, il y a trois autres employés.
01:55Les deux braqueurs doivent donc neutraliser sept personnes.
01:59Certains ont les poignées et les chevilles ligotées, d'autres sont attachés deux par deux.
02:04La voie est libre.
02:05Les deux malfrats vident ensuite trois coffres forts qui renferment plusieurs pièces uniques.
02:09Une parure en rubis d'une valeur de 8,5 millions de francs.
02:12Et un briquet qualifié du plus cher au monde qui vaut presque un million de francs.
02:17Il est orné de 260 saphirs.
02:20Le bout du briquet est lui surmonté d'une petite panthère.
02:23Les deux bandits déguisés en tennismen enfouissent leur butin dans leur sac de sport,
02:27duquel dépasse une raquette de tennis.
02:30Avant de partir, il n'oublie pas de récupérer la bande de la vidéosurveillance qui a filmé la scène.
02:35Il ne laisse aucune trace.
02:39Dix ans plus tôt, cette même bijouterie quartier avait servi de décor à un film de Claude Lelouches,
02:45La bonne année avec Lino Ventura.
02:47Ce film raconte l'histoire d'un homme qui prépare le braquage de sa vie dans une bijouterie de la
02:51croisette
02:52et qui finit par échouer.
02:54Bruno Sulac et son complice, eux, réussissent.
02:57Il s'évapore avec un butin colossal, 40 millions de francs.
03:0640 millions de francs de bijoux, c'est le montant du hold-up de la bijouterie quartier à Cannes, hier.
03:11C'est l'un des plus importants vols de bijoux jamais commis en France.
03:14Ces deux auteurs ont été identifiés par la police.
03:17Il s'appelle Bruno Sulac, il s'est surnommé le légionnaire.
03:20Damien Delsenis, ce braquage fait la une des journaux.
03:24Oui, le Parisien, par exemple, va titrer que c'est un des hold-up les plus importants commis ces dernières
03:29années.
03:29On parle quand même d'un butin de 40 millions de francs de l'époque, soit environ 14 millions d
03:34'euros.
03:34C'est quand même colossal.
03:35Et qui surtout a été récupéré en quelques minutes par deux hommes déguisés en joueurs de tennis.
03:40Alors, en plus, on apprend assez vite que Sulac est derrière ce braquage.
03:44Sulac, il est déjà en cavale.
03:46Donc là, il va, en quelque sorte, gagner ses galons d'ennemis public numéro un.
03:51Est-ce que les enquêteurs ont des pistes pour le retrouver ?
03:53Pas immédiatement.
03:54Alors, ils vont se concentrer sur les bijoux,
03:56comme on le fait de temps en temps dans des enquêtes sur des braquages de bijouteries.
04:00Surtout quand les bijoux en question sont rares, voire des pièces uniques.
04:03On a parlé de ce briquet très très cher, mais qui n'existe qu'à un seul exemplaire.
04:08On se dit que ce n'est pas facile à écouler.
04:09Donc, les policiers vont se mettre sur la piste éventuellement de la réapparition de ces bijoux,
04:15de ce briquet auprès de certains recéleurs qu'ils connaissent, en France ou à l'étranger,
04:19qui vont surveiller, placer sur écoute.
04:21Mais pour l'instant, ça ne donne rien.
04:23Les bijoux ne remontent pas à la surface.
04:25Donc, on n'a pas de fil à tirer pour remonter sur Sulac et son complice.
04:29En parallèle, Bruno Sulac est beaucoup en contact avec Georges Moreas, le directeur de l'OCRB.
04:34Oui, c'est très surprenant.
04:36On le rappelle, l'OCRB, c'est l'Office Central de Répression du Banditisme.
04:40Et Georges Moreas, c'est le patron de ce service.
04:42On peut imaginer qu'un flic qui est à la recherche d'un bandit sur lequel il n'arrive pas
04:47à mettre la main,
04:48on peut douter du fait qu'il soit en contact, et pourtant, bien qu'il soit aux trousses de Sulac
04:53depuis longtemps,
04:54parce que Moreas, ça a été celui qui l'a interpellé en 82, déjà après sa première évasion, celle de
04:58la prison d'Albi en 1980.
05:01Là, cette nouvelle cavale de Sulac, c'est encore Georges Moreas et l'OCRB qui sont aux trousses du braqueur
05:06et de l'évader.
05:07Mais malgré tout, ils ont une relation, alors, ce n'est pas une relation d'amitié, pas du tout,
05:11mais en tout cas, ils se parlent de temps en temps au téléphone.
05:14À l'époque, il n'y a pas de portable, donc c'est plus difficile de localiser les appels.
05:18Il y a eu un échange entre les deux hommes, une forme de respect.
05:22Alors, Moreas, avant d'être policier, il a été jeune, il a fait quelques bêtises,
05:26donc il se reconnaît un tout petit peu, en tout cas dans une partie du parcours de Bruno Sulac.
05:31Moreas, ça reste un flic, il essaie quand même de glaner quelques informations dans ses conversations,
05:35quand il essaie d'en avoir.
05:38Il racontera d'ailleurs plus tard que, bon, il ne parlait d'ailleurs pas que, évidemment, de leurs propres affaires,
05:42qu'il parlait aussi sport et philosophie, et qu'il aimait bien échanger avec Sulac sur ces thèmes.
05:46Mais Georges Moreas parvient finalement à le retrouver après 18 mois de cavale.
05:51Oui, alors en fait, ce n'est pas vraiment Moreas qui va le retrouver,
05:54c'est qu'en fait, de façon un peu hasardeuse,
05:56Sulac est arrêté à la frontière espagnole le 9 février 1984.
06:01Ce sont les douaniers qui l'arrêtent, tout simplement parce qu'il roule à bord d'une voiture qui est
06:06signalée volée.
06:07Il est donc incarcéré à la maison d'arrêt de Gradignan, à une vingtaine de minutes de Bordeaux.
06:15Cela fait une semaine que Bruno Sulac est à la prison de Gradignan.
06:19Au vu de ses multiples évasions, c'est un détenu particulièrement surveillé, un DPS comme on dit.
06:25Pendant ce temps, les enquêteurs tentent de mettre la main sur le complice de Bruno Sulac,
06:29celui avec qui il a fait ses braquages des deux bijouteries quartier à Paris et à Cannes.
06:34Une chose est sûre, ça ne peut pas être Yves Carillo, l'ex-beaufrère de Bruno Sulac.
06:39Depuis le braquage qu'ils ont fait ensemble, Yves Carillo purge sa peine à la prison d'Albi.
06:44C'est grâce à Robert Niclou, inspecteur principal de la police judiciaire de Nice, que l'enquête avance.
06:50Quelques mois plus tôt, ce policier a enquêté sur le braquage d'une bijouterie de luxe à Nice.
06:56Il a repéré Bruno Sulac sur les images de vidéosurveillance
06:59et c'est donc que c'est lui qui a commis ce braquage, survenu au moment où il était en
07:03cavale.
07:04Sur les photos, il aperçoit aussi le complice de Bruno, à visage découvert.
07:08C'est un homme grand, barraqué, brun, aux sourcils épais et au nez imposant.
07:14Un informateur finit par transmettre un indice assez surprenant.
07:18Le mystérieux complice a des contacts dans le cinéma et il a déjà tourné dans un film,
07:23Le Professionnel, avec Jean-Paul Belmondo en tête d'affiche.
07:26En revoyant ce film, Robert Niclou est stupéfait.
07:30Un des figurants, habillé en policier, ressemble bel et bien à l'homme qu'il traque.
07:35Il s'agit de Novika Zivkovic, dit Steve, l'ami que Bruno Sulac a rencontré dans le milieu du banditisme
07:42yougoslave.
07:42En mars 1984, donc, Steve est connu des services de police et recherché pour plusieurs braquages.
07:49Le dimanche 11 mars 1984, un homme en costard-cravate se présente dans les locaux de la société Erlec,
07:56une entreprise de location d'hélicoptères située à Mérignac, à côté de l'aéroport de Bordeaux.
08:01L'homme en costard, qui a réservé un appareil pour 8h30 au nom de Sameli, éveille la suspicion du gérant
08:07de cette société.
08:07Ce client a voulu rester discret sur son identité et il a payé la réservation en liquide.
08:14Lorsque ce mystérieux client arrive, il est donc accueilli par des policiers cachés dans le hangar.
08:19La situation se tend.
08:21L'homme en costard sort un pistolet 357 Magnum.
08:24Les forces de l'ordre la battent aussitôt.
08:27Dans ces affaires, les enquêteurs retrouvent des faux papiers d'identité,
08:30mais aussi des armes et un plan de la prison de Gradignan.
08:33La prison où est enfermé Bruno Sulac.
08:36Dès le lendemain, les enquêteurs n'ont plus aucun doute.
08:40L'inconnu tué n'est autre que Steve,
08:42qui projetait probablement de faire évader son meilleur ami de prison.
08:47Comme Jean-Paul Belmondo dans Le Professionnel,
08:50il est mort criblé de balle devant un hélicoptère.
08:56Damien, c'est la première fois que du sang coule dans le parcours criminel de Bruno Sulac.
09:01Oui, on l'a déjà dit, celui-là, qu'il a pour principe de commettre ses braquages avec une arme
09:06chargée à blanc,
09:06d'éviter que la moindre goutte de sang ne soit versée.
09:10Mais là, évidemment, il n'est pas impliqué directement.
09:12Lui, il est en prison, il attend qu'on vienne le chercher pour s'évader.
09:16Mais c'est la première fois qu'il y a un mort, un tel drame dans son parcours, dans le
09:20grand bonditisme.
09:21Et en plus, ce n'est pas n'importe qui, l'homme qui meurt.
09:23C'est son meilleur ami, c'est son complice de toujours.
09:26Donc, pour Sulac, la nouvelle, elle est très, très dure.
09:29Et quand il va l'apprendre, évidemment, dans sa cellule de prison,
09:32il va dire, le 11 mars, donc le jour de cette évasion ratée,
09:36je suis mort avec mon ami.
09:38Quelques jours plus tard, le procès de sa première affaire,
09:40le braquage d'Albi, doit avoir lieu.
09:43Et dans la presse, on commence à en parler.
09:45Oui, on va surtout, évidemment, évoquer cette image un peu inhabituelle
09:49d'un braqueur, pas violent, qui n'est pas tellement attiré par l'argent,
09:53mais plutôt par une forme de liberté que lui procurent les butins
09:57qu'il a dans ses braquages.
09:59Presque un voyou au grand cœur, je dis bien presque, avec des guillemets.
10:02Mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'avant ce procès,
10:05tous les papiers démontrent aussi que ce Sulac, il est apprécié,
10:09ce qui est quand même assez rare, du grand public, des lecteurs.
10:12En plus, il a un physique de beau gosse, donc peur de rien,
10:16qui veut faire du mal à personne.
10:17Donc, ça devient un braqueur assez médiatique.
10:21Le mardi 20 mars 1984, le procès du braquage du supermarché Mammouth
10:25s'ouvre à Albi, devant la cour d'assises du Tarn.
10:28Un palais de justice en état de siège, des tiers d'élite sur les toits,
10:32les gendarmes mobilisés.
10:34Albi s'est ouvert aujourd'hui le procès de Bruno Sulac,
10:38le roi de la cavale et du braquage.
10:40C'est le premier hold-up de Sulac, celui qu'il avait commis
10:43avec son beau-frère de l'époque, Yves Carillo.
10:45Dans cette ville moyenne, située à une heure de Toulouse,
10:48un dispositif de sécurité renforcé est mis en place.
10:51Le palais de justice est truffé d'appareils de surveillance.
10:54Dans les rues alentours, des policiers armés patrouillent
10:57et des tireurs d'élite se tiennent prêts.
11:00Les enquêteurs craignent que le roi de la cavale,
11:02comme il est surnommé, se fasse à nouveau la belle.
11:05Mais il n'en est rien.
11:07Bruno Sulac est jugé et condamné à 9 ans de prison.
11:11A l'audience, il déclare qu'il a cette fois-ci décidé de rester en détention.
11:16Il sait que ce procès n'est pas le dernier
11:18et qu'un Tour de France des tribunaux l'attend.
11:20Il doit encore être jugé pour une vingtaine d'affaires.
11:23Bruno Sulac est transféré dans la plus grande prison française,
11:26celle surpeuplée de Fleury-Mérogis,
11:28dans le département de l'Essonne, à une heure de Paris.
11:31Environ 5000 détenus, pour 3450 places maximum.
11:35Là-bas, Bruno Sulac est un détenu particulièrement scruté.
11:39On le change régulièrement de cellules et de bâtiments.
11:42La maison d'arrêt a déjà essuyé une évasion trois ans plus tôt,
11:45avec Gérard Dupré et Daniel Beaumont,
11:47deux gangsters fichés au grand banditisme
11:49qui s'étaient enfuis par hélicoptère de façon spectaculaire.
11:53Pendant son incarcération, Bruno Sulac se lit d'amitié
11:55avec un surveillant de prison stagiaire.
11:57Marc Medge, un jeune homme sportif, âgé de seulement 22 ans.
12:02Bruno lui promet 4 millions de francs s'il l'aide à s'évader.
12:06Marc accepte.
12:08Bruno Sulac parvient aussi à se mettre dans la poche
12:11le sous-directeur de la prison, Thierry Snitter,
12:14un jeune de 25 ans, aux airs d'un télo,
12:16avec des lunettes et une fine moustache.
12:18L'évasion est prévue dans la nuit du dimanche 17
12:21au lundi 18 mars 1985.
12:24Bruno Sulac a un plan bien ficelé.
12:26Il ne veut, comme d'habitude, blesser personne physiquement.
12:30Marc Medge doit lui ouvrir la porte de sa cellule.
12:33Pendant que Bruno Sulac sera en train de s'évader,
12:35le surveillant stagiaire devra allumer des explosifs
12:37depuis la cellule du prisonnier
12:39pour attirer les gardiens vers une mauvaise piste.
12:42Une fois la tension détournée,
12:44Bruno Sulac rejoindra Thierry Snitter,
12:46le sous-directeur de la prison,
12:48qui le fera quitter le bâtiment dans sa voiture.
12:51Mais rien ne se passe comme prévu.
12:52La nuit du dimanche 17 mars,
12:55Bruno Sulac est surpris par des gardiens
12:56hors de sa cellule, au deuxième étage de la prison.
12:59Dans la panique, il se dirige vers une fenêtre
13:02et fait une chute de 8 mètres.
13:04Arrivé sur place,
13:06les premiers secours découvrent Bruno Sulac
13:08dans un état grave.
13:09Il vient de plonger dans un coma profond.
13:19Damien, est-ce qu'on sait réellement ce qu'il s'est passé ?
13:21Alors, deux versions vont s'opposer.
13:24La première, c'est la version des gardiens.
13:26En fait, ils expliquent que Sulac s'est caché
13:29dans une armoire d'une salle du deuxième étage
13:31parce qu'il sent qu'il est repéré,
13:33donc il se cache dans cette armoire.
13:35Et c'est à ce moment-là, à 0h15,
13:37qu'un gardien rentre dans la pièce
13:39où se trouve cette armoire pour prendre un café
13:41et qu'il va entendre le bruit du Tokiwoki de Sulac
13:44qu'il n'a pas éteint,
13:45qu'il est dans sa poche,
13:46donc il entend ce bruit.
13:48En fait, c'est Thierry Snitter, le sous-directeur,
13:50son complice,
13:50qui lui parle à travers ce Tokiwoki.
13:53Donc le gardien, évidemment alerté par un placard
13:55dans lequel il y a un bruit de Tokiwoki,
13:57va s'approcher de ce placard.
13:59Et à ce moment-là, Sulac sort du placard
14:01et se précipite vers la fenêtre pour sauter.
14:04Les gardiens expliquent qu'ils auraient tenté
14:05de le rattraper en le tenant par son blouson,
14:07mais que ce blouson s'est déchiré
14:09et que donc, Bruno Sulac est tombé 8 mètres plus bas.
14:13Et que dit la deuxième version ?
14:15Alors, l'autre version, c'est celle de la famille
14:17de Bruno Sulac.
14:18Eux, ils ne croient pas à cette explication,
14:20ils ne croient pas à ce scénario
14:21et ils n'acceptent pas la thèse d'une chute accidentelle.
14:25Ils vont même porter plainte contre X.
14:27Pour eux, la chute de Bruno a été provoquée
14:30par les gardiens
14:30et pensent même qu'avant cette chute,
14:32Bruno Sulac a été tabassé.
14:35Alors, cette théorie, elle va être accentuée et favorisée
14:38par le fait que la famille n'a pas le droit
14:41d'avoir accès à l'hôpital
14:43pour aller veiller, en quelque sorte, Bruno Sulac.
14:46Donc, ils ne peuvent pas voir son corps.
14:48Ça n'aide pas.
14:49Donc, on sait qu'il est dans un état
14:50très critique à ce moment-là,
14:52après sa chute,
14:52qu'il a été opéré plusieurs fois,
14:54notamment de la rate,
14:55notamment du rein,
14:56qu'il est toujours plongé dans un coma profond.
14:59mais cette interdiction d'approcher du corps
15:02forcément accentue les soupçons.
15:04Maître Denis Giraud,
15:06qui est l'avocat de la famille Sulac,
15:07dit aux Parisiens quelques jours après cette chute
15:10« Sa famille est en droit de le voir,
15:12même s'il est dans le coma,
15:13et d'apprécier de visu
15:15si ce garçon n'a pas été marqué
15:17ou n'a pas reçu de coup. »
15:22Le vendredi 29 mars 1985,
15:25après 11 jours de coma,
15:27Bruno Sulac s'éteint
15:28dans son lit d'hôpital de la Salle Pétrière à Paris.
15:31Il a alors 29 ans.
15:34« La dernière cavale de Bruno Sulac
15:35s'est terminée cette nuit,
15:36ici, dans un pavillon de l'hôpital de la Salle Pétrière.
15:39Depuis son évasion manquée du 18 mars,
15:41Bruno Sulac était dans le coma.
15:43La rate et le foie éclaté,
15:44il avait subi aussi une lobotomie frontale,
15:46il n'a pas survécu.
15:47Pour le gentleman braqueur, c'est terminé. »
15:49Son butin de plusieurs millions de francs
15:51n'a jamais été retrouvé.
15:53Deux ans après son décès,
15:54les complices de son évasion mortelle,
15:56Thierry Snitter et Marc Medge,
15:58ont été condamnés à 8 et 7 ans de prison.
16:01L'ancien gardien était fasciné par le braqueur.
16:04Il déclare à la barre
16:05« Pour moi, Sulac, c'était la liberté.
16:08Si c'était à refaire, je le referais.
16:11Sulac était un Arsène Lupin des temps modernes,
16:13il n'appartenait à personne. »
16:35Vous venez d'écouter Crime Story,
16:37le podcast fait divers du Parisien,
16:39avec à la production Anaïs Godard et Thibaut Lambert,
16:42à la réalisation Julien Moncouquiole
16:45et à la rédaction en chef Jules Lavi.
16:47Un épisode écrit par Anaïs Godard
16:50que je vous ai raconté avec Damien Delsenis
16:52et un podcast à retrouver chaque samedi
16:54sur le site leparisien.fr
16:56et sur toutes les plateformes d'écoute.
16:58Si vous aimez Crime Story,
16:59vous pouvez nous le dire
17:00en nous laissant des commentaires
17:01ou des petites étoiles.
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