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Le petit Philippe, 7 ans, est enlevé à la sortie de son école près de Troyes en janvier 1976. Les ravisseurs demandent un million de francs de rançon à la famille Bertrand. Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties.

Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Thibault Lambert, Clara Garnier-Amouroux, Pénélope Gualchierotti, Clémentine Spiler et Clara Grouzis - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : Audio Network

Archives : France TV, Europe 1, Radio France.

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Transcription
00:02Vous écoutez Crime Story, la disparition du petit Philippe Bertrand, mensonge et peine de mort, deuxième et dernier épisode.
00:12Le vendredi 30 janvier 1976, Philippe Bertrand, 7 ans, disparaît à la sortie de son école dans le département de
00:19l'Aube à Troyes.
00:21Deux semaines plus tard, la police arrête un premier suspect.
00:23Il s'appelle Patrick Henry, a 22 ans et a déjà rencontré quelques fois plusieurs membres de la famille Bertrand.
00:30Mais sa garde à vue ne donne rien et au bout des 48 heures autorisées, il est relâché sans qu
00:36'aucune charge ne soit retenue contre lui.
00:38Il donne alors des interviews, adressant sa sympathie aux parents du petit Philippe et réclamant la peine de mort pour
00:44celui qu'il aurait enlevé.
00:46Mais la police a toujours de gros soupçons et continue d'enquêter sur lui.
00:50Elle découvre au bout de quelques jours que le jeune homme loue une chambre dans un bar-hôtel de Troyes.
00:58Le mardi 17 février, vers 20h30, les gendarmes suivent Patrick Henry jusqu'au bar Les Charmilles.
01:04Quand ils entrent après lui dans l'établissement, ils ne le voient pas, dans la salle principale.
01:08Ils montent à l'étage, là où sont les chambres, et frappent à la porte de celle que leur suspect
01:13occupe.
01:14Le jeune homme refuse d'ouvrir.
01:16Les enquêteurs décident alors d'enfoncer la porte.
01:19Quand ils parviennent à entrer dans la chambre, ils ont juste le temps de voir leur suspect sauter par la
01:24fenêtre.
01:25Dans la rue, Patrick Henry se met à courir, mais deux policiers en embuscade lui sautent dessus et l'immobilisent.
01:32Pendant qu'ils le mettent dans une voiture de police, d'autres gendarmes décident de fouiller la chambre d'hôtel.
01:37Sous le lit, ils découvrent un tapis roulé sur lui-même.
01:41Ils le tirent vers eux et le déroulent lentement.
01:44Ils savent déjà ce qu'ils vont trouver.
01:47Quelques secondes plus tard, face au cadavre de Philippe Bertrand, les policiers ne peuvent que constater qu'ils sont arrivés
01:53trop tard.
01:54Beaucoup trop tard.
01:56L'enfant est mort depuis au moins plusieurs jours.
02:03Après 20 jours de calvaire, les parents et le grand-père de Philippe, qui continuait d'espérer son retour, apprennent
02:09l'impensable.
02:10Leur fils a été tué par cet homme qu'ils connaissaient.
02:13Par cet homme qui, après sa garde à vue, multipliait les interviews à la télé et réclamait la peine de
02:19mort pour celui qui avait enlevé Philippe.
02:21Le lendemain, le mercredi 18 février 1976, le ministre de l'Intérieur, Michel Pognatowski, s'exprime.
02:29« Je pense d'abord que ce crime est abominable, dit-il, car tuer un petit enfant, il n'y
02:34a rien de pire.
02:35J'espère que la justice passera, rude et vite. »
02:39Un peu plus tard, à 20h, le journaliste Roger Gickel ouvre le journal télévisé de TF1 par une phrase restée
02:46gravée dans les mémoires.
02:47« La France a peur. Je crois qu'on peut le dire aussi nettement.
02:51La France connaît la panique.
02:53Depuis qu'hier soir, une vingtaine de minutes après la fin de ce journal, on lui a appris cette horreur,
02:58un enfant est mort, un doux enfant au regard profond, assassiné, étranglé. »
03:03Damien Delsenie, l'autopsie pratiquée sur le corps de Philippe Bertrand, montre qu'il a été étranglé.
03:09Oui, ce que va d'ailleurs reconnaître très vite Patrick Henry, qui au bout seulement de quelques heures de garde
03:14à vue,
03:14demande au policier un papier, un stylo et fait des aveux écrits, rédigés.
03:20C'est assez rare d'ailleurs comme façon de faire.
03:22Il explique dans ses aveux qu'il a étranglé le petit garçon avec un foulard.
03:27Il donne comme explication le fait qu'il pleurait, il pleurait trop, il ne supportait plus ses pleurs,
03:31donc il a pris ce foulard et il l'a étranglé.
03:33Il situe donc ce meurtre le 31 janvier vers 18h,
03:37donc ça veut dire le lendemain en réalité de son enlèvement
03:40et quelques heures, 6 heures après que l'affaire a commencé à être médiatisée.
03:46Si ce qu'il dit dans le timing est juste, cela veut dire que les premiers enquêteurs,
03:50vous savez ceux qui l'ont raté la première fois, qui se sont fait repérer la première fois,
03:55ils auraient pu sauver l'enfant s'ils avaient été plus discrets
03:58et s'ils avaient réussi à suivre Patrick Henry jusqu'à cette chambre d'hôtel
04:02après l'avoir localisée dans la cabine téléphonique.
04:08À partir du moment où on apprend que le corps de Philippe Bertrand a été retrouvé,
04:13Patrick Henry devient le symbole de la monstruosité.
04:16Oui, alors on l'a dit, après sa première garde à vue, il avait terminé dehors
04:21et il passait son temps à donner des interviews.
04:24Là on apprend qu'en réalité c'était bien lui l'auteur de l'enlèvement et du meurtre
04:28et puis surtout on apprend qu'après avoir tué le petit garçon,
04:31il est parti quelques jours dans une station de ski, rejoindre des amis,
04:35il a été en discothèque le soir, en gros comme si de rien n'était,
04:39en ne s'inquiétant même pas du devenir du corps qu'il a laissé sous le lit de la chambre
04:43d'hôtel,
04:44rouler dans un tapis.
04:45Pénalement ça ne change rien, le plus grave étant quand même le meurtre de cet enfant
04:49et l'enlèvement préalable, le fait qu'il conserve le corps dans un tapis sous un lit,
04:54c'est pas plus grave, entre guillemets, au sens pénal du terme,
04:56mais évidemment d'un point de vue moral, abandonner ce corps sous un lit,
05:01partir en vacances quelques jours avec des amis, ça choque énormément.
05:05On rappelle qu'on est en 1976, la peine de mort existe encore en France
05:09et il ne fait aucun doute pour tous ceux qui commandent cette affaire
05:13que c'est précisément ce qui attend Patrick Henry.
05:16Bah oui, il faut se replonger encore une fois dans l'ambiance de l'époque,
05:19ce fait divers, c'est un choc absolu partout en France
05:23et dans une France où, on l'a dit, il y a du tirage entre guillemets
05:27entre les abolitionnistes, ceux qui ne veulent plus de la peine de mort,
05:30qui veulent l'abolir et donc ceux qui, au contraire,
05:33veulent que la France puisse prononcer cette peine capitale.
05:37Alors, ils ne sont pas majoritaires les abolitionnistes.
05:39À l'époque, environ 70% des personnes interrogées dans les sondages
05:44sont pour le maintien de la peine de mort.
05:46Alors évidemment, dans le cas de l'enlèvement du meurtre d'un petit garçon
05:50commis de sang-froid par un homme qui fait ça uniquement
05:53pour des raisons crapuleuses, pour de l'argent,
05:55qui a laissé ses parents dans le doute pendant près de trois semaines
05:58et qui est venu se vanter devant les médias,
06:01il semble qu'en effet, il soit un candidat quasi parfait pour la peine de mort.
06:09Le climat passionnel à Troyes autour de cette affaire est tel
06:13que Patrick Henry est transféré dans une maison d'arrêt relativement éloignée de la ville,
06:17en Haute-Marne.
06:18Les jours qui suivent, les journaux tentent de dresser le portrait de ce jeune homme
06:22au physique banal et presque doux, avec ses cheveux blonds et ses lunettes à monture fine.
06:27Patrick Henry est issu d'une famille modeste de six enfants.
06:30Il est né et a grandi à Troyes où il a arrêté sa scolarité à 14 ans
06:35avant de passer un CAP de cuisinier.
06:37Il a travaillé en tant que quincaillé avant d'ouvrir son propre magasin de bricolage.
06:41Mais l'affaire tourne mal et en 1975,
06:45Patrick Henry se retrouve en cessation de paiement.
06:48Plusieurs cambriolages l'amènent devant la justice
06:50et lui valent décoper de quelques amendes ou peines de prison avec sursis.
06:54Après quoi, il recommence à travailler dans un magasin de quincaillerie.
06:59En janvier 1976, il a l'idée du rapte de Philippe Bertrand.
07:03Il se rend devant son école le 30 janvier
07:06et se présente au petit garçon comme un ami de son père.
07:10Selon lui, Gérald Bertrand a eu un empêchement pour venir le chercher.
07:14Confiant, Philippe monte dans la voiture de Patrick Henry
07:16qui prend aussitôt la direction de l'hôtel
07:19où il a loué une chambre sous un faux nom une semaine plus tôt.
07:23Dans la pièce, le petit garçon joue et regarde la télé.
07:26A deux reprises, Patrick Henry quitte la chambre.
07:29Une première fois pour téléphoner aux parents environ 40 minutes après l'enlèvement
07:33et une deuxième pour recommencer depuis la cabine téléphonique de Bréviande en fin d'après-midi.
07:40Le samedi, Patrick Henry se rend à son travail.
07:43Puis il revient à l'hôtel et joue avec Philippe
07:46qui commence à réclamer son père et sa mère avec de plus en plus d'insistance.
07:51Soudain, il apprend par un flash diffusé à la radio que l'enlèvement vient d'être rendu public.
07:56Il comprend qu'il ne pourra pas mener à bien son projet
07:58et que l'arrivée des gendarmes la veille aux alentours de la cabine téléphonique n'était pas un hasard.
08:04Patrick Henry prend peur, d'autant plus que le petit Philippe s'impatiente et qu'il commence à pleurer.
08:09Il veut rentrer chez lui et menace. Je le dirai à mon papa.
08:12Alors vers 18h, Patrick Henry prend une décision irréversible.
08:17Il se saisit d'un foulard, l'enroule sur lui-même et, alors que le petit garçon joue sur le
08:22sol,
08:23arrive derrière, lui passe le foulard autour du cou et serre.
08:27Au bout de quelques minutes, Philippe ne se débat plus.
08:31Patrick Henry enroule alors son corps dans ce qu'il a sous la main, un drap et un tapis.
08:36Il pousse le cadavre sous le lit et sort boire un verre avec des amis.
08:45Le procès de Patrick Henry s'ouvre près d'un an plus tard, le mardi 18 janvier 1977.
08:51Quand il arrive au tribunal de Troyes, une foule haineuse l'attend devant les grilles.
08:57Des hommes et des femmes massés qui hurlent à mort.
09:05Damien, Patrick Henry est tellement détesté qu'il a eu du mal à trouver un avocat.
09:10Même l'ancien bâtonnier de Troyes, le bâtonnier c'est celui qui représente les avocats dans chaque barreau,
09:16a refusé de le défendre.
09:17Alors que normalement quand personne ne veut défendre quelqu'un, le bâtonnier doit le faire, c'est prévu.
09:22Mais là il refuse.
09:23Alors c'est l'occasion évidemment d'un autre débat, en plus de celui de la peine de mort,
09:27qui est un débat presque interne aux avocats.
09:29C'est est-ce qu'on peut défendre tout le monde, y compris quelqu'un comme Patrick Henry,
09:33qui a commis, qui semble être dans l'échelle criminelle, un des crimes les plus odieux et les plus graves.
09:38Alors il y a quand même des avocats qui pensent que oui, on doit, quand on est avocat, on doit
09:43défendre.
09:44Quelle que soit la personne, on doit la défendre.
09:46Et donc quand Patrick Henry va se présenter devant les assises de l'aube,
09:50il est accompagné, assisté, de deux avocats de Robert, Robert Bocquillon et Robert Badinter.
10:00Pendant tout le procès, Patrick Henry s'enferme dans une attitude d'indifférence et de froideur,
10:05presque de provocation, écrit alors le Parisien.
10:09Quand l'avocat de la partie civile et l'avocat général soulignent l'horreur de son crime,
10:13il s'enfonce malgré tout dans son fauteuil et il cesse de sourire.
10:18Maître Ambre, plaidant pour la partie civile, évoque un procès à Libye
10:22qui a pour but de masquer le problème de la justice en France.
10:26Il pointe aussi le désir des défenseurs de Patrick Henry
10:28de faire porter les débats sur la question de la peine de mort.
10:31« Je n'ai pas le droit de critiquer ces hommes et leur liberté d'expression, dit-il.
10:36Je sais que maître Badinter va plaider pour un homme tenaillé par le remords.
10:40Mais nous avons scruté le dossier de cet homme,
10:42sans y décerner la moindre étincelle de sincérité.
10:45Au troisième jour de ces débats, ma tristesse est profonde
10:49de me demander si Patrick Henry a jamais été sincère. »
10:54Robert Badinter, pas encore ministre, est déjà un nom connu en France.
10:57Cinq ans plus tôt, en 1972, il a défendu Roger Bontemps,
11:02un malfrat jugé aux côtés de son ancien co-détenu, Claude Buffet,
11:06pour avoir réalisé une prise d'otage sanglante dans la prison de Clairvaux,
11:10où ils étaient incarcérés.
11:11Les deux hommes sont condamnés à mort et guillotinés le 28 novembre.
11:15Ce moment marque le début du long combat de Robert Badinter contre la peine de mort.
11:21L'année suivante, il publie l'Exécution,
11:23un livre dans lequel il revient sur ce procès.
11:26Et cinq ans plus tard, donc, il choisit de défendre Patrick Henry,
11:30menacé de la peine capitale.
11:32Si les jurés reconnaissent que, même en ayant tué de sang-froid
11:35un petit garçon de 7 ans, Patrick Henry ne doit pas mourir,
11:39ce sera une avancée majeure pour la cause abolitionniste
11:42en laquelle il croit tant.
11:46Damien, on fait un petit point historique,
11:48on parle beaucoup de guillotine,
11:50il n'y a pas d'autre moyen en France d'exécuter un détenu ?
11:54Non, la guillotine qui s'appelle ainsi parce que celui qui a instauré ce moyen,
11:58c'était un certain Guillotin, qui était un député français du 18e siècle,
12:02et qui a décrété qu'en France, ce serait la guillotine,
12:06donc qui a porté ce nom-là ensuite,
12:07qui serait l'unique instrument d'exécution.
12:10Ça a démarré pendant la Révolution française et ça a toujours perduré.
12:13Alors, dans d'autres pays, il y a d'autres moyens pour exécuter des condamnés à mort.
12:18On le sait, aux Etats-Unis, on fait beaucoup encore aujourd'hui d'injections létales,
12:22c'est-à-dire qu'on injecte un poison à la personne qui est condamnée.
12:25Il y a eu la fameuse chaise électrique aussi qui a existé aux Etats-Unis,
12:28qui était donc une mort par électrocution.
12:30Il y a encore des pays aussi comme l'Arabie Saoudite qui pratiquent des décapitations au sabre.
12:34Mais effectivement, en France, ça a toujours été la guillotine.
12:38Pendant ce procès, Robert Badinter fait une plaidoirie devenue extrêmement célèbre.
12:42Oui, alors, évidemment, tout ça, on l'a dit, était un tout petit peu préparé
12:45puisque Badinter voulait à la fois défendre Patrick Henry,
12:49mais surtout faire de ce procès le procès de la peine de mort.
12:53Donc, comme il est assez brillant, ça va donner une très belle plaidoirie,
12:58mais qui est effectivement presque plus un acte politique qu'un acte réellement juridique
13:03ou un acte d'avocat traditionnel.
13:05Il dit d'abord en préambule qu'il sait qu'il défend l'homme le plus détesté de France,
13:10mais donc, il dit,
13:11« La mort d'un homme de 22 ans pour répondre à celle d'un enfant de 7 ans,
13:16ça n'est pas la justice, c'est autre chose, car la justice ne tue pas,
13:20ou alors elle n'est plus rien, elle est vaincue. »
13:24En disant ça, évidemment, il s'adresse en premier lieu aux jurés,
13:27puisque ce sont eux qui vont décider du sort de Patrick Henry.
13:31Il va leur dire, « Ce n'est pas la personne qui appuiera sur le bouton de la guillotine
13:35qui tuera Patrick Henry, c'est vous. »
13:41Le jeudi 20 janvier, vers 17h, les jurés se retirent pour délibérer.
13:46Ils reviennent une heure et demie plus tard,
13:48ce sont donc 7 hommes et 3 femmes qui regagnent leur place avec un verdict.
13:53Dans un verdict de cour d'assises, le président de la cour d'assises,
13:56pendant le délibéré avec les jurés, il leur pose un certain nombre de questions.
14:00D'abord, est-ce que vous pensez que l'accusé est coupable ? Oui ou non ?
14:03Donc, dans cette série de questions, il y a une question que pose toujours le président,
14:07qui est l'accusé, une fois qu'il a été reconnu coupable,
14:10est-ce qu'il a des circonstances atténuantes ?
14:12Dans la loi de l'époque, il faut que 8 jurés sur 12 aient répondu non
14:18à la question sur les circonstances atténuantes pour que la peine de mort soit prononcée.
14:22Concernant Patrick Henry, pour ce verdict-là,
14:25ils vont être en réalité seulement 5 à lui « refuser » les circonstances atténuantes.
14:31Donc, ce n'est pas assez. Il manque des voix.
14:33Donc, la majorité des jurés ont estimé qu'il y avait des circonstances atténuantes pour Patrick Henry.
14:39Donc, la peine de mort ne peut pas être prononcée.
14:42En réalité, ce qu'on peut imaginer, surtout après la plaidoirie de Badinter à l'époque,
14:47c'est que les jurés qui se sont prononcés pour accorder des circonstances atténuantes à Patrick Henry,
14:53ils se sont sans doute surtout prononcés contre la peine de mort.
14:57Donc, pour beaucoup, évidemment, ce verdict est accueilli avec stupeur,
15:01parce que beaucoup pensaient que la peine de mort serait prononcée.
15:04Évidemment, pour l'avocat principal de Patrick Henry, Robert Badinter,
15:09c'est, entre guillemets, une immense victoire.
15:14Patrick Henry est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.
15:18Avant de quitter la salle d'audience, il lance au juré « Vous ne le regretterez pas ».
15:24En avril 2001, après 25 ans derrière les barreaux, il obtient une remise en liberté conditionnelle.
15:29Mais un an plus tard, il est arrêté par la police espagnole à un péage autoroutier.
15:34Patrick Henry transporte avec lui 10 kilos de cannabis qu'il a acheté quelques jours plus tôt au Maroc.
15:40Il retourne en prison et n'en ressort que 15 ans plus tard, en septembre 2017.
15:45Atteint d'un cancer du poumon, il obtient une suspension de peine après plus de 40 ans passé en prison.
15:51Il meurt des suites de sa maladie en décembre de la même année.
15:56Quatre ans après le procès de Patrick Henry pour assassinat, en 1981, Robert Badinter est nommé garde des Sceaux
16:01et la peine de mort est abolie.
16:04Entre la condamnation de Patrick Henry et l'abolition, encore deux personnes seront exécutées en juin et septembre 1977.
16:13Après la condamnation de son client, Robert Badinter, dans un entretien au Monde, était revenu sur le procès de Buffet
16:19et Bontemps.
16:20Sachez bien, disait-il, que dans la foule qui, autour du palais de Justice de Troyes,
16:25criait au passage de Buffet et de Bontemps « Amor Buffet, Amor Bontemps »,
16:30se trouvait un jeune homme qui s'appelait Patrick Henry.
16:33Croyez-moi, à ma stupéfaction quand je l'ai appris,
16:36j'ai compris ce que pouvait signifier ce jour-là la valeur dissuasive de la peine de mort.
16:57Vous venez d'écouter Crime Story, le podcast fait divers du Parisien,
17:01avec à la production Thibault Lambert, Pénélope Gualquierotti et Clémentine Spiller,
17:06à la réalisation Pierre Chaffanjon, à la prise de son Éthène Contestabilé
17:11et à la rédaction en chef Jules Lavi.
17:13Ce récit était écrit par Claudia Prolongeau et raconté avec Damien Delsenis.
17:18Vous pouvez retrouver tous nos podcasts sur le site leparisien.fr
17:21et sur n'importe quelle plateforme d'écoute.
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17:35qui propose un nouvel épisode chaque jour.
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