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Mamadou Traoré est suspecté de plusieurs agressions en 1996 à Paris. Des affaires qui en cachent, en vérité, bien d’autres. Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Clara Grouzis, Anaïs Godard et Clémentine Spiler - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network
Archives : France 2. Documentation.
Cet épisode de Crime story a été préparé en puisant dans les archives du Parisien, avec l'aide de nos documentalistes. Nous avons aussi exploité les ressources suivantes : “Au pays des ombres - Voyage au cœur de la folie” du Dr Laurent Layet ainsi que Le Figaro, L'Express, Libération et Le Monde.
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Mamadou Traoré est suspecté de plusieurs agressions en 1996 à Paris. Des affaires qui en cachent, en vérité, bien d’autres. Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties.
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Archives : France 2. Documentation.
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đź—ž
NewsTranscription
00:00Vous écoutez Crime Story, Mamadou Traoré, l'enfant du diable, deuxième et dernier épisode.
00:09Le jeudi 30 octobre 1996, une femme de 35 ans est violemment agressée dans un parking du 12e arrondissement de
00:16Paris.
00:17Les enquĂŞteurs rapprochent cette agression d'une autre, le meurtre de Nelly Bertrand, survenue deux mois plus tĂ´t, dans le
00:2213e arrondissement.
00:24Mi-décembre, ils arrêtent un suspect. Mamadou Traoré, 23 ans, reconnaît les faits.
00:30Inquiet du profil extrĂŞmement violent de ce jeune homme, les enquĂŞteurs se demandent s'il n'a pas commis d
00:35'autres crimes.
00:36Et c'est ainsi qu'ils se penchent sur la liste des affaires non élucidées à Paris et dans les
00:42environs.
00:45Le vendredi 25 octobre 1996, toujours donc cinq jours seulement avant l'agression de Laurence dans le parking Ă Bercy,
00:53un employé de maison qui vient de prendre son service vers 8h du matin à Neuilly découvre le corps de
00:59sa patronne.
01:00Sans vie, au pied de son lit.
01:02Francine Sarré, 70 ans, vivait seule depuis quelques années, dans un immeuble cossu de la rue Soyer à Neuilly-sur
01:08-Seine.
01:09Elle occupait un appartement du premier étage, juste au-dessus du hall d'entrée.
01:13En raison de la douceur de la température à cette période-là , elle ne ferme pas toutes ses fenêtres la
01:18nuit,
01:18notamment celle de la cuisine qui domine le mur de clĂ´ture.
01:21Une aubaine pour un rĂ´deur agile, capable de se hisser dans l'appartement.
01:26C'est ce que fait un homme dans la nuit du jeudi 24 au vendredi 25 octobre.
01:31Une fois dans l'appartement, l'agresseur abuse de la vieille dame qu'il vient de surprendre dans son sommeil.
01:36Puis il la frappe violemment avant de l'étouffer avec un oreiller.
01:40Avant de refermer la porte derrière lui, il avale un coca et s'empare d'un sac à main contenant
01:45des espèces.
01:46Le sac sera retrouvé vide, peu après, dans une rue adjacente.
01:50Quand l'employé de Francine Saré prévient la police,
01:53les enquêteurs prélèvent tout ce qu'ils peuvent dans l'appartement de la Septuagénaire.
01:57Et ils trouvent une empreinte digitale.
01:59Après l'arrestation de Mamadou Traoré, elle est analysée et comparée à celle du criminel.
02:04Les résultats reviennent vite aux policiers qui sont stupéfaits.
02:08C'est encore lui.
02:10Quelques heures plus tard, le jeune homme reconnaît ce second meurtre.
02:14Habitué du 12e arrondissement, il détaille qu'il s'est aventuré dans la banlieue chic de Neuilly,
02:19de l'autre côté de Paris, pour assouvir ses pulsions sexuelles et satisfaire son besoin d'argent.
02:24Son errance l'a conduit dans ce quartier bourgeois, proche des bords de Seine,
02:27où Mamadou Traoré affirme avoir opéré au hasard.
02:32Voilà moins d'un mois que les hommes de la crime ont appréhendé Mamadou Traoré
02:35et ils lui ont déjà attribué trois agressions, dont deux mortels.
02:40Combien y en a-t-il encore ?
02:46Damien Delsenis, les enquêteurs en sont là de leur réflexion quand on apprend,
02:50le vendredi 7 février 1997, que Mamadou Traoré a reconnu deux nouvelles agressions.
02:56Les aveux continuent.
02:57Là , cette fois-ci, il parle d'une secrétaire dans une banque d'affaires,
03:00Daniel, 35 ans, qui a été retrouvée au mois d'avril 1996,
03:04toujours plongée dans un coma profond.
03:06Elle était, elle, sous le porche d'un immeuble situé au numéro 1 de la rue Philibert Luccaux,
03:11dans le 13e arrondissement de Paris.
03:13C'est d'ailleurs lĂ oĂą cette jeune femme vivait.
03:15À l'extérieur, les enquêteurs n'avaient retrouvé qu'une boucle de chaussures et un trousseau de clé.
03:21Dix mois plus tard, la victime est incapable de reconnaître son agresseur.
03:24Oui, elle a depuis quitté Paris.
03:26Elle est soignée dans un centre de santé mentale près d'Angers, dans le Maine-et-Loire,
03:30oĂą vit sa famille.
03:31Elle a énormément de mal à se remettre psychologiquement et neurologiquement
03:36de cette agression ultra-violente.
03:38Elle essaye d'ailleurs, à ce moment-là , encore de retrouver toutes ses facultés intellectuelles et motrices.
03:43Elle a été frappée si violemment qu'elle a fait à l'époque une hémorragie cérébrale,
03:47qui l'a plongée dans le coma.
03:49Le viol, lui, n'a pas pu être établi formellement par le légiste,
03:53mais elle a été, comme d'autres victimes de Mamadou Traoré, retrouvée partiellement dénudée.
03:58Elle, elle a été sauvée de justesse, mais on l'a compris, elle a de très lourdes séquelles.
04:03Elle a perdu, par exemple, toute notion du temps et a des troubles de mémoire.
04:07Mamadou Traoré reconnaît que c'est bien lui qui l'a sauvagement agressé.
04:11Oui, il va même donner quelques détails.
04:13Il explique que dans cette nuit du mardi 23 avril 1996,
04:17il l'a assommée d'un seul coup au visage.
04:20Ensuite, il a tenté d'abuser d'elle avant de prendre la fuite avec le sac à main de sa
04:24victime.
04:25Mamadou Traoré dit qu'il l'avait rencontrée quelques minutes, quelques heures plus tôt,
04:29dans un bar karaoké tout proche.
04:31Elle s'y était rendue, elle, vers 2h du matin après avoir dîné chez une amie,
04:35quand elle a été agressée par Traoré.
04:37Le récit qu'il fait est confirmé par quelques éléments matériels.
04:41Oui, il va mĂŞme donner le code de l'immeuble oĂą vivait Daniel
04:45et le lieu où il aurait jeté le sac à main après l'avoir vidé.
04:50Ça se passe sur la voie de chemin de fer de la petite ceinture à parier.
04:53Tout concorde avec les éléments de l'enquête.
04:55Mais les rĂ©vĂ©lations de Mamadou TraorĂ© ne vont pas s'arrĂŞter lĂ
04:58puisque la mĂŞme semaine, les enquĂŞteurs vont venir pour l'interroger une nouvelle fois.
05:03Cette fois, ce sont encore ces empreintes digitales qui ont parlé.
05:06Elles ont été relevées dans une cinquième affaire,
05:09celle de l'agression d'une jeune adolescente.
05:14Dans la nuit du lundi 3 au mardi 4 juin,
05:18Lola, 16 ans, entend des cris provenant de la chambre de sa petite sœur.
05:22Les deux enfants vivent avec leur mère
05:24dans un appartement du 13e arrondissement de Paris, rue Marcel Duchamp.
05:28Lola se lève et se dirige vers sa sœur.
05:31Elle allume la lumière et trouve Sophie, 11 ans et demi,
05:35ensanglantée au pied de son lit.
05:36Un rĂ´deur s'est introduit dans l'appartement par une fenĂŞtre
05:39et s'est enfui en emportant quelques billets
05:41après avoir sauvagement frappé la petite fille.
05:44Sophie est dans un état terrible.
05:47Son visage est ravagé,
05:48sa chambre est maculée de sang,
05:50sur les murs et jusqu'au plafond.
05:52Toutes ses affaires et son lit sont couvertes de grosses taches rouges.
05:55Secourues par les pompiers,
05:57elle s'en sort.
05:58Mamadou Traoré raconte aux enquêteurs
06:00que ce soir-lĂ , il s'est introduit
06:02dans cet appartement du premier étage en escaladant.
06:05Au cours de sa fouille,
06:06il est surpris par la fillette.
06:08Il se retourne alors et lui assène un coup
06:10sous la violence duquel elle s'évanouit.
06:12Le jeune homme s'enfuit,
06:14emportant avec lui le maigre butin de 200 francs.
06:17La mère de la petite fille, Danielle,
06:19ne croit pas Ă cette version.
06:21Sa fille avait selon elle reçu plusieurs coups.
06:23Et elle n'a pas surpris Mamadou Traoré.
06:25Elle était dans son lit
06:26et c'est lui qui est venu gratuitement s'en prendre Ă elle.
06:31A ces cinq crimes imputés à Mamadou Traoré
06:34s'ajoute un sixième au cours de l'instruction.
06:37Le mardi 22 octobre 1996,
06:40trois jours avant le meurtre de la retraitée
06:42Francine Saré à Neuilly,
06:44c'est dans le huitième arrondissement
06:45que Mamadou Traoré sévit une nouvelle fois.
06:48Marie Astrid, une étudiante en lettres de 20 ans,
06:51est attaquée en rentrant d'un dîner.
06:53Elle est sauvagement frappée et violée.
06:56Quatre ans et demi plus tard,
06:58le lundi 7 février 2000,
07:00le procès de Mamadou Traoré
07:02s'ouvre devant la cour d'assises de Paris.
07:04Il compare pour deux meurtres,
07:06quatre agressions et au moins deux viols.
07:08À la barre, Mamadou Traoré,
07:10désormais âgé de 27 ans,
07:12se montre d'isère.
07:13En pleurant, il affirme qu'il avait tout pour réussir.
07:16Mais qu'un jour de 1994,
07:19au Sénégal où il est né
07:20et dont ses parents sont originaires,
07:22il a été marabouté, dit-il.
07:24Les deux mains agrippées au box,
07:26tremblant de tous ses membres,
07:27le jeune homme,
07:28vĂŞtu d'un survĂŞtement noir et vert,
07:30s'adresse aux victimes assises en face de lui.
07:32Elles sont trois,
07:33Ă l'entendre supplier.
07:35Pardonnez-moi, mesdemoiselles,
07:36de tout le mal que je vous ai fait.
07:38Vous auriez pu toutes y laisser la vie.
07:40Je ne peux que reconnaître les faits
07:42et les regretter.
07:44Mais je n'en suis pas responsable.
07:50Damien, évidemment,
07:52l'histoire de maraboutage
07:53dont parle Mamadou Traoré est un prétexte.
07:55Cependant, il a effectivement vécu des violences
07:58liées à certaines croyances dans son enfance.
08:01Oui, alors, on le dit d'emblée,
08:02ça ne peut évidemment pas constituer une excuse.
08:05Néanmoins, c'est une piste
08:07pour tenter d'expliquer l'extrĂŞme violence
08:10dont a fait preuve ce garçon.
08:11Alors, vous savez,
08:12dans les box de cour d'assises,
08:13on croise souvent des accusés
08:14dont la biographie est entachée
08:16de violences
08:17dont ils ont été victimes
08:19dans leur enfance.
08:19Dans le cas de Mamadou Traoré,
08:21c'est assez particulier.
08:22Il est né en 1973 au Sénégal
08:25et il a failli mourir Ă la naissance
08:27Ă l'issue d'un accouchement
08:28extrêmement compliqué
08:29sur le plan médical
08:31et d'ailleurs très douloureux
08:32pour sa mère
08:33qui viendra dire Ă l'audience
08:34de cour d'assises plus tard
08:35qu'elle a cru crever ce jour-lĂ .
08:38Quand il naît, donc,
08:39il est inconscient
08:39et on se presse autour de lui
08:41et des hommes vont organiser
08:43une sorte de rite
08:44pour lequel on essaie
08:46de le ramener Ă la vie.
08:47On lui verse du sang
08:48de poulet sur le corps
08:49et finalement,
08:50le petit garçon se met
08:52Ă respirer
08:52et revient Ă la vie
08:54en quelque sorte.
08:55Ça, on fait parmi les siens
08:56un bébé miraculé,
08:58miraculeux
08:59et sa tante, notamment,
09:00va instaurer une tradition
09:02le concernant.
09:03Ă€ chaque date anniversaire
09:05de sa naissance,
09:05on lui vide le sang
09:07d'un poulet sur la tĂŞte.
09:09Alors, encore une fois,
09:10ça n'excuse rien,
09:11ça ne dit rien
09:12de son parcours futur.
09:13Mais ce qui est sûr,
09:14c'est que ce garçon,
09:15il a grandi dans le sang
09:17au sens premier du terme.
09:19Tout ça dure quelques années
09:20et en 1976,
09:22quand Mamadou a trois ans,
09:24son père,
09:25déjà installé en France,
09:26décide de faire venir
09:27le reste de sa famille.
09:28Oui, alors lui,
09:29ce qu'il souhaite,
09:30c'est essentiellement
09:30extraire son fils
09:31de ses histoires
09:33de croyances,
09:34de rites,
09:34de maraboutages
09:35et de sang.
09:36Il va écrire à Anna,
09:37la maman de Mamadou,
09:38il lui dit
09:39Paris est dur,
09:40mais ici,
09:40personne ne versera
09:42de sang de poulet
09:43sur la tĂŞte du gamin.
09:44Le père de Mamadou,
09:45il est devenu, lui,
09:46cheminot Ă la SNCF.
09:48Donc, son fils
09:49et sa femme
09:49arrivent en France.
09:50Sa mère, Anna,
09:51se mĂŞlent Ă travailler
09:52comme femme de ménage
09:53et nounou.
09:54Deux autres enfants
09:55vont naître en France,
09:56Ă Paris.
09:57Et Mamadou, lui,
09:58va grandir.
09:59Il va entamer une scolarité
10:00qui s'annonce immédiatement
10:01assez difficile.
10:03Dès la maternelle,
10:04les professeurs disent
10:05qu'il alterne
10:06les câlins
10:07et les morsures.
10:08On recommande Ă ses parents
10:09que l'enfant consulte
10:11un psychologue
10:12ou un psychiatre,
10:13ce qu'ils ne vont pas faire.
10:15Ses parents,
10:15eux, pendant ce temps-lĂ ,
10:16sont occupés
10:16à se séparer,
10:17Ă se disputer.
10:18Et ça,
10:19Mamadou Traoré,
10:19il le vit très mal.
10:21Il a le sentiment
10:21que la responsabilité
10:23de protéger sa mère
10:24lui incombe.
10:25Il commence Ă ĂŞtre
10:26plein de colère,
10:27de violence
10:28et il continue
10:29de grandir,
10:30comme ça,
10:30un peu de travers
10:31et surtout
10:31en marge des autres.
10:33Finalement,
10:33ses parents divorcent
10:34en 1988.
10:36Mamadou a alors 15 ans.
10:38Oui,
10:38sa mère se remet en couple
10:40assez rapidement
10:40mais pour Mamadou Traoré,
10:42la présence
10:43d'un autre homme
10:44est insupportable.
10:45Il ne va plus du tout
10:47à l'école,
10:47totalement déscolarisé.
10:48Il passe ses journées
10:49Ă errer dans les halls
10:50d'immeubles,
10:51les parkings
10:52et il va évidemment
10:53tomber très vite
10:54dans la petite délinquance.
10:55Il est régulièrement
10:56arrêté
10:56pour des vols,
10:58des violences,
10:59des ports d'armes
10:59prohibées.
11:00Alors,
11:00quand il a 16 ans,
11:01ses parents décident
11:02de le renvoyer au Sénégal.
11:04Ça ne change rien.
11:05Six ans plus tard,
11:06en 1994,
11:08son père Sidiki
11:09débarque à Dakar.
11:10L'objectif,
11:11c'est de nouveau
11:11de ramener
11:12Mamadou Traoré
11:13en France
11:14afin qu'il y fasse
11:15son service militaire.
11:17Son père est persuadé
11:18que ce service militaire,
11:19c'est un peu
11:19le dernier espoir,
11:21entre guillemets,
11:22de le voir se remettre
11:23dans le droit chemin.
11:24Mais c'est un nouvel échec.
11:26Oui.
11:26En août 1995,
11:27Mamadou Traoré
11:28a 22 ans.
11:29Il va passer
11:30les tests médicaux basiques
11:32préalables
11:32Ă son incorporation.
11:34Il va subir
11:35une prise de sang
11:35tout Ă fait banale,
11:37classique.
11:38Mais cette prise de sang
11:39va donner des résultats
11:40qui changent tout.
11:41Mamadou Traoré
11:42est réformé
11:43parce qu'il est
11:44séropositif.
11:45Il l'ignorait,
11:46il ne le dit d'ailleurs
11:47Ă personne,
11:48mais il se retrouve
11:49à rentrer dans le 13ème
11:50chez sa mère
11:51oĂą finalement,
11:52privé de service militaire,
11:53il va reprendre
11:54ses mauvaises habitudes,
11:55il boit,
11:55il se drogue,
11:56il vit de petits deals
11:58et donne de l'argent
11:59à sa mère
11:59qu'elle refuse d'ailleurs
12:00parce qu'elle sait
12:01que cet argent
12:02provient du trafic
12:03de stupéfiants.
12:04Il se dispute
12:05très régulièrement
12:06jusqu'Ă ce qu'en mars 1996,
12:09la date est importante,
12:11elle ne le supporte plus
12:12et qu'elle le mette
12:13Ă la porte de son domicile.
12:17Mamadou Traoré
12:18est arrêté
12:18huit mois plus tard.
12:20Ça lui a laissé le temps
12:21de commettre
12:21six agressions
12:22dont deux mortels.
12:24Devant la cour d'assises
12:25de Paris,
12:25le tueur aux mains nues
12:26pleure, dit-il,
12:27sur ses ambitions
12:28brisées par un père
12:30qu'il décrit
12:31comme joueur et violent.
12:32Il jure qu'il n'est
12:33ni un criminel
12:35ni un psychopathe.
12:36« Je n'ai jamais eu
12:37de problème sexuel, »
12:38insiste-t-il.
12:39« Je suis un jeune homme
12:40séduisant,
12:40j'attire les femmes. »
12:42Les témoins interrogés
12:43confirment que l'accusé
12:44se vantait
12:45de nombreuses conquĂŞtes
12:45féminines.
12:46Cette assurance désinvolte
12:48est à peu près
12:48le seul point commun
12:49entre la façon
12:50dont il se voit
12:51et le portrait
12:52que fait de lui
12:52son entourage.
12:54Outrageusement gâtée,
12:55selon celle
12:55qui a enquêté
12:56sur sa personnalité,
12:57Mamadou est considérée
12:58par ses parents
12:59tantĂ´t comme un don
13:00de Dieu,
13:01tantĂ´t comme
13:02l'enfant du diable,
13:03dit-elle.
13:04Il dit lui-mĂŞme
13:05qu'il était l'élu,
13:06l'enfant sacré.
13:08Ă€ la barre,
13:09sa mère confirme
13:09Ă demi-mot
13:10les rites vaudou
13:11pratiqués sur son enfant.
13:12À propos de l'arrivée
13:13dans leur vie
13:14de son nouveau compagnon,
13:15elle dit
13:15« Mamadou ne supportait
13:16pas qu'il y ait
13:17un homme Ă la maison,
13:18il voulait que je vive
13:19seul avec lui. »
13:20Très lié à sa mère,
13:21dont il avait hérité
13:22du tempérament volcanique,
13:23il éprouvait
13:24une jalousie maladive
13:25envers les hommes
13:26qu'il approchait,
13:27confirme l'enquĂŞtrice
13:27de personnalité.
13:29« Comment expliquez-vous
13:30un tel déchaînement
13:31de violence
13:31sur ses victimes ? »
13:32demande le président
13:33de la cour d'assises.
13:34Peu avant les faits,
13:35répond l'enquêtrice,
13:36sa mère l'a chassée
13:37et il a appris
13:38qu'il était séropositif.
13:39Il a voulu se venger
13:40sur la jante féminine
13:41tout entière.
13:43Mamadou, lui,
13:44assure qu'il n'a pas
13:44été contaminé
13:45par voie sexuelle.
13:46« Ce n'est pas le sida
13:47que j'ai dans le sang,
13:48clame-t-il.
13:49C'est de la sorcellerie. »
13:51À son père,
13:51il crie
13:52« Je t'ai toujours détesté,
13:53tu as brisé ma vie,
13:54tu m'as donné des gris-gris
13:55qui m'ont mené
13:56tout droit en prison.
13:57Tu es Ă l'origine
13:58de tous mes faits et gestes. »
14:00Engoncée dans une grande
14:01parc Ă bleu,
14:02Sidiki Traoré baisse la tête
14:03et encaisse en silence.
14:05Il assure avoir toujours
14:06été un honnête cheminot
14:07et avoir en vain
14:08tenté de ramener son fils
14:09dans le droit chemin.
14:11Il se dit incapable
14:12d'expliquer la dérive
14:13meurtrière de Mamadou.
14:14Tout comme la mère
14:15qui lâche
14:16en présentant
14:17et ploré
14:17ses excuses aux victimes,
14:19Mamadou,
14:20plus il voit de sang,
14:21plus il a de la force.
14:27Damien,
14:28au deuxième jour du procès,
14:30Mamadou Traoré
14:30continue Ă accuser
14:31ce qu'il appelle
14:32les gris-gris maléfiques
14:33d'ĂŞtre Ă l'origine
14:35de sa violence
14:35et de ses actes.
14:36Oui, il a même parlé
14:37de lui à la troisième personne.
14:39Il va dire
14:39« L'homme qui a agressé
14:41ces personnes,
14:41ce n'est pas moi.
14:42Si c'est Mamadou Traoré
14:44qui l'a fait,
14:44ce n'est pas de sa faute.
14:46C'est la faute
14:46de son père
14:47et de la brigade criminelle. »
14:49Alors on voit
14:49qu'il se perd un peu,
14:51mĂŞme beaucoup
14:51dans ses explications.
14:53On parle de lui
14:53à la troisième personne.
14:54Il va mĂŞme traiter
14:55certains témoins
14:55de menteurs.
14:56Et quand il est interrogé
14:58un peu plus précisément
14:59sur les crimes,
15:00il va dire
15:00qu'il ne se souvient de rien.
15:02« Si j'étais un violeur
15:03ou un pervers,
15:03je pourrais m'expliquer,
15:04dit-il.
15:05Mais lĂ ,
15:06je n'en ai vraiment
15:06aucune idée. »
15:07Mamadou Traoré
15:08revient sur les aveux
15:09qu'il a fait aux enquĂŞteurs.
15:10Oui, alors il va reconnaître
15:12les agressions
15:12en disant qu'il n'est pas responsable
15:14puisqu'il agissait
15:15sous l'effet d'un sortilège.
15:16On en revient toujours
15:17sur ces histoires
15:18de sorcellerie.
15:19Mais surtout,
15:19il va nier tous les faits
15:21qui sont en rapport
15:21avec des viols.
15:22Les détails
15:23qu'il a donnés pourtant
15:24à la police à l'époque,
15:25il va assurer
15:26qu'il divaguait.
15:27« J'ai fabriqué cette histoire
15:29pour donner un sens
15:30Ă mes actes,
15:30dit-il.
15:31J'ai mis deux ans
15:32Ă comprendre
15:33que j'étais victime
15:34d'un envoûtement. »
15:35Alors le président
15:36va quand mĂŞme
15:36le recadrer
15:37et lui faire remarquer
15:38que puisqu'il assure
15:39avoir été envoûté,
15:40il pourrait également
15:41reconnaître le viol
15:42et finalement l'imputer
15:43au fameux grigri maléfique.
15:45Le psychiatre juge
15:47qu'il n'est pas délirant
15:48et que la thèse
15:49de l'envoûtement
15:49est en fait pour lui
15:50une manière
15:51de se déculpabiliser
15:52face au caractère
15:53archaĂŻque
15:54et pulsionnel,
15:55dit-il,
15:56de ses actes.
15:56Oui, en réalité,
15:57l'expert va replacer ça
15:58sur un plan
15:59un peu plus simple
16:00d'un point de vue
16:01psychologique.
16:01Lui, il va évoquer
16:02ce qu'on appelle
16:03un matricide déplacé.
16:05Le matricide,
16:05c'est le fait
16:06de tuer sa mère.
16:07Ce que l'expert explique,
16:08c'est qu'il avait
16:09une telle haine
16:10des ressentiments
16:11vis-à -vis de sa mère
16:12qu'il aimait en mĂŞme temps
16:13beaucoup
16:13que toute cette haine,
16:15il l'a en quelque sorte
16:16déversée sur d'autres femmes.
16:17Il faut rappeler
16:18qu'il est mis Ă la porte
16:19par sa mère
16:20début de l'année 1996
16:22et c'est Ă partir
16:23de ce moment
16:23que va débuter
16:24cette série
16:24d'agressions extrĂŞmement violentes,
16:27de meurtres,
16:27tout ça dans une forme
16:28de fièvre quasiment
16:29avec des agressions
16:31et des meurtres
16:32extrêmement rapprochées.
16:33En tout cas,
16:34ces conclusions de l'expert,
16:35elles ne semblent pas
16:36du tout émouvoir
16:37Mamadou Traoré,
16:38pas plus d'ailleurs
16:38que les témoignages
16:39des victimes
16:40qui racontent
16:41le peu dont elles se souviennent
16:42mais qui surtout
16:43démontrent
16:44toutes les terribles séquelles
16:46qu'elles subissent
16:47encore des années
16:47après ces agressions.
16:49Daniel, par exemple,
16:50dont les traumatismes crâniens
16:51sont comparés
16:52par les experts médicaux
16:53Ă ceux
16:54d'accidentés de la route
16:56circulant sans ceinture.
16:57Enfin, on voit bien
16:57l'image que ça veut donner.
16:59Dit qu'elle,
17:00elle a de la chance
17:00de ne pas se souvenir
17:01finalement de l'agression
17:02en elle-mĂŞme.
17:03Elle dira
17:04« Je me souviens seulement
17:05d'être allée dîner
17:06chez une amie.
17:07Après,
17:08tout s'est cassé d'un coup.
17:09Je n'ai jamais pu reprendre
17:11mon travail.
17:12J'ai perdu le goût
17:13et l'odorat. »
17:15Le mardi 15 février 2000,
17:17Mamadou Traoré
17:18est condamné
17:18Ă une peine de prison
17:19à perpétuité
17:20assortie d'une peine
17:21de sûreté de 22 ans.
17:23Le verdict est tombé
17:24en début de soirée.
17:25Mamadou Traoré
17:26accusé d'avoir agressé
17:27six femmes
17:28dont deux sont mortes
17:29a été condamné
17:30à la réclusion criminelle
17:31à perpétuité.
17:32Deux mois après sa condamnation,
17:34il comparaît à nouveau
17:34devant la justice,
17:36cette fois-ci
17:36pour violences volontaires
17:38Ă l'encontre d'un gardien.
17:39Il a bondi sur lui
17:40quand il lui a apporté
17:42un repas
17:42sans motif apparent
17:44et sans rien dire.
17:45Dix mois de prison supplémentaire
17:47sont ajoutés à sa peine.
17:48Le reste de sa détention
17:50se caractérise
17:51par plusieurs séjours
17:52en psychiatrie.
17:54Durant le procès,
17:56Laurence,
17:56une des victimes
17:57de Mamadou Traoré,
17:58a déroulé pudiquement
17:59le long récit
18:00de ses souffrances.
18:01Alors qu'elle travaillait
18:02au cabinet d'un ministre,
18:03elle s'est retrouvée,
18:04après l'agression,
18:05Ă vivre chez ses parents,
18:07complètement dépendante.
18:08La mâchoire bloquée,
18:09elle a été alimentée
18:10grâce à une trachéotomie.
18:12Je ne voulais pas me voir
18:13dans une glace,
18:14je savais que j'étais défigurée
18:15et que je ne retrouverais
18:16pas mes traits.
18:17Un jour,
18:18j'ai pris un miroir,
18:19je me suis regardée.
18:20Ça a été la première
18:21douleur réelle.
18:23Devenue directrice
18:23de la communication
18:24de la ville de Lyon,
18:25Laurence a poursuivi
18:26sa carrière
18:27en occupant des postes
18:28à responsabilité
18:28dans le secteur public
18:30comme dans le secteur privé.
18:38Vous venez d'écouter
18:39Crime Story,
18:40le podcast fait divers
18:41du Parisien.
18:42Ce récit était écrit
18:44et raconté
18:44par Claudia Prolongeau
18:46avec Damien Delsenis.
18:47Ă€ la production,
18:48il y avait Thibaut Lambert,
18:49AnaĂŻs Godard
18:50et Clémentine Spiller.
18:52À la réalisation,
18:53Julien Moncouquiole
18:54et à la rédaction en chef,
18:55Jules Lavi.
18:56Vous pouvez retrouver
18:58tous nos podcasts
18:58sur le site leparisien.fr
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