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En août 1952, une famille de vacanciers britanniques qui campait à la belle étoile aux abords du petit village de Lurs dans les Alpes-de-Haute-Provence est retrouvée morte. Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Raphaël Pueyo, Pénélope Gualchierotti et Clara Grouzis - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network

Archives : INA.

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#truecrimepodcast #dominici #crimestory

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Transcription
00:00Vous écoutez Crime Story, l'affaire Dominici d'un triple meurtre à une affaire d'État, deuxième et dernier épisode.
00:10Dans la nuit du lundi 4 au mardi 5 août 1952, une famille anglaise est sauvagement assassinée alors qu'elle
00:17campe dans les Alpes de Haute-Provence, près de Lurs.
00:20Jack Drummond, son épouse Anne et leur fille de 10 ans Elisabeth se rendaient en voiture sur la côte d
00:26'Azur pour les vacances.
00:27Ce fait d'hiver trouve tout de suite résonance dans la presse nationale.
00:31Pendant 15 mois, les enquêteurs soupçonnent celui qui a retrouvé les corps, Gustave Dominici, agriculteur et le fils de Gaston,
00:39propriétaire de la ferme d'à côté.
00:41Mais ce dernier n'y savoir ce qu'il s'est passé cette nuit d'été.
00:46Le soir du vendredi 13 novembre 1953, un commissaire quitte le palais de justice de Marseille où est entendu depuis
00:54deux jours et pour la énième fois, Gustave.
00:57Devant un parterre de journalistes, il déclare « Gustave Dominici a avoué que son père était l'auteur du triple
01:04assassinat de Lurs ».
01:05Son frère Clovis a confirmé cette accusation.
01:08Ainsi que l'enquête l'avait prouvé, Sir Jack Drummond a bien été tué le premier, sa femme et la
01:14petite Elisabeth ensuite.
01:16La trentaine de journalistes présents encaissent.
01:18Après une longue journée d'attente et leur incapacité à joindre les commissaires chargés de l'enquête,
01:24ils en étaient venus à penser qu'on allait encore leur annoncer qu'ils s'étaient déplacés pour rien.
01:28Alors que cette nouvelle information est un véritable coup de tonnerre.
01:33Voici l'assassin.
01:35Gaston Dominici, le grand-père, a avoué son crime.
01:39La veille encore, malgré les dénégations forcenées des femmes de la famille qui injuriaient les enquêteurs,
01:45sa culpabilité ne faisait plus de doute.
01:48Ses deux fils, Gustave d'abord,
01:53Clovis ensuite, qui avait fini par parler après 15 mois de silence,
01:56avait montré dans une grange de la Grande-Terre la place où le père était allé décrocher l'arme
02:01avec laquelle il allait abattre la famille Drummond et qu'il avait ensuite jeté dans un trou de la Durand.
02:06Un peu plus tôt dans la journée, vers 18h30,
02:09Gaston Dominici, 77 ans et patriarche de la ferme La Grande-Terre,
02:14est arrivé au palais de justice de Dignes.
02:16Les journalistes ont pu l'apercevoir.
02:18Une chevelure blanche fournie, des sourcils épais
02:21et une large moustache retombant sur le côté des lèvres.
02:25Depuis 15 mois, Gaston est apparu calme,
02:28autant que les autres membres du clan Dominici,
02:30tous entendus de nombreuses fois.
02:32Dans le journal Le Monde, on se dit confondu par tant de maîtrise.
02:36L'interrogatoire de Gaston Dominici dure jusqu'à 3h du matin,
02:40avant de s'interrompre.
02:42Quand il reprend, après quelques heures de sommeil,
02:45le fermier montre des signes de faiblesse.
02:51Damien, ce n'est qu'en fin de journée
02:53que les journalistes qui attendent devant le palais de justice
02:55apprennent que Gaston Dominici a avoué le triple meurtre.
02:59Les aveux datent de 7h du matin dimanche,
03:02lorsque Gaston Dominici a dit
03:04« Oui, c'est moi qui l'ai tué et j'ai agi seul ».
03:07Il a raconté ensuite aux enquêteurs
03:09que dans la nuit du lundi 4 au mardi 5 août vers minuit,
03:12il rôdait autour de la ferme avec sa carabine.
03:15Il avait pour cible un blaireau qui menaçait ses volailles.
03:19Et c'est là qu'il a aperçu la silhouette d'Anne Drummond,
03:22la mère de famille.
03:23Il s'est approché de l'installation du campement de la famille Drummond.
03:28Là, les Anglais lui auraient demandé de les laisser tranquilles.
03:31Et Gaston Dominici se serait mis en colère
03:33et il aurait ouvert le feu avec sa carabine.
03:40Et d'après le récit du patriarche,
03:44Gaston Dominici tire ensuite sur Anne,
03:46la mère de famille, qui appelle au secours.
03:48Et enfin, il s'en prend à la petite fille
03:51qui a tenté de s'échapper.
03:52Il explique qu'il n'a pas pu tirer une nouvelle fois
03:55avec sa carabine parce que ses munitions étaient épuisées.
03:58Donc, il achève, il tue l'enfant à coups de crosse
04:02après l'avoir rattrapé.
04:04Et effectivement, ça colle au scénario imaginé
04:07et constaté aussi sur les lieux
04:09depuis les premiers jours par les enquêteurs.
04:11À une exception près, mais qui n'est pas une petite exception,
04:14c'est que d'après le premier constat des légistes
04:17et puis d'après le témoignage aussi de Gustave,
04:20la petite Elisabeth a, semble-t-il,
04:23survécu à ses parents, même plusieurs heures,
04:25on pensait, à un moment donné.
04:26Et en fait, d'après le récit de Gaston Dominici,
04:29eh bien non, elle a été tuée dans le même très temps
04:31que ses parents, enfin à quelques minutes près.
04:33– Gaston Dominici se serait ensuite confié
04:36au reste de la famille.
04:37– Oui, Gustave, qui a mis en cause son propre père,
04:40déclare que cette nuit-là,
04:41après avoir entendu les coups de feu depuis son lit,
04:44il est resté à la ferme avec sa femme et sa mère
04:47et quand Gaston, le patriarche, est revenu vers 4h du matin,
04:50il a dit à Gustave, son fils,
04:53« J'ai tué les Anglais, tais-toi,
04:55personne n'en saura jamais rien. »
04:57– Comment est-ce que le deuxième frère Clovis,
04:59qui accuse également son père,
05:01a été, lui, mis dans la confidence ?
05:03– Alors, quelques heures plus tard, en fait,
05:05le matin, le matin du 5 août,
05:06il se rendait à son travail à vélo,
05:09il s'est arrêté à la ferme pour dire bonjour
05:11et puis parce qu'il y avait ce fameux éboulement
05:14qui avait eu lieu la veille
05:15et qu'il fallait aider à remettre des pierres en place,
05:18il a été mis à ce moment-là dans la confidence
05:20par son père et par son petit frère.
05:22Si le secret a tenu 15 mois,
05:25c'est-à-dire assez longtemps,
05:27c'est d'après les enquêteurs
05:28parce que Gaston exerçait une forme d'emprise sur ses fils.
05:32Alors, on n'employait pas tellement le terme d'emprise à l'époque,
05:35mais c'est un mécanisme qui est décrit.
05:37Il y a un chef de famille
05:38qui a une autorité importante sur le reste de sa famille
05:42et notamment sur ses enfants
05:44et qui installe une loi du silence,
05:46une omerta, comme on dit.
05:48– Sous la direction du commissaire Sébeil,
05:51autour de la voiture des Drummond,
05:52ramenée pour la circonstance,
05:54c'est devant une foule
05:54que Gaston Dominici a été ramené à la Grande Terre
05:57pour la reconstitution de l'effroyable drame.
05:59On revoyait se dérouler les phases du crime.
06:03Dans la foulée de ses confessions,
06:05une reconstitution à la ferme de la Grande Terre
06:08est organisée.
06:10Gustave et Clovis viennent en premier.
06:12Quelques heures plus tard,
06:13le patriarche est à son tour amené sur les lieux.
06:16Mais ils n'ont pas exactement la même version.
06:18Les incohérences entre les récits des uns et des autres
06:21au sein du clan Dominici s'accumulent.
06:23Pas de quoi, à ce stade,
06:26faire douter les gendarmes et policiers
06:27qui enquêtent sur l'affaire.
06:29A l'époque, la police technique et scientifique
06:31n'en est même pas à ses balbutiements.
06:34L'ADN ne sera découvert et exploité
06:36qu'à partir des années 80
06:37et en attendant,
06:38les aveux sont la reine des preuves.
06:41Malgré tous les éléments contradictoires,
06:43Gaston Dominici est inculpé
06:45le lundi 16 novembre 1953,
06:48près d'un an et demi
06:48après le meurtre d'Edremond.
06:55Gaston Dominici est né à Digne en 1877.
06:59Issu d'un milieu modeste,
07:01il est toujours resté dans les environs,
07:02travaillant pour des fermiers de la région.
07:05Il se dit vite que le moyen
07:06de s'extirper de cette condition
07:07est de devenir, lui-même,
07:09propriétaire terrien.
07:11En 1922,
07:12le dernier des neuf enfants
07:14de Gaston et Marie voit le jour.
07:16Cette même année,
07:17après s'être forgé
07:18à l'exploitation de la terre
07:19chez les autres,
07:20Gaston achète son exploitation.
07:22La grande terre
07:23entre dans la famille Dominici.
07:25Pour la remettre en état,
07:27il lui faudra 10 ans.
07:28Les enfants y grandissent,
07:30les terres sont de plus en plus prospères
07:31et Gaston Dominici
07:33devient une figure bien connue
07:34dans les alentours.
07:36Preuve incontestable de sa réussite,
07:38il possède à la fois
07:39un compte en banque
07:40et une voiture.
07:42Dans la famille,
07:43Gaston est décrit
07:44comme quelqu'un de dur.
07:46Il tient le foyer
07:46d'une main de fer.
07:48Le seul qui ose le contredire
07:49est Clovis,
07:50qui a acquis son indépendance
07:52en étant recruté à la SNCF.
07:55Gustave, bien plus jeune,
07:56hérite de la ferme
07:57et de son travail.
07:58Mais son père,
07:59âgé de 70 ans
08:00quand il lui délègue
08:01ses activités,
08:02vit toujours sur place
08:03et le surveille de près.
08:05En 1950,
08:06Gustave épouse Yvette.
08:07Cette dernière a du caractère
08:09et ne compte pas
08:09se laisser dicter
08:10ses faits et gestes
08:11par son beau-père,
08:12ce qui crée
08:12quelques tensions.
08:13Mais la famille trouve
08:14un équilibre
08:15qui semble établi
08:16au moment où l'affaire
08:17du triple meurtre
08:18de l'URSS éclate.
08:20Un mois après ses aveux,
08:21Gaston Dominici
08:22se rétracte.
08:23Mais son fils,
08:24Gustave,
08:25maintient ses accusations
08:26contre son père,
08:27même s'il varie
08:28sur les circonstances
08:29dans lesquelles
08:29il a recueilli
08:30ses confidences.
08:39Damien,
08:39les versions des uns
08:40et des autres
08:41vont continuer
08:41d'évoluer
08:42au fil du temps.
08:43Oui,
08:43ils ne sont pas faciles
08:44à suivre.
08:44Les Dominici,
08:45Gaston,
08:45le plus âgé,
08:46le patriarche,
08:47lui,
08:47continue de nier.
08:49Mais le juge
08:50organise une confrontation
08:51avec ses fils
08:52et pendant cette confrontation
08:54dans le bureau du juge,
08:55Gustave se rétracte
08:57à son tour.
08:58Donc,
08:58il est innocent,
08:59en quelque sorte,
08:59son père.
09:00En revanche,
09:01Clovis,
09:01l'autre frère,
09:02lui,
09:02maintient ses accusations.
09:04Ce n'est pas fini.
09:04Gustave va être entendu seul
09:06une autre fois
09:07et il va recommencer
09:09à accuser,
09:10à charger
09:10son père,
09:11Gaston.
09:12Témoin de témoins
09:13de ses incessants revirements,
09:14en février 1954,
09:16Gustave va déclarer
09:18devant la presse
09:19avoir accusé son père
09:20à tort
09:20parce qu'il était,
09:21dit-il,
09:22pressé par les enquêteurs.
09:24Mais à la fin
09:25du même mois de février,
09:26il va réaffirmer
09:27que son père est coupable
09:29avant de se rétracter
09:30une fois de plus
09:32à la toute fin
09:33du mois de février
09:33en répétant encore une fois
09:35qu'il a accusé
09:36Gaston son père
09:37parce que les policiers
09:38lui ont mis la pression.
09:40En somme,
09:41les témoignages
09:41des Dominici,
09:42ils sont tellement variables,
09:44tellement incohérents,
09:45ils disent tellement
09:45le contraire les uns des autres
09:46qu'on finit par s'y perdre
09:48et que les enquêteurs
09:49finissent aussi
09:49par s'y perdre.
09:50En plus de la rétractation
09:52de Gaston Dominici,
09:53de nombreuses incohérences
09:55apparaissent aussi
09:55dans l'enquête.
09:56Elles vont être résumées
09:58beaucoup plus tard
09:58dans un papier du journal
09:59L'Humanité
10:00qui revient sur l'affaire
10:01qui évoque évidemment
10:03tous les défauts
10:04de cette enquête.
10:04La scène de crime
10:05absolument pas protégée,
10:07les empreintes
10:07qui ont été effacées,
10:09les prélèvements
10:10et les indices
10:10négligés à l'époque,
10:11des interrogatoires
10:12très mal conduits,
10:14des questions orientées
10:15avec des suggestions
10:16de réponses
10:17et puis aussi
10:18cette liberté
10:19finalement laissée
10:20aux témoins
10:20et aux suspects clés
10:21de se concerter
10:22puisqu'on les laisse
10:23habiter au même endroit
10:24sans compter les violations
10:26du secret d'une instruction
10:27qui est quasiment livrée
10:29à la presse
10:29en temps réel à l'époque.
10:31Il y aura d'ailleurs
10:31un rapport ultérieurement
10:33de la mission d'instruction
10:34qui se montrera
10:35très sévère
10:36à l'égard
10:36des investigations menées
10:38à seule fin
10:39de recueillir
10:40dira ce rapport
10:40des éléments à charge
10:42contre un seul
10:43et même inculpé
10:44c'est-à-dire
10:44Gaston Dominici.
10:46Le procès
10:47de Gaston Dominici
10:48s'ouvre devant
10:48la cour d'assises
10:49des Basse-Alpes
10:50le mercredi
10:5117 novembre 1954.
10:53Une des grandes
10:54nouveautés
10:55de ce procès
10:56c'est qu'il y a
10:56une retransmission
10:58radiophonique
10:58du réquisitoire
10:59à l'extérieur
11:00de la salle d'audience
11:01ça n'était jamais arrivé
11:02il y a évidemment
11:03beaucoup de monde
11:04il y a déjà
11:0580 journalistes
11:06de radio
11:06et de presse
11:07des français bien sûr
11:08mais des étrangers
11:09évidemment
11:09la salle est beaucoup
11:11trop petite
11:11Gaston Dominici
11:13lui se présente
11:13dans le box
11:14il a 77 ans
11:15il apparaît
11:16tel qu'il est
11:17c'est-à-dire
11:18frustre
11:19et très peu bavard.
11:20Parmi les curieux
11:21venus assister
11:22au procès
11:23il y a notamment
11:24le cinéaste américain
11:25Orson Welles
11:26qui est là pour tourner
11:27un documentaire
11:28pour une chaîne anglaise
11:29et le célèbre
11:30écrivain français
11:31Jean Giono
11:32qui se passionne
11:33pour la faire
11:34d'ailleurs comme
11:34beaucoup d'autres
11:35intellectuels
11:36comme des intellectuels
11:37se passionnent
11:37régulièrement
11:38pour des faits divers
11:39lorsqu'ils prennent
11:39une dimension
11:40un peu sociétale
11:41il est donc venu
11:42assister au procès
11:44et lui il va prêter
11:45à Gaston Dominici
11:47dit-il
11:47un vocabulaire
11:48de 30 à 35 mots
11:50pas plus
11:51alors il semblerait
11:52que ce commentaire
11:53soit un tout petit peu
11:54exagéré
11:55mais ça permet aussi
11:56de réaliser
11:56à quel point
11:57l'opinion publique
11:58est scindée en deux
12:00et qu'il y a aussi
12:00toute une partie
12:01notamment celle de Giono
12:02qui a une image
12:03très négative
12:04du patriarche
12:05Gaston Dominici
12:06et ça fait d'ailleurs
12:07plusieurs mois
12:08que une certaine presse
12:09diffuse un discours
12:11assez haineux
12:12envers Gaston Dominici
12:13on le décrit
12:14comme une brute
12:15comme un illettré
12:16il y a beaucoup
12:17de reportages
12:18qui sont faits à l'époque
12:18vraiment qui sont
12:19à charge
12:20en réalité
12:20contre lui
12:21la presse anglaise
12:23y va aussi
12:24de ses commentaires
12:24évidemment
12:25et elle décrit
12:26le vieux Dominici
12:27comme un pauvre
12:28et comme quelqu'un
12:29de sale
12:29comme ses voisins
12:30donc c'est même
12:31toute la population
12:32locale
12:33qui est rangée
12:33dans le même sac
12:34on parle de générations
12:36soudées entre elles
12:37évoluant dans un monde
12:38primitif
12:39avec des mentalités
12:40rudes
12:41et des haines sauvages
12:42incapables
12:43de dire la vérité
12:44est-ce que l'opinion
12:45sur les Dominici
12:46change dans les jours suivants ?
12:48Non
12:48pas vraiment
12:49puisque Gaston Dominici
12:51n'attire pas beaucoup
12:53la sympathie des jurés
12:54il faut être honnête
12:55il ne fait rien pour
12:56non plus
12:56en plus on parle
12:58beaucoup de lui
12:59finalement très peu
13:00des victimes
13:00ce qui met les jurés
13:01toujours un peu mal à l'aise
13:03et sans grande surprise
13:04il est reconnu
13:05coupable
13:06du triple meurtre
13:07bien qu'il n'y ait
13:08finalement plus d'aveu
13:09puisqu'il s'est rétracté
13:10et pas vraiment
13:11de preuves
13:12non plus
13:12simplement
13:13des témoignages
13:14un peu contradictoires
13:16un peu fugaces
13:18ici Frédéric Potcher
13:20qui vous parle
13:20du palais de justice
13:21de Dignes
13:22le procès
13:23du vieux Gaston Dominici
13:24a commencé
13:25à 9h
13:26comme prévu
13:26pendant les débats
13:28les avocats
13:28de Gaston Dominici
13:29restent calmes
13:30ils demandent des preuves
13:32qu'on se concentre
13:33sur les faits
13:34et qu'on cherche
13:34à tout prix
13:35la vérité
13:36pas de poésie
13:37monsieur l'avocat général
13:38implore l'un d'eux
13:40des certitudes
13:40car
13:41ajoute-t-il
13:42ce ne sont pas
13:43les crimes impunis
13:44qui ébranlent les cœurs
13:45les régimes
13:46les sociétés
13:46ce sont les innocents
13:48condamnés
13:49au bout de 12 jours
13:50d'audience
13:51le verdict tombe
13:52malgré l'absence
13:53de preuves tangibles
13:54le dimanche 28 novembre 1954
13:57Gaston Dominici
13:58est reconnu coupable
14:00du triple meurtre
14:01de l'URSS
14:01il est condamné à mort
14:03et incarcéré
14:04à la prison de Dignes
14:064 jours plus tard
14:07le jeudi 2 décembre 1954
14:09il est transféré
14:10à la prison des Beaumettes
14:11le lieu d'exécution
14:13des condamnés
14:13jugé à Nice
14:14Draguignan
14:15et Dignes
14:16mais l'affaire
14:17ne s'arrête pas là
14:18car après la condamnation
14:19la cour d'appel
14:20d'Aix-en-Provence
14:21ordonne une seconde enquête
14:23les commissaires
14:24qui travaillent dessus
14:25pensent que Gaston Dominici
14:26est coupable
14:27d'avoir tué Elisabeth
14:28mais qu'il n'est pas responsable
14:29du meurtre de ses parents
14:30et qu'il s'en est accusé
14:32pour protéger ses fils
14:33mais là encore
14:35ce ne sont que des convictions
14:36et toujours sans preuve tangible
14:38la conclusion cette fois-ci
14:40est différente
14:40le juge
14:41rend un non-lieu
14:43mais ça ne change rien
14:44à l'affaire déjà jugée
14:462 ans et demi plus tard
14:47le samedi 3 août 1957
14:49alors que Gaston Dominici
14:51attend toujours
14:52d'être exécuté
14:53le président de la République
14:54René Coty
14:55décide de commuer sa peine
14:57Gaston Dominici
14:59âgé de 80 ans
15:00ne sera pas guillotiné
15:02mais finira sa vie
15:03en prison
15:07Damien
15:08il continue pourtant
15:09d'y avoir
15:10des actes d'enquête
15:11sur cette affaire
15:12on a vu une première enquête
15:13déjà qui avait l'air
15:14de penser que
15:15Gaston Dominici
15:16ne pouvait pas être coupable
15:17à lui seul
15:18du triple meurtre
15:19enquête classée en non-lieu
15:21mais malgré tout
15:21et de manière extrêmement paradoxale
15:23puisqu'on a quand même
15:23quelqu'un qui est condamné
15:24qui a été jugé condamné
15:26et bien on continue
15:27les policiers continuent
15:29quand même
15:29des actes d'enquête
15:30et 3 ans plus tard
15:32ces actes d'enquête
15:33permettent de confirmer
15:34ce qu'on savait déjà
15:35plus ou moins
15:36qu'il y a eu de nombreuses erreurs
15:37de nombreuses incohérences
15:38dans les précédentes enquêtes
15:40qui ont été menées
15:41et qui ont abouti
15:42à la condamnation
15:43de Gaston Dominici
15:44ça plus la portée médiatique
15:46de cette affaire
15:47et le fait que Gaston Dominici
15:49soit le plus vieux
15:49condamné de France
15:50font qu'en 1960
15:52le général de Gaulle
15:53décide de le gracier
15:55alors la grâce présidentielle
15:56c'est un pouvoir particulier
15:58qui appartient
15:59au chef de l'état français
16:00qui est très peu utilisé
16:03mais à l'époque
16:04le général de Gaulle
16:05a un pouvoir assez fort
16:07une notoriété assez forte
16:08et il s'est appuyé aussi
16:10sur une campagne médiatique
16:12c'est-à-dire que
16:12quelques semaines
16:13avant cette grâce présidentielle
16:14le 8 avril précisément
16:16le magazine télévisé
16:17de l'époque
16:185 colonnes à la une
16:19qui était vraiment
16:19le programme
16:20que tous ceux
16:21qui avaient une télévision
16:22regardaient à l'époque
16:23diffuse un reportage
16:25sur Gaston Dominici
16:26le plus vieux
16:27condamné de France
16:28au baumette
16:29au fond d'un de ces puits
16:30de ciment
16:31dont les parois
16:31éclatent au soleil du midi
16:33un vieil homme
16:34de 85 ans
16:35lui aussi aimerait
16:36que tout recommence
16:37comme avant
16:37mais il ne le peut pas
16:39et serait-ce juste
16:41mais est-ce juste
16:42aussi qu'un vieillard
16:43attend de la mort
16:44dans une prison
16:45du haut du chemin
16:46de ronde en ciment
16:47d'où l'on surveille
16:47sa promenade
16:48j'ai vu Gaston Dominici
16:50avant de lui parler
16:52depuis 6 ans
16:53il porte
16:54maintenant dit
16:55le même pantalon
16:56de velours côtelé
16:56qu'il avait le jour
16:57de sa condamnation à mort
16:58on raconte
16:59que ce documentaire
17:01a touché
17:01le général de Gaulle
17:02au point qu'il a décidé
17:04de gracier
17:05Gaston Dominici
17:06alors d'autres voix
17:08pensent un peu le contraire
17:09il semblerait qu'en fait
17:10le général de Gaulle
17:11souhaitait déjà
17:12gracier Gaston Dominici
17:14mais qu'il ait
17:14en quelque sorte
17:16supervisé
17:16la diffusion
17:17de ce documentaire
17:18à la télévision
17:19pour pouvoir
17:20convaincre
17:21l'opinion publique
17:22et qu'ensuite
17:23ils prennent
17:23cette décision de grâce
17:24pour qu'elle soit
17:25un peu moins impopulaire
17:28le jeudi 14 juillet 1960
17:30dans la matinée
17:32Gaston Dominici
17:33quitte la prison
17:34des Beaumettes
17:34c'est pas n'importe quel jour
17:35c'est le jour
17:36de la fête nationale
17:37donc il quitte la prison
17:39il part chez une de ses filles
17:41revient quand même
17:42à la ferme de Grand Terre
17:43c'est à dire
17:44sur les lieux du crime
17:45le lendemain
17:46mais il ne se réinstallera
17:48finalement
17:48jamais là-bas
17:49il part s'installer
17:50chez une autre
17:51de ses filles
17:52deux ans plus tard
17:53il vend la ferme
17:54pour payer ses frais
17:55de justice
17:56et la même année
17:57il va être admis
17:58à l'hospice de Dignes
18:00où il va mourir
18:01trois ans plus tard
18:02le dimanche 4 avril 1965
18:05il est alors âgé
18:0688 ans
18:1673 ans après le début
18:18de cette affaire
18:19la route où s'était arrêté
18:20les Dremondes
18:21existe toujours
18:23malgré la construction
18:24de l'autoroute
18:24les lieux n'ont pas changé
18:26un ancien journaliste local
18:27reconverti dans les visites
18:29guidées originales
18:30les fait découvrir
18:31deux ou trois fois par an
18:32aux touristes
18:33ces visites affichent
18:34toujours complet
18:35aujourd'hui
18:36l'affaire Dominici
18:37c'est aussi une vingtaine
18:38de livres
18:39deux pièces de théâtre
18:40une bande dessinée
18:41et un rôle
18:42tenu par Jean Gabin
18:43en 1973
18:44dans un film
18:45de Claude Bernard Robert
18:47Alain Dominici
18:48le fils de Gustave
18:49et petit-fils de Gaston
18:51avait moins d'un an
18:52quand le triple meurtre
18:53a eu lieu
18:53il dormait dans une chambre
18:55à la ferme
18:56et racontait aux parisiens
18:57en 2022
18:58vouloir restaurer
18:59aujourd'hui
19:00l'honneur de ce grand-père
19:01qu'il a vu régulièrement
19:03après sa libération
19:04et dont il est persuadé
19:05de l'innocence
19:07à dix kilomètres
19:08des lieux du drame
19:09dans le joli cimetière
19:10de Fort Calquier
19:11les trois tombes
19:12des membres
19:12de la famille Dremonde
19:13sont visitées
19:14par des curieux
19:15presque tous les jours
19:16si l'on en croit le gardien
19:17des badauds
19:18qui se demandent toujours
19:20qui a fait le coup
19:21et pourquoi
19:22Jack, Anne
19:23et Elisabeth Dremonde
19:25ont été sauvagement tués
19:26cette nuit du 4
19:27au 5 août 1952
19:29vous venez d'écouter
19:47Crime Story
19:48le podcast fait divers
19:49du Parisien
19:49avec à la production
19:51Clara Grousis
19:52et Raphaël Pueyo
19:53à la réalisation
19:55Julien Moncouquiol
19:56et à la rédaction en chef
19:58Jules Lavi
19:59un épisode que je vous raconte
20:01avec Damien Delsenis
20:02et un podcast
20:03à retrouver chaque samedi
20:04sur le site
20:05leparisien.fr
20:06et sur toutes les plateformes
20:07d'écoute
20:08si vous aimez Crime Story
20:09vous pouvez nous le dire
20:10en nous laissant des commentaires
20:11ou des petites étoiles
20:12vous pouvez également
20:13écouter tous les jours
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20:19de vous abonner
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20:21C'est parti
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