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A l’automne 1965, le corps de Georges Segrétin, banquier, est retrouvé calciné dans sa voiture. L’enquête patine quelque temps jusqu’à ce que les policiers se mettent à soupçonner une vendeuse du village. Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Clara Garnier-Amouroux, Anaïs Godard et Clémentine Spiler - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network. Documentation.
Cet épisode de Crime story a été préparé en puisant dans les archives du Parisien, avec l'aide de nos documentalistes. Nous avons aussi exploité les ressources suivantes : “L’affaire du Bois bleu - les innocents de La Guerche” de Gérard Boursier et Manuel Jacquinet aux Éditions Malpaso Radio Caroline Media, ainsi que Détective, Elle et Le Nouvel Obs.
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Crime Story: Le podcast faits-divers du Parisien: https://bit.ly/_Crimestory
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A l’automne 1965, le corps de Georges Segrétin, banquier, est retrouvé calciné dans sa voiture. L’enquête patine quelque temps jusqu’à ce que les policiers se mettent à soupçonner une vendeuse du village. Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties.
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Cet épisode de Crime story a été préparé en puisant dans les archives du Parisien, avec l'aide de nos documentalistes. Nous avons aussi exploité les ressources suivantes : “L’affaire du Bois bleu - les innocents de La Guerche” de Gérard Boursier et Manuel Jacquinet aux Éditions Malpaso Radio Caroline Media, ainsi que Détective, Elle et Le Nouvel Obs.
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00:01Vous écoutez Crime Story, l'affaire du bois bleu, le banquier assassiné et le poison de la rumeur, deuxième et
00:07dernier épisode.
00:11Le jeudi 4 novembre 1965, Georges Segretin, un banquier responsable d'une agence de la Société Générale à Laguerche, dans
00:19le Cher,
00:19est retrouvé mort à quelques kilomètres de son lieu de travail, au milieu d'un bois.
00:24Son corps est au volant de sa deux chevaux bleus, à laquelle on a mis le feu.
00:28L'enquête est retirée des mains des gendarmes pour être confiée à la police judiciaire d'Orléans.
00:32Mais elle n'avance pas, jusqu'à ce que les policiers se mettent à soupçonner une femme.
00:37Monique Caz, 26 ans, est une femme moderne, élégante, mariée avec René Caz et mère de trois enfants.
00:43Elle tient un magasin de photos dans le centre de Laguerche et elle est la cible de rumeurs dans le
00:48village.
00:49On dit qu'elle a des amants et même qu'elle est une voleuse de mari.
00:53Le mardi 18 janvier au soir, les policiers viennent l'arrêter alors qu'elle dîne avec ses enfants.
01:01Quand le commissaire Ayala signifie à la jeune mère de famille qu'elle doit le suivre, celle-ci refuse.
01:06Elle est seule avec ses enfants et n'entend pas les laisser sans surveillance.
01:10Le policier répond qu'ils seront pris en charge à l'orphelinat, l'assistance publique.
01:15Monique Caz s'insurge, en vain.
01:18Après une nuit dans les locaux de la brigade de gendarmerie où elle a été placée en attente de la
01:22suite,
01:22Monique Caz est autorisée à revenir chez elle, sous escorte, pour récupérer quelques affaires.
01:27Puis les enquêteurs et la suspectes prennent la route de Bourges.
01:31Ce n'est qu'à une cinquantaine de kilomètres, mais la route est recouverte de verglas et le trajet dure
01:36quatre heures.
01:37Quatre heures à l'issue desquelles la mère de famille est incarcérée à la prison de Bourges.
01:42Ce même jour, le mercredi 19 janvier 1966, Jules Barraud, le gendarme, amant de Monique Caz, est entendu par la
01:51juge d'instruction.
01:52A la fin de l'entretien, il est inculpé d'assassinat et placé sous mandat de dépôt.
01:58Le lendemain, le jeudi 20 janvier, Monique Caz est à son tour inculpée du même chef d'accusation.
02:04Elle reste en détention.
02:07Dès le jour suivant, la photo de Monique Caz s'affiche dans plusieurs journaux locaux.
02:11Et en quelques jours, elle est reprise par les médias nationaux.
02:15La presse française rivalise de formules pour évoquer l'affaire Caz.
02:19Une Madame Bovary qui aurait mal tourné, peut-on lire.
02:22Monique avait deux passions, les hommes et l'argent.
02:24Ou encore, le gendarme et sa maîtresse, inculpée du meurtre de l'employé de banque,
02:29il voulait lui vendre des photos compromettantes.
02:32Le journal France Dimanche promet quant à lui de montrer à ses lecteurs le vrai visage de Monique, la diabolique.
02:42Damien Delsenie, dans la presse, on peut lire de plus en plus de détails sur Monique Caz et sur sa
02:48vie.
02:48C'est le déchaînement des détails sulfureux.
02:50On parle de dizaines d'amants, des hauts fonctionnaires, des employés, des notables, des industriels,
02:56des dresseurs de chevaux, des éleveurs de chiens.
02:58On dit aussi qu'elle droguait les hommes et qu'elle les envoûtait, qu'elle possédait de grandes richesses,
03:04des bijoux, des manteaux de fourrure, aussi des voitures de sport, un manoir.
03:08On dit enfin qu'elle a choisi un gendarme comme amant parce que ça pouvait lui servir.
03:13Bref, on dresse le portrait d'un personnage presque maléfique, machiavélique,
03:18sur lequel circulent beaucoup de détails qui vont en réalité être faux,
03:23mais qui évidemment justifient qu'on la surnomme Monique la diabolique.
03:27Est-ce qu'un mobile pour lequel elle aurait tué Georges Segretin est avancé ?
03:31Le mobile, il n'est pas facile à déterminer parce que le seul lien entre Georges Segretin et la famille
03:37Caz et Monique Caz,
03:38c'est le fait que les Caz, ils ont un compte bancaire à la Société Générale.
03:41Enfin, ça ne fait pas un mobile en soi.
03:43Donc, ce sont plutôt les motivations du gendarme qui sont avancées.
03:47En gros, Jules Barraud aurait aidé à tuer Georges Segretin parce que c'était un rival, un rival amoureux.
03:54Donc, on est plutôt sur ce mobile de la rivalité amoureuse.
03:58Alors, pendant ce temps-là, elle, Monique, elle est toujours en prison.
04:01Ses enfants sont revenus vivre avec leur père et ils voient tout ça, ce déferlement, notamment dans la presse.
04:08D'un seul coup, leur mère est à la une de tous les journaux.
04:10Il y a même quelque chose d'assez incroyable qui va se passer.
04:14Ce sont des voitures publicitaires.
04:16Il n'y a pas de réseaux sociaux à l'époque.
04:17Les voitures publicitaires qui passent dans la guerche en promettant de nouveaux scoops sur Monique, la diabolique.
04:25René Caz, lui, son mari, est évidemment complètement désemparé par cette situation.
04:29Sa femme est en prison.
04:30Elle est présentée comme un personnage abominable.
04:33Il y a un harcèlement médiatique sur lui.
04:35Donc, il va fermer son magasin.
04:37Il n'a même plus la force de s'occuper de ses enfants qui sont à nouveau placés au bout
04:43de quelques jours.
04:43Des témoignages dits accablants viennent confirmer les soupçons des policiers.
04:49Alors, une fois que Monique Caz a été jetée en pâture, plusieurs personnes vont se mettre à vouloir parler, à
04:55vouloir témoigner de faits qui, évidemment, incriminent la mère de famille.
04:59Donc, les policiers parviennent sans grande difficulté à recueillir de nombreux témoignages.
05:04Alors, il y a un effet accumulation.
05:07C'est-à-dire que plus les gens parlent, plus d'autres se disent, bah tiens, ça libère la parole.
05:11Donc, moi aussi, je vais aller dire quelque chose sur Monique Caz aux policiers.
05:14Tout ça avec des informations qui viennent, alors qui ne sont pas vraiment des infos, mais qui viennent corroborer les
05:19témoignages précédents.
05:20Et finalement, Monique Caz, elle est condamnée à la fois par les policiers qui enquêtent et qui sont chargés de
05:27cette enquête et qui sont pétris de certitude,
05:30et par la presse qui l'est tout autant, et par, finalement, la vox populi, en réalité.
05:38Seul problème pour les enquêteurs, Monique n'avoue pas.
05:41Du fond de sa cellule, elle continue même à clamer son innocence.
05:45Et aucun interrogatoire ne la fait dévier.
05:48Dans la presse, un seul média émet des doutes.
05:51Il s'agit de l'hebdomadaire français de faits divers, détective, qui s'appelle aujourd'hui le nouveau détective.
05:57« Si tous deux étaient victimes d'un concours de circonstances, écrit le journal, tant que la pleine lumière ne
06:04sera pas faite, le doute continuera à être obsédant.
06:08Si, dans le dossier, il ne restait que les présomptions actuellement rassemblées, il est évident que cette incroyable affaire aurait
06:15bien du mal à voir le grand jour des assises. »
06:18Ces doutes sur la culpabilité de Monique Caz et de Jules Barrault sont partagés par un autre personnage du dossier.
06:24Et pas n'importe lequel.
06:25Il s'agit de la juge d'instruction, Georgette Chouvelon.
06:29Bien qu'elle ait ordonné le placement en détention provisoire des deux suspects,
06:33elle n'est pas convaincue par les pièces du dossier telles qu'elles lui sont présentées par les policiers.
06:37Un à un, elle convoque à son cabinet tous les témoins.
06:41Elle souhaite les entendre une nouvelle fois.
06:43Elle sait que le commissaire Ayala s'est déjà forgé une intime conviction, mais elle souhaite se faire sa propre
06:48opinion.
06:50Quand Monique Caz arrive dans son bureau, la juge est surprise de la différence entre le portrait qu'il en
06:55ait fait dans la presse et la femme qui se tient en face d'elle.
06:58Elle lui dit, comme elle le raconte dans le livre de Gérard Boursier, Emmanuel Jacquinet, L'affaire du bois bleu,
07:03« Je n'ai aucun préjugé contre vous. Soyez certaine que j'instruirai mon dossier à charge et à décharge.
07:09Mon seul but est de chercher la vérité, comme un juge doit le faire. »
07:13Les déclarations de Monique Caz sont constantes.
07:16Elle répète que le jour du meurtre, elle était à Bourges avec Jules Barrault.
07:20Le gendarme, de son côté, après avoir menti une première fois, raconte finalement la même chose.
07:25Leurs versions sont exactement les mêmes et comme ils n'ont pas pu entrer en contact, ça joue en leur
07:30faveur.
07:37Damien, en fait, la juge d'instruction a parfaitement conscience que l'enquête a été menée à charge.
07:42Oui, et ses entretiens avec Monique Caz le confirent.
07:45Mais surtout, les témoins qui avaient justifié finalement l'inculpation de Monique Caz et de Jules Barrault,
07:50ils vont revenir un à un sur ce qu'ils ont dit.
07:53Ou alors ils vont modifier un peu leur version, de sorte qu'au bout de quelques semaines,
07:58plus rien ne vient établir que Monique Caz et Jules Barrault ont tué Georges Segretin,
08:03le dossier s'effondre comme un château de cartes.
08:05Il n'y a plus aucune preuve qu'ils étaient sur les lieux du crime.
08:09Et en plus, les mobiles avancées de rivalité amoureuse ne tiennent absolument plus.
08:14Il n'y a pas plus de mobiles financiers, il n'y a pas de dettes.
08:17La famille Caz ne doit rien à la société générale.
08:20Il n'y a pas non plus de rivalité ou de chantage quelconque entre Monique Caz et le gendarme Barrault
08:26et la victime Georges Segretin.
08:28Mi-février, alors que Monique Caz et Jules Barrault sont incarcérés depuis plus d'un mois,
08:33le bruit d'une potentielle erreur judiciaire commence à courir.
08:37Et le journal Détective continue d'alimenter ces articles consacrés à ce fait divers.
08:42En ce sens, c'est le premier journal qui a émis l'hypothèse d'une erreur judiciaire.
08:46Ils vont notamment, les journalistes de Détective, parler d'un témoignage qui remet tout en question
08:51et qui rappelle qu'il n'y a ni éléments matériels ni témoignages irréfutables
08:56qui peuvent prouver la culpabilité des deux suspects.
08:59Des reconstitutions vont avoir lieu pendant lesquelles le commissaire Ayala fait tout
09:04pour convaincre la juge de la culpabilité de Monique Caz et Jules Barrault.
09:09Après 43 jours passés en prison,
09:12Monique Caz et Jules Barrault sont finalement libérés en attente du réquisitoire.
09:16Ce réquisitoire, il tombe le 5 mai 1966, donc six mois après le début de l'affaire.
09:22Le procureur écrit « Aucune charge sérieuse ne subsiste à l'égard des inculpés »
09:28et incite la juge d'instruction à faire bénéficier Jules Barrault et Monique Caz
09:33d'une ordonnance de non-lieu.
09:35Pour ce couple, donc, les soupçons sont écartés,
09:38mais donc l'affaire repart de zéro en quelque sorte.
09:42Si ce ne sont pas Monique Caz et Jules Barrault les coupables,
09:44alors le ou les assassins de Georges Segrétin courent toujours.
09:51L'enquête se poursuit, mais c'est désormais à la direction de la police judiciaire
09:55de la Sûreté Nationale de Paris qu'elle est confiée.
09:58Récapitulons.
09:59D'après les éléments récoltés tout au long de l'enquête,
10:02il est probable que Georges Segrétin ait été tué le mardi 2 novembre 1965, vers 17h30.
10:08Vers 19h, 19h30, la voiture a été incendiée,
10:12après que le corps de Georges Segrétin a été placé à l'intérieur de l'habitacle,
10:17sur le siège conducteur.
10:18L'hypothèse privilégiée est celle d'un crime crapuleux banal,
10:21commis par quelqu'un, un client peut-être,
10:24que Georges Segrétin aurait accepté de rencontrer chez lui.
10:27Les nouveaux policiers en charge de l'enquête
10:29fouillent les fichiers clients du banquier et isolent 4 profils.
10:32Ce sont ceux d'agriculteurs, en proie à de grosses difficultés financières.
10:37Ces clients ont déjà été interrogés par les policiers d'Orléans au début de l'enquête.
10:41L'un d'eux avait d'ailleurs fait une déclaration un peu étonnante.
10:44Sans hésitation, il a chargé un autre client de Georges Segrétin,
10:48affirmant les avoir entendus se disputer
10:50alors qu'il était dans la salle d'attente de la banque
10:52et l'avoir particulièrement observé lorsqu'il était sorti du bureau,
10:56au point de le décrire physiquement avec précision.
10:59Mais ce mystérieux client n'avait jamais été retrouvé.
11:02Celui qui en avait fait mention, en revanche,
11:04un certain Ernest Roderick, retient l'attention des enquêteurs.
11:08Les nouveaux policiers chargés de l'enquête
11:10découvrent que leurs confrères d'Orléans ont noté dans le dossier
11:13qu'au moment de la mort de Georges Segrétin, au mois de novembre 1965,
11:18Ernest Roderick aurait pu être déclaré en faillite.
11:21Toujours dans ce dossier, il est aussi fait mention du fait qu'Ernest Roderick,
11:25deux jours après la mort du banquier,
11:27a mis sur son compte en banque 2000 francs,
11:29soit exactement la somme dérobée à Georges Segrétin.
11:34Le dimanche 9 octobre 1966, à 9h du matin,
11:38un convoi de policiers arrive devant la ferme d'Ernest Roderick
11:41à une trentaine de kilomètres au nord de la Gerge.
11:44L'agriculteur est emmené au commissariat
11:45et interrogé toute la journée et toute la nuit.
11:48Le lendemain, le lundi 10 octobre,
11:51il signe des aveux complets et circonstanciés.
11:55Il explique que le funeste projet a pris forme la veille du meurtre,
11:59le lundi 1er novembre.
12:01Ernest Roderick savait que l'employé de banque venait plusieurs fois par semaine à l'agence de la Gerge.
12:05Il savait aussi que ce dernier transportait de l'argent.
12:09Il était au bord de la faillite, avait besoin de liquidité.
12:12Le plan était simple à mettre en œuvre.
12:14Le lendemain, le mardi 2 novembre,
12:17Ernest Roderick se rend à l'agence de la Gerge
12:19et informe Georges Segretin qu'il a un chèque de 1000 francs à déposer sur son compte,
12:24mais qu'il l'a oublié.
12:25Il demande au banquier s'il peut passer le chercher chez lui, à sa ferme, dans l'après-midi.
12:30Georges Segretin accepte.
12:32Un peu avant 17h30, il arrive à la ferme de l'Uni-Champagne.
12:36Ernest Roderick l'invite à s'asseoir à table.
12:38Georges Segretin prend place et sort de sa sacoche le formulaire
12:42qu'il s'apprête à remplir pour encaisser le chèque.
12:45Pendant ce temps, Ernest Roderick quitte la pièce en prétextant qu'il va chercher le chèque.
12:50Il en revient armé d'une barre de fer dont il assène un grand coup sur le crâne de sa
12:54victime.
12:55Georges Segretin s'effondre, mais il respire encore.
12:59Ernest Roderick frappe une nouvelle fois.
13:02En quelques minutes, tout est terminé.
13:05Une heure plus tard, il a trouvé comment se débarrasser du corps.
13:08L'agriculteur conduit la deux chevaux dans laquelle il a au préalable
13:12chargé le corps de l'employé de la Société Générale jusqu'au bois bleu.
13:16Il met le feu, puis il repart à pied.
13:19Pendant les 15 km que dure sa marche, il plonge dans le fossé
13:22pour ne pas être repéré à chaque fois qu'un véhicule arrive sur cette petite route de campagne.
13:28À son épouse, qui s'étonne de son retour tardif et de l'état de saleté de ses habits,
13:33il donne des explications peu convaincantes, mais auxquelles elle ne trouve rien à redire.
13:44Damien, finalement, cette enquête n'était pas très compliquée ?
13:48Non, dans la mesure où les éléments étaient dans le dossier presque dès le début de cette enquête.
13:52Mais disons que, plutôt que d'exploiter cette piste un peu traditionnelle,
13:57très crapuleuse, dirons-nous,
13:58les policiers ont opté pour une piste, j'allais dire, presque plus romanesque.
14:02Ils ont cru à cette fable locale, ils l'ont nourrie aussi.
14:06La femme fatale qui tue avec son amant gendarme, ça leur plaisait comme scénario,
14:10ça sortait un peu de l'ordinaire.
14:12Donc, ils ont fait une enquête à l'envers.
14:14Plutôt que de rassembler des éléments pour ensuite aboutir à une hypothèse,
14:18ils sont partis d'une hypothèse et ils ont ensuite cherché à faire coller ces éléments
14:23et ces pseudo-preuves pour faire tenir cette hypothèse.
14:32Où l'après-méditation est retenue, donc assassinat,
14:36l'avocat général demande la peine maximale,
14:38à l'époque, c'est la peine de mort.
14:40Il est finalement condamné le 25 octobre 1967,
14:44mais il va sauver sa tête de justesse,
14:47il écope de la réclusion criminelle à perpétuité.
14:50Cette affaire a changé la vie de Monique Caz et de toute sa famille,
14:54c'est d'ailleurs l'objet du livre L'Affaire du bois bleu.
14:57Oui, Monique Caz, elle a toujours considéré qu'elle avait été sauvée de la guillotine
15:02par Georgette Chouvelon, la juge d'instruction,
15:05et les deux femmes sont devenues amies après cet épisode.
15:08Elles le sont restées jusqu'à la fin de leur vie.
15:11Les enfants, eux, Caz, qui ont été placés en orphelinat, on l'a dit,
15:15ont finalement retrouvé leur place auprès de leurs parents.
15:18Pour l'aîné, le fils, ça a été un peu compliqué, on imagine, cette période,
15:23mais aussi l'après, il a fini par avoir quelques démêlés avec la justice.
15:27La plus jeune sœur, en revanche, Elisabeth, elle, elle est restée vivre à la guerche.
15:36Bien que l'affaire a mis en évidence les relations extra-conjugales de Monique Caz,
15:40elle et son mari René sont restées ensemble jusqu'à la fin de leur vie.
15:44Ils s'aimaient et il y avait entre eux une grande complicité,
15:47raconte leur plus jeune fille, Elisabeth.
15:50Monique Caz est morte le 8 octobre 2010, à 71 ans.
15:54René, deux jours plus tard, le 10 octobre 2010.
15:5860 ans après cette affaire, à la guerche, on en parle encore.
16:02Elisabeth, qui tient là-bas un magasin d'antiquité, reçoit régulièrement des curieux,
16:07qui n'achètent rien, mais souhaitent discuter avec la fille de Monique.
16:10Elle botte en touche.
16:11Elle confie à Gérard Boursier et Manuel Jacquinet, les auteurs du livre,
16:15« Quand les gens sont bêtes, on n'est pas obligé de les rendre intelligents ».
16:37Vous venez d'écouter Crime Story, le podcast fait divers du Parisien,
16:41consacré aujourd'hui à l'affaire du bois bleu, le banquier assassiné et le poison de la rumeur.
16:46Ce récit était écrit par Claudia Prolongeau et raconté avec Damien Delsenis.
16:51Nous nous sommes particulièrement appuyés sur le livre de Gérard Boursier et Manuel Jacquinet,
16:56« L'affaire du bois bleu, les innocents de la guerche »,
16:58publié aux éditions Malpazo, Radio Caroline Média.
17:02Il y avait à la production Thibault Lambert, Clara Garnier-Amouroux et Anaïs Godard,
17:07à la réalisation Julien Moncouquiole et à la rédaction en chef Jules Lavi.
17:12Vous pouvez retrouver tous nos podcasts sur le site leparisien.fr
17:15et sur n'importe quelle plateforme d'écoute.
17:17Si vous aimez Crime Story, vous pouvez vous abonner,
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17:21en parler autour de vous, c'est ce qui nous aide à nous faire connaître.
17:24Et vous pouvez également écouter tous les jours Code Source,
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