- il y a 2 jours
Ce jeudi 19 mars, Raphaël Legendre a reçu Thomas Grjebine, responsable du programme "Macroéconomie et finance internationales" au CEPII, Nathalie Janson, professeure d'économie à Neoma Business School, et Ludovic Desautez, directeur délégué de la rédaction de La Tribune, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:06BFM Business et la Tribune présente
00:09Les experts, Raphaël Legendre
00:12Bonjour à tous, il est 10h, vous êtes en direct sur BFM Business, c'est les experts et c'est
00:16la fièvre ce matin.
00:18Le prix du gaz européen s'envole de plus de 30% et le pétrole de 6%
00:23après l'attaque de l'Iran sur le plus grand site de production de gaz naturel liquéfié au monde.
00:30Ras Lafane au Qatar, de son côté Donald Trump, le président américain, a menacé de détruire l'immense champ gazier
00:38iranien de South Pass
00:39déjà attaqué par Israël en cas de nouvelle attaque de l'Iran contre cet important site qataris.
00:46La guerre du gaz et des infrastructures est déclarée et cela ne présage rien de bon.
00:52Pour la suite, c'est dans ce contexte d'escalade que les chefs d'étail de gouvernement se réunissent aujourd
00:57'hui à Bruxelles
00:58pour un conseil marqué évidemment par toutes ces questions énergétiques.
01:03Alors quelle réponse apporter ? Faut-il revoir le marché carbone pour être plus compétitif ?
01:08En Europe, les positions sont divisées.
01:12On va le voir, Rome a annoncé par exemple une baisse de 25 centimes des taxes sur les carburants.
01:18En France, pour l'instant, le gouvernement dit non, pas question.
01:23Alors quelle réponse apporter à la crise énergétique ?
01:25Ce sera le premier thème des débats de mes experts ce matin.
01:29On reviendra aussi sur la BCE, la BCE qui doit parler cet après-midi,
01:34comme la Banque d'Angleterre, la Banque suisse, la Banque de Suède.
01:37Ce matin, c'était la Banque du Japon.
01:39Quelle réponse apporter à la crise inflationniste qui vient probablement ?
01:44Ce sera le deuxième débat.
01:45Et puis on parlera tech, bien sûr.
01:47C'est quoi ce nouveau 28e régime juridique d'entreprise
01:51présenté hier par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen ?
01:57Est-ce un game changer pour la tech européenne ?
02:00Et puis cette question, pour finir, faut-il avoir peur de l'intelligence artificielle ?
02:05Avec cette étude choc de la COFAS,
02:085 millions d'emplois seraient menacés aujourd'hui en France par l'IA.
02:14Voilà pour le programme du jour.
02:15Il est 10 heures passées de 2 minutes.
02:17Vous êtes en direct sur BFM Business.
02:19C'est les experts.
02:20Allez, c'est parti.
02:24Les experts, débats et controverses sur BFM Business.
02:31Et pour parler de ces nombreux sujets, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Nathalie Jansson.
02:35Bonjour Nathalie.
02:36Bonjour Raphaël.
02:36Professeur d'économie à Néoma Business School.
02:38À côté de vous, Thomas Grébine.
02:40Bonjour Thomas.
02:41Responsable du programme macroéconomie et finances internationales au CEPI.
02:46Et j'ai le plaisir d'accueillir Ludovic de Sauté.
02:47Bonjour Ludovic.
02:48Bonjour Raphaël.
02:49Directeur délégué de la rédaction de La Tribune.
02:52Alors, le sujet brûlant, sans mauvais jeu de mots évidemment ce matin,
02:56c'est cette flambée des prix du gaz suite au bombardement dans tous les sens.
03:02On ne va pas revenir sur Israël qui tire sur le plus grand champ gazier iranien.
03:10Ça se passe la réponse iranienne sur le plus grand site de production de gaz naturel liquéfié au monde.
03:16Ce site est au Qatar.
03:20Et cette réunion, ce conseil des chefs d'État et de gouvernement,
03:25aujourd'hui à Bruxelles, pour un sommet évidemment marqué par ces questions énergétiques,
03:31avec une question majeure au-delà des prix à la pompe.
03:34On va y revenir aussi ensemble.
03:36Mais comment réduire l'écart de compétitivité avec la Chine, avec les États-Unis,
03:43qui ont aujourd'hui une énergie qui coûte deux à trois fois moins cher que l'énergie européenne ?
03:53Je commence avec vous, Thomas Grémin.
03:56La grande question aujourd'hui qui divise les Européens, c'est celle du marché carbone.
04:00Pourquoi ?
04:01Parce que le marché carbone, ça contribue à surenchérir les prix de l'énergie en Europe.
04:09Donc c'est autour de 10%.
04:12Donc c'est quelque chose qu'en termes de compétitivité,
04:16ce n'est pas une bonne nouvelle pour l'industrie européenne.
04:19Maintenant, il faut relativiser parce que...
04:2110%, ce n'est pas fois deux ou fois trois.
04:22Voilà, exactement.
04:24Et je pense que le vrai enjeu pour l'Europe, c'est qu'on n'a pas de stratégie de
04:28long terme.
04:29Donc là, on est en plein dans un choc pétrolier et on pense qu'à des solutions de court terme.
04:35Donc est-ce qu'on doit faire des chèques au ménage ?
04:38Est-ce qu'on doit aider à court terme les industries ?
04:41On n'a aucune solution structurelle.
04:43Si on fait un parallèle avec ce qui s'était passé dans les années 70,
04:47lors des premiers chocs pétroliers dans les années 70,
04:50la France avait décidé de développer sa souveraineté en matière énergétique
04:56avec le plan Mesmer qui a permis le développement du parc nucléaire.
05:02Aujourd'hui, il n'y a rien de tel.
05:04Il y a la PPE 3, il y a la programmation pluriannuelle de l'énergie,
05:08troisième du nom,
05:09qui prévoit quand même la construction de six réacteurs, de six EPR.
05:13Mais en fait, le problème, c'est que le prix de l'électricité,
05:16en tout cas, il se définit au niveau européen.
05:19Donc on est aussi dépendant de ce que font nos voisins.
05:22Donc on a mis en place des réglementations environnementales
05:26qui sont indispensables du point de vue environnemental,
05:29mais on les a accompagnés ni d'une politique industrielle
05:32pour protéger nos industries dans le même temps
05:35et pour développer nos industries,
05:36ni d'une véritable politique énergétique.
05:39On a fermé les centrales nucléaires dans les années 2000 et 2010,
05:43alors qu'au contraire, on aurait dû développer notre parc nucléaire
05:46à côté des énergies renouvelables.
05:48Et ça, ça aurait dû être le pendant des réglementations environnementales.
05:53Et là, de nouveau, on veut durcir le marché carbone.
05:58C'était une des propositions de la Commission européenne.
06:00Mais il n'y a rien à côté pour véritablement développer
06:03nos infrastructures énergétiques.
06:05Enfin, rien qui soit à la hauteur.
06:06Alors, il y a une révision majeure qui est attendue en juillet 2026
06:10de ce marché carbone, Nathalie Jansson,
06:12mais on a des chefs d'État et de gouvernement
06:14très divisés sur le sujet aujourd'hui.
06:17Oui, oui, on n'a pas effectivement vraiment de consensus sur la question.
06:20Pourtant, pour rebondir sur ce qui vient d'être dit,
06:23je vais être un peu provocante,
06:25mais je dirais que tant mieux que le prix augmente
06:27parce qu'en fait, ça stimule l'innovation.
06:29Et donc, en fait, là où le bas blesse, je dirais, en Europe,
06:31ce n'est pas tant le manque de vision,
06:33parce que ça, effectivement, c'est compliqué
06:37d'avoir une vision, surtout pour des gouvernements
06:39qui sont, contrairement à ce qu'on pense,
06:41sont plutôt des visions de court terme que de long terme.
06:43Donc déjà, ça n'est pas...
06:44C'est un véritable sujet.
06:45On a l'impression qu'on manque gravement de planification
06:47et de vision long terme stratégique.
06:49Par contre, on peut compter sur les entreprises,
06:50peut-être pour se substituer.
06:52Et en fait, ce qui serait bien,
06:53c'est qu'ils puissent innover plus facilement.
06:56Donc là, je renvoie la balle
06:57dans toutes les réglementations qu'on peut avoir.
06:59Et surtout, s'ils pouvaient, en fait,
07:01se financer plus facilement.
07:03Et là, à nouveau, on a encore un autre boulet à nos pieds.
07:06C'est-à-dire qu'effectivement,
07:07je suis sûre qu'il y a des entreprises
07:09qui sont innovantes,
07:10qui ont sans doute des idées à développer,
07:12mais elles ont un mal de chien à le faire
07:14parce qu'en fait, elles ont des problèmes
07:15pour se financer.
07:17On va revenir sur ces questions
07:18avec le 28e régime européen, effectivement.
07:21Qu'est-ce qu'il faut attendre
07:21du Conseil européen aujourd'hui,
07:22Ludovic de Sauté ?
07:24Malheureusement, la crainte qu'on peut avoir,
07:26c'est après ce que vient de dire Nathalie,
07:28il y a un instant, c'est à quel rythme
07:29va avancer l'Europe ?
07:30Parce que là, on est dans des situations
07:31qui demanderaient quand même
07:32un peu de vélocité.
07:35Et la crainte, c'est que ce soir,
07:36on soit sur...
07:37On va se revoir, on va planifier, on va...
07:40Mais il y a des réactions nationales pour l'instant.
07:42L'Italie baisse de 25% de 25% de l'État.
07:46Il y a quelque chose qu'il faut bien comprendre
07:47sur le marché de l'énergie,
07:48c'est que c'est un marché globalisé.
07:49D'ailleurs, quelque part,
07:50l'administration américaine la prend à ses dépens.
07:52Parce que ce n'est pas parce que les États-Unis
07:53sont autonomes, sur le pétrole et sur le gaz
07:56qui ne sont pas impactés par un choc inflationniste.
07:58C'est vrai.
07:59Voilà.
08:00Et on peut montrer là, Ludovic,
08:01pardon, la courbe du WTI.
08:04Ça, c'est le pétrole américain
08:06opposé au Brent de la mer du Nord.
08:08Il est à moins de 100 dollars
08:10quand le Brent est à 116.
08:14Actuellement,
08:16donc les Américains ont un pétrole quand même
08:18un peu moins cher
08:19que celui qu'on consomme aujourd'hui.
08:20Il y a quelques semaines, il était à 60.
08:23Il y a quelques semaines, il était à 60.
08:25Et là, après, pour revenir sur le marché carbone,
08:28c'est-à-dire qu'aujourd'hui,
08:29le marché carbone...
08:30En fait, on va avoir une question,
08:31une dualité.
08:32Je vais reprendre un peu les propos
08:33de Maude Bréjon ce matin
08:34à la porte-parole du gouvernement.
08:36Est-ce que le quoi qu'il en coûte
08:37n'est pas un chemin possible
08:39par rapport au choc énergétique
08:41qui se profile ?
08:43Est-ce qu'on a les moyens ?
08:44Maintenant, est-ce que l'Europe
08:47va réfléchir dans le quoi qu'il en pollue ?
08:49Est-ce que c'est ça, en fait,
08:50la question qu'on va avoir quelque part ?
08:52Le quoi qu'il en pollue ?
08:53C'est-à-dire, c'est de se dire,
08:54est-ce qu'on relâche un tout petit peu
08:56ce marché carbone ?
08:57Oui.
08:57On vit, et il ne faut pas regarder
09:00juste la dimension hexagonale
09:02avec nos programmes nucléaires.
09:04Nous sommes sur un continent
09:05qui est fortement interconnecté
09:06au plan énergétique,
09:08sur lequel deux tiers de notre consommation
09:10dépend du fossile.
09:11C'est-à-dire qu'on a beau avoir
09:12des centrales en France,
09:13on sera impacté par les politiques allemandes,
09:16comme on a été impacté par,
09:18par exemple,
09:18quand il y a eu le blackout en Espagne.
09:20Aujourd'hui, c'est fortement interconnecté.
09:23Donc là, l'Europe, j'allais dire,
09:24est au pied du mur.
09:25À la fois, elle n'a pas accéléré
09:26en termes d'innovation.
09:27On l'a vu sur la voiture,
09:29on le voit sur l'électrique et tout ça.
09:31La France était sûrement
09:32en une position très favorable
09:33il y a quelques années,
09:34mais dans une économie très globalisée.
09:36Nous sommes très dépendants
09:37des choix allemands,
09:38des choix italiens,
09:39des choix espagnols.
09:40Et là, on ne peut pas s'en défaire.
09:42Et le marché carbone,
09:43aujourd'hui,
09:44j'allais dire,
09:44c'est peut-être le boulet de trop,
09:46parce qu'à défaut d'avoir été capable
09:49d'innover à grande vitesse,
09:50comme l'a fait le marché automobile
09:51qui n'a pas réussi à prendre
09:52le virage électrique à grande vitesse,
09:54maintenant,
09:55on se retrouve lourdement pénalisé
09:56sur la ligne de départ.
09:57Très pénalisé.
09:58C'est toujours la même question,
09:59Thomas Grébine,
09:59de la fin du mois
10:00contre la fin du monde.
10:01C'est-à-dire qu'on a mis
10:02le marché carbone
10:03pour baisser, effectivement,
10:05la consommation des produits carbonés,
10:07mais on a un véritable problème
10:09de compétitivité.
10:10Aujourd'hui,
10:11elle est où l'urgence ?
10:12Redresser notre compétitivité
10:14face aux Chinois,
10:14aux Américains ?
10:16Ou sauver la planète
10:17pour faire quoi ?
10:18Il faut faire les deux.
10:20Et c'est là où la politique européenne
10:22a été un peu une aberration,
10:23parce que vous ne pouvez pas faire
10:25que vous devez marcher
10:27sur vos deux jambes.
10:28Donc, on aurait pu mettre en place
10:30des réglementations environnementales,
10:32mais il aurait fallu faire
10:32une stratégie
10:33pour développer
10:34la voiture électrique.
10:36On aurait pu...
10:38Enfin, je veux dire,
10:39c'est pareil sur la cière.
10:40Mais on ne l'a pas fait.
10:41Donc, aujourd'hui,
10:41qu'est-ce qu'on fait ?
10:42Que faut-il faire ?
10:43Je pense qu'il ne faut pas accélérer,
10:45comme propose la Commission européenne,
10:47sur les quotas carbone,
10:51enfin, sur le marché du carbone,
10:52si on n'accélère pas
10:54en même temps
10:55sur une stratégie énergétique.
10:57Une autre alternative.
10:58Oui.
10:58Pour l'instant,
10:59on ne l'a pas fait.
10:59Ce qu'on a fait depuis 30 ans,
11:01c'est qu'on substitue
11:03des dépendances à une autre.
11:05Dans les années 90,
11:073% de nos importations...
11:09Le GNL,
11:10c'était 3%
11:10de nos importations de gaz.
11:12Aujourd'hui, c'est 50%.
11:13Donc, en gros,
11:16on est un peu moins dépendant
11:18de la Russie,
11:18mais on est plus dépendant
11:20du Qatar,
11:20d'où la catastrophe actuellement,
11:22si les infrastructures au Qatar,
11:24qui représentent près de 20%
11:25de la production mondiale,
11:27sont fortement endommagées.
11:29Mais de nouveau,
11:29je pense qu'il ne peut pas y avoir,
11:31malheureusement,
11:31une réponse à court terme.
11:32Parce qu'à court terme,
11:33on n'est pas producteur
11:35d'énergie au niveau européen,
11:37on est un portateur net.
11:38Donc, inévitablement,
11:39ce qu'il va y avoir,
11:40c'est un transfert de richesse
11:41des pays européens
11:42qui sont importateurs
11:43vers les pays exportateurs.
11:45Donc, il y aura une perte
11:46pour les Européens,
11:47une perte de richesse.
11:49Donc, après, la question,
11:50c'est est-ce qu'on essaye
11:51de limiter les dégâts ?
11:52Donc, on peut essayer
11:53de limiter les dégâts
11:54pour les ménages
11:55les plus modestes,
11:56mais on sait très bien
11:56que c'est difficile
11:57parce que dès que vous touchez
11:58les ménages les plus modestes,
11:59il y a tout de suite un débat
12:00sur pourquoi les travailleurs,
12:02par exemple,
12:03ou les classes moyennes
12:05ne sont pas touchées.
12:07Donc, la tentation politique
12:09assez légitime,
12:09c'est en fait
12:10d'arroser tout le monde,
12:12entre guillemets.
12:12Et ça nous a coûté très cher.
12:13Et ensuite,
12:14il y a un autre débat
12:15qui est parallèle,
12:16c'est est-ce que vous favorisez
12:17les entreprises,
12:18vous aidez les entreprises
12:19et quel type d'entreprise ?
12:21Et donc là, le risque...
12:23Alors, moi,
12:23je vous arrête là tout de suite,
12:24Thomas Grévin.
12:24Il y a une question
12:25hyper importante là-dedans,
12:27c'est est-ce qu'on protège
12:28les ménages ?
12:28Le premier choix,
12:29est-ce qu'on protège
12:30les ménages,
12:31les consommateurs
12:31ou est-ce qu'on protège
12:33d'abord et avant tout
12:33le tissu productif ?
12:35Nathalie Jansson.
12:36Alors, pour ce qui est
12:37de la protection...
12:38On n'a pas les moyens
12:38de faire les deux, je pense.
12:39Non, et de toute façon,
12:40voilà, pour être encore plus cash,
12:42moi, je ne ferais ni l'un ni l'autre.
12:44Donc là, je serais vraiment
12:44très désagréable
12:49avec tout le monde.
12:49Mais il est vrai que
12:50quand on regarde un peu,
12:51quand on prend un peu de recul
12:52et des perspectives,
12:53il faut bien voir que quand même,
12:55à l'époque du choc pétrolié 73,
12:56ça a été un vrai choc
12:58de pouvoir d'achat sur les ménages.
13:00Et là, on parlait,
13:01par exemple,
13:01un plein de carburant,
13:02c'est à peu près 16 fois le SMIC.
13:04Aujourd'hui, c'est 8.
13:06Alors bon, c'est vrai
13:07que ce n'est pas pour ça
13:07que les gens seront plus contents.
13:09Mais voilà,
13:10et il y a un prix à tout.
13:11C'est-à-dire que,
13:12effectivement,
13:12les prix fluctuent,
13:13c'est un fait.
13:14Donc, le fait que
13:15on ait ce choc
13:17à un moment donné,
13:17c'est désagréable.
13:18Effectivement,
13:19il faut s'adapter.
13:20Ce que vous nous dites,
13:20c'est que le pétrole
13:21coûte aujourd'hui
13:21beaucoup moins cher
13:22qu'il y a 50 ans.
13:28c'est réduit
13:28parce qu'on a des véhicules
13:29qui sont beaucoup plus économes.
13:31Enfin, voilà,
13:32il y a un ensemble de choses.
13:33Maintenant,
13:34effectivement,
13:34en économie de marché,
13:35les prix fluctuent
13:36sont un signal.
13:37En fait,
13:37ça permet de s'adapter.
13:39Le fait d'avoir
13:39une récurrence
13:40avec de la dépendance,
13:42avec des prix
13:43qui augmentent régulièrement,
13:44va peut-être,
13:45effectivement,
13:45faire réfléchir
13:46certains des automobilistes
13:47pourront se dire...
13:48C'est assez efficace.
13:49Voilà, exactement.
13:49Peut-être que, finalement,
13:50on va peut-être aller
13:52sur, effectivement,
13:53de la voiture électrique
13:54plus qu'avant
13:54parce qu'on se rend compte
13:55que ça devient problématique.
13:57Donc, en fait,
13:57il ne faut pas casser
13:58cet indicateur
13:59parce qu'en fait,
14:00il va empêcher l'adaptation.
14:01Donc, en fait,
14:02on va toujours se retrouver
14:03exactement devant
14:04le même problème
14:04à chaque fois.
14:05Donc, à un moment donné,
14:06effectivement,
14:06il faut savoir faire
14:08encaisser les prix.
14:09Nathalie Jansson est en train
14:10et à deux doigts
14:10de nous dire
14:11vive la crise.
14:11C'est ce qui va nous faire
14:12accélérer la transition énergétique.
14:14Thomas Grébine.
14:16Moi, je ne suis pas d'accord
14:17du point de vue industriel.
14:18C'est-à-dire,
14:19ce qu'on voit, par exemple,
14:19en Allemagne,
14:20c'est que depuis 2020,
14:21les secteurs intensifs
14:23en énergie,
14:24la baisse de la production,
14:26ça correspond à 20-30%
14:27selon les secteurs.
14:28Donc, c'est quand même
14:28une catastrophe
14:29ce qui se passe
14:30d'un point de vue industriel
14:31en Allemagne.
14:32Vous avez évoqué
14:33au début de notre débat
14:35la question
14:36de la perte de compétitivité
14:37de l'industrie européenne.
14:38Mais ça,
14:38c'était une perte
14:39de compétitivité
14:41avant même
14:42cette guerre en Iran.
14:43Donc là,
14:43on est quand même
14:44dans une situation
14:45pour l'industrie européenne,
14:46pour la création
14:47de valeurs
14:48en Europe
14:49qui est très, très...
14:50Vous tirez la sonnette d'alarme ?
14:51Oui, je tire la sonnette d'alarme
14:52parce qu'on a
14:53peu de marge de manœuvre,
14:54on a une industrie
14:55qui est déjà
14:57fortement fragilisée
14:57et donc là,
14:58c'est un peu
14:59le dernier clou
15:01dans le cercueil.
15:02Enfin, pour moi,
15:03c'est vraiment
15:03le risque aujourd'hui,
15:05c'est que
15:06qu'est-ce qui va devenir
15:07l'acier demain en Europe,
15:09la chimie en Europe ?
15:10Si la chimie part,
15:12est-ce que la pharmacie
15:13ne va pas partir ?
15:14C'est-à-dire,
15:14c'est véritablement
15:15les chaînes de valeurs
15:16qui risquent
15:16de partir ailleurs.
15:18Et donc, moi,
15:19le discours sur
15:20la destruction créatrice,
15:22je pense que c'est important
15:23mais en même temps,
15:24je pense que c'est
15:25des secteurs clés
15:26de notre activité
15:27qui sont aujourd'hui menacés
15:28et donc,
15:29il va falloir,
15:30je pense,
15:30quand même prioriser
15:31pour les rares marges
15:32de manœuvre qu'on aura,
15:33il faudra prioriser
15:34et essayer à tout prix
15:35de préserver
15:36notre produit.
15:37Alors, vers qui ?
15:37On en terminera par là
15:38avant de passer
15:39à la question de l'inflation,
15:40évidemment,
15:40mais les secteurs prioritaires,
15:41c'est quoi ?
15:42On parle beaucoup
15:42des transporteurs,
15:44ça semble assez logique,
15:45mais des pêcheurs
15:46en ce moment
15:47qui sont un peu
15:48les deux secteurs
15:48qui sont les premiers
15:49à taper à la porte
15:51du guichet étatique
15:52en général, Ludovic.
15:53Oui, on va dire
15:54que c'est les énergo-intensifs,
15:56c'est évidemment
15:58qu'ils sont très dépendants,
15:59mais quand on descend
16:00en profondeur,
16:00ça pose des questions
16:01sur l'agriculture
16:02qui est extrêmement dépendante
16:03au plan énergétique,
16:05évidemment sur les industries lourdes
16:06que citait Thomas.
16:08Après, sur cette partie carbone,
16:11la position de la France
16:12qui est médium,
16:13on va dire,
16:13par rapport au bloc
16:14que vous identifiez
16:15et qui est en train
16:16d'évoluer quand même
16:17sur le fait de dire
16:17qu'il va falloir assouplir,
16:19il y a quelque chose
16:21qui doit illustrer,
16:23qui montre
16:24que l'Europe
16:24n'est pas à la hauteur
16:25du débat
16:25qui est en train
16:26d'accélérer
16:26sous nos yeux
16:27chaque jour
16:28depuis trois semaines,
16:29c'est que seulement
16:305% du marché
16:32de la taxation carbone
16:34sert aujourd'hui
16:35à financer
16:36de l'innovation
16:37en Europe
16:37industrielle.
16:38C'est-à-dire,
16:38c'est une question
16:39de fléchage,
16:40en fait.
16:40C'est-à-dire que l'Europe
16:43incite des secteurs
16:44sur des temps longs
16:45à faire des virages
16:46sur lesquels,
16:47par ailleurs,
16:47l'argent n'est pas redistribué
16:49pour pousser l'innovation.
16:50Qu'est-ce qu'on fait
16:50du reste de l'argent ?
16:52Essentiellement,
16:52il va appartenir
16:53dans d'autres programmes,
16:54je n'ai pas la ventilation
16:54en tête,
16:55mais il va appartenir
16:55dans d'autres programmes,
16:56mais qui ne sont pas
16:57des programmes
16:58qui servent l'innovation
16:59parce qu'il y a
17:00un moteur d'innovation
17:02aujourd'hui
17:02qui est nécessaire.
17:03On parlait tout à l'heure
17:04de l'exemple
17:04du secteur automobile,
17:06mais c'est toute
17:07une panoplie aujourd'hui
17:08sur laquelle l'Europe
17:09est en zone de fragilité.
17:11C'est-à-dire que
17:12ce n'est pas juste
17:13dire aujourd'hui
17:14que l'Europe
17:15doit s'électrifier.
17:15C'est tout un virage
17:17qu'il faut accompagner
17:19avec des choix lourds,
17:20des choix sur lesquels
17:21il faut qu'il y ait
17:22des incitations fiscales
17:23et pas juste
17:24des incitations fiscales
17:25qui partent par le haut,
17:26en fait,
17:27par le marché carbone.
17:28C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
17:30l'Europe est en retard
17:31sur les batteries.
17:32C'est un exemple
17:33très clair et évident.
17:35On avait 15 ans
17:36pour se préparer
17:37sur les batteries.
17:38On n'a pas été capable
17:38de prendre ce virage-là
17:40et aujourd'hui,
17:40on est dépendant,
17:41honnêtement,
17:42de l'Asie sur les batteries.
17:43Thomas,
17:43une réponse de Thomas Grébine
17:44et puis je voudrais
17:44qu'on parle d'inflation
17:45et de la BCE
17:46qui doit s'exprimer
17:46dans quelques heures.
17:47Là, il y a un risque
17:49supplémentaire.
17:50Il faut s'électrifier
17:51mais il ne faut pas
17:52s'électrifier
17:52avec des technologies chinoises.
17:54C'est-à-dire qu'il ne faut pas
17:54refaire à nouveau
17:55les erreurs qu'on a faites
17:56depuis qu'un an.
17:57Ça, c'est la préférence européenne.
17:58Oui, mais enfin...
18:00Sur la table.
18:00Mais on a bien vu
18:02sur les panneaux solaires,
18:03de nouveau,
18:03ce discours sur le consommateur.
18:05À court terme,
18:05vous avez intérêt
18:06à importer des voitures chinoises,
18:09des panneaux solaires chinois.
18:11En même temps,
18:11s'ils sont moins chers
18:12et de meilleure qualité,
18:13le résultat, c'est que
18:14la production de panneaux solaires
18:16en Europe a disparu.
18:17Sur les batteries,
18:18en effet, on n'est pas compétitifs,
18:20on n'a pas les bonnes technologies
18:21et donc le risque,
18:22c'est que ce soit
18:23des batteries chinoises.
18:24Sur les véhicules électriques,
18:26c'est la même chose.
18:27Et si c'est 1 500 à 3 000 euros
18:29de gain de pouvoir d'achat
18:29pour le consommateur français ?
18:31Oui, ce sera...
18:31Comme on l'estime aujourd'hui.
18:32Ce sera un gain à court terme
18:34mais notre industrie
18:36risque de disparaître
18:37à moyen terme.
18:38Je vois Nathalie Jansson
18:40faire les gros yeux.
18:42Nathalie, la réponse.
18:43La réponse à Thomas Grébine.
18:44Parce qu'en fait,
18:45cet argent qu'il gagnait,
18:47effectivement,
18:48normalement,
18:48profite aussi
18:49à des activités autres.
18:51C'est tout.
18:51Après, le savoir...
18:52Mais sur le grand débat libéral
18:53contre le protectionnisme.
18:55Exactement.
18:55Et effectivement,
18:56sans doute
18:57qu'un des problèmes majeurs
18:58de la France,
18:59en particulier de l'Europe,
19:01de façon peut-être
19:02moins accentuée,
19:04c'est la problématique
19:05d'avoir la capacité
19:07d'entreprendre
19:08et de développer.
19:09C'est-à-dire qu'effectivement,
19:10je comprends bien
19:11quand une activité
19:12est exposée à la concurrence,
19:13effectivement,
19:14elle va se retrouver,
19:14elle va baisser au fur et à mesure,
19:16elle va peut-être disparaître.
19:18Ce n'est pas grave
19:19si autre chose naît,
19:21s'il y a d'autres choses
19:21qui se développent.
19:22Est-ce qu'il n'y a pas
19:22un sujet de concurrence faussé,
19:24Nathalie Jansson,
19:25avec les aides d'État,
19:27avec le dumping chinois ?
19:28Mais ça,
19:29on ne va pas le remettre en cause.
19:30Le livre de concurrence,
19:31c'est l'Eventry Field aussi,
19:32comme on dit en mauvais français.
19:33Exactement,
19:34en mauvais français,
19:34c'est ce qu'on dira,
19:35mais on ne va pas aller...
19:37Les Chinois ont permis
19:39des gains énormes
19:40au niveau de l'Europe.
19:41Donc, effectivement,
19:42on peut le regretter,
19:43mais à ce moment-là,
19:44il ne fallait pas admettre
19:44la Chine
19:45dès le début
19:46dans l'OMC.
19:47Il fallait effectivement
19:48le mettre à la porte
19:49dès le début.
19:50On savait ce que la Chine
19:52allait faire.
19:53Donc, dans ce cas-là,
19:54maintenant,
19:55la Chine est là,
19:55ce n'est pas la peine
19:56d'aller contre.
19:58Il faut juste,
19:58effectivement,
19:59permettre aux entreprises
20:01françaises et européennes,
20:02de pouvoir justement s'adapter.
20:04Bon, allez,
20:05on ne va pas relancer
20:05le débat des 30%
20:06de droits de douane
20:07qu'avaient proposé
20:08Thomas Grébin
20:09et d'autres économistes
20:10dans un rapport
20:10du Haut-Commissariat
20:12au plan.
20:12Je voudrais qu'on parle
20:13un tout petit peu
20:13politique monétaire
20:15avant la pause.
20:17La BCE doit s'exprimer
20:18tout à l'heure.
20:20Cette semaine,
20:21c'est le Festival de Cannes
20:22des banques centrales.
20:22Ça a commencé
20:24avec la Banque d'Australie
20:26lundi.
20:26C'est la Fashion Week
20:28des banques centrales.
20:29C'est la Monetary Week.
20:32Est-ce qu'il faut réagir ?
20:33Est-ce qu'il faut
20:34d'ores et déjà réagir ?
20:35On est à 20 jours
20:36de conflit seulement.
20:37Alors,
20:37on voit le baril
20:38qui a plus de 115 dollars
20:40le Brent maintenant.
20:42Mais,
20:43Ludovic de Sauté,
20:43qu'est-ce qu'on attend
20:44de la BCE cet après-midi ?
20:45D'abord,
20:46on attend du self-control,
20:48ce qui est important
20:49dans cette période-là.
20:50Donc,
20:50on reste calme.
20:51C'est un peu
20:51la position de la fête d'hier.
20:53C'est-à-dire,
20:53bon,
20:54ok,
20:54pas de détente sur les taux,
20:55on ne bouge pas,
20:56mais on est attentif.
20:57Parce que c'est vrai
20:57que les réactions,
20:59on est dans une spirale
21:01où tout peut s'amplifier.
21:03Et donc,
21:03c'est le rôle
21:04des banques centrales.
21:05Maintenant,
21:06j'allais dire,
21:06les scénarios
21:07sur lesquels
21:07on tablait tous ensemble
21:09en début d'année,
21:11une baisse,
21:12deux baisses,
21:12et tout ça,
21:13là,
21:13tout est suspendu.
21:14C'est-à-dire qu'on ne sait pas
21:15vraiment l'orientation
21:16et,
21:17j'allais dire,
21:17c'est plus juste
21:18l'opposition entre Powell
21:20et Vettrum
21:20qui est en train de se jouer.
21:21C'est-à-dire que là,
21:22quel que soit le successeur
21:23de Powell,
21:24il aura des paramètres
21:25probablement à gérer
21:25qui vont être
21:26radicalement différents.
21:28Donc,
21:28on est attentif aux commentaires.
21:30On voit quand même
21:31que,
21:31là,
21:31on a cité les grandes banques centrales
21:32qui sont les plus attendues
21:33cette semaine.
21:34La Fed,
21:34c'était hier,
21:35BCE,
21:35aujourd'hui,
21:36le Japon et autres.
21:37Il y a d'ores et déjà
21:38des pays qui bougent.
21:39La Banque centrale australienne
21:41a bougé hier.
21:42C'est la première à avoir bougé.
21:43C'est la première à bouger.
21:43Alors,
21:44on est sur du local,
21:45on est sur l'Océanie
21:46fortement impacté.
21:48L'Asie et l'Océanie
21:49sont beaucoup plus impactés
21:50que nous.
21:51Mais on voit
21:51que les paramètres de vol
21:52sont en train de changer
21:53radicalement
21:53pour toutes les banques centrales.
21:55Oui.
21:55Nathalie Jansson,
21:56est-ce qu'il faut réagir
21:57tout de suite
21:58ou est-ce qu'on attend
21:59pour l'instant ?
22:00Je vais continuer
22:01à être désagréable.
22:03Il n'y a pas de problème.
22:04On est là pour ça.
22:05En fait,
22:07les réactions de ce type,
22:09je ne vais pas revenir
22:09encore là-dessus,
22:11je vais me faire traiter
22:11de sale monétariste.
22:13Mais en fait,
22:13l'inflation,
22:14si les banques centrales
22:15n'ont pas injecté
22:16comme elles l'ont fait
22:17en 2020...
22:17Il y a des insultes
22:18qu'on n'entend que sur BFM.
22:20Sale monétariste !
22:22Eh bien,
22:22je suis sans doute
22:23trop bête pour comprendre.
22:24Mais je pense qu'en fait,
22:25il n'y aura pas de tension
22:26sur les prix majeurs
22:28dans un premier temps.
22:29Néanmoins,
22:29comme il y a toujours
22:30des liquidités surabondantes
22:31en plein d'endroits,
22:32ce n'est pas sûr non plus.
22:33Et pour être
22:34complètement désagréable,
22:36je dirais même
22:36que de toute façon,
22:37si le conflit s'intensifie,
22:39de toute façon,
22:39ça se terminera
22:40en quantitative easing.
22:41Parce qu'un conflit
22:42dans les guerres,
22:43vous pouvez regarder
22:44tous les épisodes de guerre,
22:45les guerres se terminent
22:46toujours par de l'inflation
22:48parce que tout simplement,
22:49le rythme de dépense
22:50est tel
22:51que les marchés
22:52ne peuvent pas absorber
22:53les obligations
22:54et que de toute façon,
22:55elles finissent
22:55à la banque centrale
22:56de façon directe ou indirecte.
22:57Donc, de toute façon,
22:58les guerres, souvent,
22:59c'est monétisé
23:00et ça finit en inflation.
23:01Bon, c'est la banque centrale
23:02qui paiera la facture au final.
23:04Vous êtes d'accord avec ça,
23:04Thomas Grébine ?
23:05Est-ce que vous êtes
23:06un sale monétariste,
23:07Thomas Grébine ?
23:08J'ai beaucoup de défauts,
23:09je ne suis pas sûr
23:10que celui-là...
23:13Je dirais qu'on considérait
23:14déjà que la politique
23:15de la BCE monétaire
23:17était trop restrictive
23:19et que ça,
23:20ça pénalisait
23:20la croissance européenne
23:22qui est beaucoup plus faible
23:23qu'aux États-Unis
23:24et évidemment...
23:27Où les taux sont plus élevés
23:28qu'en Europe,
23:29par ailleurs.
23:33Mais là,
23:34c'est vrai
23:34qu'il y a un dilemme
23:35encore plus important
23:36pour la BCE
23:39parce que,
23:39d'une part,
23:40c'est de l'inflation importée.
23:41Donc,
23:42à première vue,
23:43la BCE
23:44ne peut rien faire
23:46face à de l'inflation importée.
23:47Le fait qu'elle augmente
23:48ses taux,
23:49ce n'est pas ça
23:50qui va réduire
23:51le prix du pétrole
23:52ou le prix du gaz.
23:54En tout cas,
23:54pas directement.
23:56On a un choc de prix,
23:57Thomas Grébine,
23:57mais est-ce que c'est
23:58de l'inflation ?
23:59La définition de l'inflation,
24:00est-ce que ce n'est pas
24:01quand il y a une boucle
24:02hausse des prix salaires
24:03qu'on ne voit pas
24:04pour l'instant ?
24:05Ça,
24:05c'est la grande crainte
24:06traditionnelle
24:07de la BCE,
24:09c'est-à-dire que
24:10ces hausses de prix
24:11de l'énergie
24:12vont se répercuter
24:13ensuite sur l'économie
24:15via des hausses de salaires
24:16et via les anticipations.
24:18Mais ce n'est pas
24:18notre premier choc pétrolier,
24:19là ?
24:19Qu'est-ce qu'on a vu précédemment ?
24:20Quelle leçon
24:21on peut tirer
24:22des épisodes précédents ?
24:24En partie,
24:25ça a lieu,
24:26c'est-à-dire notamment
24:26via les services,
24:28vous avez des hausses
24:29de prix
24:30lors du choc énergétique,
24:32c'est ça qui s'était passé,
24:33c'est-à-dire que
24:33la crise énergétique
24:35avait conduit
24:36à des hausses de prix
24:37nourries
24:37par les secteurs
24:39non exposés
24:40à la concurrence
24:42internationale.
24:43Mais malgré tout,
24:44il y avait un choix
24:45qui avait été différent
24:46entre les États-Unis
24:47et l'Europe.
24:48L'Europe a une politique
24:49plus restrictive
24:50relativement à la croissance
24:53européenne
24:53et aujourd'hui,
24:54on voit bien
24:54que ce débat
24:55va à nouveau se poser,
24:56c'est-à-dire que la BCE
24:57risque d'être
24:58très frileuse
24:59et en même temps,
25:00vous pouvez dire
25:00que si vous relancez
25:02la demande,
25:02ce n'est pas un très gros risque
25:04pour la BCE,
25:05ça va augmenter
25:07la consommation énergétique
25:08et donc ça va mettre
25:09plus de pression
25:10sur les prix.
25:13Mais bon.
25:14Alors,
25:15pour rebondir,
25:16en fait,
25:16quand on regarde
25:17le choc,
25:17le fameux choc pétrolier,
25:18les années 70,
25:19parce que c'est toujours
25:20celui de référence,
25:21c'était bien,
25:22en fait,
25:23ça s'est manifesté
25:25par les prix du pétrole
25:26mais en fait,
25:26ça a été entretenu
25:27par l'énorme augmentation
25:30de la quantité de monnaie,
25:32c'est-à-dire
25:33des déficits publics
25:34liés aux guerres,
25:36notamment aux États-Unis
25:36avec la guerre du Vietnam.
25:37En fait,
25:38ce n'était que le résultat
25:39d'une politique monétaire
25:40expansionniste
25:41et après,
25:42effectivement,
25:42ça s'est allé
25:44dans les prix du pétrole
25:44et ça a contaminé,
25:46c'est allé effectivement
25:46sur les salaires
25:47parce qu'à l'époque,
25:48on avait des boucles
25:48prix-salaire,
25:49on a bien vu qu'en 2022,
25:50on n'a pas eu cette boucle.
25:51On est d'accord
25:51que ça a été super mal géré,
25:53les chocs pétroliers à l'époque
25:54et qu'on n'a pas réitéré
25:56les mêmes erreurs.
25:56Alors,
25:57quand on regarde 2022,
25:58à nouveau,
25:59on est après,
26:00en fait,
26:02ce quantitative easing
26:03énorme de 2020,
26:04c'est-à-dire
26:04qu'on a distribué de l'argent
26:05alors qu'il ne se passait rien
26:06dans l'économie,
26:07donc à nouveau,
26:08c'est bien la monnaie
26:09qui a précédé le choc.
26:10Et là,
26:11la création monétaire,
26:12on n'est pas dans une phase
26:13de création monétaire
26:14ou de production
26:14de crédits majeurs.
26:15Non,
26:16en tout cas,
26:16on n'a pas fait un 2020
26:18là pour le moment.
26:19Alors,
26:19effectivement,
26:20pour ceux qui trouvent
26:21que 2020 a été trop,
26:22on se demande,
26:23les liquidités
26:24n'ont pas été totalement asséchées,
26:26donc elles sont toujours
26:27quand même là,
26:27mais de là à avoir
26:28une situation similaire,
26:30non.
26:30Et de toute façon,
26:31on le verra bien,
26:31les premiers prix
26:32qui réagissent,
26:33on fera regarder
26:34les prix à la production
26:35puisque c'était ceux-là
26:36qui avaient déjà commencé
26:37à beaucoup augmenter
26:38et qui s'étaient ensuite traduits.
26:40À nouveau,
26:40après,
26:41on n'a pas tellement eu
26:42de boucle prix-salaire.
26:43En fait,
26:43ça a surtout été
26:43au niveau de l'offre
26:45et ce choc d'offre
26:46avait été entretenu
26:46par le goulet d'étranglement
26:48post-Covid.
26:49C'est-à-dire qu'on n'avait plus
26:50assez de biens disponibles
26:51parce que la Chine,
26:52eh bien,
26:52en fait,
26:52ne vendait plus à l'extérieur.
26:54Alors,
26:54effectivement,
26:55les prix des services,
26:56c'est ceux qui réagissent le plus
26:57parce qu'ils ne bénéficient pas
26:59de cette concurrence internationale
27:00et donc de la baisse des prix.
27:01Et c'est vrai qu'aujourd'hui,
27:03parler d'inflation est compliqué
27:04puisqu'en fait,
27:05on pourrait même se dire
27:05que le prix des biens
27:06et des services
27:07n'est plus un bon indicateur
27:08parce qu'il y a trop de biens.
27:09Pourquoi ça ?
27:10Parce qu'en fait,
27:11de façon,
27:12l'offre de biens et services
27:13est tellement importante aujourd'hui
27:15grâce à la globalisation
27:16que finalement,
27:17on a une tendance
27:17à la baisse des prix majeurs
27:20qui cachent en fait
27:21les augmentations.
27:22Vous anticipez parfaitement
27:23ma prochaine question,
27:23Nathalie Jansson,
27:24qui est
27:25est-ce qu'on n'arrive pas
27:26en réalité
27:28vers une période
27:30déflationniste
27:30avec 300 millions
27:32de jeunes asiatiques
27:33qui vont arriver
27:34très bientôt
27:34sur le marché du travail
27:36bien moins payés que nous
27:37quand de partout
27:39vous allez en plus
27:40avoir l'intelligence artificielle
27:42qui risque de balayer,
27:43on en parlera tout à l'heure,
27:45quelques millions de jobs
27:47de partout
27:48autour du monde.
27:50Donc,
27:50contrairement à ce qu'on entend beaucoup,
27:52est-ce que le risque
27:52n'est pas davantage déflationniste
27:55à moyen terme
27:56qu'inflationniste
27:57du fait de la hausse du baril ?
27:59Eh bien,
27:59c'est une question
28:00effectivement qui se pose.
28:01En tout cas,
28:02ça ne voudrait pas dire
28:03qu'il n'y a pas d'inflation
28:03parce qu'en fait,
28:04souvent on la retrouve
28:05sur les marchés financiers
28:06par exemple
28:06et c'est pareil,
28:07c'est des choses
28:08qui ne sont pas prises en compte
28:09correctement.
28:10Il y a des académiques
28:11qui travaillent sur cette question
28:13mais c'est vrai qu'aujourd'hui
28:14on peut se demander
28:14la pertinence
28:16de regarder les prix
28:17à la consommation
28:17comme étant l'unique indicateur
28:18parce qu'en réalité,
28:20quand on regarde,
28:21les prix des biens et services
28:22exposés à la concurrence internationale
28:24ont un train de baissier
28:25et ça ne va pas être mis en cause.
28:26Les prix des services
28:27sont les premiers à augmenter
28:28parce qu'effectivement,
28:29eux,
28:29ils ne sont pas exposés
28:30à la concurrence internationale.
28:32Conclusion,
28:33effectivement,
28:33c'est souvent le prix
28:34des actifs et de l'immobilier
28:35qui va être un bon indicateur
28:37de la vraie inflation.
28:38Ah oui,
28:39vous nous proposez
28:39un grand grenelle
28:40de l'indice
28:41des prix à la consommation finalement.
28:45Juste une remarque,
28:46c'est que je pense que
28:46évidemment la question
28:47de l'inflation
28:47elle est posée sur la table
28:49et c'est un peu difficile
28:50de commenter en direct
28:51mais je pense que
28:52sur le chemin de l'inflation
28:53il y a une première question
28:54qu'on va croiser
28:55qui va être beaucoup plus rapide
28:56c'est celle du pouvoir d'achat
28:57et donc de la conso.
28:59Ça c'est la question politique
29:01qui se pose
29:01dans la question politique
29:02mais c'est la question
29:03qu'on va,
29:03je crains malheureusement
29:05énormément commenter
29:06D'ici 2027
29:08qu'est-ce que vous vous entendez ?
29:09Et qui va se poser
29:10probablement
29:10très très rapidement
29:11avant même cette logique
29:13ou pas de perception
29:14de l'inflation
29:15parce qu'on était déjà
29:16sur quelque chose
29:17d'un chemin un peu compliqué
29:18vu de France
29:19dans une année
29:20enfin on va rentrer
29:21dans un cycle présidentiel
29:23cette question va être
29:25lourde
29:25très très aiguë
29:27un dernier tour de table
29:28oui non
29:29question courte
29:30réponse courte
29:30est-ce qu'il faut aider
29:31les ménages à la pompe
29:32Thomas Grébine ?
29:33Non je pense pas à court terme
29:35Nathalie Jansson ?
29:36Non pas du tout
29:36Ludovic de Sauté ?
29:37Pas les moyens
29:37L'unanimité !
29:39Allez on se retrouve
29:39dans une minute
29:40ne quittez pas
29:41on va parler tech
29:42on va parler 28ème régime
29:44d'entreprise au niveau européen
29:45est-ce que c'est un game changer ?
29:47Et puis il y a
29:48menace majeure
29:49sur l'emploi en France
29:505 millions d'emplois menacés
29:53c'est la dernière étude
29:53de la COFAS
29:54à tout de suite
30:01BFM Business et la Tribune
30:03présente
30:04les experts
30:05Raphaël Legendre
30:07Allez on est de retour
30:08pour la seconde partie
30:09de l'émission
30:09avec toujours
30:10autour de la table
30:11Thomas Grébine
30:12Nathalie Jansson
30:13et Ludovic de Sauté
30:14on va parler
30:16tech de manière
30:17un peu détournée
30:18au sens large
30:19en tout cas
30:19dans la seconde partie
30:20de l'émission
30:22je voulais qu'on revienne
30:23d'abord sur cette présentation
30:25hier ça fait un moment
30:26qu'on en parle sur l'antenne
30:27de BFM Business
30:28mais je trouve qu'on n'est pas
30:29assez rentré dans le détail
30:31de ce que représente
30:32ce 28ème régime
30:35juridique
30:35d'entreprise
30:37la tech européenne
30:38l'attendait avec impatience
30:40et la commission
30:41l'a présenté
30:42hier
30:43un 28ème régime
30:44qui vient donc
30:45s'ajouter
30:45aux 27 cadres
30:47nationaux
30:47existants
30:49l'objectif
30:50cette facilité
30:51l'objectif très clairement affiché
30:52cette facilité
30:53la création
30:54de start-up
30:55en Europe
30:55et éviter
30:56qu'elle file
30:57notamment
30:57aux Etats-Unis
30:59je commence avec vous
31:00Nathalie Jansson
31:01quelles sont d'abord
31:02les caractéristiques
31:03de ce nouveau
31:05régime européen
31:06qu'est-ce que ça change
31:07effectivement
31:08ça change
31:09dès lors
31:11on a
31:11cette fameuse
31:14création
31:14dans un pays
31:15et on va pouvoir
31:16la passeporter
31:17dans les autres
31:17donc en fait
31:18c'est ça
31:19donc on n'est pas obligé
31:20à chaque fois
31:21qu'on veut
31:22ouvrir
31:23créer une autre entreprise
31:25dans un autre des pays
31:26de s'adapter
31:26il n'y aura plus
31:27d'adaptation
31:28au régime spécifique
31:29du droit local
31:30puisqu'on se sera
31:31mis d'accord
31:32sur un régime
31:33d'ouverture d'entreprise
31:35il me semble
31:35qu'on n'a pas
31:36le même régime
31:36des faillites
31:37on n'a pas
31:37la même fiscalité
31:38on n'a pas
31:39le même droit social
31:40on n'a pas
31:41le même temps de travail
31:42selon les pays
31:43donc qu'est-ce que ça change
31:45très concrètement
31:46Thomas Grébine
31:46c'est pour un segment
31:48en effet
31:49ce que vous avez dit
31:50c'est pour les start-up
31:51et c'est surtout
31:53pour que ces start-up
31:54puissent grossir
31:55et qu'elles ne soient pas
31:56rachetées par des entreprises
31:57américaines
31:58ou qu'elles aillent
31:58directement
31:59aux Etats-Unis
32:00donc l'idée
32:01c'est de partir
32:01directement
32:02sur une échelle
32:03européenne
32:04et donc ce serait
32:05un statut
32:06qui serait
32:07volontaire
32:08où en effet
32:09vous créez une start-up
32:10en France
32:10vous pouvez beaucoup
32:11plus facilement
32:12ensuite
32:12créer une filiale
32:14en Allemagne
32:15on déréglemente
32:17un certain nombre
32:19de règles
32:19notamment pour favoriser
32:20les faillites
32:21avec l'idée que
32:22si on favorise
32:22les faillites
32:23vous pouvez ensuite
32:24repartir
32:25plus facilement
32:26et donc ça veut dire
32:27qu'on aura la même règle
32:28de partout
32:29au sein de l'Union Européenne
32:31c'est là où c'est plus ambigieux
32:32c'est-à-dire qu'il y a
32:33certaines caractéristiques
32:35par exemple sur les faillites
32:36ça va être négocié
32:37il y aura un statut particulier
32:38mais ensuite
32:39ce sera les tribunaux
32:40enfin les nationaux
32:42qui décideront un peu
32:43de la jurisprudence
32:44donc là aussi
32:45une règle
32:4627 applications
32:47c'est un peu ça
32:48c'est le risque
32:49c'est pour ça
32:50que ça va être pris
32:51par un règlement européen
32:52pour que
32:53en tout cas la règle
32:54soit la même
32:55pour tout le monde
32:56mais ensuite
32:56quand il y aura des problèmes
32:58ce sera les juridictions nationales
33:01qui feront des interprétations
33:03qui en effet
33:04peuvent être différentes
33:05donc ça va dans le bon sens
33:07parce que
33:08c'était notamment
33:08une préconisation
33:09du rapport Draghi
33:11pour essayer
33:11d'harmoniser
33:14ce marché européen
33:15de permettre
33:16justement aux entreprises
33:17européennes
33:18d'avoir un marché
33:20plus important
33:21sur le modèle
33:23américain
33:24mais voilà
33:25maintenant
33:25on va voir
33:26qu'est-ce qui va
33:27qu'est-ce qui exactement
33:29sera
33:30dans ce texte
33:31et en effet
33:32il y a un moment
33:33ça va rentrer
33:34en contradiction
33:34avec les législations
33:36fiscales nationales
33:38qui restent divergentes
33:39avec les législations
33:40sociales nationales
33:41et puis avec
33:42simplement le droit
33:43des sociétés
33:44qui n'est pas le même
33:44d'un pays à l'autre
33:46on n'a jamais réussi
33:46à mettre en place
33:47un impôt sur les sociétés
33:49européennes
33:49on a même essayé
33:50juste au niveau
33:51franco-allemand
33:52on n'a jamais réussi
33:53depuis 20 ans
33:54en Europe
33:54à le faire
33:55très concrètement
33:56comment ça va fonctionner
33:57cette création
33:58il y a quand même
33:58de bonnes nouvelles
33:59c'est assez agile
34:01non ?
34:01si on peut créer
34:02une société
34:02en moins de 48 heures
34:03moi je trouve
34:04ça pas mal
34:05il y a des bonnes nouvelles
34:06et c'est une forme
34:06de déchet unique
34:07de passeportisation
34:09des idées
34:09moins de 48 heures
34:12pour moins de 100 euros
34:13sans capital minimum
34:14pas mal non ?
34:16c'est pas mal
34:16mais je vais vous décevoir
34:18je vais vous refroidir
34:19d'abord
34:20ça dénote le rythme
34:22c'est même pas un escargot
34:23c'est de l'imace
34:24à laquelle va l'Europe
34:26les start-up
34:27ça date du début de ce siècle
34:28c'est-à-dire qu'on intervient
34:29un quart de siècle
34:30après l'éclosion des start-up
34:32premier constat
34:33mais il faut se le dire
34:34quand même
34:34on est en 2026
34:36on réagit
34:36mieux vaut tard que jamais
34:38dites-on
34:38oui
34:38et on est rentré
34:41dans des start-up
34:42qui s'appelaient
34:43au début des années 2000
34:44Google ou autres
34:45sont devenus depuis
34:46des géants
34:47des GAFAM
34:47donc première règle
34:48c'est que ça m'inquiète
34:50quand même
34:50sur la rapidité européenne
34:52qui est toujours pas
34:52dans le tempo
34:53et je dis ça
34:55avec un attachement européen
34:56c'est-à-dire que
34:57honnêtement
34:57c'est pas pour faire un procès
34:58puis la deuxième chose
35:00je vais vous faire un parail
35:01à Raphaël
35:02c'est comme quand on va au cinéma
35:02pour l'instant
35:03la bande annonce
35:04peut être sympa
35:05honnêtement
35:05ok
35:06on va créer un statut
35:07mais j'attends
35:08c'est de l'affichage
35:09j'attends de voir le film
35:12j'attends de voir le film
35:13parce que
35:13et quand est-ce qu'on voit
35:14le film d'ailleurs
35:15d'abord il va falloir
35:15la transposition
35:16parce qu'il va falloir discuter
35:18avec les notaires allemands
35:18il va falloir discuter
35:19avec les notaires des Pays-Bas
35:21il va falloir comprendre
35:22entre Bercy
35:23et je sais pas qui
35:23je sais pas qui
35:24comment tout ça va atterrir
35:26et c'est pas parce qu'on crée
35:27une entreprise
35:28j'allais dire
35:29en quelques minutes
35:30pour pas cher
35:30qu'à la fin
35:31ça devient une réalité
35:32les volumes annoncés hier
35:34sont pas colossaux
35:34la première année
35:351600 créations d'entreprises
35:37niveau européen
35:38niveau européen
35:39enfin c'est peanuts
35:40honnêtement c'est peanuts
35:41donc on va y aller mollo
35:42et puis après
35:44il y a l'éléphant dans la pièce
35:45c'est bien de créer des boîtes
35:46mais où est le financement ?
35:48Nathalie Jansson
35:49justement
35:49la transition est toute faite
35:51alors deux choses
35:52quel talent
35:53déjà les start-up en France
35:54pour se financer
35:56c'est déjà coton
35:57donc déjà
35:58c'est
35:59effectivement
35:59c'est très bien comme idée
36:01mais il aurait fallu
36:02enfin il fallait commencer
36:03par le financement
36:04avant de faire ça
36:05déjà
36:05dans l'ordre
36:06j'aurais fait plutôt
36:07faciliter le financement
36:08du capital risque
36:09en Europe
36:10n'est-ce pas
36:10qui est un gros sujet
36:11puisque nous sommes très mauvais
36:13et que les Etats-Unis
36:14sont très bons
36:14et ça c'est effectivement
36:16dû à la fragmentation
36:18des marchés en Europe
36:19et l'absence de fonds de pension
36:21enfin bon
36:22je ne vais pas revenir
36:22sur tous les caractéristiques
36:24et les défauts
36:25du marché européen
36:26et puis surtout
36:27moi j'aurais bien voulu
36:28plutôt
36:29que les gouvernements
36:30se réunissent
36:31dès 27
36:31et alignent
36:32leur
36:33face en sorte
36:34que chez eux
36:35c'est en 48 heures
36:36qu'on fait ça
36:36et qu'on peut faire
36:37la même chose
36:38à chaque fois
36:38qu'on va le chier
36:39c'est-à-dire que
36:39on n'essaie pas
36:40d'harmoniser
36:41qui est un défaut européen
36:42majeur
36:43aux Etats-Unis
36:44tout n'est pas harmonisé
36:45non plus
36:45alors c'est vrai que
36:46les lois sur les faillites
36:47elles se ressemblent
36:47quand même beaucoup plus
36:48mais quand même
36:49en fait
36:50tout ce qu'on veut
36:50c'est pas tant
36:51qu'ils s'harmonisent
36:52tout ce qu'on veut
36:53c'est que quand on va
36:53dans un pays
36:54on ouvre vite
36:54quand on va dans l'autre pays
36:55on ouvre vite
36:56en fait tout simplement
36:57et ça aurait peut-être
36:58été beaucoup plus simple
36:59de faire comme ça
36:59que d'aller faire
37:00une usine à gaz
37:01qui je ne sais pas
37:03sur quoi elle va
37:04vraiment déboucher
37:05et quand
37:05je repose ma question
37:06c'est quand
37:07effectivement
37:08quand est-ce qu'on peut
37:08entendre ce 28ème
37:10le meilleur des cas
37:12fin d'année
37:13bon je vous sens tous
37:13très sceptiques
37:15mais c'est pas une question
37:16de sceptique
37:17c'est-à-dire que c'est
37:18malheureusement
37:18et je le dis vraiment
37:19avec une vision
37:20pro-européenne de ma part
37:22quand on est dans un continent
37:24qui a été capable
37:25je vais faire un parler
37:25avec la téléphonie
37:26sinon on est dans une logique
37:27de roaming un peu
37:28en fait
37:28quand on est dans un continent
37:30qui a été capable
37:30et merci à l'Europe
37:32d'avoir créé
37:32le roaming téléphonique
37:33qui fait que
37:34dès que vous passez une frontière
37:35vous ne payez pas
37:36une facture de 200 euros
37:37téléphonique
37:38se poser juste la question
37:40en 2026
37:40de se dire
37:41et si on crée le roaming
37:42sur les entreprises
37:42parce que c'est en gros ça
37:43en fait
37:45il y a quelque chose
37:46en profondeur
37:46il faut que l'Europe se réveille
37:48alors c'est une bonne nouvelle
37:50qu'hier
37:51il y a enfin une intention
37:52sur un 28ème régime
37:53mais rien que le mot régime
37:54déjà je vous trouve inquiétant
37:56j'arrive pas à savoir
37:57s'il est
37:58juridique
37:59oui mais enfin
38:00c'est un logiciel de pensée
38:02derrière
38:03c'est à dire que
38:03je pense qu'on ne rentre pas
38:05de la bonne façon
38:06la question
38:07et c'est ce que dit Nathalie
38:08c'est à dire que
38:08c'est pas un régime
38:09qu'il faut en fait
38:10c'est un écosystème
38:12et dans cet écosystème
38:14il y a la création
38:15des entreprises
38:15mais c'est l'accès
38:16au financement
38:17c'est plein de choses
38:18c'est les talents
38:19c'est la circulation
38:20des talents
38:20il y a plein de choses
38:22nécessaires
38:22le mot régime
38:23il est par la petite porte
38:26on rentre par la petite porte
38:27c'est très administratif
38:27comment Grébine ?
38:29je pense que ça pointe aussi
38:31une limite plus générale
38:32de la construction européenne
38:33c'est la stratégie
38:34des petits pas
38:34c'est à dire
38:35là on fait un 28ème régime
38:37alors c'est vrai que ça fait
38:3820 ans qu'on en parle
38:39donc on peut se féliciter
38:40qu'il y a enfin quelque chose
38:41qui aboutisse
38:43mais en fait
38:44on voit bien
38:45que c'est très insuffisant
38:47qu'il aurait fallu
38:48faire en même temps
38:50un plan beaucoup plus large
38:51sur le financement
38:53sur le capital risque
38:54alors on peut dire
38:55oui mais il y a déjà eu
38:56des initiatives
38:56ces dernières années
38:57donc mis bout à bout
38:58il y a plein de petites
39:01initiatives
39:02clairsemées
39:02mais en fait
39:03ce qu'on a besoin
39:03c'est un big bang
39:04c'est à dire que le monde
39:05là il évolue
39:06à très très grande vitesse
39:07et nous on reste
39:08dans notre stratégie
39:09des petits pas
39:10où au bout de 10 ans
39:11on fait un nouveau régime
39:13qui sera appliqué
39:14très imparfaitement
39:15et de façon
39:16très hétérogène
39:17entre les pays européens
39:18on va se rendre compte
39:19dans deux ans
39:20que ça marche imparfaitement
39:21donc il y aura
39:21une nouvelle adaptation
39:23mais en fait
39:23on prend chaque sujet
39:25on les prend
39:26de façon très partielle
39:27de façon très cloisonnée
39:29donc on n'apporte pas
39:30de réponse
39:31aux défis européens
39:32et ce big bang
39:33est-ce que quelqu'un le veut
39:34au sein des états-nations
39:35je veux dire
39:36c'est toujours la même question
39:37chaque état
39:39est-il prêt
39:40à donner ce pouvoir fédéral
39:41non
39:42la réponse est non
39:43donc on avance
39:43on le voit
39:45y compris sur le marché
39:46carbone
39:47dont on a parlé précédemment
39:48et voilà
39:48on continue sur la tech
39:50allez il est 10h41
39:51vous êtes toujours en direct
39:53sur l'antenne de BFM Business
39:55on continue de décrypter
39:56l'économie
39:57tous ensemble
39:58on va terminer
39:59par cette étude
40:01un peu angoissante
40:02je ne le cache pas
40:03de la COFAS
40:05après c'est vendeur
40:06c'est les arguments
40:07marketing
40:08du coup on en parle
40:09dans les émissions
40:10évidemment
40:10et dans les gazettes
40:11cette étude
40:12de la COFAS
40:12et de l'observatoire
40:14des emplois
40:15menacés
40:16et émergents
40:18que je ne connaissais pas
40:19qui peut être intéressant
40:21puisqu'on entre quand même
40:22dans une période
40:22où ça va sérieusement
40:24secouer
40:25qui chiffre
40:26à 16%
40:27les emplois
40:28en danger
40:29en France
40:30avec le décollage
40:31de l'intelligence
40:33artificielle
40:34alors est-ce qu'on peut
40:35commencer par une
40:36petite présentation
40:37Thomas Grébine
40:38de cette étude
40:39et de surtout
40:40qui pourrait être
40:41impacté
40:42ce qui est intéressant
40:43c'est que dans cette étude
40:44les auteurs
40:46ce qu'ils ont fait
40:47c'est qu'ils ont décomposé
40:48chaque emploi
40:49en nombreuses tâches
40:51et ils ont regardé
40:52dans quelle mesure
40:53ces tâches
40:53pouvaient être
40:55substituées
40:56par l'intelligence
40:57artificielle
40:58et ils considèrent
40:59que lorsqu'il y a
41:00plus de 30%
41:01des tâches
41:02dans un métier
41:03qui peuvent être
41:04substituées
41:04cet emploi
41:05ce métier
41:06est menacé
41:08à moyen terme
41:09je ne me sens pas bien là
41:11mais 30%
41:12d'un journaliste
41:13d'un animateur
41:14on y arrive vite fait
41:15et donc ce qui est
41:16très intéressant
41:17c'est qu'il y a
41:18il me semble
41:19deux enseignements
41:20majeurs
41:20c'est d'une part
41:21que ce sont surtout
41:23les emplois
41:24de col blanc
41:25ma chemise est bleue
41:26contrairement à la vôtre
41:27je regardais
41:28j'ai le lit de sauter
41:30pareil
41:31Thomas je ne vous entends plus
41:33les économistes
41:34les juristes
41:35tous ceux qui sont
41:36dans la finance
41:37sont les métiers
41:39les plus menacés
41:40ce qui fait que
41:41par exemple
41:42dans l'étude
41:42on voit que ce sont
41:43les 10%
41:44les plus riches
41:46enfin qu'il y a
41:46les salaires
41:46les plus élevés
41:47qui sont
41:47les plus menacés
41:49il y a 22%
41:50des emplois
41:51d'écoles
41:52de l'anglo
41:52qui sont menacés
41:53alors que quand vous regardez
41:54le bas de la distribution
41:55de salaires
41:57on est autour
41:57de 5%
41:58donc déjà
41:59c'est assez intéressant
42:01par rapport à ce qu'on a vécu
42:02avec la désindustrialisation
42:03qui touchait surtout
42:04les classes populaires
42:06la France périurbaine
42:08là c'est le contraire
42:08c'est à dire
42:09que c'est surtout
42:10les cols blancs
42:10qui seraient touchés
42:12et ça serait
42:14surtout
42:15les grandes agglomérations
42:16donc l'île de France
42:18davantage
42:18que les régions périurbaines
42:20donc on voit
42:21que ça change
42:22assez largement
42:23par rapport à ce qu'on a connu
42:24ces 40
42:25ou 50
42:26dernières années
42:27ce qui est intéressant
42:28et ce qui différencie
42:30aussi cette étude
42:32des études antérieures
42:34c'est que c'est véritablement
42:35une étude
42:36qui porte sur des données
42:36récentes
42:37alors que par exemple
42:39les études
42:39qui avaient été publiées
42:40encore récemment
42:43ça portait
42:43sur des données
42:44qui étaient
42:45avant
42:46l'explosion
42:48des usages
42:49exactement
42:49avant
42:50Tchatchipiti
42:50pour simplifier
42:52donc c'est pas du tout
42:52les mêmes types d'enseignement
42:54quand vous avez
42:55l'IA
42:56ancienne génération
42:57par rapport
42:57à l'IA
42:58nouvelle génération
42:59alors ça disparaît
43:01exactement
43:01donc ça dit
43:02Nathalie va dire
43:03qu'il y aura
43:04de la destruction
43:04créatrice
43:05et donc oui
43:06évidemment
43:07il y aura
43:08de la destruction
43:09créatrice
43:09mais je dirais juste
43:10par anticipation
43:11de remarques
43:13d'une part
43:14on donnera quand même
43:15la parole à Nathalie
43:15bien sûr
43:16mais j'anticipe
43:18il me cloue le bec
43:19promis
43:20j'en profite
43:21la première chose
43:22c'est que quand on regarde
43:23les révolutions industrielles
43:24précédentes
43:26ces destructions
43:27créatrices
43:28en tout cas
43:28les mutations
43:29sur le marché du travail
43:30c'est des choses
43:30qui prennent des décennies
43:32quand on regarde
43:32la première évolution
43:33industrielle en Angleterre
43:34il y a eu évidemment
43:35une amélioration
43:36des conditions de vie
43:38ça c'est évident
43:39mais ça a mis
43:39des décennies
43:40et donc dans toute cette phase
43:42de transition
43:43ça peut être très coûteux
43:44pour les personnes
43:45qui subissent
43:47ces transformations
43:48ça a été la même chose
43:49avec la désindustrialisation
43:50des 40 dernières années
43:51oui évidemment
43:52il y a eu des zones d'emploi
43:53qui ont souffert
43:54de cette désindustrialisation
43:55et d'autres
43:56l'école Blanc
43:57de la Défense
43:57qui en ont bénéficié
43:59ça c'est le premier élément
44:00et le deuxième élément
44:01c'est que
44:01et c'est là je pense
44:02ça peut faire une différence
44:03importante
44:04avec les révolutions
44:06précédentes
44:06c'est que
44:07oui évidemment
44:08il y a des nouveaux métiers
44:09qui peuvent être créés
44:10mais ces nouveaux métiers
44:11ils peuvent eux-mêmes
44:12être remplacés par de l'IA
44:13et donc c'est là
44:14où ça différencie
44:16de ce qu'on a pu connaître
44:18par le passé
44:18alors Nathalie Jansson
44:20la réponse
44:21on vous décloue le bec
44:22voilà
44:23en fait j'ai une réponse
44:25voilà
44:26à ça
44:27c'est qu'en fait
44:27je pense aussi
44:28qu'on sous-estime
44:29la part du
44:31du col blanc augmenté
44:33c'est-à-dire qu'en fait
44:34on est en train de se dire
44:35ils vont remplacer
44:36c'est tout le grand débat
44:36mais en fait
44:36exactement
44:37en fait on ne sait pas
44:38pour le moment
44:39alors bon
44:39je ne suis pas une
44:40je ne suis pas une
44:41c'est pas ma spécialité
44:43l'innovation
44:44et la productivité
44:45donc je ne vais pas
44:45aller raconter
44:45des choses que je ne connais pas
44:46mais si on lit
44:47par exemple
44:48des gens comme
44:49Brin Jolson
44:49qui ont beaucoup écrit là-dessus
44:50en fait
44:50voilà c'est ce qu'il dit
44:51il dit en fait
44:52aujourd'hui
44:53il y a aussi
44:54donc vous serez
44:55effectivement
44:56sans doute encore là
44:57parce que déjà
44:59vous êtes en bleu
45:00mais même ceux qui sont en blanc
45:01resteront
45:02parce qu'en fait
45:03effectivement
45:04ils vont
45:06la
45:07Tchad GPT
45:08les concurrences
45:09mais pas seulement
45:09ils les aident
45:10et ils vont
45:11les aider à être plus performants
45:12c'est exactement
45:13c'est exactement ce qu'on a dit
45:14sur les tâches
45:15à plus faible valeur ajoutée
45:17sur les bas de grille
45:18sur les juniors
45:18et sur les moins qualifiés
45:20alors on voit que l'angoisse monte
45:21avec le niveau de qualification
45:23au fur et à mesure
45:24qu'avance l'IA
45:24mais que
45:26peut-être que
45:26pour les moins qualifiés
45:27l'IA leur permettrait
45:28d'être
45:29plus qualifiés
45:30c'est ce que
45:31c'est ce que ces études montrent aussi
45:32c'est à dire que
45:33alors effectivement
45:34la différence
45:34c'est qu'avec un moins qualifié
45:36si on lui enlève la béquille
45:37en fait il redevient moins qualifié
45:38donc c'est vraiment
45:39il faudra qu'ils aient cette aide
45:40tout le temps
45:41pour ceux qui sont plus qualifiés
45:43c'est en fait vraiment
45:43une augmentation de leur capacité
45:45et puis effectivement
45:46comme le souligne à nouveau
45:47souvent ces spécialistes
45:48de tout ce qui est
45:50nouvelles technologies
45:51en fait il y a plein de métiers
45:52qu'on ne voit pas aujourd'hui
45:54ou qu'on ne comprend pas
45:54encore aujourd'hui
45:55dans la transformation
45:56puisque c'est la transformation
45:57des processus industriels
45:59et des services
45:59la façon dont on produit
46:01les biens et services
46:02et là en fait
46:02il va y avoir
46:04des nouveaux jobs
46:05pour accompagner
46:06cette transformation
46:07qu'aujourd'hui
46:08on ne maîtrise pas encore
46:09parce qu'il faut quand même
46:10avoir un peu de stabilité
46:11et de savoir
46:11qui est vraiment
46:13en première ligne
46:14qui sera vraiment menacé
46:15et qui sera en fait
46:16transformé dans autre chose
46:18et pour ça
46:18il faut des nouvelles
46:20organisations
46:21qu'on ne maîtrise pas encore
46:23ces concepts-là
46:23Bon
46:24la conclusion que je tire
46:25pour l'instant
46:26de nos 5 minutes d'échange
46:27c'est qu'on n'en a
46:29en réalité
46:29aucune idée
46:30de la manière
46:31dont ça va évoluer
46:32en fait moi
46:33ces études
46:34j'entends
46:34et je suis d'accord
46:35avec ce que dit Thomas
46:36elles sont intéressantes
46:37elles sont intéressantes
46:38cette méthodologie
46:39après elle me renvoie
46:40à des études
46:40qu'on a connues
46:41dans les années 2000
46:42sur le digital
46:42oulala
46:43à la fin des majors
46:44du disque
46:44je sais pas quoi
46:45je sais pas quoi
46:45et puis on regarde
46:4625 ans après
46:47ce qui s'est passé
46:48là j'allais dire
46:49ce qu'on est en train
46:49de croiser
46:50et à mon avis
46:51qui est un faux nez
46:52je le pense sincèrement
46:53c'est que
46:53l'intelligence artificielle
46:57est un merveilleux
46:58outil marketing
46:58d'ailleurs cet outil
47:01a eu l'intelligence
47:02de s'appeler intelligence
47:02donc ce qui met
47:03un débat
47:05en contradiction
47:05avec l'humain
47:06mais avant tout
47:07d'ailleurs quand on regarde
47:08dans les métiers
47:09qui sont les plus vulnérables
47:10ou impactés
47:11ce sont des métiers
47:12de data
47:12évidemment
47:13mais est-ce que
47:14avec la création
47:15de la calculatrice
47:16les mathématiciens
47:17ont disparu
47:18non
47:18on va être assez basique
47:20là-dessus
47:21oui
47:21c'est-à-dire que oui
47:23il y a des métiers
47:24qui vont évoluer
47:25il y a des métiers
47:25qui vont être impactés
47:26il y a probablement
47:27des métiers
47:27qui vont disparaître
47:30il y a une évolution
47:32qu'on voit arriver
47:33l'échelle
47:34quand même
47:34de l'étude
47:35c'est important
47:35de signifier
47:36c'est 2 à 5 ans
47:37c'est-à-dire à peu près
47:385 millions d'emplois
47:39qui ne sont pas forcément
47:40amenés à disparaître
47:42c'est-à-dire
47:42qui en tout cas
47:42qui vont être impactés
47:44et qui vont devoir
47:45intégrer la dimension
47:46IA
47:46c'est un sixième
47:47des emplois
47:48donc quantitativement
47:50c'est absolument
47:51massif
47:52c'est absolument massif
47:53et la question
47:54surtout
47:54que fait remonter
47:55cette étude
47:56qui est extrêmement intéressante
47:57c'est qu'il faut accompagner
47:59ce mouvement-là
48:00c'est-à-dire
48:01honnêtement
48:01est-ce qu'aujourd'hui
48:03vous avez le sentiment
48:04que nos enfants
48:05qui soient au collège
48:06au lycée
48:07où il y a déjà
48:08tout juste 10 ans
48:09ils ont reçu
48:09les premiers PC
48:10donc évidemment
48:11est-ce qu'aujourd'hui
48:13il y a une naissance
48:13de matière
48:14d'intégrer
48:15le traitement de data
48:16la data mining
48:17d'intelligence artificielle
48:18là j'en suis absolument
48:20pas certain
48:21et ça c'est le gros défi
48:23c'est le principal défi
48:24c'est-à-dire qu'on aura
48:25toujours besoin d'avocats
48:26mais peut-être que
48:27dans la façon de travailler
48:28sur la jurisprudence
48:29il va falloir se doter
48:30de nouveaux outils
48:32On a un certain problème
48:34effectivement
48:35au niveau du système éducatif
48:38qui est à la traîne
48:38c'est-à-dire qu'en fait
48:39on a vraiment
48:39un déphasage total
48:40avec même souvent
48:42des professeurs
48:43qui sont anti-IA
48:44alors qu'en fait
48:45il faut absolument éduquer
48:46Il y a un mouvement
48:48qui est en train
48:49de pousser
48:49dans le sein
48:50de l'éducation nationale
48:51effectivement
48:52contre l'IA
48:53Alors qu'il faudrait
48:54en fait éduquer
48:55justement les enfants
48:56pour qu'il n'y ait pas
48:56justement de fractures
48:59énormes
48:59entre ceux
49:00qui savent la maîtriser
49:01et ceux qui ne savent pas
49:02la maîtriser
49:02C'est terrible
49:03Thomas Gabin
49:04Je suis d'accord
49:05que l'IA
49:06est un formidable instrument
49:08mais il y a quand même
49:09un enjeu macro
49:10c'est-à-dire
49:10évidemment qu'il y a
49:11des nouveaux métiers
49:12qui vont émerger
49:13mais la question
49:14c'est comment
49:15on fait la balance
49:16c'est-à-dire
49:17est-ce que
49:17si en effet
49:18il y a 20%
49:19des métiers
49:20qui sont
49:20ou des emplois
49:21qui sont menacés
49:22à court
49:24moyen terme
49:24est-ce qu'on sera
49:25capable
49:26de générer
49:27une augmentation
49:28de 20%
49:29de nouveaux métiers
49:29c'est là
49:30où c'est quand même
49:30pas évident
49:31vu les progrès
49:32quand même
49:32qui sont spectaculaires
49:33notamment dans l'IA
49:34agentique
49:35qui sont quand même
49:36maintenant
49:36c'est des IA
49:37qui savent agir
49:38de façon relativement
49:40autonome
49:41par rapport aux agents
49:42donc quand on regarde
49:43nos professions
49:44quand on regarde
49:44rien que l'évolution
49:45en 6 mois
49:47des IA
49:48Ce que vous nous dites
49:49c'est que ça va trop vite
49:50c'est que ça
49:50la révolution majeure
49:52c'est que ce qui prenait
49:53des décennies
49:53des années
49:54c'est la vitesse
49:55aujourd'hui
49:56ça se compte en semaines
49:57et si vous couplez ça
49:58avec de la robotique
49:59c'est-à-dire
50:00ce que savent faire
50:02de plus en plus
50:02par exemple
50:03les Chinois
50:03les Chinois notamment
50:04et Musk
50:06ça veut dire
50:07qu'à la fois
50:07les métiers intellectuels
50:09et les métiers
50:10qui font davantage
50:11appel
50:12enfin les métiers
50:13plus manuels
50:14sont potentiellement
50:15menacés
50:16ça je pense
50:16c'est jamais arrivé
50:18avec une telle ampleur
50:20un tel choc
50:21d'une telle ampleur
50:23parce que la révolution
50:24industrielle
50:24c'est quelque chose
50:25qui a mis des décennies
50:26là ça arrive
50:27en quelques années
50:28alors peut-être
50:28la bonne nouvelle
50:29du point de vue français
50:30c'est que compte tenu
50:31de toutes nos rigidités
50:34c'est aussi une protection
50:35à court terme
50:36mais ça va poser
50:37une question évidemment
50:37de compétitivité
50:39par rapport aux autres
50:40c'est-à-dire que malgré tout
50:41et on voit bien ça
50:41dans les grandes entreprises
50:42c'est que si vous voulez
50:43rester compétitif
50:44par rapport à vos concurrents
50:45vous avez intérêt
50:46à mettre en place
50:48ces nouvelles formes d'IA
50:49le plus rapidement possible
50:51mais je reviens vraiment
50:52sur l'éducation
50:53parce que c'est le nerf
50:55de la guerre
50:55je pense qu'en fait
50:56une étude comme ça
50:57montre aujourd'hui
50:58dans quelque chose
51:00qui va relativement vite
51:01même s'il y a une partie
51:02qui est sûrement fantasmée
51:03parce qu'après
51:04il y a la vie en entreprise
51:06et la réalité du moment
51:07et puis de toute façon
51:08l'intelligence artificielle
51:09est intelligente
51:10si au début quand même
51:11il y a des humains
51:11qui le disent
51:12par par là
51:12par par là
51:13il y a une stratégie
51:13on cherche des choses
51:14et tout ça
51:14c'est-à-dire que c'est pas non plus
51:16des décors comme ça
51:17qui partent
51:18et qui définissent
51:18une stratégie d'entreprise
51:19du jour au lendemain
51:20donc mais là
51:22là on est pris en défaut
51:23et c'est moi
51:23mon inquiétude
51:24c'est est-ce que la génération
51:26qui aujourd'hui
51:26est encore dans les bancs
51:28assis sur les bancs
51:28du collège
51:29du lycée
51:29est préparé à ce monde là
51:31là j'ai un doute
51:31honnêtement
51:32j'ai un énorme doute
51:33c'est dommage
51:34parce que alors là
51:35pour le coup
51:35on est un des rares pays européens
51:37à pouvoir faire un porte-avions
51:38on est un des rares pays européens
51:40à avoir un LLM
51:41c'est-à-dire
51:42avoir Mistral
51:43on est quasiment le seul
51:45le seul pays européen
51:46encore à être
51:47dans la course mondiale
51:50sur l'IA
51:51c'est-à-dire que
51:52on est une exception
51:53bravo
51:54merci
51:54et tout ça
51:55donc on a même
51:56un marche-pied
51:57dont ne disposent pas
51:58les allemands
51:59les hollandais
52:00les italiens
52:00les espagnols
52:01et tout ça
52:01à nous d'être intelligents
52:03et à nous apprendre
52:03le bras de corps
52:04on l'a fait grâce à une forme
52:05de planification quand même
52:07exactement
52:07là au moins
52:08c'est un domaine
52:09où on est un peu moins
52:10c'est-à-dire
52:12il y a quand même
52:13une aide publique
52:14un soutien public
52:15très important
52:16de Mistral
52:17en France
52:17avec un travail
52:18de VRP
52:19du président
52:21de la République
52:21qui a quand même
52:22poussé à bout de bras
52:23Mistral
52:24il faut le dire
52:24donc là
52:26on voit bien
52:27que lorsqu'il y a
52:27une volonté politique
52:29quand même
52:30ça permet
52:31il peut y avoir
52:31un chemin
52:32il peut y avoir
52:33un chemin
52:33donc on est encore
52:34très loin
52:35des IA américaines
52:37mais au moins
52:38on a réussi à avoir
52:39on reste dans la course
52:41pour être complètement
52:42désagréable
52:43mais ça serait grave
52:44vraiment quelque chose
52:44Allons-y
52:45il nous reste 5 minutes
52:46on se quitte bientôt
52:48c'est pas grave
52:49c'est pas grave
52:49finalement
52:50est-ce que ça valait le coup
52:51de faire ça pour Mistral
52:53est-ce que finalement
52:53il ne fallait pas faire autre chose
52:54parce que c'est toujours
52:55une allocation des ressources
52:56c'est toujours mettre
52:57de l'argent là
52:57plutôt que là
52:58donc est-ce qu'effectivement
53:00ça valait le coup
53:00d'aller pousser Mistral
53:01vu la distance
53:03qu'on a aux Américains
53:04moi parfois
53:05je me pose la question
53:06voilà
53:06je suis vraiment désagréable
53:07du début
53:08à la fin de l'émission
53:09mais effectivement
53:09peut-être qu'on aurait pu le mettre
53:11dans la réforme de l'éducation
53:12pour accompagner
53:13tous les jeunes
53:14pour faire en sorte
53:15qu'ils soient à même
53:16de pouvoir maîtriser
53:18cette IA
53:18et justement
53:19d'être augmenté
53:20plutôt que de subir
53:21bon c'est un appel
53:22l'appel est lancé
53:23une dernière question
53:23pourquoi
53:25cet impact de 16%
53:26de l'emploi en danger
53:27en France
53:28est moindre
53:29qu'en Suède
53:30ou en Allemagne
53:31et même beaucoup moins
53:32qu'aux Pays-Bas
53:33et au Royaume-Uni
53:34c'est ce que nous dit
53:34la COFAS
53:36parce qu'en particulier
53:37aux Pays-Bas
53:37et au Royaume-Uni
53:38il y a plus d'emplois
53:40de col blanc
53:40de services
53:41hautement qualifiés
53:43c'est aussi au Royaume-Uni
53:43là où il y a beaucoup
53:44de sièges sociaux
53:45et donc
53:47ce sont des emplois
53:47qui sont relativement
53:49plus menacés
53:50selon cette étude
53:51parce que
53:52les tâches
53:53sont plus substituables
53:54donc c'est ça
53:55donc plus on est qualifié
53:57plus on est menacé
53:58c'est ce que nous réflexe
53:59ce que dit Thomas
53:59c'est par exemple
53:59le secteur de la finance
54:00où il y a énormément de data
54:02c'est-à-dire que oui
54:02tout à l'heure
54:03je parlais d'un film
54:04il y a 15 ou 20 ans
54:06on a regardé
54:07le loup de Wall Street
54:07demain si on refait le film
54:09ça sera l'IA de Wall Street
54:10non non mais c'est vrai
54:11c'est une réalité
54:11c'est-à-dire que c'est
54:12il y a des métiers
54:13sur lesquels
54:14le traitement de data
54:15est fondamentalement
54:16au cœur du métier
54:17et sur lesquels
54:18on sait que
54:19les outils d'intelligence artificielle
54:21peu ou prouvent
54:22sont naturellement
54:23plus performants
54:24que la capacité
54:25j'allais dire
54:26intellectuelle
54:27et cognitive
54:28humaine
54:29mais je reviens
54:30à ce que disait Thomas
54:31c'est important
54:31sur l'aspect
54:32l'IA du monde réel
54:34c'est-à-dire la robotique
54:35qui va être aussi
54:36un choc tout aussi profond
54:37qui n'est pas pris
54:38dans cette étude-là
54:39parce que là
54:39on est davantage
54:40dans une IA
54:41on va dire
54:41de bureau
54:42et de traitement de data
54:43mais il y a un autre
54:44pan qui va être
54:45tout aussi important
54:46c'est préparons-nous
54:47même si ça se trouve
54:48on n'aura plus de pétrole
54:49pour rouler
54:49mais demain
54:50on va prendre une voiture
54:51où on verra probablement
54:52des robots dans des champs
54:53et oui
54:54c'est ça aussi la réalité
54:55c'est-à-dire que c'est aussi
54:56des métiers
54:57qui ne sont pas pris
54:57là aujourd'hui
54:58je n'ai pas l'impression
54:59que ce soit tout à fait
55:00encore dans
55:02le champ de vision
55:03de notre région
55:04pour les personnes
55:06qui ont une maison secondaire
55:07je pense qu'il y en a déjà
55:07beaucoup qui regardent
55:09leur tondeuse
55:10agir toute seule
55:11donc ce monde-là
55:14n'est pas très loin
55:16déjà en fait
55:16juste pour compléter
55:18il y a une corrélation
55:20qui est très intéressante
55:21dans cette étude
55:21c'est que votre emploi
55:23est d'autant plus menacé
55:25que vous avez un niveau
55:25d'études important
55:27le degré de menace
55:28est corrélé
55:29c'est là où pour moi
55:32il y a le marketing
55:33de l'intelligence artificielle
55:34et le moins intelligent
55:35c'est-à-dire
55:35qui va quand même
55:36qui rentre par le haut
55:37dans la notion
55:38quand même
55:39de l'emploi
55:40comme si plus il y avait
55:41de savoir
55:43il y a des bonnes nouvelles
55:44quand même là-dedans
55:44c'est quand on regarde
55:45par exemple
55:46un chirurgien
55:48ok
55:48il y a beaucoup de choses
55:49intégrées
55:50mais il y a aussi
55:50une gestuelle derrière
55:51même si la robotique
55:52peut aider
55:53non non mais
55:54évidemment
55:54mais c'est-à-dire
55:56qu'il y a
55:56il y a quand même
55:57un match
55:58presque IA
55:59contre Elite
56:00en fait
56:00quand on regarde
56:01la lecture
56:02de cette étude
56:03de la Coface
56:04mais il ne faut pas
56:05le sous-estimer
56:06non plus
56:06le fait que
56:08cet humain qualifié
56:09peut aussi être
56:10augmenté par l'IA
56:11il ne faut pas
56:11non plus
56:12le sous-estimer
56:13on refait le match
56:14de Kasparov
56:14contre c'était quoi
56:15DeepMind
56:16à l'époque
56:16de l'homme
56:17contre l'ordinateur
56:18sur la partie d'échec
56:19finalement ça continue
56:20encore et toujours
56:21mais la menace augmente
56:22selon vous Thomas Grébine
56:23mais la partie d'échec
56:24avait été gagnée
56:25par la machine
56:26il y a 20 ans
56:27et la meilleure combinaison
56:28dans ces parties
56:29et vous voyez
56:29on n'a pas disparu
56:30et nous sommes encore là
56:32et il y a encore
56:33des joueurs d'échec humain
56:33ce sera la conclusion
56:34de cette émission
56:35passionnante
56:36à écouter
56:37en podcast et replay
56:38sur l'application
56:39BFM Business
56:39merci Thomas Grébine
56:40merci Nathalie Jansson
56:42et merci Ludovic de Sauté
56:44ne ratez pas
56:45aujourd'hui
56:46nous sommes jeudi
56:47c'est jour de podcast
56:49géopolitique
56:50avec l'ordre du monde
56:51à partir de 18h
56:53sera mis en ligne
56:53un nouvel épisode
56:54présenté par
56:56Annalisa Cappellini
56:57et Mathieu Jolivet
56:58cette semaine
56:59les réactions
57:00et scénarios
57:01d'impact
57:01de la guerre
57:02en Iran
57:02avec le Royaume-Uni
57:04et la Chine
57:05alliée historique
57:06et pire ennemi
57:08des Etats-Unis
57:09voilà pour le programme
57:11quant à nous
57:12on se retrouve
57:13demain
57:13même heure
57:13même endroit
57:1410h en direct
57:15sur BFM Business
57:16tout de suite
57:17c'est tout pour investir
57:18animé par Antoine
57:20Larigauderie
57:20je vais y arriver
57:21très bonne journée
57:22à tous
57:26les experts
57:27débats et controverses
57:29sur BFM Business
57:29Sous-titrage Société Radio-Canada
57:33Sous-titrage Société Radio-Canada
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