- il y a 10 heures
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Coronavirus. Geneviève Déjean, avait ses deux parents dans un Ehpad de Haute-Garonne. Son père est mort le 18 avril, en plein confinement. Elle témoigne.
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NewsTranscription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le coronavirus a fait des milliers de morts dans les EHPAD.
00:14Pendant plus d'un mois, entre le 11 mars et le 20 avril, à cause du confinement,
00:19leurs pensionnaires n'ont pas pu recevoir de proches, sauf aux tout derniers instants de leur vie.
00:24Pour mieux comprendre cette situation douloureuse, Codesource donne la parole aujourd'hui
00:28à une femme dont les deux parents vivaient en EHPAD, à Grenade, en Haute-Garonne,
00:33et au directeur de cet établissement, Claudia Prolongeon.
00:44Je suis rentrée en contact avec Didier Carle via l'ADEPA,
00:47l'association des directeurs au service des personnes âgées.
00:51Didier Carle en est le secrétaire, et en même temps, il dirige l'EHPAD Saint-Jacques à Grenade.
00:56Son premier stage dans le milieu remonte à 1993.
00:59Lorsque j'ai fait ce stage, il y avait encore des chambres à 4 et 5 lits,
01:03vraiment en retard considérable, mais qui était celui de la prise en soin de l'époque des personnes âgées,
01:10qui vraiment m'a amené à me promettre que jamais je ne travaillerais en maison de retraite.
01:15Et moins de deux ans après, après avoir débuté ma carrière en tant que directeur d'hôpital,
01:19j'ai fait mentir cet adage pour définitivement basculer quelques années plus tard sur un statut
01:25directeur d'établissement social et médico-social, mais en réalité pour personnes âgées dépendantes.
01:32Geneviève Desjeans, elle, a découvert ce milieu beaucoup plus récemment.
01:36J'ai 56 ans, je suis mariée, j'ai deux filles, je suis chirurgien dentiste à Blagnac, je suis fille
01:44unique.
01:46Tous mes parents se sont mariés en 1962.
01:50Maman, quand on lui a diagnostiqué son Heiselmer, elle avait 76 ans.
01:55Elle est rentrée à l'EHPAD un an et demi après.
01:59Comme souvent, à l'origine de cette entrée en EHPAD, il y a une chute, celle du père de Geneviève
02:05Desjeans.
02:05Maman, avant d'être diagnostiquée à Heiselmer, c'est elle qui assumait beaucoup papa,
02:10parce qu'ils avaient 9 ans de différence et qu'il était quand même diminué physiquement.
02:15Après, les rôles se sont inversés, moi je la prenais, je m'occupais d'elle, je les amenais faire les
02:20courses,
02:21mais papa avait beaucoup de mal déjà à reconnaître la maladie, le syndrome d'Heiselmer,
02:26et puis après, à la gérer, parce que c'était difficile tout de même.
02:32On m'a dit aussi, votre maman ne peut pas rester avec votre papa, il faut la mettre en institut,
02:37en EHPAD et en secteur fermé.
02:40Puis papa est resté tout seul à la maison, ça s'est très vite dégradé, il tombait beaucoup.
02:45On m'a fait la fleur de pouvoir le prendre, étant donné qu'il y avait maman à l'EHPAD
02:49de Grenade aussi.
02:50Il y est rentré pratiquement 6 mois après.
02:53Et là, tout de suite, leur vie s'est beaucoup arrangée, parce que papa, qui était très très mal, a
03:02remonté.
03:04Ils se voyaient beaucoup tous les deux.
03:06Ils ont pu passer de très bons moments et papa, il était heureux, parce qu'il n'avait que le
03:11bon de maman.
03:12Et même, elle n'était plus malade, lui, dans sa tête, je pense.
03:17À cette époque-là, la question des moyens mis dans les EHPAD est presque sur le devant de la scène.
03:22Depuis la canicule de 2003, plus de personnel et d'argent sont régulièrement demandés, mais rien ou pas grand-chose
03:28ne se passe.
03:30Début 2018, une immense mobilisation s'organise pendant plusieurs mois dans les établissements,
03:34et une grande loi finit par être promise sur le secteur des personnes âgées pour 2019.
03:40Mais elle ne vient pas.
03:45On a augmenté à peu près de 10% nos effectifs, alors que globalement, il fallait les doubler.
03:51Je dirais que les choses ont avancé, oui, elles ont évolué, oui, mais on est très loin du compte.
03:57Et on montre bien à quel point renforcer en effectif les établissements pour faire face au quotidien,
04:04et puis à ces périodes de crise qui, quelque part, se reproduisent.
04:07C'est parce que l'été prochain, nous risquons d'avoir une violente canicule.
04:11L'hiver prochain, nous aurons à nouveau la grippe saisonnière qui, quand même, fait 15 000 morts chaque année.
04:16On a eu, en réalité, une multiplication de plans, de rapports.
04:20Mais pour l'instant, nous n'avons pas de loi, nous n'avons pas eu de mesures concrètes
04:25qui a répondu à l'ampleur du défi qui est le nôtre.
04:30Donc, il est urgent, en effet, de transformer ces rapports de grande qualité en loi,
04:35dont on espère qu'elle sera, elle aussi, de qualité.
04:38Le 11 mars, le ministère de la Santé décrète la fermeture temporaire des EHPAD.
04:43Jusqu'à nouvel ordre, les résidents ne peuvent plus recevoir de visite de l'extérieur.
04:47On est dans ce qu'on appelle cette fameuse balance bénéfice-risque,
04:51avec une première urgence qui était, pour nous, d'assurer la sécurité physique des résidents.
04:57Mais alors, quand on est soignant, quand on est directeur,
05:02et notamment, encore une fois, au sein de l'ADEPA,
05:05où tout au long de l'année, nous militons, d'une part, pour la citoyenneté des résidents,
05:10d'autre part, pour dire qu'il faut absolument trouver, dans nos structures,
05:14le juste compromis entre sécurité et liberté.
05:18Donc, tout au long de l'année, on se bat pour ça,
05:19et ce jour-là, tout d'un coup, on arrive à dire,
05:22eh bien, on va s'inscrire dans une privation de liberté,
05:25et la première liberté qui est de sortir, effectivement, de sa chambre.
05:34Déjà, le premier confinement, où on ne pouvait pas aller les voir,
05:39bon, moi, j'ai pu les appeler, j'ai parlé avec eux,
05:42papa était soucieux de la coupure, je dis,
05:44mais tu sais, papa, on va pouvoir quand même se parler.
05:46Maman, elle, n'était pas trop consciente, encore, de tout ça,
05:50mais moi, je me disais, oui, c'est ce qu'il faut faire, quoi, de toute façon.
05:54Nous avons installé les rendez-vous Skype, puisqu'on en fait, oui, 80 à 90 par semaine,
06:00mais nous étions conscients, d'une part, que nous ne remplacerions pas,
06:04nous, les professionnels et les familles,
06:07que pour un certain nombre de personnes, le Skype, cela reste virtuel,
06:11et que cela ne signifie rien pour certains,
06:14et que ça ne remplace pas le contact physique et la venue des familles.
06:22Ce lien avec les familles,
06:24chaque fois que le résident est en capacité de la voir, il existe,
06:28et il est vraiment assez régulier,
06:31puisque nous arrivons en moyenne à deux Skype par semaine,
06:35et par résident, qui le veut, qui le peut.
06:38Donc, on est passé, concernant les animatrices, de trois à six,
06:42et bientôt, on en aura sept, voilà.
06:45Et c'est, pour moi, indispensable.
06:47Alors, se posera la question du financement,
06:49mais si on veut pouvoir, à peu près, voir tout le monde tous les jours,
06:54pouvoir, parfois, passer dix minutes pour discuter,
06:57pour pouvoir sortir sur un balcon, simplement,
06:59pour donner, parfois, un buzz, parfois, un coloriage,
07:04et puis, ensuite, gérer les Skype, il fallait absolument recruter.
07:08C'est là où on revient sur la question des moyens de nos établissements.
07:12Les moyens au quotidien sont insuffisants
07:15pour assurer un accompagnement de qualité.
07:18Tout moment de crise,
07:20eh bien, on montre les limites du système,
07:22et nous ne sommes pas en nombre suffisant pour assumer.
07:31Papa est retombé il y a un mois et demi, à peu près.
07:34Il est passé aux urgences et tout ça.
07:35Il a eu de gros problèmes, un hématome cérébral et tout ça.
07:40Donc, déjà, il était malade, il n'était pas bien avant le confinement.
07:45Il avait du mal à parler, là.
07:47Il mangeait dans sa chambre.
07:49Maman allait le voir, quand même.
07:51Il laissait maman aller le voir.
07:52Donc, ils avaient cette première petite vie,
07:55toutes les deux, qui était quand même poursuivie.
07:59Le premier Skype que nous avons fait,
08:01ils étaient tous les deux ensemble.
08:03Donc, ça, ça me faisait du bien, moi, de les voir tous les deux ensemble.
08:06J'étais apaisée, déjà.
08:07Papa était fatigué, certes.
08:09Mais maman, comme c'est toujours un brin d'entrain
08:11et qu'elle ne comprend pas tout,
08:13elle remuait, quoi.
08:14Donc, ça m'a beaucoup apaisée.
08:17Et puis, ensuite, il y a eu ce qu'on appelle le confinement en chambre,
08:21à savoir suspendre toutes les activités collectives,
08:25suspendre, dès lors, les animations, les repas, les regroupements.
08:29Et ça, je l'avais anticipé.
08:30Je l'ai fait huit jours avant,
08:31ce que le ministère ne le recommande très fortement.
08:36Essentiellement parce que j'ai eu les témoignages d'un certain nombre de collègues,
08:39notamment du Grand Est,
08:40qui avait été touché et qui montrait à quel point,
08:43à partir du moment où un résident était touché,
08:45alors le risque de propagation de l'un aux autres était aussi très risqué.
08:49Maman ne pouvait plus aller le voir.
08:51Et là, ils ont organisé des Skype entre tous les deux.
08:55Donc, moi, j'avais les Skype toute seule,
08:57avec papa, avec maman,
08:59et tous les deux avaient des Skype.
09:01Et bon, visiblement, ça se passait très bien.
09:06Après, pour tous les deux,
09:07papa, ne parlons plus,
09:09étant très pas bien,
09:10et ne réagissons pas trop au Skype,
09:12ils leur ont fait des appels téléphoniques entre tous les deux aussi.
09:15Maman lui parlait.
09:17Puis, voilà, j'avais des nouvelles quand même de tous les deux.
09:20Quand j'avais les Skype,
09:21il y avait papa qui n'était pas bien,
09:23qui, je voyais bien,
09:25qui déclinait là, de jour en jour.
09:27Il y avait toujours une aide soignante
09:29qui était avec lui quand même,
09:31qui essayait de le solliciter,
09:33et de me raconter un peu ce qui se passait aussi,
09:36ce qu'il faisait,
09:36qu'il mangeait quand même,
09:37qu'il avait de bons moments.
09:39Donc, c'est vrai que ça me tranquillisait.
09:44Il faut respecter la règle
09:45pour assurer la sécurité de l'un comme de l'autre
09:48et puis des autres personnes âgées.
09:50Après, le Skype était très, très apprécié.
09:53Alors, l'état de santé de l'un
09:57était beaucoup plus fragile que de l'autre.
09:59Et de fait, l'un était plus sensible que l'autre au Skype
10:02est plus réactif.
10:04Mais cette possibilité de se voir,
10:06même si on ne peut pas se toucher,
10:08si on n'est pas dans la même pièce,
10:09ce sont des moments d'émotion intenses.
10:20Je voyais bien que ça allait de moins en moins.
10:24Après, le médecin m'a vite appelée
10:26en me disant qu'il fallait que je vienne,
10:30que j'étais autorisée à venir le voir
10:35parce que vous voyez que ça n'allait pas bien.
10:39Que vous dire de plus, là, ce moment-là.
10:42Geneviève perd son père le samedi 18 avril au matin.
10:46Didier Karl, que j'avais interviewé avant,
10:48m'a écrit pour me prévenir.
10:49Il n'est pas rentré dans les détails,
10:51mais m'a dit qu'il était heureux
10:52de ce qui avait pu être fait pour eux.
11:00Ils sont très à l'écoute, je pense, au cas par cas.
11:04Donc, on en a beaucoup parlé d'abord
11:06avec le médecin, avec M. Karl,
11:10de voir ce qui était le mieux pour maman.
11:11S'il fallait qu'elle le voie ou pas.
11:13On a pensé que oui.
11:15Moi, je voulais y aller avec elle pour le voir.
11:18Et puis, bon, ils ont pensé qu'il valait mieux
11:19que ce soit peut-être d'abord l'aide soignante
11:22qui aille avec elle.
11:23Une aide soignante qu'elle connaît bien,
11:25qui est toujours avec elle.
11:26Et que moi, je sois sur place
11:27si jamais ça se passe mal.
11:29Voilà.
11:29Donc, maman a pu le voir.
11:32Et en ayant toutes les protections, bien sûr,
11:34parce qu'ils sont très, très, très équipés.
11:36M. Karl avait bien anticipé.
11:38Moi, j'ai pu voir maman tout de suite après,
11:41l'apaiser et voir papa,
11:43voir le médecin aussi.
11:45Ça a été d'un grand réconfort
11:47qu'ils prennent le temps de m'expliquer
11:48malgré toutes les activités,
11:51les problèmes qu'ils ont.
11:53C'est pour ça que je voulais
11:54leur rendre honneur à tous.
11:55Parce qu'ils sont vraiment tous super.
12:00Depuis le début du mois d'avril,
12:02des voix s'élèvent
12:03en faveur d'un confinement
12:04pour les personnes âgées
12:05jusqu'à la fin de l'année.
12:06Je trouve que c'est très difficile.
12:08On en revient au débat initial,
12:09c'est-à-dire protéger les résidents.
12:12Oui.
12:14Et pendant des mois, ce confinement,
12:17s'il n'est pas adapté,
12:18il va être dramatique.
12:20C'est depuis quelques jours,
12:22depuis un peu moins d'une semaine,
12:23qu'on commence quand même à voir
12:26le moral des résidents qui baisse.
12:28Alors, c'est la raison pour laquelle
12:31nous devons absolument travailler
12:33à réussir ce confinement.
12:35Et réussir ce confinement
12:36passe par quelle adaptation
12:38nous lui apportons.
12:40Évidemment, avec l'autorisation
12:41et les préconisations des pouvoirs publics.
12:43Mais ça signifie quoi ?
12:44Ça signifie comment on réintroduit
12:45des activités collectives
12:47en protégeant les résidents.
12:49Comment on réintroduit de la vie sociale.
12:52Comment on réintroduit
12:53les visites des proches.
12:55Voilà, donc si nous n'adaptons pas
12:57le confinement,
12:59si nous ne l'assouplissons pas
13:02et si nous ne permettons pas
13:04tout simplement aux gens
13:05de vivre à peu près normalement,
13:07ça va être un drame.
13:08Voilà, donc je ne doute pas
13:10que nous réussirons à l'adapter
13:12et à le rendre acceptable
13:14et vivable par tous.
13:15Parce qu'on parle des résidents,
13:17il faudrait aussi parler
13:17de la souffrance des familles
13:19qui est aussi extrêmement forte,
13:21qui ont des baisses de morale,
13:23qui ne vont pas bien
13:24et qui parfois simplement
13:25ont peur de ne pas pouvoir dire
13:27au revoir à leurs parents
13:29et de ne pas avoir l'occasion
13:31de les revoir.
13:32Même si la dérogation
13:35à l'interdiction de visite
13:36pour l'accompagnement
13:38de fin de vie est acceptée,
13:40une personne âgée peut décéder
13:42dans la nuit d'un arrêt cardiaque
13:43et n'ayant pas pu le voir
13:45pendant plus d'un mois et demi,
13:46ça signifie qu'on n'a pas pu
13:48quelque part lui dire au revoir.
13:57Aujourd'hui, il y a une animatrice
13:58qui m'a envoyé un mail
13:59pour me dire
14:00« Écoutez, on a vu votre maman
14:02ce matin,
14:04elle est triste,
14:05mais elle est bien.
14:06Et puisqu'il n'y a plus votre papa,
14:11que vous avez besoin de soutien
14:13l'une et l'autre,
14:14on va vous faire des Skype
14:15tous les jours si vous voulez,
14:17et puis ça me fait chaud au cœur.
14:20C'est vrai que je me sens soutenue,
14:25encadrée,
14:25voilà, c'est ça,
14:26et accompagnée.
14:29Je n'avais pas pu communiquer
14:31si je n'avais pas su tout,
14:34si vous voulez,
14:34comment tout s'est passé,
14:36pas pu voir papa
14:37dans ces derniers moments,
14:39pas pouvoir accompagner ma maman
14:41dans ces moments difficiles,
14:42sachant ce qu'elle avait.
14:43je l'aurais mal vécu,
14:45je pense que ma douleur
14:47est atténuée
14:48par l'intelligence
14:49qu'ils ont eue
14:49de tout mettre en place,
14:51par le soutien de tout le monde,
14:53et ils parlent aussi
14:54de l'avenir,
14:54donc ça,
14:55ça me rassure aussi.
14:58Claudia,
14:58on parle de Skype,
15:00mais pour être bien clair,
15:01Geneviève Desjans,
15:02elle a pu voir physiquement
15:03son père pour lui dire adieu,
15:04et aussi sa mère
15:05juste après la mort de son père ?
15:07Oui,
15:08elle a pu voir son père
15:09effectivement pour lui dire adieu,
15:11et elle a pu voir sa mère
15:12juste après
15:13pour la réconforter,
15:15et ça,
15:15ça fait partie
15:15des rencontres exceptionnelles
15:17qui sont mises en place
15:18en cas de fin de vie notamment.
15:20Et son père,
15:20on comprend qu'il n'est pas mort
15:21du Covid-19 ?
15:22Non,
15:23il n'est pas mort du Covid-19,
15:24il est mort de vieillesse,
15:25c'était un monsieur âgé,
15:26il avait 89 ans,
15:28il était tombé un mois avant,
15:29donc il n'était pas
15:29en très grande forme.
15:31C'est un EHPAD
15:32qui pour l'instant,
15:33au moment où on parle,
15:34il n'a pas été diagnostiqué
15:35de cas de Covid-19.
15:36Quand on écoute
15:37ce double témoignage,
15:38Claudia,
15:39on dirait que dans cet EHPAD,
15:40la situation va plutôt bien,
15:42que le personnel est bien équipé,
15:43ce n'est pas le cas partout.
15:45Oui,
15:46du coup,
15:46dans cet EHPAD,
15:47il n'y a pas de cas de Covid,
15:48ce qui est déjà énormément,
15:49et il y avait aussi
15:50un stock d'équipements de protection
15:52qui était assez important
15:53avant la crise.
15:54Mais ce n'est pas le cas partout,
15:56il y a des salariés
15:57dans d'autres établissements
15:57qui se plaignent
15:58de leurs conditions de travail
16:00et qui pensent
16:00que cela peut engendrer
16:02davantage de décès,
16:03et il y a même une plainte
16:04qui a été déposée
16:05très récemment
16:06contre un établissement parisien,
16:07parce que des familles
16:08soupçonnent
16:09qu'on leur cache
16:10les décès
16:11qui sont liés au Covid-19.
16:13Merci Claudia Prolongeau,
16:14merci également
16:15à Geneviève Desjeans
16:16et Didier Carles,
16:18ainsi qu'à Romain Gisolme
16:19et Marie Bonneau
16:20pour leur aide.
16:25Code Source
16:26est le podcast
16:26d'actualité du Parisien,
16:28disponible chaque soir
16:29du lundi ou vendredi.
16:30Si vous aimez Code Source,
16:32n'hésitez pas à nous le dire
16:32en mettant des petites étoiles
16:34et en vous abonnant
16:35sur votre application
16:36de podcast préférée
16:38comme Apple Podcast
16:39ou Podcast Addict.
16:40Cet épisode de Code Source
16:42a été produit par Stéphane Genest,
16:44réalisation Alexandre Ferreira.
16:49Sous-titrage Société Radio-Canada
16:49Sous-titrage Société Radio-Canada
16:53Sous-titrage Société Radio-Canada
16:54Sous-titrage Société Radio-Canada
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