- il y a 2 jours
Ce jeudi 19 mars, Frédéric Rozier, co-responsable de la gestion de portefeuille chez Mirabaud, et Yannick Lopez, directeur des gestions Taux et Solutions de Trésorerie chez OFI Invest, se sont penché sur la flambée des cours du gaz à cause des tensions au Moyen-Orient, la hausse des prévisions d'inflation de la BCE, l'augmentation du niveaux de cash dans les portefeuilles des investisseurs, les solutions précaires pour le marché de l'énergie, l'enquête accablante sur Accor effectuée par Grizzly, l'éventuelle suppression de 10% des effectifs de HSBC à cause de l'IA, et le double jeu de Bank of America dans le crédit privé, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Frédéric Rosier nous rejoint, co-responsable de la gestion de Mirabeau.
00:02Bonjour Frédéric.
00:03Bonjour messieurs.
00:04Yannick Lopez aussi était avec nous en ligne pour OffiInvest.
00:06Bonjour Yannick.
00:07On va parler de BCE ensemble dans un instant.
00:09Juste avant, quand même, Total Energy qui aujourd'hui ne gagne pas 1-2% comme les autres jours,
00:14mais gagne carrément 5% là.
00:15Il y a un pari qui est en train de faire le marché, Frédéric, sur la suite, le déroulement à
00:19venir de cette guerre ?
00:20Je pense que John a bien résumé la situation.
00:22C'est que quand on touche aux infrastructures, ça va être extrêmement complexe à remettre la machine en route.
00:29Donc on est parti pour un baril et du prix du gaz durablement élevé.
00:36Alors bien sûr, en cas d'arrêt des hostilités, on risque d'avoir une baisse brutale,
00:43mais on aura du mal à retrouver les points qu'on a connus avant conflit et peut-être pour un
00:48certain temps.
00:48Oui, il faudra plusieurs années, explique donc le patron de Qatar Energy,
00:52plusieurs années pour remettre en ordre de fonctionner ce qui a été détruit par l'Iran
00:57sur cette usine de GNL, la plus grosse du Qatar.
01:00Donc des soucis sur les infrastructures, ça, le marché n'aime pas.
01:03Les cours se tendent, pétrole, gaz, ça pèse sur les acteurs les plus énergivores.
01:07Toutes ces industries qui utilisent beaucoup de gaz, de pétrole pour fonctionner.
01:12Thyssen Krupp, dans la sidérurgie, perd 6%, aujourd'hui moins 6% à Francfort.
01:16On a aussi bien sûr ArcelorMittal à Paris qui perd 6%, pareil que Thyssen Krupp.
01:19On a dans la chimie BSF à Francfort qui perd 4%.
01:23L'Allemagne d'ailleurs particulièrement exposée, le DAX perd quasiment 3%.
01:27Là où le CAC perd 1,8% aujourd'hui, le DAX perd quasiment 3%.
01:30Oui, c'est... Alors le mix énergétique allemand, il est extrêmement défavorable.
01:36Ils importent quasiment le double de ce qu'on importe en produits pétroliers.
01:40On le sait, il y avait une dépendance au gaz russe.
01:42Finalement, ils se retrouvent avec d'autres dépendances encore extrêmement présentes.
01:46Donc c'est assez embêtant, honnêtement, ce qui se passe.
01:49C'est vraiment peut-être aujourd'hui le maillon faible de l'Europe.
01:52Ça va être la situation en Allemagne.
01:56Et d'ailleurs, on le voit dans les prévisions, ce qu'a donné la BCE.
01:59Je pense que la contribution à la révision, à la baisse de la croissance et à l'inflation,
02:04je pense qu'honnêtement, l'Allemagne doit contribuer énormément à cette révision.
02:08Oui, parce que la BCE, c'est vrai, et on va en parler maintenant en détail,
02:12a baisse sa prévision de croissance cette année en Europe.
02:15Elle attendait 1,2% de croissance cette année.
02:17Elle révise à 0,9%.
02:18En revanche, sa prévision d'inflation est revue nettement à la hausse, de façon spectaculaire même.
02:22Yannick, que retenez-vous ?
02:24La BCE, certes, annonce un statu quo sur les taux,
02:26mais relève fortement sa prévision d'inflation pour cette année et abaisse sa prévision de croissance.
02:32Oui, bon, ça, c'était logique et attendu.
02:36Je voudrais même ajouter que Mme Allegarde a mentionné le fait qu'ils avaient exceptionnellement arrêté les données au 11
02:46mars,
02:46donc plus tard que ce qu'ils ont l'habitude de faire lorsqu'il y a une réunion de BCE.
02:52Pour essayer de coller au plus proche, ça a amené ces chiffres que vous mentionnez,
02:59avec effectivement une inflation très fortement revue à la hausse sur 2026,
03:03mais aussi sur 2027, plus 0,2% sur le headline et plus 0,3% sur l'inflation au
03:10cœur.
03:10Mais j'ai regardé juste avant de vous prendre au fil, le baril était à 91 dollars le 11 mars.
03:17On est 20 dollars plus haut.
03:20Et juste pour se donner un ordre de grandeur,
03:24un baril 10 dollars en hausse sur une période de temps prolongée, c'est-à-dire 12 mois,
03:32c'est 0,4 point d'inflation en plus.
03:34Et là, on est 20 dollars plus haut.
03:37Donc déjà, ce que je veux dire, c'est que les chiffres-là qu'elle vient de nous montrer,
03:43c'est un peu daté, j'ai presque envie de dire, par rapport à la situation aujourd'hui.
03:47Je ne suis pas en train de dire que le baril va rester à 111 dollars pendant 12 mois,
03:52je dis juste qu'on est 20 dollars plus haut que déjà les chiffres qui ont été conservés de calcul.
03:58Donc c'est sûr que ce n'est pas très rassurant sur les perspectives d'inflation,
04:04mais après, Mme Lagarde, elle a fait une très bonne conférence de presse, je trouve.
04:09Elle a été relativement rassurante, peut-être à contrario de ce qu'a fait M. Bailey côté Banque d'Angleterre
04:14qui a mis une véritable détonation sur les marchés obligataires.
04:18Ça a complètement satellisé les taux anglais et pas récoché les taux européens.
04:23Je ne sais pas si vous avez vu, le 2 ans anglais, il a pris jusqu'à 40 centimes de
04:27hausse après la conférence de presse.
04:29Je trouve que Mme Lagarde, de ce côté-là, a été plus sereine, plus calme.
04:33Et c'est d'ailleurs pour ça, je trouve que les marchés ont plutôt réagi positivement
04:37et se sont un peu calmés depuis sa prise de parole.
04:40On ne se dit pas, Frédéric, à l'issue de sa conférence de presse,
04:42même si la BCE relève fortement sa prévision d'inflation,
04:44et qu'elle sera sans doute amenée, peut-être, si la guerre dure à la relever encore,
04:47on ne se dit pas qu'on est au bord d'une première hausse de taux, pas encore pour la
04:50BCE.
04:51C'est ce que je vous ai dit hier, je vous ai dit qu'on allait avoir un discours plus
04:53modéré
04:56parce qu'effectivement, on n'a aucune vue du côté transitoire ou pas de l'inflation
05:01parce que ça défend évidemment de la durée du conflit.
05:04Et donc, quand on sait ça, on doit avoir un discours qui est nuancé
05:08et je pense que son discours de Mme Lagarde va dans ce sens-là
05:13et n'est pas là pour affoler le marché et quelque part, peut-être même à le rassurer.
05:19– Des taux obligataires qui se restent un peu en Europe,
05:22mais de façon vraiment modérée, le 10 ans français est à 3,64 en ce moment.
05:27Ce n'est pas facile, très compliqué pour les banques centrales
05:30d'apporter de la visibilité au marché, elles essayent à chaque fois d'en apporter
05:33et elles n'en ont aucune.
05:34C'est très difficile, le marché déteste l'absence de visibilité,
05:38le CAC est en être repli.
05:39Vous-même, comment vous faites là ?
05:40Est-ce que vous dites, face à ce manque de visibilité, on évite d'investir ?
05:43– C'est un de nos auditeurs d'ailleurs qui nous dit, il s'appelle Belgian Investor,
05:47alors j'imagine qu'il nous écrit de Belgique, il nous a écrit sur le Félix BFM Bourse,
05:50il nous dit, moi je n'achète rien en ce moment, aucune valeur au vu de la situation,
05:54même faire de l'investissement long terme est inopportun, il faut attendre,
05:57c'est la plus sage des attitudes à mettre en avant.
05:59Est-ce que vous partagez cet avis Frédéric de notre auditeur Belgian Investor ?
06:02– Oui, alors je trouve que la séance d'aujourd'hui est assez intéressante.
06:07– Alors je ne dis pas que la baisse est finie, attention on en est loin,
06:11mais il y a une forme de capitulation dans le mouvement,
06:15ça ne vous a pas échappé, les actifs refuges baissent de manière assez significative,
06:20que vous commencez, j'en parlais hier, d'avoir des petits points de support
06:24sur certains pans d'activité, on parlera tout à l'heure du crédit,
06:29mais sur certains pans d'activité, notamment la partie logicielle,
06:32on voit que la sanction, typiquement des acteurs comme Accenture et autres,
06:35peut-être que les sanctions qui ont devancé le problème d'aujourd'hui
06:41permettent d'amortir quelque part l'amplitude de la baisse,
06:46donc peut-être que le marché est en train, en plus c'est de manière technique,
06:49je pense que les chartistes vont parler des 200, des moyennes mobiles et autres,
06:52mais voilà il y a plein de choses qui vont se travailler à mon avis sur les niveaux,
06:564500 sur l'or, sur le S&P on a peut-être des points qui sont tentants de jouer,
07:02je ne dis pas qu'il faut revenir massivement sur le marché,
07:04mais je pense que le marché est en phase de capitulation.
07:09Alors les 4500 sur l'or, il va falloir y penser sérieusement, 4619,
07:14on a complètement décroché des 5000,
07:16alors en plus du repli sur le dollar qui s'est organisé
07:20et qui provoque ce désengorgement de l'or,
07:22on a des analyses qui estiment que les fonds du Golfe
07:24sont en train de se désengager au maximum de l'or en ce moment
07:28pour sécuriser du cash, pouvoir réinvestir quand il faudra remettre un petit peu le couvert,
07:34dans les infrastructures, dans tout ça,
07:36ou dans la guerre d'ailleurs, on n'espère pas.
07:38C'est le point que j'avais souligné,
07:40c'est-à-dire que l'or est devenu très financiarisé quelque part
07:44et c'est un actif, finalement une monnaie comme une autre
07:47et qui permet de colmater les brèches,
07:49la rustine un petit peu des placements qui commencent à décoter.
07:53Donc quand on fait face à des appels de marge,
07:55à des problématiques sur les taux,
07:57à des problèmes géopolitiques,
07:59contrairement à ce que disaient nos parents, grands-parents,
08:03l'or n'est pas forcément dans un premier temps une valeur refuge,
08:06mais peut-être même finalement le tout commun,
08:09l'argent qu'on utilise pour dépenser au moment où on doit dépenser.
08:13C'est le même phénomène qu'hier,
08:14où hier les banques reculaient parce qu'elles ont tellement cartonné l'an dernier
08:17que pareil, les investisseurs viennent chercher du gras là où ça a marché
08:20et donc comme l'or qui avait bien marché,
08:22le secteur bancaire aujourd'hui subit des prises de bénéfices.
08:25Société Générale perd 7% à l'instant où on parle,
08:27c'est la plus forte baisse du cas, qu'Antoine.
08:29Frédéric, c'est vrai qu'on cristallise tout autour du détroit d'Hormuz
08:33et on se plaît à dire 20% du trafic mondial,
08:37notamment du pétrole qui passe par là.
08:40Ça veut quand même dire aussi accessoirement
08:41qu'il y a 80% du trafic du pétrole qui passe par autre part.
08:45Est-ce que, non mais voilà, il faut remettre les choses dans leur contexte.
08:48Est-ce qu'on a aussi d'autres points d'évasion,
08:52d'autres backups comme on dit,
08:53pour essayer de fluidifier le marché du pétrole ?
08:57On va parler du marché français.
08:58Marché français, grosso modo aujourd'hui,
09:00en termes d'importation de produits pétroliers,
09:03on a divisé depuis les années 70 par trois.
09:06Aujourd'hui, un tiers des importations viennent des Etats-Unis,
09:10on a changé le chemin d'approvisionnement.
09:12Plus d'autres voies, il y a une partie qui vient également de l'Afrique subsaharienne.
09:16Donc, oui, il y a une petite dépendance,
09:18mais juste pour vous dire,
09:19tout à l'heure, on parlait du prix du Brent.
09:21Est-ce que vous avez remarqué l'écart de valorisation entre le WTI et le Brent ?
09:25Il est sur des niveaux très, très élevés.
09:27Pourquoi ?
09:28Je l'avais souligné,
09:29c'est le WTI produit aux Etats-Unis
09:32avec des problèmes de raffinage qu'on connaît,
09:35son exportateur,
09:36et quelque part, ils ont peut-être un problème de débouché par rapport à WTI.
09:39Donc, le WTI qu'on importe,
09:41puisque c'est un tiers de nos importations,
09:43lui a tendance plutôt à bloquer sur des niveaux élevés.
09:47Donc, finalement, quand je regarde,
09:49et on a adapté d'ailleurs,
09:50les grandes raffineries françaises se sont adaptées également au raffinage de WTI.
09:54Donc, ce qui fait que, honnêtement,
09:56on ne va pas faire cocorico,
09:58mais je pense que la situation française entre le nucléaire,
10:01les chemins d'approvisionnement qu'on a sur les produits raffinés et non raffinés,
10:06aujourd'hui, nous mettent quelque part en meilleure posture.
10:08Alors, on ne va pas se réjouir parce que nos camarades européens
10:11ne sont pas dans une bonne position,
10:13mais nous mettent dans une situation
10:15qui est peut-être moins défavorable aujourd'hui.
10:17Et c'est pour ça que je suis plutôt inquiet pour l'Allemagne,
10:20parce que l'Allemagne, je ne vois pas honnêtement dans cette situation.
10:23Avec ce qu'ils ont modifié comme approvisionnement,
10:25sur le gaz notamment,
10:27comment ils peuvent s'en sortir ?
10:28Avec du charbon, Frédéric.
10:29Avec du charbon.
10:30Bien sûr.
10:30Ou ouvrir des charbons.
10:32Quand on veut mettre des panneaux solaires du côté d'Ambourg
10:38ou des éoliennes en Bavière,
10:40il faut bien s'entendre que le rendement de ce genre de choses,
10:43quand il n'y a pas de soleil ou il n'y a pas de vent,
10:45c'est compliqué.
10:46Donc, ils sont en train effectivement de réfléchir à changer le mix énergétique,
10:49pour le coup,
10:50et là, ça les pénalise et ça va les pénaliser.
10:53Comme l'Italie, qui dépend beaucoup du gaz,
10:56parce que c'est une grande industrie encore l'Italie,
10:57et Giorgia Meloni plaide pour un assouplissement des émissions de quotas de CO2.
11:02Oui, mais alors attention, l'Italie,
11:03ils ont quand même une politique,
11:04pour ceux qui connaissent,
11:05et vous savez que je connais très bien l'Algérie,
11:06ils ont des accords de partenariat avec l'Algérie,
11:09qui est un énorme producteur de gaz
11:11et peut-être parmi les plus grosses réserves de gaz au monde.
11:13Et les Italiens ont quand même assez bien organisé la chose
11:16pour pouvoir contourner les problématiques qu'on a notamment avec le Qatar.
11:22C'est très important ce que vous nous dites,
11:23parce que c'est vrai que la France a du mal en ce moment en Afrique du Nord.
11:25En revanche, les Italiens sont en train de pousser
11:27leurs pions.
11:28Il y a Eni aussi avant-hier qui a annoncé
11:29avoir fait une découverte majeure de gaz au large de la Libye.
11:31Les Italiens sur le gaz nord-africain
11:34sont en train de pousser des pions.
11:35On oublie, c'est que dans le Maghreb,
11:37il y a les plus grosses réserves de gaz aujourd'hui,
11:40il y a aussi les plus grosses réserves d'eau,
11:41mais ça on le sait un peu moins,
11:42et de réserves pétrolières.
11:45Pas totalement exploitées,
11:46donc c'est pas mal d'avoir aussi des relations plutôt apaisées
11:48dans cette partie du monde,
11:50parce qu'honnêtement,
11:52un gazoduc, un oléoduc qui va par exemple
11:55d'Oran ou d'Anaba jusqu'à Marseille,
11:58c'est quand même moins compliqué à mettre en place
12:00que de venir du Moyen-Orient.
12:03Oui, c'est ça.
12:03Vous pensez qu'un jour le détroit de Gibraltar
12:05sera le nouvel Orbouz ?
12:07Peut-être.
12:07Non, non, peut-être.
12:08Oui, oui, certainement même.
12:10Les valeurs qui se distinguent,
12:11au-delà de cette actualité géopolitique très très lourde,
12:13Accor, quand même,
12:13il faut qu'on en parle, d'Accor,
12:14moins 6%.
12:15Alors, il y a l'impact de la guerre,
12:16quand même, bien sûr,
12:17ça impacte le tourisme,
12:18mais il y a aussi Grizzly Research.
12:19Grizzly Research qui prend une position vendeuse,
12:24cherchait à empêcher suffisamment
12:26l'exploitation sexuelle des mineurs dans ces hôtels.
12:29Alors ça, moins 8, moins 7%, Accor.
12:31Il faut être prudent avec ce qu'on dit
12:32parce que c'est un sujet suffisamment grave.
12:34Oui.
12:35Alors, j'ai regardé ce fameux Grizzly,
12:38mais c'est un peu comme Gotham et autres,
12:39c'est-à-dire qu'ils font des études,
12:41ils se mettent short,
12:42donc il y a une confusion aussi un peu d'intérêt là-dessus.
12:45Juger parti, oui.
12:46Juger parti, donc l'étude, en gros,
12:48ils ont envoyé des réservations à 250 hôtels.
12:55de la gamme Accor.
12:56Je ne sais pas pourquoi,
12:56mais ils ont vraiment ciblé Accor
12:58et une quarantaine pour d'autres sociétés.
13:01Sur les 250, avec des propos et des engagements
13:04qui laissaient peu de doute
13:05sur la finalité de la réservation hôtelière.
13:09sur les 250, il y en a 46 qui ont reçu
13:12une validation finalement de réservation
13:16et un tiers de ces réservations
13:18venaient notamment de Russie
13:19et des pays ex-Russie.
13:22Et ça concerne effectivement
13:25la problématique notamment ukrainienne
13:27et des orphelins d'Ukraine.
13:29Il y a eu d'autres problématiques dans d'autres pays,
13:30mais pour ce modo, c'est...
13:32L'exploitation des mineurs
13:33autour de la guerre en Ukraine.
13:34Alors, il faut être clair,
13:35est-ce que oui ou non,
13:37Accor a plein de responsabilités...
13:39Oui, ils ont une responsabilité,
13:40mais il y a un engagement moral
13:41et c'est aussi dans les directives RSE
13:43et autres du groupe
13:44sur le contrôle de tout ça.
13:46Est-ce qu'ils ne sont pas aussi victimes
13:48d'agissements locaux ?
13:50Ça, c'est aussi probable.
13:52Donc, je ne suis pas à l'aise avec...
13:54Les directions, je pense qu'il faut prendre
13:55un peu de mesure dans tout ça.
13:58Ça veut dire aussi qu'il y a plus de 200 hôtels
14:00Accor sur les 250
14:02qui ont fait leur travail
14:03d'identification du risque.
14:06Donc, je pense que ça mérite peut-être
14:07un peu plus de nuances,
14:09même si le sujet, je répète,
14:10est extrêmement grave
14:11et il doit être traité avec rapidité
14:12par la direction d'accord.
14:13Voilà, c'est un vendeur à découvert
14:15qui a mené cette enquête.
14:16Oui, dans les conditions aussi, voilà.
14:18Voilà, exactement.
14:19Et cette enquête le mène à actionner
14:21des ventes sur Accor.
14:23Accor aujourd'hui est en repli
14:24d'un peu plus de 6,3%.
14:26Et puis, on voulait aussi vous parler
14:27du crédit privé, quand même.
14:28Ce marché du crédit privé,
14:29vous savez, beaucoup craignent
14:31que la prochaine crise financière
14:32vienne de ce segment du crédit privé.
14:34Est-ce que certains grands acteurs américains
14:35ont un double jeu, font double jeu ?
14:37D'après l'EFT, oui.
14:38Bank of America, par exemple,
14:40d'après l'EFT, propose à ses clients
14:42des stratégies pour parier contre le crédit privé
14:45alors que la même Bank of America
14:48prête à des acteurs du crédit privé.
14:50On ne comprend pas très bien.
14:50Il conseille d'un côté de vendre
14:52les acteurs du crédit privé
14:54en même temps qu'il prête
14:55à ces mêmes acteurs du crédit privé, Frédéric.
14:57Oui, à la limite, on se rappelle,
15:00par exemple, JP Morgan,
15:01il y avait Jimmy Diamond
15:02qui avait sa position,
15:03son stratégiste qui avait
15:04une position totalement inverse.
15:07Est-ce qu'il y a un loup ou pas ?
15:08Les banques sont quand même,
15:10en théorie, cloisonnées.
15:11C'est ce qu'on appelle
15:11la muraille de Chine.
15:12Et entre ce que préconise l'investissement
15:15et ce que préconise la banque d'investissement,
15:18le financement,
15:19ça peut être deux approches
15:20totalement différentes.
15:22Donc, on peut avoir des gens
15:22totalement honnêtes dans leur approche,
15:25tout simplement,
15:26parce qu'ils n'ont pas
15:27les mêmes perspectives.
15:28Alors, sur le crédit privé,
15:29on le rappelle, la problématique,
15:31c'est qu'on estime un marché
15:32qui pèse 2000 milliards de dollars,
15:34qui a 300 milliards,
15:36peu ou prou,
15:37qui est logé, notamment,
15:38dans l'activité software
15:41qui, aujourd'hui,
15:42est sous pression
15:43à cause d'anthropiques
15:44et des conséquences
15:46derrière de l'intelligence artificielle.
15:47Et donc, la question
15:48qu'on se pose tous,
15:50c'est d'ici, notamment,
15:51en 2027,
15:51où il y a une sorte de mur
15:52de la dette et du refinancement,
15:54est-ce que, oui ou non,
15:55ces sociétés qui sont sous pression
15:56et dont les valorisations
15:57sont réajustées
15:58par l'ensemble des acteurs,
16:00JP Morgan,
16:01Bank of America et autres,
16:03réajustent à la baisse,
16:04quand même, là-dessus.
16:04Donc, ils ont identifié le risque.
16:06Est-ce que, oui ou non,
16:07ce secteur ne va pas
16:08imploser quelque part
16:09et provoquer
16:11une sorte de crédit crunch
16:13sur l'ensemble de la dette ?
16:14Donc, c'est une question.
16:16Maintenant, je répète,
16:17normalement,
16:18les établissements,
16:19et en tout cas,
16:20en Europe,
16:20c'est fait comme ça
16:21et aux États-Unis,
16:22il n'y a aucune raison
16:22que ce soit fait différemment.
16:23Normalement,
16:24il y a une séparation
16:24des activités
16:25et les décisions,
16:28les directions
16:29peuvent être,
16:29des fois, contradictoires.
16:30Oui, parce que,
16:31d'après le FT,
16:32Bank of America
16:32suggère à ses clients
16:34de parier contre
16:35des sociétés européennes,
16:36notamment liées au crédit privé,
16:37qui n'ont pas assez baissé
16:38d'après Bank of America.
16:39Et parallèlement,
16:40les analystes
16:41de Bank of America
16:42disent que chaque repli,
16:44chaque baisse de valeur
16:45du crédit privé
16:46offrira des points d'entrée.
16:47Alors là,
16:47c'est...
16:48Mais c'est pas les mêmes...
16:49Mais c'est cloisonné, quoi.
16:50C'est cloisonné,
16:50c'est pas les...
16:51Normalement,
16:52pas les mêmes approches.
16:54Ben voilà,
16:55décryptage.
16:56Et d'après Bloomberg,
16:57d'autres acteurs
16:58joueraient la même partition,
17:00on va dire,
17:00que Bank of America.
17:01Goldman Sachs,
17:02Fréparé,
17:02JP Morgan également.
17:03Honnêtement,
17:04toutes les banques américaines.
17:05À mon avis,
17:05toutes les banques américaines
17:06sont dans cette logique.
17:07Entre le retail,
17:08donc la banque
17:10destinée à la clientèle privée
17:11et la banque d'investissement,
17:13on peut avoir vraiment
17:14des politiques différentes.
17:15Oui, oui.
17:16Mais du point de vue de la banque,
17:17si on prend le résultat
17:18de tout ça au global,
17:19c'est face,
17:19je gagne,
17:20pile, tu perds, quoi.
17:21C'est un peu ça, quand même.
17:23Oui, mais on l'a vu,
17:24je répète,
17:25JP Morgan était un cas
17:26assez symptomatique,
17:28c'est qu'on avait
17:29quand même le patron
17:30de JP Morgan,
17:30qui avait sa vision du marché
17:32et aussi des cryptos,
17:33et qu'on avait
17:34l'ensemble de ses équipes
17:35et notamment le stratégiste
17:36en chef,
17:37qui voyait totalement différent.
17:38Donc, voilà,
17:39il y a des cloisonnements
17:39qui s'opèrent aussi
17:40dans ces établissements.
17:41Frédéric Crozier,
17:42son décryptage des marchés.
17:43Merci Frédéric.
17:44Mirabeau régulièrement
17:45à nos côtés.
17:46Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires