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  • il y a 9 heures
Ce mardi 17 mars, la situation au Japon avec un yen toujours sous pression et le timide rebond de la consommation en Chine, ont été abordés par Patrick Zweifel, chef économiste de Pictet Asset Management, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Et comme chaque mardi, nous faisons un focus sur l'Asie.
00:03Et ce matin, c'est Patrick Zweifel qui nous attend, le chef économiste de Pictet Asset Management.
00:07Bonjour Patrick Zweifel, merci d'être avec nous en direct ce matin dans Good Morning Market sur BFM Business
00:12pour revenir notamment sur la situation au Japon avec un Yen qui est toujours sous pression
00:17puisqu'on a un Yen qui est aussi juste en dessous des 160 Yen pour un dollar
00:23avec une semaine importante qui s'ouvre également pour le Japon
00:26dans le sens où la Banque centrale du Japon est attendue au tournant jeudi
00:30dans un contexte où on a un Yen qui est faible
00:33et dans un contexte également où, comme partout, les matières premières continuent de progresser
00:38et le Japon, pour rappel, est très dépendant du pétrole du Moyen-Orient.
00:43Oui absolument, bonjour Étienne, merci de m'avoir dans votre émission.
00:48Alors tout à fait, c'est vrai que le Japon est un des pays d'Asie
00:52qui dépend le plus des importations du Moyen-Orient, comme on le sait.
00:56C'est 75% en gros des importations japonaises qui transitent par le détroit d'Hormuz.
01:03Donc évidemment, tant que le détroit d'Hormuz est fermé, ça met le Japon sous pression.
01:07Ça, c'est le premier élément.
01:08Le deuxième, fort heureusement pour le Japon, ils ont les plus grosses réserves stratégiques de pétrole.
01:14Donc on parle de 6 à 8 mois.
01:15Donc ils ont effectivement quand même une période tampon qui leur permet
01:19de passer à travers cette période un peu plus difficile.
01:22Mais ce que les marchés sont évidemment en train d'intégrer, c'est un choc
01:27qui inévitablement va arriver, qui est déjà là, qui va arriver sur le prix des matières premières.
01:35Un des autres avantages quelque part du Japon, c'est que précisément grâce à ses réserves notamment,
01:40mais grâce aussi à sa diversification vers d'autres énergies,
01:46si on prend les énergies qui viennent du Moyen-Orient, ça représente 15 à 20% du total de l
01:53'énergie primaire
01:54pour la consommation japonaise.
01:57Donc ça reste un gros chiffre, mais l'avantage du Japon, c'est que ça permet effectivement
02:04de lisser tout impact de chocs pétroliers.
02:07Donc on parle de 30 à 40% d'augmentation du prix de l'énergie, ça conduit à 0,2,
02:130,3% d'impact sur l'inflation finale.
02:16Donc c'est moins que dans d'autres pays, notamment même par rapport aux États-Unis et à l'Europe,
02:20grâce à cette diversification vers d'autres sources et les réserves qu'ils ont en place.
02:27Tout dépend bien sûr des scénarios sur la durée du conflit en Iran,
02:33mais quand vous regardez aujourd'hui un baril de pétrole à 100 dollars,
02:37un marché qui était très optimiste en début d'année sur le Japon,
02:40pour rappel le Nikkei avait gagné plus de 10% sur la période janvier-février
02:44avec le plan de relance de Sanae Takashi,
02:46qui d'ailleurs dans son plan de relance avait des mesures pour limiter l'impact des matières premières,
02:51est-ce qu'aujourd'hui vous ne vous dites pas que cette tendance macroéconomique
02:54elle sera un petit peu abîmée au vu du contexte géopolitique
02:58et donc de cette remontée de facto des cours du pétrole ?
03:02Oui alors absolument, je crois que c'est, vous avez raison de le dire,
03:07ça va évidemment dépendre de la durée du conflit,
03:10et surtout plus que la durée du conflit, de la durée de la fermeture du détroit d'Hormuz.
03:16Après, par rapport à d'autres chocs pétroliers qu'on a eu dans le passé,
03:20notamment celui de 2022, on est rentré dans ce choc avec une économie japonaise qui se portait bien,
03:26on croissait, enfin la croissance 2025 était vers 1,2, 1,3,
03:33ce qui est quasi le double de son potentiel de croissance,
03:36donc comme vous le dites, ça réduit quelque part l'aspect positif,
03:40mais ce n'est pas un retournement de tendance.
03:44Je crois que pour revenir à votre premier point,
03:46je crois que sur la réunion de la Banque du Japon qui aura lieu ce jeudi,
03:51elle est effectivement clé, dans la mesure où le Japon pour le moment a un taux à 0,75,
03:58qu'on considère comme étant grosso modo le point neutre japonais.
04:02Or, comme je disais, la croissance est au-delà du potentiel,
04:04l'inflation, si on prend le super-corps hors énergie, aliment, etc.,
04:08on est à 2,6, donc on est dans une situation où on est au-delà de la cible,
04:12au-delà du potentiel, donc le Japon devrait déjà avoir des taux quelque part au-delà de son taux neutre.
04:18Et je crois que c'est ce qui pousse effectivement le Yen à la baisse.
04:22Donc tant qu'on a cette combinaison d'un taux quelque part trop bas,
04:24d'une inflation trop élevée, on va se retrouver avec un Yen faible,
04:28mais il est tellement faible qu'il y a un moment dans l'année
04:31où effectivement ça vaudra la peine de se repositionner sur le Yen,
04:35parce qu'on parle d'une valorisation qui est, selon son estimation,
04:39qui est plutôt vers les 130, donc sous-évaluée d'à peu près 18 à 20%,
04:46avec une comparaison historique qui nous le met à peu près à un écart et demi
04:50au-dessous de sa valeur correcte.
04:54D'où l'appétit cette nuit, notamment sur le 20 ans,
04:56puisque le pays a émis une obligation à 20 ans qui s'est très bien déroulée,
05:01avec plus de trois fois le montant proposé.
05:05Un mot cette fois, Patrick Zweifel de la Chine,
05:07avec, on l'a vu hier, des données qui étaient plutôt encourageantes
05:09sur la consommation et sur l'industrie, bref, tout cela peut nous amener
05:13à dire que le pays est quand même plutôt bien passé,
05:16placé pour traverser cette crise géopolitique.
05:19Oui, alors absolument, par rapport à l'exposition,
05:23on parlait du Japon, l'exposition chinoise au Détroit d'Hormuz,
05:26c'est 45% de ses importations, mais c'est seulement 6 à 7%
05:30de sa consommation totale d'énergie.
05:31Donc c'est trois fois moins que le Japon,
05:34avec des réserves qui sont estimées à quatre mois,
05:37donc deux fois moins que le Japon, mais largement mieux positionnées
05:40que le Japon face à cette crise.
05:44Et comme vous le disiez, effectivement, les chiffres qu'on a eus
05:48dans la nuit de dimanche à lundi chinois montrent une activité qui est solide.
05:54On avait d'abord eu des chiffres d'exportation qui étaient extrêmement forts,
05:58en hausse, si on lise sur les trois derniers mois,
06:00pour éviter un choc lié au nouvel an chinois,
06:03on est en hausse en volume d'à peu près 13 à 15%,
06:07donc un chiffre très gros,
06:08et qui a été surtout tiré par toujours cette vague liée à l'IA,
06:13avec une exportation de circuits intégrés qui était en hausse de plus de 70%.
06:17Donc très forte croissance des exportations,
06:20la production industrielle se tient très bien en conséquence.
06:23Et on a aussi eu un rebond des composantes domestiques,
06:26d'une part la consommation, d'autre part l'investissement.
06:29Seul l'immobilier reste à peu près nulle part,
06:32avec toujours aucun rebond du côté des ventes,
06:38et des prix de l'immobilier qui sont toujours en baisse.
06:40Merci beaucoup Patrick Zweifel de nous avoir accompagné ce matin en direct depuis Genève.
06:44Je rappelle que vous êtes le chef économiste de PICT Asset Management
06:46pour revenir à chaud sur ces derniers indicateurs en Chine,
06:50et sur la situation au Japon qu'il faudra suivre de près,
06:53avec notamment la Banque centrale du Japon qui prendra la parole jeudi,
06:56tout comme la BCE d'ailleurs.
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