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  • il y a 10 heures
Ce mardi 10 février, les belles performances des marchés asiatiques depuis le début de l'année, le Nikkei qui salue la victoire de Sanae Takaichi, et la consommation en Chine qui est au ralenti, ont été abordés par Alexandre Werno, directeur général de BNP Paribas ABC Wealth, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Comme chaque mardi à 9h30, nous parlons de l'Asie et ce matin nous sommes en direct depuis Shanghai avec Alexandre Verneau qui est directeur général de BNP Paribas, ABC Wells.
00:10Bonjour Alexandre Verneau, merci de nous accompagner ce matin en direct depuis la Chine afin de revenir notamment sur les belles performances des marchés asiatiques depuis le début de l'année,
00:22sur la consommation également dans le pays, juste avant un petit mot sur le Japon qui a encore gagné 2% ce matin, le Nikkei plus précisément,
00:29après déjà un plus 4 hier avec donc des élections législatives qui se sont très bien déroulées pour Sanéi Takachi ce week-end.
00:36Quelles sont pour vous les implications pour la Chine par rapport à cette victoire ?
00:41Bonjour Etienne, je confirme effectivement que cette victoire très nette il y a deux jours apporte clairement d'un point de vue interne de la stabilité et de la visibilité,
00:50notamment dans un contexte d'inflation japonais, un support de la consommation interne par les dépenses publiques qui a clairement été annoncée.
01:00Néanmoins d'un côté géopolitique c'est un peu plus incertain, il y a des intentions sur la modification de la constitution,
01:05l'augmentation des dépenses militaires et un partenariat renforcé avec les États-Unis,
01:10mais la situation avec la Chine me semble beaucoup plus aléatoire, notamment en lien avec la question de Taïwan
01:17qui a été soulevée déjà en fin d'année dernière par la nouvelle ministre et qui en fait a créé vraiment des tensions très importantes avec la Chine.
01:25Si je les compare par rapport à 2012, les tensions sont probablement le double et les impacts potentiels pour le Japon en fait pourraient être assez importants.
01:34Je rappelle que les échanges bilatéraux entre la Chine et le Japon, ça représente annuellement 300 milliards d'US dollars,
01:42donc c'est très très conséquent. Et par rapport à 2012 en fait, qui était la crise précédente entre la Chine et le Japon,
01:48la Chine s'est très très autonomisée en fait vis-à-vis du Japon, ce qui n'est pas forcément le cas du Japon.
01:52Donc lorsque la Chine coupe les commandes et les exports de terres rares vers le Japon,
02:00lorsque des biens avec des usages doubles, notamment militaires, sont aussi restreints à l'exportation,
02:06l'impact sur le Japon est assez important.
02:08Et le Japon dépend beaucoup des exportations vers la Chine.
02:11Donc de ce point de vue-là, l'impact pour le Japon peut être relativement important.
02:15Et je ne parle pas bien entendu du tourisme, qui s'est beaucoup développé du tourisme chinois au Japon,
02:19qui pourrait aussi avoir un impact aussi important.
02:21Donc au global, je dirais que ça reste assez incertain,
02:23mais c'est plutôt perdant pour le Japon potentiellement que pour la Chine.
02:28Du côté de la Chine, on voit le Politburo, mais également Xi Jinping,
02:32qui a envie de faire repartir la consommation dans le pays.
02:35Néanmoins, il y a un double discours entre les acteurs locaux et certains acteurs étrangers,
02:40européens ou américains, qui voient quand même une consommation en Chine contrastée.
02:44Comment vous regardez cette situation, vous qui êtes sur place à Shanghai ?
02:49C'est clair qu'entre les intentions, le discours et ce qui se passe,
02:52il peut y avoir un gros écart.
02:54Ce qui est clair, c'est que pour 2026, si je parle d'abord de la croissance prévue pour la Chine,
02:59on reste toujours à des niveaux relativement élevés, notamment par rapport à des standards européens,
03:02compris entre 4,5 et 5%.
03:05Donc pour l'instant, l'impact des tarifs américains ne se sont pas encore trop fait sentir.
03:10Donc au global, ça reste relativement attractif.
03:12Par contre, on se rend bien compte que la Chine ne peut plus dépendre des exportations
03:16comme je le faisais par le passé, même si elle s'est déjà attaquée à d'autres marchés
03:19au-delà de l'Amérique du Nord et des États-Unis.
03:22Et donc de ce point de vue, la relance de la consommation interne qui reste assez à tonnes
03:27est très importante.
03:28Et comme vous le soulignez, le 15e plan quinquennal de la Chine,
03:34donc sur 2026-2031, dont des éléments ont déjà circulé dans la presse
03:40et dans des annonces en Chine et qui sera officialisé en marche prochaine,
03:44mais clairement en exerce la nécessité de la relance de la consommation interne,
03:48notamment via une politique de l'offre, donc via des subventions,
03:52via des réductions d'impôts d'entreprise.
03:53Donc ça ne vous éteindra pas en Europe que la Chine joue ce jeu-là.
03:56Mais aussi, ce qui est aussi important, c'est des investissements assez massifs
03:59dans ce qu'on appelle l'industrie avancée, dans une montée en gamme des industries à valeur ajoutée.
04:05Donc plus que de la capacité comme c'était à l'époque,
04:09vraiment des dépenses en R&D et avec des applications concrètes.
04:13Maintenant, en termes de recherche et développement, la Chine se situe à des niveaux comparables
04:17à ce qui se fait aux Etats-Unis, donc à 2,5% du PIB par an.
04:21Et aussi, le support de partenariats très très efficaces entre la sphère publique et la sphère privée.
04:28Je cite souvent des exemples dans les universités qui se mettent en partenariat
04:32avec des fonds d'investissement, notamment sur le domaine de la biotech.
04:35Donc tout ça, en fait, ce plan quinquennal, potentiellement,
04:38pourrait être un facteur de support de la consommation via l'offre.
04:41Au global, il est très clair que la Chine, via ce plan quinquennal,
04:47cherche à jouer sur plusieurs leviers et aussi, notamment, la défense.
04:52Dans ce contexte, comment vous arbitrez les portefeuilles aujourd'hui,
04:55Alexandre Verneau, chez BNP Paribas, à ABC Wells,
04:58dans un contexte où on a une très belle performance, là quand même,
05:01depuis le 1er janvier, que ce soit à Shanghai, plus 4%,
05:04le Hang Seng gagne 10%, le Nikkei au Japon gagne 11%,
05:08autant d'indices qui sont portés, pas qu'eux, mais aussi par les valeurs liées aux semi-conducteurs.
05:14C'est vrai que l'Asie n'échappe pas à la règle, comme à Wall Street,
05:17ce sont les valeurs IA qui portent la tendance.
05:21Je confirme, on est beaucoup, que ce soit sur le marché chinois,
05:27H-Action H, donc à Hong Kong, que sur le marché A, à Shanghai et à Shenzhen,
05:32et donc vous citez aussi le Japon, les valeurs tech ont clairement le vent en poupe.
05:38Ce qui est un peu différent par rapport à ce qu'on voit en Europe et aux Etats-Unis, me semble-t-il,
05:42c'est que ce secteur tech IA a des applications très, très concrètes, en fait.
05:47Donc on parle vraiment de hardware, plutôt de software.
05:50Typiquement, les applications en termes de robotique sont très importantes en Chine,
05:56avec des boîtes qui se développent en permanence,
05:59des IPO quasiment tous les mois sur ce secteur-là à Hong Kong.
06:04Donc effectivement, c'est un secteur très, très dynamique.
06:06Donc je dirais, ce n'est pas simplement l'IA,
06:08mais c'est vraiment des applications très, très concrètes qui sont appliquées dans l'industrie.
06:11Merci beaucoup Alexandre Verneau, nous avoir accompagné ce matin,
06:15directeur général de BNP Paribas ABC Wells depuis Shanghai,
06:19pour revenir donc sur cette très belle performance des indices asiatiques
06:21depuis le début de l'année et sur l'allocation dans vos portefeuilles.
06:259h40 sur BFM Business.
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