- il y a 8 heures
Ce vendredi 13 mars, Léa Dauphas, chef économiste chez TAC Economics, Louis de Montalembert, gérant chez Sunny Asset Management, Pierre Schang, responsable des pôles France et Impact chez la Financière de l'Echiquier, et Patrice Gautry, chef économiste chez l'Union Bancaire Privée, sont revenus sur l'impact de la guerre sur la croissance, l'inflation et les taux d'intérêt, dans la semaine de Marc dans l'émission C'est Votre Argent présentée par Marc Fiorentino. C'est Votre Argent est à voir ou écouter le vendredi sur BFM Business.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:02BFM Business présente
00:06C'est votre argent
00:08Marc Fiorentino
00:10Oui je sais, je sais, tous les spécialistes médiatiques du Covid se sont reconvertis en spécialistes du détroit d'Hormuz.
00:17Vous avez vu, il y en a plein, les plateaux, c'est incroyable.
00:19Tous les gens qui connaissent le détroit d'Hormuz, je ne savais pas qu'on avait autant de spécialistes en
00:23France sur le sujet.
00:24Mais moi j'ai trois bonnes nouvelles, c'est votre argent, c'est votre week-end,
00:27et c'est une émission évidemment exceptionnelle, parce qu'on va commenter les événements qui ont marqué cette nouvelle semaine
00:33de guerre sur l'économie, la finance, les marchés, votre argent.
00:37Une émission donc spéciale guerre en Iran encore une fois, pendant laquelle on va essayer de s'éloigner un peu
00:42du bruit environnant pour prendre un tout petit peu de hauteur.
00:45Bon je ne sais pas si les invités seront capables de le faire, mais moi je vais le faire.
00:48Pour essayer d'avoir une vision et de vous donner des indications sur l'économie et sur ce qui va
00:53se passer, puisqu'on sait.
00:54Oui, alors ça on aurait dû le dire en préambule, on sait ce qui va se passer dans les semaines
00:58qui viennent.
00:59Aujourd'hui le mot de la semaine c'est durer, évidemment la durée du conflit, on a bien compris qu
01:03'il y avait plusieurs scénarios,
01:04et qu'en fonction des scénarios, l'impact sur l'économie ne serait pas la même.
01:07La question macro, si on croit, pourquoi pas, ce que dit Donald Trump, qui a dit que la guerre serait
01:13bientôt finie,
01:14quel sera l'impact sur la croissance, sur l'inflation, sur les taux d'intérêt ?
01:17Et dans le cas où, pour une fois, il aurait menti, est-ce qu'on va vers une crise prolongée
01:24?
01:24Le chiffre de la semaine, ça concerne le pétrole, ça a été la libération,
01:28ces 400 millions de stocks de barils d'urgence qui n'ont eu absolument aucun impact sur le marché,
01:34alors que c'est un montant record.
01:36On va parler de la place étonnante encore que prend le pétrole dans l'économie mondiale,
01:41on n'est plus en 1973, on est en 2026, mais on vit quand même à l'heure du pétrole.
01:46En deuxième partie de l'émission, évidemment les événements majeurs qui ont marqué les marchés,
01:52et puis quelle perspective sur la bourse dans les mois qui viennent,
01:55la question d'argent dans ce contexte, où placer son argent ?
01:57Top ou flop ? Le top 3 des gérants pour 2026, les actions achetées ou vendent ?
02:02Mais pour une émission de guerre, il nous faut des invités de guerre, il nous faut des Jedi de guerre.
02:06Donc les Jedi de l'économie et de la finance de guerre,
02:09elle nous a rejoint récemment et fait désormais partie de nos troupes d'élite de l'économie.
02:14Léa Dauphaz, vous êtes Chief Economist de TAC Economics.
02:18Vous savez exactement ce qui va se passer ?
02:20Vous m'avez dit dans le couloir, vous m'avez dit, mais il n'y a aucune incertitude, on a
02:23tout prévu.
02:24La seule certitude, c'est l'incertitude.
02:26Oh, c'est beau ça !
02:28C'est beau, c'est bien.
02:29Des nuages du cloud au soleil de Sony AM, et il nous manque le soleil,
02:33il n'y a qu'un galop de cheval qui vient de faire avec un peu de retard,
02:36Louis de Montalembert de Sony AM.
02:38Bonjour.
02:38Bonjour Marc, j'étais parfaitement à l'heure.
02:40Un peu en retard.
02:42Il défend la France avec brio et on en a besoin.
02:45Il a le talent en plus de dénicher nos pépites nationales.
02:48Pierre Chang, vous êtes responsable des pôles France et Impact à la financière de l'échiquier.
02:54Bonjour Marc.
02:54Merci d'être venu, vous allez nous remonter le moral ?
02:56Oui, c'est...
02:57En temps de guerre, qu'est-ce qu'il faut ?
02:59Il faut un avis neutre, donc un avis suisse, et nous avons la chance de l'avoir avec Patrice Gautry,
03:04chef économiste à l'Union bancaire privée.
03:06Là-bas, pas de missiles, pas de guerre, on est tranquille.
03:09On a la capacité de voir la situation avec un peu de recul.
03:12La neutralité, ça ne veut pas dire qu'on n'a rien à dire.
03:15Ah non, pas du tout.
03:16Justement, la neutralité, ça vous permet de vous poser au-dessus de la mêlée.
03:21Allez, le mot de la semaine, c'est durée.
03:23On l'a bien compris, l'impact de cette guerre va dépendre de sa durée.
03:29Alors, expliquez-nous, Patrice, pourquoi la durée du conflit est essentielle pour déterminer les conséquences économiques et financières ?
03:36Alors, plus la durée s'étend, effectivement, et plus les conséquences économiques sont importantes.
03:41Donc, on voit bien, il n'y a plus de bateaux dans ce fameux détroit d'Armousse qui puisse passer.
03:45Donc, on est en train de bloquer une partie du commerce mondial.
03:48Les stocks s'accumulent.
03:50Alors, ça cumule, bien entendu, avec les bateaux qui sont déjà chargés et qui attendent.
03:53Et les stocks baissent dans les autres pays.
03:56Et puis, bien entendu, on commence à le voir, non seulement l'impact direct sur le prix du pétrole
04:02et les cargaisons de pétrole lourds, après c'est le pétrole raffiné,
04:06mais il y a aussi tous les produits dérivés qui font qu'on voit bien que le pétrole a des
04:10impacts dans les engrais,
04:11et y compris sur le prix de l'aluminium.
04:14Donc, plus on a, je dirais, de temps consacré à cette fermeture, plus on a le risque...
04:19Parce que pour vous, le sujet, c'est la fermeture, c'est plus que le sujet...
04:22Alors, aujourd'hui, c'est le sujet, me semble-t-il, le plus important.
04:26Parce qu'en fait, on pourrait très bien imaginer des scénarios dans lesquels le conflit dure,
04:31mais si le Détroit est réouvert, partiellement, et que les flux de marchandises,
04:36y compris, bien entendu, de pétrole lourd, puissent passer,
04:38à ce moment-là, on verrait déjà une réaction positive sur les marchés, une certaine détente.
04:42Donc, c'est un véritable enjeu, plus que le cours du pétrole lui-même, qui dépend aussi du Détroit.
04:46Aujourd'hui, je pense que c'est l'enjeu, et c'est pour ça qu'on a vu, cette semaine,
04:49effectivement, la communication envers le Détroit,
04:51avec les Américains qui prétendent que, fin mars, on pourra passer de façon libre,
04:56et les nouveaux dirigeants iraniens qui disent qu'il n'est pas question que les bateaux passent.
05:01Donc, je pense que c'est vraiment la variable qu'il va falloir suivre dans les jours prochains,
05:05peut-être même durant ce week-end, si on a des effets d'annonce.
05:09Léa, à partir de quelle durée de ce conflit, et éventuellement, donc, de la fermeture du Détroit,
05:13mais de ce conflit en général, on rentre dans des conséquences qui sont durables pour l'économie, pour l'inflation
05:20?
05:20Il y a à peu près trois régimes à avoir en tête.
05:22Le régime dans lequel on est aujourd'hui, c'est quelques semaines.
05:24On regarde ça par rapport au stock et aux capacités, c'est quatre à six semaines, à peu près,
05:28dans lequel le choc sera absorbable et assez faiblement visible.
05:31Ensuite, c'est un conflit long qui dure deux à trois mois.
05:34Là, vraiment, c'est un choc de reconfiguration macro.
05:37L'érosion des marges des entreprises, la confiance, l'effet...
05:39Trois mois, on est déjà dans le macro ?
05:41Trois mois, on va déjà avoir les chocs macro, des effets trimestriels, on va déjà les voir.
05:44Ils seraient encore faibles.
05:46Sur les résultats des entreprises ?
05:47Sur les résultats des entreprises, sur la confiance des ménages,
05:49sur l'inflation importée, sur le choc.
05:51Si, en fait, on ne réouvre pas le détroit, il y a aussi...
05:53Alors, il y a la question de durée du détroit, il y a celle aussi de capacité des structures de
05:57production.
05:57On peut avoir un détroit d'ouvert si on n'a pas capacité à produire.
06:00De toute manière, ça sera bloqué.
06:01Et là, c'est un délai court, c'est trois mois.
06:03Et puis après, il y a le délai long, où là, vraiment, c'est un choc de reconfiguration.
06:07C'est un choc macro qui sera beaucoup plus significatif.
06:10L'on, c'est quoi ?
06:11Parce qu'on sait très bien qu'il y a les midterms, quand même en novembre, il ne va pas
06:14rentrer en guerre en étant...
06:16Il ne va pas rentrer dans les élections en étant en guerre.
06:18L'on, c'est autour du deuxième trimestre.
06:20C'est au-delà du...
06:21C'est en gros six semaines, trois mois.
06:23Et au-delà de trois mois, on est vraiment dans quelque chose qui est différent.
06:27Dans le délai de trois mois, les banques centrales vont jouer l'attentisme, vont communiquer, mais avant d'agir.
06:31Si ça passe trois mois, là, on a les réactions sur les taux d'intérêt.
06:34On a des reconfigurations sur les questions budgétaires.
06:37Trois mois, c'est en gros l'achat et on aura déjà un effet visible sur les trois mois.
06:42En gros, pour moi, c'est plutôt quelques semaines versus le trimestre.
06:44Oui ?
06:45Vous vouliez intervenir de façon surprenante ?
06:46En fait, on réfléchit beaucoup à cette crise de manière inabstracto.
06:50En fait, on regarde ce qui se passe autour du détroit d'Ambus, inabstracto.
06:53D'une économie qui, ne vous a pas échappé, sort d'un cycle économique expansif très long.
06:58Et en fait, dans ce genre de cycle, il y a toujours des mauvaises allocations du capital qui se passent.
07:03Il y a des risques qui s'accumulent.
07:04Et en fait, la question, c'est moins la durée qu'est-ce que finalement, dans une économie qui peut
07:09être fragilisée ?
07:10On a vu la dette privée aux États-Unis qui craque.
07:13C'est quand même un sujet qui est majeur.
07:15On sait qu'il y a l'immobilier commercial qui a un vrai problème.
07:18On parlait du rapport Citrine la dernière fois que je suis venu, il y a à peu près un mois.
07:21C'est-à-dire le risque déflationniste, les LIA.
07:24Et donc, en fait, c'est un choc additionnel, on ajoute.
07:26Ce n'est pas juste un choc in abstracto, c'est un choc additionnel.
07:30Et donc, ce qui est assez effrayant, c'est l'idée de se dire que tous ces risques finissent par
07:35se concrétiser, se cumuler.
07:37Se chevaucher.
07:38Et donc, je ne sais pas si on peut parler juste de la crise actuelle sans mettre tout ce qu
07:43'il y a derrière.
07:44Alors, c'est intéressant comme point de vue.
07:45Parce qu'effectivement, en fait, on voit très bien.
07:47C'est pour ça que j'ai choisi ce mot de durée, Patrice.
07:49Parce qu'on voit très bien qu'on est dans un problème d'horizon de temps.
07:52C'est-à-dire que sur l'horizon de temps que décrit Louis, on a effectivement toutes ces plaques qui
07:56sont en train de bouger.
07:57On peut remonter encore plus loin.
07:59On peut aller, évidemment, vous avez parlé de l'IA.
08:00On peut remonter encore plus loin.
08:02On peut parler de la démographie.
08:03On peut parler de tendance à très long terme.
08:05Mais là, on est sur un événement majeur de cours et de moyen terme.
08:10LIA nous dit, bon, en gros, on peut gérer six semaines, on peut gérer trois mois.
08:16C'est quoi l'impact, même à trois mois, par exemple, ou trois mois ou un peu plus, sur l
08:21'inflation ?
08:22C'est-à-dire que là, est-ce qu'on a vraiment des hausses de prix qui vont...
08:25Oui, malheureusement, je dirais, malheureusement, puisqu'on a vu, en fait, dès le début du conflit,
08:30que du côté de la distribution, du côté des raffineurs, on avait, bien, en fait, l'implication,
08:35ou l'application, en fait, des hausses de prix du spot, déjà sur la distribution.
08:40Et c'est là où les marchés obligataires ont été vulnérables, et notamment cette semaine,
08:44puisque, en fait, ce choc d'inflation, il est effectivement déjà retenu dans les cours des obligations,
08:52d'où la dérive et la hausse des taux longs.
08:54Il commence aussi à être très présent, malheureusement, je trouve, dans la communication des banquiers centraux,
09:00et notamment en Europe.
09:01Et après, on va avoir, effectivement, le deuxième effet, qui est un effet de destruction de la demande,
09:07puisque là, c'est un choc pétrolier, donc, c'est pas un choc...
09:10Les prix n'augmentent pas parce qu'il y a un supplément de demande,
09:12les prix augmentent parce qu'il n'y a plus d'offres, et il n'y a plus d'acheminements.
09:16Donc, il va y avoir une restriction de la demande.
09:18Alors, avec des prix à 80 dollars, mais là, je parle peut-être sous votre contrôle,
09:22en moyenne, selon un ensemble d'études que l'on peut voir,
09:27si on restait au deux tours des 80 dollars, en prix moyen 80-85 dollars,
09:32moi, je retiens l'idée que, dans les scénarios, on va ajouter un demi-point d'inflation,
09:36et on va retirer 0,3 point de croissance.
09:40Donc, l'inflation aux zones euro, 2,5, voire plus.
09:43L'inflation aux États-Unis, on était plutôt sur une moyenne à 2,5.
09:47On risque de revenir vers les trois.
09:49Mais bien entendu, avec des écarts importants, parce que derrière,
09:52c'est une fragmentation de la croissance mondiale.
09:53En Europe, l'Allemagne, l'Italie sont plus impactées que la France.
09:57Le Japon est très impacté.
09:59Et au sein de l'Asie, la Chine l'est moins,
10:01alors que des pays comme la Corée, comme Taïwan, la Malaisie aussi,
10:05d'une certaine façon, l'Indonésie et les Philippines,
10:07eux, vont être impactés aussi beaucoup plus
10:09que les sensibilités que j'ai données, notamment sur l'inflation.
10:12Alors, je voudrais revenir, après j'ai d'autres questions sur ce sujet-là,
10:15je voudrais revenir au deuxième thème.
10:17Trump nous a dit que la guerre serait bientôt finie.
10:20Il l'a déclaré.
10:22Moi, j'ai tendance à croire Donald Trump.
10:25Si ça dure très peu de temps, si ça dure six semaines,
10:28c'est à peu près le délai de ce que vous avez dit qui est à peu près court,
10:32est-ce qu'on peut considérer que, voilà, ça sera une petite parenthèse
10:35et on va repasser au sujet dont nous parlait Louis,
10:39qui sont des sujets de fonds ?
10:40Alors, la dépendance au prix d'énergie,
10:43on pourrait dire aussi que c'est un sujet de fonds par rapport à la question.
10:45En fait, je pense que c'est effectivement le cas.
10:474 à 6 semaines, on oublie.
10:48On a le pic sur les prix du pétrole.
10:50Ce n'est pas assez fort pour que ça se projette sur l'inflation.
10:53La confiance des ménages est peut-être un peu affectée,
10:55mais en Europe, on a les dépenses d'investissement qui sont là.
10:57Aux États-Unis, on a l'effet du One Big Beautiful Bill
10:59qui arrive à plein et qui va soutenir.
11:01Les midterms qui arrivent, etc.
11:03Donc, on revient sur un environnement macro qui est celui d'avant,
11:07mais là où vous avez peut-être raison,
11:08c'est que c'est un environnement macro qui est fragile,
11:09donc qui accumule un choc supplémentaire
11:12à un moment où on a déjà beaucoup de signaux faibles.
11:16Mais effectivement, si ce choc-là est sur une durée de cours,
11:19il n'est pas en tout cas suffisant pour créer de la transmission macro.
11:22Par contre, dès qu'on passe sur les scénarios à 3 mois,
11:25on a effectivement des ordres de grandeur.
11:27C'est un peu plus fort.
11:28On passe de la hausse des prix à l'inflation.
11:29Exactement, à l'inflation, au choc de confiance,
11:32à des banques centrales qui réagissent
11:33à des phénomènes de dégradation sur les parties longues,
11:36etc.
11:37Sur les marges des entreprises.
11:39Il ne faut pas oublier que là,
11:40on peut arriver très facilement dans les problématiques Covid
11:42qu'on avait.
11:42Ça ne va pas seulement être des blocages pétrole,
11:44c'est des blocages sur un ensemble large de matériaux
11:46et notamment sur l'alimentaire.
11:48Donc, on repart...
11:48Les engrais.
11:49Exactement, les engrais, l'alimentaire,
11:51les tubes, le soufre, etc.
11:53Donc, très vite, on revient dans cette problématique.
11:56Alors, je dis Covid, pas du tout.
11:57Guerre en Ukraine,
11:58on a des problèmes de pénurie
11:59qui s'auto-alimentent et créent choc.
12:01Donc, toutes les considérations qu'on peut faire
12:03au-delà de quelques semaines,
12:04même les projections qu'on a,
12:06c'est des projections à minima
12:07et qui ne supposent pas, encore une fois,
12:09que derrière, ça débouche
12:10sur un choc de marché significatif.
12:12On arrive à ces moments
12:13private credit plus choc énergie.
12:16On l'attendait.
12:17Qu'est-ce qu'on va faire ?
12:17T'écaler les marchés.
12:18Là, on est dedans.
12:19Pierre, qu'est-ce qu'on est remonté
12:21que vous commencez à avoir des entreprises ?
12:23Pour l'instant,
12:23moi, c'est intéressant
12:24parce que j'ai déjeuné, par exemple,
12:26avec une société du secteur parapétrolier,
12:29Technip Energy, cette semaine.
12:30Et en fait, j'ai été assez impressionné
12:32par leur capacité de réactivité
12:34parce qu'ils sont actifs
12:36sur plusieurs sites dans la région
12:38et en l'espace de quelques jours,
12:40ils arrivent à redémarrer tout à 100%.
12:43Donc là, ils avaient 5-6 projets dans la région.
12:46Ils avaient déjà redémarré l'essentiel à 100%,
12:48sauf un projet
12:49qui était un peu plus gros que les autres.
12:51Et ça, j'ai été vraiment frappé par ça.
12:53Deuxième élément,
12:54c'est vrai que quand on regarde un peu
12:55la réaction des marchés,
12:57parce que là, depuis le début de la guerre,
12:59c'est moins 5-7% sur les marchés,
13:02ça, en général, historiquement,
13:03c'est quand on price un ralentissement économique.
13:06Donc là, on n'est pas dans un...
13:08Pour l'instant, je trouve,
13:09sur les marchés,
13:10on n'est pas dans quelque chose d'une panique.
13:12Plutôt, voilà,
13:13effectivement, le pétrole monte,
13:14on pense que ça va durer plusieurs semaines,
13:16donc ça peut occasionner un léger ralentissement.
13:19Là, c'est ce que, aujourd'hui,
13:20c'est ce que disent les marchés.
13:21Ensuite, je veux dire,
13:22pour la transmission de ce qui se passe aujourd'hui
13:24sur le pétrole à l'inflation,
13:26quand je regarde ce que fait l'INSEE,
13:28par exemple, dans la composante sur la France,
13:31les produits énergétiques,
13:33c'est 10% de la composante, quand même.
13:35Donc électricité,
13:37produits pétroliers, gaz.
13:38Donc ça veut dire que la transmission,
13:41finalement, peut aller très, très vite dans l'inflation.
13:42Donc c'est pour ça qu'il ne faut absolument pas
13:44que ça dure trop longtemps,
13:45parce que tout de suite,
13:45on va avoir une réaction sur l'inflation.
13:47– Patrice, il y a un élément quand même qui est intéressant,
13:49c'est ce que dit Léa et ce que dit Louis,
13:52c'est-à-dire que si on a ce ralentissement actuel,
13:56et notamment cette hausse de taux d'intérêt,
13:59qu'on voit déjà sur les taux d'intérêt à long terme,
14:01ce choc de confiance,
14:03finalement, est-ce que ça ne va pas provoquer,
14:05non pas une hausse de taux,
14:06mais une baisse des taux,
14:07parce que ça va créer un ralentissement de la croissance,
14:10avec tous les effets négatifs dont parlait Louis tout à l'heure.
14:13– C'est-à-dire, moi, quand j'entends les banques centrales
14:16parler de hausse des taux,
14:17je me dis, les gars sont complètement à côté de la plaque.
14:19– Oui, ça fera partie de mon flop cette semaine.
14:23– D'accord, ok, alors on ne le dévoile pas.
14:24– Mais effectivement, oui, in fine…
14:27– Est-ce que plus les taux montent actuellement,
14:29plus ils baisseront plus tard,
14:30parce qu'ils provoquent un choc ?
14:32– La nature du choc que l'on a,
14:33le choc d'énergie, est a priori transitoire,
14:37c'est-à-dire que ces effets vont se dissiper sur l'inflation.
14:39Par contre, les chocs sur la demande,
14:41la destruction de la demande,
14:42et là, il faut parler de destruction,
14:43de la demande, lui, il risque d'être beaucoup plus raide.
14:46Pour un banquier central, c'est très facile de réguler l'inflation,
14:48c'est beaucoup plus difficile,
14:502008, on s'en souvient, il a fallu 10 ans,
14:52c'est beaucoup plus difficile de restaurer la croix France
14:54sur de bonnes bases,
14:55et là, le cycle dans lequel on était en train d'entrer
14:57était basé sur de l'investissement.
15:00Et là, l'investissement avec, comme vous le disiez,
15:02les indicateurs de confiance industrielle,
15:05ils vont naturellement baisser.
15:06Mais si les entreprises arrêtent d'investir,
15:08le cycle, lui, va s'arrêter.
15:10– Alors, on va passer au pétrole,
15:12je vous avoue que j'ai été très surpris cette semaine
15:14de voir ce qui s'est passé sur pétrole,
15:16comme tout le monde.
15:16Je ne parle pas de la journée de lundi,
15:18vous avez vu, on est passé à l'ouverture
15:20de 85 dollars sur le brut à 120,
15:22pour redescendre à 90 dans la journée
15:24sur une déclaration de Donald Trump.
15:26On a eu l'annonce de la libération
15:28d'une partie des réserves stratégiques de pétrole.
15:30Jamais on n'a libéré autant de barils,
15:32400 millions de barils, à titre de comparaison,
15:34c'est un mois de consommation en Europe.
15:38Alors, évidemment, je comprends l'importance du pétrole,
15:40mais quand même, on est toujours aussi dépendant,
15:43alors qu'on n'est plus dans les années 70.
15:44On a eu, entre-temps, on a eu l'éolien,
15:47on a eu le solaire, on a le nucléaire,
15:49on a le charbon encore en Asie.
15:52Qu'est-ce qui fait qu'on soit aussi dépendant
15:54encore aujourd'hui du pétrole ?
15:56Léa ?
15:56J'ai du coup réfléchi, regardé.
15:58Effectivement, sur l'intensité, on est moins dépendant.
16:01Il faut aujourd'hui 40% moins de pétrole
16:03pour produire 1 euro de pipe
16:04par rapport à la première crise pétrolière,
16:07par rapport à ce autre.
16:08Donc, effectivement, en intensité,
16:09on est moins dépendant du pétrole.
16:11À l'inverse, par contre, en valeur absolue,
16:14non, l'économie ayant cru,
16:15les besoins en pétrole,
16:17avec une taille d'économie multipliée par 5 depuis 1973,
16:20les besoins en pétrole ont augmenté.
16:22Je ne dirais pas qu'on est, autant dépendant,
16:23je dirais qu'on est encore sur de la phase de transition.
16:25Le transport, par exemple, à 80%,
16:27on est dépendant du pétrole.
16:29Le problème avec le blocage du Détroit,
16:31c'est la pétrochimie, la grille.
16:34On a une succession de secteurs
16:35qui, eux, sont dépendants.
16:36Donc, on est en transition,
16:38mais on est encore fortement dépendants
16:40parce qu'on n'a pas encore fini ça.
16:42Et l'idée à voir,
16:43c'est que ces réserves stratégiques
16:46qui ont été débloquées,
16:47c'est effectivement massif.
16:49Mais vous avez une route bloquée,
16:51vous avez un pare-choc.
16:52Même si vous avez un bon pare-choc,
16:53la route, elle est quand même bloquée derrière.
16:55Donc, c'est un soutien, effectivement.
16:57Mais massif, quoi.
16:58Ça n'a eu aucun impact sur le marché.
17:00Ça n'a pas eu d'impact.
17:00Mais parce qu'effectivement,
17:01le problème, c'est...
17:02On a lâché un stock,
17:05mais on a derrière le problème du flux.
17:07On arriverait à avoir un effet positif de ça
17:10si derrière, on avait...
17:11Et encore une fois,
17:11c'est cette question de type de scénario.
17:14Le premier scénario de quelques semaines,
17:15c'est un scénario d'incertitude,
17:16c'est un scénario de peur,
17:17c'est un régime de peur.
17:18Donc, tant qu'on n'a pas une vision claire,
17:19vous aurez le bout d'éclencher les réserves,
17:21ça ne changera pas le problème.
17:22Oui, il va.
17:24Juste, il y a même des produits
17:29qui sont comme l'hélium,
17:31qui est fabriqué par le Qatar,
17:32à 30 à 40 %,
17:33qui est essentiel pour faire des IRM
17:35ou pour faire des semi-conducteurs.
17:38Donc, c'est vraiment clé.
17:39Mais il y a une chose
17:40sur laquelle vous nous avez fixé,
17:42c'est l'idée que cette guerre finirait
17:44quand Donald Trump déciderait qu'elle finit.
17:46Or, je ne pense pas que ce soit le cas.
17:47Je pense que les Iraniens, aujourd'hui,
17:49sont les gens qui vont décider
17:50quand cette guerre sera finie.
17:51Et en fait, c'est tellement
17:52une raison de survie pour eux,
17:54ils ont maté leur peuple.
17:55Avant, ils ont appris avec la guerre
17:57de juin l'année dernière.
17:59Donc, on n'est plus dans la même configuration
18:00que la guerre de juin l'année dernière
18:01où Trump a dit,
18:02allez, la guerre des 12 jours est finie.
18:04Là, il va nous dire,
18:04la guerre des 36 jours est finie.
18:06Et les Iraniens vont dire non
18:07parce qu'en fait,
18:08ils ne veulent pas que le plat repasse
18:09tous les 6 mois ou tous les 2 ans.
18:11Donc, comme ils ont réussi
18:12à sécuriser le régime...
18:13Je ne suis vraiment pas d'accord avec vous
18:14parce que je pense qu'aujourd'hui,
18:16ce qu'on n'imagine pas,
18:18et je ne suis pas un expert militaire,
18:19c'est l'état de destruction
18:22de leur défense, du pouvoir,
18:25de leur puissance de nuisance.
18:28Oui, leur puissance de nuisance.
18:29Oui, mais ils vont nuire
18:30jusqu'à ce qu'ils obtiennent quelque chose.
18:32Ils vont nuire jusqu'à ce qu'ils obtiennent quelque chose.
18:34Ce n'est pas du tout mon scénario
18:34parce que je pense qu'ils sont
18:35dans un état d'affaiblissement
18:36qui est spectaculaire.
18:38Donc, vous, votre scénario,
18:39c'est une guerre qui va s'enliser, en fait.
18:41Oui, c'est un vrai problème.
18:42Il y a une guerre dans laquelle
18:44l'un des combattants va penser
18:45quitter le champ de bataille
18:46et l'autre va continuer
18:47à pourrir la situation.
18:50Jusqu'à ce qu'ils obtiennent quelque chose.
18:51Et obtenir quoi ?
18:52Qu'est-ce que vous voulez qu'obtienne
18:53un régime qui est aussi fragilisé ?
18:56Obtenir une garantie de sécurité,
18:58quelle qu'elle soit,
18:59soit de ses voisins,
19:00soit des États-Unis,
19:01mais ils ne vont pas s'arrêter là.
19:02Ils ne peuvent pas s'arrêter là.
19:04La place du pétrole
19:05sur l'économie mondiale,
19:07ça ne vous surprend pas ?
19:09Non, non, effectivement,
19:10et je rejoins tout à fait
19:11l'analyse qui a été développée.
19:12C'est-à-dire qu'on voit bien
19:13qu'il y a le pétrole
19:15en termes de dépendance d'énergie
19:16et puis il y a toute la pétrochimie
19:18et tous les secteurs
19:19qui utilisent encore
19:20des pétroles, des dérivés,
19:21soit en produits finis,
19:22soit en intrants.
19:24Simplement, petite parenthèse,
19:25là, par rapport à ce qui a été dit,
19:27et là, je vais dans votre sens,
19:28les stocks stratégiques...
19:30Pour les gens qui nous écoutent
19:31à la radio,
19:32ils vont penser que vous êtes d'accord
19:32avec moi,
19:33ce qui va les surprendre.
19:34Alors, non,
19:35je suis plutôt suisse,
19:37donc...
19:37C'est vrai, c'est vrai.
19:40Les stocks stratégiques
19:41ont été annoncés.
19:42La libération de ces stocks
19:43va demander, par exemple,
19:44pour être acheminé en Asie
19:46de l'ordre de cinq mois.
19:47Donc, ça veut dire,
19:48c'est pour ça, peut-être,
19:49ces marchés...
19:49C'est plus psychologique
19:50pour l'instant.
19:51Et puis, le pétrole,
19:52ça reste quand même,
19:54je dirais,
19:54un relevé de température
19:55de l'état de l'économie mondiale.
19:57La hausse du prix du pétrole,
19:58ce serait plutôt
19:59un niveau de haute conjoncture,
20:00alors que là, effectivement,
20:01on est dans un choc d'offres.
20:03Mais ce que dit Louis,
20:06c'est qu'on est dans un contexte
20:07quand même général.
20:10Avant, remettons-nous,
20:11juste avant la crise en Iran,
20:13on était quand même
20:13sur des sujets
20:14qui commençaient
20:15à nous inquiéter sérieusement.
20:16L'IA,
20:17le ralentissement du cycle
20:19de croissance américain,
20:20l'Europe,
20:21qui était à la traîne
20:23de l'Allemagne
20:24et attendait le plan de relance.
20:26Tout ça,
20:27plus ce choc actuel,
20:29c'est quand même un choc
20:30sur la croissance.
20:31Ah, c'est effectivement...
20:33Et un choc sur la croissance,
20:34c'est aussi un choc
20:35sur l'inflation ou pas ?
20:36Pas forcément.
20:37C'est-à-dire,
20:37on peut avoir une situation
20:38de stagflation.
20:39Alors, on est en train
20:40de distiller
20:42des morceaux
20:43de stagflation,
20:44c'est-à-dire
20:45de croissance réduite
20:45et d'inflation supplémentaire.
20:47Et là,
20:48le problème,
20:48c'est que l'inflation supplémentaire
20:49détruit la demande.
20:50C'est ça.
20:51Et donc,
20:51dans le cycle
20:52dans lequel on était
20:53en train d'entrer,
20:54c'était un cycle,
20:55on le rappelle,
20:56dominé par l'investissement
20:57avec plusieurs niveaux.
20:59Les interrogations,
21:00en fait,
21:00c'était beaucoup plus
21:01sur le prix.
21:02Combien je paye,
21:03en fait,
21:03pour une société
21:04qui est dans
21:05les nouvelles technologies
21:05et comment je vais
21:06monétiser l'investissement ?
21:08Mais l'engagement
21:08de ces entreprises-là
21:09en termes d'investissement,
21:10qui n'ont pas d'ailleurs
21:11été renouvelés
21:12sur les derniers jours,
21:13ou du moins,
21:13on n'est plus
21:14dans ce discours
21:15de course
21:15à l'armement,
21:17en quelque sorte,
21:17sous l'angle
21:18de l'investissement,
21:19lui était bien ancré
21:21et on voyait même
21:22dans des pays
21:23qui étaient en retard
21:24comme l'Allemagne
21:25où les commandes publiques
21:26commençaient à arriver
21:27dans les carnets de commande.
21:28Vous pensez que ça,
21:28ça va bloquer ?
21:30Ces choses-là,
21:31ces éléments-là,
21:32vont être en pause.
21:34Même le réarmement allemand,
21:36au contraire,
21:36on peut se dire
21:37que compte tenu du contexte,
21:38ils vont accélérer
21:39leur réarmement, non ?
21:40Je pense qu'ils sont déjà
21:41en phase d'accélération.
21:43On l'a vu, effectivement.
21:45On va avoir une nouvelle phase
21:46où il faut de nouvelles
21:47décisions budgétaires,
21:48où il faut, effectivement,
21:49mais il faut de la confiance.
21:51Les capacités de production,
21:52et on va buter
21:52sur les capacités de production,
21:54que ce soit la défense,
21:55que ce soit dans les secteurs
21:55traditionnels,
21:56et là, effectivement,
21:57la seule moyenne
21:58de s'en sortir,
21:58c'est des dépenses
21:59en équipement.
22:00Les entreprises
22:01ne vont pas prendre,
22:01aujourd'hui,
22:02si vous êtes une entreprise
22:03large et diversifiée,
22:05où est-ce que vous allez investir,
22:06dans quelle région,
22:07et à quel coût
22:09de matière première ?
22:10Donc, on revient,
22:11effectivement,
22:12sur une thématique
22:12qui était présente
22:13juste avant ce choc
22:15avec l'Iran,
22:16qui était la géoéconomie,
22:17c'est-à-dire,
22:17il faut sécuriser
22:18l'accès aux ressources,
22:21aux ressources énergétiques,
22:23quelles qu'elles soient,
22:25pour sécuriser
22:26sa croissance domestique.
22:27Et là,
22:27c'est le problème
22:28de chacun des pays,
22:29puisqu'ils sont inégaux,
22:30et le mix énergétique
22:31de chacun des pays
22:32est complètement différent.
22:34Pierre ?
22:34Moi, ce que je trouve
22:35assez incroyable
22:35dans cette histoire,
22:36c'est que finalement,
22:37le monde entier
22:38est pris en otage
22:39à cause d'un petit détroit
22:40de quelques dizaines
22:41de kilomètres de largeur.
22:44Moi, je trouve que,
22:45en fait,
22:45ce qu'on dit depuis tout à l'heure,
22:47je pense que c'est
22:47une formidable opportunité,
22:48en fait,
22:48pour l'Occident,
22:50en tout cas,
22:51pour l'Europe,
22:53de se mettre maintenant
22:54en marche
22:55pour vraiment décrocher
22:56du fossile,
22:56parce qu'on ne peut pas
22:57rester comme ça
22:57dépendant de situations
22:59géopolitiques
22:59à l'autre bout de la planète.
23:01Donc là,
23:01il y a déjà,
23:02comme disait Léa tout à l'heure,
23:03il y a déjà quand même
23:04un mouvement
23:04qui a été fait
23:05depuis les années 70,
23:06quand même déjà
23:06un affranchissement
23:07quelque part,
23:08mais là,
23:09c'est vraiment
23:09un choc additionnel
23:11pour dire
23:12qu'il faut continuer
23:12à électrifier,
23:13il faut continuer
23:13à travailler sur la souveraine.
23:14Ça fait vraiment
23:15un goulet d'étranglement
23:16dont vous dites
23:17que c'est l'opportunité
23:18d'essayer de le faire sauter,
23:19je ne sais pas comment,
23:19mais il faut...
23:20Non, mais une opportunité
23:21de s'affranchir du fossile,
23:22pour une région
23:23comme l'Europe,
23:23par exemple.
23:25Ce qui commence
23:26à être le cas,
23:26quand même.
23:29On a quand même
23:30une merléienne
23:31qui était une disciple
23:32de Mme Merkel
23:33que vous aimez beaucoup,
23:34qui a quand même dit
23:35que la réaction nucléaire
23:37avait été une catastrophe.
23:38Donc on revient
23:39sur cette idée-là,
23:40mais ça va mettre
23:41des décennies.
23:43Absolument.
23:43Ça dépend.
23:45Juste, Léa,
23:45sur la croissance américaine,
23:47par rapport à ce que disait
23:49Louis avant,
23:49on était dans
23:50une fin de cycle
23:51de croissance
23:52ou sans cette guerre ?
23:53Moi, j'ai toujours eu
23:54très optimiste
23:55sur la croissance américaine.
23:56Je pense qu'on la réaccélère
23:58pour des questions un peu...
23:58Donc il dit n'importe quoi ?
23:59Non, on a des avis
24:00divergents et c'est normal.
24:02C'est plutôt sain
24:03de pouvoir avoir
24:03des avis qui sont divergents.
24:05Vous êtes tué ?
24:06Non, non, je pense que...
24:07Alors moi, j'avais
24:07un scénario de réaccélération
24:09de la croissance américaine
24:10parce qu'effectivement,
24:11il y a 2,5.
24:12Donc, à ce stade,
24:14je ne change pas le scénario
24:15à supposer qu'on est
24:15sur des durées courtes
24:16parce qu'effectivement,
24:17on a toute l'impulsion
24:18du plan fiscal
24:18de l'année dernière
24:19qui va soutenir
24:20la consommation des ménages
24:21qui était un peu faiblarde.
24:22Le marché du travail ralentit
24:23mais il normalise
24:24plutôt qu'il craque
24:25et on avait cet effet richesse
24:26entretenu par la hausse
24:27des actions
24:27plus les investissements d'IA.
24:29À ce stade,
24:30ce scénario-là
24:30tient encore pour moi.
24:32Maintenant,
24:33les États-Unis sont moins dépendants
24:34de ce choc-là
24:35à la fois côté inflation
24:36et côté croissance.
24:38Le vrai risque,
24:39et je reviens à votre question
24:40tout à l'heure
24:40sur les histoires de taux,
24:42si on rentre dans un scénario
24:43plus large,
24:44ça va être un choc de séquence.
24:46C'est un choc d'offre
24:47donc avec l'effet hausse de taux
24:48ou autre
24:49mais derrière,
24:50avec les fragilités
24:50qu'on a sur le choc d'action,
24:52c'est un choc de demande
24:52avec une crise économique
24:54qui peut se transformer
24:55en crise de marché
24:55et potentiellement systémique
24:57vu toutes les fragilités
24:58qu'on a.
24:58Et celui-là,
24:59il n'est pas du tout dans le marché.
25:00Alors là,
25:00c'est la conclusion
25:01de la première partie,
25:03c'est que c'est l'apocalypse.
25:04Je ne suis pas d'accord du tout.
Commentaires