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  • il y a 12 heures
« Les Experts sans frontières », c’est le rendez-vous qui nous fait sortir de notre bulle. Chaque vendredi de 18h à 19h sur BFM Business, des experts étrangers installés en France analysent les grands débats de la semaine avec un œil neuf, détaché des prismes franco-français. Finances publiques, réformes, réarmement de l’Europe, choix politiques, international… Leur regard extérieur éclaire, questionne et parfois secoue. Un décryptage sans frontières pour mieux comprendre les grands enjeux du moment.

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00:00Les experts sans frontières, le grand témoin.
00:04Bonjour et bienvenue, très heureux de vous retrouver dans les experts sans frontières,
00:08un format spécial que je vous propose aujourd'hui en partenariat avec l'Institut Géopolitique et Business de l'ESSEC.
00:15Le concept, un grand témoin, un chef d'entreprise qui à travers son business va nous raconter comment il fait
00:22face au choc géopolitique.
00:23Aujourd'hui, on va parler géopolitique des semi-conducteurs avec un Français qui, vous allez voir, conçoit des microprocesseurs en
00:30France et en Europe.
00:32Ça, c'est un sujet fondamental en toile de fond.
00:34Il s'agit de puissance de calcul.
00:36Qui est le maître de la puissance de calcul sera le maître du monde.
00:40Les meilleurs experts de l'ESSEC et de l'IRIS seront aussi avec nous en duplex depuis l'Asie et
00:45depuis les États-Unis.
00:47Les experts sans frontières, le grand témoin, c'est parti.
00:50Les experts sans frontières, le grand témoin.
00:59Perse sans frontières, un format spécial qu'on vous a concocté aujourd'hui avec Thomas Friand, le directeur exécutif de
01:06l'Institut Géopolitique et Business de l'ESSEC.
01:09Bonsoir Thomas.
01:10Bonsoir Mathieu.
01:11Vraiment ravi de co-présenter, de co-préparer avec vous ce format spécial, le concept.
01:16Le concept, les patrons, les comex, les conseils d'administration ne peuvent pas ne plus parler de géopolitique.
01:22Ça s'impose à l'ordre du jour et ça s'impose aussi ici avec vous.
01:28Merci beaucoup.
01:28Et donc régulièrement, on vous fait venir un chef d'entreprise et à travers son histoire de business, on va
01:34voir comment il s'en sort face au choc géopolitique.
01:35Et on commence avec notre premier grand témoin du jour, c'est Philippe Nothomb.
01:40Bonjour Philippe.
01:41Bonsoir Mathieu.
01:42Vous êtes le CEO de Seapearl, diplômé de l'ESSEC.
01:44Alors vous faites des microprocesseurs, mais en France.
01:47Et ça, c'est quelque chose de presque héroïque.
01:50Conçu en France, première génération, on attend les échantillons et on travaille sur la génération 2, la version dual également.
01:56On va en parler pendant toute cette heure à travers votre business.
01:59On va parler de la géopolitique des semi-conducteurs.
02:02On sera partout autour de la planète pour en parler.
02:04Nous sommes aussi depuis Singapour avec Sédomir Nestorovic.
02:08Bonsoir Sédomir.
02:11Bonsoir, bonsoir.
02:13Bonjour de Singapour.
02:14Bienvenue.
02:14Vous êtes à Singapour, professeur à l'ESSEC et co-directeur académique de l'Institut Géopolitique et Business.
02:20Vous avez publié un ouvrage de référence qui s'appelle justement Géopolitique et Business.
02:25Et puis depuis New York, nous sommes avec Romuald Skiora, chercheur associé à l'IRIS, auteur de America 250.
02:31C'est un roman graphique sur l'histoire des Etats-Unis qui va sortir dans quelques semaines en France.
02:36Et vous venez aussi de sortir un livre publié par Columbia dont tout un chapitre est dédié à la course
02:43à l'intelligence artificielle.
02:44Ça tombe bien.
02:45On va en parler.
02:46Bienvenue à tous.
02:48Thomas, on commence tout de suite parce qu'on a préparé la mission ensemble.
02:51On a listé les sujets, on a beaucoup de pain sur la planche.
02:53Merci beaucoup Mathieu.
02:54C'est un plaisir de pouvoir faire cette émission avec vous et avec l'ESSEC Business.
02:59Et Philippe, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation pour parler géopolitique des semi-conducteurs.
03:03Peut-être commençons par essayer de se rappeler très concrètement ce que peut vouloir dire cette notion de géopolitique des
03:09semi-conducteurs.
03:09Ils permettent de calculer, de stocker la mémoire informatique, de communiquer à grande vitesse.
03:13Ils sont donc au cœur de l'économie digitale.
03:16Ils permettent la productivité, la compétitivité et bien plus.
03:19parce que la puissance de calcul rime avec la puissance tout court.
03:22Est-ce que vous pourriez nous aider de votre point de vue du patron de Cyperl, évidemment alumni de l
03:27'ESSEC ?
03:27Pourquoi est-ce qu'on peut parler véritablement de géopolitique des semi-conducteurs aujourd'hui ?
03:31On est sur une industrie qui est complètement mondialisée.
03:33Aujourd'hui, vous ne pouvez pas concevoir une puce et la produire simplement sur un pays sans avoir besoin des
03:39autres pays.
03:40Dans notre cas, par exemple, on utilise des outils de conception, des outils de CAO
03:43pour concevoir notre première puce réel et les générations suivantes sont les outils qui sont américains.
03:47On n'a pas le choix aujourd'hui.
03:49La conception, on l'a fait en Europe avec des ingénieurs européens et de très bons ingénieurs européens.
03:53Vu le type de techno qu'on utilise, la production va se faire à Taïwan chez TSMC.
03:57On n'a heureusement, malheureusement, aujourd'hui pas le choix.
04:00On est obligé de faire avec ceci parce qu'on est sur des produits très pointus.
04:05Alors évidemment, après, c'est pour alimenter un marché global,
04:09mais il est impossible de concevoir, d'avoir les outils de conception, de produire en France
04:13ou même au niveau européen sur ce type de composants 6 nanomètres, 3 nanomètres pour les suivants.
04:17On ne peut pas.
04:19Juste pour bien se rendre compte, vous pouvez nous montrer, je crois que vous avez amené un microprocesseur.
04:23De quoi on parle là ? Parce que ça, ce qu'on va vous montrer, pour ceux qui nous regardent,
04:27ça c'est quelque chose d'extrêmement géopolitique.
04:29Alors, ça démarre par la version historique qui est le transistor, qui va coûter de l'ordre d'un centime.
04:33Ça, ça existe depuis 70 ans.
04:36On évolue sur des processeurs comme il y avait une dizaine d'années, une quinzaine d'années,
04:39qui sont de cette taille-là, pour lesquels vous allez intégrer, je dirais, jusqu'à 100 millions, 1 milliard de
04:44transistors.
04:45Vous avez, alors ça c'est encore la version plastique, par nos vrais échantillons,
04:48on arrive que dans quelques semaines.
04:49Ce qu'on fait nous, c'est qu'on est de la classe 60 milliards de transistors,
04:51c'est-à-dire un rapport de 60 milliards entre celui-ci et celui-ci.
04:54Et ce que fait Nvidia aujourd'hui, qui est très avancé, on va être sur du 200 milliards de transistors
04:58intégrés sur un module qui va se vendre plus de 40 000 dollars pièce.
05:02Donc le gap est énorme, en fait.
05:04Donc, quand on dit les microprocesseurs, pour bien comprendre derrière, c'est la puissance de calcul.
05:09La puissance de calcul, c'est devenu une brique essentielle aujourd'hui,
05:12qui, quelque part, j'allais dire, peut-être sans employer les grands mots,
05:16mais qui peut façonner bientôt l'ordre du monde.
05:20J'aimerais comprendre aujourd'hui, quand vous nous dites que vous fabriquez à Taïwan,
05:27aujourd'hui, est-ce que vous êtes obligé de fabriquer là-bas ?
05:32Alors, sur les technos qu'on utilise, première génération du 6 nanomètres,
05:36la deuxième, en cours de conception, c'est du 3 nanomètres.
05:39Aujourd'hui, il n'y a pas le choix, ce n'est pas en Europe.
05:42Il y a des choix alternatifs à TSMC Taïwan, qui vont être, dans quelques années,
05:45c'est plutôt une chance, TSMC au Japon, qui ouvre du 3 nanomètres.
05:48Il y aurait éventuellement, produire chez TSMC en Arizona,
05:52ça va être du 4 nanomètres, mais ce n'est pas ce qu'on veut.
05:54Samsung, qui rattrape bien, ça, c'est en fait en Corée du Sud.
05:57Vous avez les Japonais, alors on parlait de TSMC en 3 nanomètres au Japon,
06:00mais il y aura également une grosse usine, enfin une grosse usine de tasques assez moyennes
06:03qui sont en train de mettre en place Rapidus, c'est un programme d'ordre de 30 milliards.
06:07Il y a des choix, la problématique, c'est quand vous concevez une puce,
06:09le choix de l'usine se fait au départ, quand vous commencez la conception.
06:13Ce n'est pas quelque chose que vous choisissez à la fin,
06:15comme j'ai conçu, j'ai fait le fichier pour ma carte de visite,
06:18à la fin, je choisis un imprimeur, parce que l'imprimeur, c'est un point de détail.
06:21Non, c'est dès le départ, donc ce qu'on produit aujourd'hui,
06:23enfin ce qu'on veut produire aujourd'hui chez TSMC,
06:25je ne peux pas le basculer simplement dans une autre usine.
06:28Il y a quelques pays, notamment les Etats-Unis et le Japon,
06:31qui cherchent à relocaliser leur production sur leur territoire national,
06:35et ils passent encore par TSMC, par le leader taïwanais de la production.
06:41Relocaliser, ça veut dire se dérisquer par rapport au risque d'une agression chinoise sur Taïwan.
06:46Est-ce que quand on relocalise grâce à TSMC, donc grâce à Taïwan,
06:51on dérisque vraiment ou est-ce qu'on déplace le risque ?
06:53Alors, il y a plusieurs messages là-dessus.
06:54Effectivement, les Américains, de ce côté-là, sont très en avance.
06:57Ils relocalisent aux Etats-Unis, mais ce qu'on peut remarquer,
06:59c'est qu'ils ne relocalisent pas avec Intel, qui est déjà sur place,
07:02mais ils relocalisent avec TSMC, donc ils font venir des Taïwanais en Arizona
07:06pour construire une usine en 4 nm.
07:08Maintenant, le point, c'est pourquoi TSMC va en Arizona
07:12sur des process avancés comme celui-là, mais ne va pas en Europe ?
07:16Pourquoi ? Simplement parce que les Américains,
07:17ils ont énormément de sociétés faiblesse comme nous,
07:20alors beaucoup plus matures évidemment, AMD, Qualcomm, Nvidia.
07:24Ils ont tous les GAFAM, c'est-à-dire Azure développe ses propres processeurs,
07:27AWS développe ses processeurs, Meta, Google font la même chose.
07:31Donc il y a suffisamment de volume qui est conçu pour justifier des usines
07:37avancées aux Etats-Unis, surtout les remplir.
07:39En Europe, aujourd'hui, des sociétés équivalentes à Saipurl
07:42qui font du 6 nm à terme du 3 nm,
07:44globalement on est 5 à travailler à ce niveau-là,
07:46ça ne suffit pas pour remplir une usine.
07:48On a des usines pour faire des processeurs,
07:50par exemple pour l'industrie automobile,
07:52ce qui est fondamental en Allemagne,
07:54pour faire de l'IOT, des composants de puissance,
07:57des chargeurs de batterie, des charges de batterie,
07:58comme dans les voitures, et ça c'est conçu en France,
08:00par exemple par ST et produit chez eux,
08:03mais pour des composants de calcul de ce niveau-là,
08:05aujourd'hui, on est au niveau zéro.
08:07Philippe, notons quand on dit que vous êtes dans une activité
08:09qui est extrêmement géopolitique,
08:13on a vu là, avec la fermeture du détroit d'Hormuz,
08:18que le secteur de la tech avait été assez fortement percuté,
08:22notamment en Corée du Sud.
08:24Est-ce que vous, qui concevez des microprocesseurs en France,
08:27en Europe, mais qui travaille étroitement avec Taïwan,
08:30ce genre de choc géopolitique,
08:31c'est quelque chose qui vous impacte,
08:33que vous ressentez déjà ?
08:35Alors, j'étais à Abu Dhabi début février,
08:36je suis passé entre les gouttes, on va dire.
08:38C'est à terme, le middle east,
08:40donc cette zone-là,
08:42ça va être un tiers de notre business.
08:43Pourquoi ? Parce qu'il y a énormément de créations de data centers,
08:45il y a également énormément d'argent,
08:47et c'est une industrie qui consomme énormément de cash,
08:49donc pour notre série B et la suite,
08:51le middle east est important.
08:53Je dirais, on n'a pas de retombée directe,
08:55aujourd'hui, au bout de 15 jours,
08:55mais c'est clair qu'il peut y avoir un impact sur Taïwan
08:59pour y revenir en termes d'énergie,
09:02en termes de gaz,
09:03en termes de minéraux, etc.,
09:04qui à terme peuvent perturber toute la chaîne de production.
09:08C'est toute la question des détroits,
09:09des détroits d'Hormuz,
09:10des détroits de Taïwan qui nous agitent beaucoup,
09:11parce que derrière cette question des détroits,
09:13il y a par où passent nos dépendances critiques.
09:15Vous disiez tout à l'heure que la production
09:19se fait essentiellement à Taïwan,
09:21je crois que c'est 90% des semi-conducteurs
09:24de dernière génération qui se fait par TSMC à Taïwan,
09:27mais elle se fait aussi grâce à des entreprises européennes,
09:30à SML pour les machines de photolithographure,
09:33Air Liquide pour les gaz rares
09:34qui sont essentiels dans la production de semi-conducteurs,
09:37des entreprises allemandes aussi dans le secteur de l'optique.
09:39Dans quelle mesure est-ce que Taïwan est aussi dépendant de l'Europe
09:41pour sa propre production de semi-conducteurs ?
09:44C'est complètement imbriqué,
09:46c'est là tout le problème.
09:47Il n'y a pas un pays où Taïwan ne peut pas travailler sans les autres.
09:51Maintenant, c'est quand même eux qui ont la production,
09:53aujourd'hui.
09:54Ils ont les machines,
09:56ils ont géré toutes les machines à SML qu'il faut pour avancer, etc.
09:59De ce côté-là, ils sont bien devant,
10:02ils ont surtout une logistique qui est implacable,
10:03ils sont capables de gérer des milliers de clients
10:05et des milliers de produits en parallèle.
10:08Et c'est là toute leur force.
10:09C'est-à-dire, vous envoyez un fichier de conception
10:12chez TSMC à Taïwan,
10:13vous savez que quelques mois après,
10:14vous aurez votre produit.
10:15Et sur ce côté-là,
10:17ils sont juste exceptionnels.
10:18Alors, Philippe Nothomb,
10:19j'aimerais vous faire écouter.
10:20BFM Business s'est rendu il y a quelques mois
10:23en Allemagne.
10:24Un de nos journalistes est allé voir
10:26une ETI qui s'appelle Trump.
10:28C'est une pépite familiale
10:30dans l'écosystème des semi-conducteurs.
10:32Écoutez Nathan Cocampo qui est allé là-bas.
10:36Trump n'est pas une entreprise de défense.
10:38Cette pépite familiale allemande centenaire
10:40fabrique des machines lasers de haute technologie
10:43utilisées notamment par le géant néerlandais ASML
10:45pour fabriquer des semi-conducteurs
10:48comme le décrit le directeur de la technologie.
10:53Vous voyez ici notre système laser
10:55pour l'extrême ultraviolet.
10:57Un laser utilisé par ASML
10:59pour générer ses rayons extrêmes ultraviolets.
11:02Cela produit de la lumière
11:03qui est utilisée pour fabriquer
11:04les puces les plus complexes
11:06aujourd'hui au monde.
11:11Voilà donc Trump
11:12est une entreprise allemande
11:15qui était civile
11:16et qui est là à basculer très vite
11:17dans l'économie de guerre.
11:19Est-ce que l'écosystème
11:21des semi-conducteurs
11:22aujourd'hui est entraîné
11:23par la force de cette géopolitique
11:25dans l'économie de guerre ?
11:26Alors ce qu'on voit
11:27en tant que start-upper
11:28et entre autres dans le cadre
11:29d'une série B
11:31depuis 250 millions d'euros
11:32sur lesquels on travaille
11:33c'est le mot clé dual
11:36c'est-à-dire comment utiliser
11:37des composants
11:38qui ont été conçus pour le civil
11:39c'est-à-dire dans notre cas
11:40des supercalculateurs
11:41et des data centers
11:42peuvent être appliqués aux militaires.
11:44Il y a de la demande
11:45on sent qu'il y a des investisseurs
11:46il y a des fonds qui se lèvent
11:47pour financer le dual
11:48ça va être un marché
11:49alors c'est pas un marché suffisant
11:51pour nous pour en vivre
11:53ça reste quand même des volumes
11:54qui sont petits
11:54par rapport à du marché civil
11:56mais c'est le premier impact
11:57positif dans notre cas
11:59parce que c'est des nouvelles sources
12:01de financement.
12:01Et vous vous engouffrez dans le dual
12:03je crois qu'il y aura
12:03votre microprocesseur Athena
12:05tout à fait
12:06que vous avez conçu
12:07qui est en cours de fabrication
12:08en ce moment à Taïwan.
12:09Tout à fait
12:10pour des problématiques
12:10de contrôle export également
12:12parce qu'aujourd'hui
12:12il faut que les armées européennes
12:14soient équipées
12:15avec du matériel européen
12:16et si possible
12:16qui ont des composants européens
12:18pour éviter toute problématique
12:19de contrôle export US.
12:20Si ça vous va
12:21on file tout de suite
12:22à New York
12:22retrouver Romuald Skiora
12:24chercheur à l'IRIS
12:26Romuald
12:27vous venez d'entendre
12:28cette ambition technologique
12:30souveraine
12:31de Philippe Nothomb
12:32à la tête de Cyperl
12:33vu des Etats-Unis
12:36est-ce crédible aujourd'hui
12:38de vouloir être
12:40quelqu'un de
12:41j'allais dire
12:42peut-être pas de concurrent
12:43mais de complémentaire
12:44d'NVIDIA ?
12:46Écoutez
12:47oui et non
12:48à titre personnel
12:50bien évidemment
12:51que je soutiens tout à fait
12:52ce genre de démarche
12:53et je pense que c'est capital
12:54pour la France
12:56pour l'Europe
12:56vu des Etats-Unis
12:59la première approche
13:00c'est toujours un petit peu
13:01comme vous le savez
13:01de rire
13:03et de se moquer
13:03de toutes les entreprises
13:05ou initiatives européennes
13:06même lorsque pourtant
13:07elles peuvent
13:08s'avérer fécondes
13:11à terme
13:11pour les Américains
13:12le grand rival
13:13c'est la Chine
13:14qui depuis 2017
13:15si je ne me trompe
13:16a dit qu'en 2030
13:18ils seraient les leaders
13:19sur le marché
13:21d'innovation
13:21lié à l'intelligence artificielle
13:23pour l'instant
13:23les Etats-Unis
13:24avec la guerre en Iran
13:25ont un laboratoire ouvert
13:27vraiment de l'intelligence artificielle
13:29dans tout ce qui touche
13:31à l'armement
13:32donc ce genre de démarche
13:34est vu avec le sourire
13:36avec un petit peu
13:37de circonspiction
13:38mais les milieux concernés
13:41oui savent très bien
13:43que l'Europe
13:44sans être un rival
13:46au niveau de la Chine
13:47pourrait se réveiller
13:51On voit qu'il y a une
13:52je vais me tourner maintenant
13:53vers Sedomir Nostorovic
13:55vous êtes professeur
13:57à l'ESSEC
13:58vous êtes co-directeur académique
14:00de l'Institut géopolitique
14:01et business
14:02vous êtes basé à Singapour
14:03à l'Institut géopolitique
14:04et business de l'ESSEC
14:05qui est partenaire
14:07de ce format spécial
14:08des experts
14:09sans frontières
14:10J'aimerais vous faire écouter
14:13Sedomir
14:14un diplomate singapourien
14:16Kishore Mahobani
14:17qui est une voix assez influente
14:19dans la zone indo-pacifique
14:20il y a quelques mois
14:21c'est le mois d'octobre
14:22il s'exprimait devant
14:23des investisseurs indiens
14:26qui étaient très influents
14:27écoutez ce qu'il disait
14:28sur l'Europe
14:31En une génération
14:35l'Union Européenne
14:36passe de 10 fois la Chine
14:37à la moitié de la Chine
14:40C'est un changement
14:41structurel majeur
14:42or les Européens
14:43n'ont pas encore réalisé
14:44où ils en sont
14:45Ils sont en vacances
14:50Bon, j'aimerais relier
14:52ce morceau d'analyse
14:54avec notre thématique
14:55de la géopolitique
14:56des semi-conducteurs
14:57Sedomir, vu d'Asie
14:59l'Europe est en vacances ?
15:03Tout d'abord
15:04en ce qui concerne
15:05Kishore Mahobani
15:06il est très
15:08il est très connu
15:09ici
15:10en Asie
15:11et il a toujours
15:12il a toujours eu
15:14un discours
15:14qui était un discours
15:16je dirais
15:18défaitiste
15:18par rapport
15:19à l'Europe
15:20et même par rapport
15:21aux Etats-Unis
15:21puisqu'il estimait
15:23qu'effectivement
15:24c'est la Chine
15:25qui a gagné
15:25et c'est la Chine
15:26qui dirige pratiquement tout
15:28Alors maintenant
15:29en ce qui concerne
15:30la position de l'Europe
15:32je pense qu'il y a
15:33je pense pour que l'Europe
15:36tire son épingle du jeu
15:37mais pas en tant que
15:39complètement souveraine
15:41puisque comme l'a indiqué
15:42Philippe tout à l'heure
15:43il est impossible
15:44que dans un pays
15:45on puisse produire
15:46tout ce qu'on veut
15:46en revanche
15:47si on regarde
15:48une spécialisation
15:49de niche
15:50et par laquelle
15:51on devient indispensable
15:52à ce moment-là
15:54l'Europe pourrait
15:55obtenir
15:55si bien de cause
15:56et nous avons
15:57des entreprises
15:58comme vous l'avez évoqué
15:59notamment à SME
16:01mais également
16:01en Allemagne
16:03mais également
16:04FT microélectronique
16:05en France
16:06et en Italie
16:06donc nous avons
16:07les possibilités
16:08de pouvoir jouer
16:10dans la cour des grands
16:11dans la cour
16:12qui nous revient
16:13mais à condition
16:14d'abandonner
16:15l'idée
16:15d'une souveraineté totale
16:17mais plutôt
16:18pour aller
16:18vers une souveraineté
16:20de niche
16:21Philippe
16:22notons
16:22quand on entend
16:23Romuald et Sédomir
16:25en Asie
16:25et aux Etats-Unis
16:26on va en reparler
16:27d'ailleurs tout à l'heure
16:28mais il y a vraiment
16:28une course à l'IA
16:29qui est absolument
16:31spectaculaire
16:32là-bas
16:34l'Europe
16:35elle
16:35est-ce qu'elle
16:36est encore dans la course
16:37l'Union Européenne
16:38a adopté son
16:39chips act
16:41est-ce que c'est
16:42un plan crédible
16:43comment vous le vivez
16:44vous en tant qu'un
16:44des rares industriels
16:46qui est en jeu
16:47en Europe
16:47alors le premier
16:48élément c'est que
16:49Cyperl a été incubé
16:50à Bruxelles
16:50on leur doit tout
16:52Cyperl a démarré
16:53dans le cadre
16:53d'un programme
16:54ce qu'on appelle
16:54H20
16:54c'est-à-dire
16:55un programme de recherche
16:57mes investisseurs
16:58entre autres
16:59la European Innovation Council
17:00et la banque européenne
17:01sans l'Europe
17:02et sans la vision
17:03du directorat
17:04qu'on appelle
17:04DG Connect
17:04qui gère
17:05l'intelligence artificielle
17:06le calcul etc
17:07il n'y aurait rien
17:07et la solution
17:08est clairement
17:09une solution européenne
17:11je comprends
17:11ce qui a été dit tout à l'heure
17:12quand effectivement
17:13quand les français
17:13ou les allemands
17:14tout seuls gesticulent
17:15les américains rigolent
17:16quand c'est l'Europe
17:17qui commence à se fédérer
17:19ça rigole nettement moins
17:20c'est entre autres
17:20pour ça qu'ils veulent tout casser
17:21et je suis sur le projet Cyperl
17:23depuis 2017
17:25donc deux ans d'incubation
17:26à Bruxelles
17:27j'ai vu une accélération
17:28à Bruxelles
17:28en termes de fédération
17:30depuis deux ans
17:31qui est juste hallucinante
17:32ce matin
17:32il y a la publication
17:33il y a un peu le draft
17:35du 28e régime
17:36c'est-à-dire
17:36ce qu'ils appellent
17:37EUNC
17:37pour faire une sorte
17:39de société européenne
17:40il y a Stéphane Séjourny
17:43qui travaille sur
17:43l'Europe by Act
17:44qui est clairement une chance
17:46et c'est là
17:46où il est important
17:47que l'Europe se mette
17:48en mode réciprocité
17:49les américains nous font ça
17:51il faut leur faire
17:52également la même chose
17:53le marché européen
17:53est colossal
17:54le marché local
17:55est colossal
17:55il faut simplement
17:56que les sociétés européennes
17:57locales puissent l'adresser
17:59réciprocité
17:59il faut que l'Europe
18:00soit aussi plus offensive
18:01peut-être
18:01sur cette approche
18:03des semi-conducteurs
18:03oui absolument
18:04elle produit actuellement
18:05moins de 10%
18:06de la production mondiale
18:07de semi-conducteurs
18:08et elle veut passer
18:09à 20% d'ici 2030
18:11avec
18:12c'est-à-dire
18:13l'objectif
18:14de ce CHIPS Act
18:15et des 43 milliards d'euros
18:16d'investissement public
18:17qui ont été mis en face
18:18et pourtant
18:19on peut s'interroger
18:20est-ce que ça va
18:20est-ce que c'est crédible
18:21la Cour des comptes européenne
18:22est assez sévère
18:23sur ce sujet
18:25et elle estime
18:26que c'est un objectif
18:26complètement hors de portée
18:27sa projection
18:28pour 2030
18:29c'est une part européenne
18:31de la production mondiale
18:32qui se situe plutôt
18:32autour de 12%
18:34donc on est très loin
18:34des 20%
18:35qui sont l'objectif
18:36l'ambition affichée
18:37par l'Union Européenne
18:38et pour ça
18:39il y a 4 raisons
18:39à bien comprendre
18:40la première
18:40elle est financière
18:41c'est que
18:42nos autres compétiteurs stratégiques
18:44ils investissent aussi
18:45massivement que nous
18:46dans ce sujet
18:47voire peut-être
18:47même parfois plus
18:48on parle
18:48dans les semi-conducteurs
18:50d'investissement mondiaux
18:51de l'ordre de 400 milliards
18:52sur la période 2020-2030
18:55la deuxième raison
18:55elle est industrielle
18:56parce que
18:57l'Europe est forte
18:58sur certains segments
18:59d'ailleurs
18:59Tchédemir l'a rappelé
19:00tout à l'heure
19:01c'est par exemple
19:01le cas dans le domaine
19:02des puces et automobiles
19:04mais elle est faible
19:04sur les processeurs de pointe
19:06et elle a plus de grands fondeurs
19:08vous l'avez dit tout à l'heure
19:09les grands fondeurs
19:09c'était SMC à Taïwan
19:11et en tout cas
19:12il n'y a pas de grandes entreprises
19:13européennes là-dessus
19:14troisième élément
19:15c'est les faibresses structurelles
19:16de l'industrie européenne
19:17le coût de l'énergie
19:18et on voit avec ce qui se passe
19:19au Moyen-Orient
19:20que cette crise de compétitivité
19:23va s'accentuer
19:25pénurie d'ingénieurs spécialisés
19:26on en parlait tout à l'heure
19:27c'est une main d'oeuvre
19:27extrêmement rare
19:29pour laquelle il y a une tension
19:30aussi sur les talents
19:31dépendance aux matières critiques
19:32tout ça fait qu'il y a
19:33des handicaps structurels
19:35assez importants
19:35pour l'Europe
19:36et puis le dernier
19:37il est politique
19:38c'est ce que vous disiez à l'instant
19:39il y a eu une volonté
19:40qui est affichée
19:41mais la commission européenne
19:42ne centrifuge pas
19:43tous les investissements publics
19:45en matière de
19:47de semi-conducteurs
19:47donc il y a un effet d'éparpillement
19:48et c'est complètement différent
19:49de nos grands compétiteurs
19:51stratégiques
19:51qui sont
19:52qui soient en Chine
19:53ou aux Etats-Unis
19:56non juste pour terminer
19:57c'est que
19:57cette ambition pour autant
19:58n'est pas vaine
19:59on voit d'ailleurs
20:00les résultats avec Cyperl
20:01il y a un signal stratégique
20:02le chipsac à l'européenne
20:04c'est une réponse
20:05au chipsac à l'américaine
20:06et c'est très important
20:07il y a une mobilisation
20:07sur les segments critiques
20:08et puis tout ça
20:10participe d'un effort plus large
20:11de réindustrialisation
20:12du continent européen
20:13un effort qu'on ne peut pas
20:14non plus
20:15jeter avec l'eau du bain
20:16sur ce soutien de Bruxelles
20:18j'aimerais vous faire
20:19écouter rapidement
20:21BFM Business
20:22qui est allé dans les locaux
20:23flamands de Limec
20:24en Belgique
20:24c'est le centre interuniversitaire
20:25de micro électronique
20:26eux ils ont capté
20:27plus de 2 milliards
20:29de l'argent de Bruxelles
20:30et écoutez-le
20:31le PDG de Limec
20:32il dit que ça ne suffit pas
20:35la recherche sur les puces
20:36c'est un marathon
20:37pas un sprint
20:37il faut investir
20:38sur le long terme
20:39donc un chipsac 2.0
20:41est crucial
20:41on peut comparer cela
20:42à ce qu'ont fait
20:43les gouvernements belges
20:44avec Limec
20:44ils ont investi
20:45systématiquement
20:46dans Limec
20:46pendant 40 ans
20:47et on en voit
20:48aujourd'hui le résultat
20:50Philippe Nothomb
20:51l'Europe en fait assez ?
20:53alors l'Europe
20:54en fait pas assez
20:56mais elle en fait pas
20:56forcément là où il faut
20:58il y a un
20:59pareil
21:00il y a un tropisme européen
21:01qui est surtout
21:01de financer le passé
21:03ou de vouloir avoir des usines
21:04alors ça c'est le syndrome
21:05Macattel
21:05Fabless
21:07de Tchourouk à l'époque
21:08il dit tout à l'heure
21:09AMD, Qualcomm, NVIDIA
21:10les GAFAM
21:11n'ont pas d'usines
21:12sont des sociétés
21:13Fabless
21:13qui produisent ailleurs
21:14qui produisent chez TSMC
21:16et le futur de l'AI
21:17le futur du compute
21:18c'est-à-dire du calcul
21:19comme on le fait là
21:20c'est plutôt avec des sociétés
21:21Fabless comme nous
21:22qui vont produire
21:23chez TSMC
21:23ou dans nos usines équivalentes
21:24qui idéalement
21:25seraient en Europe
21:26et là on parlait
21:27du chipsac V1
21:28qui a 45 ou 50 milliards
21:29quelque chose comme ça
21:30on est impliqué nous directement
21:31avec Bruxelles
21:31sur la définition du chipsac V2
21:34comme le disait Thomas
21:35il faut absolument
21:36agréger les soutiens
21:38et avoir un outil unique
21:40et massif
21:40mais financer
21:41des sociétés Fabless
21:42de design
21:43qui font que de la conception
21:44et pas uniquement des usines
21:45à moins de mettre
21:4630 milliards
21:47chez TSMC
21:48en 3 nanomètres en Europe
21:49mais pour l'instant
21:49ils ne veulent pas venir
21:50parce qu'il n'y a pas encore
21:51assez de volume
21:51allez on va continuer
21:52à discuter ensemble
21:54de la géopolitique
21:55des semi-conducteurs
21:56on va se retrouver
21:57dans un instant
21:57on va parler de cette course
21:59à l'IA totalement spectaculaire
22:01entre la Chine
22:01et les Etats-Unis
22:02avec nos experts sans frontières
22:04qui sont depuis Singapour
22:06et depuis New York
22:07à tout de suite
22:07sur BFM Business
22:08Les experts sans frontières
22:10le grand témoin
22:12Bienvenue si vous nous retrouvez
22:13dans ce format spécial
22:15des experts sans frontières
22:17qu'on vous a concocté
22:18avec Thomas Friand
22:19économiste
22:20et directeur exécutif
22:21de l'Institut géopolitique
22:23et business de l'ESSEC
22:24partenaire de ce format
22:26l'idée c'est qu'autour de nous
22:28nous avons un grand témoin
22:29en l'occurrence
22:30Philippe Nothomb
22:31qui est un des rares
22:32français européens
22:33à concevoir
22:34ses propres microprocesseurs
22:36nous parlons donc
22:36de la géopolitique
22:38des semi-conducteurs
22:40avec aussi
22:41nos experts sans frontières
22:42qui sont en direct
22:43avec nous
22:43depuis Singapour
22:44et depuis New York
22:45j'aimerais vous faire écouter
22:46en juillet dernier
22:47c'était à Washington
22:49Donald Trump
22:50qui intervenait
22:51à un sommet
22:52autour de l'intelligence artificielle
22:54écoutez-le
22:55il est déterminé
22:56à gagner cette bataille
22:57de l'IA
22:59à partir d'aujourd'hui
23:01ce sera une politique
23:01des Etats-Unis
23:02de faire tout ce qu'il faut
23:03pour mener le monde
23:04dans le domaine
23:05de l'intelligence artificielle
23:06il se passe quelque chose
23:07de très important
23:08c'est vraiment quelque chose
23:09que personne n'avait prévu
23:10cela est apparu presque
23:11de nulle part
23:12et nous en sommes là
23:13mais nous défendrons
23:14notre nation
23:14nos valeurs
23:15notre avenir
23:16et notre liberté
23:22Romuald Skiora
23:23je rappelle
23:23vous êtes chercheur
23:24à l'IRIS
23:24vous suivez de très près
23:26cette course spectaculaire
23:27à l'intelligence artificielle
23:29entre la Chine
23:30et les Etats-Unis
23:31ce qui se joue
23:32derrière Romuald
23:33c'est l'idée peut-être
23:35qu'ont intégré
23:36Xi Jinping
23:36et Donald Trump
23:37que celui qui sera
23:38le maître de l'IA
23:39sera le maître du monde
23:46je crois qu'on ne vous entend pas
23:49nous n'avons pas le son
23:51voilà maintenant
23:52vous devez m'entendre
23:52je vous entends
23:53je vous entends Romuald
23:54allez-y
23:54voilà
23:54j'avais bêtement coupé le micro
23:56je disais que vous avez
23:58tout à fait raison
23:59mais au-delà de l'IA
24:00et tout à l'heure
24:01on parlait de l'Europe
24:02je pense que nous allons en reparler
24:03l'Europe a en partie
24:05raté le coche de l'IA
24:06elle tente de s'y raccrocher
24:08et j'espère avec succès
24:09mais elle a quand même raté
24:10le départ
24:11aujourd'hui
24:12l'enjeu
24:13n'est plus seulement l'IA
24:15dans la course à l'IA
24:16et c'est ce dont je traite
24:17justement dans le livre
24:18publié par l'université de Columbia
24:19c'est aussi
24:20le transhumanisme
24:21l'homme augmenté
24:22qui à travers l'IA
24:24et aux côtés de l'IA
24:25va être le véritable enjeu
24:28des années 2030
24:29et 2040
24:30comme vous savez
24:31les implants cérébraux
24:31ont déjà été testés
24:33avec succès sur les humains
24:34certains sont remis en vente
24:36dès les années 2030
24:38bref
24:38donc oui
24:39course à l'IA
24:41entre les Etats-Unis
24:42et la Chine
24:43course acharnée
24:45on sait très bien
24:45que la puissance géostratégique
24:48militaire
24:49géopolitique du 21ème siècle
24:50reposera essentiellement
24:52donc sur l'IA
24:52mais aussi
24:53et peut-être
24:54surtout
24:54à terme
24:55quand j'entends à terme
24:56à moyen terme
24:57d'ici 20-25 ans
24:59sur toutes les technologies
25:01de l'IA
25:02liées au transhumanisme
25:04et à l'homme augmenté
25:06qui pourrait provoquer
25:07une fracture ontologique
25:09dans notre espèce
25:10mais ça c'est autre chose
25:10donc oui tout à fait
25:11c'est autre chose
25:13Renaud
25:13mais en même temps
25:14ce point que vous nous rappelez ici
25:16constitue aussi une base
25:18peut-être petite
25:19mais très influente
25:21de la base MAGA
25:22de Donald Trump
25:23je parle là
25:24des techno-libertariens
25:26qui ont une influence
25:27assez forte
25:27dans l'entourage
25:28de Donald Trump
25:29Tout à fait
25:30vous avez tout à fait raison
25:31de rebondir là-dessus
25:32et c'est justement
25:33sur quoi j'essaye
25:35un petit peu d'alerter
25:35aussi aux Etats-Unis
25:36mais aussi en Europe
25:37quand je parle de ce sujet
25:38que vous savez
25:39je ne suis pas un spécialiste
25:39des technologies
25:40je suis géopolitologue
25:42mais le grand débat
25:43est effectivement
25:44autour de l'intelligence artificielle
25:45mais aussi aujourd'hui
25:46aux Etats-Unis
25:46je dirais qu'on a presque
25:47dépassé le débat
25:48sur l'intelligence artificielle
25:49Trump dans le discours
25:50que vous nous avez donné
25:51a dit quelque chose
25:51de très juste
25:52c'est tombé de nulle part
25:53aujourd'hui
25:54on se réveille un petit peu
25:55en Europe
25:56dans le monde
25:56l'intelligence artificielle
25:57on en parle beaucoup
25:58mais on ne se rend pas compte
25:59de ce qui est vraiment
26:00aujourd'hui en gestation
26:01et au débat ici aux Etats-Unis
26:02c'est effectivement
26:03le transhumanisme
26:04Elon Musk
26:05est à la pointe de ceci
26:07et d'ici à peu près
26:08alors les choses peuvent bouger
26:10mais au cours des années
26:112030, 32, 33
26:12vont être vendus
26:13les premiers implants cérébraux
26:14qui pourront multiplier
26:16nos capacités cérébrales
26:17on peut imaginer
26:18à quelle vitesse
26:19cela va aller
26:20on imagine donc
26:21dans un pays
26:22où il y aurait une ultra
26:22capitalisme comme les Etats-Unis
26:24que ceux qui pourront en profiter
26:25évidemment seront ceux
26:27qui auront les moyens
26:28de se payer cette technologie
26:29c'est pour ça que je parle
26:30un petit peu de rupture
26:30ontologique dans notre espèce
26:32nous aurons donc
26:32probablement en 2050
26:33des hommes augmentés
26:35tandis que d'autres
26:36ne le seront pas
26:36bref
26:37en parallèle de la course à l'IA
26:39il y a aujourd'hui
26:40aux Etats-Unis
26:41cette course
26:41qui a commencé
26:42et ça c'est une course
26:44que l'Europe
26:45ne devrait pas louper
26:46si elle veut pouvoir
26:48rivaliser un temps
26:49soit peu
26:49avec les géants chinois
26:50et américains
26:51dans les prochaines années
26:52les géants chinois
26:53justement j'aimerais bien
26:53qu'on file en Asie
26:54maintenant
26:55retrouver
26:55Sedomir
26:57qui est à Singapour
26:59Romuald
27:00nous le rappelait aussi
27:00depuis New York
27:01un des segments fondamentaux
27:03de l'intelligence artificielle
27:05c'est le secteur
27:07de la défense
27:08on voit à quel point
27:09la technologie
27:11les semi-conducteurs
27:12la puissance de calcul
27:13infusent dans l'écosystème
27:15de la défense
27:16comment est-ce que
27:18la Chine
27:20met l'IA
27:20au cœur
27:21de ses armées
27:22aujourd'hui
27:22est-ce que
27:24c'est aussi central
27:26j'imagine
27:26qu'aux Etats-Unis
27:29tout à fait
27:29dans tous les pays
27:31vous avez
27:32une utilisation
27:33duale
27:34de la technologie
27:35d'un côté
27:36le civil
27:37et de l'autre côté
27:38le militaire
27:39alors la différence
27:40par rapport aux Etats-Unis
27:41c'est qu'en Chine
27:43nous avons
27:44un système
27:45qui est centralisé
27:46et qui est complètement
27:48dominé
27:48par un parti
27:49et qui peut prévoir
27:51des investissements
27:52à long terme
27:53c'est la raison
27:54pour laquelle
27:54Xi Jinping
27:56peut se permettre
27:57de dire
27:57d'ici 30 ans
27:58nous voulons
27:59devenir
28:00les champions
28:01de l'IA
28:01et nous mettons
28:02tout en place
28:03que ce soit
28:04du côté public
28:05ou du côté privé
28:06c'est ce que nous n'avons pas
28:07dans les autres
28:10latitudes
28:10alors la différence
28:12c'est que
28:13la Chine
28:14pour l'instant
28:15on n'est pas
28:16intéressé
28:17pour parier
28:18à un chariot
28:19ça c'est
28:20une autre dimension
28:21de l'IA
28:21en revanche
28:22en Chine
28:23il y a un plus grand
28:24problème
28:25qui est le bénissement
28:25de la population
28:26et ce qu'ils veulent
28:28c'est utiliser
28:28l'IA
28:29pour l'automatisation
28:31la plus poussée
28:32au sein de la production
28:34en Chine
28:35notamment
28:35avec
28:36les usines
28:37qui sont
28:38sans lumière
28:40c'est-à-dire
28:41où vous n'avez
28:41que des robots
28:42qui travaillent
28:43donc ça
28:43c'est véritablement
28:44l'objectif
28:45qu'ils ont
28:46c'est-à-dire
28:47d'obtenir
28:47une efficacité
28:48qui est
28:49la plus totale
28:50plutôt que
28:51de rechercher
28:52quelles sont
28:53les indications
28:56ou surtout
28:56les objectifs
28:57ultimes
28:58de l'IA
28:58et
28:59par rapport
29:01à cela
29:01nous avons également
29:03une domination
29:04en ce qui concerne
29:05les métaux rares
29:06qui sont utilisés
29:07dans l'IA
29:08donc effectivement
29:09ils ont un peu
29:10une avance
29:10au-dessus
29:11Alors justement
29:12cette domination
29:13sur les métaux rares
29:14aussi
29:14c'est une arme
29:17massive
29:18entre les mains
29:18de Xi Jinping
29:19on parle souvent
29:20d'un contrôle
29:22aux exportations
29:24qui détient
29:26les métaux rares
29:28détient
29:28une brique
29:29essentielle
29:29de la fabrication
29:30de nombreux
29:31produits technologiques
29:33dont on ne peut
29:33plus se passer
29:34aujourd'hui
29:35et il en joue
29:35Xi Jinping
29:36C'est évident
29:38et l'on utilise
29:40comme une arme
29:42donc les métaux rares
29:43aujourd'hui
29:45à plus de 90%
29:46ils sont produits
29:47en Chine
29:48alors ils ne sont pas
29:49rares
29:49parce qu'ils n'existent
29:50pas ailleurs
29:50pas du tout
29:51mais simplement
29:52parce que
29:52depuis 30 ans
29:54on a laissé
29:55la Chine
29:57utiliser l'extraction
29:58des métaux rares
29:59et surtout
30:00la production
30:01des métaux rares
30:02par exemple
30:02les métaux rares
30:03qui sont extraits
30:04aux Etats-Unis
30:04ils sont très souvent
30:05envoyés en Chine
30:07afin d'être produits
30:08et afin d'être élaborés
30:10donc ils ont une domination
30:11de production
30:12qu'on ne peut pas trouver
30:13ailleurs
30:14et il est évident
30:15que Xi Jinping
30:16va l'utiliser
30:17si par exemple
30:17on lui interdit
30:19des cultes NVIDIA
30:20ou si par exemple
30:21il y a un problème
30:22avec
30:23je ne sais pas moi
30:24à SML
30:25il va utiliser
30:26l'arme des métaux rares
30:28afin de tenir
30:29les autres notages
30:31et de leur dire
30:31il faut travailler
30:33avec nous
30:33et il faut essayer
30:34de trouver un compromis
30:36Je rappelle
30:37aujourd'hui
30:38pour ce format spécial
30:40des experts
30:41sans frontières
30:41avec un grand témoin
30:44autour de qui
30:45nous parlons
30:45de la géopolitique
30:46des semi-conducteurs
30:47c'est vous
30:47Philippe Nothon
30:48qui êtes le CEO
30:50de Saipel
30:51vous êtes un des rares
30:52à fabriquer
30:52des microprocesseurs
30:55en France
30:56et en Europe
30:56c'est un enjeu
30:57de souveraineté majeure
30:58j'aimerais peut-être
30:59filer à New York
31:00avec Romuald
31:01pour qu'on
31:02peut-être
31:03pour qu'on aide
31:03qu'on nous aide
31:05nous
31:05et peut-être
31:05Philippe Nothon
31:06à comprendre
31:06quelle est la situation
31:07géopolitique
31:08en Indo-Pacifique
31:09je dis ça
31:10parce que Philippe Nothon
31:11nous le rappelait
31:11il fait fabriquer
31:12ses microprocesseurs
31:13chez TSMC
31:14à Taïwan
31:16on a observé
31:17une pause militaire
31:18totalement inhabituelle
31:20de l'armée chinoise
31:21pendant plus d'une semaine
31:22Romuald
31:23c'était du 27 février
31:24au 5 mars
31:25du jamais vu
31:26depuis 2022
31:27depuis que Taïwan
31:28a mis en gros
31:28un observatoire
31:29pour comptabiliser
31:31les manœuvres militaires
31:33personne aujourd'hui
31:34n'arrive à expliquer
31:35cette pause
31:37écoutez pour moi
31:37elle s'explique
31:38relativement simplement
31:39c'est un signe
31:40amical
31:41qui a été envoyé
31:42à Donald Trump
31:43en vue de sa
31:44visite
31:45prochaine
31:46en Chine
31:48n'y cherchons pas
31:49autre chose
31:50il n'y a aucune raison
31:52géostratégique
31:52pour la Chine
31:54de se priver
31:54de quelques manœuvres
31:56autour de Taïwan
31:57c'est un signe
31:58non pas d'apaisement
31:59mais un signe
32:00sympathique
32:00qui a été envoyé
32:01à Donald Trump
32:02les Etats-Unis
32:03ont tout à fait conscience
32:04que Xi Jinping
32:05va reprendre Taïwan
32:07il le reprendra
32:07ceux qui disent
32:08que cela n'arrivera pas
32:09en plus que du caca
32:10dans les yeux
32:11de toute façon
32:11il l'a déclaré
32:13cela fait partie
32:14de son projet
32:14et n'oublions pas
32:17combien une promesse
32:19d'un dirigeant chinois
32:20à son parti
32:21à sa population
32:22est quelque chose
32:23de sacré
32:24pour les Chinois
32:25donc Xi Jinping
32:26tiendra parole
32:27et on sait très bien
32:29qu'il pourra reprendre
32:30Taïwan
32:30sans aucun problème
32:31on sait très bien
32:32que les Etats-Unis
32:32n'interviendront pas
32:33militairement
32:34contre la Chine
32:35ils n'en ont pas
32:36enfin ils n'en ont pas
32:37les moyens
32:37ils n'en ont pas vraiment
32:38les moyens
32:39regardez déjà
32:39les difficultés
32:40et cette défaite potentielle
32:42aujourd'hui en Iran
32:44ils ne s'engageront
32:45donc pas
32:46dans une guerre
32:46avec la Chine
32:47donc ne cherchons pas
32:49autre chose
32:49qu'un geste symbolique
32:51pour l'instant
32:51de la part de Xi Jinping
32:53c'est pourquoi
32:54les Etats-Unis
32:54essayent de pouvoir
32:57eux-mêmes
32:59aujourd'hui
33:00localiser
33:00relocaliser
33:01délocaliser
33:02un maximum
33:03d'industries
33:04sur le territoire américain
33:06Thomas Friand
33:07je rappelle
33:08on a concocté
33:09préparé ensemble
33:10cette émission
33:10vous êtes le directeur
33:12exécutif de l'institut
33:13géopolitique et business
33:14de l'ESSEC
33:15est-ce que
33:16ça c'est un autre
33:17un autre scénario
33:19alors peut-être
33:20trop alarmiste
33:20à entendre
33:21Romuald Sciorra
33:22mais qui tournait
33:22ces derniers temps
33:23à savoir que
33:25l'embrasement régional
33:27au Moyen-Orient
33:27pouvait créer
33:29une fenêtre
33:29d'opportunité
33:30pour Xi Jinping
33:31pour fondre sur Taïwan
33:33en tout cas
33:33il faut se rappeler
33:34que Pékin cherche
33:35une fenêtre
33:35d'opportunité
33:36elle le cherche
33:37parce que comme
33:37Romuald Sciorra
33:38l'a dit à l'instant
33:40Xi en a fait la promesse
33:41à son parti
33:42et si j'ose dire
33:43ça va plus loin
33:43puisque c'est désormais
33:44inscrit dans la constitution
33:45chinoise
33:46que Taïwan sera réintégré
33:47à la Chine continentale
33:48avant 2049
33:50alors qu'est-ce qui peut
33:51créer une fenêtre
33:53stratégique
33:53pour que la Chine
33:54se réempare
33:54de Taïwan
33:55il y a trois variables
33:56la première c'est
33:57est-ce que la Chine
33:58est prête sur le plan militaire
33:59d'après les estimations
34:00de la CIA
34:01c'est en 2026
34:02que la Chine sera prête
34:03et qu'elle se sera
34:04démontrée être prête
34:05par les exercices
34:06auxquels vous ferez
34:07officiellement
34:07elle a le deuxième budget militaire
34:08au monde
34:10officieusement
34:11on dit
34:11qu'il pourrait
34:12se rapprocher
34:13de celui des Etats-Unis
34:14à 1000 milliards
34:15de dollars par an
34:15voilà
34:16et elle a démontré
34:17par différents exercices
34:18sa capacité
34:19à mener à bien
34:19une impération amphibie
34:20extrêmement complexe
34:21à minima
34:21pour faire un blocus
34:22à maxima
34:23pour reprendre l'île
34:24intégralement par la force
34:24la deuxième variable
34:26de cette question
34:27de la fenêtre stratégique
34:28pour Xi
34:30c'est évidemment
34:31est-ce que la société
34:32taïwanaise
34:32est prête à faire preuve
34:33de résilience
34:34est-ce qu'elle peut
34:34lui tenir tête ou pas
34:36deuxième élément
34:37donc là on a
34:37une deuxième idée
34:38de la chronologie
34:38après le fait que
34:392026 l'armée chinoise
34:41est prête
34:41c'est que 2026
34:422027
34:42on est dans le moment
34:43entre les élections municipales
34:45et les élections présidentielles
34:45à Taïwan
34:46où la démocratie taïwanaise
34:48sera plus poreuse
34:49plus réceptive
34:50potentiellement
34:50à des ingérences
34:51des attaques hybrides
34:52notamment dans l'espace
34:53informationnel
34:54chinois
34:55ce qui pourrait
34:55l'affaiblir
34:56et troisième élément
34:57c'est est-ce que
34:58l'Amérique est dissuasive
35:00et là on reboucle
35:01avec le théâtre du Moyen-Orient
35:02parce que ce qui est en train
35:03de se passer au Moyen-Orient
35:04l'attaque
35:07américano-israélienne
35:08sur l'Iran
35:09elle ouvre
35:10une fenêtre
35:11stratégique
35:12pour la Chine
35:12la Chine est prête
35:13sur le plan militaire
35:14Taïwan rend dans un cycle
35:15démocratique
35:16qui l'affaiblit
35:16et en plus de ça
35:17l'Amérique s'affaiblit
35:19elle s'affaiblit
35:19parce que son attention stratégique
35:20elle est portée
35:21sur le Moyen-Orient
35:22et parce que très concrètement
35:23on le voit
35:23sa défense antiaérienne
35:25elle chute
35:26rapidement
35:27ses missiles
35:28de défense antiaérienne
35:29s'épuisent vite
35:31en stock
35:31face aux attaques iraniennes
35:33et surtout
35:33les capacités industrielles
35:34américaines
35:35pour régénérer
35:36ces stocks
35:36de défense antiaérienne
35:37s'épuisent
35:37ne se niront jamais
35:38à la même vitesse
35:39très concrètement
35:40en deux semaines
35:41les Etats-Unis
35:42ont consommé
35:42un quart
35:43de leur stock
35:44d'intercepteurs
35:44de missiles balistiques
35:45les missiles
35:48THAAD
35:48c'est quasiment
35:50deux fois
35:50la capacité de production
35:52annuelle
35:52de ces missiles
35:53par les Etats-Unis
35:53et donc en fait
35:55l'intervention en Iran
35:56ça a un effet immédiat
35:57d'attrition
35:57sur la puissance américaine
35:58et c'est là
35:59où on voit
35:59la fenêtre
36:00s'ouvrir
36:01pour Pékin
36:01alors la question
36:02c'est est-ce que
36:03Sachant qu'ils disent
36:04eux-mêmes
36:04depuis qu'il est revenu
36:05à la Maison Blanche
36:05ils disent que
36:06maintenant
36:06leur priorité
36:07c'est l'Indo-Pacifique
36:08on met le paquet
36:08sur l'Indo-Pacifique
36:09sauf que là
36:10on voit
36:10qu'ils sont mobilisés
36:11à vous écouter
36:13ils sont mobilisés
36:14à 100% ailleurs
36:15avec des capacités
36:16100% je ne sais pas
36:17mais en tout cas
36:17ils sont suffisamment
36:18mobilisés
36:18pour que ça crée
36:19une fenêtre
36:20d'opportunité
36:20pour la Chine
36:21et la question
36:21c'est est-ce que
36:22la Chine va s'engouffrer
36:22dans cette fenêtre
36:24pas évident
36:25parce que
36:26le choc énergétique
36:27qu'on voit au Moyen-Orient
36:28ça a évidemment
36:28des conséquences
36:29extrêmement importantes
36:30pour la Chine
36:30sur le plan économique
36:31du fait de son
36:32approvisionnement en pétrole
36:33notamment
36:34qui dépend beaucoup
36:34du Golfe
36:35et des routes maritimes
36:36dont on a déjà parlé
36:37donc est-ce que
36:38la Chine va s'emparer
36:39de cette fenêtre stratégique
36:40là tout de suite
36:41pas tout à fait évident
36:42même si le niveau
36:43de suspicion augmente
36:44en tout état de cause
36:45c'est que
36:45le niveau d'action
36:46dans la zone grise
36:47le niveau d'action
36:48par opération hybride
36:49par mesure de coercition
36:50par pression maritime
36:51lui il va reprendre
36:52et peut-être que ça sera
36:53juste après
36:54la visite de Trump
36:55Philippe Nothomb
36:56quand on conçoit
36:58des microprocesseurs
36:59souverains
37:00européens
37:01et français
37:01et qu'on entend
37:02tout ce qu'on vient d'entendre
37:03avec Sédomir
37:04à Singapour
37:05Romuald à New York
37:06Thomas ici avec nous
37:08et qu'on se dit
37:09qu'on a en tête aussi
37:10le fait qu'il y a
37:10énormément d'états-majors
37:12en Occident
37:13qui ont
37:14l'horloge
37:15ou le compte à rebours
37:16calé sur 2027
37:18pour
37:19ou 2028
37:20pour que la Chine
37:21fonde sur Taïwan
37:22comment on gère
37:23ce risque là
37:24parce que vous
37:25vous faites fabriquer
37:26vos puces
37:27chez TSMC
37:28à Taïwan
37:28aujourd'hui globalement
37:29j'ai pas le choix
37:30il n'y a pas d'alternative
37:32en Europe
37:32les autres fabs
37:33sont moins avancés
37:35ça fait partie
37:36alors je suis à Taïwan
37:37une fois par mois
37:38j'ai travaillé 9 ans
37:39dans une société taïwanaise
37:40j'en suis
37:41j'en suis très proche
37:42aujourd'hui pour moi
37:43pour la meilleure façon
37:44de limiter ce risque
37:45c'est que TSMC
37:46c'est l'assurance vie
37:47de Taïwan
37:48TSMC ouvre aux Etats-Unis
37:49en Arizona
37:50on est sur du cas de nanomètre
37:51les process les plus avancés
37:53c'est-à-dire 2 nanomètres
37:53et au-delà en dessous
37:54sont aujourd'hui
37:56exclusivement à Taïwan
37:57donc si Taïwan devient chinois
37:59demain
38:00l'accès à ces process
38:01c'est-à-dire NVIDIA
38:02ne pourra plus produire
38:03et je pense pour
38:04président Trump
38:04il est juste impossible
38:05de toucher à NVIDIA
38:06aujourd'hui
38:07il faut que la production continue
38:08donc tant que
38:09ces process avancés
38:11donc 2 nanomètres
38:121,8
38:121,4
38:13ne seront pas disponibles
38:14ailleurs
38:16c'est une garantie
38:17c'est une garantie
38:18c'est leur assurance vie
38:19tout est là-dessus
38:20et 90% des produits
38:23de compute aujourd'hui
38:23c'est-à-dire des systèmes
38:24de calcul
38:24comme ceux-là
38:26sont produits là-bas
38:26je vous disais tout à l'heure
38:27la meilleure nouvelle
38:28qu'on a eu nous
38:28sur un plan géopolitique
38:29dans les dernières semaines
38:30c'était l'annonce
38:31de TSMC
38:32sur le Japon
38:34ce qui va permettre
38:35un peu de diluer
38:36c'est ça
38:37vous par exemple
38:38en tant qu'industriel
38:40en tant que chef d'entreprise
38:41vous vous dites
38:41ouf ça me permet
38:42de diversifier mes risques
38:44entre autres
38:44en face d'investisseurs
38:45quand typiquement
38:46ce type de discussion
38:47mais comment vous gérez
38:48le risque taïwanais
38:49à terme
38:49on pourra aller au Japon
38:50que ça soit sur TSMC
38:51sur Rapidus
38:52peut-être en Corée du Sud
38:53ce qui va prendre
38:54un peu plus de temps
38:55et idéalement
38:55à terme en Europe
38:57la tech en tout cas
38:57on en a parlé
38:58mais elle s'infuse
38:59très très vite
39:00dans la défense
39:01Thomas
39:03je voulais vous faire réagir
39:04peut-être
39:04sur une note
39:05qui ressemble vraiment
39:06à une nouvelle doctrine militaire
39:08russe
39:09qui a été écrite en Russie
39:11par un ancien chef
39:12d'état-major russe
39:13et en fait
39:14qui tire les leçons
39:15les retours d'expérience
39:17de ce qui se passe en Ukraine
39:18il faut voir que l'Ukraine
39:19est vraiment
39:20le laboratoire technologique
39:22d'une guerre aujourd'hui
39:23et ce qu'il dit
39:24c'est qu'aujourd'hui
39:25il faut absolument
39:26tout abandonner
39:27les logiques
39:28de doctrine militaire
39:29classique
39:29héritée de la révolution industrielle
39:31la seule chose
39:32qui compte quasiment
39:33c'est la puissance de calcul
39:34l'armée qui a le plus
39:34de puissance de calcul
39:35c'est l'armée
39:36qui va prendre l'avantage
39:36oui alors
39:37c'est le fil conducteur
39:39de cette émission
39:40et ça nous ramène
39:40directement à ce
39:41à ce que
39:43après l'étroit d'Hormuz
39:44après l'étroit de Taïwan
39:45on revient vers
39:45l'Europe continentale
39:46et l'Ukraine
39:47pour comprendre aussi
39:48comment est-ce que
39:48la puissance ukrainienne
39:49qui est une puissance
39:50qu'on anticipait
39:52être une puissance modeste
39:52a été une puissance
39:53capable d'innover
39:55d'être un laboratoire
39:56d'innovation de défense
39:57à ciel ouvert
39:57dans tous les domaines
39:59innovation offensive
40:01et on en revient
40:02à ce que vous disiez
40:03à l'instant sur la capacité
40:04de puissance de calcul
40:05pour affirmer la puissance
40:06en tant que telle
40:07production de drones
40:08plus d'un million
40:08d'unités par an
40:09ça a transformé
40:10la guerre terrestre
40:12aujourd'hui un char
40:13qui peut être détruit
40:13par un matériel volant
40:15qui coûte très très peu
40:16ça modifie
40:17ce que veut dire
40:18la cavalerie
40:19dans une armée de terre
40:19j'ai entendu
40:20qu'il y avait même
40:20des officiers
40:22ukrainiens
40:23qui venaient en urgence
40:24conseiller des officiers
40:25américains
40:26au Moyen-Orient
40:27et alors au Moyen-Orient
40:28et ça intéresse
40:28beaucoup les saoudiens
40:30notamment sur les drones
40:31d'attaques marins
40:32que la flotte
40:33l'armée ukrainienne
40:35a mis au point
40:35pour ravager littéralement
40:37la flotte russe
40:37dans la mer de Sébastopol
40:38parce qu'ils ont
40:40réellement
40:41réinventé
40:42la guerre navale
40:42asymétrique
40:43ils ont transformé
40:44la guerre navale
40:45ça c'est vrai
40:45pour la partie offensive
40:46c'est aussi vrai
40:47pour la partie défensive
40:48ils ont grâce
40:49à leur technique
40:50d'innovation
40:50en boucle courte
40:52réussi à créer
40:53des systèmes
40:53de défense multicouches
40:55contre des missiles
40:55balistiques
40:56des drones
40:56et l'aviation
40:58qui saturent le ciel
40:59aérien tous les jours
40:59ces innovations-là
41:01ce sont des innovations
41:01qui sont étudiées par le temps
41:02pour pouvoir préparer
41:04l'Europe
41:04à se défendre
41:05à défendre
41:06ces zones urbaines
41:07je dis innovation offensive
41:08innovation défensive
41:09mais plus profondément
41:10cette innovation technologique
41:12elle a servi aussi
41:12à faire bouger les lignes
41:14en matière de doctrine
41:15d'emploi des forces
41:16parce que toute la façon
41:16d'utiliser les capacités militaires
41:18change
41:18à ciel ouvert
41:19et les armées européennes
41:21s'inspirent beaucoup
41:21de ce qui se fait en Ukraine
41:22et elle transforme même
41:23l'économie de guerre
41:24les circuits courts
41:25beaucoup plus courts
41:26grâce à des liens armées
41:27start-up
41:28qui sont totalement originaux
41:29beaucoup plus agiles
41:30et donc beaucoup plus puissants
41:31et on arrive à trancher
41:33avec des cycles extrêmement longs
41:34qui faisaient 10 ans
41:35voire 50 ans
41:36pour certains systèmes
41:37d'armement complexe
41:38en Occident
41:38donc on voit qu'il y a vraiment
41:39un retour d'expérience
41:40hyper intéressant
41:41de ce qui se passe en Ukraine
41:42Romuald Skiora
41:43je me retourne vers vous
41:44à New York
41:45ce qui est intéressant aussi
41:47au Moyen-Orient
41:48au bout de deux semaines
41:49de conflit
41:50on voit bien
41:51qu'il y a un avantage
41:53technologique
41:55incontestable
41:56d'Israël
41:57et des Etats-Unis
41:59sur l'Iran
42:00mais on constate aussi
42:01que cet avantage technologique
42:02ça ne suffit pas
42:03face à la résilience
42:05et la structure même
42:06du régime des Mola
42:08Oui tout à fait
42:09mais ce n'est pas la première fois
42:10l'histoire nous a déjà enseigné cela
42:12prenons tout simplement
42:13le Vietnam
42:14une superpuissance
42:15comme les Etats-Unis
42:16s'est quand même retrouvée
42:18conduite à la défaite
42:19par le Vietnam
42:22bref par les Vietnamiens
42:23donc ce n'est pas une première
42:25par contre
42:26ce qui a
42:27je rebondis
42:27sur ce qui a été dit précédemment
42:29l'ironie
42:31de voir aujourd'hui
42:32des Ukrainiens
42:34venir en aide
42:36aux Américains
42:37surtout en ce qui concerne
42:38les drones
42:39puisqu'effectivement
42:39les Ukrainiens sont devenus
42:40les grands spécialistes
42:41des drones
42:42sur les champs de bataille
42:42aujourd'hui
42:43faire rire jaune
42:44aux Etats-Unis
42:45et ça
42:46on ne l'a peut-être pas assez
42:48on en parle peut-être pas assez
42:49en Europe
42:50mais croyez-moi
42:51dans les couloirs
42:51à Washington
42:52on est en train
42:53de prendre conscience
42:54que malgré
42:55la technologie
42:56dont vous venez de parler
42:57les Etats-Unis
42:58ne sont peut-être pas
42:59tant à la pointe
43:00que cela
43:01dans tous les domaines
43:02liés à l'IA
43:03du moins sur les champs de bataille
43:05Cédomir Nestorovic
43:06je rappelle
43:06vous êtes co-directeur académique
43:07de l'Institut Géopolitique et Business
43:09très rapidement
43:10parce que le temps défile
43:11et qu'on va devoir
43:11rendre l'antenne
43:12mais très rapidement
43:13ce qui est intéressant aussi
43:15c'est de voir
43:15à quel point
43:16les centres
43:17les centres technologiques
43:19sont devenus
43:20comme les data centers
43:21sont devenus
43:22des cibles de choix
43:22c'est un peu
43:23les nouvelles infrastructures
43:25à abattre
43:26les nouvelles cibles
43:26les nouveaux puits de pétrole
43:27et c'est ce qui s'est passé
43:28avec Amazon
43:29dans l'état de Bahreïn
43:32Tout à fait
43:33Tout à fait
43:34Alors ce qu'il faut
43:35avoir à l'esprit
43:36c'est que pour les data centers
43:38il faut un certain nombre
43:40de ressources
43:41la première ressource
43:43c'est l'eau
43:43la deuxième ressource
43:45c'est l'énergie
43:45et la troisième ressource
43:47ce sont les ingénieurs
43:48qui vont faire tourner
43:49tout cela
43:50il est évident
43:51que l'accumulation
43:52de ces trois éléments
43:53peut avoir
43:54un avantage comparatif
43:56sur les autres
43:57toutefois
43:57il y a également
43:59des inconvénients
44:00et on l'a vu
44:00notamment en Malédie
44:01puisqu'on veut
44:02construire beaucoup
44:03de data centers
44:04en Malédie
44:04il y a carrément
44:05une révolte
44:06de la population
44:07car la captation d'eau
44:09et l'utilisation
44:10de l'énergie
44:11a été complètement
44:12dirigée
44:13sur les data centers
44:14et pas pour la population
44:15elle-même
44:16donc là
44:16on aura
44:17un boulot
44:17d'établissement
44:18également
44:19Allez
44:19pour terminer
44:20cette émission spéciale
44:22des experts sans frontières
44:23autour de vous
44:25Philippe Nothon
44:25et de la géopolitique
44:26des semi-conducteurs
44:27vous fabriquez
44:28des microprocesseurs
44:29en Europe
44:29c'est presque héroïque
44:30aujourd'hui
44:31si vous aviez
44:32une seule mesure
44:32à demander à l'Elysée
44:33ou à Bruxelles
44:34ce serait quoi ?
44:35c'est de faire tourner
44:36la machine européenne
44:37c'est-à-dire
44:37on va construire
44:38des data centers
44:39on parle des high factory
44:40des high gigafactory
44:40si c'est pour reproduire
44:42ce qu'on a fait
44:42il y a 25 ans
44:43dans les années internet
44:44et simplement
44:45enrichir Google
44:45il n'y a rien
44:46qui en est resté en Europe
44:47donc ce qu'il faut
44:49impérativement
44:49c'est plutôt que de dépenser
44:50260 milliards par an
44:51et de perdre 2 millions d'emplois
44:52en achetant des technos US
44:54que la France et l'Europe
44:56fassent un maximum
44:57pour mettre des technos européennes
44:58comme la nôtre
44:59dans les data centers locaux
45:00un grand merci
45:01Philippe Nothomb
45:02vous étiez
45:02notre premier grand témoin
45:04des experts sans frontières
45:05CEO de Cyperl
45:07vous développez
45:07des microprocesseurs
45:08diplômés de l'ESSEC
45:09merci beaucoup
45:10à Thomas Friand
45:11qui a co-préparé
45:13avec moi cette émission
45:14qui est faite
45:15en partenariat
45:15avec l'Institut géopolitique
45:18et business de l'ESSEC
45:19merci à Sédomir Nesterovic
45:21professeur à l'ESSEC
45:23qui est co-directeur académique
45:25de cet institut géopolitique
45:26depuis Saint-Gabour
45:27et puis enfin
45:28Romuald Oskiora
45:29franco-américain
45:30chercheur associé à l'IRIS
45:32je rappelle Romuald
45:33vous êtes l'auteur
45:34d'America 250
45:35c'est un roman graphique
45:37sur l'histoire des Etats-Unis
45:38qui va sortir
45:39dans quelques semaines
45:40en France
45:41les experts sans frontières
45:43le grand témoin
45:43c'est déjà terminé
45:45je vous souhaite
45:45un très bon week-end
45:46à tous sur BFM Business
45:47et tout de suite
45:48le journal
45:49avec Guillaume Paul
45:51les experts sans frontières
45:53le grand témoin
45:54le grand témoin
45:55le grand témoin
45:55le grand témoin
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