- il y a 14 minutes
« Les Experts sans frontières », c’est le rendez-vous qui nous fait sortir de notre bulle. Chaque vendredi de 18h à 19h sur BFM Business, des experts étrangers installés en France analysent les grands débats de la semaine avec un œil neuf, détaché des prismes franco-français. Finances publiques, réformes, réarmement de l’Europe, choix politiques, international… Leur regard extérieur éclaire, questionne et parfois secoue. Un décryptage sans frontières pour mieux comprendre les grands enjeux du moment.
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00:00Les experts sans frontières
00:04Mathieu Jolivet
00:06Bonjour et bienvenue, très heureux de vous retrouver dans les experts sans frontières.
00:11Aujourd'hui nous viennent des Etats-Unis, du Québec, du Portugal,
00:15des regards extérieurs très précieux dans ce monde qui se fragmente sous nos yeux.
00:19Justement les grands de ce monde qui sont réunis en ce moment à Munich
00:23pour la Grand Messe Mondiale sur la Sécurité,
00:25au cœur des échanges, le lien transatlantique qui a volé en éclats depuis le retour de Donald Trump.
00:31Y a-t-il encore un terrain d'entente entre l'Europe et les Etats-Unis ?
00:34L'Europe peut-elle assurer sa propre sécurité ?
00:37Des questions quasi existentielles qu'on va se poser avec mes experts sans frontières,
00:42mais avant le journal de Stéphanie Collot.
00:46Les experts sans frontières
00:48Mathieu Jolivet
00:50Ils nous ont rejoints, ils sont autour de moi, nos experts sans frontières.
00:57J'accueille aujourd'hui Romuald Esquiora, franco-américain, chercheur associé à l'IRIS,
01:00directeur de l'Observatoire politique et géostratégique des Etats-Unis,
01:04auteur de L'Amérique éclatée, aux éditions Armand Collin, en direct depuis New York.
01:10Bienvenue, on est heureux de vous retrouver, Romuald Esquiora.
01:13Anna Navarro avec nous, correspondante de la presse portugaise en France.
01:16Bonsoir Anna.
01:17Bonsoir.
01:17Un plaisir de vous retrouver. Stephen Ekovic, professeur émérite de sciences politiques et d'histoire
01:21à l'Université américaine de Paris. Bonsoir Stephen.
01:26Et Stéphane Bureau, éditorialiste, spécialiste des Etats-Unis,
01:29que vous connaissez très bien chez nous, consultant de BFM TV.
01:32Ravi de vous retrouver aussi Stéphane.
01:34Bonsoir à tous.
01:35On a beaucoup de boulot, c'est toujours votre président Stephen,
01:38il nous donne du pain sur la planche, on se disait,
01:40quand il ne sera plus là, il y aura peut-être beaucoup de journalistes au chômage.
01:43On va s'ennuyer. Plus sérieusement, au moment où on se parle,
01:49il y a la conférence de Munich sur la sécurité qui s'est ouverte aujourd'hui,
01:54elle va durer tout le week-end. C'est un peu le Davos de la sécurité.
01:58Ils sont 450 dirigeants du monde entier, avec eux aussi les plus hauts gradés du monde entier,
02:04et ils foussent fort pendant trois jours à Munich pour essayer de partager leur vision du monde,
02:10savoir où va le monde.
02:12Nous avons Emmanuel Macron, Friedrich Merz, entre autres côté américain Marco Rubio.
02:17Pour commencer, j'aimerais vous faire écouter, il s'est exprimé il y a seulement quelques heures,
02:21c'est le chancelier allemand Friedrich Merz.
02:25Il constate la rupture avec Washington et en même temps, c'est hyper intéressant,
02:29écoutez-le, il tend la main à l'ami américain.
02:31Un profond fossé s'est creusé entre l'Europe et les Etats-Unis.
02:41Le vice-président Jay Evans, il l'a dit ici même, à Munich, il y a un an,
02:45il avait raison dans sa description, faire partie de l'OTAN,
02:47ce n'est pas seulement un avantage concurrentiel pour l'Europe,
02:50ça l'est aussi pour les Etats-Unis.
02:51Alors réparons et renouvelons ensemble cette confiance transatlantique.
03:01Stéphane Bureau, ça n'a pas échappé à votre attention, il a commencé à s'exprimer en allemand et à terminer en anglais.
03:08Ça, ça a son importance.
03:09Évidemment, c'est un geste très symbolique parce qu'il tend la main.
03:12Le premier coup de tonnerre, nous l'avons tous entendu, c'était il y a un an pile-poil,
03:16quand Jay Evans a admonesté l'Europe, grondé l'Europe.
03:19Quelques jours plus tôt, c'était le ministre de la guerre, puisque ce n'est plus le ministre de la Défense,
03:23Peter Exet, qui disait que la relation transatlantique était à peu près terminée,
03:28à peu près terminée, comme nous l'avions comprise depuis très longtemps.
03:32Jay Evans, il y a un an, disait la menace, ce n'est pas la Russie, c'est vos élites européennes.
03:36Là, c'était tout le monde sorti groggy.
03:38C'est la censure, c'est l'immigration, c'est des enjeux de civilisation,
03:42parce que c'est le mot auquel il se réfère toujours.
03:44Dans la NSS, la National Security Strategy, dont on parlait la dernière fois où nous étions ensemble,
03:49les Américains mettent en garde l'Europe contre la décivilisation.
03:53L'effacement civilisationnel, ça donnait le « là ».
03:57On a très bien compris ce que voulaient les Américains.
03:59Je fais le pari que demain, M. Rubio sera probablement moins cassant, moins provoquant,
04:05peut-être mieux à même de saisir la main tendue par les Allemands.
04:08Mais cette main tendue est aussi...
04:11Alors, je peux concevoir qu'il y a la volonté de maintenir la relation transatlantique
04:15pour les Allemands comme pour les Européens de façon générale,
04:17mais c'est aussi l'aveu de l'impuissance complète encore de l'Europe.
04:20C'est-à-dire qu'il est très difficile de concevoir la sécurité européenne aujourd'hui
04:23sans le grand frère parrain américain.
04:26Et en même temps, Anna Navarro, il faut bien comprendre aussi
04:29que ce lien transatlantique, les Allemands, ils sont peut-être encore plus attachés
04:34que nous en France ou dans le sud de l'Europe.
04:37Oui.
04:39Histoire oblige.
04:40depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale et l'écriture de la Constitution,
04:45ce qui était à l'époque l'Allemagne fédérale, quasiment directement par les États-Unis.
04:51Le lien transatlantique est très important chez eux.
04:54Les relations économiques et l'exportation comptent aussi beaucoup dans ce choix, évidemment.
04:59Il n'en reste pas moins que l'Allemagne, comme le reste de l'Europe,
05:05est pratiquement en PLS depuis un an,
05:07depuis que, vince, vous disiez des mots très gentils,
05:10grondis, admonestés,
05:12qu'il a donné une sacrée, pardonnez-moi,
05:14une belle raclée à l'Union européenne, aux Européens.
05:16Ce n'était pas entièrement faux, pour beaucoup de ce qu'il a dit.
05:20Ça peut être un rappel, une piqûre de rappel solitaire pour les Européens
05:25qui sont très confortablement installés sur le parapluie américain
05:29depuis beaucoup d'années.
05:31Et moi qui suis pour une défense européenne,
05:33tout en sachant toutes les difficultés inhérentes à cette organisation,
05:38à cette possibilité, si tant est qu'il en est une,
05:41oui, effectivement, il fallait nous sortir de notre zone de confort
05:47pour quand même avancer dans notre autonomie de défense.
05:52Romuald Skiora en file à New York.
05:55Comment vous, vous interprétez ces premiers mots de Friedrich Merz ?
05:59On sent qu'il passe un peu de la pommade à l'ami américain,
06:04comme il l'appelle, mais bon,
06:05on a l'impression de se fouetter un peu avec des orties, là, côté européen.
06:09– Écoutez Mathieu, vous avez tout dit,
06:12et tout ce qui a été dit est très juste.
06:15Il y a aussi chez le chancelier allemand,
06:18excusez-moi, je suis un petit peu perturbé,
06:20parce que j'entends la régie qui parle en même temps,
06:22donc il y a plusieurs…
06:23– On va régler ça tout de suite.
06:25– Voilà, mais c'est pas grave, je peux quand même continuer.
06:28Il y a quand même chez le chancelier allemand
06:29un petit peu une impression de déni,
06:31comme chez plusieurs dirigeants européens.
06:33Néanmoins, il y a quand même quelque chose
06:34qui va être à suivre avec Marco Rubio.
06:39N'oublions pas que Marco Rubio est pas toujours sur la même ligne
06:42concernant la politique intérieure aussi,
06:45mais aussi extérieure des États-Unis
06:48que celle de G.D. Vance ou de Donald Trump.
06:52Par ailleurs, Marco Rubio est sur les starting blocks
06:54pour la prochaine présidentielle.
06:56On sait qu'il y aura une guerre fratricide, entre guillemets,
07:01pour fratricide, entre lui et G.D. Vance.
07:03et il a tout intérêt un petit peu à polir son image,
07:07à être celui qui peut montrer qu'il est l'homme
07:09qui saura tendre la main aux alliés
07:12après cette grande fracture imposée par l'administration Trump-Vance.
07:16C'est quelque chose dont il pourrait, pourra se servir
07:19lors de la campagne présidentielle,
07:21même si les électeurs américains ne s'intéressent pas beaucoup
07:23à l'international.
07:23Néanmoins, être l'homme qui pourrait renouer le lien transatlantique.
07:28Donc, il va sans doute jouer là-dessus
07:30dans les prochaines heures, prochains jours.
07:32Steven Ekovic, est-ce qu'effectivement,
07:34entre Marco Rubio et G.D. Vance,
07:38il y a un côté good cop, bad cop,
07:40où chacun se positionne vis-à-vis du lien transatlantique ?
07:42On peut se demander, parce qu'on sait pertinemment
07:45qu'il y a beaucoup de fractures au sein de la Maison-Blanche,
07:48autour de l'équipe, autour de Donald Trump,
07:51ce qui fait que c'est très difficile à analyser la politique américaine.
07:55Premièrement, parce que Donald Trump est très imprévisible.
07:59Deuxièmement, parce qu'il y a beaucoup de factions
08:01qui luttent au sein de la Maison-Blanche.
08:04Mais on peut dire, tout le monde le dit,
08:06Marco Rubio est parmi les plus sensés,
08:10les plus réalistes dans cette équipe.
08:12Le moins, comment dire, répugnant, d'une certaine façon.
08:17Donc, voilà.
08:19Et c'est peut-être pas par hasard non plus
08:22que c'est le chancelier allemand qui tend la main,
08:24parce que dans la longue histoire entre l'Europe et les États-Unis,
08:29souvent, le lien privilégié était plutôt,
08:32c'est quand c'était pas le Royaume-Uni, c'était l'Allemagne.
08:35D'ailleurs, dans l'histoire, quand les États-Unis étaient obligés
08:38de faire un choix entre la France et l'Allemagne,
08:40c'était quasiment tout le temps l'Allemagne.
08:43Donc, quand même, c'est un certain privilège historique
08:47pour le chancelier.
08:48Est-ce que ce lien, est-ce qu'on peut recoller les morceaux,
08:52Anna Navarro, entre l'Allemagne et l'Europe ?
08:54Alors, je sais que la question, elle est très difficile,
08:57on ne peut pas lire dans une boule de cristal.
08:59Mais je vais regarder, par exemple,
09:02ce dernier sondage Euro-Bazouka,
09:04dont on a parlé sur BFM Business,
09:06très intéressant,
09:07et qui nous montre que Donald Trump n'est plus vu en Europe
09:12comme un partenaire,
09:13mais comme un risque,
09:14un risque pour l'Europe.
09:16Désormais, plus d'un Européen sur deux
09:18le considère comme un ennemi de l'Europe,
09:21contre seulement 8% qu'il voit comme un ami,
09:24et ils sont deux tiers à décrire sa politique étrangère
09:27comme de la recolonisation
09:28et de la prédation des ressources.
09:32Bon, là, c'est un sondage qui a été fait quelques mois
09:35quasiment dix mois après le discours de J.D. Evans.
09:39Il n'y a pas un truc qui est cassé,
09:40qui est irréparable, Anna ?
09:42Je ne sais pas.
09:42Je pense qu'il y a encore une grande partie de l'Europe
09:44qui attend des élections aux Etats-Unis
09:46et le retour des démocrates pour recoller les morceaux.
09:49Est-ce vraiment possible ?
09:50Vous savez, Mark Rubio sera l'exemple patent.
09:55Il va être plus policé, certainement,
09:57mais au fond, est-ce que le fond de la politique américaine
09:59vis-à-vis de l'Europe va changer ?
10:01L'économie mondiale a changé,
10:03l'ordre mondial a changé.
10:04Nous entrons aussi dans une phase,
10:06pour les économistes saurons ce que je veux dire,
10:09qui revient un peu au mercantilisme
10:10qui existait bien avant au XIXe siècle,
10:13XVIIIe siècle et au XIXe siècle.
10:15C'est-à-dire, on n'a pas assez de ressources,
10:18on a besoin de quelque chose, on prend.
10:20Et on voit ça dans la politique des Etats-Unis,
10:22c'est très évident.
10:23On veut le Grand-Nôme, on veut le prendre.
10:25On veut des tankers russes, on prend.
10:27Mais l'Angleterre vient d'annoncer
10:28qu'elle va saisir des tankers russes
10:30et vendre le pétrole de ces tankers.
10:32Ça fait penser aux pirates,
10:35aux corsaires anglais des temps passés.
10:38Et les économistes sont en train de plus en plus
10:40nous prévenir, nous revenons au temps du mercantilisme.
10:42C'est tout à fait vrai.
10:43Donc, effectivement, dans cet état d'esprit-là,
10:46dans cette conjoncture économique-là,
10:49évidemment, il n'y a pas beaucoup de place
10:51pour des alliances d'amitié fortes
10:55et sans trahison.
10:56Ce qui n'a jamais existé, soyons clairs, de toute façon.
11:00Donc, est-ce qu'on peut recoller les morceaux ?
11:02Je ne sais pas, parce que, quoi qu'il en soit,
11:05c'est un peu ce que je disais tout à l'heure,
11:06je ne veux pas être redondante,
11:07mais cette administration Trump
11:10nous a mis aussi devant nos shortcomings,
11:14nos défauts, nos problèmes,
11:17notre incapacité à utiliser nos atouts
11:23pour nous-mêmes aussi.
11:25Ce qu'a reconnu, d'ailleurs, Frédéric Schmers,
11:27son message en creux, c'était d'accord,
11:29vous avez sorti le bazooka,
11:31vous êtes arrivé sur le terrain
11:32des réglementations, de l'immigration, etc.
11:38Et vous avez peut-être soulevé aussi
11:40quelques tabous qui traînaient chez nous.
11:42C'est un peu le message qu'il a voulu envoyer
11:44aujourd'hui aux Américains.
11:46Et Stéphane, je voulais aussi vous entendre,
11:47pour rebondir encore sur ce baromètre
11:49euro-bazooka que je trouve hyper intéressant,
11:51c'est que derrière,
11:52quand bien même on essaierait
11:53de recoller les morceaux,
11:55on voit bien qu'il y a quand même
11:56une démarche politique aux États-Unis
11:58de faire infuser une doctrine trumpiste
12:00un peu partout en Europe.
12:01Ils ont leur porte d'entrée,
12:02qui est la Hongrie, peut-être aussi...
12:04Mais rappelons-nous aussi la rencontre
12:06l'année dernière à Munich
12:07entre l'AFD et M. Vance,
12:10qui avait très publiquement
12:12choisi de les adouer.
12:13C'est vrai, c'est vrai.
12:13Et c'était un symbole,
12:15c'était une ligne rouge pour plusieurs.
12:16Les Allemands ont été très insultés
12:18de ce qu'ils fassent,
12:19mais c'est un message envoyé
12:21à toute l'Europe.
12:22Nous avons vocation
12:24à avoir des relations
12:26avec ces partis dits patriotiques.
12:30Mais sur la question
12:30du sondage Bazooka,
12:31très intéressant,
12:33mais est-ce que les Américains
12:33demandent à recoller les pièces?
12:35Voilà une vraie question.
12:37Est-ce que les électeurs américains
12:38sont soucieux de ce que l'on recolle
12:39les pièces?
12:40J'en suis absolument pas certain.
12:41Et la perception des Américains
12:43de l'Europe
12:43et de la relation transatlantique,
12:46quelle est-elle?
12:47Pour beaucoup d'Américains,
12:49c'était un one-way relation.
12:51C'était une relation à sens unique
12:52où les Européens étaient à la plage,
12:55se faisaient dorer,
12:56avaient des programmes sociaux.
12:57Le narratif de Trump
12:58sur la relation totalement déséquilibrée
13:00a trouvé un écho.
13:02Le rappel, justement,
13:03candid de Mertz
13:04à ce que, peut-être en creux,
13:06il y avait des choses
13:06à retenir dans le discours de Vance,
13:07je pense que ça dit quelque chose aussi.
13:10Les Européens ont pu se permettre
13:12d'investir ailleurs que dans la défense
13:14parce que les Américains
13:15étaient le grand frère
13:16qui protégeait le continent.
13:18Ils trouvaient leurs intérêts
13:19très certainement.
13:20Mais aujourd'hui,
13:21pour les Américains,
13:22pour certains des électeurs
13:23de M. Trump,
13:24mais pas que,
13:25il y a cette idée
13:26qu'ils ont des programmes sociaux,
13:29ils ont de l'assurance-emploi,
13:31ils ont toutes sortes de trucs
13:32qui, chez nous,
13:33n'existent pas vraiment.
13:34Assurance-santé.
13:35Et je dirais que la question
13:36se pose aussi
13:37dans la relation avec Israël,
13:39qui est une relation taboue,
13:40c'est-à-dire qu'elle n'était pas questionnable
13:42jusqu'à ce que,
13:43très récemment,
13:44au sein du mouvement MAGA,
13:45certains républicains aussi disent
13:46« Mais comment se fait-il
13:48que nous aidions
13:48depuis si longtemps
13:49à hauteur de milliards de dollars
13:52d'aide époque militaire,
13:54un pays où les citoyens
13:56ont l'assurance-maladie,
13:58ont une sécurité sociale formidable
13:59et que nous ne l'avons pas chez nous? »
14:02Alors, peut-être que c'est de la démagogie,
14:03mais la question se pose
14:04pour plein d'Américains.
14:05C'est hyper intéressant
14:07ce que vous soulevez là.
14:08Merci.
14:08Là, je file à New York
14:10pour faire réagir là-dessus
14:11Romuald Skira.
14:13Romuald, effectivement,
14:14quand on écoute Stéphane,
14:15on dit « Oui,
14:15finalement,
14:16il y a peut-être eu
14:16un électrochoc nécessaire,
14:18je ne sais pas,
14:19mais un électrochoc,
14:20en tout cas,
14:20pour un réveil de l'Europe,
14:23pour qu'elle puisse être
14:24un peu plus autonome,
14:26ne serait-ce que pour des éléments
14:27de souveraineté
14:27comme sa défense. »
14:29Écoutez,
14:30ce que vient dire Stéphane
14:30est tout à fait juste,
14:32mais juste avant de vous répondre,
14:35pour rebondir sur ce que vous disiez,
14:37est-ce qu'on pourra recoller les morceaux ?
14:38Non, évidemment,
14:39c'est Mac Carnet,
14:39le Premier ministre canadien,
14:41qui, dès le début de l'année 2025,
14:42avait dit « Jamais plus
14:43les choses ne seront
14:44ce qu'elles ont été ».
14:46Cette administration,
14:47on en a déjà parlé
14:48sur votre plateau,
14:49a un objectif très clair
14:50pour l'international,
14:51ramener le monde
14:52à l'ère du bilatéralisme,
14:54où les relations sont
14:55d'État à État,
14:55où la loi du plus fort prime,
14:57et où les alliances
14:58sont de circonstances,
14:59d'où le rapprochement douteux
15:01avec la Russie,
15:02où on fait fi du multilatéralisme,
15:03déjà moribond,
15:04de ces agences devenues naines
15:06sur la scène internationale
15:07comme l'ONU,
15:08et de la justice internationale.
15:09Donc, on y est,
15:10on ne recollera pas les morceaux,
15:12on ne reviendra pas
15:12à l'ère post-45.
15:14Par contre,
15:16il pourrait y avoir
15:17une politique
15:18un peu plus polissée.
15:20Maintenant, oui,
15:21est-ce que l'Europe réagira
15:22de toute façon
15:23dans ce nouvel ordre international
15:25qui se dessine ?
15:26Aujourd'hui,
15:27le seul avenir pour l'Europe,
15:29que l'on veuille ou non,
15:30c'est plus d'intégration politique.
15:32Et cela passe, évidemment,
15:33par une défense commune.
15:35Mais, vous savez,
15:36je suis tragique,
15:37comme on dit,
15:37toujours un peu pessimiste,
15:39je ne crois pas
15:40que l'Europe,
15:41dans son entièreté,
15:43un noyau dur peut-être,
15:44mais dans son entièreté,
15:45soit capable,
15:46véritablement,
15:46de réagir
15:48et de se réveiller.
15:49Ce serait pourtant
15:50la seule solution
15:51si l'Europe voulait
15:52non pas seulement
15:52demeurer une puissance
15:54dans le nouvel ordre international
15:55qui est en train
15:56de s'installer,
15:57mais tout simplement
15:57si nous voulions,
15:58je dis nous,
15:59je suis français et américain,
16:01là je parle en tant qu'européen,
16:02préserver les valeurs
16:03qui sont les nôtres,
16:05humanisme, démocratie,
16:07etc.
16:08Ce serait la seule solution,
16:10mais je crains malheureusement
16:11que celle-ci
16:12ne soit pas
16:14dans la tête
16:14de tous les Européens
16:15et leaders européens
16:16aujourd'hui.
16:16En tout cas,
16:17j'aimerais bien
16:18pour comprendre
16:19comment est-ce que
16:20nous sommes collectivement
16:21arrivés dans cette situation
16:22qu'on vit aujourd'hui,
16:24regarder dans le rétroviseur
16:25et faire un petit saut
16:26dans le temps.
16:27Écoutez,
16:28c'est un truc
16:28qu'on vous a ressorti
16:29dans son narratif,
16:31comme on est à Munich
16:32qui s'ouvre aujourd'hui,
16:33on va se replonger
16:34dans la conférence
16:35de Munich
16:36de 2007.
16:37À l'époque,
16:38vous avez Vladimir Poutine
16:39qui va s'appuyer
16:42sur ce que lui
16:44interprète
16:45comme des engagements
16:46fermes de l'OTAN
16:47qui avaient été pris
16:48sept ans plus tôt
16:49en 1990,
16:50juste après la chute
16:51du mur,
16:52des engagements
16:52de l'OTAN
16:53pour laisser leurs troupes
16:54pas plus loin
16:55que l'Allemagne de l'Ouest
16:56et ne jamais s'approcher
16:57un peu plus
16:57et ne pas aller un peu...
17:02Il y avait des engagements
17:03du secrétaire général
17:03de l'OTAN
17:04qui s'appelait
17:04Warner.
17:06Mais en 2007,
17:07vous aviez,
17:08pour rappeler le contexte,
17:09Vladimir Poutine
17:10qui était seul sur scène,
17:12les dirigeants européens
17:13en tête desquels
17:14Angela Merkel
17:15qui médusait
17:16écouter Poutine,
17:17écouter Poutine
17:18qui se sent trahi
17:19en 2007.
17:20Il est évident
17:23que le processus
17:24d'élargissement
17:25de l'OTAN
17:26n'a rien à voir
17:26avec la modernisation
17:28de l'Alliance
17:29ou avec la sécurité
17:30en Europe.
17:31Au contraire,
17:32c'est un facteur
17:33de provocation sérieux
17:35qui réduit
17:35le niveau
17:36de confiance mutuelle.
17:37Et on a le droit
17:38de se poser cette question
17:40qui cette expansion
17:41de l'OTAN
17:42vise-t-elle ?
17:44Ok,
17:45donc à partir de là,
17:46Steven,
17:46on est en février 2007,
17:48on peut dire
17:48qu'à partir de là,
17:49Vladimir Poutine
17:50officiellement,
17:50dit à l'Europe
17:51« je ne suis pas
17:52en sécurité ».
17:53Oui,
17:54il y a beaucoup
17:54de discussions.
17:562007,
17:57maintenant,
17:57les historiens
17:57ont bien travaillé
17:59le terrain.
18:00Ce n'est pas clair
18:01ce qui était promis
18:02et pas promis
18:03par rapport
18:04à Poutine.
18:06En tout cas,
18:06lui,
18:06on a fait une interprétation
18:07qui a justifié
18:08toutes les guerres
18:09d'annexion
18:09qu'il a fait
18:10les années d'après.
18:11Il ne faut pas oublier
18:11non plus
18:12le mémorame
18:12de Budapest
18:13où les Russes,
18:15les Américains
18:16et les Britanniques
18:17ont promis
18:18aux Ukrainiens
18:19s'ils donnaient
18:20leurs armes nucléaires
18:21que leur sécurité
18:22allait être
18:23assurée aussi
18:24par la Russie.
18:25Donc,
18:26on peut sélectivement
18:28prendre
18:28ce discours-là
18:29et dire
18:30que,
18:30comme dit Poutine,
18:32que la Russie
18:33était trahie.
18:34si on parle
18:35de trahison,
18:36qu'est-ce qu'il y a
18:36comme trahison ?
18:37Et de toute façon,
18:38en diplomatie,
18:38de toute façon,
18:39en géopolitique,
18:41géostratégie,
18:42bien évidemment,
18:44les forts
18:45portent,
18:47leurs intérêts
18:48portent.
18:49Donc,
18:49voilà.
18:50En fait,
18:51je voulais vous faire
18:52écouter ça
18:52parce qu'Anna,
18:53j'en parlais
18:55avec un banquier central,
18:57un ancien banquier central
18:58en septembre dernier.
18:59Je crois que je n'avais
18:59pas pris la mesure
19:00de ce qui s'était
19:00passé en 2007.
19:01je lui demandais
19:02si vous aviez
19:02deux chocs géopolitiques
19:04à retenir
19:04dans toute votre carrière.
19:05Il me dit
19:05le 11 septembre 2001.
19:07Il me dit
19:07parce qu'il y était.
19:09Il me dit
19:09et le discours de Poutine.
19:10Ah bon ?
19:12Il dit,
19:13pour un vu
19:13des banquiers centraux
19:14de la planète entière,
19:15c'est ce jour-là
19:16où ils ont acté
19:16que c'était
19:18la fin de l'illusion
19:19et qu'on rentrait
19:19dans un monde
19:20qui allait se brutaliser.
19:21Oui,
19:21et autre chose,
19:23votre interlocuteur
19:26a bien pris
19:26la dimension
19:27de cette affaire
19:28de ce moment,
19:29mais beaucoup
19:29de dirigeants européens
19:30ne l'ont pas pris
19:31parce qu'il y a
19:31une arrogance aussi
19:32chez nos dirigeants
19:33qui fait qu'on refuse
19:35d'écouter
19:36ce que l'autre en face
19:37nous dit.
19:38On refuse
19:39de prendre acte
19:42de ce qu'il dit.
19:44On ne donne
19:45que notre interprétation.
19:46Donc,
19:47beaucoup de dirigeants
19:47européens,
19:48Madame Merkel,
19:49mais à l'époque
19:50président Sarkozy,
19:52je crois qu'il était
19:52déjà élu,
19:53et ainsi de suite,
19:54n'ont pas pris
19:55la dimension.
19:55On a juste trouvé
19:56ça indigne
19:57et
19:58brutal,
20:01mais bon,
20:02sans plus.
20:03Alors qu'il y avait
20:04un véritable avertissement
20:05et quand l'avertissement
20:06vient de quelqu'un,
20:07vous connaissez la blague,
20:08quand l'avertissement
20:09vient de quelqu'un
20:10avec autant d'armes nucléaires,
20:12avec une telle puissance
20:12de feu,
20:13on doit l'écouter.
20:14Pas pour se soumettre,
20:16mais pour l'intégrer
20:17dans nos analyses
20:19et dans notre réaction
20:20ensuite.
20:21Parce que vous connaissez
20:22bien l'histoire,
20:23la bonne blague française,
20:24je pense que c'est
20:24Jean-Yann,
20:25non,
20:25je ne sais plus,
20:25je pense que c'est
20:27Audiard
20:27qui l'a écrit
20:28dans ce film.
20:29Deux très belles références.
20:31Quand un homme
20:32de 120 kilos
20:33parle à un homme
20:34de 160 kilos,
20:35de 160 kilos,
20:36écoute.
20:38Donc voilà,
20:39on est un peu,
20:40excusez-moi d'être trivial,
20:42mais on est un peu
20:43dans cette situation-là
20:43et nous avons tendance
20:44en Europe
20:45ne pas vouloir
20:46écouter,
20:47regarder ce qui se passe
20:48en face
20:48pour bien l'intégrer.
20:50L'erreur
20:50que ne font pas
20:51les Etats-Unis.
20:52Pour continuer
20:52à filer votre métaphore,
20:53je vais vous faire
20:54écouter un homme
20:55de 120 kilos,
20:57c'est dans l'imaginaire.
20:58C'est toujours
20:58Vladimir Poutine
20:59sur scène
21:00en février 2007.
21:01Ce qui est hyper intéressant,
21:03c'est que ce jour-là,
21:04il acte aussi
21:04la fin d'un monde
21:05unipolaire
21:06pour rentrer dans un monde,
21:08et ça,
21:08c'est un mot
21:08qu'on entend aujourd'hui
21:09émerger super à la mode,
21:10un monde multipolaire.
21:11Écoutez-le.
21:13Qu'est-ce qu'un monde
21:16unipolaire ?
21:17On peut enjoliver
21:18ce terme comme on veut.
21:19Au final,
21:20c'est un monde
21:20avec un seul maître,
21:21un seul souverain.
21:22Et au bout du compte,
21:27c'est un système
21:27profondément nuisible.
21:32Stéphane Bureau,
21:33quand on entend ça,
21:35c'est aussi...
21:35C'est il y a presque 20 ans,
21:37mais voilà.
21:38Aujourd'hui,
21:38quand on voit,
21:39par exemple,
21:40les 20 dirigeants
21:40réunis autour
21:41de Xi Jinping,
21:42dont Poutine,
21:43à Tianjin,
21:44fin août,
21:45c'est ça
21:45qu'il a annoncé.
21:46Et on est dans les faits,
21:47dans un monde multipolaire.
21:48D'ailleurs,
21:49les Américains
21:49le reconnaissent.
21:50Ils sont assez candides
21:51là-dessus.
21:52Un des premiers gestes
21:54publics
21:54du nouveau secrétaire
21:55d'État
21:55Marco Rubio,
21:56je pense qu'on en parlait
21:57la dernière fois
21:57où on était ici,
21:59c'est de reconnaître
21:59que les États-Unis
22:00n'avaient plus
22:00le monopole de la force.
22:02Donc,
22:02cette illusion
22:03de la fin de l'histoire,
22:04et je ne vous citerai pas
22:05Fukuyama,
22:06qui a été à tort
22:06et à travers
22:07trop souvent cité,
22:08parce qu'il ne disait pas
22:09exactement ce qu'on lui fait dire,
22:11mais cette idée
22:11qu'on soit arrivé
22:12au terminus de l'histoire
22:13et que ça soit tous rallié
22:14à la vie
22:16que nous pensions
22:17pouvoir mener tranquillement,
22:18le glas est sonné
22:20très sérieusement.
22:21Et je pense qu'effectivement,
22:22il y avait une très grande
22:23arrogance de l'Occident,
22:24de l'Europe
22:25à ne pas vouloir entendre
22:27ce qu'étaient
22:27les intérêts
22:28exprimés par la Russie.
22:30On ne peut pas partager
22:31les mêmes intérêts,
22:32mais on peut certainement
22:33écouter ce qu'est
22:34leur version des choses.
22:36Et il faut voir aussi
22:37que ça venait
22:37après des faveurs
22:40donnés
22:40à plusieurs pays
22:42qui se sont joints
22:42à l'OTAN.
22:43Et il y avait une perception,
22:44alors fondée ou non,
22:45chez les dirigeants russes,
22:47qui avait un certain nombre
22:48de lignes rouges
22:48qui ne seraient jamais
22:49transgressées.
22:50Le fameux
22:51« not an inch »
22:52que le secrétaire d'État
22:53Baker
22:54a-t-il confirmé ou non
22:56au début des années 90
22:57à l'époque
22:58avec Mikhail Gorbachev
22:59avec une autre administration.
23:01Poutine n'était pas aux manettes
23:02mais disant
23:02« nous n'avons pas
23:03véléité
23:04à nous avancer
23:05aux frontières de la Russie ».
23:07Alors,
23:07les choses ont beaucoup changé,
23:08y compris
23:09le refus de fermer la porte
23:10d'une adhésion
23:11de l'Ukraine
23:12à l'OTAN,
23:13ce qui était très,
23:14très, très vexatoire
23:14pour les Russes.
23:15Vous citez Gorbachev,
23:17malheureusement,
23:18on n'a plus le temps,
23:18je voulais aussi
23:19vous faire écouter
23:19Gorbachev
23:20qui, lui,
23:20en 1997,
23:21disait grosso modo
23:22exactement la même chose
23:24que ce que disait
23:24Vladimir Poutine.
23:26On va marquer
23:26une courte pause
23:27et juste après,
23:28on va parler,
23:29vous savez,
23:29cette semaine en Europe,
23:30on parle sécurité
23:31mais on parle aussi
23:31de stratégie économique.
23:33Et puis,
23:34avec ce plateau
23:34québécois,
23:35américain,
23:36etc.,
23:36j'ai aussi envie
23:37de revenir quand même
23:38sur l'affaire Epstein
23:39qui est devenue
23:40un procès
23:41de la mondialisation
23:41des élites.
23:42J'aimerais bien
23:43vous entendre là-dessus.
23:45courte pause
23:46et on revient.
23:55Bienvenue
23:56si vous nous retrouvez
23:56dans Les Experts
23:57sans frontières
23:58autour de moi,
23:58Romuald Skiora
23:59depuis New York,
24:00franco-américain,
24:01chercheur associé à l'IRIS
24:02et auteur de
24:03L'Amérique éclatée
24:04aux éditions
24:05Armand Collin,
24:06Anna Navarro,
24:06correspondante de la presse
24:07portugaise en France,
24:09Tchivane Ekovich,
24:10professeur émérite
24:10à l'Université
24:11américaine de Paris
24:12et Stéphane Bureau,
24:14spécialiste des Etats-Unis,
24:15consultants BFM TV.
24:17Nous parlions
24:17des Grandes Semondes
24:19réunies à Munich
24:20pour la conférence
24:21autour de la sécurité
24:22mais j'allais dire
24:23les Grandes Semondes,
24:24je ne sais pas,
24:25les Grandes et Puissances
24:26Moyennes,
24:27les 27,
24:28étaient réunis
24:29dans un château
24:30en Belgique
24:30pour une retraite
24:31un peu monacale.
24:34C'était un sommet
24:34informel
24:35où ils ont essayé
24:36de phosphorer
24:37entre eux
24:38pour savoir
24:39quelle stratégie économique
24:42adopter
24:43quand vous vous retrouvez
24:45en ce moment
24:45à 27
24:46entre d'un côté
24:48l'ogre chinois
24:49et de l'autre côté
24:51le bulldozer Trump.
24:54Bon,
24:55écoutez quand même
24:56le président du Conseil européen,
24:58c'est Antonio Costa,
25:00s'il vous plaît.
25:00Il parle de game changer
25:02à l'issue de cette retraite.
25:04Écoutez-le.
25:04Je n'en suis pas certain.
25:11Ce séminaire
25:11a véritablement changé
25:12la donne
25:13car l'ensemble
25:16des dirigeants
25:17ont accepté
25:17le défi proposé
25:18par Enrico Letta
25:19pour passer
25:20d'un marché unique
25:21incomplet
25:22à un marché unique
25:23pour une seule Europe.
25:28Anna Navarro,
25:29vous y croyez ou pas ?
25:30Personnellement,
25:31j'ai couvert pas mal
25:33de conseils européens,
25:34j'ai l'impression
25:34qu'il y a une dramaturgie
25:36européenne
25:37qui se répète un peu.
25:38Oui, la narrative
25:39commence à être un peu
25:40à avoir des barbes blanches.
25:42Comment c'est-à-dire
25:42dit-on en français
25:43cette histoire
25:44pour enfants
25:45la belle endormie,
25:47le château
25:47à la belle endormie ?
25:49Oui, la belle au bois dormant.
25:50La belle au bois dormant.
25:51C'était ça,
25:52c'était la retraite
25:53du château
25:53de la belle au bois dormant.
25:56Cette histoire,
25:57deux jours
25:58pour relancer
25:58la compétitivité
25:59de l'Europe.
26:01On n'est pas d'accord
26:02sur plein de choses.
26:03Rome et Berlin
26:04ne sont pas d'accord
26:04sur les emprunts communs.
26:06Et ils n'ont peut-être
26:06pas tort
26:07en termes...
26:09Paris et Berlin.
26:11Non, non.
26:11Rome et Berlin
26:13ne sont pas chauds
26:15pour les eurobonds.
26:15Ils ne sont pas chauds
26:15pour les emprunts communs.
26:16Oui, oui, oui.
26:17Stéphane,
26:18vous savez,
26:18il y a une nouvelle alliance
26:19à Londres.
26:21Il faut suivre le feuilleton.
26:23Oui, oui.
26:24Paris est plutôt pour ça.
26:27Donc,
26:27ce n'est pas la seule fracture
26:29qui existe
26:29dans cette Union européenne.
26:31Il y a la question
26:31de la défense.
26:32Donc,
26:32sur le quoi ils ont avancé
26:33en réalité,
26:34en coulisses,
26:35c'était sur l'idée
26:35de l'Europe à plusieurs vitesses
26:36qui est déjà
26:37une vieille hydre
26:39qui ressort
26:40une de ses sept têtes
26:41de temps en temps
26:41qui était très à la mode
26:44dans les années 2015-2016.
26:46Il y a eu un livre blanc
26:47sur l'Union européenne là-dessus.
26:49François Hollande
26:50qui avait bien,
26:50à l'époque,
26:51bien adopté l'idée
26:52puis bien tensé aussi
26:53à cause de ça.
26:54Mais,
26:55donc,
26:55ça ressort
26:56et cette fois-ci
26:56peut-être une façon
26:57plus capable d'avancer.
27:00Ils ont avancé
27:01sur l'idée
27:01d'une entreprise
27:02qui peut être créée
27:03en 48 heures
27:04sur un cadre juridique
27:05unique en Union européenne.
27:07Donc,
27:07ça,
27:07c'est un élément
27:08de fédéralisme
27:09qu'on ne le veille
27:09ou pas,
27:10juridique,
27:10même si ça,
27:11ce n'est que
27:11pour le droit
27:12des entreprises.
27:13Et donc,
27:14ils ont avancé
27:14sur plusieurs choses
27:15qui mettent
27:15un petit peu
27:16cette idée
27:18sur le tapis
27:19puis sur l'idée
27:19qu'il peut y avoir
27:20une coopération
27:21sur plusieurs dossiers
27:23même si certains pays
27:25sont contre.
27:26Alors,
27:26on avance seulement
27:27avec le petit groupe
27:28qui est pour.
27:29Bon,
27:29ça existe.
27:30Déjà,
27:30vous me direz,
27:31l'euro,
27:31c'est un groupe
27:32au sein de l'Union européenne.
27:33Schengen,
27:34c'est un autre groupe
27:35au sein de l'Union européenne.
27:36Mais,
27:37il n'en reste pas moins
27:38qu'il y a eu
27:38des choses là
27:39qu'on ne demande pas
27:41qu'on se soit correct ou pas,
27:42qu'on soit pour ou contre.
27:43Mais si on veut avancer
27:44vers une Europe fédérale,
27:45on pose la question
27:45très clairement
27:46aux citoyens européens.
27:47On ne le fait pas
27:48en catimini,
27:48dans un château,
27:50enfoui dans la forêt
27:51en Belgique.
27:52On aurait toutes sortes
27:53de versions
27:54de ce que l'on veut.
27:54Stéphane Bureau.
27:57Je m'excuse là-dessus
27:58parce que j'étais inattentif.
27:59Oui, effectivement,
28:00on découvre surtout
28:00qu'il y a un axe
28:01Berlin-Rome
28:02qui aujourd'hui
28:03est en train
28:03de damer le pion
28:04à l'historique lien
28:05entre Paris et Berlin.
28:07Mais on parlait
28:07de défense tout à l'heure
28:08et sur des enjeux
28:10aussi fondamentaux
28:10que la défense.
28:12Je pense qu'il y aura
28:13d'abord du chemin à faire
28:14sur des enjeux,
28:15par exemple,
28:15la capacité ou non
28:17de fédérer la dette
28:18et apparemment,
28:18on n'y arrivera pas.
28:20Les Allemands aussi
28:20ont une relation commerciale
28:22unique et particulière,
28:23une dépendance,
28:23dirons-nous,
28:24avec les États-Unis
28:24qui font évidemment
28:26qu'ils marchent
28:26sur la pointe des pieds.
28:27Ce n'est pas le cas
28:27de la France.
28:28Alors, c'est vrai
28:28qu'il y a du commerce
28:29entre la France
28:30et les États-Unis,
28:31mais les enjeux
28:31ne sont pas les mêmes
28:32et on voit
28:32que M. Mertz
28:33ne veut pas
28:34fermer l'Europe
28:35pour la simple
28:36et bonne raison
28:37qu'il ne veut pas
28:37s'exposer
28:38à des mesures
28:39de rétorsion américaine.
28:39Et puis, il faut reconnaître
28:40que nos amis allemands
28:41ont peut-être fait aussi
28:42le ménage
28:43que d'autres pays,
28:44la France en premier,
28:44n'a pas fait.
28:45En matière de défense publique,
28:47aussi.
28:48Oui, là,
28:49je parle des réformes
28:49structurelles, effectivement,
28:51et assainissement
28:52des finances publiques.
28:53Mais donc, avant
28:53de parler défense,
28:54il faudrait qu'on soit
28:54capable de parler économie
28:55et on constate
28:56que c'est très difficile.
28:57On ne parle pas
28:57d'une voix
28:58et que le binôme historique
29:00est très discordant
29:01aujourd'hui.
29:02M. Macron
29:03est un peu seul
29:06avec sa proposition
29:06de fédérer la dette,
29:08de faire une politique
29:09aussi,
29:11on parlait de mercantilisme
29:12tout à l'heure,
29:13de fermeture des frontières,
29:15sachant que c'est probablement
29:16moins douloureux
29:17pour la France
29:17que ça ne le serait
29:18pour d'autres partenaires
29:19économiques des États-Unis,
29:20l'Allemagne encore une fois
29:21en particulier,
29:22et l'Italie
29:22qui joue un nouveau rôle
29:23dans la dynamique
29:24entre Washington et l'Europe.
29:26Mme Mélanie,
29:26c'est un peu
29:27installé
29:28comme
29:29la Whisper,
29:30celle qui,
29:31à l'oreille du président,
29:32est capable
29:33de lui chuchoter
29:34quelques trucs,
29:34un rôle
29:34qui historiquement
29:35est combé
29:36à Emmanuel Macron.
29:37Vous parlez
29:38d'Emmanuel Macron
29:39qui se retrouve
29:39peut-être un peu isolé
29:40sur cette scène européenne
29:42qui arrive aussi
29:42en fin de mandat.
29:44J'aimerais bien
29:44vous le faire écouter
29:45aussi lors de ce sommet
29:46de cette retraite informelle.
29:49On va dire
29:50qu'on est un peu
29:50dans l'époque
29:51du drill,
29:52baby drill
29:52de Donald Trump.
29:54Macron,
29:54lui,
29:55dit qu'il y croit,
29:56qu'il veut mettre
29:57encore le paquet
29:58sur l'économie green.
30:00Pour lui,
30:01ce n'est pas mort
30:01et ça peut encore
30:02rentrer dans le scope
30:04de la compétitivité européenne.
30:06Écoutez-le.
30:06Ce serait une erreur
30:08stratégique
30:09de dire
30:10la compétitivité
30:11suppose d'abandonner
30:12le climat.
30:13Ce serait totalement faux.
30:14Je vais vous dire
30:15sur beaucoup de secteurs,
30:16c'est parce qu'on a été
30:16trop lent.
30:18On parle de la Chine,
30:18elle fait de la concurrence
30:19déloyale sur certains secteurs
30:20mais elle est très bonne
30:21sur les clean tech
30:22parce qu'elle a pris
30:23le virage plutôt que nous
30:23et qu'elle a mis
30:24plus d'argent
30:25et d'ailleurs
30:25elle a mis plus d'argent
30:26privé et public.
30:28Renu Altschiora,
30:29on va filer à New York.
30:30Comment est-ce que vous voyez
30:33finalement cette position française ?
30:36Est-ce qu'il vous paraît isolé ?
30:37Est-ce qu'il vous paraît
30:38peut-être un peu
30:39à côté de la plaque ?
30:40Est-ce que l'Europe
30:41est loin des grands enjeux
30:42de coordination nécessaires
30:45pour essayer d'exister
30:46dans ce nouveau monde
30:47hémisphérique ?
30:50Écoutez, sur le fond,
30:51Emmanuel Macron
30:51est tout à fait right,
30:54je dis ça en anglais
30:54mais a tout à fait raison
30:55comme sur beaucoup de choses
30:58qu'il peut dire
30:59par rapport à l'Europe
31:00mais oui,
31:02il est malheureusement
31:02un peu à côté de la plaque,
31:04c'est devenu malheureusement aussi
31:06un combat un petit peu
31:07d'arrière-garde.
31:08L'Europe voulue, rêvée
31:11par Macron
31:11n'a jamais vraiment existé
31:13mais elle existe encore moins
31:16aujourd'hui,
31:16il faut voir les choses
31:17telles qu'elles sont.
31:20Le monde n'a jamais été
31:21autant polarisé,
31:23l'Europe est quand même
31:24divisée sur de très nombreux dossiers
31:27et la France n'est absolument
31:28plus de la locomotive
31:29tant qu'elle l'avait vraiment été,
31:31enfin elle l'a été
31:32à un moment en tout cas,
31:33mais de l'Union Européenne
31:34avec ce nouvel axe Berlin-Europe
31:37dont nous parlions plus tôt.
31:38Bref, donc Macron,
31:41comme toujours,
31:41ce sont des belles paroles
31:43qui sont destinées
31:46autant aux Européens
31:47qui ne les coûteront pas vraiment
31:49qu'aux Français,
31:53à la scène française
31:54sur laquelle il tente
31:55d'exister un minimum.
31:56Steven Ekovich,
31:58vous comment est-ce que,
31:59avec vos lunettes américaines,
32:01comment est-ce que vous voyez
32:02cette séquence
32:03de compétitivité européenne ?
32:05Est-ce que l'Europe
32:06peut vous paraître
32:07un peu comme un poulet sans tête ?
32:09Mais non,
32:10parce que quand même,
32:11l'Europe a beaucoup d'atouts,
32:12des grandes universités,
32:14des centres de recherche,
32:15nos technologies,
32:16quand même,
32:17il ne faut pas trop abasser
32:19quand même
32:20les possibilités européennes.
32:22c'est vrai que c'est plus difficile
32:24de racoler
32:25tous ces pays ensemble,
32:27mais maintenant,
32:28l'Europe n'a pas de choix.
32:30Comme dans la sécurité,
32:31aussi sur le plan de l'économie,
32:33il n'y a pas de choix.
32:34Et d'ailleurs,
32:34les deux vont ensemble,
32:35sécurité et économie.
32:37Les investissements
32:38dans la défense aussi
32:39peuvent aussi,
32:41d'une certaine façon,
32:42doper l'économie.
32:44Il faut trouver l'argent.
32:45C'est l'argent du contribuable.
32:47Il faut trouver l'argent,
32:48mais il faut aussi trouver
32:49la coopération entre industriels.
32:51Là-dessus,
32:51il y a une autre séquence industrielle,
32:52dont on parle peut-être
32:53un peu moins en France,
32:54mais on voit que sur la défense,
32:55vous avez une volonté étatique.
32:57Et derrière,
32:57qu'est-ce qu'on entend
32:58ces dernières semaines ?
33:00On va prendre l'exemple du SCAF.
33:01Les motoristes,
33:02safran français,
33:03qui disent
33:03« Ok, nous,
33:04on a réussi à toper
33:05avec nos homologues allemands.
33:06Au niveau des motoristes,
33:07ça marche.
33:08Au niveau des avionneurs,
33:09vous avez les Allemands
33:12qui se retrouvent relégués
33:13au rang un peu
33:14de maître d'œuvre,
33:16d'assaut.
33:16Et ça,
33:17les Allemands ne veulent pas.
33:18Et en fait,
33:19il y a un moment,
33:20malgré toutes les volontés étatiques
33:22qu'on peut avoir
33:22sur l'Europe de la défense,
33:24si les industriels ne suivent pas,
33:25on n'avance pas, Anna.
33:27Oui,
33:27et là,
33:27il faudrait peut-être
33:28une volonté politique pour cela.
33:29Parce que même en France,
33:30à ce niveau-là,
33:31au niveau de la défense,
33:32il y a Dassault et Arbus
33:33qui réussissent
33:34à se tirer le tapis
33:35sur les pieds.
33:36Donc, c'est dire.
33:37Ce n'est même plus
33:38les Allemands derrière.
33:39Oui,
33:40et ça,
33:41maintenant,
33:42pensons au niveau
33:43d'une armée européenne
33:46avec les Allemands
33:47qui ne voudront jamais
33:47que les Français commandent
33:48et les Français
33:49qui ne accepteront jamais
33:49d'être commandés
33:50par les Allemands.
33:51Donc, vous voyez
33:52ce que ça peut donner.
33:53D'où le confort aussi
33:54d'avoir l'OTAN
33:54et les Américains
33:55qui chapeautent le tout
33:56et commandent le tout.
33:57Mais je ferme cette parenthèse.
33:59Oui,
33:59il faut que les industriels suivent.
34:00Il faut qu'il y ait
34:01une volonté politique
34:01pour le faire aussi.
34:03Parce que vous avez vu,
34:04malgré cette avancée
34:05vers l'Europe de la défense,
34:07par exemple,
34:08il y a des pays
34:08qui continuent
34:09d'acheter de matériel américain
34:10dont on ne pourra pas se servir
34:11sans l'autorisation américaine.
34:13Ça veut dire
34:13sans le logiciel actualisé
34:15quasiment tous les mois
34:16ou tous les 15 jours
34:18ou tous les deux mois,
34:18etc.,
34:19par les Américains
34:20selon leur bon vouloir.
34:21Les Français font pareil.
34:22D'ailleurs,
34:23c'est le ventre.
34:23Et les Suédois aussi,
34:24c'est le ventre de leur matériel.
34:26Mais effectivement,
34:29depuis l'affaire du Groenland,
34:31on a assisté quand même
34:32à un changement en Europe.
34:33On a commencé à acheter
34:34de matériel.
34:35La France a acheté
34:35de matériel militaire
34:36à la Suède.
34:37On a vu que la Belgique aussi,
34:38on a acheté
34:39à d'autres pays européens.
34:40Donc, il y a une petite bascule.
34:41Est-ce qu'elle est temporaire
34:42ou qu'elle va donner
34:44un grand fleuve d'investissement ?
34:47On le verra.
34:47Mais vous savez,
34:47nous ne sommes pas industrialisés.
34:49Vous ne sortez pas
34:50une usine en Europe
34:51d'un terrain vague
34:53en une semaine.
34:55Vous ne la faites pas fonctionner
34:56du jour au lendemain.
34:57Ensuite, il faut que
34:57les entreprises déjà existantes
34:59soient payées
34:59par leurs clients.
35:01Et quand le client est l'État,
35:03ça prend un peu de temps
35:04à être payé.
35:04Et si on vous demande
35:05de produire plus d'obus,
35:06par exemple,
35:07et qu'il faut de l'acier
35:07pour les produire,
35:09il faut quand même
35:09pouvoir acheter l'acier.
35:10Et normalement,
35:11on va l'acheter
35:11en dehors de l'Union européenne.
35:14Et pour ça,
35:14il faut avoir de l'argent
35:15parce que les clients
35:15de l'autre côté,
35:16ils ne demandent pas
35:17s'il n'y a pas
35:17un paiement rubé sur l'ongle.
35:19Donc, il y a quand même
35:20des comportements à changer
35:21dans la pratique.
35:22Il y a le discours
35:23et puis il y a la pratique.
35:24Beaucoup de choses à changer.
35:25J'allais dire que
35:25sur la question du SCAF,
35:26c'est un bel exemple
35:27parce que si les Allemands
35:28et les Français
35:28n'arrivent pas à s'entendre,
35:29les Américains, eux,
35:30s'entendent très bien entre eux.
35:31C'est-à-dire que le F-47,
35:33qui est l'équivalent à 47
35:34pour Donald Trump,
35:35le 47e président,
35:36mais cette prochaine génération
35:37d'avions hyper intelligents,
35:40va exister.
35:41Et rapidement,
35:42parce que les Américains
35:42savent que d'abord,
35:43c'est un marché,
35:44ils en ont besoin
35:44et ceux qui en voudront
35:46de cet avion prochaine génération,
35:48parce que les Chinois
35:48les produisent déjà,
35:49ces avions,
35:50ou à peu près,
35:51auront à se retourner
35:52ou vers les Européens
35:53qui sont des alliés naturels,
35:54mais si on ne le produit pas
35:55parce qu'on ne s'entend pas
35:55entre Allemands et Français,
35:57ça sera inévitablement
35:58vers les Américains.
35:59Ce qui nous renvoie aussi
36:00vers le sujet
36:00de la grande différence
36:01entre les États-Unis
36:02et l'Europe,
36:03c'est qu'il y en a un
36:03qui, au niveau politique
36:05est fédéral
36:05et l'autre qui s'est construit
36:12pour ouvrir ce dossier
36:14tentaculaire
36:15de l'affaire Epstein,
36:17parce que, moi,
36:19il y a aussi un aspect,
36:20déjà, avec vos prismes
36:22nord-américains,
36:24canadiens et européens,
36:26et puis depuis New York,
36:27j'aimerais comprendre
36:28un peu comment vous interprétez
36:30la tournure
36:31que prend ce dossier-là.
36:33C'est-à-dire que là,
36:33il y a un procès,
36:34bon, au-delà
36:35de l'aspect judiciaire
36:36sur lequel je ne m'attarde
36:37pas forcément,
36:38on a l'impression
36:39que ça se transforme
36:40en un procès
36:41contre la mondialisation
36:43des élites
36:43et que c'est un dossier
36:44qui arrive même
36:45sur le terrain géopolitique.
36:47Il est bien installé
36:48sur le terrain géopolitique.
36:50On voit que M. Epstein
36:51était introduit partout,
36:53qu'il avait littéralement
36:55un réseau
36:56qui était tentaculaire.
36:58Il y a peu de pays,
36:59aujourd'hui,
36:59qui ne sont pas,
37:00d'une manière
37:00ou d'une autre,
37:01touchés.
37:02Évidemment,
37:03ça permet de projeter
37:04tous les fantasmes complotistes
37:06sur nos écrans personnels
37:07parce qu'il y a tellement
37:08d'histoires,
37:09tellement de poignées
37:10dans cette affaire Epstein.
37:11Et de fait,
37:12on voit qu'au sommet,
37:14il y avait un entre-soi
37:15qui lie des gens
37:16qui ont des moyens
37:17et du pouvoir
37:18de façon très complaisante.
37:21Et l'Europe
37:21est évidemment touchée.
37:22C'est un ancien
37:23premier ministre norvégien
37:24aujourd'hui,
37:25avec une volonté
37:27des autorités
37:28de faire enquête.
37:29Son immunité diplomatique
37:31a été levée
37:31puisque c'est un ancien patron
37:33du Conseil européen.
37:34C'est vrai,
37:35en Grande-Bretagne,
37:36avec Andrew,
37:37mais avec d'autres,
37:38autour du premier ministre,
37:39il faut voir aujourd'hui encore
37:40le premier fonctionnaire
37:41de l'État
37:42a dû démissionner.
37:43Alors,
37:43pas de raison officielle,
37:44mais après les démissions
37:45en cascade
37:46de son directeur de cabinet
37:47et de son directeur
37:48des communications,
37:49on se dit,
37:50il doit y avoir un lien
37:50avec cet ambassadeur
37:52Peter Mendelsohn
37:52qui avait des relations
37:53extrêmement étroites
37:54avec Epstein.
37:55Il n'y a pas beaucoup
37:56de limites.
37:57Aujourd'hui,
37:57c'est une bancaire,
37:59enfin,
37:59pas une bancaire,
37:59une avocate
38:00chez Goldman Sachs,
38:01mais qui est à la tête,
38:03à la direction
38:03des affaires juridiques
38:04qui a annoncé son départ
38:05parce qu'elle aussi
38:07était trop introduite
38:08auprès de M. Epstein.
38:09Cette histoire
38:09semble ne pas avoir de fin.
38:11En tout cas,
38:12c'est intéressant
38:12de voir aussi
38:13comment les médias
38:14traitent cette affaire
38:15dans les différentes régions
38:17du monde.
38:18Regardez par exemple
38:19Al Jazeera,
38:20dans le monde arabe,
38:21reprend des articles
38:22de médias occidentaux
38:24comme Newsweek
38:25pour raconter
38:26à quel point
38:27les élites
38:28sont percutées
38:29de plein fouet.
38:30Donc ça,
38:31c'est au niveau
38:31d'Al Jazeera.
38:32On a aussi repéré
38:33un article
38:34qui nous a intéressés.
38:36C'est dans les pays du Sud.
38:37Alors là,
38:38on part en Chine.
38:39C'est le China Daily.
38:41China Daily,
38:41donc on est quand même
38:42très liés
38:43aux partis.
38:46Et là,
38:46vous avez
38:46un article
38:47au vitriol
38:49dans le China Daily
38:50qui nous parle
38:51d'une affaire
38:52qui est vue
38:53comme le signe
38:53d'un Occident décadent
38:55de l'hypocrisie
38:58des États-Unis.
38:59On peut lire
39:00dans le titre
39:00du China Daily
39:02« Les dossiers Epstein
39:03révèlent la déliquescence
39:05institutionnelle
39:07systémique
39:07du pays ».
39:08Je me tourne vers vous
39:09Romuald Skiora.
39:11Là,
39:12on sent que Pékin
39:13finalement s'appuie
39:15sur cette affaire,
39:16profite de cette affaire Epstein
39:17pour faire le récit
39:20d'un Occident
39:21moralement affaibli.
39:23Oui,
39:23bien évidemment.
39:24Alors que sans aucun doute
39:25il y a ce genre
39:26de scandale
39:27également en Chine.
39:28Simplement,
39:29c'est beaucoup plus feutré,
39:30on n'en parle pas.
39:31Non,
39:31je pense qu'il faut quand même
39:32garder à l'esprit
39:33et ça,
39:33les médias français
39:34n'en parlent pas beaucoup,
39:35c'est qu'à l'heure
39:36qu'il est,
39:37la personne qui bénéficie
39:39le plus
39:39de toutes ces révélations,
39:41c'est Donald Trump.
39:42Et les dossiers Epstein
39:43sont en train de devenir
39:44une arme létale
39:45entre ses mains.
39:46Alors,
39:47l'erreur de Donald Trump
39:48a été donc de promettre
39:49de rendre public
39:50l'entièreté des dossiers
39:51Epstein
39:51lors de sa campagne
39:53et d'avoir traîné
39:53la patte ensuite
39:54et de s'être senti obligé
39:56de les rendre public
39:58après la pression
39:59de son propre parti
40:00de sa base électorale.
40:01Sans aucun doute,
40:02Donald Trump
40:02craignait peut-être
40:03que certaines photos
40:04puissent un petit peu
40:05ternir son image
40:06qu'il essaye de polisser.
40:08Mais est-ce que,
40:09Renaud Halt,
40:09vous voulez dire
40:10que Donald Trump,
40:11pris dans la tourmente
40:12et sous cette pression,
40:13a orchestré
40:14une stratégie
40:15de saturation ?
40:17– Oui,
40:18alors ça a été improvisé
40:19et ce que j'étais en train
40:20de dire,
40:20c'est que Donald Trump,
40:22pour l'instant,
40:24n'a rien vraiment,
40:25il n'y a rien de révélateur
40:26à l'encontre de Donald Trump,
40:27à part cette accusation,
40:28si elle devait s'avérer
40:29un tant soit plus sérieuse
40:31que ce n'est pour le moment
40:32qui est revenu à la surface
40:34donc d'un viol
40:34commis par Donald Trump
40:36à l'encontre
40:37d'une jeune fille
40:38de 13 ans,
40:38là,
40:39ça pourrait faire très très mal,
40:41mais pour l'instant,
40:42ça demeure assez brumeux.
40:43Donc oui,
40:44après avoir traîné la patte,
40:45Donald Trump y a vu
40:46une opportunité,
40:47toutes ces bombes
40:49à retardement,
40:50ces dossiers,
40:50ces milliers,
40:51centaines de milliers
40:52de documents
40:52qui sont envoyés ici
40:53à droite,
40:54à gauche
40:54et qui sont en train
40:55de toucher essentiellement
40:56les démocrates,
40:57rappelez-vous,
40:57Larry Sommer,
40:58président de Harvard,
40:59conseiller économique
41:00de Obama,
41:00ancien secrétaire au Trésor
41:01qui s'est retiré
41:02de la vie publique,
41:03Clinton dans un jacuzzi,
41:04etc.,
41:05toutes ces personnalités
41:06progressistes,
41:07Chomsky,
41:08Woody Allen
41:08et puis à l'international,
41:11quelles armes
41:12contre certains gouvernements,
41:14regardez où en est
41:15le premier ministre britannique,
41:16etc.
41:16Donc,
41:17ça a été improvisé,
41:18mais oui,
41:19alors qu'il est,
41:20cela devient une arme
41:21entre les mains
41:21de Donald Trump
41:22qui s'en sert
41:23pour déstabiliser
41:24les démocrates
41:25et les progressistes
41:26aux Etats-Unis,
41:27mais également
41:28sur la scène mondiale.
41:29Alors maintenant,
41:30les choses pourraient
41:30peut-être se retourner
41:31contre lui
41:32un jour ou l'autre,
41:33tout dépendra
41:33de la fiabilité
41:34des accusations
41:35dont je parlais tout à l'heure.
41:36– Quelle est votre lecture,
41:37vous, Steven Ekovich ?
41:37Est-ce que,
41:38pour l'instant,
41:39Donald Trump
41:39s'en sort finalement
41:40plutôt bien ?
41:41Il a fait une pirouette
41:42alors qu'il était englué
41:43dans cette affaire Epstein,
41:44ou est-ce que
41:45ça peut encore entacher
41:46des moments peut-être
41:47importants de l'année à venir
41:48pour lui,
41:49ou en tout cas symboliques ?
41:50Il y a le discours
41:51sur l'état de l'Union
41:52qui va arriver
41:52le 24 février,
41:54il y a aussi
41:54les 250 ans
41:56de l'indépendance
41:57des Etats-Unis,
41:58très importants pour lui
41:59sur le plan symbolique
41:59en juillet prochain.
42:01Est-ce qu'il a pris les devants
42:02pour essayer
42:02de ne pas entacher
42:03ces moments symboliques ?
42:04– Non,
42:04il est très loin,
42:06il n'est pas sûr
42:06qu'il l'a fait,
42:07il est très loin de ça.
42:08de ça,
42:09il y a « good, good, good »
42:11tous les jours,
42:13toutes les semaines.
42:15Est-ce qu'on peut prêter
42:16à Donald Trump
42:16un sens stratégique
42:17dans ce dossier ?
42:18Je ne crois pas.
42:19Je crois qu'à la limite,
42:20on peut dire
42:22qu'il a dit
42:22aux gens autour de lui,
42:24au ministère de la Justice,
42:26« Protégez-moi,
42:27à la limite,
42:28tout simplement. »
42:30Mais tous ces dossiers
42:31déversés en public,
42:33on peut aussi demander
42:34s'il y avait
42:34une énorme incompétence.
42:36pourquoi ces 3 millions là
42:39et pas les 3 millions
42:39qui restent ?
42:41Pourquoi avoir révélé
42:43les identités
42:44des filles
42:46et leurs photos,
42:47par exemple ?
42:48C'était une incompétence
42:49de justice
42:50imprésemblable.
42:51– Pourquoi-t-il
42:51le document est caviardé
42:52et pas l'autre ?
42:53– Inadvertence,
42:54dit la procureure générale.
42:55– Je crois que c'est inadvertant.
42:57Je crois bien que c'était...
42:58Donc,
43:00on a trop tendance...
43:02Donald Trump,
43:03pour l'instant,
43:04sur le plan strictement
43:05judiciaire,
43:06il est quand même
43:07très embêté.
43:09Et de toute façon,
43:10il paie un prix politique
43:11très lourd.
43:13Il plonge dans les sondages.
43:14Il est autour de 35 %,
43:15qui est dévastateur
43:16pour un président.
43:18Et son parti,
43:20on se demandait
43:20plutôt si les Européens
43:22n'attendaient pas
43:23peut-être un changement.
43:24Il y aura un changement.
43:25On parlait
43:26de racoler les morceaux.
43:28On est en train
43:28de racoler les morceaux
43:29américains
43:30aux États-Unis.
43:32Donc,
43:32on est dans un chaos
43:33assez étendu.
43:34Anna Navarro,
43:35je crois que vous voulez réagir.
43:36Juste un petit...
43:37S'il a publié
43:38les 3 millions
43:39de documents
43:40qui sont que la moitié
43:41de ceux détenus
43:42par le ministère de la Justice,
43:43c'est sous la pression
43:44du Congrès
43:44qui a adopté une loi
43:46qui l'a obligé
43:46le ministère de la Justice
43:47à publier ces documents.
43:49Et il voulait
43:50l'intégralité.
43:51Ils ont publié
43:51que la moitié.
43:53Le ministre adjoint
43:54a dit
43:54c'est tout ce que vous aurez,
43:56vous n'aurez plus rien.
43:57On sait qu'ils ont passé
43:57un an quasiment
43:58à choisir les documents
43:59et à censurer
44:00les documents
44:01qui sont dévoilés.
44:01Mais il y a à nouveau
44:03une réaction
44:04de la part
44:04des congressistes américains
44:05qui vont consulter
44:07et les documents
44:08caviardés
44:08parce qu'eux,
44:09ils ont accès
44:10dans ces consultations
44:12aux documents
44:13dans leur intégralité
44:15sans portable,
44:16sans stylo,
44:17sans papier
44:17et doivent se référer
44:19à leur mémoire
44:19et qui sont en train de dire
44:20on découvre des choses
44:22ignominieuses
44:23dans ces documents
44:24et on va lutter
44:25pour que le reste
44:27soit publié.
44:28Donc tout dépend maintenant
44:29de la volonté du Congrès.
44:30par rapport au reste,
44:313 millions,
44:32oui,
44:33chaque semaine
44:33une goutte de plus
44:34parce que c'est très long
44:35et très difficile
44:36à consulter.
44:38J'ai été là-dessus
44:39à consulter,
44:40c'est très très compliqué.
44:41Il y a même un site
44:42qui cartonne,
44:45ils ont inventé
44:45une IA
44:46qui permet de s'organiser
44:47dans le dossier EPSN.
44:49Voilà, bon.
44:50Je l'ai consulté aussi,
44:51ce n'est pas top.
44:53On n'a pas fini
44:54d'en parler.
44:55On termine,
44:56comme chaque semaine,
44:56les experts sans frontières
44:57par vos cartes blanches,
44:58des articles
45:00ou des livres
45:00locaux
45:02de vos pays respectifs.
45:04Vous allez nous dire
45:04pourquoi vous l'avez choisi.
45:05Je commence avec vous,
45:06Romuald Skiora.
45:07Depuis New York,
45:09vous avez choisi
45:09un article justement
45:10du New York Times
45:12autour des théories
45:12du complot
45:13qui prospèrent
45:15avec l'affaire EPSN.
45:17Oui, bien évidemment,
45:18parce que ce dossier
45:19ne touche pas simplement
45:20les élites.
45:21Il ouvre la porte,
45:23la boîte de Pandore
45:23à toutes les théories
45:24du complot.
45:25Ce qui m'a beaucoup amusé,
45:29c'est que son revenu
45:30sur le devant de la table,
45:31évidemment,
45:31la fameuse théorie
45:32de la pizzaguette,
45:33vous savez,
45:34cette pizza
45:35qui a réabrité
45:36en plein cœur
45:37de Washington
45:37un réseau pédophile
45:38au sein d'une cave
45:39et dont les leaders
45:40auraient été les Clintons.
45:42Ça, évidemment,
45:42ça revient sur le devant
45:43de la scène,
45:44mais encore plus savoureux,
45:47les hommes lézards
45:48qui seraient également impliqués.
45:50Vous savez,
45:50cette théorie,
45:51ça nous fait rire,
45:51mais il y a une centaine
45:52de milliers d'Américains,
45:53ce sont des millions
45:54qui pensent
45:55qu'il est probable
45:56que les hommes lézards
45:56soient parmi nous
45:57et qu'Ilari
45:58en soit plus ou moins
45:59la commandante en chef
46:00avec un masque,
46:01etc.
46:01Donc, bref,
46:02les hommes lézards
46:02pourraient être impliqués
46:03dans les dossiers Epstein.
46:05Voilà,
46:05c'est un scoop
46:06que je voulais partager avec vous.
46:07– Ok,
46:08donc à retrouver
46:08dans le New York Times.
46:10Merci Robuelschiora.
46:11Anna Navarro,
46:11vous avez choisi
46:12un article du quotidien
46:14Expresso
46:15sur les dramatiques inondations
46:17qui frappent votre pays.
46:19– Oui,
46:19on appelle ça
46:20un train de tempête.
46:21Trois dernières
46:23très violentes
46:23mais en fait,
46:24il y en a eu sept
46:25en tout,
46:2614 morts
46:26et un pays dévasté,
46:28mais dévasté.
46:28On en a pour des milliards
46:30de dégâts,
46:31peut-être un an
46:32avant de pouvoir reconstruire
46:33et maintenant,
46:34toute la question,
46:35c'était le titre
46:36d'Expresso,
46:37c'était
46:38« Rierguer »,
46:38ça veut dire reconstruire
46:39mais ça veut dire aussi
46:40se redresser
46:41parce qu'il n'y a pas
46:42que tous les dégâts,
46:43toutes les maisons
46:44affectées,
46:45les routes détruites,
46:46l'inondation…
46:46– Je crois qu'il y a même
46:46une photo que vous m'aviez envoyée
46:48qui touche même
46:48votre village natal.
46:49– Ma ville natale,
46:51Coquimbra,
46:51c'est une grande ville
46:52au Portugal,
46:52mais c'est un petit peu
46:54à côté de la ville.
46:55Ben voilà,
46:56les maisons,
46:57des dicks,
46:57des barrages
46:58qui ont sauté
46:58et sur le plan économique,
47:00ça veut dire
47:00des entreprises
47:01qui ne vont pas pouvoir
47:02s'approvisionner,
47:03ça veut dire
47:04qu'elles ne pourront pas
47:04honorer leurs commandes,
47:06ça veut dire
47:06que notre économie
47:07va reculer,
47:08ça veut dire aussi
47:08un budget
47:09qui était en surplus
47:10pour cette année
47:10et qui va certainement
47:11éclater
47:12parce qu'il va y avoir
47:12des aides du gouvernement
47:13donc économiquement
47:14et humainement,
47:16c'est une véritable catastrophe.
47:18– Et là encore,
47:18il va falloir,
47:19on verra un peu,
47:20ça va être un test
47:21pour la coordination européenne
47:22et la solidarité européenne.
47:24– Pour l'instant,
47:24on est bien seuls.
47:25– Vous viendrez
47:25de nous en reparler,
47:26on en reparlera.
47:27Steven Ekovich,
47:28vous voulez revenir
47:29sur la mi-temps
47:30de la finale du Super Bowl,
47:31un moment hyper important aussi.
47:32– Oui,
47:32le Super Bowl américain,
47:33c'est le plus grand
47:34phénomène culturel
47:35aux États-Unis.
47:37Le nombre de téléspectateurs,
47:39c'est 140 millions
47:42de téléspectateurs,
47:43mais ce n'est pas seulement ça,
47:44le match en soi
47:45a été moins important
47:46que cette show,
47:47ce spectacle de mi-temps
47:48où Bad Bunny,
47:51un potéuricain,
47:52n'oublions pas
47:52que les potéuricains
47:53sont américains.
47:54– Ah oui.
47:55– Ils portent
47:55les passeports américains.
47:57Voilà.
47:57Donc, ils chantaient
47:59en espagnol.
48:01Tous les tigrons
48:01étaient des pays latins.
48:05Et le profil
48:07de ces spectacles,
48:09c'était justement
48:10le profil démographique
48:13qui chassait ice.
48:15Voilà.
48:15– Très habillés.
48:18Sans faire de politique,
48:19il a envoyé des symboles.
48:20– Tout est politique.
48:21– Évidemment,
48:22mais voilà.
48:22– Donc, il a chanté.
48:24– Disons que c'était
48:25un peu plus fin
48:25que la politique
48:26exprimée par Donald Trump.
48:27– Il n'a pas fait
48:29des propos
48:29expressément politiques,
48:31mais il a parlé
48:31de l'amour,
48:32de la solidarité,
48:33etc.
48:33Et d'ailleurs,
48:34puisque l'NFL,
48:36c'est un big business,
48:37Donald Trump voulait
48:37mettre pression
48:38sur les dirigeants
48:40de l'NFL,
48:40ils n'ont pas cédé.
48:41Donc, ça montre
48:42que des grosses sociétés
48:44peuvent résister
48:45à Donald Trump.
48:46– Allez, on termine
48:46avec vous, Stéphane Bureau,
48:48sur un article
48:49du Média québécois,
48:50La Presse,
48:50sur Marc Carnet,
48:51qui seront dans la ville
48:53où il y a eu
48:53cette dramatique
48:54tuerie de masse.
48:55– Alors là,
48:55on n'est pas du tout
48:56dans l'amour.
48:57Neuf morts,
48:5725 blessés,
48:58une tuerie de masse
48:59comme on en connaît
48:59très rarement au Canada.
49:00Ça ressemble étrangement
49:01à une actualité américaine
49:03chez les voisins du Sud.
49:05Marc Carnet,
49:05qui devait être à Munich
49:07pour la conférence
49:08sur la sécurité ce week-end.
49:09On attendait le premier ministre
49:11parce qu'évidemment,
49:12son dernier discours important
49:14en Europe à Davos
49:14avait retenti très fort.
49:16Il a choisi,
49:17je pense que c'est habile
49:18dans les circonstances,
49:19ce n'est pas qu'habile.
49:20Je pense que c'était
49:20la décision la plus sage
49:22d'être aux côtés
49:23des familles des victimes.
49:25– Merci à vous quatre,
49:26nos experts sans frontières,
49:27Romuald Iskioran,
49:28Anna Varro,
49:28Stéphane Ekovitch
49:29et Stéphane Bureau.
49:30de m'avoir accompagné
49:32pendant cette heure-là.
49:32C'est toujours passionnant
49:33de vous écouter.
49:35N'oubliez pas aussi,
49:36je vais faire un tout petit peu
49:36d'auto-promo,
49:37mais de vous abonner
49:38à notre nouveau podcast
49:40géopolitique
49:41qui s'appelle
49:41L'Ordre du Monde.
49:42Regardez, il s'affiche,
49:43il faut scanner ce QR code.
49:45Chaque semaine,
49:46je le présente
49:47sur YouTube
49:48et sur tous les réseaux sociaux
49:49avec ma complice
49:51Annalisa Capellini.
49:53J'espère que ça vous passionnera.
49:55En tout cas,
49:56on vous le prépare
49:57avec le cœur.
49:59Voilà.
49:59Géopolitique avec le cœur.
50:01Bon,
50:02je vous souhaite en tout cas
50:03un très beau week-end à tous.
50:04On se retrouve la semaine prochaine
50:05dans Les Experts sans frontières.
50:07Et puis tout de suite,
50:08c'est le journal
50:08de Stéphanie Collot.
50:09Les Experts sans frontières
50:13sur BFM Business.
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